Disclaimer : L'univers et les personnages Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada/Shueisha, Toei Animation Co. Ltd and Shonen Jump.

Titre : Un mince espoir

Personnages : Chevaliers, Spectres, Marinas, Guerriers Divins, couples divers et variés.

Rating : T/PG13 (susceptible d'évoluer en M de manière ponctuelle et non sans que je le précise d'avance).


Prologue

La brise soufflait le long des côtes, engendrant des ridules sur la mer que les vagues déformaient déjà. Le ressac des eaux, empiétant sur la plage à rythme régulier, amusait des enfants qui s'ébattaient çà et là. Qui ramassant cailloux et coquillages que la mer apportait, qui courant en tous sens, imitant les mouettes paressant dans l'éther.

La brise soufflait le long des côtes, agitant les cheveux courts de la jeune Lysandrea, de retour de Rodorio après une course effectuée pour le compte de son maître. Elle aimait à passer par le bord de mer panier d'osier dans une main, sandales de cuir dans l'autre. Elle marchait d'un pas lent, perdue comme à son habitude dans la contemplation du reflet du soleil sur les eaux qui semblaient charrier mille paillettes d'or.

La brise soufflait le long des côtes, enflant la mer dont l'écume venait s'échouer à ses mollets, ces derniers se dérobant à son emprise en courtes enjambées gracieuses. L'air chaud glissant sur son corps, envahissait ses poumons d'une douce brûlure. Le printemps nouveau vibrait encore dans l'atmosphère, pourtant percevait-elle dans l'air ambiant les promesses de l'été à venir. Il serait chaud et sec, agréable. Du moins l'espérait-elle.

Elle continua sa marche jusqu'au lieu servant de port d'attache à l'embarcation qui reliait le Sanctuaire au continent. Laissant derrière elle des traces dans le sable que la mer effaçait.

Parvenue auprès de l'esquif, elle salua le passeur qui lui retourna son bonjour d'un signe de tête, l'enjoignant à monter à bord. La barque ne tangua qu'à peine lorsqu'elle monta. Elle gagna la proue, s'asseyant sur une planche de bois. Elle grimaça, alors qu'une écharde du pont s'enfonçait dans la chair tendre de son pied droit.

Remarquant son trouble, le passeur secoua la tête : « Quand on dit aux passagers de ne jamais monter pieds nus, ce n'est pas pour rien. Ce n'est pas la première fois que cela t'arrive, Lysandrea. »
La jeune femme fit la moue : « Ce n'est rien, l'écharde s'est à peine enfoncée, il n'en restera aucune trace. »

Le passeur détourna son attention de la jeune servante, pour se concentrer sur la manœuvre de l'embarcation. Corps arc-bouté sur la rame, regard au loin, en direction de l'île. Lysandrea l'imita. Comme à chaque fois, elle appréciait ces quelques minutes qui constituaient la traversée. L'eau qui clapotait contre le bastingage dégageait ce bruit diffus et si singulier qui la plongeait dans une profonde rêverie. Sous le soleil, la mer affectait une teinte transparente, translucide. La douce brise, qui continuait de souffler, ramenait à son visage des odeurs d'iode, l'embrun salé, collait ses cheveux contre son front et ses joues.

La jeune femme se pencha par-dessus la rambarde, son buste tendu, en suspension au-dessus de l'étendue. Du coin de l'œil, le passeur jetait sur elle un regard inquiet. Ses yeux se plissèrent pour scruter les eaux, recherchant, comme à son habitude, des poissons habitant les royaumes marins. A son grand désarroi, elle ne put, une fois de plus, que constater qu'au fond comme en surface, tout était désespérément vide. Il n'y avait jamais de poissons à proximité du Sanctuaire. Elle se demandait bien pourquoi.

Elle s'apprêtait à se retourner vers le passeur pour lui faire part de ses questionnements, lorsqu'une brume les surprit. Lysandrea frissonna. La question mourut sur ses lèvres. Machinalement, elle effleura du bout des doigts le collier d'argent mat qu'elle portait autour du cou. Elle qui n'aimait rien tant que la chaleur devait, à chaque traversée, endurer pour un bref instant ce rideau de brouillard. Pour autant, elle ne trouvait pas ces incursions désagréables, du moins, plus maintenant. Les gouttes de sueur qui avaient collé sur sa peau se figèrent tout d'un coup. Dans le silence ouaté de la brume, elle percevait distinctement les battements réguliers de son cœur qui ne reflétaient que calme et sérénité. Ils étaient comme une musique familière que l'on se plaît à écouter par instants.

Elle se laissa bercer par les lentes pulsations coronariennes. Ses yeux, mi-clos, ne fixaient aucun point, tout juste se concentraient-ils sur leur rencontre prochaine avec le Soleil qui ne manquerait pas de les éblouir.

A l'issue de longues minutes qu'elle n'aurait pu quantifier précisément, elle entendit le passeur derrière elle se racler la gorge. A demi ensommeillée, elle se retourna vers lui, une interrogation muette au fond des yeux.

« Nous devrions en être sortis depuis quelques temps, c'est pas normal. »

Lysandrea hocha la tête d'un air entendu. Il avait raison, la traversée du brouillard n'avait pas coutume d'être si longue. Que pouvait-il bien se passer ?

« C'est vrai, s'entendit-elle répondre dans la moiteur ambiante. C'est étrange. Ça doit arriver de temps en temps, non ? J'espère qu'on arrivera rapidement de l'autre côté. Mon maître Milo n'est pas réputé pour sa patience. »