La fin d'un triste passé ?
Trois semaines qu'ils étaient rentrés de France. L'ouverture du restaurant de Sanji avait eu lieue, entouré de ses amis les plus proches pour inaugurer les cuisines. Ses premiers clients n'étaient autres que son paternel et son amant, qui n'avaient cessé de charrier sa cuisine, lui faisant croire qu'elle était tout simplement infecte. Ils n'y étaient pas allés de main morte, le blondin y ayant cru à un moment, paniquant énormément. Robin, elle, avait été reçu dans une bibliothèque, à son plus grand plaisir.
L' « All Blue » avait pour décors intérieur des milliers de nuances de bleu, de doré, d'infinies couleurs créant une gaieté sans pareille, éblouissant les clients partant le temps d'un repas sous les eaux de l'océan, dans un paradis aquatique. Très chic mais peu cher, toute classe sociale pouvait se retrouver dans cet endroit, se retrouvant tous au même niveau.
A cela s'ajoutait une chose qui plaisait énormément au milliardaire : Sanji lui avait gentiment demandé s'il pouvait dormir chez lui plus souvent, prétextant être plus près du restaurant par rapport à l'appartement qu'il partageait avec Robin. D'ailleurs, Franky en avait profité pour s'installer les jours où le cuistot n'était pas présent pour profiter au maximum de sa « super copine ». Grâce à ça, il put faire examiner son cuistot par un médecin et aucune malade transmissible étant détectée, il put envoyer paître ses foutus préservatifs qui lui faisaient perdre du temps à chaque fois.
Pour fêter le plus grand nombre de couverts – soit 150 – qu'ils avaient reçu depuis l'ouverture du restaurant All Blue, Sanji et ses employés avaient invité quelques personnes de leur entourage dont (bien évidemment) Roronoa. Bien content de boire de la bonne bibine, il s'était laissé porter par l'ambiance festive, guettant les faits et gestes de son blond, il l'avait vu boire cul-sec un vers d'alcool fort proposé par un des cuisiniers. Il ne s'était pas inquiété bien qu'il connaissait très bien le résultat de l'addition du blondinet et l'alcool, il avait confiance en lui, il savait qu'il n'allait pas abuser. Tout du moins, c'est ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'une personne enfiévrée se jette sur lui en pleine rue, le plaquant contre une façade du restaurant alors qu'ils allaient rentrer au bercail.
Se faisant violer la bouche par un Sanji complètement cuit, il pensa à l'assommer pour le calmer et le faire décuver mais il n'eut pas le temps de lever la main qu'une phrase absolument obscène fut prononcée langoureusement à son oreille tandis qu'un mouvement prononcé du bassin stoppa son geste.
- Zoro… J'ai envie de toi, montre-moi la bête qui sommeil en toi depuis le début… En trois mots : Fais-moi mal.
Choqué, le bretteur tourna lentement la tête vers le blondin qui semblait on ne peut plus sérieux. Toutes les barrières qu'il avait forgé pour ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus volèrent en éclats, son regard s'assombrissant au fur et à mesure que les secondes passaient. Fier de son effet, Sanji en rajouta une couche.
- Amène-moi à nouveau dans ton terrain de jeu, je veux en garder des marques.
Zoro déglutit et reprit un peu le contrôle.
- Tu es saoul. Tu ne sais pas ce que tu dis.
- Certes, mais je sais que j'en ai terriblement envie, rétorqua le cuisinier.
Un feu qu'il avait fini par réussir à éteindre au plus profond de lui reprit de plus belle, lui vrillant les entrailles d'impatience, ses pulsions refaisant surface, prêtes à être mises à jour.
Ne réfléchissant plus, il tira Sanji par la chemise et le jeta à moitié dans sa voiture, mettant les gaz pour arriver au plus vite chez lui. Il réussit tant bien que mal à se calmer un tant soit peu durant le trajet, mais s'était sans compter sur Sanji qui ne cessait de le chauffer, ne se doutant pas de ce qui allait lui arriver. Il gara sa voiture dans son parking, envoya Yosaku et Johnny faire un tour et expédia son colis qu'il portait sur son épaule dans l'entrée de son appartement. Il prit le temps de bien fermer la porte d'entrée à clé, tentant de calmer ses tremblements. Il allait pouvoir enfin se défouler.
