Pfiouuu ! Me revoilà, j'ai un peu la gueule de bois. Je sais pas si vous connaissez les apéros écureuils avec la famille Cullen ? C'est sanglant c'est le moins qu'on puisse dire.

Allez, si vous êtes sages je vous amènerais avec moi la prochaine fois !

Il va sans dire que Elo-didie et Yalala, nominées dans la catégorie « revieweuse la plus rapide de France », ont leurs passes VIP qui les attendent au chaud !

Et que vois-je dans mon rétroviseur ? Les reflets métallisés d'une Volvo grise, ah non encore mieux ce sont vos scintillantes reviews ! ca fait vraiment plaisir, merci, merci, merci.

Ah, Môssieur Edward me fait dire que maintenant il roule en 4x4 Volvo noir ! (vive le marketing…).

Flashback un jour, flashback toujours … On continue. La team Edward va m'en vouloir à la fin du POV Bella, mais on pouvait pas y échapper ! Vous verrez on se vengera plus tard (niarc, niarc…).

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer

Bonne lecture


Chapitre 3 : …mais pas sans heurts

POV Bella

Nous nous rapprochions dangereusement du bal de fin d'année. Evènement hautement infréquentable pour une maladroite comme moi. Je refusais à tour de rôle les invitations de Mike et Eric prétextant un week-end de famille en Floride.

Une fois les ardeurs de mes collègues masculins apaisées, j'essayais de m'intéresser aux préparatifs d'Angela et Jessica. Je tentais toujours de faire bonne figure et de me faire passer pour une fille normale. Je décidais donc de les accompagner à Port Angeles pour choisir leurs tenues, ce qui me permettrait de faire un tour dans une librairie digne de ce nom.

Le jour venu, nous nous rendions à Port Angeles après les cours. Les essayages furent pénibles mais je résistais et les filles en échange tenaient absolument à m'accompagner dans la librairie. Je n'avais donc aucune excuse pour échapper à cet enfer qu'étaient les magasins de fringues pour moi.

Une fois leurs achats dans la voiture de Jessica, Angela et elle me suivirent dans les dédales de rues de Port Angeles. J'avais imprimé le plan de la librairie sur Internet mais mon légendaire sens de l'orientation m'avait encore une fois joué des tours.

Je réalisais que nous étions perdues quand quatre jeunes hommes nous croisèrent et commencèrent à nous faire des avances peu subtiles. Nous tentions de continuer en accélérant le pas, mais nous nous enfoncions encore plus dans des rues lugubres et vides de toute présence humaine.

La panique commençait à nous gagner quand nous fumes bloquées par un cul de sac. Tout s'accéléra, le plus grand de nos poursuivants saisie le bras d'Angela la tirant à lui, les trois autres se dirigeaient vers Jessica et moi, je reculais et senti le mur contre mon dos. Je jetais un coup d'œil à Jessica qui voyant une ouverture devant elle, se mit à courir. Nos poursuivants réagir avec trop de retard, celui qui paraissait être le meneur envoya l'un d'entre eux à sa poursuite. J'entendais Jessica s'éloigner en appelant à l'aide. Je priais pour qu'elle trouve quelqu'un avant qu'il la rattrape.

J'étais maintenant nez à nez avec leur chef. Il s'avança à quelques millimètres de mon visage, je sentis son souffle chargé de vapeur d'alcool quand il me parla de sa voix sadique :

- Alors poupée, toi au moins tu restes avec nous ! Ca tombe bien tu es vraiment la plus jolie des trois. On va s'amuser avec toi et ta copine. Avec un peu de chance Max nous ramènera la fuyarde. C'est soir de fête pour nous !

Je tremblais de peur contre le mur et me préparais à le frapper, je n'avais aucune autre solution. Angela était plaquée dos contre le torse de son agresseur qui lui bâillonnait fermement la bouche avec sa main et maintenait ses bras avec l'autre. Je voyais ses yeux exorbités par la peur.

Le meneur s'approcha encore plus de moi, glissa sa main dans mes cheveux et tenta de m'embrasser. Je le frappais alors de toutes mes pauvres forces au visage.

