Hola todos !
Voici comme promis le chapitre 4, qui ne vient que maintenant, ouais je sais, encore désolée *pas taper !* Pour notre défense, c'est parce que nous étions dans une période d'examen, des épreuves de 6h tous les jours, c'est dur, très dur ! Donc pas vraiment le temps d'écrire, même si on en avait très envie !

Enfin bwef, le voici pour de bon de bon ! Suite à des demandes nous avons essayé de faire un peu plus long :)

Et je radote encore, mais n'hésitez pas sur les reviews !


Tous nos remerciements à Chupa14 pour ses reviews qui nous on fait très plaisir :)


Ice

Il commençait à faire vraiment sombre lorsqu'ils sortirent du bois. Devant eux s'étalaient de grandes étendues vallonnées, et au loin se dressait l'immense forteresse, Winterfell. Même de loin, la forteresse était immense, imprenable. Talia fut impressionnée. Elle n'avait jamais vu pareille bâtisse. A ses cotés, le jeune Lord repassa son cheval au pas. Elle l'imita, donnant des rênes pour laisser sa jument souffler. Elle passa sa main à travers les crins gris et flatta l'encolure de la brave bête, qui secoua la tête. La jeune femme sourit. Cette jument, c'était sa seule compagnie, tout ce qui lui restait de son ancienne vie. Cette belle vie qu'elle avait eue. Deux ans c'étaient écoulés depuis mais elle n'avait rien oublié. Les Arryn, les Eyries*, Elys. Elle soupira et revint à la réalité. La nuit était tombée. Ils n'étaient plus très loin de Winterfell maintenant. La bâtisse était éclairée par des centaines de torches, ce qui ne la rendait que plus impressionnante. Robb, qui marchait devant, ralenti pour que Talia arrive à sa hauteur.

« Il est trop tard pour te présenter. Tu mangeras avec moi et tu dormiras avec la maisonnée. Je viendrais te chercher demain matin. »

La jeune femme acquiesça sans un mot, se contentant de regarder le jeune homme. Elle lui serait redevable. Le jeune homme lui sourit. Il s'embarquait dans une drôle d'aventure en la ramenant à Winterfell, mais une certaine intuition lui disait de le faire. Elle avait quelque chose de particulier, une chose inexplicable en elle qui l'avait poussé à la prendre sous son aile. Elle paraissait forte et si fragile à la fois. Il profita de l'émerveillement de la jeune femme pour la détailler. Elle était grande et fine. Elle portait une chemise d'homme, trop grande pour elle, qui avait du être un jour beige. Par-dessus était fermé un plastron de cuir havane qui couvrait son dos, sa poitrine et son ventre. Il était simple, sans aucune armoirie. Elle avait un pantalon noir qui moulait sa taille et ses jambes. Il se terminait dans des bottes en cuir noir parfaitement ajustées, sûrement faites pour elle. Elle n'avait aucun manteau, aucune cape. C'était certainement une femme du Sud, là où l'hiver ne vient jamais. Il remonta son regard en suivant la longue tresse de cheveux bruns qui battait le bas de son dos. Il sortit de ses pensées quand les fers de son cheval claquèrent sur les pavés. Ils arrivaient enfin à Winterfell. Le jeune Lord s'arrêta devant les lourdes portes de la forteresse. « Qui va là ? » demanda un garde en haut du haut mur de pierre, brandissant une torche. Le jeune Lord leva la tête et chercha le garde du regard. Celui-ci bafouilla « Oh … Lord Stark, c'est vous … Pardonnez-moi, je ne vous avais pas reconnu dans la nuit ». Il cria aux soldats d'ouvrir les portes. Il y eu un long grincement et les portes s'ouvrirent lentement devant les deux jeunes gens. Dès qu'il pu, Robb talonna son cheval et passa les portes, l'étrangère sur ses talons. Arrivés dans la cour, il mit pied à terre et elle l'imita. Un second grincement indiquait que les portes se refermaient. Il héla un page. Le garçon arriva en courant, s'arrêta net et droit devant le grand brun, qui lui tendit ses rênes. Il tendit la main vers Talia, qui y déposa ses rênes, qu'il donna au jeune garçon. Il détacha l'arc de la selle et le rendit à sa propriétaire avec un sourire. Il désigna la jument grise de la tête.