/Je tiens à prévenir que je décline toute responsabilité si vous êtes choqués par la suite, je vous préviens que là, vous pouvez zapper si vous êtes des âmes sensibles (bien que j'ai supprimé pleins de choses). Il y aura une indication quand ce sera fini./
On lui faucha les jambes, se retrouvant sur le dos surmonté d'un homme en rut, juste devant la porte qu'il venait de fermer. Son bassin posé sur la poitrine du bretteur, Sanji le rapprocha de la tête de sa proie, se frottant vulgairement contre elle, ses yeux ancrés dans ceux du vert. Il stoppa son mouvement tout près de son menton.
- Zoro… Je veux que tu la prennes dans ta bouche, que tu fasses glisser durement tes dents tout le long, que tu me fasses les pires atrocités possibles. Je veux te voir en vrai fauve.
Il ne fallait pas lui dire deux fois.
Se relevant brusquement, il tint fermement Sanji dans ses bras et passa par la cuisine. Il le plaqua durement contre le mobilier et prit une baguette chinoise en main. Le jeans du cuistot moulant parfaitement la bosse formée sous lui, Zoro fit glisser dans toute sa longueur la baguette dessus avant de planter l'une de ses extrémités profondément dans la verge prisonnière de son compagnon qui contracta ses doigts dans la nuque de son bourreau et balança sa tête en arrière, poussant gémissement de douleur et d'excitation. Il avait mal mais tout ça l'excitait. Etait-ce grâce à l'alcool ? La baguette fit de tous petits cercles, ravageant le sexe durcit.
- Putain Zoro...
Cette plainte suffit au bretteur pour lui faire perdre le peu de contrôle qui lui restait, fracassant la baguette entre ses doigts et emmenant le corps accroché à lui dans sa salle de «tortures ». Celle-ci, tout de rouge et de cuir ornée, n'avait pas changé depuis la dernière (et la seule) fois qu'ils étaient venus. Les codes vestimentaires qui avaient été imposés au début ont disparu, la chemise que portait le cuistot est déchirée, de même pour celle du bourreau, le temps est à l'action, on s'en fout des formalités.
Il balança Sanji sur le lit tandis que celui-ci grognait des choses salaces à l'intention du bretteur. Le blond se retourna et se mit quatre pattes sur ses coudes et regarda la bête derrière lui par dessus son épaule. Il lui lança un regard de braise et déterminé.
- Roronoa, je veux que tu me baises. Immédiatement. Et fort. Griffe-moi. Mords-moi. Frappe-moi.
Le regard du plus vieux s'embrasa et montra ses canines. Oh oui, il va bien s'amuser... Il attacha un collier autour du coup du blondin relié à une laisse, pouvant le contrôler comme il le voudrait. Parcourant du regard le dos de sa proie, il laissa une main s'aventurer dessus, repliant les doigts, enfonçant ses ongles dans la chair, retirant de la peau à son passage sous les halètements du cadet perdu entre la douleur et le désir sans nom qui prenait vie en lui. Le bretteur fit descendre son pantalon d'un coup sec, faisant exploser le bouton et l'envoya à l'autre bout de la pièce.
- Tu ne portes pas de caleçon... C'était prémédité ?
Sanji ne lui fit qu'un regard amusé. Son pantalon fit le même trajet hormis sa ceinture, la retirant et la gardant près de lui.
- Eh, tu veux pas accélérer ? À moins que tu ne t'en sens pas cap- ah !
Un cri traversa la pièce tandis qu'une marque rouge se formait sur la fesse droite du jeune homme. Il ne l'avait pas loupé...
- Putain... Recommence !
Les larmes aux bords de ses yeux dans le vague, les joues rougies, la bouche entrouverte, la tête désormais contre le matelas, le bassin relevé et les jambes largement écartées, Sanji sentit une nouvelle fois la ceinture s'abattre sur lui pour lui soutirer un cri. Il prit sa propre verge en main et la pressa entre ses doigts pendant qu'il allait et venait dessus. Après quelques autres coups, il entendit la ceinture voler au loin et sentit le souffle de son dominant dans son dos, juste avant que des dents s'enfoncent dans sa peau à l'un de ses points faibles, entre les deux omoplates. Des ongles se logèrent dans la chair de ses flancs et glissèrent tout le long en des blessures profondes.