Il me lâcha et recula d'un pas. Il partit alors d'un rire sinistre.

- Salope, je vais t'apprendre la politesse ! dit-il en m'assenant une énorme gifle.

Je mis ma main au visage, et me recroquevillais au sol en sanglotant de douleur.

- Je vais te mater tu vas voir ! J'adore qu'on me résiste ça m'excite ! Continue comme ça petite garce ! dit-il en s'agenouillant devant moi.

Il empoigna mes cheveux pour m'obliger à me relever. Je m'exécutais forcée par la douleur. Je me débattais et il me gifla une nouvelle fois. Il attrapa mes poignets et les bloqua d'une main au dessus de ma tête. J'étais coincée par le mur et je sentais son haleine écœurante contre mon visage. Avec son autre main il déchira les boutons de mon chemisier.

- Je vous en supplie laissez nous partir ! dis-je d'une voix sanglotante.

- Tu rêves chérie.

- S'il vous plait !

- S'il vous plait me singea-t-il d'une petite voix.

J'entendis les ricanements de ses deux acolytes.

J'étais terrorisée à l'idée de ce qu'ils allaient me faire et savoir qu'Angela allait y assister avant de subir le même sort était insupportable. Tout ça était de ma faute, c'est moi qui les avais entrainées à me suivre. J'étais une vraie calamité pour mes amies.

Tout à coup un bruit de sirène se rapprochant figea la scène. Des phares apparurent au bout de la rue ainsi que les lumières bleues et rouges des gyrophares.

Mon agresseur me lâcha d'un coup et je tombais au sol incapable de rester debout tellement mes jambes tremblaient. J'entendis des bruits de fuite et deux bras se refermèrent sur moi. Je sursautais jusqu'à ce que la douce voix d'Angela me rassure.

- C'est moi Bella, est ce que ça va ? Tu as quelque chose de cassé ?

- Non, non ça va, suis juste morte de trouille et toi Angela ?

- Angela, Bella, oh mon Dieu Bella qu'est ce qu'ils t'ont fais ? cria Jessica en nous rejoignant. J'ai couru aussi vite que j'ai pu et par miracle je suis tombée sur une patrouille de police le temps de les arrêter et de retrouver la rue !

- Merci Jessica sans toi je ne sais pas ou nous serions.

A mon grand étonnement je vouais une reconnaissance éternelle à Jessica.

Des policiers nous rejoignirent et nous emmenèrent au poste pour prendre nos dépositions. Nos quatre agresseurs avaient été arrêtés par une autre patrouille.

Mon père que j'avais appelé vins nous chercher et s'arrangea pour qu'on nous libère rapidement. Angela et Jessica nous suivirent jusqu'à Forks avec la voiture de cette dernière.

Mon père était très agité. Il va sans dire que je n'étais pas prête de pouvoir ressortir du périmètre de Forks une fois la nuit tombée. Mais pour le moment j'étais vaccinée des sorties nocturnes.

Je le rassurais et prétextais la fatigue post-traumatique pour aller me coucher. Je pris une longue douche. J'avais l'impression d'être sale. En me regardant dans la glace je vis qu'un bleu s'était formé sur mon visage suite aux coups de mon agresseur. Je comprenais alors la réaction de Jessica à ma vue lorsqu'elle nous avait retrouvées.

J'allais dans ma chambre et vérifiais que toutes les fenêtres étaient fermées. J'avais envie de me blottir sur une épaule solide et de me confier à quelqu'un. Mon père, peu bavard et démonstratif, ne me serait pas d'un grand secours. Et puis je n'avais pas besoin d'en rajouter, il était aussi traumatisé que moi pour l'instant.

Sur un coup de tête je pris mon portable et composais le numéro des Black. Il n'était que 21h00, encore une heure décente pour appeler. Je fus instantanément soulagée en entendant la voix joyeuse de Jacob au bout du fil.

- Jacob Black bonsoir

- Jacob, c'est Bella.

J'avais beau essayer de me contrôler ma voix était chevrotante.

- Bella, ça va ? T'as une toute petite voix.

