Allez, on continue le flashback, et oui ils ne vont pas s'en tirer comme ça les cocos. Ça va chauffer maintenant !
Mes plus chaleureux remerciements au fan club d'Alice (= vos reviews), je vais faire en sorte qu'elle continue à cuisiner Edward !
Un merci spécial à celles à qui je ne peux pas répondre car elles n'ont pas de compte mais sont fidèles au poste j'ai nommé : Chatana et Fan2manga.
Et promis à ma diabolique revieweuse Aliecullen4ever, je ne marierai pas Bella et Mike…(je tremble de peur !)
Quoi que, si nous n'atteignions pas un nombre conséquent de reviews à la fin de ce chapitre je vais devoir commettre un acte irréfléchi pour sauver mon honneur bafoué !
Ah oui, je vous précise que mes principes moraux m'interdisent bien sûr de pratiquer le chantage ! Et il ya a pas plus morale que moi surtout quand je pense à Rob (la chemise entrouverte, nonchalamment appuyé sur un mur, le sourire en coin, le regard émeraude…bave -)). Si, si, je vous jure un esprit pur dans un corps sain !
Alors pitié ne me faites pas tomber du côté obscur de la force !
Si ça vous tente, la musique qui m'a accompagnée pour ce chapitre : « Still », « On The Mend » et « In your honor » des Foo Fighters pour le POV Bella et « Mayonaise » des Smashing Pumpkins pour le POV EDward
Je vous laisse lire en paix !
Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer
Chapitre 4 : le voile se lève…
POV Bella
Je me réveillais en sursaut. Tout me revint d'un coup, la soirée, le coucher de soleil, le baiser…
Comment les choses pouvaient-elles être si évidentes et simples la nuit, guidée par l'instinct et si cruellement pitoyable à la lumière du matin. Je n'avais jamais été une incurable romantique, mais la scène d'hier soir aurait dû être parfaite.
Pourtant ce matin je n'étais qu'hésitation, ce baiser avait été agréable, je ne pouvais nier la beauté physique de Jacob et c'était mon meilleur ami, ou peut-être devrais-je dire « mais » c'était mon meilleur ami.
Car il y avait un mais. Je pensais vraiment que l'amour avait une autre dimension. Mon premier baiser aurait du être une évidence, pourquoi être assaillie de doute le lendemain matin ? Pourquoi ne me pâmais je pas d'amour pour lui, frémissant en pensant à notre prochain baiser ? Peut être fallait-il attendre pour que les sentiments soit plus fort ? Peut-être l'amour ne venait qu'avec le temps et la pratique ? Le coup de foudre était sans doute une vaste supercherie et d'ailleurs qu'était réellement l'Amour à part un sentiment inventé pour les romans et les films à l'eau de rose ?
Toujours était-il que je me sentais horriblement gênée à l'idée de recroiser Jacob. Et ça je savais que ce n'étais pas normal pour envisager une relation amoureuse.
Je replongeais alors rageusement le visage dans l'oreiller. Mais le sommeil ne reviendrait pas, et les cours m'attendaient. Il allait falloir que je l'affronte.
La journée s'écoula trop rapidement à mon gout. J'appréhendais l'heure de retour à la maison et l'hypothétique appel de Jacob.
Je demandais alors à Angela de la rejoindre chez elle pour travailler sur notre dissertation de littérature. Elle était ravie et me proposa de manger chez elle. Je m'empressais d'accepter calculant que ça me ferait rentrer assez tard pour éviter les appels téléphoniques.
C'était juste repousser l'échéance un peu plus loin, car le lendemain nous étions samedi et il me serait difficile de trouver des activités qui m'éloigneraient de lui.
La soirée avec Angela fut agréable, l'agitation joyeuse qui accompagna le diner avec sa famille me permis de penser à autre chose.
Quand je remontais finalement dans ma voiture le silence pesait sur mes épaules. Je poussais le bouton du volume de la radio mais la culpabilité de mon attitude envers Jacob était trop présente. Je réfléchissais en roulant quand l'idée la plus lâche qu'il m'est été donnée d'avoir me traversa l'esprit.