Une des deux mains disparu de ses flancs et alla rejoindre la sienne qui avait cessé ses mouvements sur son sexe mais s'y cramponnait toujours. Il la dégagea, prit l'attirail en main... et le tordit douloureusement. De sa main gauche, il malaxa durement les bourses tandis qu'il le mettait sur le dos.
- Tu voulais que mes dents aillent à sa rencontre ? Te voilà servi.
Zoro engloba la quasi-totalité de son pénis de sa bouche et le mordit, arrachant un nouveau cri au torturé. N'adoucissant pas sa morsure, il fit racler ses dents de tout son long jusqu'au gland, où il fut bloqué.
Sanji ne savait que faire, l'alcool lui dictait des mots obscènes qu'il s'empressait de dire, lui faisait faire des choses douloureuses mais tellement bonnes, et une seule idée trottait dans sa tête désormais. Il voulait ce fauve en lui. Comme s'il lisait en lui, le vert se redressa tout en tirant durement sur les bourses de son compagnon et le retourna à nouveau, relevant son bassin où la morse de la ceinture contre sa chair était encore présente. Il effleura la peau meurtrie du bout des doigts... et abattu violemment sa main sur le fessier qui lui faisait face. Une exclamation de surprise se transforma en cri quand pour la deuxième fois la main entra en contact fortement avec la peau douce alors qu'un liquide gluant se répandait sur les draps rouge.
- Alors comme ça, la fessée c'est ton truc ?
Tenant difficilement sur ses membres et au bord de l'anémie, Sanji réussit à répondre.
- À première vue... Mais... J'en peux plus... Allez connard, sodomise-moi de la façon la plus violente qui soit !
Roronoa regarda son partenaire. Ses plaies suintaient, et pas qu'un peu. Il y en avait même qu'il ne savait pas d'où elles venaient, certainement faites dans le feu de l'action... Haussant les épaules, il ne prit pas la peine de le préparer et entra d'un coup sec en sa proie. N'entendant aucun son, il se pencha en avant, remarquant au même moment que, par endroits, le rouge du lit était plus sombre.
Et il réalisa.
/Bon, vous pouvez revenir à partir de là./
Il retourna le corps du blond, prit d'une panique sans nom, et vit une blessure tout le long de son torse. Mais d'où venait-elle ?! Il n'avait pas le souvenir de l'avoir touché au torse... Il leva son regard vers le visage du blond. Ses yeux étaient vides de toute vie. Son coeur se serra. Bon dieu, qu'avait-il fait ?! Ses yeux furent attirés par un scalpel. Aurait-il prit ceci sans s'en rendre compte et... Il se redressa, horrifié, choqué, et tomba du lit.
Il leva ses mains pour constater qu'elles étaient pleines de sang... De son sang... Il bondit sur ses pieds et tenta de réanimé Sanji.
Rien à faire, il était partit...
Un cri. Puissant.
Le jeune homme se redressa dans son lit, en sueur, faisant bondir l'autre occupant.
- Eh ! Zoro ! Qu'est-ce qui se passe ?!
Sa voix, son odeur, sa chaleur... Il était vivant... Alors, ce n'était qu'un cauchemar ? Un putain de cauchemar ? Il tenta de calmer le rythme effréné de son coeur. Sa respiration était erratique. Un cauchemar... Il y avait tellement cru... Il déglutit, des spasmes parcourant son corps moite. Il porta ses mains à son visage, vérifiant par la même occasion que ceci était bien un sale tour de son inconscient. Un corps se colla au sien et deux bras réconfortants l'entourèrent, l'apaisant.
- C'est rien, juste un cauchemar, fit l'ainé, tentant de rassurer son amant.
Ce dernier le fit basculer sur le côté pour poser sa tête sur ses genoux repliés, ne supportant pas de voir le bretteur dans cet état.
- C'est le troisième en une semaine... Tu es sûr que ça va ?
Il acquiesca d'un mouvement de tête. Le contact du corps de Sanji et son propre corps suffisait à le calmer. Sa respiration ralentit, ses spasmes disparurent, son coeur reprit un rythme régulier. Il se sentait si faible dans ses moments-là aux yeux de son amant... Et il détestait ça. Il se laissa tout de même faire, appréciant la caresse rassurante dans ses cheveux, oubliant peu à peu sa mauvaise passe.
