Soirée alcoolisée.
Tu vas m'embrasser, oui ?! Sous cette envie si soudaine, la respiration de Sanji avait décidée de décamper alors qu'il ne lâchait pas du regard ces lèvres si tentatrices. Zoro semblait aussi tenté de faire quoi que ce soit, les yeux déjà mi-clos. Le blond fut sorti de sa transe lorsque que Roronoa secoua sa tête de droite à gauche tout en le repoussant gentiment.
- Vous ne devez pas faire ça C'est beaucoup trop dangereux pour vous. Je ne suis pas l'homme que vous pensez connaître, bien au contraire. Je vous conseille fortement de ne pas m'approcher, au péril de votre vie.
Au péril de ma vie ? C'est quoi cette histoire ? Sanji était perdu. Il y a encore quelques secondes il était dans les bras puissants du milliardaire et le voilà pantois, se sentant comme vidé et seul, découvrant à peine son attirance pour le bretteur qui était le total opposé de sa nature en plus d'être une algue sur pattes. Le paysage semblait tourner dans tous les sens autour de lui alors qu'il tentait de stabiliser son équilibre. Furieux de s'être fait jeté ainsi, il prit un air indifférent.
- Bien.
Il fit volte-face et partit en direction du parking où était garé sa vieille Clio. Roronoa lui aggripa le bras une nouvelle fois et il ancra son regard dans le sien.
- Je vous raccompagne, fit Zoro.
- Et si je ne le veux pas, vous allez encore me sortir votre "Tu seras puni." ?
- Écoute, Sanji... Je fais ça pour ton bien !
- Pourquoi alternez-vous toujours entre le vouvoiement et le tutoiement ?
- Tu poses de bien drôles questions, répondit Roronoa, franchement surpris de sa question.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.
Sanji se dégagea de la prise de Roronoa et repris sa route suivit par le Vert.
- Je peux savoir pourquoi vous me suivez ?
- Je te raccompagne, comme je l'ai dit plus tôt.
- Je n'ai pas besoin de garde-du-corps, vous pouvez partir et laisser se rôle à Johnny.
- Oh, tu as retenu ? Bravo.
- Je ne vous comprendrai jamais, Monsieur.
- Hélas, le problème ne risque pas d'être résolu de sitôt, vous savez, soupira Zoro.
Arrivant à sa voiture, il n'accorda qu'un regard au milliardaire et partit en direction de son appartement, bien décidé à faire une véritable croix sur cet homme blindé aux as.
Il fit un signe de la main à Robin lorsqu'il passa le seuil de l'appartement et se précipita dans sa chambre pour une sieste bien méritée. À peine couché, Morphée l'emmena bien loin de ses problèmes même si cette Tête d'Algue venait parfois perturber ses rêves.
C'est quelques heures plus tard qu'il se fit réveiller par Robin et qu'ils commencèrent leurs révisions. Il lui faisait réciter ses cours d'histoire qu'elle connaissait déjà sur le bout des doigts tandis qu'elle s'amusait à le questionner en même temps sur Roronoa Zoro.
- Allez, dis-moi tout ! Vous avez fait quoi hormis être allé boire un coup ?
- Rien, je te dis ma Robin que j'aime.
- Alors c'est quoi cette tête dépitée que tu as depuis que tu es rentré ? Il ne t'a pas fait de mal, au moins ? Parce qu'il à l'air particulier cet homme...
J'te l'fais pas dire...pensa Sanji.
- Robin chérie, oublie-le. Je ne le verrais plus.
- Pourquoi dont ?
Il ignora la brune et continua de la faire réciter bien qu'il savait que ça ne servait à rien, vu l'intelligence qu'avait Robin. Mais ce qui l'agaçait à ce moment même c'était qu'il savait très bien que sa meilleure amie ne lâcherait jamais le morceau et qu'il ne pouvait quasiment rien lui cacher.
