Suspectes.


Désolée du retard



"Il m'avait fallu du temps pour encaisser la nouvelle. Mais après tout, si j'avais des visions, n'était-ce-pas pour pouvoir changer le cours de l'avenir ?"

24 février, 10h02

_Sweetie !
_Moui Ange... Fis-je en gardant mon attention sur le chapitre de roman que j'étais entrain d'écrire.
_J'ai un visage pour notre victime, il faudrait peut-être appeler Booth...
_Très bien, j'arrive.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvions tous devant l'Angelator.
_Et voilà notre homme ! Fit Angela avec une fierté non-dissimulée dans la voix. C'est un certain "Luciano Marconi".
_Arf... Ca sonne trop italien ça... J'aime pas quand ça sonne trop italien... Grommela Booth en se grattant l'arrière de la tête.
_Hum... Enchaînai-je, je crois qu'on va pouvoir confirmer notre thèse de l'exécution, n'est-ce-pas Zack ?
_Oui, si cet homme appartenait, -et c'est très probable- à une organisation mafieuse, il ne fait aucun doute qu'il a été exécuté ; répondit-il.
La voix d'Hodgins s'éleva :
_Oui, mais il y a quelque chose qui cloche...
_Avec vous de toute façon, il y a toujours quelque chose qui cloche, répliqua Booth dans un air goguenard.
_Oui, mais attends mec, avez-vous déjà eu des affaires dans le milieu ? rétorqua Jack, qui ne se laissait pas démonter.
_Oui bien sûr, fît-il en tirant le col de sa veste dans un signe visible d'énervement.
_Alors ça ne vous paraît pas bizarre que l'on trouve notre victime, comme ça, au beau milieu de la forêt, à la vue de tous ? Les mafieux font tout PRO-PRE-MENT et SOI-GNEU-SE-MENT habituellement. Si le corps a été mis en évidence de cette manière, c'est parce que les personnes qui l'ont tué voulaient qu'on le trouve.

Cette annonce jeta un froid sur l'équipe. Hodgins avait raison. C'était une certitude.
_Vous croyez qu'on en a après nous ? demanda enfin Angela.
_Peut-être, peut-être pas. Annonça Booth avec fatalité.
J'essayai de reprendre les choses en main.
_Quoiqu'il en soit, nous devons poursuivre l'enquête. Il faut que l'on trouve à quelle famille appartenait cet homme et surtout à qui il obéissait, quel était son rôle.
_Oui, tu as raison. Angela, faites de recherches sur cet homme s'il vous plaît. Nous, fit-il en me regardant, on va aller interroger sa femme. Tu viens ?
_J'arrive, je prends l'adresse.

x

11h10

Nous étions arrivés au domicile de la victime.
_Bon, il va falloir la jouer fine, m'intima mon coéquipier; peut-être qu'elle savait que son mari était un mafiosi.
Je hochai la tête.

"Nous descendîmes de la voiture puis frappâmes à la porte. Une femme d'environ 35 ans vînt nous ouvrir.

_Bonjour madame, Agent Spécial Seeley Booth, FBI ; et voici ma partenaire le Docteur Temperance Brennan, anthropologie judiciaire à l'institut Jefferson de D.C. Pouvons-nous entrer s'il vous plaît ? Dit-il en montrant sa plaque.
_Bien sûr, fit-elle en s'écartant ; c'est à propos de Luciano ? Vous l'avez retrouvé ?!

Elle nous guida vers le salon où nous nous installâmes ; Booth et moi, côte à côte sur un minuscule sofa et elle, dans un large fauteuil face à nous. En m'asseyant, sa main avait frôlé la sienne. Je me rappelle avoir tremblé légèrement : "S'en est-il aperçu ?" pensai-je.

_Alors, vous l'avez retrouvé ? Demanda la jeune femme, réitérant sa question.
_Oui, Madame Marconi. Mais pas comme vous l'auriez souhaité. Votre mari est décédé. Au nom du FBI, je vous adresse mes plus sincères condoléances.
_Oh mon Dieu ! s'exclama-t-elle. Mon Dieu c'est impossible ! Mais que lui est-il arrivé ?
Elle se moucha bruyamment.
Seeley me lança un regard, m'incitant à parler.
_Il semblerait qu'il ait été assassiné. Exécuté, serait le mot juste.
_Nous sommes désolés madame.