En y repensant... Avant lorsqu'il faisait ce genre de rêve sans cette fin où son/sa partenaire lui claquait entre les doigts, il en ressortait tout excité, prêt à sauter sur le/la première venue. Mais là... Ça l'avait dégoûté, écoeuré. Voir Sanji ainsi lui avait retourné l'estomac. Pourquoi tous ces cauchemars ? Est-ce du au fait que le blondinet ait accepté, il y a quelques jours, de retourner une seule et unique fois la-bas ? À vrai dire, ça ne l'enchantait plus désormais. Aurait-il à ce point changé ?
- Va prendre une bonne douche, ça te fera du bien, fit doucement le blond.
Zoro rapprocha son corps.
- Non. Pas tout de suite, je suis bien là.
Le cuisinier eut un petit rire.
- Espèce de gamin capricieux, répondit-il avec un sourire.
Un grognement parvint à ses oreilles avant de sentir le poids sur ses jambes s'envoler. Il alluma une lampe de chevet et regarda le vert sortir de la pièce. Quelques secondes plus tard, il entendit l'eau couler, laissant libre cours à son imagination, se voyant très bien le rejoindre pour tout faire sauf prendre une douche... Mais il se calma bien vite, il trouvait plus qu'étrange les cauchemars qu'il faisait. Ils semblaient violents... Il aurait aimé savoir, que le bretteur se confie un peu à lui... Le bruit de l'eau cessa, signifiant que l'autre homme allait revenir.
Ce fut un Zoro frais et détendu au possible qui revint se coucher dans leur lit et qui l'attira près de lui, bien décidé à se rendormir. C'était sans compter sur la curiosité de Sanji.
- Roronoa.
Surpris, "Roronoa" ouvrit un oeil.
- Je t'ordonne de me dire de quoi parlent tes cauchemars.
Et le referma aussitôt.
- Eh ! J'te cause !
- La ferme.
Il le fit taire en apposant ses lèvres sur les siennes, coupant cours à toute discussion.
- Dors, termina Zoro.
Sanji grogna mais dût se résoudre à obéir, demain il avait une grosse journée. Il avait déjà dû refuser un merveilleux moment de plaisir avec son bel amant alors il ne devait pas insister, sinon il aurait le droit à des réflexions du genre « T'es bien fatigué pour refuser un peu de sexe mais pas pour taper la parlotte ! » Et s'en suivrait un échange verbal violent et comme à chaque fois, tout se finirait en câlins sous la couette, oubliant immédiatement sa grosse journée du lendemain.
Ils finirent par tous deux s'endormir, un des deux appréhendant le sommeil tout de même.
Le réveil se fit seul pour Zoro, Sanji étant partit depuis quelques heures déjà. Comme chaque matin, deux onigiris étaient déposés dans une assiette sur le comptoir de la cuisine, accompagnés d'un « Bonne journée ! » gribouillé sur un bout de papier. Il les dégusta tout en se servant un bon café noir. Il repensa à nouveau à son cauchemar, touillant machinalement la cuillère dans son café, la tête posé dans le creux de sa main gauche. Il la releva pour regarder vers la fameuse pièce, réfléchissant. Il rangea ses affaires, et se leva en direction de ce qui le rendait heureux auparavant, et qui l'horrifie maintenant.
Devant la porte, il hésita à tourner la poignée, des flashs de ses précédents cauchemars refaisant surface. Finalement il entra et ressortit aussitôt. Il ne pouvait plus supporter cette pièce. Il alla dans la cuisine, prit un rouleau grisâtre et revint dans la « pièce rouge », plus déterminé que jamais. Il avait enfin trouvé quelqu'un à qui se fier, à qui il voulait lui faire l'amour et non pas le baiser. Il savait que ce qu'il ressentait était réciproque. Qu'à cela ne tienne, cette pièce disparaîtra.
