Aloha !

Désolée de ce retard, j'étais en stage ces dernières semaines et en plus -détail inutile mais pénible- je me suis retourné le poignet, et comme la majorité de mon histoire est sur papier, faut que je recopie tout, ah ah ah...

Bref, je ne vous embête pas plus, bonne lecture, on se retrouve en bas !


Inversons les rôles

Chapitre 3

Cela faisait maintenant deux jours que la victime de Central Park avait été découverte, et aucun membre de l'équipe du douzième district n'avait quelque chose de neuf. La seule chose dont ils étaient certains à présent était que leur homme avait bien été pressé par le temps, mais qu'il avait tout de même prit le soin de maquiller sa victime. En effet, Lanie leur avait fait remarquer que la jeune femme portait du rouge à lèvre appliqué à la va-vite. Or, comme l'avait fait remarquer Ryan, aucune femme ne portait de rouge à lèvre pour aller faire son footing de nuit – Va savoir ! lui avait répondu Castle avec un clin d'œil-. De plus le maquillage avait été grossièrement étalé sur ses lèvres, ce qui prouvait bel et bien que leur homme s'était dépêché.

« Et on les aura quand, les rapports des enquêtes précédentes ? ronchonna Ryan.

-J'ai fait la demande au bureau du procureur… répondit Castle.

-C'est quoi cette nouvelle mode de déplacer les affaires non résolues ? » interrogea Javier.

Les deux autres haussèrent les épaules. Apparemment les dossiers concernant le tueur au ruban avaient été regroupés dans les sous-sols du palais de justice, avec d'autres affaires du genre jamais élucidées. Or, le département juridique avait beaucoup à faire en ce moment à cause du procès d'un important baron de la drogue, et la requête de Castle allait mettre quelques jours à être traitée. Sans compter qu'aujourd'hui était un samedi.

« Je ne vois pas ce qu'on peut faire de plus, maugréa Esposito en fixant le peu d'éléments qu'ils avaient placardés sur le tableau, on a aucun témoin à part l'écrivain, et ce type ne revendique rien, ne laisse aucune trace, à part ce ruban…

-Et le rouge à lèvre…

-Ça prouve quoi ? railla le latino.

-Peut-être qu'il a subi un traumatisme dans l'enfance qui impliquait des poupées, et…

-Non Castle soit gentil, laisse le boulot à l'unité psy… »

Ryan ricana alors que le détective boudait. Chacun était habitué à ses élucubrations concernant les affaires. Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, il arrivait que cela les aide. Bien sûr, il n'avait jamais prouvé l'existence des fantômes, du soulèvement des machines ou quoique ce soit d'autres, mais les théories de Castle leur avaient appris à envisager toutes les possibilités et à retourner le problème dans tous les sens. Il avait aussi don de détendre l'atmosphère, ce qui pouvait être utile quand ils se sentaient piégés, comme maintenant.

« Castle ! Dans mon bureau ! »

La voix de Gates les glaça pendant quelques secondes. Ils n'aimaient pas quand leur chef les conviait de cette façon dans son bureau. En fait, à bien y réfléchir, ils n'aimaient pas quand elle les conviait dans son bureau tout court. Castle se redressa, fit une petite grimace aux deux autres puis rejoignit Gates. Esposito et Ryan se dévisagèrent, anxieux. Sous ses airs de pitre, Castle devait être lui aussi inquiet. Quand Gates les convoquait, ce n'était généralement pas pour leur faire des compliments. De plus, quand on prenait en compte l'état actuel de l'enquête…

« Tu penses qu'on va devoir retourner arpenter Central Park ?

-Pitié, j'ai déjà du mal à apprécier quand c'est pour me détendre, alors pour le boulot… répondit Esposito.

-Pourtant je croyais que c'était ton truc la verdure. »

Javier haussa un sourcil en direction de Kevin alors que ce dernier arborait une moue moqueuse. Ils furent interrompus dans leur conversation par la porte du bureau du capitaine qui claquait.

« Déjà ? s'étonna Ryan.

-Ouaip ! C'était pour m'informer qu'on aurait les dossiers en provenance du bureau du procureur lundi.

-Lundi ?! Ils sont au courant que c'est peut-être notre seule chance de coincer notre type avant des mois et des mois ?

