Coucou

Je reviens de ma ballade en forêt avec Edward. Nous avons gambadé main dans la main en chantant « promenons nous dans les bois tant que les vampires n'y sont pas, si les vampires y étaient, ils nous suceraient » (je m'égard !)

Et que vois-je ? Des reviews pour réchauffer mes petits doigts afin qu'ils tapotent la suite (il est mignon tout plein Edward, mais il a les mains gelées !).

Un grand merci à vous et à celles qui m'ont mise en story alert.

Un peu de musique ? « 15 step », « Videotape » et « Reckoner » de l'album In Rainbows de Radiohead

On continue dans le Flashback, 3 ans c'est long, trop long ?

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer

Bonne lecture


Chapitre 2 : la vie continue …

POV Bella

Depuis le départ des Cullen, une sensation étrange de manque me tenaillait comme si j'avais perdu des amis et même plus que ça.

Je rêvais souvent d'Edward, son visage revenait régulièrement dans mes pensées. Je me sentais idiote d'être hantée par une personne que je ne connaissais absolument pas et qui n'avait pas eu l'air de me porter dans son cœur lors de notre rencontre.

J'avais donc repris le cours de ma vie essayant d'oublier le passage de cette étrange famille dans mon existence.

A dire vrai, j'avais véritablement débuté ma vie à Forks à ce moment là, découvrant que mon obsession pour les Cullen m'avait gardé à distance du reste de mes semblables.

Je découvrais l'amitié simple et sincère d'Angela Weber. J'aimais beaucoup passer du temps avec elle, faire nos devoirs ensemble, cuisiner ou parler de nos lectures. Elle savait respecter mes silences et me comprenait souvent sans un mot.

Je remarquais également la passion dévorante que me vouait Mike Newton, l'intérêt que je suscitais chez Eric Yorkie et Tyler Crowley, l'apparente amitié de Jessica Stanley trop souvent remplacée par sa jalousie devant l'attitude de Mike à mon égard et la haine véritable mais inexpliquée de Lauren Mallory envers mon insignifiante personne.

L'attirance que je provoquais chez les garçons était une vraie nouveauté pour moi. A Phœnix ma vie sentimentale se résumait au néant. Il faut croire que dans ce trou paumé, la chaire fraiche excitait les hormones trop longtemps endormies de ces jeunes hommes fréquentant les mêmes visages depuis la maternelle.

Et puis pour être honnête on ne peut pas dire que mon effet sur le plus bel homme qu'il m'ait été permis de rencontrer ait été une réussite. Je n'étais donc qu'un éphémère nouveau jouet. J'attendais patiemment qu'ils se lassent de moi et repoussais chacune de leurs invitations.

L'ordinaire de ma vie de lycéenne fut rapidement bouleversé par un accident tragique. La mort allait pour la première fois, à ma connaissance, et non la dernière passer à deux pas de moi.

Après une énième journée maussade de cours, je me précipitais pour rentrer au plus vite et échapper à un de mes prétendants. Mes gestes trop rapides pour ma gaucherie légendaire me firent trébucher et mes clés de voitures tombèrent par terre. Je me relevais, ouvrais ma voiture et démarrais en trombe pour quitter ma place de parking.

A cet instant j'entendis un effroyable bruit de crissement de pneu. Dans mon rétroviseur je vis le van de Tyler Crowley traverser le parking en tête à queue et foncer à l'endroit ou quelques minutes auparavant je me débattais avec ma portière. Le van franchit ensuite le parapet et partie en tonneaux s'écraser sur un muret bordant la route en contrebas.

Un silence pesant figea le parking pendant quelques secondes puis la panique s'empara de tout le monde. Les uns appelant les secours, les autres se précipitant vers le véhicule accidenté.

J'étais pétrifiée. J'avais assisté à toute la scène au ralenti dans mon rétroviseur. Je ne quittais pas des yeux la place ou ma Chevrolet avait été garée et ou le van de Tyler avait disparu quelques secondes après.

Je réalisais que si j'avais trainé quelques minutes de plus, j'aurais été là entre ma portière et le van hors de contrôle.

La peur me glaçait le sang mélangée avec un sentiment de honte. Comment pouvais-je avoir de telles pensées égoïstes alors qu'un de mes camarades de classe était sans aucun doute grièvement blessé ?