Puisque qu'il refusait de reprendre les randonnées, j'allais me permettre une petite ballade en solitaire demain. Ça me permettrait de réfléchir et de me mettre les idées au clair. Dimanche serait bien assez tôt pour avoir une discussion avec lui. Après tout j'irais sur un sentier proche de la ville. Avec tous les chasseurs qu'il avait aux trousses, ce fameux ours devait s'être suffisamment éloigné.
Je trouvais Charlie devant un match de football.
- C'est moi papa, je suis rentrée de chez Angela ! Je vais me coucher.
- Ah, bien, salut toi !
Apparemment il était occupé. Je posais mon pied sur la première marche quand Charlie me héla.
- Au fait Jacob a appelé trois fois. J'ai eu beau lui dire que tu rentrerais tard il a insisté pour te parler à ton retour.
- Je suis crevée, je l'appellerai demain et de toute façon j'irai le voir dimanche.
- C'est toi qui vois. Ne t'étonnes pas si tu ne me vois pas demain matin, je pars tôt à la pêche avec Harry et Billy.
- Ok, bonne nuit papa.
- Bonne nuit Bells.
Je montais me coucher, soulagée des projets de mon père. J'aurais le terrain libre demain pour vaquer à mes occupations. Une fois dans mon lit je me retournais dans tout les sens. Je ne voulais pas penser, je réservais ça à la journée de demain.
Je pris mon Ipod et lançais la musique le plus fort que mes tympans pouvaient supporter. Je chantais intérieurement les paroles jusqu'à trouver le sommeil.
Quand je me réveillais, j'étais vaseuse. J'avais mal au crâne. Il était tôt mais je savais qu'encore une fois le sommeil ne reviendrait pas et j'étais déterminée à poursuivre mes projets.
Le temps était couvert, mais la pluie ne semblait pas menacer. Je pris un petit déjeuner copieux et glissais des barres de céréales et une bouteille d'eau dans mon sac à dos. J'enfilais une tenue légère mais qui recouvrait la peau de mes bras et de mes jambes. Pas la peine de me faire remarquer par Charlie avec des égratignures.
J'avais repéré sur la carte un sentier balisé à la sortie de Forks qui suivait un ruisseau jusqu'à une colline sur laquelle la vue sur la ville devait être intéressante. Je me rendis à l'entrée du chemin et garais ma voiture en retrait de la route. Je ne souhaitais pas qu'elle donne envie à d'autres marcheurs d'emprunter le même chemin et par dessus tout je ne voulais pas qu'une connaissance la remarque et en parle à Charlie.
Je m'élançais d'un pas assuré dans le sentier. Le balisage doublée de la carte, que Jacob avait passé des heures à m'apprendre à lire, m'assuraient de ne pas me perdre.
J'étais concentrée sur mes pas. Je m'attardais parfois sur des plantes ou des animaux que Jacob m'avaient montrés les semaines passées.
Au bout de deux heures le sommet de la colline fut en vu. Une fois en haut je m'assis dans l'herbe pour profiter du panorama. Je sortis les jumelles de Charlie que j'avais eu la bonne idée de prendre avec moi. La ville de Forks s'étendait sous moi entourée de la forêt uniquement entaillée par la route qui rejoignait Port Angeles.
Je continuais à regarder dans cette direction et il me sembla apercevoir un chemin dans la forêt et plus loin une clairière dans laquelle j'apercevais le toit d'une maison. Je ne savais pas qu'il y en avait une à cet endroit. Ca me paraissait très éloigné de Forks et très isolé. Je notais mentalement de me renseigner plus tard sur cette demeure.
J'abandonnais mon exploration et mangeais une barre de céréales. Mes pensées dérivèrent vers ma soirée de la veille avec Jacob. Devais-je considérer que je sortais avec lui ? Etait ce une bonne idée, nous étions de tellement bons amis ? Qu'attendait-il de cette relation ? Étais-je seulement amoureuse de lui ?