Finalement, le dîner arriva et Robin laissa le blond remuer ses pensées de plus en plus floues pour ce dernier.
Pourquoi ai-je tant voulu qu'il m'embrasse ? C'est complètement contre ma nature. Enfin, je ne me suis jamais vraiment posé la question, aussi. Je pensais que tout était vu, étant donné que j'ai toujours eu l'envie d'aider les femmes dans n'importe quel domaine. J'ai toujours voulu être leur chevalier blanc. Alors pourquoi cet homme arrive-t-il à m'atteindre comme ça, moi Ô grand admirateur de la beauté que les femmes ont et cette pureté qu'elles dégagent ? Finalement, ce con aura réussi à me faire douter sur ma personnalité.
En quelques minutes le dîner était prêt et ils purent manger le festin que Sanji avait fait rien qu'avec les restes de la semaine.
Après avoir terminé leur repas, ils allèrent tous deux se coucher pour une nuit aux rêves rempli d'yeux verts et ombres déformées pour l'un et une nuit de pure sommeil pour l'autre.
La sonnerie de fin d'épreuve retentit enfin et un fin sourire se greffa sur son visage. Cela faisait maintenant plus d'une semaine que notre cher Sanji avait fait la rencontre d'un milliardaire qui avait désormais tout fait basculer dans son pauvre petit coeur. Une semaine que Sanji n'avait pas sourit, bien qu'il continuait de draguer chaque demoiselle qu'il croisait même si l'envie n'y était pas. Il regarda autour de lui et vit dans un coin de la salle sa meilleure amie en train de poser son stylo sur sa table.
Son sourire s'agrandit. Il avait finalement réussi à aller au bout de ses études et il allait en fin pouvoir se jeter à corps perdu dans son incroyable passion qu'est la cuisine. Mais pour l'instant, il ne pensait qu'à une seule chose : s'amuser. Étant vendredi, il pourra sortir avec sa bande constituée de bras-cassés en majorité et de deux magnifiques créatures.
Relevant la tête, Robin le gratifia d'un sourire en coin, l'air satisfaite.
Après avoir repris tout ce qui leur appartenait, ils rentrèrent dans leur appartement à bord de la mercedes de la brune.
Alors qu'ils venaient d'arriver il y a une dixaine de minutes, une personne frappa à la porte du petit appartement. Ce fut Robin qui alla ouvrir et elle y découvrit un colis posé sur le paillasson.
- C'est qui ? Hurla le cuisinier qui venait de sortir de la douche.
- Viens voir ! Lui répondit la brune.
Intrigué, Sanji enfila un jogging par dessus son boxer et rejoignit Robin. Lorsqu'il vit le colis, seul, sur le paillasson, il ne put s'empêcher d'hausser son seul sourcil visible. Il repéra alors qu'il lui était destiné et le prit pour le déposer sur la table de la cuisine.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Robin.
- J'en ai pas la moindre idée.
Il prit un couteau et commença lentement à fendre le scotch brun maintenant fermé le colis, tout en prenant la plus grande des précautions pour ne rien abîmer. Lorsqu'il finit de l'ouvrir, qu'elle ne fut pas sa surprise en y découvrant trois livres inestimable de cuisines du monde entier : le Grand Dictionnaire de Cuisine d'Alexandre Dumas - de souvenir, il avait été évalué à 197 797,01 yens [plus de 1 850 euros]. Il y avait aussi Cuisine Chinoise d'Henri Lecourt - lui estimé à 160 375, 95 yens [plus de 1 500 euros] - et Les Dîners de Gala de Dali fait par Salvador Dali lui-même, à 147 011,29 yens [1 375 euros].
Sous la surprise, Sanji lâcha son couteau qui alla se planter dans le planché, près de son pied droit. Quant à Robin, elle eut du mal à avaler son café tant elle ne s'y attendait pas.
- Dites-moi que je rêve...