Néanmoins je ne pouvais sortir de ma tête l'idée morbide que j'aurais dû être sur la trajectoire de cette voiture, que quelque chose aurait dû me retenir quelques minutes de plus devant cette portière et que je ne perdais rien pour attendre.

Le bruit des sirènes, l'arrivée de l'ambulance et de la voiture de patrouille de mon père me sortirent de ma torpeur. Je coupais mon moteur et retrouvais Angela et Ben Cheney qui se tenaient en retrait. Ce dernier soutenait mon amie un bras autour de son épaule.

Angela m'aperçut, elle sanglotait. Je les rejoignis sans un mot. La scène au dessous de nous était apocalyptique, le van de Tyler était sur le toit, le côté conducteur déformé, l'avant du véhicule semblait avoir diminué de moitié, des débris de verre, de tôle et de plastique jonchaient le sol. Autour c'était l'effervescence des secours et des badauds.

J'avais la nausée. Il fallait que je quitte cet endroit au plus vite. Je ne supportais pas d'être spectatrice de ce qui allait suivre. Je prétextais mon horreur de la vue du sang à Angela et Ben et retournait vers mon pick-up. De toute façon, je serais malheureusement aux premières loges pour la suite des évènements avec mon père.

Effectivement, Charlie me fit un compte rendu détaillé de l'accident et me rapporta les nouvelles de Tyler les jours suivants.

Une vitesse trop élevée avait été la cause de la perte de contrôle du véhicule. Les secours avaient mis une heure à désincarcérer Tyler de son van. Il fut transféré immédiatement à l'hôpital de Forks mais son état s'aggravant un hélicoptère vint le chercher pour l'emmener à Seattle. Après deux opérations et une semaine de coma, Tyler décéda d'hémorragies internes dues à ses blessures.

Son enterrement fut douloureux et d'une tristesse sans nom. Voir tous ces jeunes pleurer l'un des leurs était contre nature. J'étais bouleversée par la mort de Tyler mais aussi par l'idée que j'aurais dû être à sa place qui ne me quittait pas.

Je culpabilisais car ma voiture aurait pu ralentir sa chute et qui sait le sauver. Mais ça aurait voulu dire me trouver à sa place…

Je n'osais me confier à personne. J'avais trop honte d'être si égoïste.

A ce moment là je réalisais que ma vie se déroulait d'une façon parallèle à ce qu'elle aurait du être. Une étrange sensation qui ne me quitta plus. Comme si tous les évènements qui se succédaient devaient se dérouler mais d'une manière différente.

Je me demandais ce qui ne tournait pas rond chez moi.

Les beaux jours arrivèrent et je fus contrainte d'accepter une invitation de Mike pour une journée à la plage de la Push. La sortie avait souvent été repoussée faute de beau temps mais toute la bande avait envie de se changer les idées et je ne voulais pas faire les rabats joies.

C'était une journée très agréable, j'arrivai sans peine à laisser Jessica entre Mike et moi et j'observais en douce Angela qui se rapprochait de plus en plus de Ben.

J'étais bien, il faisait beau. Jacob et deux amis à lui nous avaient rejoints. J'étais étonnée de constater à quel point ça me faisait plaisir de le voir, ça ensoleillait encore plus ma journée.

Jacob était le fils du vieil ami de mon père, Billy Black. Ma Chevrolet offerte par mon père à mon arrivée n'était autre que celle de Billy remise en état par Jacob, excellent mécanicien.

Je l'avais rencontré lui et ses sœurs lors de ma prime enfance et de mes vacances chez mon père mais je n'avais pas de souvenir précis de lui. Je l'avais revu pour la première fois lorsque les Black nous avaient amené la Chevrolet. A mon arrivée à Forks, les rencontres entre Billy et Charlie se faisaient rares. Leur lien d'amitié paraissait distendu. J'avais une fois surpris une discussion très vive entre eux au sujet des Cullen, Billy leur en voulait pour je ne sais quelle raison tandis que mon père les défendait.

Mon esprit tordu avait remarqué un net rapprochement entre eux depuis le départ de cette fameuse famille, mais je ne voyais vraiment pas le lien entre cette dernière et Billy. Quoi qu'il en soit lui et son fils venaient plus régulièrement regarder des matchs avec mon père et la présence de Jacob m'était agréable et réconfortante.

Cependant, il n'avait de cesse de m'inviter chez lui et seul mon sentiment que son envie de passer du temps avec moi avait d'autres fondements que mon amitié me retenait de lui répondre favorablement.