Il déroula un bout, le détacha et le secoua, le bout de plastique prenant forme en avalant de l'air, formant ainsi un sac poubelle. Il prit tous les objets présents dans la salle et les jeta un-à-un dans le sac, se débarrassant de son passé, un futur bien meilleur l'attendant. Il lui faudra des heures pour tout vider tout seul mais c'était pour la bonne cause. Il demandera de l'aide à Yosaku et Johnny pour retirer les meubles encombrant. Le blond ne rentrant pas ce soir, il aurait deux jours pour changer cette pièce et en faire quelque chose de nouveau.
xXxXx
- Eh, Aniki-san, j'trouve que ça en jette, pas toi ?
- J'suis d'accord avec Yosaku, ça en jette grave !
Zoro sourit, fier de ses amis et de lui-même.
- Vous trouvez ? Demanda-t-il
- Mais grave ! Attends, on a une salle de cinéma dans la baraque ! Fit Johnny, des étoiles pleins les yeux.
Le milliardaire regarda ses deux compères. Ils l'avaient beaucoup aidé avec Franky pour transformer cette ancienne pièce.
- Et puis c'est pas tout ! On a même une cave pour le vin ! En deux jours on a réussit à construire deux pièces !
- Ouais, c'est aussi grâce aux conseils de Franky ! Perso, j'aurai jamais pensé à couper en deux cette pièce immense, admit Johnny.
- Moi non plus, acquiesca Zoro, un petit sourire aux lèvres.
L'unique porte qui menait à l'ancienne salle avait déserté et le trou rebouché. Un mur la scindait en deux et deux nouvelles portes étaient apparues, l'une menant au coin cinéma, l'autre à la cave à vin. La première salle avait été repeinte en vert pâle, un canapé-lit blanc avait prit place le long du mur en face de la toile tendue. Des petites lampes avaient été rajoutées dans le mur tandis que le sol avait été recouvert d'une imitation parquet. La cave à vin elle, avait été repeinte en blanc, et plusieurs présentoirs pour le vin avaient été achetés. Zoro avait fait le plus gros, les peintures, le linox, le choix des couleurs. Le rouge avait complètement disparu. Les autres tâches furent exécutées par son frère qui lui avait demandé maintes fois à quoi servait l'ancienne pièce. Il avait farfouillé dans l'annuaire pour trouver le numéro d'Usopp, l'ami de Sanji, pour qu'il lui fasse un trompe l'oeil qui cacherait les nouveautés au blond encore quelques heures.
- Bon, les mecs, j'vous préviens tout de suite, vous me prévenez quand vous y aller dans c'te salle, ok ? On utilisera un code couleur pour eviter que vous me surpreniez avec Sanji, au cas où on aurait la flemme de-
- Ok, ok ! No problem, on veut pas savoir ! Mais pourquoi un code couleur ? C'est pour les gamins ça !
- Bah, à vrai dire, c'était pour faire quelque chose à votre niveau quoi... fit Zoro, d'humeur joueuse.
Il se fit insulter tandis qu'il partait dans un fourire, ravissant ses deux gardes-de-corps qui ne le voyaient que rarement dans cet état. Après avoir terminer les derniers détails et une bonne douche, ils se rejoignèrent dans le salon, Zoro offrant une tasse de thé à ses deux amis, discutant de tout et de rien.
- Oh, euhm, Zoro-aniki... hésita Yosaku.
- Hm ?
- J'voudrais pas casser l'ambiance mais... demain, ça fera vingt ans que tes parents auront disparu... dit Yosaku.
Il se prit une tarte derrière la tête de la part de Johnny, furieux.
- Non mais lui parle pas de ça, pauvre abruti ! Il avait l'air si heureux et toi, tu fais tout foirer !
- Désolé ! Mais t'étais pas obligé de me frapper !
S'en suivit une bagarre entre les deux amis, sous les yeux amusés du bretteur. Il les laissa se défouler un peu, veillant à ce qu'ils ne saccagent pas l'appartement.
- Ne t'en fais pas Yosaku, ce n'est pas grave.
Les deux arrêtèrent de se bagarrer, regardant leur supérieur avec les yeux exorbités. Jamais, lorsqu'ils parlaient de ses parents, il n'avait réagit ainsi. Il partait très vite dans les tours, mettant à jour la peine qu'il ressentait depuis son plus jeune âge. C'était dans ces moments qu'on voyait à quel point cet homme souffrait.
- Bon, du balais, notre tête de trombone internationale va arriver !