- Non, Cook-san. Tu ne rêves pas, répondit Robin, s'étant un peu remise de sa surprise.
Elle se leva et se mit derrière le Coq.
- Les originaux, en plus... Fit-elle en les inspectant.
Sanji remarqua alors l'enveloppe mise dans un coin du carton et l'ouvrit. Il lut alors attentivement ce qu'il y était écrit :
Monsieur Kuroashi,
Je suis fort désolé pour ce qu'il s'est passé l'autre jour et pour me faire pardonner : voici ce cadeau. Sachant pertinemment que la cuisine est tout ce qu'il y a de plus cher pour vous, j'ai prit la responsabilité de vous offrir ces très beaux livres de cuisines, contenant les meilleures recettes que je connaisse. Pourquoi ne pas venir un jour me cuisiner un de ces plats ? Personnellement, pour tout ce qui est de notre pays, je baigne dans la simplicité : mon plat préféré sont les onigiris. Mais pour ce qui concerne la cuisine du monde, je pencherai plutôt vers la cuisine française, tel qu'un bon boeuf bourguignon ou un pot-au-feu ? Certes, là n'est pas la question.
N'était-ce pas vos examens ce vendredi ? Je crois bien. Alors, je vous souhaite bonne chance et de bons résultats, Sanji.
Sur-ce, j'espère que ce cadeau vous aura plus et que nous nous reverrons prochainement.
Amicalement,
Roronoa Zoro |
Roronoa Entreprises.©
2012.
PS : Ne vous en faites pas sur ce qui est du prix : j'ai de loin les moyens de les acheter au moins une bonne cinquantaine de fois dans la monnaie de notre pays (si ce n'est plus) - sans exagération.
Sanji re-mit la lettre dans le carton, le referma et le mit dans l'entrée.
- Que fais-tu ? Demanda Robin.
- Je ne peux pas les accepter.
- Un cadeau de Roronoa, je me trompe ?
- Non. Comment a-t-il pu avoir notre adresse ?
- Cet homme est très riche, Sanji-san. Il peut avoir à disposition des traceurs de téléphones ou des choses du genre.
Sanji fulminait sur place. Après l'avoir rejeté, ce gars ultra-riche se permettait de le tracer mais aussi de lui demander de l'excuser de son comportement.
Il s'habilla et alors qu'il allait partir pour revendre les livres, le carton n'était plus à sa place.
- Où l'as-tu mis, Robin ?
- Sanji-san, je ne comprends pas pourquoi tu ne les acceptes pas. Ces livres sont uniques, tu as toujours rêvé d'en avoir.
- Je sais Robin d'amour, mais je ne peux pas venant de lui.
- Garde-les en attendant que les choses évoluent.
- Que veux-tu dire ?
- Si cet homme ne t'apprécierait pas, il ne t'aurait pas envoyé ces livres hors-de-prix, tu ne crois pas ? Alors garde ce carton encore quelque temps.
Elle lui prit des mains et disparu dans la cuisine. Elle revint quelques secondes plus tard, une bouteille de champagne en main. Après lui avoir tendu une coupe pleine, elle déclara :
- À la fin de nos études et à notre nouvelle vie dans le monde actif !
Souriant tous deux, ils trinquèrent.
- J'y pense, je nous ai trouvé un merveilleux appartement à Tokyo près de l'emplacement de mon futur restaurant !
- Tu me montreras tout ça plus tard, répondit-elle en lui faisant un clin d'oeil. Pour l'instant, savourons ce moment de pur bonheur !
Musique à fond, les enceintes du bar vibraient sous la puissance du son qui en sortait. Ils pouvaient tous sentir cette puissance traverser leurs corps tout entier, ne leur laissant aucun moment de répit. La salle était bondée de jeunes futurs-diplômés qui venaient se détendre après des années d'études continuelles. La petite bande s'était dispersée un peu partout et Nami les avait rejoins bien qu'elle ait encore une année d'études devant elle. À vrai dire, pour rien au monde elle ne manquerait de faire la fête, peu importe qui que ce soit.