Mais sentiments ne me semblait pas les bons. Je me sentais loin de ressentir la même chose que les héroïnes des romans de Jane Austeen. Je ne ressentais que réconfort et chaleur auprès de lui. J'adorais sa présence, son humour mais je ne me sentais pas particulièrement attirée physiquement par lui.
L'ambiance d'hier soir avait été propice à ce baiser. Et les papillons que j'avais ressentis dans le ventre tenaient plus de ce premier baiser en lui-même que de mes sentiments pour lui.
Je ne regrettais pas notre baiser. Il était cent fois préférable d'avoir partagé ça avec mon meilleur ami qu'avec un Mike Newton. Beurk.
Après tout l'amour pouvait venir à la longue. Ce n'était pas rare de rencontrer des couples « d'anciens » meilleurs amis.
J'avais l'impression de tourner en rond. Si je continuais avec Jacob c'était lui donner de faux espoirs sur un amour que je ne partagerais peut être jamais avec lui. Si j'arrêtais là, il ne comprendrait sans doute pas et notre belle amitié serait à jamais bouleversée.
Une seule chose était sûre pour moi j'avais besoin de lui dans ma vie. Ça allait au-delà de ma compréhension mais il m'était nécessaire, il faisait partie à jamais de mon monde.
C'est pourquoi je ne pouvais pas me tromper avec lui il fallait que je sois franche. Mais je n'arrivais pas à être honnête avec moi-même.
Je me pris la tête entre les mains. Mon mal de crâne allait revenir à ce train là !
Rien ne s'éclaircissait. J'avais juste deux certitudes : je ne voulais pas précipiter les choses et j'étais prête à sacrifier cette relation naissante pour préserver notre amitié.
Frustrée je me relevais et commençais à redescendre. Je m'étais à nouveau enfoncée de quelques mètres dans les sous bois quand des cris étouffés me parvinrent sur la droite et me sortirent totalement de mes pensées.
Je tendis l'oreille, j'entendais des bruits de lutte, des branches cassées, des pieds qui piétinaient. Puis plus rien.
Sans réfléchir, je m'approchais en essayant de ne pas faire de bruit. Je stoppais net à l'orée d'une clairière me cachant du mieux possible derrière un tronc d'arbre. Un homme aux cheveux ras et châtain me tournait le dos accroupis et tenait dans ses bras un autre homme dont j'apercevais les boucles courtes et brunes et qui semblait inerte. Etrangement le premier avait le visage enfoui dans le cou du deuxième. Des bruits étranges de succion me parvenaient. Mon esprit était en arrêt sur image. Rien dans ce qui se déroulait devant moi ne m'était familier. Je n'avais aucun repère pour comprendre ce qui se passait. Fallait-il les aider ? Fallait-il fuir ?
D'un coup l'homme aux cheveux châtain releva la tête et huma l'air. Je vis immédiatement le sang couler au coin de sa bouche. Je me fis toute petite derrière mon arbre. Le vent était face à moi. Il ne pouvait pas sentir mon odeur. D'ailleurs comment aurait-il pu à cette distance ? Il replongea dans le cou de l'autre homme.
Je ne savais pas ce que j'avais vu mais mon corps pris le contrôle sur mon cerveau. Je fis demi-tour et me mis à courir le plus vite possible. J'allais en direction du bas de la colline. Les banches fouettaient mes bras, mes jambes et mon visage. La peur monta en moi implacable.
Tout à coup quelque chose percuta mon dos et je fus projetée contre un arbre en face de moi. Instinctivement je me recroquevillais et protégeais ma tête avec mon bras. Le choc fut rude et j'atterris au pied de l'arbre. Je portais une main à mon front et vis du sang. Je failli défaillir mais surmontais cette vue et je levais la tête pour voir ce qui avait provoqué ma chute. Il était là debout, la tête penchée de coté, un sourire vicieux étiraient ses lèvres fines. D'un geste il essuya dans sa manche le sang qui lui restait au coin de la bouche.
