Chapitre vingt-deuxième
Une nouvelle semaine venait de passer. Vous n'aviez pas encore franchi le pas. Arizona était très patiente avec toi. Elle ne faiblissait pas. Au contraire. Au contraire, elle semblait t'aimer plus à chaque instant. A chaque minute passée à tes côtés. A chaque seconde près de toi. Elle t'aime de plus en plus. Si c'est possible. Parce que tu sais que son amour pour toi est puissant. Sans condition. Surtout sans condition. Elle t'aime.
Et toi aussi. Tu as toujours aidé raide dingue de cette femme. Depuis votre première rencontre. Depuis que tu l'as défendue ce jour-là. Tu passais en pédiatrie voir un patient. Et Arizona était dans la chambre d'à côté. Elle se faisait insulter par le père d'un des enfants. Parce qu'elle était gay. Parce qu'elle ne se cachait pas d'aimer les femmes. Parce qu'elle était elle-même. Tout le monde entendait. Personne n'agissait. Toi, si. Tu es intervenue. Tu l'as défendue.
Depuis ce jour, vous ne vous êtes plus quittée. Depuis ce jour, elle et toi ne formez plus qu'un. Une seule et même personne. Deux femmes. Un couple. Une romance. Une vie. Les autres vous enviaient. Voulaient vous ressembler. Auraient voulu vivre le même idylle. Jusqu'à ce jour.
Ce jour qui a changé à tout jamais le cours de votre vie. Toi. Seule. Inconsolable. Anéantie. Elle. Seule. Inconsolable. Anéantie. Vous avez vécu le même parcours. A des centaines de kilomètres l'une de l'autre. Une seule différence. Toi, tu étais vivante, et consciente de l'état d'Arizona. Elle, vivante certes, mais inconsciente de ton état. Toi tu savais qu'Arizona allait bien. Elle, elle ne pouvait pas supposer des choses. Elle imaginait le pire. Elle craignait le pire.
Du bruit attira ton attention. Un trousseau de clé. Arizona venait de rentrer. Tu l'attendais. Tu n'as pas cessé de l'attendre toute la soirée. une soirée qui t'a paru bien longue. Tu as passé le temps du mieux que tu pouvais. Mais rien n'a pu occulter l'absence de la femme de ta vie.
- Tu ne dors pas ? Il est passé 2h du matin.
- Je t'aime.
- Mais moi aussi je t'aime, seulement tu aurais pu dormir tout de même, ce n'est pas une raison pour ...
- Fais-moi l'amour.
- Callie ...
- Arizona, je t'aime. Et tout ce que je te demande, c'est de m'aimer en retour. S'il te plait. Fais de moi ta femme ce soir. Maintenant.
Tu n'attends pas de réponse. Tu ne lui laisses pas le temps de répondre. Tu lui prends les mains tout simplement. Les gestes valent parfois mieux que les mots. Tu l'attires à toi. Tout en marchant à reculons. Vous ne vous quittez pas du regard. Au début, tu reculais. Maintenant c'est elle qui te pousse. Elle en a autant envie de toi. Tu as fait naître du désir chez elle. Elle ne peut plus rien te refuser à ce stade. Elle sera à toi cette nuit. Et tu seras sienne.
Très lentement, Arizona te couche sur le lit. Elle se plaça au-dessus de toi, tout en délicatesse. ajustant son corps au tien. Se confondant parfaitement parmi tes formes gracieuses. Le contact visuel n'avait pas cessé lors de cette simple approche. Aucune de vous deux ne voulaient briser ce moment. Rompre cet instant magique. Hors du commun. Intime. Le temps n'était pas à la passion. Mais à l'amour. Pas à la bestialité. Mais à la tendresse.
Arizona trace les contours de ton visage avec une de ses mains. Tout en finesse. Tout en douceur. Elle semblait vouloir redécouvrir ce visage qu'elle aimait tant. Qu'elle aime tellement. Qu'elle aimera à jamais. Puis elle t'embrassa.