Sanji était au comptoir avec à ses côtés Nami, qui venait de se commander un nouveau verre de Vodka-Coca. Quant à lui, il en était à son cinquième verre de Saké alors qu'il réalisait que ce n'était pas une si bonne idée que ça, tous comptes faits.
- Alors, que comptez-vous faire toi et Robin ?
- On va s'installer à Tokyo, où je vais ouvrir mon restaurant, lui répondit-il.
- Eh beh, la vie est belle ! Mais vous reviendrez quand même pour mon exposition ?
- Bien sur, ma douce Nami, on ne louperait ça pour rien au monde ! S'exclama-t-il en lui souriant de toutes ses dents.
Elle souria aussi, se cambra et fixa d'un regard brulant le cuisinier tout en buvant de façon provoquante son cocktail.
- Sanji, tu sais, tu vas beaucoup me manquer...
- C'est vrai ma Nami chériiiiiiiie ?! Fit Sanji en tourbillonant sur lui-même sur son tabouret, entouré de coeurs.
- Oui.
Il se stoppa d'un coup.
- Nami, qu'essayes-tu de me faire ? Je n'espère pas que tu veuilles me saouler pour faire comme avec tous ces hommes que tu as connu.
Nami était une fille qui aimait la fête mais aussi le sexe. Elle ferait tout pour avoir un homme dans son lit. Une fois qu'elle tenait sa proie, pour rien au monde elle ne la laisserait s'enfuir. Mais là, c'était autre chose. Et cet autre chose ne plaisait pas non-plus à Sanji.
- ... Non, répondit-elle, le regard perdu. Mais tu vas réellement me manquer.
Elle le prit dans ses bras et se blottit complètement contre lui alors que leurs amis revenaient.
- Sanjiiiiii ! Viens danser avec nouuuuus ! Beugla Luffy.
- Allez ! Sanji ! Insista Usopp.
- Laissez-le tranquille, vous ne voyez pas qu'il est occupé ? Fit calmement Robin alors qu'elle venait de commander une limonade. C'est elle qui conduisait, mieux vallait être sobre.
Robin était habillée d'un petit débardeur, d'un jean moulant et de talons aiguilles. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon avec quelques mèches folles qui s'en échappaient. Sanji - lui - s'était habillé d'un t-shirt blanc et d'un simple bermuda beige. Ce dernier repoussa gentiment la rousse et essaya de se relever. Malheureusement, après cinq verres de Saké et vu qu'il ne tenait pas l'alcool, ça ne lui réussissait pas vraiment. Il s'aida du comptoir pour améliorer son équilibre et se dirigea vers les toilettes, histoire bouger un peu.
Comme d'habitude, une queue immense y était. Il pianota un peu sur son portable et regarda ses derniers appels. Il tomba alors sur un numéro qui n'était pas enregistré. Ah oui, Roronoa.Il gloussa. Bien qu'il ne savait pas l'heure qu'il était, il décida de l'appeler pour lui demander quelle mouche l'avait piqué pour lui offrir les livres qu'il avait reçu plus tôt. Il souria sous l'effet de l'alcool et appuya sur « appeler ». À la seconde sonnerie, il décrocha.
- Sanji ?
Il sembla étonné. À vrai dire, Sanji l'était aussi. Pourquoi l'avait-il appelé ? Et puis surtout : Comment savait-il que c'était lui ?
- Pourquoi m'avez-vous envoyé ces livres ? Demanda Sanji d'une voix pâteuse.
- Sanji, ça va ? Vous avez une voix étrange.
- Ce n'est pas moi qui suis étrange, c'est vous.
L'alcool avait dénoué la langue de Sanji.
- Avez-vous bu, Sanji ? Demanda le milliardaire.