Il mit dehors ses deux gardes du corps, et n'eut même pas le temps de vérifier que le trompe l'oeil allait être efficace que Sanji rentra, un sac à la main. Il fit un sourire à Zoro et leur prépara de quoi manger. Rien de trop élaboré, juste de quoi remplir leur estomac quelques heures.
Alors qu'ils étaient en train déguster le dessert, Sanji aborda le sujet difficilement.
- À propos de ce soir... On ira doucement, hein ?
Souriant discrètement, Zoro ne dit rien et termina son dessert. Il sentait bien l'appréhension du cuistot et s'en amusa, ce qu'il avait hâte de voir sa tête quand il verrait que cette pièce n'existe plus ! Il débarrassa la table, faisant douloureusement patienter Sanji qui se leva finalement, voulant en finir le plus vite possible avec cette histoire. Au bord d'une crise de stress, il attrapa le col du milliardaire et le tira vers ce qu'il redoutait le plus. Il ne voulait pas subir ce genre de chose, ça le répugnait. Mais il faisait ça pour le milliardaire, pour rien au monde il voudrait qu'il le laisse seul parce qu'il n'avait pas voulu faire quelque chose qui lui "tenait à coeur". Il avait même signé ce putain de contrat...
Zoro eut un grand sourire en arrivant que Sanji ne vit pas. Ce dernier, nerveux comme jamais, se jeta sur la poignée qui lui resta dans les mains. Il se tourna vers le vert, prêt à le voir énervé. Il ne vit qu'un sourire satisfait sur ses lèvres si attirantes. Ce dernier se rapprocha de lui et lui fit faire quelques pas en arrière.
- Recule un peu, fit Roronoa.
Il retira le trompe l'oeil sous les yeux ébahis de Sanji qui découvrit les deux nouvelles portes. Comment était-ce possible ?!
- On commence par laquelle ?
- Mais...
- Chut.
Sans son avis, il lui fit découvrir les deux salles, une à une, devant un Sanji bouche bée qui n'arrivait pas à distinguer le vrai du faux.
- Je suis en plein rêve, c'est ça ? Cette salle n'a pas disparu en vrai, hein ? Haha...
Zoro se tourna vers lui, un sourire goguenard peint sur son visage tandis que ses eux s'allumaient d'une passion dévorante.
- Tu vas voir si tu rêves dans quelques minutes, quand tu seras complètement nu dans le lit en train de crier ta dépendance.
Le blond lui fit face, complètement à l'ouest.
- Je ne comprends pas...
- De quoi ? Que tu vas finir à oilpé dans mon lit en train de gémir ?
Une tape derrière la tête pendant qu'il riait le calma un peu. Il sortit de la cave suivit de Sanji qui était bien décidé de savoir le pourquoi du comment alors qu'il l'ignorait de la plus belle des façons. Se dirigeant vers les affaires du blond, il farfouilla dans son sac et sortit une petite enveloppe qui lui était destinée. Se mettant face au cuistot, il brandit la lettre au niveau de son visage.
- Tu vois ça ? Fit le bretteur en désignant les papiers du doigt.
Sanji acquiesça, se demandant bien ce que Zoro allait faire. Il le vit prendre l'enveloppe à deux mains et tirer d'un coup sec dans deux sens différent, déchirant tout ce qu'elle contenait. Il alla les jeter à la poubelle, fier de lui.
- Tu t'es trompé d'enveloppe.
- Quoi ? Fit Zoro, les yeux ronds.
- Rien, rien. C'est le geste qui comptait ! Répliqua Sanji en jetant la bonne enveloppe avec un sourire. L'autre était là pour si je me résignais, je te filais un truc vide... Et je me serais tiré en courant.
Le milliardaire se mit dans son dos et l'entoura dans ses bras, l'emmenant pas du tout discrètement dans leur chambre, bien décidé à faire autre chose de sa soirée.
- Et bien maintenant c'est mort, tu ne pourras plus t'enfuir...
Sanji se retourna et posa ses bras sur les épaules de Zoro.
- À vrai dire, je n'en avais plus l'intention, maintenant que cette... salle n'existe plus. Dis-moi pourquoi tu l'as fait disparaître.
