Auteur : Notkingyet

Disclaimer : Rien ne m'appartient, l'univers est de Marvel, l'histoire est de Notkingyet, je ne m'occupe que de la traduction.

Merci encore une fois pour vos reviews. Le prochain (et dernier) chapitre mettra un peu plus de temps à arriver, car il est trèèès long. Comptez deux bonnes semaines. En attendant, bonne lecture !

Tony se réveilla avec un mal de crâne lancinant et à peu près cinq cents mails non lus dans sa boîte, dont un seul piqua son intérêt. Il lui donnait un endroit (une adresse qui, une fois googlée, se révéla être un café de quartier), une heure (« Demain après-midi, quinze heures »), et un bref message (« Tu es bien plus intelligent que je ne le pensais, si tu as pu trouver cette adresse email. Sois assuré qu'elle ne fonctionnera plus. »)

Tony cligna des yeux, relu le mail, et regarda l'horloge dans le coin de son écran. « 14h14 » lui annonçait-elle.

Quarante minutes paniquées de douche, d'habillement et de conduite plus tard, Tony entra avec hésitation dans le café. C'était un jour calme, ou une heure calme, et le lieu était relativement peu empli. La barista semblait franchement s'ennuyer alors qu'elle essuyait le comptoir et réarrangeait les pots remplis de pailles et d'agitateurs. Comme la plupart des boutiques du coin, sa clientèle de base consistait en des vingtenaires branchés habillés de jean slim et de casquettes plates. C'était l'un des peu d'endroits où Tony pouvait trouver des gens avec des moustaches et des boucs aussi élaborés et méticuleusement entretenus que les siens.

Il eut des difficultés à repérer Loki, et passa quelques minutes à errer dans le café mal éclairé, regardant dans les recoins de bois sombre, et s'excusant d'un sourire lorsque tout ce qu'il trouvait était des écrivains en herbe recroquevillés avec méfiance derrière leur Macbook, et des couples androgynes créant des liens en partageant un projet de tricot. La dernière banquette dans le coin le plus éloigné de la boutique contenait une grande silhouette élancée habillée d'un manteau noir et d'une écharpe à rayures vertes, assis, son menton posé sur sa main, regardant le temps humide et pluvieux par la fenêtre. Il avait l'air trop serein pour être l'homme brisé et abattu que Tony avait vu en vidéo, mais une fraction de seconde de son regard en coin d'un vert perçant ne laissa aucun doute sur son identité. Tony passa une main dans ses cheveux avant de se diriger vers lui.

« Alors, pourquoi ici ? » demanda Tony alors qu'il se glissait sur le siège en face de Loki, qui le regarda à peine alors qu'il approchait.

« Vous les Avengers êtes notoirement peu enclins à mettre en danger la vie d'innocents, » déclara Loki, d'un ton presque ennuyé. Il enleva sa main de son menton mais continua à regarder par la fenêtre. « Le café est calme, mais contient assez de civils pour vous faire hésiter, toi et tes probables renforts, avant de m'attaquer. »

« Et si tout le monde ici était un agent du S.H.I.E.L.D ? » dit Tony.

« Possible, mais peu probable, » répondit Loki, se penchant en arrière sur son siège et tapotant négligemment ses doigts sur la tasse dans ses mains. « Quand bien même, je doute qu'ils poseraient un problème. » Il prit une autre gorgée, regardant finalement Tony dans les yeux. « Je crois que tu veux me donner quelque chose qui m'appartient. »

Tony sortit le disque dur de la poche de sa veste et le fit glisser sur la table jusqu'à ce qu'il soit pile entre lui et Loki. Une expression de légère surprise passa sur le visage de Loki, avant de disparaître.

« C'est à moi ? » demanda Loki, en posant l'index sur l'appareil.

« Maintenant, oui. » dit Tony.

Loki baissa les yeux sur le disque, puis sur Tony de nouveau, avec une expression d'impatience ennuyée qu'il n'était pas rare de voir lorsque Loki avait affaire avec ceux qu'il appelait mortels. « J'espérais quelque chose d'un peu plus vintage. Peut-être plus égyptien. »

« Désolé, pas de baguette magique aujourd'hui, » répondit Tony. « Juste un disque dur flambant neuf de chez Stark Industries. »

« Et en quoi est-ce à moi ? »

Tony avait prévu d'être direct et franc à ce sujet, vraiment, mais quand il ouvrit la bouche, il trouva bien plus difficile qu'il ne se l'était imaginé de regarder le supervilain dans les yeux et d'admettre qu'il l'avait espionné dans ses moments les plus intimes. Il referma sa bouche, hésita, et opta pour une approche en douceur.