Ce baiser, si simple, mais si recherché à la fois. Un baiser qui signifie des tas de choses. Votre amour certes. Votre vie également. Votre renaissance particulièrement. Ce soir vous allez vous donner l'une à l'autre. Une nouvelle fois. Vous allez vous aimer l'une pour l'autre. Vous promettre l'une envers l'autre. Vous envisager l'une avec l'autre. Ce soir, vous allez faire l'amour.
Le baiser n'en finit plus. Il perdure. Se poursuit. Se transforme. Chacune de vous deux essayant de transmettre vos sentiments dans cet acte.
Tu rompt ce baiser. Tu en veux plus. Tu veux beaucoup plus. Tu es prête à en recevoir plus. A donner plus. Encore et toujours plus. Tu enlèves tes vêtements. Ton haut d'abord. Tu fais ressortir toute ta sensualité. Tout ton charme. Et le regard que te lance Arizona te prouve que tu as réussi. Tu l'embrasses de nouveau. Une main derrière sa tête, tu l'attires à toi. Tu te couches. Position initiale. Toi dessous. Elle dessus. Il ne t'en faut pas plus. Tu es au paradis.
Arizona descend lentement le long de ton corps. Elle te touche. De ses mains. De sa bouche. De ses yeux. De sa personne. Chaque parcelle de corps mis à sa portée est aussitôt assailli de caresses. Tu n'as pas d'autres choix. Tu fermes les yeux. Tu profites de l'instant. Tu profites d'elle. Elle profite de toi. Vous vous aimez. Les gémissements se font de plus en plus entendre. Des sons rauques s'échappent de vos gorges. Le gémissement de la première en fait naître un autre chez la deuxième. Un concert de gémissements.
Elle enlève elle-même son haut et son soutien gorge dans la foulée. Elle semble pressée. Ton propre soutien-gorge ne dure pas plus longtemps. Ce bout de tissue. Arizona n'en veut pas. Elle te l'enlève. Limite, elle te l'arrache. Il se retrouve en quelques secondes dans la coin de la pièce. Avec vos vestes. Vos chaussures. Ton t-shirt. Des vêtements superflus dans ces circonstances. Totalement inutiles.
Tu es toujours sous elle. Elle fait ce qu'elle veut de toi. Elle te dirige. Tu subis. Une douce torture. Sa douce torture. Ses mains sur ton corps te donnent des frissons. Des sensations indescriptibles. Uniques. Qu'elle seule a réussit à te procurer jusqu'à ce jour. Des sensations qui te font affirmer que jamais tu ne pourras aller voir ailleurs. Désormais Arizona est toute ta vie. Ta raison d'être. Elle est toi. Et tu es elle.
Arizona descend encore plus bas. Elle redécouvre ton intimité. L'explore. Délicatement. Tendrement. Elle la dévore. Elle te dévore. Tu aimes ça. Tu aimes sa façon de s'y prendre. Tu es au nirvana. Le temps s'est arrêté. Fixé dans son infini. Il n'est plus question de solitude. De problème. De malheur. Il est question de vous. D'elle et toi. Pour le moment, il s'agit surtout de toi. Mais après. Le vent tournera. Après, tu t'occuperas d'elle. Après.
Tu n'en peux plus. Tu voudrais bien prolonger l'instant. Faire durer le plaisir. Mais tu te lâches. Un dernier coup. Un dernier geste de la part d'Arizona. L'action de trop. Le "je t'aime" d'Arizona prononcé sensuellement au creux de ton oreille a eu raison de toi. L'orgasme te prend. Tu ne contrôles plus rien. Ton corps ne t'appartient plus. Tu en trembles. Tu es parcouru de soubresauts. Un des meilleurs orgasmes de ta vie. L'un des meilleurs.
Arizona ne te laisse pas une seule seconde de répit. La première vague de plaisir passée. Elle est déjà sur toi. Elle t'embrasse une dernière fois. Avant de s'écrouler sur ton côté. Tout en sueur. Comme toi. Vous avez donner ce soir. Vous vous êtes données.
