Salut à tous !
Un grand merci pour vos reviews, elles me font vraiment plaisir ! Je m'excuse de n'y avoir pas encore répondu, je suis un peu occupée en ce moment avec les inscriptions, les papiers, et j'en passe... Je promets d'essayer d'y répondre dès que j'ai un moment de libre !
Je ne vous embête pas plus, voici le deuxième chapitre de cette histoire ! Bonne lecture !
Inversons les rôles
Chapitre 2
Le lendemain matin, Castle aurait donné n'importe quoi pour un café supplémentaire. Il avait tout juste eu le temps de retourner se doucher chez lui et se changer avant de revenir au poste pour continuer leur affaire. Gates avait été très claire : il leur fallait ce type avant qu'il ne commette d'autres meurtres. Malheureusement, l'enquête piétinait, et personne n'avait le moindre début de piste concernant leur homme. Les meurtres étaient commis trop aléatoirement pour pouvoir en déduire quoique ce soit, et l'individu était apparemment très minutieux puisqu'on ne retrouvait jamais rien sur les scènes de crime. La seule affirmation qu'ils pouvaient émettre, et encore, était que leur suspect était un homme. Malheureusement ça les laissait avec une majeure partie des habitants de New York comme suspects…
Rick essayait donc de se concentrer sur ce qu'il savait de l'enquête quand son téléphone sonna. Il maugréa et décrocha.
« Castle.
-Lieutenant, le témoin d'hier est revenue pour valider sa déposition.
-Très bien, faites-la venir. »
Il raccrocha et ferma le dossier qui était devant lui. Il allait pouvoir en profiter pour poser d'autres questions à Beckett. Lorsqu'il la vit entrer dans l'open-space, il se leva et lui fit un petit signe afin de lui indiquer quel bureau rejoindre. Elle se dirigea alors vers lui. Ce ne fut qu'à cet instant, alors qu'il la voyait de jour, qu'il comprit de quoi parlait la presse en la décrivant comme une personne mystérieuse. La jeune femme marchait, la tête haute et le regard déterminé, le visage sans expression sans pour autant être fermée ou antipathique, non. Elle était l'exemple même de la femme puissante et sûre d'elle qui ne voulait toutefois pas écraser les autres. Remarquable.
« Détective, le salua-t-elle.
-Beckett, je vois que la nuit a été courte pour vous aussi. »
En effet, les yeux de l'écrivain étaient légèrement cernés de noir et elle semblait un peu pâle, comme quelqu'un qui avait passé une mauvaise nuit. Elle lui sourit et hocha la tête.
« Je voudrais profiter de votre présence pour vous demander d'autres détails…
-Allez-y.
-Est-il possible que l'homme qui a tué mademoiselle Davidson vous ait vue ? »
Merde, Rick… pensa alors Castle en notant le sentiment de peur qui traversa momentanément les yeux de Beckett. Le tact bon sang !
« Euh, je n'en sais rien… J'étais dans le noir, à vrai dire, proche des arbres, alors qu'eux étaient non loin d'un réverbère… Je ne pense pas qu'il ait pu faire attention à moi, pourquoi ?
-Parce que certains détails nous laissent à penser qu'il s'est dépêché… Savez-vous combien de temps vous avez mis à quitter le parc ? »
Beckett semblait réfléchir. Elle ne savait pas exactement le temps qu'elle avait mis. Cela lui avait paru à la fois extrêmement rapide, tout en étant long… Elle se souvenait d'avoir couru sans demander son reste en direction de la première sortie du parc.
« Je pense avoir mis moins de cinq minutes à sortir, finit par répondre Beckett après avoir longuement réfléchi.
-Très bien, et en sortant avez-vous entendu quelque chose, croisé quelqu'un, qui pourrait expliquer que le tueur se soit dépêché ?
-Je ne crois pas, répondit Beckett en haussant les épaules, mais pour tout vous dire j'étais plutôt concentrée sur ma course. Je pense n'avoir croisé personne, mais il faisait sombre. »
Castle hocha la tête et griffonna quelque chose sur son calepin. Peut-être que l'homme s'était tout bonnement dépêché parce qu'il savait que Central Park était un endroit où bon nombre de personnes passaient. Il avait pu simplement s'activer afin d'être sûr de pouvoir sortir à temps si jamais l'alerte était donnée. Après tout, le tueur au ruban leur avait plusieurs fois prouvé qu'il était plutôt malin d'après ce que Castle avait vu dans les archives qu'il avait rapidement parcouru. Il regrettait seulement de ne pas avoir enquêté plus tôt sur ces meurtres. Il allait devoir aller interroger tous les anciens flics qui avaient été sur les enquêtes. Autant dire, un paquet d'heures perdues alors que le fou traînait en liberté dans New York.