Le vert ouvrit la porte de la chambre, continuant lentement sa route vers le lit double encore défait de sa courte nuit, voulant à tout prix finir les travaux avant ce soir. Il refusa d'un mouvement de tête.
- Alors dis-moi comment tu as fait pour faire ça en deux jours !
Le blond fut déposé sur le lit, très vite recouvert de son amant.
- Franky, Yosaku, Johnny. Et Long-pif aussi pour le trompe l'oeil. Maintenant, tais-toi et subis, ordonna Zoro avec un sourire pervers.
xXxXx
Ce fut au tour de Sanji de se lever seul ce matin. Lui qui comptait faire chier Zoro toute la journée pour connaître la raison pour laquelle il avait supprimé ses habitudes, c'était loupé. Tout en grognant, il alla dans la cuisine, flémardant. Il ne bossait pas aujourd'hui et n'avait rien prévu. Il trouva un mot de son amant, qui l'avertissait qu'il risquait de ne pas rentrer pendant quelques jours. Intrigué, Sanji joignit Franky au téléphone, lui demandant s'il avait la moindre idée d'où il pourrait être.
- Ah ! Il doit être à Shimonoseki-shi.
Le blondin haussa un sourcil.
- Qu'est-ce qu'il fout là-bas ?
Il entendit Franky dire à Robin qu'il revenait dans quelques minutes, allant certainement se mettre à l'abris des oreilles indiscrètes. Il savait que son frère n'aimait pas que les autres connaissent son histoire. Après avoir entendu une porte se fermer, Sanji eut son explication.
- Il t'a parlé de ses parents ? Demanda Franky.
- Ouais, vite fait.
Il y eut un petit silence.
- J'suis pas sûr que Zoro-bro' serait super content de savoir que je te l'ai dit mais... Aujourd'hui, ce sont les vingt ans de leur disparition. Il a dut retourner là-bas, là où il habitait avant. Je sais qu'il le fait souvent. Il dit qu'il veut surmonter l'épreuve qu'est de retourner devant leur maison, dans leur ville.
Sanji mit une main sur son front, grimaçant.
- Et comment a-t-il se retrouver dans votre dojo ? Je veux dire dans son dojo, puisque tu ne pratiques pas le kendo.
- J'y ai vécu aussi.
- Oui, pas faux.
- Et bien, quand il a su pour ses parents, il s'est mis à voguer seul dans tout l'archipel, préférant crever de fatigue, de soif et de faim, en bon sadique qu'il est. Puis il est arrivé devant le dojo et est tombé amoureux du kendo. Et de sa meilleure amie. Enfin je crois. C'était super chelou leur histoire ! J'comprenais que dalle ! Tout ce que je sais, c'est qu'il a été encore plus anéanti quand elle est morte... Bref. On a tous les deux été adoptés par ce bon vieux Koshiro et c'est nous que v'là ! J'pense que tu devrais le rejoindre, ça lui fera plaisir. Surtout que vu vos rapports...
Rouge de gène et de colère, le cuistot bondit.
- Ta gueule le crétin bleuté !
Il reprit contenance, soupirant un bon coup.
- Je ne peux pas, j'ai pas de moyen de transport.
Il entendit Franky rire au bout du fil.
- Pourquoi tu rigoles comme un con ? Fit Sanji, blasé.
- Rien ! Haha, arrête Robin ! Erhm. La petite garse, elle a réussi à ouvrir la porte et maintenant elle me-
- STOP ! Hurla le blond.
La voix de Robin se fit entendre, bien qu'il ne comprenait pas ce qu'elle disait. Franky sembla la mettre dehors et reprit un semblant de calme.
- Les clés de l'Audi sont dans un bocal, dans le placard droit de la cuisine. Si elles y sont pas bah... Celles de l'Aston Martin sont dans ses caleçons dans la commode de sa chambre. Il garde les autres sur lui.
- Merci Monsieur Franky.
- Pourquoi "Monsieur" ?!
- Tu t'es montré intelligent, fallait que je te fasse preuve de mon respect car c'est pas tous les jours que ça t'arrive.
Un grognement lui parvint.
- Bon, raccroche espèce de petit insolent. Un peu de respect pour les vieux, voyons !