Celle-ci était en état de choc. Non, visiblement, elle n'était pas dans le coup. Je lançai un regard à mon partenaire qui semblait être du même avis que moi.
_Est-ce-que vous avez retrouvé son meurtrier ?
_Non madame, dit Booth en joignant ses mains. Mais c'est ce pourquoi nous sommes ici. Nous aimerions vous poser quelques questions. Vous sentez-vous prête ?
_Moui...
_Quand avez-vous vu votre mari pour la dernière fois ?
Elle se mit à réfléchir.
_Ca doit faire un peu moins de deux semaines il me semble... ; oui c'est ça. Nous étions le 13 février et il m'a donné son cadeau de St Valentin en avance parce qu'il devait s'absenter les deux jours suivants pour un voyage d'affaire...
_Vous a-t-il appelé durant ces deux jours ?
_Non, mais de toute façon il n'aurait pas pu.
_C'est-à-dire ?
_Il partait seul et son portable venait de nous lâcher.
_Hum... Il aurait pu appeler depuis son hôtel. Fît remarquer Booth.
_Oui, je sais. C'est d'ailleurs pour cela que je me suis inquiétée. J'ai appelé la police lorsqu'il n'est pas revenu, le 15 au soir.
_Très bien. Une dernière chose Madame Marconi. Votre mari était bien responsable marketing pour l'entreprise Wagner&Co ?
_Euh, oui.
_Avait-il des ennemis au sein de cette entreprise ?
_Pas que je sache. Vous savez, Luciano est quelqu'un de jovial. C'est une personne charismatique que l'on apprécie très vite. Fit la pauvre femme qui n'arrivait pas à parler de son mari au passé.
_Bien, dans ce cas nous allons vous laisser, Madame.

Il se leva. "Je rêve ou sa main s'est posée sur ma cuisse ?"
La femme nous raccompagna jusqu'à la porte.
_Agent Booth, Dr Brennan, rappelez-moi si cela peut vous aider à capturer l'assassin de mon mari.
_Oui, madame, nous vous remercions. Au revoir.
_Au revoir Agent Booth.

A peine sortis, mon portable se mit à sonner. C'était Angie.
_Oui, fis-je en collant l'appareil contre mon oreille.
_Sweetie, j'ai notre homme ! Il appartenait à la famille Cartelli ! Alors merci qui ?
_Merci Angela... Répondis-je en souriant.
_Tu vois que je suis la meilleure ! Et elle raccrocha.
Nous remontions alors dans la voiture."
_Notre homme appartient à la famille Cartelli ! fis-je en m'installant à côté de lui.
Il me regarda bizarrement.
_Comment sais-tu ça ? Nous ne sommes même pas encore allés voir sa femme !
Je le regardai avec stupeur. Des fourmis parcoururent mon corps.
"Eh merde ! Elles n'auraient pas pu arriver plus tôt, celles-là !"

x

_Euh... Je ne sais pas l'intuition...
_Oui, eh bien j'espère que c'est ton intuition défaillante parce que si c'est le cas, on n'est pas dans le pétrin ! fis-je en repensant à cette sale affaire que j'avais clôturé il y a quelques années.
Je l'observai. Ses yeux s'étaient agrandis... d'horreur ? "Mais pourquoi ? Il n'y a pas de quoi pourtant."

_Hey ! Ca va ? Demandai-je , inquiet.
_Oui, oui... On y va ?
_Euh... oui.

x

C'était bizarre. Durant tout l'entretien, elle avait été ailleurs. Elle avait semblé réfléchir. Comme si... Comme si elle savait.

"Non, c'est impossible, comment saurait-elle" me résonnai-je alors que nous sortions de la demeure.
Je l'observa du coin de l'œil.
Elle sortait son portable... Alors qu'il n'avait pas sonné ! Mais non, que dis-je ! Il sonnait !... Vraiment bizarre.

_Oui, fit-elle.
Je devinai la voix d'Angela à travers le combiné.
_Bien, merci Angie.
Elle se mit à me regarder avec une mine embêtée.
_Quoi ? Qu'est-ce-qu'il y a ? m'inquiétai-je.
Elle fit une petite grimace puis me répondit :
_Il semblerait que cette fois, mon intuition ne soit pas aussi défaillante que tu ne semble le croire...
"Oh non, ne me dites pas que..."
_Comment ça ? Demandai-je alors que j'avais parfaitement compris.
_Il appartenait bien au Cartelli.

La sentence tombe. Irrévocable.

xXx