« Met-la au fond de l'écurie, avec les poulinières, et range son harnachement dans la grange à foin ».

Le page acquiesça et tira doucement sur les rênes des deux chevaux, qui le suivirent. Il s'éloigna dans le bâtiment, s'enfonçant dans la pénombre. La jeune fille le suivit du regard, jusqu'à ce que les chevaux disparaissent, avalés par l'obscurité. Elle détourna son regard et le posa sur le jeune Lord qui attendait. Il sourit à l'étrangère et se dirigea vers le fond de la cour. Elle lui emboita le pas. Ils montèrent plusieurs escaliers et traversèrent différents couloirs en silence. Enfin, ils arrivèrent dans les cuisines, où étaient installées une dizaine de cuisinières. Robb s'arrêta face à la grande table en bois noir et salua toutes les femmes présentes. Il enleva sa grande cape de laine bouillie et la posa sur le dos d'une chaise, sur laquelle il s'assit. Il fit signe à la jeune femme, qui était restée en retrait, de prendre place à son coté, sur le banc sommaire de la cuisine. Lentement, elle se mut jusqu'au banc, s'assit en tailleur, croisant ses jambes sous elle. Le jeune Lord eu un sourire moqueur « Personne ne va te couper les tendons ici ». Elle fit une moue boudeuse.

« On ne sait jamais à qui on a affaire.
- Tu devrais te détendre un peu, si j'avais voulu te tuer je l'aurais fait dans les bois, dit-il, las. Il détourna son regard et s'adressa à une cuisinière. Alena, va me chercher Mily s'il te plait. » La femme se pencha en signe de respect, et parti en courant chercher ladite Mily. Entre temps, le repas fut servit. La jeune étrangère mangea presque autant que le grand brun, qui s'amusa de la situation. Au fur et à mesure du repas, elle se détendit, rangeant sa méfiance, accordant peu à peu une certaine confiance au jeune homme. Des pas se firent entendre dans le couloir attenant. Deux femmes apparurent dans la cuisine, Alena et celle qui devait être Mily. Toutes deux se penchèrent devant leur seigneur et saluèrent la jeune étrangère de la même façon, qui fut gênée. Mily ne devait pas être beaucoup plus vieille que Talia. Elle était blonde, pleine d'énergie et souriante. Robb, qui avait finit de dîner, se leva. Talia fit de même, nouant ses mains devant elle. Il prit la parole. « Mily, avez-vous de la place pour la prendre avec vous cette nuit ?

- Oui, monseigneur, répondit-elle.
- Bien. Occupe-toi de lui trouver une robe convenable et de lui faire prendre un bain. Je viendrais la chercher demain matin. »

La jeune domestique acquiesça d'un signe de tête. Le jeune Lord, satisfait, prit sa cape et se dirigea vers la porte de la cuisine. Il se retourna et dit, un sourire aux lèvres « Talia, bonsoir ». L'étrangère, amusée, fit une petite révérence et le salua sur le même ton. Il ouvrit la porte et disparut dans le couloir sombre. Une cuisinière vint refermer la porte. La jeune Mily vint à la rencontre de la jeune femme, toujours debout devant la table. Elle la prit par l'épaule et l'attira vers elle, tout sourire.