Je le dévisageais, les traits de son visage étaient anodins, il était de taille normale, mais ce qui me sauta aux yeux était sa peau d'une blancheur anormale et ses pupilles rouges cramoisis. Quand il prit la parole sa voix était assurée et joueuse.
- Alors, ma belle, ou comptais-tu aller comme ça ?
- Je…je …chez moi.
- Ce n'est pas très poli d'observer les gens pendant qu'il mange, tu sais ça ? dit-il en s'accroupissant pour se mettre à ma hauteur.
Je ne comprenais absolument pas de quoi il parlait.
- Tu es muette ? Ah mais je manque cruellement de savoir vivre, je ne me suis pas présenté, je sais que ton papa et ta maman t'on dit de ne pas parler à des inconnus. Je suis James, et toi ma belle qui es-tu ?
Je le fixais mais aucun son ne sortit de ma bouche.
- Allez, donnes moi ton petit nom… Ça sera nettement plus sympathique pour la suite !
Je hochais la tête négativement et commençais à me relever pour partir. D'un geste d'une rapidité surhumaine il me saisit par le poignet. Sa peau était glacée.
- Donne moi ton nom !
Son ton était dur.
Je refusais à nouveau. Une douleur fulgurante me saisit quand il resserra sa prise autour de mon poignet. J'avais entendu un os se briser. Je me mis à hurler.
- Tais-toi ! Donnes moi ton nom immédiatement ou je broie ton poignet avant de m'attaquer à tout les os de ton petit corps !
J'avalais mes cris.
- Isa… Isabella, dis-je en hoquetant.
Il me lâcha, la soufrrance envahit tout mon bras et je commençais à sangloter. Je me laissais tomber au sol et repliais les genoux devant moi en geste de protection.
- Et bien voilà, tu vois quand tu veux. Maintenant que l'on se connaît, on va pouvoir se parler en toute franchise. Alors que fais-tu seule dans les bois Isabella ?
- Bbballade…
- Tu n'es vraiment pas bavarde tu sais ? Si je peux me permettre tu n'es pas seulement très jolie mais tu as un parfum exquis.
Il se pencha vers moi et huma mes cheveux. Je détournais la tête dégoutée.
- Qu'est ce que je vais faire de toi ? Tu en as trop vu. Et je t'avoue que ton arôme me met l'eau à la bouche. Si je ne venais pas de manger à l'instant je ne te résisterais pas une minute de plus. Ah le pouvoir des femmes !
Il partit d'un rire hystérique.
Il s'était relevé et faisait les cent pas devant moi. Il poursuivit son monologue. Je l'écoutais d'une oreille, tout était obscurci dans ma tête par la douleur. Il fallait que je trouve une échappatoire. Je n'arrivais pas à comprendre qui il était ni ce qu'il me voulait mais les seuls mots que j'avais en tête étaient : danger mortel.
- J'avais bien dit à Victoria et à Laurent que cette ville cachait des trésors. Elle n'a pas voulu m'écouter ! Son instinct de fuite pourtant si précieux d'habitude a pris le dessus. Elle a senti des pistes anciennes de possibles ennemies et une odeur animale indéfinissable qu'elle a vue comme un danger. Et ce froussard de Laurent l'a suivi. C'est vraiment dommage que tu n'es pas eu l'occasion de les rencontrer, n'est ce pas ?
Il s'était arrêté et me faisais face d'un air interrogateur. Je hochais la tête affirmativement. Je ne voulais plus le contrarier. Je ne savais pas qui étaient cette Victoria et ce Laurent mais je priais pour ne jamais les rencontrer.
- D'ailleurs pourquoi fuir ? Il est toujours intéressant de se confronter à ses ennemis, n'est ce pas Isabella ? J'aurais vraiment aimé croiser la route de ces sois disant ennemis, l'odeur de l'un deux me rappelle étrangement une jeune femme presque aussi attirante que toi Isabella. Elle était enfermée dans un asile à ma merci. Mais son protecteur n'a pas voulu me l'abandonner et l'a transformée. Je l'ai laissée fuir et le temps que j'en finisse avec son créateur elle avait disparue et je ne l'ai jamais revue. Quel dommage ! Je suis sûr qu'elle était dans les parages il n'y pas si longtemps…
Il s'était arrêté les yeux dans le vague, tout à ses souvenirs. Je ne comprenais rien et commençais à me dire qu'il était complètement fou. Que c'était lui qui devrait être enfermé dans un asile. Il secoua la tête et repris ses déambulations.
