"Laisse-moi tranquille !"

Le ton de sa voix était dur et il s'en surprit lui-même. Mais trop c'était trop. Un instant de solitude, était-ce trop demander ? Pourtant, malgré son énervement, la tristesse et la douleur qui apparurent dans son regard chocolat lui serrèrent le cœur. Mais il était trop tard, les mots avaient été dits.

Sans une parole, il le regarda ramasser ses affaires et partir la tête baissée. Il l'avait fait souffrir. L'idée lui était pesante, mais c'était nécessaire. Il le connaissait suffisamment pour savoir qu'il avait besoin de fermeté pour qu'il comprenne.

Il ne demandait pas grand-chose pourtant. Un peu de solitude de temps en temps. Bien qu'il aime passer du temps avec lui, il avait aussi besoin de se retrouver avec lui-même. Il avait cru qu'il comprendrait mieux. Après tout, ce n'était pas un trait de son caractère qu'il ignorait. Alors pourquoi s'obstinait-il ? Pourquoi être venu alors qu'il lui avait pourtant bien dit qu'il ne désirait pas sa présence ?

Il laissa un soupir excédé passer la barrière de ses lèvres. Il était inutile de se torturer l'esprit à présent. Il s'excuserait la prochaine fois qu'il le verrait et tout rentrerait dans l'ordre. Du moins c'est ce qu'il espérait.

Ce n'était pas la première fois qu'ils avaient une querelle de ce genre, et ils avaient toujours réussis à se réconcilier. Pourtant, c'était la première depuis qu'ils étaient ensemble, et cela pouvait tout changer. Que se passerait-il si Koki refusait de l'écouter ? Arriverait-il à le ramener dans ses bras ? Et s'il n'y arrivait pas, comment leur relation allait-elle évoluer ? Allaient-ils se détester, l'entente dans le groupe allait-elle empirer ? Et si Koki partait, à cause de lui ? Ils avaient fait front au départ d'un membre, ils ne survivraient pas à un deuxième.

Il se traita d'idiot. Non, ils n'en étaient pas encore là. Il ferait tout pour que Koki comprenne. Et il savait qu'il comprendrait. C'était Koki après tout. Et s'il l'aimait autant que lui l'aimait, il lui pardonnerait.

Laissant ces pensées de côtés, il décida de profiter enfin de sa solitude. Depuis le canapé où il était affalé, il laissa son regard errer sur son salon. Que pouvait-il bien faire ? Il n'était pas d'humeur pour le ménage, il aurait bien lu un livre, mais il venait d'en terminer un et n'avait pas eu le temps d'en acheter un nouveau. La télé ? Il n'y avait rien à cette heure, et un DVD ne le tenta pas non plus.

Ayant une idée, il se releva et se dirigea vers sa cuisine. Et pourquoi pas se préparer un bon repas ? Il ouvrit son frigo et avec le peu d'ingrédients qui lui restait, il composa mentalement le plat qu'il allait faire. Koki allait très certainement aimer…

Il prit un instant pour revenir sur ses pensées. Koki n'était pas là. Il venait de le chasser. Alors à quoi bon cuisiner s'il se retrouvait tout seul pour manger ? Ou en était la satisfaction ? Il soupira en refermant la porte du frigo et appuya son front dessus. Pourquoi la solitude était-elle soudain si triste? Pourquoi avait-il envie de la présence de Koki ? Pourquoi désirait-il ses bras l'enlaçant par derrière pour le rassurer ?

Vaincu, il sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro. L'heure des excuses avait déjà sonné…