Doutes.

Merci des reviews !


_Faisons le point. Fis-je alors que nous reprenions la route après qu'elle m'ait narré sa vision.
_D'accord.
_Donc déjà, je ne vais pas me faire tuer, mais tu vas bien te faire kidnapper.
_Oui.
_Si je devais l'appeler, c'est à mon avis pour une rançon, mais quoique je fasse, il te tuera, donc, il ne vaut mieux pas que j'appelle.
_Exact. Il faudra que tu me trouve avant.
Je la regardai brièvement, voire ma Bones parler avec autant de sang-froid de son éventuelle propre mort me fichait la chair de poule, mais cela me prouvait aussi tout le courage avec lequel elle abordait la situation.
_Oui, repris-je, et pour cela, nous avons un indice : Tu te trouvais devant "Le Petit Paris". Je ne sais pas où c'est mais selon toi, c'était à Washington.
_Oui, je ne pense pas qu'il nous ait fait changer de ville.
_Bien, c'est déjà ça. Mais, est-ce-qu'il y a un détail qui t'as frappé, qui me permettrait de savoir dans quel appartement tu te trouves ?
Elle sembla réfléchir quelques secondes.
_Les rideaux.
Je la regardai.
_Les rideaux. Ils étaient rouges. Ce n'est pas commun pour une cuisine.
_D'accord, rideaux rouges, "Le Petit Paris", énumérai-je, Mais es-tu sûre ? Je veux dire, est-ce-que tu crois que c'est mieux que je te laisse te faire kidnapper ?
Elle acquiesça, l'air déterminé.
_Oui, sinon tu n'auras aucune preuve pour les faire plonger. Tu sais, on n'a rien trouvé de tangible ou exploitable sur la victime...
Je l'observai. Décidément, Temperance Brennan était une femme aussi surprenante que passionnante... Elle croisa mon regard et me souris. J'en aurais presque oublié la noirceur de la situation. Elle était tellement belle, tellement intelligente et courageuse, tellement... elle. Nous étions arrivés à destination et descendions de la voiture. Du coin de l'œil, je la détaillai toujours. Tout en elle me plaisait. Sa force. Sa beauté. Son caractère. Ses qualités. J'en aimais presque les défauts.
C'est alors que j'eus la révélation.
Je l'aimais. J'aimais Temperance Brennan. Mon amie. Ma partenaire.
Bon Dieu ! Je l'aimais ! Cette auto-révélation m'ôtait un poids considérable... Mais il fut vite remplacé par un autre...

_Et... Et si tu mourrais ?
Elle se retourna, incrédule.
_Quoi ?
_Temperance... Et si je n'arrivais pas à temps ?... Si tu mourrais ?
Elle s'avança vers moi.
_Ça n'arrivera pas, j'en ai l'intime conviction. Je te fais confiance.
_Oui, mais, si j'échoue ?
Elle ferma les yeux.
_Alors tant pis. C'est que le cours du temps aura reprit son droit. Mais je ne veux pas que tu t'en veuilles, car moi, je ne t'en voudrais jamais.
Un bref instant de silence s'installa. Puis croyant que la discussion était close, elle fit mine de s'éloigner mais j'agrippai son poignet dans une dernière tentative désespérée de la faire changer d'avis.
_Je... Je ne veux pas que tu meures. Murmurai-je la gorge serrée.
Nous avions encore beaucoup trop de choses à vivre.

x

_Je...Je ne veux pas que tu meures... Murmura-t-il.
Ses yeux brillaient, je ne l'avais jamais vu comme ça. Je décidai de le réconforter.
_Hey ! Moi non plus ! Répondis-je ne l'enlaçant.
Je sentis ses mains se perdre dans mes cheveux.
_Ne me laisse pas. Je ne veux pas te perdre. Chuchota-t-il à mon oreille. Sa voix était étranglée. Son ton presque maladif. Et je le ressentais au plus profond de moi-même. Les larmes montèrent aux yeux malgré moi. Moi non plus je ne voulais pas le perdre. Moi aussi je l'aimais.
" Moi aussi ?" Ainsi mon subconscient pensait qu'il m'aimait. Ce n'était peut-être pas faux. Je relevai la tête et observait son regard. Il était humide. Beaucoup trop. Je voyais ses paupières papillonner tant bien que mal. Mais malgré lui, une larme solitaire roula sur sa joue. C'est à cet instant que j'eus la certitude profonde que nous avions des sentiments réciproques. Aucun homme à part mon frère et mon père n'avait jamais pleurer pour moi.
Je fis ensuite quelque chose d'insensé, et de complètement irréfléchi pour une femme de ma trempe. Mais peu m'importait mes mains allèrent caresser ses joues et je l'attirai à moi, laissant nos lèvres se goûter pour la seconde fois de notre existence.
Elles étaient si douces. Leur goût n'avaient pas changé.
Peu de temps après , nos langues se goûtaient aussi de nouveau, explorant la bouche de l'autre déjà un peu familière. Il avait l'haleine chaude, sa langue un goût mentholé témoignant du chewing-gum qu'il avait mangé quelques heures auparavant.
Je ris intérieurement en pensant à la dernière fois où nous nous étions embrassé. Cela n'avait strictement rien à voir. C'était doux. Tellement doux.
A bout de souffle, nous nous reculâmes à contrecœur.
-Est-ce une raison suffisante pour venir me sauver à temps ? M'enquis-je avec malice.
Il eut un petit sourire qui contrastait avec la tristesse de son regard.
_Je crois que oui.
_Alors allons-y.
Il opina puis nous nous dirigeâmes vers l'entrée du complexe industriel.

xXx


R&R please !