- Victoria t'aurait adoré. Quand je les rejoindrais et que je leur raconterais ma trouvaille ! Enfin je ne vais quand même pas me plaindre de t'avoir pour moi tout seul ! Finalement je pense rester dans les parages quelques temps de plus. Tu as peut-être de la famille Isabella ? Ce serait si bon de faire leur connaissance. Après tout Vic et Laurent ne m'attendent pas avant des mois, ils auront bien assez d'occupation au Canada pour s'inquiéter de mon sort ! Un peu de solitude ne me ferra pas de mal …
Je décidais alors de fuir. Il semblait une nouvelle fois perdu dans ses pensées. Je n'aurais peut-être pas d'autres occasions. J'avais à peine esquissé un mouvement pour me relever qu'il fondit sur moi et appuya sa main sur ma jambe. J'entendis une nouvelle fois mes os se briser.
Cette fois la douleur fut atroce. Je m'écroulais à terre. J'allais sombrer quand je sentis James se saisir de mon poignet intact et repousser les cheveux qui recouvraient mon visage.
- Reste avec moi Isabella et arrête de gémir, tu vas faire tourner le goût de ton sang ! Je pensais que tu avais compris la leçon tout à l'heure. Inutile de fuir, tu ne peux pas m'échapper et ça me met en colère ! Et je t'assure que ce n'est pas souhaitable !
Il se pencha à mon oreille et murmura.
- Maintenant Isabella, je vais te mordre et te boire gorgée après gorgée. D'abord ton poignet puis ton cou. Tu verras la morsure est horriblement douloureuse. Et je veux que tu ressentes tout, que tu ne perdes rien de la sensation de ta vie qui va te quitter petit à petit. Alors pour ça je vais devoir te briser des os régulièrement afin que la douleur te garde consciente. Je pense que si tu fais un effort on pourra se contenter de tes doigts.
Je me mis à hoqueter de terreur. Il renifla mon cou.
- Mmmm, j'adore l'odeur de la terreur pure mélangée à la tienne c'est divin ! Tu es prête Isabella ? J'espère que tu as bien profité de ton insignifiante vie d'humaine.
Immédiatement les visages de Charlie et René s'imposèrent, puis Jacob furtivement et enfin le magnifique visage d'Edward Cullen. Je ne l'avais jamais vu comme ça, il me regardait d'une façon réconfortante, son regard était doux comme s'il tentait de m'apaiser.
Je m'accrochais à cette vision tandis que James approchait son visage de mon poignet.
Quelque chose de puissant nous projeta alors quelques mètres plus loin. J'atterris sur une pente et la dévalais. Mon corps était bringuebalé dans tout les sens. Ma chute fut arrêtée par un rocher qui entailla ma cuisse.
J'ouvrais les yeux. Je ne voyais quasiment rien, ma vision était obscurcie par les larmes et le sang. Je distinguais James déjà debout qui me tournait le dos. Je vis une forme semblable à un énorme chien bondir sur lui et prendre son bras dans la gueule. Un bruit métallique déchira le silence des sous bois. Je tentais de me relever mais la douleur dans ma jambe eu raison de moi.
Les formes, les bruits autour de moi s'embrouillaient. Je fermais les yeux pour échapper au monde extérieur. Je m'enfonçais alors dans l'inconscient.
POV Edward
Il était clair que je ne pouvais pas passer mes nuits à chasser. C'était inutile et le manque de sang était un exercice nécessaire pour avoir de la résistance face aux humains.
Rester seul et inactif au fond des bois laissait à mon esprit beaucoup trop de liberté.