« Très bien, dit-il alors en relisant une dernière fois ses notes, je pense que cette fois-ci ce sera tout. Encore merci pour votre coopération, si jamais le moindre détail vous revient…
-Je vous appelle ! termina Beckett en souriant, à bientôt Détective, et bonne chance. »
Ils se levèrent tous les deux puis se serrèrent la main. Castle guida Beckett entre les différents bureaux qui jonchaient l'open-space puis retourna s'asseoir. Cette enquête promettait d'être pénible, dire qu'il avait prévu de passer du temps avec Alexis le soir même… Avec un peu de chances, il serait peut-être rentré pour dîner.
« Où est-elle, où est-elle ?
-Tiens, salut Lanie. De qui tu parles ?
-Sérieusement Castle ?! De Beckett bien évidemment ! Javier m'a dit que c'était elle le témoin que vous aviez interrogé hier. Mon Dieu pourquoi ne m'aviez vous pas prévenue ?
-Je…
-J'ai pris mes livres, j'espère qu'elle pourra me les dédicacer. Où est-elle ? » répéta alors la médecin légiste.
Interloqué, Castle lui montra la sortie par laquelle l'écrivain venait de s'en aller. Lanie poussa un profond soupir de résignation et lui jeta un regard noir, serrant ses livres contre elle.
« Ce ne sont que des bouquins pour midinettes ! » ronchonna Castle alors que la jeune femme repartait en direction de la morgue, l'air mécontent.
Le ding ! du micro-onde tira Beckett de sa rêverie. Elle soupira et se dirigea à pas lents vers la cuisine. Elle porta la tasse de café réchauffé à ses lèvres et réprima une grimace. Il était bien moins meilleur que celui que le détective lui avait apporté plus tôt dans la nuit. Elle qui ne mettait jamais les pieds au Starbuck, elle changerait peut-être ses habitudes.
La jeune femme retourna s'asseoir devant son ordinateur, la tasse à la main. Elle la posa à côté d'elle et se reconcentra sur l'écran. Ses yeux étaient plissés devant la luminosité et elle se maudit d'avoir si peu dormi. Même le policier lui avait fait –gentiment- remarqué qu'elle avait une sale tête. Et dire qu'elle se classait pourtant parmi les femmes les plus séduisantes de l'année…
Tout comme hier, la page de traitement de texte qui était ouverte devant elle était vierge, mais pas exactement pour les mêmes raisons. Cette fois-ci, Beckett avait une idée. Ça lui était venu cette nuit, et c'était une des raisons qui l'avaient empêchée de fermer l'œil. Dans sa tête, le scénario de son prochain livre commençait bel à bien à prendre forme. Toutefois, cette fois-ci la jeune femme n'était plus le personnage principal. Elle voyait plutôt un policier au regard azur qui se décarcassait dans sa traque du crime.
Beckett secoua la tête et reprit une gorgée de café. C'était ridicule, elle ne pouvait pas balancer comme ça un nouveau personnage sur un coup de tête… Son côté maternel avait vu Nina grandir, mûrir et se développer sous ses yeux. Le personnage avait pris une véritable importance, et elle connaissait sa vie sur le bout des doigts. Elle pouvait répondre à n'importe quelle question aussi précise soit-elle sur Nina. Et elle serait incapable d'en faire de même pour son éventuel nouveau personnage… Il n'était qu'une idée, une ridicule petite idée… Alors que Nina avait à la fois été sa « chose », mais aussi un moyen de subsister après la mort de sa mère…
L'écrivain avala à nouveau du café. Ce n'était pas le moment de penser à sa mère. Cette histoire était bien derrière elle, désormais, et elle s'était promit d'arrêter d'y penser. La police avait fait son maximum, et personne n'avait jamais vraiment pu trouver un débouché sur cette affaire. Elle ne ferait pas mieux en se morfondant dans son salon devant son ordinateur. Le meilleur moyen qu'elle avait trouvé pour dompter la douleur de la perte de sa mère était de se mettre à l'écriture. C'était comme un exutoire, au début, ça l'aidait à calmer sa peine et à assouvir sa rage et sa colère contre ceux qui avaient mis fin aux jours de Joanna Beckett. Oh bien sûr, elle avait gardé ses premiers écrits pour elle, ils étaient bien trop sombres, bien trop glauques et surtout bien trop mauvais pour en faire quelque chose. Mais au fil du temps, elle avait trouvé sa technique, ses repères dans le monde de l'écriture. Après s'être vue refuser certains manuscrits, elle avait fini par découvrir son style et sa façon d'écrire que tous ses lecteurs lui connaissaient désormais.