« Tu te demandes sûrement comment j'ai pu prévoir tes mouvements la dernière fois que nous avons combattu. »

Loki leva un sourcil, mais ne sembla pas autrement perturbé par le changement de sujet. « J'admets une légère curiosité. »

« Ta magie laisse une signature énergétique très distincte, » dit Tony. « J'ai développé un programme pour la repérer. »

« Et consumé par la culpabilité d'utiliser des méthodes que le fils d'Odin déclarerait déshonorantes, tu viens m'offrir le programme, » répondit Loki, jetant un nouveau regard au disque dur. Sa voix dégoulinait presque de condescendance alors qu'il ajouta, « Comme c'est noble de ta part. »

Tony grimaça intérieurement. Il savait que Loki était sarcastique, mais il n'avait aucune idée, pas la moindre putain d'idée, quand à l'étendue du comportement « déshonorant » de Tony. Et si Loki était au courant, Tony ne pensait pas qu'il s'arrêterait à de simples sarcasmes. Cet aveu semblait être la pire de ses idées de secondes en secondes.

« Il y a un peu plus que ça, » dit Tony, remuant inconfortablement dans son siège. Loki le remarqua, évidemment, le bâtard, et leva les sourcils. Tony prit une profonde inspiration et-

« J'ai espionné ton appartement, » ajouta t-il, les mots sortant en un flot à peine compréhensible.

Loki cligna des yeux. « Je te demande pardon. »

Tony continua à parler à toute vitesse, uniquement capable de s'exprimer en gardant les yeux fixés sur la table en lui et Loki. « Il y a dix jours, j'ai mis ton appartement sous surveillance en utilisant un dispositif d'écoute à capacité vidéo. J'ai tout vu depuis lors. Tu étais superbe dans cette robe, soit dit en passant. Et je suis d'accord avec ton avis sur le Seigneur des Anneaux. Mais le fait est que cette surveillance m'a permis d'analyser l'utilisation de tes sorts au fil du temps et c'est pourquoi j'ai été capable de te battre hier. Et ensuite... » Tony se retrouva avec la bouche sèche et se força à avaler sa salive. « J'ai vu ce qu'il s'est passé après ça. Hier soir. Avec toi et ton... »

Il finit sa phrase avec un vague mouvement de la main, regardant toujours la table plutôt que son interlocuteur, et attendit la réponse de Loki. Pendant une seconde, il pensa que Loki avait peut-être disparu, se téléportant au loin dès que l'aveu de Tony était devenu étrange, mais il pouvait voir la main de Loki serrée autour de sa tasse de café. Ou de ce qui était une tasse de café. Les yeux de Tony s'agrandirent alors qu'il posait les yeux sur l'amas de carton détrempé enserré dans les mains de Loki. Le reste du café coulait entre ses doigts, assez chaud pour le brûler. Tony grimaça et osa un regard vers le visage de Loki. Le regard fixe de Loki le transperça, et Tony se retrouva incapable de détourner le regard.

« Ça ne fait pas mal ? » lâcha Tony, agitant mollement ses doigts vers le café de Loki. Celui-ci ne sembla pas l'entendre.

« Qu'est-ce que tu as vu ? » demanda Loki, sa voix calme et parfaitement, inhumainement égale .

Tony souhaita que Loki crie, renverse la table et sorte en trombe. Il ne voulait pas voir cette façade soigneusement contrôlée se désagréger de nouveau en un désastre comme celui de la nuit dernière.

« Qu'est-ce que tu as vu ? » répéta Loki, plus fort, écrasant le reste de la tasse entre ses mains et se penchant en avant. Tony voulait arracher son regard de ce visage, pâle et marqué de tremblements nerveux, affichant simultanément une fureur à peine contenue de parent déçu et le choc pur d'un enfant trahi.

« Tout. » répondit Tony.

Le silence régna entre eux deux. Tony pria pour que Loki le frappe une bonne fois pour toute et le fasse rapidement. Finalement, Loki détourna le regard vers la fenêtre, et Tony se sentit respirer à nouveau.

« Je suis désolé. » dit Tony quand il ne put plus supporter le silence.

« Je n'ai pas besoin de ta pitié, mortel, » dit Loki, sa voix froide et contrôlé de nouveau. Il se retourna vers la table, son visage en un masque inexpressif, et relâcha son café, s'essuyant les mains avec une serviette comme si ce désordre était normal.

« Ce n'est pas de la pitié, c'est de compassion, » répliqua automatiquement Tony, puis grimaça en réalisant qu'il avait parlé sans réfléchir, comme d'habitude. Loki ne sembla pas s'en apercevoir.