« Bienvenue parmi nous ! lança-t-elle avec joie. Talia, c'est ça ?
- C'est bien ça. La jeune étrangère avait sourit.
- Allons faire ce qu'à demander Lord Stark. Il te faut prendre un bain. J'irais te trouver une robe en attendant. »

La domestique fit un signe de tête en direction du couloir et Talia la suivit. Elles traversèrent deux couloirs avant d'arriver dans une grande pièce où il faisait bien chaud. Une grande baignoire en bois trônait au milieu de la pièce, remplie d'eau chaude, d'où des nuages de bué s'échappaient. De l'eau chaude, deux ans qu'elle n'avait pas prit un bain d'eau chaude. Elle soupira. La jeune domestique entreprit de défaire la longue natte de l'étrangère. Elle se laissa faire. Elle délaça son plastron de cuir et l'enleva. Elle défit également ses bottes. Mily, qui avait finit de défaire la natte de la jeune femme, rajouta encore de l'eau chaude dans la baignoire. Un grand nuage de bué s'éleva dans la pièce. La domestique revint près de l'étrangère. Elle posa sa main sur son épaule, lui sourit et sorti de la pièce. Talia se retrouva seule dans la grande pièce chaude. Elle enleva sa chemise, et en dessous, défit le bandage qui tenait sa poitrine. Elle ôta son pantalon, et se plongea doucement dans l'eau chaude. Elle frémit sous le contact de l'eau brûlante sur sa peau. Elle resta un long moment dans la baignoire, appréciant la chaleur que lui procurait ce bain, faisant le vide. Elle se lava, frotta ses cheveux avec le savon et sorti finalement. Elle s'enroula dans un grand drap. Mily arriva à ce moment là avec une grande robe de deux teintes de gris. Talia se sécha et, avec l'aide de Mily, enfin la grande robe, qui était parfaite pour elle. Elle la retira, et enfila ensuite une robe de nuit blanche que Mily lui avait apportée. Elles se sourirent mutuellement. Elles repartirent dans les couloirs. Arrivées aux chambres, presque toutes les femmes dormaient déjà. L'étrangère reconnue Alena, dressée sur ses coudes, qui les attendait. Mily lui désigna un lit, juste à coté du sien et lui donna une couverture. Même les nuits d'été étaient fraîches dans le Nord. Talia s'enroula dedans et se coucha sur son lit. La fatigue ne tarda pas à fermer ses yeux, ainsi que ceux des deux domestiques.


Fire

Les deux jeunes Targaryen restèrent muets, incapables de se décider sur quelle attitude avoir. Finalement, Lord Roote les tira de leur embarras en se relevant et les invitant à s'asseoir à la table qui, cachée dans un coin, avait été mise pour deux. Ils s'installèrent tous trois. Tandis que des serviteurs apportaient des plats remplis de nourriture et servaient les deux jeunes nobles, Lord Roote les observaient en souriant. Lorsqu'ils furent de nouveau seuls tous les trois, Viserys prit la parole.

« Nous vous sommes très reconnaissants de votre hospitalité mais… Comment nous avez-vous reconnus ? » Le sourire de Lord Roote s'élargit tandis qu'il croisait les mains sur son ventre et s'appuyait confortablement contre le dossier de son fauteuil. « Je me suis rendu, à de nombreuses reprises, à King's Landing** afin de m'entretenir avec votre défunt père, le roi Aerys, et votre frère, notre roi Rhaegar. Vous n'étiez que des enfants la dernière fois que je suis venu m'entretenir avec le roi. » Il but une longue gorgée de vin avant de sourire de nouveau.

Viserys hocha distraitement la tête, il semblait perdu dans ses pensées. Le maître des lieux en profita pour se verser une nouvelle coupe de vin avant de se lever et de marcher vers la fenêtre. Il pleuvait toujours. « Qu'est-ce qui nous a trahi ? » Viserys, surpris, se tourna vers sa sœur. Elle avait posé cette question d'une voix douce marquée, toutefois, par des inflexions nostalgiques. Comme à chaque fois que l'on parlait de Rhaegar.

Lord Roote était ravi, c'était cette question-ci qu'il attendait. Il se tourna vers la jeune princesse, un grand sourire aux lèvres. Viserys fronça les sourcils. Cet homme avait des airs qui ne lui inspiraient pas confiance.