- T'inquiètes je te raconterais ça plus tard. Écoutes ça serait possible qu'on fasse un truc ensemble demain, j'ai besoin de me changer les idées.

Jacob mis plusieurs secondes à répondre.

- …ok si tu veux, et ben tu vois tu acceptes enfin un rencard avec moi !

- Ce n'est pas un rencard Jack, j'ai juste besoin de passer du temps avec un ami.

Mon ton avait été plus sévère que je ne l'aurais souhaité.

- Ok, je blaguais Bella, pas la peine de monter sur tes grands chevaux ! Je suis ton homme ! Je te propose de passer te prendre et de faire une petite ballade avec pique nique dans notre belle forêt.

- Moi, marcher et forêt, c'est trois mots qu'il ne faut pas mettre dans la même phrase !

- Oh allez Bella, il va faire super beau, tu verras on va y aller tranquille, je te ferai découvrir la faune et la flore, je suis un spécialiste, pour une super bonne élève en bio comme toi ça va être super !

Je ne répondais pas me demandant si après ce soir, aller crapahuter dans la forêt et risquer mille chutes et autres tracas était une bonne idée.

- S'il te plait Bella tu vas adorer je te jure !

Je cédais à ses supplications, après tout c'est moi qui l'avais appelé et ça lui faisait vraiment plaisir. Et puis ça serait toujours un plus pour les cours de bio de connaître un peu plus mon environnement local.

- Ok Jack, mais tu seras responsable si je me casse une jambe, si je me fais attaquer par une bestiole, si on se perd ou si….

- Oh la ! Stop Bella, comment veux tu te perdre avec le descendant d'une des plus vielle famille Quileute. Je te protégerais ! T'inquiètes miss catastrophe ! Je passe te prendre à 10h00 demain matin. Ok ?

- Ok, merci Jack, bonne nuit.

- Bonne nuit Bella, me dit il d'une voix douce avant de raccrocher.

Je me couchais et m'endormais sans trop de difficultés apaisée par ma conversation avec Jacob.

C'est ainsi que je me mis à fréquenter Jacob de plus en plus souvent. Cette première randonnée avait été à ma grande surprise une vraie révélation pour moi. J'adorais marcher dans le silence seule avec mes pensées, me concentrer sur mes pas, admirer le paysage.

Les premières fois, je trébuchais sur la moindre racine d'arbre. Mais Jacob me rattrapait à temps. Avec l'habitude, mes pas furent de plus en plus assurés, j'avais même l'impression que c'était la seule activité dans laquelle je perdais un peu de ma gaucherie.

Jacob était un vrai spécialiste des écosystèmes locaux. L'écouter et le voir chercher une plante ou un animal et me le faire découvrir étaient passionnant.

Je finis par m'équiper d'une tenue et de chaussures adéquates chez les parents de Mike qui tenaient un magasin d'équipement de randonnées à Forks. Mike tenta bien de me tripoter en me faisant essayer des chaussures. Mais le regard noir de Jacob qui m'avait accompagné le dissuada d'aller plus loin.

Je devenais de plus en plus dépendante de la présence de Jacob, il était un vrai rayon de soleil pour moi. J'avais l'impression que tout était quasiment en ordre dans ma vie quand il était là.

La soirée à Port Angeles ne fut bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Je m'étais confié à Jacob qui avait été d'un grand réconfort. Nos agresseurs avait été jugés et condamnés. L'un d'entre eux était recherché dans plusieurs états pour viol et homicide. Nous avions donc échappé au pire

L'équilibre que j'avais alors trouvé dans ma vie était plus précaire que je ne l'imaginais. Il fut interrompu par des attaques d'animaux sauvages sur des randonneurs et des chasseurs. Les gens parlaient d'un ours. Mon père et Billy nous interdisaient alors formellement de continuer nos randonnées.

Je ne me voyais pas rester en tête à tête avec Jacob chez lui ou chez moi. Mais il suivait les ordres de son père à la lettre. Il refusait de quitter la réserve à l'exception des moments qu'il passait chez moi.