-Le procès d'Amarillo prend une sale tournure, ils se concentrent là-dessus… Et comme Gates me l'a bien fait comprendre, une affaire non médiatisée, aussi sérieuse soit-elle, ne pourra pas requérir leur attention avant lundi.

-Qu'est-ce qu'on fait alors ? Pitié ne me dit pas qu'on retourne à Central Park…

-On rentre chez nous, on a rien d'autre à faire de toute façon. Les seuls dossiers des enquêtes précédentes que nous avons sont ceux conservés dans la base de données informatiques, et j'y ai déjà jeté un coup d'œil, on y apprend rien d'intéressant… Il nous faut les notes et les rapports de l'époque, pas un simple compte-rendu administratif…

-Comment se fait-il qu'on n'ait pas plus d'informations ? C'est vrai quoi, le dernier meurtre en date de ce type remonte à quoi, un an ? On était tous là à l'époque pourtant…

-On était tous sur une grosse affaire pendant au moins un mois l'année dernière. Et comme l'a dit Gates, l'affaire n'est pas vraiment médiatisée… Regarde aujourd'hui, d'ici une semaine les collègues auront oubliés sur quoi on bosse… »

Ryan soupira. Esposito avait raison, il le savait bien. Mais savoir que plus les jours passaient plus leurs chances d'attraper le type s'amenuisaient le rendait fou. Il n'aimait pas se faire berner, mais encore moins avoir affaire à un tueur méticuleux qui se fichait éperdument de son image médiatique…

« On rentre alors ? » demanda Esposito comme si la question semblait stupide.

Castle fit oui de la tête. À quoi bon perdre leur temps ? Il avait de quoi travailler chez lui, et ils n'auraient sans doute aucune réalisation soudaine en restant là à tous se fixer dans le blanc des yeux… Cette affaire prenait décidément une tournure qu'il n'aimait pas.

« Tu es sûr de vouloir sortir papa ? Je ne veux pas que tu te sentes obligé parce que…

-Ne t'inquiète pas, j'ai tout mon temps. À moins que tu ne veuilles te débarrasser de ton vieux père… »

Alexis leva les yeux au ciel et donna une tape sur le bras de Rick. Elle se sentait un peu coupable de monopoliser l'attention de son père alors qu'il était en plein sur une enquête, mais il avait insisté pour passer du temps avec elle cet après-midi. Et elle avait beau approcher de la vingtaine, elle ne refusait pas la compagnie de son père pour autant. Ils s'étaient donc rendus en ville afin qu'Alexis achète des livres qui lui manquaient dans le cadre de ses études. Ensuite, ils avaient un peu traînés au centre commercial où la jeune fille avait dû empêcher son père de refaire ses provisions de farces et attrapes. Enfin, ils avaient tout naturellement pris la direction d'un Starbuck afin de terminer leurs emplettes. C'était un de leur petit rituel père-fille qu'ils adoraient tout deux.

« Oh mon Dieu… lâcha alors Alexis tendit qu'elle regardait autour d'elle dans le café.

-Beckett, je ne pensais pas vous trouver ici… N'avez-vous pas un livre à écrire ?

-Et vous un meurtrier à arrêter ? » répondit la jeune femme au tac au tac.

Castle sourit alors que l'écrivain sirota tranquillement sa boisson. Elle était assise dans un coin reculé de la pièce, et après l'avoir un peu plus détaillée, Castle remarqua qu'elle avait un cahier couvert de notes ouvert sur les genoux. Apparemment il avait parlé trop vite. À côté de lui, Alexis restait bouche bée tandis que l'information montait à son cerveau. Elle était en face de Katherine Beckett, la femme qu'elle admirait le plus au monde, et son père, si elle pouvait encore l'appeler ainsi après cette trahison, la connaissait. Il connaissait Kate Beckett, son idole depuis son premier livre.

« À ce que je vois l'inspiration revient ? la taquina Castle.

-Il semble que vous m'ayez donné le remède, lui dit Beckett en montrant son gobelet.

-Quoi, vous n'étiez jamais venue dans un Starbuck ? s'estomaqua-t-il.

-Il faut bien un début à tout. »

Beckett arborait un petit sourire en coin devant l'air effaré du policier. Elle avait encore du mal à croire qu'un homme comme lui puisse être dans les forces de l'ordre. Il avait tout d'un grand charmeur, et ses grands yeux bleus lui rappelaient ceux d'un bébé. Elle détourna son regard de celui du policier et rencontra une autre paire d'yeux bleus. Elle aurait mit sa main à couper qu'il s'agissait là de sa fille tant la mimique qu'elle affichait ressemblait à celle de son père : yeux écarquillés et bouche entr'ouverte.

