Chapitre treizième
- Qu'est-ce qu'il fait ici ? La police ne l'a jamais retrouvé. Jamais ! Ils me l'ont dit. Quand j'étais à l'hôpital ... ils n'avaient aucune piste. Arizona ... tu crois que je suis maudite ?
- Ne crois pas ça s'il te plait. C'est un malheureux concours de circonstances, voilà tout.
- Je sais ... Mais tu t'imagines : il m'a enlevé dans le parking de l'hôpital, et je me suis retrouvée dans le Massachussetts. Et il revient ici ! Il est ...
- Il est sur une table d'opération ! C'est tout ce que tu dois retenir. Il ne te fera pas de mal. Le chef a déjà appelé la police. Il va aller en prison, et payer pour ce qu'il t'a fait.
- J'espère ...
- Eh ! Regarde-moi ma belle : tout va bien se passer maintenant. Tu vas enfin pouvoir faire le deuil de cette histoire.
- J'y arrive déjà un peu, tu sais ? Et c'est grâce à toi. Tu es vraiment ... ma femme. On n'est pas mariées certes, mais tu es quand même ma femme. Tu es celle pour qui je me battrai, celle pour qui je ferai n'importe quoi. Tu es ma femme. Et je revis lorsque je suis à tes côtés. J'ai l'impression d'être quelqu'un d' important lorsque tu me regardes, d'être belle. D'être désirable, et désirée. J'espère que tu le sais.
- Je le sais Calliope, je le sais. Et ... eh bien, je ressens la même chose pour toi. Je ne peux plus me passer de toi. Je veux vivre le reste de mes jours près de toi. Vivre avec toi, pour toi, et par toi.
Tout le long de ton discours, tu en as oublié ce qui t'a poussé à dire ça. Sa présence ici, dans cet hôpital. Bien tombé, dans ton hôpital. Là où tu travailles. Là où tu as tes amis. Ta famille. Ta femme. Ta vie. Tes ennuis. Tes joies. Tes soucis. Tes faiblesses. Tes envies. Tes besoins. Là où tu es.
- Il revient, et il gâche tout. En plus, je voulais te proposer de venir dormir avec moi ...
- Qu'est-ce qui t'en empêche ?
Tout n'est peut-être pas perdu finalement. Tu peux encore avancer. Elle le veut aussi apparemment. Elle veut de toi.
- Arizona, voudrais-tu venir passer la nuit avec moi ? Notre première nuit ensemble en 3 ans et demi ?
Tu as vraiment envie. Vraiment envie de la sentir près de toi, toute la nuit. Des heures entières. Des heures durant. Des heures avec elle. Tu voudrais que tout redevienne comme avant. Tu es prête à aller jusqu'au bout maintenant.
- Je serai ravie de partager mon lit avec toi.
- Ce sera avec grand plaisir Callie. Je serai là.
Vous vous embrassiez. Encore. Encore. Et encore. Vous n'en pouviez plus. Mais vous continuez. Toujours plus. Voilà ce que vous voulez. Toujours. Plus.
- Heureusement que tu étais là. Je ne sais pas comment j'aurais pu faire pour me tirer de là. Pourquoi tu étais là d'ailleurs ?
- Je ne voulais pas rentrer seule à l'appart' ...
- Il est tard maintenant. Rentrons chez nous.
Une fois arrivée à l'appartement tu t'enfermas la première dans la salle de bain. Tu n'y restes pas longtemps. Juste quelques minutes. Des minutes nécessaires. Tu avais besoin de te décrasser. Tu as été privée de ce droit pendant si longtemps. Privée de ce besoin. De cette nécessite. De cette sensation d'eau fraîche sur le visage. Mais tu ne veux pas y penser. Oui, cet homme est revenu. Non, il ne t'aura pas. Pas une deuxième fois. Tu sauras y faire face. Tu y feras face.
Tu retournes alors dans ton lit. Tu attends Arizona. Ca fait tellement longtemps. Tellement longtemps que tu te demandes comment faire. Comment réagir. Comment te mettre. Mais tu sais au fond de toi. Tu sais que tu n'as pas oublié. Comment oublier ? L'oubli était la pire des choses. L'oubli est la pire des choses. Là-bas, tu souhaitais ne jamais oublier ce que tu as vécu ici. Ici, tu souhaites tout faire pour oublier ce que tu as traversé là-bas. Etrange. Pas tant que ça. Tu le vis comme ça. Tu le sens comme ça. Tu le penses comme ça.
Arizona te rejoint. Elle prend son temps. Tu ouvres alors les draps. Tu lui montres ainsi que tu es toujours d'accord. Que tu es impatiente. Que tu veux qu'elle s'installe. Ce qu'elle fait. Tu la serres toute contre toi. Elle. Toi. Que c'est bon. Elle se blottit contre toi. Tu te sens bien. Et à l'entente de son soupir de bien être, tu sais qu'elle aussi.
- Callie ... Ton coeur bat beaucoup trop vite.
- Laisse-le faire. Il bat pour toi.