J'avais donc pris l'habitude de le rejoindre dans son atelier de mécanique improvisé dans le jardin des Black. Nous passions des heures à discuter pendant qu'il retapait sa Volkswagen. J'avais baissé ma garde. Pour ma défense il me faisait un bien fou, j'avais le sentiment d'être insouciante avec lui. C'était exactement ce que je cherchais.

Tout a basculé un soir ou Charlie était venu partager le repas des Black en ma compagnie. A la fin du repas, Jacob et moi, nous étions éclipsés pour admirer le coucher du soleil sur la plage.

La vue était magnifique. Le disque orangé avait déjà plongé de moitié dans l'océan. Pour une fois le ciel était dégagé et se teintait de toutes les nuances allant du jaune au rouge. De chaque côté l'obscurité envahissait le ciel et les premières étoiles étaient visibles.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu de tel spectacle. Je réalisais que les couchers de soleil sur le désert à Phoenix me manquaient.

Jacob respecta mon silence et nous avons regardé le soleil disparaître totalement derrière la ligne d'horizon, assis dans le sable l'un à côté de l'autre.

Comme toujours au crépuscule, ma sensation de manque me tenaillait plus qu'à tout autre moment de la journée. Comme un trou dans la poitrine il semblait s'agrandir. J'avais l'impression d'être entre deux mondes, le jour et la nuit.

Je ne pu réprimer un frisson. Jacob l'interpréta comme une réaction au froid apporté par l'obscurité et le sable. Je le sentis plus que je le vis enlever son sweat et le placer sur mes épaules. Il laissa son bras sur moi et m'attira à lui pour me faire partager sa chaleur.

Un instant le vide se fit en moi et c'est un soupir de contentement qui m'échappa. Jacob était tellement chaleureux dans tout les sens du terme.

Encore une fois ma réaction n'était pas passée inaperçue. Jacob saisi alors délicatement mon menton dans sa grande main et tourna mon visage vers le sien. Je vis alors ses yeux dans la presque obscurité, ils étaient remplis d'interrogation, comme s'il me demandait une autorisation.

J'abandonnais. Après tout c'était peut-être la solution à tout ce mal être qui ne me quittait pas. Jacob était mon meilleur ami, mais c'était aussi un jeune homme très séduisant. J'avais le droit à ma part de bonheur, j'avais 17 ans et j'avais besoin d'être aimée.

Je fermais les yeux et Jacob y vis un consentement. Je sentis son souffle mélange d'odeurs boisées. Ses lèvres entrèrent en contact avec les miennes, c'était doux et chaud à la fois. Il prolongea le baiser. Sa langue vint tendrement caresser ma lèvre inférieure. Je lui laissais libre accès à ma bouche. Sa langue entra lentement en contact avec la mienne, puis se fit plus assurée, envahissant ma bouche, s'enroulant avec la mienne, me goûtant et m'invitant à le goûter. Sa main avait quitté mon menton et avait rejoins la deuxième sur mes hanches. J'avais passé mes deux mains autour de sa nuque, enfonçant mes doigts dans sa longue chevelure. Poussée par l'instinct je m'étais mise à genoux face à Jacob et je me trouvais maintenant entre ses deux jambes collée contre son torse.

Nous nous détachâmes l'un de l'autre à bout de souffle. Je retombais sur mes fesses toujours entre ses jambes. Je baissais la tête par réflexe même si je savais que dans l'obscurité il ne pouvait distinguer la rougeur de mes joues.

- Bella ? me dit-il doucement.

- Oui ? chuchotais-je.

- Je…je ne voulais pas faire quelque chose dont tu n'as pas envie.

- Non, non , tout va bien. C'est juste que c'est si soudain, je ne m'y attendais pas.

- Ben oui je voulais te faire la surprise, ça fait 3 semaines que je planifie chaque geste de cette soirée ! Je te l'avoue le coucher de soleil m'a donné du fil à retorde !

Il était hilare. Je le remerciais intérieurement de ramener un peu de légèreté entre nous. Il avait un réel talent pour dédramatiser les choses.

- Idiot ! dis-je en le frappant sur l'épaule, me causant plus de douleur dans la main qu'il n'avait du en ressentir.