« Chère Princesse… Je dois reconnaître que c'est fort intelligent d'avoir teint vos blonds cheveux en noir, d'avoir même changé de nom et de… profession, mais ce n'est pas assez. Vous ne pourrez pas cacher la couleur de vos yeux. Et puis, qui d'autre que votre frère, le roi Rhaegar, est capable de chanter de cette façon ? »

Il laissa sa phrase en suspens, laissant un rictus flotter sur ses lèvres. Daenys baissa les yeux. Il avait raison. Quoiqu'ils fassent, la couleur de leurs yeux les trahirait. Ils auraient beau se faire passer pour un frère et une sœur issus du commun, se teindre les cheveux en noir, ils ne pourraient rien faire pour leurs yeux. Et leur façon de chanter. Seul Rhaegar était capable de chanter et de jouer d'un instrument de la sorte.

Viserys se leva, la tirant de ses pensées. Il lui tendit la main, l'invitant à l'imiter. Surprise, elle prit cette main tendue, se levant à son tour. Son frère avait la main droite posée sur la garde de son poignard passé à sa ceinture. Inquiète, la jeune fille jeta un regard sur Lord Roote. Il ne riait plus et brandissait une longue dague. Il fit un pas vers la porte, bloquant le passage. Viserys dégaina son poignard, Daenys était désarmée, ayant dû laisser son épée dans la salle des gardes afin de pouvoir être autorisée à entrer. Son frère la fit reculer derrière lui afin de la protéger, affrontant Lord Roote du regard. Daenys était perdue. Que se passait-il ? Pourquoi leur hôte les menaçait-il de son poignard ainsi ? Pourquoi son frère avait-il l'air aussi blessé, trahi ? Elle s'avança vers Lord Roote. Viserys essaya de la retenir, de la garder derrière lui, elle s'arrêta à quelques pas de son frère, celui-ci gardant son poignet enfermé dans sa main.

« Pourquoi nous avoir trahi ? » Le ton de sa voix était toujours doux, déçu. Viserys desserra un peu ses doigts, il ne voulait pas la blesser. Elle voulu faire un pas en avant, Viserys la retint, l'attirant vers lui. Elle se laissa faire, comme à regret. Lord Roote eut un regard méprisant, détaillant la jeune fille des pieds à la tête. Elle frissonna avant de réitérer doucement sa question. L'homme renifla et lui tourna le dos. Il claqua des doigts, des soldats surgirent dans la pièce, armés. Ils se jetèrent sur les jeunes Targaryen, les saisissant brutalement. Viserys chercha à se défendre mais il fut désarmé en un tour de main. Daenys se laissa faire, ne comprenant toujours pas pourquoi un banneret des Tully – qui avaient juré fidélité à son frère – pouvait se révolter ainsi contre la Couronne.

Lorsqu'ils furent ceinturés, fermement maintenus par les hommes de main de Lord Roote, celui-ci éclata de rire. Il s'avança vers les deux jeunes gens, l'air victorieux. Le jeune prince lui décocha un regard noir, se débattant. L'un des soldats lui envoya un coup dans la figure pour le calmer, Daenys tressailli mais resta calme et silencieuse. Elle se contenta de réitérer sa question de sa voix douce aux intonations nostalgiques. Lord Roote se détourna du frère et de la sœur pour s'approcher de la fenêtre. Un long silence tomba sur la pièce, de temps en temps entrecoupé par les grognements de Viserys. Lord Roote finit par daigner répondre à la question posée par la jeune princesse. « Vous vivez dans un beau château, vous appartenez à la maison royale. Vous avez des titres, de l'argent. Du pouvoir. Lord Tully m'a nommé Lord mais je ne suis rien de tel, je ne suis qu'un petit seigneur, un parvenu ! Je veux qu'on me respecte, qu'on me craigne. » Il se retourna, l'air mauvais. Il s'approcha de Daenys, lui prenant le visage entre ses doigts. Il la serrait, marquant de rouge sa peau si délicate, Viserys se débattit, le soldat le frappa de nouveau. Lord Roote reprit sur un ton doucereux, mielleux. « Et vous, vous êtes la clef qui me permettra de faire pression sur votre cher frère afin d'obtenir ce que je veux. » Il la lâcha, se redressant et se détournant de nouveau. « Conduisez-les dans les cachots. »

