Chapitre cinquième
Les jours ont passé. Puis les semaines. Tes plus petites cicatrices commencent à se faire discrètes. C'est bien. C'est une bonne chose. Le traitement fonctionne. Miranda fait ça bien. Comme convenue, elle n'a répété à personne ce que j'avais. Ce qui se passe entre ces murs restent entre ces murs. C'est ce qu'elle te disait. Pourtant, ce jour là. Ca ne s'est pas passé comme ça. Mais tu en es responsable. En partie du moins. Enfin, non pas du tout. Mais toi, tu te sens responsable. Tu avais mal dormi cette nuit là. Très mal dormi. Pas dormi du tout à vrai dire. Tu t'en fichais de ne pas dormir. Tu en avais l'habitude. Mais de ce fait, tes vieux démons t'ont vite rattraper.
Tu étais avec Miranda. Elle s'occupait de toi. Comme toujours. Mais elle a eu un mouvement que tu as trouvé trop osé. D'un coup d'un seul, tu t'es retrouvé 3 ans auparavant. Lors des premiers instants où tu es restée enfermée dans cette grange. Sans personne autour. Seule. Tu hurlais. Tu criais. Tu appelais au secours. Mais personne ne te répondait. Personne. Le mot solitude a alors pris tout son sens pour toi. Tu t'es alors tournée vers la seule personne qui avait un effet rassurant en toi. Arizona. Elle. Elle seule. Elle.
Tu es loin. Miranda n'arrive pas à te raisonner. Tu es repliée sur toi-même dans un coin de la salle. Tu pleurs. Elle essaie de te ramener à la réalité. Mais elle n'y arrive pas. Tu es toujours en sous-vêtements. Elle n'avait pas terminé. Mais de ce fait, tu as encore plus l'impression d'être revenue là-bas. D'être de nouveau à lui. Tu es loin. Ton esprit divague. Ton corps est pourtant ici. Mais ça, tu n'en n'as pas conscience. Miranda n'a pas d'autre choix. Pour ta santé. Pour ta sécurité. Elle appelle du renfort. Elle demande de l'aide aux chirurgiens à l'extérieur de la salle. Manque de chance pour toi. Toujours cette chance que tu n'as pas. Les deux chirurgiens présents sont Arizona. Evidemment. Et Mark. Il fallait s'en douter. Il n'est jamais loin que tu as rendez-vous avec Bailey.
Ils rentrent alors rapidement dans la pièce. Tu ne les vois pas. Bien sûr. Pour toi, tu es seule dans la froideur de cette grande. Il n'y a personne autour de toi. Et tu répètes inlassablement ces mots.
- Arizona je t'en prie. Tire-moi de la là. Viens me chercher. Me laisse pas. Je suis désolée. Tellement désolée. Arizona. S'il te plait. Viens me chercher. S'il te plait. Arizona. J'ai besoin de toi. Mark, dis-lui. Dis-lui que je suis désolée. Que je l'aime, et que je veux qu'elle vienne le voir. Arizona ...
Quelques heures plus tard, on t'apprendra qu'Arizona n'a pas supporté cette vision, et tes incessants appels à l'aide. Elle est partie. N'attendant même pas que tu te calmes. Elle est partie. Tout simplement. En pleurs même d'après Mark. Ils ont mis une bonne heure avant de te raisonner. Ton psy s'est joint à eux. Tu ne cessais de gémir, et d'appeler après Arizona. Toujours les mêmes phrases. Les mêmes demandes. Les mêmes envies. Tu t'es finalement endormie dans les bras protecteurs de ton meilleur ami. Avec le recul, tu te rends compte que cette crise est la pire que tu ais eu depuis ton retour. Et quelque chose te dit que ce n'est certainement pas la dernière.
Lorsque tu te réveilles, tu n'as qu'une seule envie. Celle de t'expliquer avec Arizona. Lui dire que ce n'est pas de sa faute. Qu'elle n' a pas à s'en vouloir. Qu'elle ne pouvait rien faire. Que tout ça est juste du passé. Quelle heure est-il ? Quasiment 13h. Tu l'as trouveras peut-être à la cafétéria. Avec Coleen. Mais ça, tu t'en fiches. Alors là, je vois Lexie, Owen, Christina, Teddy et Mérédith. Pas d'Arizona en vue. Mais attends voir. Ah, si. Elle est là-bas. Seule sur une table. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Je m'approche alors d'elle, et sans prévenir, je m'assois en face, et dépose mon plateau-repas.
- Callie ...
- Je voulais pas que tu me vois dans cet état. Je suis désolée pour ça. Je n'aurais pas du vous cacher à quel point j'étais mal, mais à vrai dire je ne le savais pas moi-même, alors ...
- Je suis désolée Calliope. Vraiment désolée. Toi, tu as vécu en enfer tout ce temps, et moi, je t'ai abandonnée. Abandonnée et remplacée qui est plus ! Je ne suis pas celle que tu croyais finalement. Je ne te mérite pas. Je ne t'ai jamais méritée.
- Ne dis pas ça, Arizona. Je ne pense rien de tout ça. Au contraire. Je suis vraiment ravie de ta relation avec Coleen.
- Quoi ?
- Tu sais, la seule chose qui faisait que je m'accrochais à la vie quand j'étais là-bas, c'était de te savoir en bonne santé et heureuse. Heureuse dans les bras de quelqu'un. Parce que à mon retour, je voulais retrouver une Arizona pleine de vie, et sereine. Pas une Arizona déprimée, lassée, et triste. Et je sais aujourd'hui que c'est grâce à Coleen. Et je lui en serai toujours très reconnaissante.
- Parle-moi Callie. Parle-moi de comment tu te sens maintenant que tu es revenue parmi nous.
La question qui fâche. Mais je savais bien que tôt ou tard je devrais y passer. Mais savoir que c'est Arizona qui me pose cette question en première. Savoir que c'est devant elle que je vais devoir baisser ma garde la première fois. Devant elle que je vais revivre certains moment de ce passé qui me poursuivra à jamais. Ca me rend mal. Mais je vais le faire, parce que je lui dois au moins. Elle a besoin de savoir, et moi j'ai besoin d'en parler. Alors, parlons-en.