- Mademoiselle, on ne traite pas d'idiot et on ne frappe pas, le magnifique Quileute qui vient juste de vous embrasser devant le coucher de soleil !

L'embarras était de nouveau là. En fait il avait également le don de dire ce qui ne fallait pas au mauvais moment ! C'était donc à moi de sauver la situation cette fois.

- Bon, je crois qu'il faut rentrer. Charlie doit m'attendre et il y a cours demain.

- Ah ces premiers de classe, toujours à vous ramener devant votre triste réalité.

Nous nous levions et partirent en direction de la maison des Black. Je sentais Jacob tendu à côté de moi sans doute plein d'interrogation sur ce qui s'était passé. Je décidais de le rassurer, après tout j'y étais aussi pour quelque chose. Je ne savais pas ce que serait la suite mais je décidais de vivre l'instant présent. Je glissais ma main dans la sienne. Il se détendit instantanément à mon contact et resserra sa main autour de la mienne. Arrivée en vu de sa maison, il s'arrêta et se tourna vers moi. Un sourire étalé sur son visage, il se pencha et déposa un léger baiser sur mes lèvres.

- Je te dis au revoir avant que nous ayons des spectateurs !

Nos mains se détachèrent avant de rentrer dans la maison. Quelques instants plus tard Charlie et moi repartions dans ma Chevrolet. J'étais pensive. Mais j'avais décidé de ne pas me torturer ce soir. Une fois dans mon lit c'est le souvenir agréable des sensations provoquées par le baiser qui m'aida à sombrer dans le sommeil.

POV Edward

J'étais enfin arrivé à Rockwood. Ils étaient tous là à m'attendre entre soulagement pour les uns et colère pour les autres.

Je pénétrais dans le hall d'entrée. Esmée fut la plus démonstrative comme à son habitude. Carlisle bien que soulagé était d'un calme inhabituel, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ses pensées me rappelaient sans cesse que j'avais fait le bon choix et que la vie me guiderait vers mon destin de toute façon.

Emmett dans sa simplicité déconcertante m'avait assené une claque dans le dos.

« Content de te revoir frérot ! Je commençais à m'ennuyer avec Jasper ! Il se débrouille toujours pour que je sois doux comme un agneau avec son foutu pouvoir dès que j'ai envie de me marrer un peu ! »

- Content de te servir à nouveau de jouet Emmett !

- Un conseil méfies toi de Rose, elle rêve de botter tes jolies petites fesses ! dit-il à voix haute.

- Je savais bien que mon magnifique postérieur t'avais manqué, répondis je sarcastique. Merci du conseil !

Rosalie était cachée dans le garage sans doute sous le capot de sa voiture. Mais ses pensées venimeuses me percutaient sans discontinuer. « Egoïste », « Lâche », « Petit chéri à son papa», « s'il croit que je vais lui pardonner comme ça ! ». Je n'avais pas fini de l'entendre.

Jasper me gratifia d'un simple sourire et m'envoya une onde de calme. Je savais qu'il ressentait ma tension face aux réactions des miens.

Il laissa place à Alice. La plus proche de moi dans la famille, ma confidente. Celle avec qui je pouvais échanger sans un mot à l'aide de nos pouvoirs. C'était aussi celle qui me connaissait le mieux. Avec ses visions et son optimisme, elle ne voyait pas mes décisions du bon œil.

Immédiatement elle me submergea de vision ou elle me voyait retourner à Forks. Le plus dur pour moi fut la vue de Bella en pleine discussion avec moi. Je me pliais en deux comme si une douleur insoutenable m'avait transpercée. Son souvenir était une chose, mais cette vision quasiment indiscernable de la réalité ou elle bougeait et souriait, me souriais. C'était plus que je ne pouvais supporter.

Jasper qui avait perçu mes émotions arrêta Alice.

- Alice laisse le !

- Il doit considérer les autres options, rétorqua-t-elle.

- Lili, c'est pas le moment, laisses le revenir parmi nous. Tu auras tout le temps de lui faire valoir tes arguments plus tard.

