Chapitre onzième
Les journées passèrent ainsi. Doucement. Librement. Inconsciemment. Simplement. Tranquillement. Tu passais beaucoup de temps avec Arizona. Tu l'avais retrouvée. Vous aviez beaucoup parlé. Vous parlez beaucoup. Souvent. Et de tout. Elle te pose des questions sur ce que tu as vécu là-bas. Tu te renseignes sur ce qu'a été sa vie sans toi. Tu es vraiment intéressée. Vraiment. Ce soir-là n'échappa pas.
- Allez s'il te plait !
- Mais enfin pourquoi ça t'intéresse autant ?
- Mais tout ce qui te touche de près ou de loin est intéressant ! Alors pourquoi tu ne veux pas me ...
- Il s'agit de Coleen, Callie. Parler d'elle devant toi, ce n'est pas ... correct.
- Même si c'est moi qui te le demande ?
- Même Callie, même. Je n'ai jamais eu envie que tu me parles de tes ex, alors pourquoi je parlerais des miens ?
- Parce que Coleen a réussit là où moi j'ai échoué !
Un blanc total dans la chambre. Voilà Callie bien joué ! Tu as rendu Arizona toute gênée, et toi, tu vaux pas beaucoup mieux en cet instant. Mais tu remarques vite que la gêne se transforme en colère. Enfin, colère est un grand mot. Arizona te fixe. Elle a froncé les sourcils. Elle te lance un de ses regards accusateurs. Tu ne sais plus où te mettre.
- Tu n'as pas échoué Callie ! Je t'interdits de penser ça ! On en a déjà discuté ! Tu n'y es pour rien. Ce n'est pas ta faute. Vraiment pas ta faute.
- Je le sais que ce n'est pas de ma faute. Je n'ai jamais voulu ça !
- Alors, arrête de ...
- Je ne peux pas t'embrasser. Je t'aime. Je t'aime plus que tout. Mais je n'arrive pas à t'embrasser. C'est plus fort que moi. Te prendre dans mes bras m'est facile aujourd'hui. Grâce à toi. Je le fais sans peur, sans crainte, et sans hésitation. Mais un baiser Arizona ! Un simple baiser, je ...
- C'est pas grave. C'est pas grave. Ca prendra le temps qu'il faut, mais ce n'est pas grave.
- Arizona ...
- Je vais rentrer chez moi. Je commence à être fatiguée.
- Oui, bien sûr. Tu as raison.
- Je ne pars pas parce que restée près de toi sans pouvoir t'embrasser m'est insupportable !
- Je n'ai jamais dit ça.
- Non, mais tu le pensais très fort.
Quand elle eut franchi le pas de la porte et qu'elle disparut de mon champ de vision, tu ressentis un immense sentiment de manque. Ca faisait mal de ressentir cela, mais en même temps tellement de bien. C'est elle qui fait naître tout cela en toi. Rien qu'elle. Et tu l'aimes. Elle. Juste elle. C'est sur de bonnes pensées que tu allas te coucher. Arizona Robbins hanta tes rêves cette nuit là. Tes rêves les plus fous. Des rêves que tu voulais partager avec elle. Et que tu partageras.
Le lendemain, la journée de travail se passa sans encombre. Du moins, pas pour toi. Tu as appris que Mérédith avait essuyé un de ces savons par Derek, parce qu'elle n'en faisait qu'à sa tête. La journée n'a pas été bonne pour tout le monde. Mais aujourd'hui, c'est ta journée. Et ce soir, ce sera ta soirée. Celle que tu vas passer une fois de plus avec Arizona. Tu n'as rien prévu de spécial. Juste elle et toi. Chez toi. A parler. A manger. A regarder un film. A rigoler. Ensemble. Tu attends cette soirée avec impatience. Elle aussi. Elle te l'a dit. La seule fois où tu la vues. Elle te la dit. Vivement ce soir. Et ce soir est enfin arrivé.
Tu es dans la chambre en train de faire un peu de rangement, quand tu entends Arizona t'appeler depuis l'entrée. Elle ne prend même plus la peine de frapper. Elle sait qu'elle est chez elle. Ca redevient peu à peu comme avant. Et tu aimes ça. Tu as l'impression que les choses n'ont pas changées. Que tout est comme autrefois. Comme avant.
- Pfff, la journée a été riche en émotion. Mais ça reste une journée fantastique.
- J'ai appris que tu avais peut-être sauvé la vie d'un cas quasi désespéré ?
- Oui. L'opération a été très longue. Owen et moi, on regardait ce petit garçon, et on essayé de voir les possibilités qui s'offraient à nous, mais y avait pas moyen. Ce petit allait mourir. Alors on a tenté le tout pour le tout. Quand je suis partie, tout était ok. On verra bien s'il passe la nuit. Mais je reste positive.
- C'était du bon boulot, je t'assure. Vous avez bien travailler.
- Tu as vu ?
- Oui, en début d'après-midi. Mais tu était très concentrée.
Tu te rends compte alors à ce moment là que vous êtes toutes les deux assises sur ton lit. Votre lit. Bien qu'elle ne dort pas encore ici. Mais tu espères que ça arrivera bientôt. Tu penses que c'est l'occasion rêvée. La bonne. Celle que tu attendais. Tu n'as aucun regret. Aucune hésitation. Tu te rapproches encore un peu plus d'elle. Tu vois bien qu'elle se pose des questions.
- Laisse-moi te féliciter à ma façon. J'en ai vraiment envie. Vraiment vraiment envie.
Elle te sourit, d'abord timidement. Puis son sourire s'agrandit quand elle s'aperçoit que tu es sérieuse. Très sérieuse. Elle se rapproche à son tour. Tu fermes les yeux. Tu avances ta tête. Tu ouvres les yeux. Elle a fermé les siens. Elle attend que tu fasses le premier pas. Elle attend que ce baiser vienne de toi. Rien que de toi. Tu combles les derniers centimètres qui vous séparent. Et là. Explosion. Délivrance. Artifice. Tu te sens bien. Tu n'as pas peur. Tu sais que c'est elle que tu embrasses. De toute façon, il n'y a aucun doute à avoir. Elle seule a réussit à te faire sentir comme ça avec juste un baiser de sa part. Tu as l'impression de revivre à nouveau. De la redécouvrir. Elle. Mais aussi toi.
Vous finissez par rompre ce baiser. Ce premier baiser. Celui auquel tu as consenti. Celui que tu as partagé avec elle. Tu souris. D'un sourire sincère, et vrai. Au final, la soirée se passa ainsi. Tu ne pouvais quitter ses lèvres. Elle, elle en redemandait. Comprenant que c'est ce que tu voulais. Que tu la voulais. Elle. Pour ce soir. Et pour tous les soirs de votre vie.
