Chapitre dix-huitième

Tu repenses à la façon dont Arizona t'a quitté ce matin. Elle est partie tôt. Elle commence avant toi. Mais elle ne t'a pas adressé un mot. Pourtant tu étais réveillée. Et tu es sûre qu'elle le savait. Tu es seule, dans votre lit, et tu repenses à ça. Qui aurait cru que cela se produirait ainsi ? Pas toi en tout cas. Cela fait deux semaines maintenant que votre séance chez le psy est derrière vous. Terminée. Tout s'est bien passé après cela. Vous avez repris une vie normale. Métro, boulot, dodo ? Non. Passion, Affection, Attraction ? Oh que oui.

Plus le temps passe aux côtés d'Arizona, plus tu as envie d'elle. Tu ne peux plus te le cacher maintenant. A personne. Et encore moins à toi-même. Tu as envie de redécouvrir ce corps qui t'a tant manqué. Cette passion charnelle qui t'a fait si défaut ces dernières années. Ce sentiment de bien être qu'elle seule sera apte à t'offrir. A t'apporter. A te faire vivre. Tu as envie d'elle. Tu as eu envie d'elle. Tu l'as eu elle. Vous l'avez fait. Et tu repenses à la manière dont elle est partie ce matin.

Tout s'était bien passé hier soir. Rien n'était prévu. Rien n'était programmé. Mais c'est arrivé. Et tu ne regrettes rien. Seulement, ce n'est apparemment pas son cas. Tu as aimé. Tu étais tendue au début. Certes. Mais Arizona a su te faire oublier ta peur. Elle a su te donner confiance en toi. En elle. Tu savais que c'était elle qui te faisait l'amour. Tu en étais sûre. Et tu as su apprécier le moment. Aimer l'instant. A ceci près, c'est que tu n'es pas allée jusqu'au bout ... Tu n'as pas réussi. Pas cette fois. Mais c'est compréhensible. Tu te doutais que pour cette première fois ce ne serait pas aussi simple.

Simplement tu es heureuse. Heureuse d'en être arrivée là. Heureuse d'avoir franchi le pas. D'avoir combattu ta peur. D'avoir donner de l'amour à ta femme.

Tu te décides tout de même à t'en aller au boulot. A ton tour. Tu vas retrouver tes patients. Tes collègues. Ta femme. D'ailleurs, lorsque tu l'as croisée tout à l'heure en pédiatrie, elle ne t'a pas adressé la parole. Elle est repartie aussi vite d'où elle venait. Tu n'as pas compris sur le moment. Mais tu lui as trouvé une excuse. Elle devait être occupée aujourd'hui. Mais lorsque tes pas te conduisent dans l'observatoire, pour remplir tes dossiers, tout en jetant un oeil à l'opération d'Arizona, celle-ci ne t'adresse cette fois pas un seul regard. Elle a bien vu que tu étais là. Elle a regardé furtivement. Mais depuis plus rien. Aucun signe. Aucun sourire. Aucun regard. Rien.

Tu sais que quelque chose la préoccupe. Tu le sais très bien. Et tu penses même savoir de quoi il s'agit. Mais tu voudrais attendre ce soir pour lui en parler. Que vous ne soyez que toutes les deux. Sans personne autour. Ce sera seulement plus simple si elle voulait bien ne pas faire comme ci tu n'existais pas. Elle doit vraiment se sentir mal pour réagir de cette façon. Ou alors elle regrette. Non. Tu ne peux pas penser à des choses pareilles maintenant. Attends de voir avec elle. Vous devez vous retrouver avec Mark et Teddy ce midi de toute façon.

C'est donc avec un peu d'appréhension que tu te rends à l'heure prévue retrouver tes amis. Tu appréhendes. D'accord. Mais ton sourire. Lui. Ne t'a pas quitté de la matinée. Tu es toujours très heureuse. Et ça se voit. C'est ce que tu souhaites de toute façon. Que ça se voit. Que tout le monde sache.

- Eh bien Callie, quel sourire ! Il s'est passé quelque chose de spécial pour te mettre dans un état pareil ? Raconte tout à ton meilleur ami préféré.

- Cela ne te regarde pas Mark. Et toi non plus Teddy, n'essaie même pas d'ouvrir la bouche.

- Arizona, dis-nous, que s'est-il passé ? Si Callie ne nous dit rien c'est que ce n'est pas au sujet du boulot, mais c'est quelque chose de bien plus personnel. Alors, dis-nous, je veux tout savoir.

- Mark, je t'ai dit que ...

- On a couché ensemble hier soir.

- Arizona ...

- Callie et moi on a couché ensemble hier soir.

- Mais c'est fantastique ça ! Félicitation les filles !

- Non, ce n'est pas fantastique Teddy.

- Arizona, arrête s'il te plait ...

- J'ai eu un orgasme Callie !

- Et c'est une bonne chose ça, n'est-ce pas Callie ? Pourquoi tu réagis de cette manière ?

- Parce que j'ai été la seule à en avoir un ! J'ai tout gâchée, je ...

-Arizona !

Tu ne peux pas en entendre davantage. C'est encore pire que ce que tu pensais. Tu dois arranger les choses. Tans pis pour la petite conversation ce soir. Tu dois agir. Maintenant. Tu entraines alors Arizona de force dans une salle de garde. Vous avez monté deux étages pour ça. Le chemin s'est fait en silence. Mais tu as tellement de choses à dire que tu te rattraperas vite. Elle ne peut pas penser ça. Elle n'a pas le droit. Tu ne la laisseras pas faire.