- Ok, ok, bienvenu à Rockwood chère frère. Mais saches que tu ne perds rien pour attendre.

Elle fit demi-tour et s'éloigna de sa démarche sautillante. Dans son esprit tournoyaient les bribes de la conversation qu'elle ne m'épargnerait pas.

Jasper m'adressa un regard compatissant avant de la suivre. « Désolé, je vais essayer de la calmer ».

Après ces retrouvailles mouvementées, je m'installais dans notre nouvelle maison. C'était une imposante demeure de style victorien, blanche, flanquée d'une tourelle. Comme à son habitude Esmée m'avait attribué la chambre du dernier étage. Mon mobilier, mes livres et mes CD m'attendaient comme si j'avais toujours vécu là.

Les jours suivants, toute le monde rentra dans son rôle de la famille parfaite ayant retrouvé le fils prodigue. Seules les pensées que Rosalie se faisait un plaisir de me faire partager détonnaient dans ce tableau idyllique.

Ca aurait été pathétique si je n'avais pas connu leurs intentions. Je savais qu'Esmée et Carlisle avaient briefé tous le monde afin de me laisser ma chance et que tous nous commencions une nouvelle vie dans ce lieu.

J'essayais tant bien que mal de rentrer dans leur jeu. Pourtant ça avait été un choc pour moi de me retrouver en contact d'esprits humains, d'à nouveau entendre les pensées des uns et des autres, de refaire la différence entre ce qui était exprimé à voix haute et les pensées.

J'avais finis par retrouver mes habitudes, j'occultais les pensées quand je pouvais. Les gardant comme un bruit de fond de mon quotidien. Certain jour je partais et je remontais vers le Nord du Canada afin de retrouver le calme loin de la civilisation.

Mais inexorablement le souvenir de Bella revenait en force dans ces moments ou rien ne venait perturber mon esprit obstiné. C'était de plus en plus déchirant pour moi de penser à elle. Je n'arrivais pas à expliquer ce phénomène et ca ne faisait qu'ajouter à ma frustration.

Nous nous étions à nouveau inscrits dans un lycée. Alice et moi étions en première tandis que Rosalie, Emmett et Jasper, plus âgés étaient en terminale. C'était un éternel recommencement. La nouveauté doublée de l'étrangeté de notre famille faisait de nous le centre de l'attention. Les rumeurs sur nos mœurs provoquées par les couples de mes frères et sœurs allaient bon train.

« Oh putain ce mec je vais le bouffer tout cru », « je suis sure qu'il m'a vu, avec un décolleté pareille il ne peut pas me louper ! », « il est peut-être timide, si je fais le premier pas ! », « oh mon dieu faite qu'il s'assoit à coté de moi, je vous en supplie ». Toutes ces pensées accompagnaient mes allées et venues dans le lycée.

Certains cours étaient assourdis par les fantasmes de mes voisines de classe. Emmett aurait sûrement apprécié, mais je n'éprouvais que du dégoût.

Chez les garçons je provoquais plus un mélange de « crétin », « il se prend pour qui se mec avec ses cheveux de mannequin l'Oréal » et « qu'il retourne d'ou il vient ».

J'avais l'impression d'être entouré des clones de Mike Newton et Jessica Stanley.

A force d'éviter les autres élèves et d'avoir repoussé les plus téméraires d'entre eux qui voulaient nous inviter à sortir, le vide se fit autour de nous. Ils avaient inconsciemment compris de ne pas nous approcher. Leurs instincts les plus primaires leur dictaient de fuir au plus vite. Et nous faisions notre possible pour maintenir cet état de fait.

La routine était devenue mon refuge. Entre les journées de cours et mes nuits en forêt je ne croisais ma famille que pour les salutations d'usage. A dire vrai j'évitais Alice bien que je savais notre affrontement inéluctable.

Elle profita d'une journée ensoleillée ou nous avions du nous absenter du lycée. Tout le monde était partit chasser et elle prétexta une séance de shopping pour ne pas se joindre à eux. J'avais moi même chassé toute la nuit et avait décidé d'errer dans la maison enfin calme pour une journée.