Les soldats obéirent sans broncher, entraînant les deux jeunes Targaryen dans un petit escalier en colimaçon obscur. Daenys et son frère furent conduits de force le long de l'escalier, descendant toujours plus bas, traversant des couloirs interminables. Ils finirent par arriver dans les cachots. Le couloir était bas de plafond, tout était humide. Une torche unique projetait une lumière vacillante sur les murs couverts d'une mousse verdâtre. Le frère et la sœur furent poussés violemment dans une cellule étroite, plongée dans une semi-obscurité. Ils entendirent la porte se refermer lourdement derrière eux, la clef tourner dans la serrure et le pas des soldats s'éloigner. Le silence retomba. Daenys, toujours silencieuse, s'approcha de la porte. Elle la toucha du bout des doigts. Le bois, bien qu'humide et vermoulu, était solide. Ils n'avaient aucune chance de pouvoir l'enfoncer. Elle soupira et s'adossa à la porte.

Viserys tâta son visage. Il avait la lèvre supérieure enflée, sa pommette droite l'élançait. Il laissa son bras retomber, regardant autour de lui. Il n'y avait strictement rien dans cette cellule exigüe. Des ombres bougeaient au sol, sans doute des rats. Il distingua la silhouette de sa sœur adossée à la porte. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, pour la rassurer. Elle se blottit contre lui, tremblante. « J'ai peur, chuchota-t-elle. J'ai peur qu'il nous fasse du mal.

- Ne t'en fais pas, il ne pourra rien nous faire. Je ne le laisserai pas te toucher. » Il marqua une pause. Daenys le sentir sourire dans l'obscurité. Curieuse de savoir ce qui pouvait le faire sourire ainsi, elle leva la tête vers lui. « Lord Roote s'imagine pouvoir faire pression sur Rhaegar en nous gardant prisonniers mais ce qu'il ignore c'est que Rhaegar est déjà au courant que quelque chose nous est arrivé. »

Daenys resta muette. Elle était stupéfaite. Comment était-ce possible ? Comment son frère avait-il réussi ce tour de force ? Entre leur arrivée au château à Lord Harroway's town*** et l'instant présent dans cette cellule humide, ils n'avaient quasiment pas eu une seule seconde pour eux.

Viserys sentait sa sœur surprise, il la serra fort dans ses bras, caressant doucement ses cheveux pour la rassurer. « Cela fait plusieurs mois que je savais que Lord Roote s'agitait dans son coin, projetant de faire pression auprès de la Couronne pour obtenir plus de pouvoir. Alors, quand j'ai su que nous allions devoir nous arrêter ici, j'ai envoyé un message à Rhaegar. À l'heure qu'il est, il doit être en route pour venir nous sortir de là. »

Daenys ne savait pas quoi répondre. Son frère avait pensé à tout. Il lui avait promis de la protéger, il venait de lui prouver qu'il tiendrait sa promesse quoi qu'il arrive. Elle l'aimait encore plus, rassurée de se savoir en sécurité avec lui. Mais en même temps, elle lui en voulait d'avoir été en contact avec Rhaegar depuis si longtemps sans jamais lui en avoir parlé. Elle se recula, repoussant son frère, prenant un peu d'espace. Elle alla s'adosser au mur du fond, se laissant glisser jusqu'à terre, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Viserys la rejoignit, s'asseyant à côté d'elle.« Quand est-ce qu'il sera là ? » Viserys tourna la tête, surpris, vers sa sœur. Elle qui, depuis l'âge de ses treize ans, parlait d'une voix douce avec des accents nostalgiques, venait de prendre une voix froide, autoritaire. Une voix digne d'une véritable Targaryen. Cela faisait des années que Viserys n'avait pas entendu sa sœur parler ainsi. Daenys regardait droit devant elle, fixant la porte. Elle réitéra sa question sur le même ton. « Quand est-ce qu'il sera là ?