Jacob me sortit de mes pensées en s'asseyant à côté de moi.

- Salut Bella !

- Salut Jacob, tu me suis ?

- Je te signale que tu es sur ma réserve, visage pâle !

- C'est vrai, ô grand chef, vous êtes mon hôte pour la journée !

- C'est un plaisir mademoiselle de vous accueillir sur mes terres.

Je lui décochais un grand sourire et levais mon visage vers le soleil. Pour une fois qu'il était là je voulais en profiter.

Soudain, un mot attira mon attention dans la conversation de mes voisins avec les deux amis de Jacob. Je ne savais pas comment ils en étaient arrivés là mais Lauren prononça le nom des Cullen de son ton méprisant dont elle seule avait le secret.

Instinctivement je reportais toute mon attention sur eux.

Le plus âgé des amis de Jacob lui répondit froidement

- De toute façon, ils n'étaient pas les bienvenus ici et leur départ a été une joie pour nous.

- C'est vrai que c'était des bêtes de foire, ils ne nous manquent pas non plus au lycée, bon débarras, ajouta Mike.

L'indien lui lança un sourire poli mais qui signifiait que la conversation sur ce sujet était terminée.

Une fois de plus toutes mes pensées se focalisaient sur eux, sur lui. Ma journée parfaite de jeune fille insouciante de 17 ans entourée de ses amis était terminée. Je décidais alors de savoir pourquoi l'ami de Jacob avait tenu de tel propos sur les Cullen.

J'entrainais Jacob avec moi prétextant une ballade au bord de l'eau. Je n'eus pas besoin de lui faire du charme longtemps pour qu'il me parle. Il me raconta alors une légende Quileute. Des Indiens descendants des loups et surtout une ancienne famille ennemie de sang froids plus connu par le commun des mortels sous le nom de vampires : les Cullen.

J'étais glacée. Je ne comprenais pas pourquoi cette légende me perturbait autant. Jacob s'aperçut de mon trouble.

- Tu sais ce ne sont que des légendes pour effrayer les jeunes squaws, ne me dit pas que tu me crois Bella ?

Je devais toujours être blanche comme un linge. Je tentais de me recomposer un visage convenable et lançais un rire qui me paru complètement faux.

- Jacob t'es vraiment un bon conteur, tu m'as filé la chaire de poule !

Mike choisit ce moment pour nous interrompre en nous invitant à rejoindre le reste du groupe. Pour une fois que j'étais heureuse qu'il m'adresse la parole. Ma conversation avec Jacob s'arrêta là et la journée se termina rapidement.

Une fois chez moi, le diner terminé, seule dans ma chambre je laissais mon imagination courir. La légende Quileute de Jacob me laissait dubitative. D'un côté elle me semblait complètement irréelle, d'un autre les Cullen m'avait paru tellement étrange, de part leur beauté presque surnaturelle, leur isolement par rapport aux autres élèves et surtout quand je repensais au regard qu'Edward Cullen lors de ce fameux cours de biologie, un frisson inexplicable me parcourait le dos.

Les jours suivants je réalisais que je n'arrivais pas à les oublier. Mon existence me paraissait aussi morne, fade et grise que le ciel Forks. Ils me manquaient de façon presque douloureuse.

Plus le temps passait et plus je me réveillais en pleine nuit en proie à de terrifiants cauchemars, ou seule une souffrance qui me tordait le ventre me restait comme souvenir. Je ne me reconnaissais pas. Mes seules échappatoires à la mélancolie étaient l'amitié calme et apaisante d'Angela et l'amitié naissante et ensoleillée de Jacob.

Je me mis alors en tête de trouver une trace de leur courte présence au lycée. J'avais besoin de me prouver leur existence. Et puis soyons honnête, quitte à être obsédée autant avoir du matériel pour assouvir mes compulsions.

Je pris contact avec madame Cope, la secrétaire du lycée et prétendis vouloir faire une recherche dans les anciens annuaires des élèves de l'école. Elle ne posa pas de question et me laissa dans une salle attenante à son bureau en me montrant l'étagère qui contenait les annuaires. Elle repoussa la porte derrière elle pour aller répondre au téléphone.