Sanji raccrocha et alla se préparer. Une longue route l'attendait à bord d'un gros bolide. Après une bonne douche et quelques habits mis dans un sac, il trouva les clés de l'Audi et partit, prêt à rejoindre le dépressif du jour. Zoro lui avait fourni un double de son appartement, le laissant libre de faire ce qu'il voulait. Il jeta ses affaires sur la plage arrière et s'installa au volant.
- Bon...
Après quelques manipulations, il réussit à bien s'adapter à la voiture et la mit en marche, se régalant du vrombissement du moteur. Il lui fallut un peu plus de temps pour mettre le GPS en marche, cherchant désespérément comment ce « bordel » marchait. Il en sortit vainqueur, terrassant la machine qui dût céder au caprice du blond et lui indiquer la direction à prendre.
xXxXx
L'air marin enivrait ses sens, se collait à sa peau, ses vêtements. Le vent décoffait encore plus ses cheveux qui ne l'étaient déjà pas, s'infiltrait dans son t-shirt vert pomme, parcourait son corps. Son bermuda en jeans foncé frolait la surface de l'eau, ses pieds nus baignant dans l'océan où ses parents avaient péri. Il se sentait bien là, coupé du monde, ayant laissé tout ces appareils électriques avec lesquels on pouvait le joindre. Il aurait aimé savoir la vie qu'il aurait pu mener s'il ne les avait pas perdu, voir comment il aurait évolué. Mais il s'en fichait désormais, il avait trouvé un équilibre grâce à Sanji et pour rien au monde il ne voudrait changer cela. Il inspira profondément, fermant les yeux de délice. Il se sentait revigoré, faisant le plein d'énergie pour les mois, les années à suivre.
Une voiture freina brutalement derrière lui mais n'y fit pas attention, perdu dans les souvenirs vagues de son enfance auprès de ses parents. La voiture redémarra, partant dans une direction au hasard. Rien ne pouvait le déranger, il était partit bien trop loin, faisant abstraction des bruits de la ville, se concentrant sur le son que produisait les vagues qui s'échouaient sur la plage.
Quelques minutes plus tard, une silhouette arrivait à grandes foulées, visiblement essoufflée. Elle ralentit à quelques mètres de l'homme, reprenant un rythme calme. Elle retira ses chaussures et chaussettes puis remonta du mieux qu'elle pouvait son pantalon. Elle reprit sa route, frissonnant légèrement à cause de la fraîcheur de l'eau et se posta aux côtés de l'autre homme qui ne remarqua pas sa présence, les yeux résolument clos. Les minutes passèrent, sans qu'aucun des deux ne parlent.
- Depuis combien de temps es-tu ici ?
Le vert sursauta, surpris de voir son cuistot ici.
- Que fais-tu là ?
- Je suis ton amant, non ? Il est de mon devoir de t'accompagner dans les moments difficiles.
Zoro eut un sourire attendri, scrutant l'horizon. Il se sentait encore mieux maintenant que Sanji était là. Il n'avait jamais été accompagné, refusant toute compagnie durant ces moments-là. Pour la première fois, il n'était plus seul. Signifierait-il qu'une page de sa vie était tournée ? Apparemment.
- Alors tu n'as pas fini de me courir après.
Et voilà, cette fiction est finie. Elle aura duré presqu'une année entière. Ça va me faire bizarre maintenant... Les premiers chapitres étaient écris en suivant l'histoire de "Fifty Shades" mais les derniers ont été pleinement inventés par moi.
Remerciez mon cousin car c'est grace à lui que vous avez ce chapitre. C'est lui qui, en venant me faire un "coucou" hier m'a redonné l'envie d'écrire.
Merci à CrazyDodge qui m'a mit ma 200e review !
Je dédicace cette fiction à Zororonoa-kun, ma petite brouette d'amour ! À Nathdawn (malgré...) qui m'a le plus soutenu durant cette fiction et à Meika-san.
UN ENORME MERCI à toutes celles (et ceux) qui m'ont mis en Follow ou en Favorite tout le long, et UN MEGA EXTRA SUPRA MERCI à toutes celles (et ceux) qui ont reviewé.
Cette fin n'était pas du tout sensée se passer ainsi mais bon (hormis le cauchemar)... À vous de juger si elle vous plait ou non.
Une review ?
BISOUS et à la prochaine !
Shinory.