« De la compassion pour le diable », dit-il, maintenant son ton inexpressif, « C'est comme ça que vous l'appelez, non ? » Avant que Tony ne puisse répondre, il continua. « Pour être vraiment compatissant, tu dois avoir des expériences similaires dans ton propre passé. »

Tony ne pouvait s'en empêcher il se ragaillardit un petit peu. Voilà son ouverture. Il pourrait le réparer, son dernier désastre d'une longue lignée de désastres, si seulement il pouvait montrer à Loki que-

Loki remarqua son changement de comportement et haussa un sourcil. « Penses-tu que nous soyons égaux Stark ? »

« Plutôt que nous sommes deux mecs qui avons des choses en commun, » dit Tony, s'efforçant de ne pas laisser apparaître un sourire de soulagement pur sur son visage. « Par exemple, nous pouvons tous les deux être décrits comme des narcissiques avec un complexe d'œdipe. Ce n'est pas ce que je voulais dire, » ajouta t-il rapidement alors que la mâchoire de Loki se serrait. « Je veux dire... mon père n'était pas terrible non plus. Il m'a essentiellement ignoré de son vivant, et s'est contenté de me dire que je n'étais qu'une erreur insupportable jusqu'à ce qu'il soit mort. Donc je pense que je peux m'identifier à ce qu'il se passe entre toi et le grand cyclope dans le ciel. Peut-être. »

Loki passa un long moment à étudier les restes de sa tasse de café.

« Comment veux-tu mourir Stark ? » dit-t'il finalement, sans lever les yeux.

« Écrasé sous un tas de belles femmes plantureuses » répondit Tony, échafaudant mentalement des plans d'évacuation pour lui et les autres clients. « Pourquoi ça? »

« Parce que j'ai vraiment l'intention de te tuer pour celle insulte, » dit Loki, en se penchant, « et je crois qu'il est juste que tu ais ton mot à dire sur la façon de le faire. »

Merde. Et voilà pour les réparations facile.

« Je suis désolé, ok ? » dit Tony. « Je n'ai pas pensé à ce que j'étais en train de faire. J'ai vu des choses que je n'aurais pas dû- »

« Enregistré, » siffla Loki.

« – enregistré des choses que je n'aurais pas dû, mais j'ai supprimé toutes mes copies, et je t'offre les tiennes. » Tony tendit sa main, désignant le disque dur sur la table entre eux deux. « Il est à toi. Garde-le, brûle-le, je m'en fiche. »

« Et où sont les copies du S.H.I.E.L.D ? » demanda Loki.

« Ils n'en ont pas. » répondit Tony.

Loki haussa un sourcil vers lui.

« Je suis sérieux, » dit Tony. « Il ne savent rien de tout ça. Je ne leur ai jamais dit que je t'espionnais. Et Dieu m'en vienne en garde, je ne le fera jamais. »

« Oh oui, tu as désespérément besoin d'aide divine, » murmura Loki.

« C'est juste... » Tony soupira et passa une main sur son visage. « Les choses que j'ai vues- »

« N'ont pas besoin qu'on en parle. » finit Loki pour lui.

« Si jamais- »

« Non. »

« – tu as besoin d'aide ou quoi que ce soit- »

« Pas besoin. »

« – appelle-moi, ok ? Tu n'as pas besoin de venir me voir, » dit Tony, « Je sais que tu ne m'aimes pas. Tu peux trouver un psy ou quelque chose. Ils sont soumis au secret. Enfin, à des accords de non-divulgation, mais c'est la même chose. »

Loki continua à grincer des dents.

« … Bien. » Tony glissa le long de la banquette, et sortit de leur table. « C'est tout, alors. On se voit la prochaine fois que tu tentes- »

La fin de sa phrase mourut dans sa gorge lorsque le regard brûlant de Loki rencontra le sien.

« Tu ne peux pas réellement croire que je vais te laisser partir, » dit Loki. Tony résista au réflexe de déglutir nerveusement.

« Écoute, je t'ai donné les fichiers- »

Loki se leva doucement, tout en empochant le disque dur. « Tu penses que ton absolution peut être contenue dans deux terrabites ? »

« Hé bien, les fichiers ne prennent pas tout le disque, mais ce n'est pas le propos. J'ai été honnête ! Je me suis excusé ! C'est plutôt bien, non ? »

« Et tu penses que cela suffit à rattraper ce que tu as fait ? »

« J'appellerais ça un bon début, oui. »

« J'ai bien peur de ne pas être d'accord. »

Loki sourit, d'une expression que Loki avait déjà vue avant, pas seulement en combat mais aussi sur vidéo. Cela arrivait habituellement avant que quelque chose n'explose, ou ne se fasse baiser. La peur et l'excitation se disputèrent dans le cerveau de Tony. C'est ce qu'il blâma pour son pauvre temps de réaction quand quelques secondes plus tard, Loki fit exploser le café.