Chapitre dix-neuvième
- J'ai eu un orgasme, mais toi non !
- Ca n'a aucune importance ça Arizona.
- Mais si ça a de l'importance ! C'était ... c'était ta première fois. C'était ta première fois depuis que tu as été enlevée, et j'ai tout gâché. Tout ! Je ne le supporte pas, et ... et qu'est-ce que tu fais ?
En voilà une bonne question. Qu'est-ce que tu es en train de faire ? A vrai dire tu ne le sais pas trop toi-même. Tu te contentes juste de te déshabiller devant Arizona. Peut-être pour tes mots ne seront pas suffisant. Peut-être aimerais-tu lui parler avec ton corps. Peut-être qu'elle comprendra mieux de cette manière. Peut-être que toi-même tu comprendras. Peut-être que tu arriveras à lui expliquer ce que tu ressens si elle te vois ainsi. Complètement nue. Dans ton plus simple appareil.
- Regarde-moi Arizona. Regarde un peu.
- Je te regarde, et que dois-je voir ?
- Là, partout sur moi. Il a posé ses mains sur moi ! Je garderai ces traces à vie. Ses traces. Tu les vois autant que moi. Tous les jours je vois ces marques. Tous les jours je me demande ce qu'aurait été ma vie sans elles. Tous les jours je me dis que j'aurais peut-être mieux fait de mourir là-bas plutôt que de subir tout ça. Tous les jours, je pense à lui. Je pense à lui, et aussi à ... à sa façon de s'y prendre avec moi. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?
- Tu ... je ... je suis ...
- Tu es ma femme. Voilà ce que tu es. Et tu as des besoins, et des envies. Et je comprends. Hier tu en avais envie. Et honnêtement, quand tu as commencé à m'embrasser dans le cou, j'ai hésité. Mais quand tu as insisté, je n'ai pas pu résisté.
- Tu aurais du me repousser ! A l'évidence tu n'étais pas prête.
- Oh non, tu as bien fait. On aurait pu encore attendre des mois avant de faire l'amour ensemble si tu attendais que je le veuille. On aurait même pu ne jamais le faire, si ça se trouve. Mais on la fait, et je ne regrette absolument pas. Au contraire, j'ai vraiment aimé. Je t'assure.
Elle ne te croit pas. Ca se voit. Mais que peux-tu dire de plus ? Que peux-tu faire d'autre ? Tu dois la rassurer. Lui dire ce que tu ressens. Ce que tu penses. Ce dont tu as peur. De quoi tu as peur. Tu t'approche alors d'elle, et tu lui prends les mains que tu poses une dans le creux de ta hanche, et l'autre sur le bord de ton sein.
- Il m'a fait tellement de choses. Là, tu vois l'emplacement de tes mains ? Il les a posé là lui aussi. Non, ne les retire pas. Lui me faisait mal. Toi, tu n'es que douceur et amour. Lui m'humiliait, et toi tu m'aimes. Lui voulait mon corps, et toi tu me veux moi. J'ai toujours fait cette différence.
- Pourquoi me dis-tu ça maintenant ?
- Mes trois années avec lui m'ont fait penser que, peut-être, je ne ressentirai plus rien. J'ai pensé pendant tout ce temps, à l'instant où toi et moi nous nous sommes enfin retrouvées, que je serai incapable d'éprouver du plaisir à nouveau. Bien que ce soit avec toi. J'avais peur de ça. Mais hier soir, j'ai compris que j'avais tord. Parce que même si je n'ai pas encore réussi à me détendre entièrement, j'ai aimé notre corps à corps plus que tu ne l'imagines. J'ai ressenti des choses que je croyais perdues à jamais. J'ai retrouvé des sensations enfouies en moi. Tu as libéré une partie de moi hier soir. Et j'ai qu'une seule hâte, c'est de pouvoir recommencer.
- Je ... je suis désolée de ne pas avoir compris plus tôt. Tu avais peur et c'est normal.
- Oui, et puis aussi ... je ne savais pas que j'étais encore désirable à tes yeux ...
- Mais enfin Callie, tu es désirable pour moi. Tu l'as toujours été. Je te l'ai déjà dit, des dizaines de fois.
- Oui, tu me l'as dit. Et je te croyais. Je t'ai toujours cru. Mais le langage du corps est encore plus véridique que le langage des mots. Je m'étais dit que peut-être ... malgré ce que tu me disais, tu ... tu n'aurais plus eu envie de moi.
- Callie ... j'aurais toujours envie de toi. Tu es la femme la plus belle que j'ai eu la chance de rencontrer, de connaître, et d'aimer. Aucune des marques sur ton corps ne changera ça. Rien de ce que tu as vécu n'altérera mon amour pour toi.
- Je le sais. Maintenant je le sais.
- Maintenant rhabille toi, et allons retrouver les autres avant qu'ils ne supposent trop de choses.
Vous ressortez de la salle un bon cinq minutes plus tard, après un échanges de baisers intenses et romantiques à la fois. Et de retour à la table de la cafet', aucun des autres chirurgiens à table ne fait le moindre commentaire. La journée se poursuit mieux qu'elle n'avait commencé pour toi. Tu sais maintenant que les choses sont réglées entre Arizona et toi, et le sourire en coin qu'a affiché Mark tout le long du repas ne fait aucun doute sur la manière dont se dérouleront notre réconciliation.