- Demain matin. » Viserys tendit la main pour prendre sa sœur par les épaules, elle se dégagea. Doucement mais fermement. Il se leva, pensif. Sa sœur, de neuf ans sa cadette, avait été très proche de leur père pendant ses cinq premières années. Elle avait fait trembler le Red Keep**** de ses crises, se révélant être une véritable Targaryen par son caractère. Et puis, par un tour du destin, elle avait été confiée à Rhaegar qui s'était toujours occupée d'elle depuis. Devenu douce, touchée par la nostalgie commune aux enfants Targaryen, elle n'avais jamais plus élevé la voix. Jusqu'à aujourd'hui. Viserys revint s'asseoir près de sa sœur, la prenant prudemment par les épaules pour l'attirer contre lui. Elle se laissa faire, se blottissant dans ses bras. Il posa son menton sur le sommet de sa tête, appréciant ce moment de partage. « Demain matin, murmura-t-il. Il viendra demain matin, je te le promets. »

La nuit fut longue. Les deux jeunes Targaryen la passèrent ainsi, blottis l'un contre l'autre dans cette petite cellule humide et exigüe. Finalement, au bout d'un temps qui sembla durer une éternité pour Daenys, ils entendirent des bruits de pas précipités dans les escaliers. Des bruits de fer, des éclats de voix. Des grognements et des grondements. Le frère et la sœur se relevèrent, se préparant à devoir éventuellement faire face aux hommes de mains de Lord Roote. Au lieu de cela, ce furent trois chevaliers qui ouvrirent la porte en trombe. L'un d'entre eux, un des chevaliers de la Garde Royale, Ser Jaime Lannister, tenait une torche enflammée dans une main, son épée passée à la ceinture, son blanc manteau sur les épaules. Après avoir ouvert la porte, il entra dans la cellule, s'écartant pour laisser le passage aux deux autres chevaliers. Le premier fut le capitaine de la Garde Royale, Ser Gerold Hightower, qui s'écarta à son tour pour laisser entrer Rhaegar Targaryen.

Revêtu de son armure de plates d'un vert émeraude, entrelacée de fils d'or et de cuivre qui représentaient des dragons, il avait l'air imposant. Un dragon, de la taille d'un gros chien, se faufila par la porte ouverte pour entrer à son tour dans la cellule devenue trop petite pour tout ce monde. L'animal, aux écailles du même vert émeraude que l'armure du roi, s'arrêta au milieu de la pièce, laissant échapper de petits grondements.

Daenys et Viserys s'agenouillèrent tandis que Rhaegar faisait signe aux deux chevaliers blancs de le laisser seul à seuls avec son frère et sa sœur. Ils s'exécutèrent, quittant la cellule pour aller monter la garde dans le couloir, à quelques pas de là. Rhaegar, quittant son allure royale, s'agenouilla à son tour. Daenys, redevenant la jeune fille fragile qu'elle avait été, se jeta dans ses bras, s'accrochant à lui. Il la serra contre lui, échangeant un signe de tête avec Viserys. Finalement Daenys lâcha son frère, tous se relevèrent. Le dragon vert sifflait en allant et venant de l'un à l'autre, visiblement ravi de voir cette famille, à laquelle il appartenait, réunie. Il s'envola pour venir se poser lourdement sur l'épaule gauche de Rhaegar qui ne broncha pas, faisant signe à ses jeunes frère et sœur de le suivre hors de la petite cellule. « Suivez-moi, ce n'est pas un endroit très propice à la discussion et seuls les dieux savent tout ce que nous avons à nous dire. »


* Eyries = Les Eyriés, demeure des Arryns
** King's Landing = Port Réal
*** Lord Harroway's town = Lord Herpivoie-Ville
**** Red Keep = Donjon Rouge


Et voila, encore un chapitre de passé. Des impressions ? Des idées ? Des remarques ? Des critiques alors ?