- En quoi ça vous intéresse ?
- Je suis... curieux. Où êtes-vous ?
- Dans un bar.
- Quel bar ?
Sanji l'entendit soupirer d'exaspération.
- Un bar à Shizuoka.
- Qui vous ramène ?
- Je me débrouillerai.
Cette conversation ne se déroule pas du tout comme Sanji l'avait prévu.
- Dans quel bar ?
- Pourquoi m'avez-vous envoyé ces livres, Zoro ?
- Où êtes-vous ? Dites-le moi, tout de suite.
Le ton qu'avait employé Roronoa était sans appel. Pourtant, cela déclancha un petit rire au blondin.
- Vous êtes beaucoup trop... autoritaire.
- Sanji, bordel de merde, où êtes-vous ?
Tiens, Roronoa Zoro se met à dire des gros mots !pensa Sanji tandis qu'il gloussait à nouveau.
- Je suis à Shizuoka... C'est loin de Tokyo.
- Où ça, à Shizuoka ?
- Bonne nuit, Zoro.
- Sanji !
Il raccrocha. Alors qu'un sourire victorieux commençait à naître sur ses lèvres, il disparu aussitôt lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait pas eu ses explications à propos des livres. Et merde... Mission pas accomplie. Pas accomplie du tout même. Il était vraiment très ivre : la tête qui tourne, la vue floue... Il se promit donc que c'était la première et la dernière fois qu'il se saoulait. Ce fut alors à son tour et lorsqu'il fixa la porte il se rendit compte de ce qu'il venait de faire.
Et merde, merde... Pourquoi j'ai fait çaaaaaa ?...
La sonnerie de son portable retentit ce qui le fit sursauter.
- Allô ?
Ça non plus, ce n'était pas prévu au programme.
- Je viens vous chercher, lance-t-il avant de raccrocher aussitôt.
Il n'y avait que Roronoa Zoro pour paraître aussi posé et menaçant à la fois.
Il remonta son bermuda, le coeur battant. Il venait le chercher ? Sanji mit du temps à se stabiliser alors qu'il essayait de contrôler les vagues de nausées qui lui venait. Il se figea d'un coup.
Minute, il me fait marcher là. Il ne peut pas me retrouver. En plus, il mettrait des heures à venir ici.
Il se lava les mains et se regarda dans le miroir. Se jugeant assez présentable, il sortit et attendit patiemment que le barman lui re-sert un verre de saké et revint vers ses amis.
- Où étais-tu ? J'me demandais bien ce que tu faisais, moi ! Gronda Luffy. Et puis, j'comprends rien à ce qu'ils racontent...
- Je faisais la queue aux toilettes.
Nami et Usopp étaient plongés dans une grande discussion concernant leurs oeuvres. Nami fit une pause lorsqu'elle vit Sanji alors qu'il avertissait Robin qu'il sortait prendre l'air.
- Sanji, je ne te croyais pas si faible face à l'alcool.
- Je reviens dans cinq minutes.
Il se fraya à nouveau un chemin et parvint sain-et-sauf dehors. Il recommença à avoir la nausée et ses jambes se firent molles.
Le grand air lui fit comprendre à quel point il était ivre : il voyait double.
- Sanji, ça va ?
Nami l'avait rejoins, l'air inquiète.
- Je pense que j'ai un peu trop bu, répondit Sanji en souriant faiblement.
- Moi aussi, murmura-t-elle en se rapprochant de lui. Tu as besoin d'aide ?
- Non, c'est bon. Ça va.
Il tenta de remettre une distance correcte entre eux deux.
- Sanji, s'il-te-plaît... Chuchota la rousse alors qu'elle attrapait le bras droit de Sanji.
- Nami, que fais-tu, là ?
- Tu sais que tu me plais. Sanji, juste une nuit...
Elle enfuit sa tête dans le cou du blond, humant son odeur puis mit son visage près du sien.
