Chapitre deuxième

Mark a été le premier à réagir. Comme la plupart du temps d'ailleurs. Souvent lorsqu'il s'agit de toi. Surtout lorsqu'il s'agit de toi. Tout se passe comme tu l'avais imaginé. Certains n'en reviennent pas. Ils restent là, figés sur leur chaise. Alors que Mark est déjà debout, et veut te prendre dans tes bras. Tu recules. Inconsciemment, tu recules. Il semble se rendre compte de son erreur, puisqu'il s'arrête. Tu prends alors la parole.

- Vas-y doucement s'il te plait.

Il s'approche alors doucement de toi. Tu es dos au mur. Il ne t'arrivera rien. Il te prend dans ses bras. Dieu que ça fait du bien. Cette sensation de bien être. Ca fait 3 ans que tu ne l'as pas ressentit. Et là, depuis la première fois depuis tout ce temps, tu peux affirmer que toi, Calliope Torres, tu te sens bien.

Mark se recule doucement. Mais tu n'as pas le temps de souffler un moment que déjà quelqu'un d'autre te prend dans ses bras. Tu ne sais pas trop qui c'est, tu ne vois pas. C'est une femme. Avec de la poigne. C'est Christina. Tu en es sûre maintenant. Tu lui rends son étreinte de la même manière que tu l'as fait pour Mark. Puis elle passe son tour, et te laisse dans d'autres bras. Tu es toujours heureuse de revoir tes amis. Certains se font plus discrets, et t'adresse un énorme sourire de là où ils sont.

Dans cette petite foule, tu recherches Arizona. SON regard. CE regard qui t'a tellement manqué. LE regard qui t'a permis de tenir lorsque tu était enfermée là-bas, avec lui. UN regard que tu n'oublieras jamais, tant pour ce qu'il représente pour toi, que pour ce dont tu es capable de faire pour le revoir.

Arizona est là. Juste derrière. Elle te regarde depuis tout à l'heure. Tu en sûre. Elle pleure. Toi, tu ne pleures pas. il y a longtemps que tu as arrêté de pleurer. Après des longues nuits à attendre une délivrance, à pleurer qu'on vienne te chercher. Tu as arrêté de pleurer. Et alors que tout le monde est venu vers toi, c'est à ton tour de venir vers elle.

Tu devrais l'embrasser. Tu le sais. Après tout, elle était ta petite amie avant que ce drame ne t'arrive. Elle était celle pour qui tu ferais n'importe quoi. Tu vivais pour elle. Mais c'est finis ça. Et tu le sais. 3 ans sont passés. Alors, oui, tu aimerais l'embrasser. Mais tu ne le fais pas. Quelque chose te dit que tu ne dois pas le faire. Tu te contentes juste de lui remonter le menton, et de sécher rapidement ses larmes. Bien que ce ne soit pas nécessaire, puisque d'autres viennent aussitôt les remplacer. Tu t'approches d'elle doucement. Jamais tu n'as tant tardé à la serrer tout contre toi. Tout contre ton coeur. Ton coeur qui n'a cessé de battre que pour elle.

Tes amis assistent à cette scène. Dans le silence le plus complet. Mais ça ne te fait plus rien le silence. Le silence, tu sais ce que c'est maintenant. Alors, tu finis par lâcher Arizona, et tu te retournes vers les autres. Tu te remets dos au mur. Question de survie. Et tu prends la parole.

- Je suis ... de retour.

Rien de plus idiot pour des retrouvailles. Mais c'est tout ce que tu as en réserve. Tu ne peux pas faire mieux. Et tout le monde a l'air de te comprendre, parce qu'ils attendent une suite. Une suite que tu n'as évidemment pas préparé. Pourquoi préparer un bon discours quand tu sais que tu ne le respecteras pas ? Mais tu tentes quelque chose quand même.

- Je sais que les choses ont changé. Et je sais que vous devez probablement vous poser plein de questions. Et ... si vous voulez toujours de moi ici, j'essaierai d'y répondre. Mon retour parmi le commun des mortels est passé assez inaperçu. Il est pas passé du tout. Et j'en suis très reconnaissante à la police pour ça. Mais maintenant que je suis là, ça devrait vite changer. J'aimerais vous demander un petit service chef ? A vous, et à Miranda. Vous êtes la première concernée après tout.

Voilà, ça c'est dit. Tu ne perds pas ton temps. Mais du temps, tu en as assez perdu. Tu n'as pas que ça à faire. Plus maintenant. Tout le monde a écouté. Sans rien dire. Toujours ce silence. Il est revenu. Tant pis. Ca changera. Ca doit changer. Pitié. Faites que ça change.

- Tout ce que vous voudrez Torres.
- Je dois être suivie. Médicalement je veux dire. Et j'aimerais que ce soit qui vous occupez de moi. Rien que vous.
- Il n'y a vraiment aucun problème pour ça. On se voit demain ? Disons 10h ?
- Oui, je serai là.
- Torres, vous savez où vous allez passer la nuit ?
- Oh, chef, euh ... à vrai dire, je n'y avais pas pensé. Je viens juste de descendre de l'avion. Mais je peux compter sur Mark pour m'héberger n'est-ce pas ?
- Bien sûr Callie ! On va rentrer tout de suite d'ailleurs.

Sans un regard derrière moi, je pris la direction que m'indiqua Mark, à savoir l'ascenseur. Il avait l'air toujours abasourdi par ma venue. Ou par moi-même si ça se trouve. Mais pour le moment je m'en fichais royalement. Tout ce que je voulais, c'était de pouvoir m'allonger, et de dormir. C'est d'ailleurs ce que ce que je fis sans perdre un instant lorsque nous arrivions chez Mark. Je dormis. Comme un bébé.