J'entendais en bruit de fond sa conversation. L'annuaire de l'année dernière en mains, je m'installais à la table au milieu de la pièce. Je levais alors la tête sur les étagères autour de moi et aperçue à ma droite des dossiers suspendus contenant des noms que je supposais être ceux des élèves. Instinctivement je me levais et me dirigeais vers la lettre C.

Mes doigts glissaient sur la tranche des dossiers parcourant les noms jusqu'aux fameux Cullen Alice, Cullen Edward et Cullen Emmett. Mon cœur s'arrêta. Je tendis l'oreille, la secrétaire était toujours en pleine conversation.

Ne pouvant retenir mon geste je plongeais la main pour me saisir du dossier d'Alice. Je ne savais même pas ce que j'allais en faire. Je l'ouvris. Mon cœur battait maintenant la chamade. J'attribuais ça à la crainte de me faire surprendre. J'ouvrais le dossier et à ma grande surprise il ne contenait que des feuilles vierges. Je le rangeais et me saisis des deux autres dossiers puis de ceux de Jasper et Rosalie Hale. Leurs contenus étaient identiques : vides. J'étais déconcertée. Comment cela était-il possible ?

J'entendis alors les pas de la secrétaire qui revenait vers la pièce. Je remis en place le dernier dossier et me précipitais vers l'annuaire que j'avais laissé en plan.

- Alors Isabella, tu trouves ton bonheur ?

- Oui, oui, je consulte cet annuaire et je vous laisse tranquille.

Je n'osais pas relever la tête vers elle, car je savais que j'étais rouge de honte de ce que je venais de faire à son insu.

- Prends ton temps, viens me voir quand tu auras terminé.

- Merci madame Cope.

Je feuilletais alors rapidement l'annuaire, parcourant les visages sur les photos de classe. Ils n'étaient pas là. Seuls leurs noms apparaissaient dans la liste des élèves.

Je refermais l'annuaire avec un soupir de frustration. Qu'espérais-je après tout ? Avoir une photo souvenir à admirer chaque soir ? Dans quel but ? Pour me torturer un peu plus ?

Il fallait cependant que je vérifie une dernière chose. Je regardais dans l'entrebâillement de la porte et vis la secrétaire de dos devant son ordinateur. Je me dirigeais alors rapidement vers les dossiers des élèves. J'attrapais le mien. Il contenait tous les documents fournis depuis mon inscription.

Un carré vierge en haut du dossier cartonné attira mon attention. Il portait la mention « veuillez agrafer une photo ici » partiellement effacée. La photo qui devait y être collée avait été arrachée. Je me souvenais pourtant l'avoir remise et je revoyais encore la secrétaire avec mon dossier sur lequel trônait mon portrait le jour de mon arrivée. Je fouillais rapidement le dossier et l'étagère mais ne trouvais pas de trace de cette fichue photo. Elle avait dû se détacher lors de la manipulation du dossier.

Je décidais d'abandonner mes fouilles infructueuses avant de me faire remarquer. Je quittais la pièce.

- Excusez-moi madame Cope, j'ai terminé, je vous remercie.

- Pas de quoi, n'hésites pas si tu as besoin d'autres renseignements, tous les dossiers et archives récentes sont ici.

Je décidais d'assouvir ma curiosité.

- Merci mais j'ai ce qu'il me faut. Vous gardez tous les dossiers des élèves ? Ça doit vous faire une énorme quantité de papier.

- Non, nous gardons les dossiers pendant 5 ans puis nous les faisons archiver par une société. Il est rare que l'on nous demande de retourner dans les dossiers des anciens élèves et d'autant plus après ce délai.

- Il faut que je vous laisse. Mon père m'attend à la maison. Merci de votre gentillesse.

Je savais que l'évocation de mon père permettrait de lever tous les soupçons qu'elle aurait pu avoir sur mon étrange attitude et mon motif de recherche plus que douteux.

- Je t'en prie. Passe le bonjour au chef Swan de ma part !

- Je n'y manquerai pas. Au revoir.

Je rentrais chez moi pour trouver la maison vide. Je n'aimais pas mentir ni me servir de la profession de mon père. Mais parfois il fallait passer au dessus de ses principes.

