Questions existencielles.

Une magnifique voiture arrêtée sur un chemin de terre, au milieu de nulle part, près d'une maison abandonnée.

- ... On est où, au juste ? demanda Sanji.

- ... Bonne question.

Blanc.

- ... C'est une blague ?

- ... Absolument pas.

- On est perdu ! Bravo !

- Roh la ferme !

Tentant de mettre en route son GPS avec Sanji qui lui hurlait dessus, Zoro jurait sur il ne sait quel dieu et sur son maudit sens de l'orientation. Il avait jugé inutile de l'allumer, pensant que la route vers Shizuoka allait être indiquée tout le long du voyage, malheureusement non.

- Bordel ! T'aurais pu m'éviter ça, j'suis crevé ! Tout ca parce que Môssieur le crétin de première n'assume pas d'avoir un sens de l'orientation de MERDE !

- Ta gueule j'te dis.

- Et pourquoi j'me tairais ?! Dépèche-toi de faire marcher ton putain de GPS, que j'rentre le plus vite chez moi !

- Si tu ne la ferme pas, tu risque de le regretter...

- Des menaces ? Maintenant tu me menaces ?! Non mais c'est n'importe quoi ! Allez, merde, bouge-toi le cul ! J'ai pas que ça à foutre ! Non mais vraiment... T'es vraiment qu'un CRETIN !

Malheureusement pour lui, Sanji ne vit l'étrange lueur dans les yeux de Zoro depuis qu'il avait commencé à le sermonner. Ni que cette lueur s'était accentuée sur le "bouge-toi le cul"...

Alors que Sanji allait sortir de la voiture pour se fumer une clope et aussi essayer de se situer, Zoro lui attrapa le bras et l'obligea à aller sur la banquette arrière de la voiture, passant entre les deux sièges. Il l'avait encore engueulé quelques secondes avant qu'il ne soit rejoint par un Zoro étrangement calme qui venait de le plaquer sur la banquette. Il avait tenté de se relever mais la main gauche de Zoro appuyait sur son torse pour le laisser couché. La largeur de la voiture n'étant pas très grande, Sanji devait plier ses jambes pour être dans une position "confortable".

Retirant sa main gauche du torse de Sanji, le milliardaire se mit à genou entre les jambes pliées du cuisinier et retira entièrement sa ceinture. Sous l'oeil affolé du cuisinier craignant re-subir la torture d'il y a quelques heures, il prit seulement en main ses poignets et les noua avec sa ceinture. Il se pencha en avant et tout en remontant lentement les poignets d'un Sanji étrangement docile au dessus de la tête de celui-ci, plongea sa tête dans son cou. Il lui murmura sensuellement à l'oreille :

- Continue de m'engueuler comme tu sais si bien le faire, ça m'excite, fit-il en terminant sa phrase en léchant le lobe d'oreille à sa portée.

- Je...

Rien. Il ne pouvait rien dire. La phrase que venait de prononcer Roronoa avait suffit à l'exciter. Ce sale... ! Zoro descendit sa bouche le long du cou fin de Sanji, le mordillant de temps en temps ou lui laissait des traces rouges un peu partout. Il faufila lentement ses mains sous le t-shirt que portait le blond, s'appropriant ses zones érogènes de ce dernier du bout des doigts.

La respiration de Sanji s'alourdit, sa bouche laissant s'échapper timidement quelques gémissements lorsque son bourreau mordait ou léchait l'un de ses points sensibles. Il aimait de plus en plus le poids du bretteur sur lui, son odeur, sa chaleur, tout le grisait. Sentir ainsi Zoro collé à lui dans un si petit espace ne faisait qu'augmenter son désir, son envie de lui.

Même s'il n'aimait pas forcément la façon dont Zoro voyait ses relations, il avait confiance en lui même s'il le connaissait peu aussi. Il savait qu'il ne lui ferait jamais de mal. De toute façon, il savait qu'il était épris d'un sentiment bien plus fort que de la simple amitié envers le sabreur, même s'il avait BEAUCOUP de mal à se l'avouer.

Il fut obligé de stopper ses pensées, le bretteur venant de lui retirer son t-shirt qui était désormais à ses poignets et l'embrassait langoureusement, faisant frotter son aine contre la sienne. Il pouvait sentir le désir de cet homme à travers les couches de tissus et cela le rendait fou. Il avait envie de lui même si cinq minutes auparavant il était furieux contre lui.