L'écran de l'ordinateur se mit en veille et, agacée, Beckett secoua la souris. Elle se retrouva à nouveau face à la page blanche si familière ces derniers temps. Plus elle tentait d'éloigner l'idée qui germait dans sa tête, plus les connexions et le scénario devenaient de plus en plus précis. C'était pire que cette nuit, comme si se rendre au poste et parler à nouveau avec Castle lui avait redonné toute son inspiration. Peut-être qu'un petit changement d'air lui ferait du bien… Mais pas à Central Park cette fois-ci. Ni dehors, il lui suffisait d'allumer la télé et de se détendre un moment pour évacuer toute cette tension.
« Le corps de Central Park. C'est ainsi que l'on prénommé les habitants de Manhattan en découvrant les nouvelles ce matin. Nous en savons toujours peu sur cette enquête car la police a refusé tout commentaire, mais d'après plusieurs sources le corps serait celui d'une joggeuse qui se promenait dans le parc cette nuit-là. D'après nos collègues, l'enlèvement avait tout d'abord été suggéré avant que le corps ne soit découvert… »
« C'est pas vrai ! » s'exclama Beckett en éteignant son poste de télévision.
Décidément, même les journalistes orientaient ses pensées vers le détective Castle et son équipe. Elle n'avait plus ressenti ça depuis les premiers Nina Stewart : l'excitation, l'adrénaline et le besoin oppressant de coucher sur papiers les aventures de son nouveau héros. Au fur et à mesure qu'elle restait là, assise dans son canapé, le personnage devenait de plus en plus réel dans son esprit, au détriment de Nina qui semblait s'effacer. C'était comme si elle avait assez joué avec elle, et qu'elle devait lui trouver un remplaçant. Après tout, qu'est-ce qui l'empêchait de débuter une nouvelle collection de livres ? Il fallait qu'elle appelle son éditeur. Cette idée lui paraissait folle, mais après tout, elle n'avait jamais été aussi enthousiasmée par quoique ce soit. Son expérience lui permettait de savoir quand elle tenait un bon filon, et elle était sûre que c'était le cas.
« Il nous en reste combien ? demanda Castle en sortant d'un immeuble.
-Aucun, c'était le dernier.
-Bon, on retourne au poste et on fait l'inventaire de tout ce que les collègues nous ont appris sur notre gars. Après, on remballe et on rentre. Ça sert à rien de se tuer à la tâche une nuit de plus ! »
Ryan acquiesça vigoureusement. Jenny lui avait fait comprendre qu'elle se sentait un peu délaissée en ce moment, et même si elle comprenait que son boulot était prenant, elle ne pouvait s'empêcher de ronchonner quand son mari l'abandonnait trop régulièrement. Ils reprirent donc le chemin du commissariat où ils retrouvèrent Esposito qui s'était chargé d'interroger les autres flics qui avaient bossés sur l'affaire. Ils se réunirent afin de mettre au point ce qu'ils avaient appris.
« Au final, on est pas vraiment plus avancés… soupira Esposito, on sait juste que le type semble tuer aléatoirement, toujours des jeunes filles plutôt jolies, et qu'il les marque d'un ruban au poignet.
-Il faudra qu'on aille chercher les dossiers aux affaires non classées demain, voir si le bonhomme n'a pas fait une erreur au tout début.
-Encore faut-il remonter à ses débuts… Le problème avec ce genre de gars imprévisible c'est qu'on ne sait rien de sa technique… Il a pu commencer il y a des années et le ruban est passé inaperçu, comme pour nous au début. »
Il y eut un silence. Les deux autres savaient qu'il avait raison. Ce n'était pas un tueur en série habituel, qui aimait plaisanter et tester la police. C'était, d'après les informations qu'ils avaient, un homme seul, dans son coin, qui tuait pour son propre plaisir et non pour la reconnaissance et la popularité du public. Au final, c'était ceux là les pires, et pas les dingues qui se pavanaient et se croyaient au-dessus des lois. C'était le citoyen lambda et sans histoire, monsieur tout le monde.