Non ! Pas ça !
- Non, Nami, je tiens beaucoup trop à toi, arrête !
Il essaya de la repousser doucement mais rien à faire, elle ne voulait pas déguerpir.
- Allez... Sanji... murmura-t-elle en frôlant ses lèvres.
Elle avait de plus en plus d'emprise sur lui et se collait désormais à lui, l'air désespérée. Il ne contrôlait plus rien et la peur de lui faire du mal augmentait de secondes en secondes.
- Nami, non.
Je ne veux pas, tu es mon amie avant tout. Je ne peux pas te faire de mal.
- Le jeune-homme ne veut pas de toi, je crois, fit une voix derrière Sanji.
Putain ! Roronoa Zoro. Il était là, fixant la rousse d'un air mauvais. Nami lâcha Sanji.
- Roronoa, fit Nami, tendue.
Sanji reprit son souffle qui avait déserté depuis quelques secondes et observa Roronoa du coin de l'oeil alors que ce dernier foudroyait la rousse du regard. Tout-à-coup, le blondin se plia en deux, rejetant toute la totalité de l'alcool qu'il avait ingurgité durant la soirée, son corps ne pouvant plus le supporter.
- Pouah ! Sanji !
Nami bondit en arrière tandis que Roronoa attrapa Sanji pour le diriger vers une plate-bande en bordure d'un parking. Heureusement, celle-ci était plongée dans l'ombre et personne ne pouvait les voir.
La honte la plus totale... pensa le blondin alors que ses vomissements reprenaient. Une fois fini, le bretteur milliardaire lui offrit un mouchoir où il était gravé : RJZ. Devinant deux des trois initiales, Sanji se demanda vaguement que voulait dire le "J" lorsqu'il se releva mais ni prêta pas réellement attention. Submergé par la honte, Sanji ne regarda pas le milliardaire pendant un bon moment.
Nami, quant à elle, s'était réfugiée à l'intérieur du bar, sûrement honteuse d'avoir assisté à la scène qui venait de se dérouler et d'avoir mis dans un tel état le blond. Elle connaissait très bien la fierté de son ami et ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir d'avoir pu profiter de sa faiblesse envers l'alcool pour profiter de lui.
Qu'est-ce que je vais lui dire ?
Un long silence s'installa entre les deux hommes avant que Sanji ne le coupe :
- Je suis désolé.
- Désolé pour quoi, Sanji ?
Il en veut pour son argent, ce salaud.
- Désolé de vous avoir appelé et tout ce qui en a suivit.
- Ça nous est tous arrivé un jour ou l'autre, mais peut-être pas de façon aussi spectaculaire, fit Roronoa, rieur. Il faut connaître ses limites, Sanji. Repousser ses limites, je suis pour - même totalement - mais là, vous êtes vraiment allé trop loin.
Qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Si je veux me bourrer la gueule, ça ne regarde que moi !pensa le blondin alors que sa tête recommençait à tourner. Voyant Sanji recommencer à perdre l'équilibre, Roronoa le pressa contre lui.
- Venez, je vous raccompagne chez vous.
- Il faut que j'avertisse Robin.
Bordel de merde, pourquoi sa seule présence me fait devenir docile ?
- Mon frère peut le lui dire.
- Quoi ?
- Mon frère, Franky, est avec Mademoiselle Robin.
- Ah ?
- Il était avec moi quand vous m'avez appelé.
- À Tokyo ?
Je comprends plus, mais vraiment plus rien.
- Non, je suis toujours à l'hôtel.
Comprenant à travers le regard plus qu'étonné de Sanji la question qu'il allait lui poser, Roronoa le devança.
- J'ai fait tracer votre appel.
Mais c'est un harceleur ce type !
- Une veste ? Un sac ?
- Vous m'avez pris pour une jeune demoiselle sans défense ou quoi ? Répondit Sanji, blasé.