Je m'attelais à préparer le repas. Mes gestes étaient machinales. Toute mon attention était focalisée sur ces étranges dossiers vierges. Comme si on avait voulu faire disparaitre leur contenu en leur laissant l'apparence de dossier complet. N'importe qui aurait marché dans la supercherie tant qu'il ne les ouvrait pas. Était-ce la secrétaire qui avait perdu les documents et qui avait monté ce stratagème espérant ne pas se faire prendre ? Ou alors quelqu'un les avait-il sciemment fait disparaître ? Mais à quelle fin ? Et pour cacher quoi ?

Je fus interrompu par le bruit de la voiture de Charlie. Je décidais d'oublier ce problème sans réponse. Après tout j'avais été punie de ma curiosité maladive.

POV Edward

J'errais dans les grandes étendues sauvages entre l'Alaska et le Canada. Je passais le plus clair de mon temps prostré. Je me nourrissais que quand mon corps ne pouvait plus résister à l'appel du sang des animaux qui passaient à proximité.

Je savais que je m'affaiblissais. Je n'étais pas en état de me battre contre un congénère agressif et, ce que je craignais encore plus, je ne pourrais sans doute pas résister à l'odeur du sang humain. Je comptais cependant sur mon pouvoir pour me prévenir de l'approche d'un être « vivant ». C'était fort peu probable dans des contrées aussi lointaines.

Je pensais trouver un soulagement dans le silence offert par mon éloignement de tout esprit humain. Effectivement c'était reposant. Mais le vide laissé était terrifiant, il laissait libre cours à mes pensées. Et toutes étaient tournée vers ce visage en forme de cœur, ses yeux chocolat, ses boucles brunes…

Je tapais du point dans un tronc d'arbre, provoquant un craquement sinistre qui se répercuta aux alentours. Les animaux avaient déjà fui juste par ma présence, je pouvais laisser libre cours à ma rage sans perturber la faune locale, mais ça ne servait à rien.

Je m'écroulais au sol, j'étais dans la même situation que lors de ma fuite en Alaska quelques semaines plutôt. J'aurais aimé pouvoir dormir à cet instant et même la mort aurait été une délivrance. Mais tout ça m'était hors d'atteinte depuis longtemps.

Dans un élan de faiblesse je plongeais ma main dans la poche intérieure de ma veste et en ressorti un petit carré de papier. C'était la seule chose que je m'étais permis de prendre avec moi.

Lors de ma journée d'observation au lycée. J'avais profité de la pause de midi pour accéder au dossier d'Isabella Swan. La secrétaire du lycée prenait son déjeuner avec l'infirmière dans le bureau de cette dernière. Elle n'avait pas fermé les locaux car elle pouvait entendre les nouveaux arrivants. Je m'étais faufilé sans bruit et trop rapidement pour être vu jusqu'à la salle des dossiers.

Au début, je voulais juste assouvir ma curiosité, voir si Bella avait quelque chose de spécial qui aurait expliqué mon attirance pour elle.

Une fois son dossier en main, j'avais été très mal à l'aise, ayant l'impression de violer son intimité. J'avais refermé le dossier et j'étais tombé nez à nez avec son portrait qui me souriait timidement. Sans réfléchir j'avais décollé le cliché, le glissant dans la poche de ma veste. La secrétaire penserait que la photo s'était détachée en manipulant le dossier. Je ressortis aussi vite et discrètement que j'étais entré pour regagner la forêt et continuer mon observation.

Je savais que mon geste avait été idiot. Qu'il était nécessaire que je coupe tout lien avec elle. Mais il avait fallu que j'ai cette photo, ça avait été un besoin viscéral.

Et j'étais là, stupide créature, au fond des bois, la photo de Bella dans ma main. Ce portrait ne lui rendait pas justice, mais je réalisais que la beauté naturelle de son visage me subjuguait. C'était d'autant plus facile de l'observer que son odeur ne me perturbait pas. Je détaillais ses lèvres charnues, ses grands yeux, son nez fin, ses pommettes rose et son teint de porcelaine. Un sourire béat s'étendait sur mes lèvres. J'avais vraiment un sérieux problème. La folie existait-elle chez les vampires ?

Je rangeais la photo, je savais au moins une chose : il fallait que je reste éloigné d'elle. Et même si elle ne quittait jamais mes pensées. Ce portrait resterait mon seul lien avec elle.

Je décidais alors de sortir de ma torpeur. Je n'avais pas donné signe de vie à ma famille depuis mon départ. Mon portable était éteins et de toute façon il n'aurait pas capté tant je m'étais éloigné de toute civilisation.