Passant ses poignets noués dans le dos de son seme, il tira sur le t-shirt de celui-ci pour tenter de lui enlever. Ce fut Zoro qui termina de le retirer, sa patience légèrement envolée. Le vert s'allongea sur Sanji, la tête plongée dans son cou, essayant vainement de se calmer. Ça allait trop vite, même pour lui. Il resta ainsi quelques minutes, un peu ailleurs.

Pour lui, cette façon de "baiser" était nouvelle. Jamais il n'avait connu ça. Il préférait de loin sa façon mais celle-ci ne lui déplaisait pas, au contraire. Il l'avait déjà essayé une ou deux fois avec d'autres conquêtes mais il n'avait absolument pas aimé, contrairement à lorsqu'il le faisait avec Sanji. Même chose pour cet homme : il n'avait désiré aucun homme - ou femme - comme il le désirait. Et puis... un autre problème se posait à lui. Il sentait son désir, son attirance, se transformer en autre chose, une chose dont il s'était promis de ne plus jamais ressentir après la mort de son amour d'enfance.

- O-oi... Ça va ? Entendit-il.

Le bretteur ne répondit pas tout de suite, trop perdu dans ses pensées. À vrai dire, pour la première de sa vie, il ne savait pas quoi faire. Soit il gardait Sanji près de lui mais ressentirai ce sentiment dont il s'était juré de bannir, soit il le laissait s'en aller et pourrait à-nouveau enfouir ce sentiment au plus profond de lui. Il préféra néanmoins la deuxième solution, sachant de toute façon que le blond n'aimait pas sa vision du sexe, même s'il serait tout de même déchiré. Il se redressa sur ses genoux, observant avec gourmandise et regrets (même s'il ne le montre pas !) Sanji qui avait toujours ses joues rougies de plaisir. «Juste une dernière fois», pensa-t-il.

- Ouais.

Sanji le regarda suspicieusement. Quelque chose n'allait pas dans la tête de l'algue ambulante. Mais il ne put se poser de questions car le vert se réappropria ses lèvres avec encore plus de fougue mais aussi plus de douceur dans ses gestes. «Étrange...», pensa Sanji, mais il ne put continuer à penser, faute d'un marimo milliardaire qui venait de saisir ses fesses pour soulever légèrement son bassin et frottait durement cette fois-ci leurs deux érections l'une contre l'autre encore prisonnières des couches de tissus. Un gémissement de plaisir sortit de la bouche des deux hommes. Une charge électrique passa dans tout le corps de Sanji qui perdait peu à peu contact avec la réalité.

Cette bouche qui se pressait fermement contre la sienne, cette langue qui tournoyait avec sa consoeur, ces soupirs qui s'échappait de la gorge de son vis-à-vis et qui se mélangeaient avec les siens, ce corps si chaud et si parfait qui se collait au sien, tout l'étourdissait.

Zoro rompit le baiser, allant désormais s'attaquer aux tétons tendus de plaisir qui se présentaient à lui. Il prit soin de les mordiller, les lécher, les suçoter pour ensuite parcourir le reste du torse de son compagnon. Arrivé au nombril, il inséra sa langue dedans et le lécha avidement, le mordillant à quelques moments.

Sanji avait enfoui ses mains toujours nouées dans les cheveux de jade de son partenaire et avait retiré ses chaussures d'un mouvement habile des pieds, tout comme l'avait fait son seme, pouvant ainsi prendre appui avec ses pieds sur la portière et coinçant de cette façon Zoro entre ses jambes. Ce dernier lui retira ceinture, pantalon et caleçon et le redressa pour l'installer sur ses cuisses. De ses mains nouées, Sanji défit le bouton du jean de son acolyte (*) tout en l'embrassant fougueusement et fut aidé de celui-ci pour retirer les dernières couches de tissus restantes.

Il faisait chaud, très chaud, dans ce petit habitacle qu'était la voiture, à un tel point que de la buée apparaissait faiblement sur les fenêtres arrières mais ne gênait en aucun cas les deux hommes à l'arrière. Ils se caressaient, se griffaient, se mordaient, gémissaient, enfonçaient leurs ongles dans la peau de l'autre, frottaient leurs corps nus ensembles, tout en s'embrassant s'en cesse, augmentant leur désir, petit à petit.

Puis Zoro perdit patience et prépara (tout de même) Sanji qui grimaça légèrement.

- Je donne pas cher de mon derrière demain.

Il entendit le vert ricaner dans son cou tandis qu'il insérait un troisième doigt en lui. Il avait encore mal de la dernière fois qui s'était déroulée il y avait quelques heures seulement mais l'envie du bretteur étant trop grande, il passa outre et retira lui-même les doigts de Zoro, se dressant verticalement au-dessus du sexe palpitant de ce dernier.