- Je ne répondrai pas à cette question, vous feriez mieux de vous taire. Répliqua Zoro, séchement.
- Je veux voir Robin.
Roronoa accepta et aida Sanji en le maintenant avec une main dans le dos. Lorsqu'ils entrèrent, la musique leur vrilla les tympans et les spots de couleurs les aveuglèrent quelques instants. Se faufilant dans la foule, ils arrivèrent enfin où étaient précédemment tous les amis de Sanji et n'y croisèrent que Luffy. Ce dernier chantait une vieille chanson de pirates datant de plus de cinq cents ans, étant passionné de la piraterie. Lorsqu'il aperçu Sanji, il se stoppa et indiqua où se trouvait Robin. Elle était sur la piste de danse et dansait collé-serré avec un homme. Sanji montra d'un signe de tête son amie à Zoro et ce dernier le tira vers le comptoir. Quelques instants plus tard, il était servis.
- Buvez, ordonna Roronoa.
Zoro lui tendait un verre d'eau glacée.
- Tout, hurla-t-il à nouveau.
C'est pas bientôt fini ces ordres à la con ?
Le bretteur passa une main dans ses cheveux verts en bataille, l'air frustré et furieux.
- Ça fait bien longtemps que je n'ai pas eu ce rôle. Il m'en a donné, du fil à retordre, mon frère, fit Roronoa.
Alors que Zoro s'appitoyait sur son sort, Sanji le détailla de haut-en-bas. Il avait un t-shirt blanc simple laissant deviner sa musculature en dessous, d'un jean noir, de simples converses grises et d'un fin gilet gris avec quelques motifs rustiques blanc. Le cuistot remarqua aussi la naissance des clavicules de son interlocuteur et réussi avec peine de ne pas lui sauter au cou.
Se mettant une gilfle mentale monumentale(*), il se leva suivit de Zoro qui lui prit le poignet et le tira à vive allure à travers la foule.
- Je peux être agoraphobe par moments, mieux vaut que l'ont se dépêche, expliqua Roronoa.
Arrivant à hauteur de son amie, Sanji put constater que celle-ci se frottait sensuellement contre un jeune homme légèrement plus vieux que Zoro. Il avait les cheveux bleus et devait certainement utiliser un pot de gel entier pour se faire sa coupe en version Elvis Presley si on regardait de près.
Zoro s'approcha alors de jeune-homme, lui hurla quelque chose à l'oreille et se recula. Franky - si Sanji s'en souvenait bien - hurla à son tour dans l'oreille de Robin qui se tourna vers le blondin en lui souriant pleinement et en lui faisant un signe de la main.
Nous serons trois au petit déjeuné demain matin...
Les pensées commencèrent à se bousculer dans la tête de Sanji alors qu'il luttait contre l'ivresse. Il eut juste le temps d'apercevoir le sol se rapprocher à une vitesse folle et d'entendre la voix de Roronoa poussant un juron avant d'atterir dans ses bras et de sombrer dans le coma.
Silence. Lumière tamisée, bien au chaud dans un lit. Mm... Sanji ouvrit les yeux et, pendant un instant, savoura la sérénité de cette chambre inconnue, dont les couleurs lui étaient particulièrement familières. Son cerveau embrumé tatonna des souvenirs récents. Un suite de l'Hôtel Century Shizuoka... Merde. Je suis dans la chambre du marimo milliardaire sur pattes. Bordel, mais qu'est-ce que je fous ici ?
MAIS QUEL CHAPITRE EXTRA-LONG O_O ! Je me surprends moi-même ! En tout cas, j'espère que la longueur ne va pas rendre le chapitre plus barbant qu'il ne l'est déjà. Mais je vous promets que dans le prochain chapitre, tout va bouger ! Heheheheheh c: !
(*) : c'était vraiment pas fait exprès ._.
Bonne bizouille,
Shinory-chan