« Quelqu'un a prévenu la famille d'Anna Davidson ? demanda alors Ryan.
-Le père habite dans le New Jersey. Il arrive demain. »
Castle senti son cœur se serrer. Il ne pouvait imaginer la peine que l'homme avait du ressentir, la dévastation que le coup de fil de la police lui avait causée. Il n'arrivait pas à imaginer comment il pourrait continuer à vivre s'il arrivait une chose pareille à Alexis… C'était en partie pour ça qu'il était rassuré d'être dans la police, il se sentait capable de protéger sa fille. Toutefois, il connaissait aussi toutes les horreurs dont ce monde était rempli… C'était à double tranchant.
« Bon, ça ne sert à rien de s'attarder ce soir… On y verra plus clair demain. »
Ils rangèrent leurs affaires éparpillées sur les différents bureaux puis chacun rentra chez soi, non sans un dossier de l'enquête sous le bras. Et dire qu'ils s'étaient promis de ne pas rapporter de boulot à la maison.
Castle se dépêcha sur le trajet du retour. Alexis devait être chez lui depuis un bon moment déjà, et il avait hâte de la retrouver. Sa fille lui manquait depuis qu'elle était partie à l'Université, même si elle restait domiciliée non loin de chez lui. Ah qu'il était loin le temps où il allait la border dans son lit après une histoire d'espion… Et pourtant il avait l'impression que c'était hier !
« C'est moi !
-Ah Richard enfin, on commençait à s'inquiéter ! »
Il posa ses clefs sur un guéridon et sourit. Sa fille se trouvait attablée avec sa mère dans la cuisine. Martha, comme à son habitude, leva les bras en roulant les yeux.
« Quel métier mon fils a-t-il choisi ? Pourtant je l'ai élevé dans le milieu du théâtre, de l'art…
-Bonsoir à toi aussi Mère, Alexis, ça va ?
-Très bien, et toi ? Tu sembles épuisé ! »
Sa fille avait raison, il pouvait sentir ses bras endoloris le tirer comme à chaque fois qu'il était fatigué, et ses paupières être plus lourdes qu'à l'accoutumée. Toutefois, il sourit à sa fille et lui ébouriffa les cheveux. Ce soir, il voulait profiter de sa famille avant de se replonger dans les horreurs du monde actuel. Il se dirigea donc vers le réfrigérateur afin de dénicher quelque chose à cuisiner.
« Ne t'embêtes pas avec sa papa, Grand-Mère et moi on s'est chargé de cuisiner…
-Vu tout le temps que tu as mis ! »
La porte du réfrigérateur se referma et Castle resta un instant tête baissée, tournant le dos aux deux rouquines. Alexis, alertée par la position de faiblesse qu'adoptait son père, s'avança vers lui.
« Papa, est-ce que ça va ? »
Elle poussa un petit cri et sursauta alors que Castle se retournait et l'aspergeait à l'aide du pistolet à eau qu'il gardait précieusement dans son frigo. Il avait prévu cette blague dès qu'elle avait quitté l'appartement familial la dernière fois.
« Oh mon Dieu Richard mais quand vas-tu grandir ? » lança Martha en levant les yeux au ciel, un petit sourire au coin des lèvres.
Toutefois Alexis n'avait pas prévu de se laisser avoir. Aussi, elle se précipita dans le salon en se couvrant le visage des mains alors que son père la poursuivait en hurlant et en riant, l'arme factice toujours à la main. Martha les regarda faire en souriant. Il était difficile de croire qu'un garçon aussi blagueur et enfantin que son Rick ait pu devenir policier. Et pourtant…
Et voilà ! Désolée, très peu de Caskett dans ce chapitre... Je voulais surtout "présenter" Alexis et Martha, ainsi que retrouver notre bon vieux Rick ! Est-ce que ça vous a plu ? Des idées concernant le tueur ? Je veux tout savoir ! ^^ On se retrouve la semaine prochaine, et d'ici-là, bon courage avec cette canicule qui s'installe...