« Je manque à tous mes devoirs, s'excusa alors Castle, voici ma fille, Alexis, votre plus grande fan, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

-Papa ! »

Beckett éclata de rire alors que Castle haussait les épaules face au regard meurtrier de la jeune fille rousse. Cette dernière se tourna alors vers Beckett et lui sourit franchement. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait rencontrer une des personnes qu'elle admirait le plus au monde, alors autant faire bonne impression.

« C'est un honneur de vous rencontrer madame Beckett…

-Je t'en prie, appelle-moi Kate, j'ai l'impression de prendre vingt ans !

-Ah, excusez-moi je reviens ! » leur dit Castle alors qu'il remarquait que leurs commandes étaient prêtes.

Il se dirigea vers le comptoir tout en sortant son portefeuille. Il ne pouvait empêcher un petit sourire de naître sur ses lèvres alors que l'homme derrière le comptoir recomptait sa monnaie. Décidément, il ne faisait que tomber sur Kate Beckett ces derniers temps.

« Alors, dites-moi sur quoi vous travaillez ?! s'exclama-t-il en coulant un regard avide vers le brouillon de Beckett.

-Papa, soupira Alexis en levant les yeux au ciel, apparemment offusquée que son père se permette d'embête son idole.

-Je ne peux rien vous dire, parce que même pour moi c'est encore un peu abstrait, leur dit Beckett en reprenant une gorgée de café.

-Vous avez déjà une idée après Nina Stewart ?! lança alors Alexis, oubliant toute retenue.

-C'est possible, lui répondit Kate, amusée par la moue de la jeune fille. Mais je dois t'avouer que je ne pensais pas trouver l'inspiration aussi rapidement !

-C'est moi qui vous ait inspirée ? demanda Rick en se penchant à nouveau sur la table afin d'essayer de déchiffrer ce que l'auteur avait écrit.

-Peut-être, lui dit la brune en lui jetant un regard de défis qui fit déglutir Castle.

-C'est incroyable, continua Alexis qui n'avait pas vraiment prêté attention à l'intervention de son père, c'est vraiment incroyable comment vous arrivez à construire un univers en partant de rien…

-Hé ! s'indigna Castle, donc je suis le rien ?! »

Alors que sa fille lui adressait un regard intrigué, Beckett sentit ses lèvres s'étirer à nouveau en un petit sourire. Décidément, c'était étrange de se dire qu'un homme à l'apparence si immature pouvait travailler dans les forces de l'ordre… Remarquant soudain que ses deux interlocuteurs étaient toujours debouts, elle s'empressa de se décaler et de débarrasser sa table afin de leur laisser un peu de place.

« Oh nous ne voulons pas vous déranger ! s'exclama alors Alexis en reculant, mais son père s'était déjà assis sur l'une des chaises.

-Alleeeez, dites-moi, qu'est-ce qui vous a inspiré depuis que nous nous sommes vu la dernière fois ?! dit-il en posant son gobelet à côté de celui de Beckett, c'est mon charme légendaire, c'est ça ? Ma façon de diriger mon équipe ?

-À vrai dire, je m'inspire plutôt du lieutenant Esposito. Son côté latino et son charme méridional font des ravages ! »

Beckett regretta de ne pas pouvoir prendre en photo l'expression de Castle tellement elle était comique : il avait l'air d'un poisson hors de l'eau. Même Alexis, qui restait malgré tout un peu réservée, pouffa derrière sa manche. Elle trouvait ça amusant la façon dont son père se laissait mettre en boîte par Beckett. D'habitude, il ne se gênait pas pour faire son petit numéro de charme aux femmes, mais il n'agissait pas de la même façon avec l'écrivain. Et malgré son air moqueur, Alexis pouvait voir les yeux de Katherine pétiller et sa bouche s'étirer presque imperceptiblement en un petit sourire amusée. Elle devait admettre que son père semblait amuser la jeune femme. Ça la changeait de cette image froide et distante que les médias renvoyaient d'elle… Elle semblait légèrement plus ouverte, plus… Accessible ? Ou du moins, beaucoup moins éloignée et fermée que ce qu'elle pensait.