Je savais maintenant que je ne trouverais plus le repos de toute mon éternité. Même s'ils me rappelaient Forks, les seuls qui pouvaient m'aider à poursuivre ma morne existence étaient ma famille. Et je ne pouvais pas les abandonner, je savais qu'ils en souffraient.

Je passais quelques jours de plus à me nourrir pour reprendre des forces, puis me rapprochait d'une ville afin de les contacter.

Mon portable était saturé de messages. Je ne pris pas la peine de les lire ou de les écouter. Je savais qu'ils ne seraient qu'inquiétude et colère face à mon silence.

J'appelais le numéro de Carlisle. Je voulais discuter avec lui. Il était notre père mais surtout le chef de notre clan. C'était lui qui déciderait ou non de me rejoindre pour entamer une nouvelle vie loin de Forks.

- Edward.

Je percevais le soulagement dans sa voix.

- Carlisle, je suis désolé, il fallait que je réfléchisse. Je n'étais pas prêt avant.

- Nous étions inquiets mais Alice nous a rassurés quant à ta survie. Elle savait que tu appellerais.

- Ecoute, je ne peux pas revenir, il faut que nous discutions, je sais que c'est prématuré pour vous de quitter Forks, mais peut-être à la fin de l'année scolaire…

- Nous sommes prêts, m'interrompit Carlisle, Alice a enfin eu une vision claire de tes intentions ces derniers jours. Tes frères et sœurs ont quittés le lycée. J'ai donné ma démission à l'hôpital. Officiellement j'ai eu un pont d'or pour un poste en Californie avec le manque de soleil d'Esmée, tu te doutes que nous n'avons pas pu refuser !

- Ça va sans dire, ricanais-je.

- Nous sommes en train d'effacer les dernières traces de notre présence, nous fermons la villa et nous partons pour le Maine. Esmée avait acheté une maison près de Rockwood en prévision d'un futur déménagement.

Le Maine, totalement à l'est des États-Unis. Un état parsemé de denses forêts dont le climat n'a rien à envier à celui de Forks. C'était la solution idéale pour ma famille et mon problème avec l'état de Washington.

- C'est parfait, je vous remercie tous de faire ça pour moi. Je ne le mérite pas.

- Nous sommes une famille, donc solidaire. Mais si tu veux soulager ta conscience, la mauvaise humeur de certaines d'entre nous méritera toute ton attention pour te faire pardonner !

Alice et Rosalie, je savais que chacune pour leurs raisons allaient me le faire payer.

Alice et ses visions d'un avenir idéaliste pour moi à Forks, déçue que j'abandonne. Et Rosalie qui allait enfin finir le lycée et devrait recommencer dans un nouvel État. En effet, plus nous arrivions « jeunes » plus nous pouvions rester longtemps. Rosalie détestait ça mais elle détestait par dessus tout que je perturbe l'équilibre familiale. Surtout pour une simple humaine. J'étais résigné, elles seraient ma croix pour les prochaines années.

- J'aurais tout le temps de me confondre en excuses.

- Veux tu que l'on te prenne quelque part ?

- Non je préfère faire le chemin seul, je vous retrouverais là bas. Je crois qu'un moment supplémentaire de solitude ne sera pas de trop avant d'affronter mes sœurs.

- C'est peu dire, rit Carlisle. Prends soins de toi. A bientôt.

- A bientôt.

Je raccrochais. J'étais partagé entre le soulagement apporté par le nouveau foyer qui m'attendait et un puissant déchirement de m'éloigner définitivement de Forks.

Mais je m'étais fait la promesse de résister. Et j'allais la tenir grâce aux membres de ma seule et unique famille.

Je m'éloignais alors de la ville. Après ces quelques jours dans les bois, mes vêtements étaient sales et déchirés par endroit. J'allais donc rejoindre le Maine à pied en évitant de croiser la route des humains. Je pourrais me nourrir des animaux rencontrés pour terminer de retrouver mes forces. Une fois dans les parages de Rockwood, l'odeur et les pensées de mon clan me guideraient à bon port.


Le Maine n'a qu'à bien se tenir, les Vampires de Twilight sont dans la place ! Stephen King qui peut pas encadrer Stephenie Meyer en a des sueurs froides !

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Ok je sors !

Edward, Edward, attends moi ! Et laisse des écureuils à Emmett, sinon il est grognon quand il a pas ses amuse-gueules !