Avec l'aide du bretteur, il s'empala doucement sur son sexe, essayant de canaliser les vagues de douleurs. Une fois entièrement entré, Zoro attendit quelques minutes que Sanji se calme pour pouvoir commencer.

La tête plongée dans le cou de Zoro, Sanji eu un sourire mi-pervers mi-sauvage et remonta ses hanches rapidement pour les rabaisser tout aussi vite malgré la douleur. La réaction du bretteur ne se fit pas attendre, un long gémissement s'échappa de sa gorge et il enfonça ses ongles dans les hanches arrogantes qui avaient pris un rythme langoureux et lent, beaucoup trop lent à son goût.

Ne réfléchissant plus, il empoigna fermement les fesses du blond et entama un rythme effréné. À chacun de ses coups de bassins, Zoro touchait la prostate de Sanji, le faisant hurler de plaisir. Puis Sanji se reprit un peu et devint le maître de la situation, prenant un rythme lent et hypnotique, savourant le moment. Il embrassait sans arrêts le milliardaire qui, même si c'était lui qui le pénétrait, se faisait gentillement (en quelque sorte) dominer.

Ils s'embrassaient tant qu'ils ne s'aperçurent pas qu'ils avaient cessé leurs mouvements. Ils étaient dans leur bulle, ne pensant qu'à embrasser l'autre, mettant leur caractère de feu initial aux oubliettes pour l'instant, ne se focalisant que sur l'autre. Les bras autour du coup du bretteur et les mains dans ses cheveux de jade, Sanji colla un peu plus le corps de son amant contre lui tandis que ce dernier entourait sa taille de ses bras puissants. Ce ne fut que lorsque Zoro bougea légèrement ses jambes un peu engourdies que le désir reprit sa place et qu'ils continuèrent leur combat charnel, encore à moitié plongé dans leur bulle. Ce fut dans un gémissement commun qu'ils se libérèrent ensembles, restant enlacés quelques minutes encore.

Décidant d'enfin se lâcher, ils se rhabillèrent rapidement, un calme plat régnant. Zoro avait retrouvé son expression impénétrable, réalisant que c'était la dernière fois qu'il avait un quelconque rapport avec le blond même s'il se faisait violence pour ne pas revenir sur sa décision.

Il repassa à l'avant et mit enfin en marche le GPS, entrant l'adresse de Sanji dedans. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la route était tracée et n'attendait qu'eux. Le blondin passa à son tour à l'avant, l'air serein, ne se doutant en rien que c'était la dernière fois qu'il put avoir un quelconque geste "tendre" de la part du milliardaire. Ils reprirent donc leur route, s'arrêtant en chemin pour se dégourdir les jambes et manger quelque chose. Malgré tout, les discussions s'enchaînaient, comme si rien ne venait de se passer. Heureusement que Zoro avait pensé à ouvrir les fenêtres pour aérer la voiture et que Sanji avait nettoyé sa semence qui s'était un peu propagée partout.

Ils arrivèrent à l'appartement de Sanji dans les alentours de 20 heures après plus de cinq heures de galère à cause de l'orientation de Zoro au lieu de deux heures et demi. Sanji sortit du mieux qu'il put avec son bassin meurtri et prit ses affaires qui était dans le coffre. Après un dernier regard avec le bretteur, hésitant entre l'embrasser ou restait sage dans son coin, il partit vers l'entrée de l'immeuble n'adressant qu'un petit signe à son conducteur qui le regardait avec un sourire déçu tandis qu'il repartait.

Peut-être aurait-il dû choisir la première option ?


Cette dernière question est une question à double sens. Elle concerne le choix de Zoro et l'hésitation de Sanji à la fin. (À vrai dire, je m'en suis rendue compte qu'après avoir corrigé les fautes que cette question à la base destinée à l'hésitation de Sanji pouvait aussi faire référence au choix de Zoro.)

BREF.

- Je suis FAN de scène de sexe dans des voitures. (Me demandez pas pourquoi, JE SAIS PAS.) Donc je me sentais obligée d'en faire une dans la voiture ;w; !

- Le SM viendra quand j'en aurai envie. Non, c'est juste il y en aura peu finalement, pour l'instant, sorry.

- Sinon, j'aime la guimauve en ce moment.

- Ah, et ça devient du n'importe quoi cette fic.

(*) : "compagnon", "partenaire", "acolyte" = je me l'a joue dico des synonymes.

Plait-il, malgré le retard ?

Shino-