Une semaine. Une semaine qu'ils s'étaient avoué leurs sentiments et toujours rien. Il était vrai qu'avec leur emploi du temps chargé, ils ne s'étaient vu que deux fois. Mais tout de même. Kazuya avait presque l'impression que rien n'avait changé. Qu'il était toujours ce collègue avec qui il entretenait une relation ambiguë. Que pouvait-il faire pour qu'il comprenne ? Ou peut-être qu'il lui revenait de faire le premier pas ? Après tout, ce n'était pas lui qui s'était déclaré le premier. Alors peut être que Koki attendait un geste de sa part. Peut-être qu'il attendait même avec angoisse, lui donnant l'occasion de choisir, de reculer une dernière fois avant d'aller trop loin. Pour pouvoir se rétracter sans se sentir gêné. Oui, c'était sûrement cela. Il lui donnait une dernière chance. Mais Kazuya ne la voulait pas. Il voulait aller de l'avant. Avec lui.

Il prit encore quelques instants pour observer son profil songeur, puis il se rapprocha de lui. De ce corps qui l'attirait tant. Il s'assit si près que leurs cuisses se collèrent et leurs épaules se rencontrèrent. Il releva la main vers lui et joua un instant avec les mèches brunes qui retombaient sur sa nuque. Il semblait un peu tendu mais paraissait tout de même apprécier son geste.

Cela conforta Kazuya. Il chercha son regard, qu'il trouva après seulement quelques secondes. Les yeux chocolat de Koki plongèrent dans les siens et il y vit l'attente de leur propriétaire. Kazuya savait qu'il ne bougerait pas, même s'il le désirait autant que lui. Alors il ramena sa main sur sa joue et se pencha tout doucement vers lui. Il sentait son souffle chaud chatouiller sa peau. Son regard se perdit un instant sur ses lèvres et inconsciemment, il passa sa langue sur les siennes. Il se forçait à la retenue, ne voulant pas céder à l'empressement. Il voulait que ce moment reste gravé à jamais dans sa mémoire comme un souvenir parfait.

Lorsque ses yeux remontèrent, il réalisa que Koki avait fermé les siens. Il sourit doucement puis d'un dernier geste, il combla la distance entre eux. Il sentit Koki sursauter légèrement au contact alors il attendit quelques instants avant de faire quoi que ce soit d'autre. La sensation de ses lèvres contre les siennes était déjà incroyable. Depuis le temps qu'il espérait cet instant… Mais l'envie d'aller plus loin se faisait de plus en plus pressante à mesure que les secondes s'écoulaient. Il commença alors lentement à bouger ses lèvres. Koki ne réagissait toujours pas et il eut soudain peur qu'il ait changé d'avis. Mais cette crainte se dissipa presque immédiatement lorsqu'il repensa à sa confession. Il était impossible qu'il ait changé d'avis.

Il décida alors d'accélérer les choses. Il allait le forcer à retourner le baiser. Taquin, il attrapa sa lèvre inférieure entre les siennes, puis y ajouta ses dents et mordilla la chair. Koki reprit bruyamment sa respiration, faisant sourire Kazuya intérieurement. Le mur s'effritait déjà. Encouragé, il pointa sa langue contre sa bouche, asticotant ses dents qui lui barraient le passage. Mais en poussant un peu plus, Koki desserra enfin les mâchoires et il put envahir sa bouche. Encore une fois, il voulait prendre son temps, pourtant, quand sa langue rencontra la sienne, il perdit le contrôle. La passion et l'envie le submergèrent. Et à l'instant où Koki répondit enfin, il perdit pieds et se laissa envahir par les sensations.

Il sentit sa main accrocher sa nuque, réduisant l'écart entre leurs corps. Il sentit sa langue danser contre la sienne. Et bientôt, la dominance lui échappa. Il se laissa aller contre Koki, s'abandonnant à lui. Déjà le souffle lui manquait mais il ne voulait pas que cela se termine si vite. Il voulait s'enivrer de cette sensation, de l'odeur de Koki. Pourtant, il fut bien obligé de s'y résoudre lorsque celui-ci lui rendit sa bouche et se recula. Pas loin cependant, puisqu'il posa son front contre le sien, leurs souffles s'entrechoquant entre eux. Mais après seulement quelques secondes de récupération, Kazuya reprit possession de ses lèvres. Koki lui répondit immédiatement et son cœur sembla fondre de bonheur. C'était encore mieux que ce qu'il avait imaginé…