Au bout d'un moment, Alexis avait pu conclure que son ingrat de père et son idole s'étaient rencontrés lors d'une affaire, certainement celle sur laquelle il travaillait en ce moment. Marrant comme coïncidence… Et dire qu'il n'avait même pas jugé bon de lui dire, il fallait qu'elle lui en touche deux mots une fois qu'ils seraient de retour chez eux !

Alors qu'Alexis se reconcentra sur la conversation des deux adultes, elle remarqua qu'elle débarquait littéralement en pleins concours de chamailleries, digne de son père, certes, mais qu'elle n'aurait pas soupçonné venant de Beckett. Apparemment, Rick essayait encore de deviner le thème du roman de la jeune femme qui ne faisait que lever les yeux au ciel en sirotant son café, son habituel micro-sourire accroché aux lèvres. Alors qu'elle relevait la tête, Kate croisa le regard d'Alexis et soupira en montrant son père d'un coup d'œil en biais. Alexis pouffa à nouveau.

« Ma fille se retourne contre moi, un coup de couteau dans le cœur ! » lança alors Richard en remarquant que la rouquine ricanait avec Beckett. Il avait dit ça sur un ton théâtral qui semblait directement inspiré de sa mère. Impossible à ce moment-même d'imaginer quelques instants que cet homme était policier…

« Et que devrais-dire alors ?! C'est pas un coup de couteau dans le dos que tu m'as mis, mais un sabre ! » répliqua Alexis.

Rick se laissa tomber sur son canapé, fourbu. Depuis le début de cette affaire, il n'arrivait pas à avoir une vraie bonne nuit de sommeil, à la fois troublé par son enquête et… Troublé par Katherine Beckett, il devait bien l'admettre. Il y avait quelque chose dans cette femme qui l'attirait comme un aimant. Certes, elle était très attirante, ce n'était pas difficile de le remarquer, mais ce n'était pas ça. C'était plutôt… De la fascination. Cette pseudo-froideur qu'elle semblait rejeter intriguait Castle. Il pouvait voir ses yeux pétiller par moment, ses lèvres s'étirer en un petit sourire, mais quelque chose l'interpellait. Il avait l'impression que Beckett cachait un lourd fardeau, qui l'avait obligée à se forger une carapace, à évoluer pour se protéger.

Il avait vu ça avec Alexis suite à l'abandon de sa mère, mais de façon beaucoup moins marqué qu'avec l'écrivain. C'était comme si… Elle se cachait derrière une façade, laissant parfois son visage se fendre d'un petit sourire sincère, avant de reprendre ses habituels traits polis et confiants. Il avait l'impression de ne jamais vraiment réussir à aller jusqu'au cœur de la jeune femme, comme si elle ne se laissait pas approcher. À sa façon, Katherine Beckett était une sorte d'animal sauvage, qui cachait ses craintes et ses sentiments par de l'attaque. Non pas que la jeune femme était agressive, au contraire elle était… Charmante, mais elle usait de toutes sortes de pics pour dévier la conversation selon son bon vouloir. Elle aurait été un as pour mener un interrogatoire, Castle en était persuadée. De plus elle aurait sans aucun doute réussi à mettre les détenus dans sa poche rien qu'en leur adressant ce regard froid et intimidant qu'elle lui avait plusieurs fois lancé cette après-midi alors qu'il essayait de déchiffrer ses gribouillis. Toutefois, il pouvait jurer l'avoir aperçue sourire –un presque vrai sourire !- quelques secondes après. Mais avec cette femme…

Mais au-delà de tout ça, il y avait quelque chose. Quelque chose de sombre, il en était persuadé. Un mystère planait autour de Beckett. Et s'il y avait quelque chose que Richard Castle aimait par-dessus tout, c'était résoudre les mystères.


Voili voilou, je crois qu'il est un peu plus long que les précédant ! Et j'ai remarqué que ffnet ne semble pas prendre mes * quand je fais des transitions ou des ellipses... Je ne sais pas si la mise en forme les a supprimé dans les autres chapitres, en tout cas ici j'ai du les rajouter manuellement, bizarre bizarre ! Voilà pas beaucoup d'info concernant le tueur aux rubans, ce petit fourbe, on le reverra plus tard... ;) À la semaine prochaine, ou plus tôt vu le retard de ce chapitre, d'ici-là profitez bien du beau temps qui revient !