C'était oublier ce petit diablotin brun. Elle était là au milieu du salon ses deux poings sur les hanches et elle me fixait de son air déterminé.

« Cette fois tu ne m'échapperas pas Edward, personne ne viendra sauver ta peau ! »

- Salut Alice, moi aussi je suis heureux de te voir !

- Je ne plaisante pas, tu crois que Rosalie est fâchée contre toi, mais ça va passer une fois qu'elle se sera fait une raison. Moi par contre je t'en veux car tu m'as beaucoup déçue.

- Désolée maman ! dis je sarcastiquement.

- Oh arrêtes s'il te plait ! Grandis enfin ! Ta vie était en passe de changer et tu fuis comme un trouillard !

Elle m'assena à nouveau une vision de Bella en ma compagnie.

- Arrêtes ça tout de suite Alice ! Je n'ai fait que la sauver, et vous aussi par la même occasion. Et même si ça compte peu pour toi, j'ai préservé mes principes. Je refuse de tuer un humain à nouveau ! Je ne laisserais pas le monstre en moi avoir le dessus.

- Je ne te reconnais plus ! Tu aurais résisté je l'ai vu ! Tu es bien plus fort que tu le crois ! Pourquoi tu n'es pas venu me parler, je t'aurais aidé, soutenu. Tu comptes tellement pour moi, j'ai tellement envie que tu sois heureux.

Sa voix s'était adoucie, elle tendait maintenant les bras vers moi. Mais elle ne pouvait bloquer ses visions.

- Tout le monde n'a pas à se plier à tes visions ! Chacun son libre arbitre ! Ce que tu vois n'est qu'une possibilité parmi des milliers bien plus sanglantes, je te le promets ! Et qui te dis que je ne suis pas heureux ! Je suis toujours le même il va falloir t'y faire.

- Non Edward, tu n'es plus le même, ta vie a pris un tournant.

Sa voix était devenue grave.

- Arrête Alice je t'en supplie, c'est déjà assez dur comme ça sans que tu t'en mêles ! Ma décision est prise et irrévocable. Tu es la dernière à ne pas l'accepter.

Mes propos réveillèrent sa colère.

- Mais tu ne comprends donc pas ce qu'elle est pour toi ? Tu ne comprends pas que ça ne te lâchera jamais et qu'il faudra que tu y retournes ?

- Non jamais ! Tu entends, jamais ! C'est fini, tu peux faire une croix sur tes délires d'adolescente romantique ! Sois tu acceptes ça, sois … Sois j'en sais rien mais fais toi une raison.

Je vis la vision en même temps qu'elle : je m'en allais en courant par la baie vitrée derrière moi.

- Enfin une vision juste et cohérente. Merci de m'avoir fait part de tes états d'âmes. Je ne pense pas que tu vas m'aimer dans les prochaines années, mais je souhaiterai vraiment que nous fassions la paix ! Sur ces bonnes paroles je vais prendre l'air. A plus !

« Pour que nous fassions la paix il faudrait déjà que tu la fasses avec toi même petit frère. Je suis là si tu as besoin. Et tu vas en avoir besoin, crois moi ! ». Ses pensées étaient accompagnées d'une vision de nous deux en pleine conversation.

Je ne pus retenir un grognement d'agacement en franchissant la baie vitrée et en accélérant l'allure vers les sous-bois. Comment pouvais-je à la fois autant l'aimer que la maudire !

Tout simplement car elle avait raison. Même si je ne voulais pas me rendre à l'évidence. Savoir qu'elle voyait si clair en moi était insupportable. J'aurais tant aimé me confier mais je savais que si je le faisais j'abandonnerais, je deviendrais le lâche qu'elle me reprochait d'être à l'instant. J'espérais que le temps me donnerait raison. « Qu'il est facile de se duper soi même… »


Ici pour le fan club d'Alice !

Appuyer sur le bouton vert si vous voulez qu'Alice continue à harceler Edward !

Et sinon, ben, je marrie Bella avec Mike (niarc, niarc !) (je suis trop forte en rire de Dark Vador)