J'avais décidé de reprendre mes études de médecine. J'avais arrêté quand il avait fallu faire des gardes, persuadé de ne pas avoir le contrôle de Carlisle. J'avais constaté que depuis Bella l'odeur des autres humains n'avait quasiment plus aucun effet sur moi.
Carlisle pensait que j'avais atteins un haut niveau de maîtrise de mes instincts. Mais je ne me leurrais pas, je savais qu'après le parfum de Bella tout était fade et sans attrait. En me concentrant je pouvais encore ressentir le fantôme de sa fragrance, automatiquement le venin remplissait ma bouche et tout mes muscles se tendait. J'évitais donc cet exercice pour la sûreté de ceux qui m'entouraient.
Le jour j'étais au lycée et le soir je suivais des cours à l'université du Maine ou prenais des gardes au Eastern Maine Medical Center de Bangor où travaillait également Carlisle. Il pouvait ainsi me soutenir et intervenir rapidement si je perdais le contrôle.
Il avait fallu que je choisisse une spécialité. J'étais tenté par la chirurgie comme mon père. Après tout notre dextérité nous permettait de réparer à peu près tout ce qui était réparable et le patient endormi était moins tentant.
Ma nouvelle activité avait suscité l'intérêt des miens. Le choix de ma spécialité était devenu une affaire de famille. Ça faisait trop longtemps qu'ils n'avaient pas pu débattre sur mes choix de vie et ils s'en donnaient à cœur joie.
Esmée et Rosalie me voyait chirurgien pédiatrique. Jasper et Alice neurochirurgien. Carlisle pragmatique me poussait vers la chirurgie générale qui me permettrait de travailler partout quelque soit l'hôpital.
Je ne comprenais pas l'intérêt de ces interminables discussions sur mon sort. Après tout j'avais l'éternité pour passer toutes les spécialités de médecine que je désirais.
Seul Emmett se désintéressait du débat. Après une énième discussion avec les autres dans la cuisine. Je le retrouvais dans le salon. Il était devant la télévision.
- Salut Emmett,
- Salut mec alors t'a choisi. Rose ou Alice t'a convaincu ?
- Euh non, c'est inutile je vais suivre les conseils de Carlisle de toute façon !
- T'es vraiment pas drôle, dit-il dans un soupir
- Et je peux savoir ce qui ne t'amuse pas ?
- Je pense que tu fais fausse route. Je sais exactement ce qu'il faut que tu suives comme voie. Car en tant que grand frère je pense à ton bien être et à ton avenir vois-tu ?
Il était si sérieux que je lui répondis sur le même ton.
- Et je peux savoir quels sont tes conseils éclairés ?
- C'est simple il faut que tu choisisses gynécologie, mec !
Il avait dit tout ça sans quitter l'écran des yeux.
- Pardon ?
- Tu verras ce sera une super expérience pour toi, tu vas enfin apprendre la vie ! Toutes ces femmes qui vont te dévoiler leur intimité. Je crois vraiment que c'est ce qu'il te faut pour t'aider à franchir le pas !
- Non mais ça ne va pas !
- Enfin, Eddy tu ne vas pas rester vierge toute l'éternité ! Tu ne peux pas concevoir de ne pas connaître ça ? dit-il hilare
Le sifflement du vase traversant l'air que je venais de lancer dans sa direction attira son attention. A ma plus grande joie il tourna la tête vers moi et le verre s'écrasa sur son air goguenard se brisant en mille morceaux au contact de sa peau de marbre.
- Je vais plutôt choisir psychiatrie et tu seras mon premier patient, espèce de pervers !
- Tu me le payeras Eddie !
- A ton service Emmie !
Je m'élançais dans l'escalier en direction de ma chambre.
- Désolé Esmée, je ramasserais plus tard ! murmurais je entre mes dents.
Je savais qu'elle m'entendait dans la cuisine.
« Quelle bande de gamins ! On se croirait à la maternelle » pensa Rosalie.
Les rires d'Alice et Jasper résonnaient dans la maison.
J'essayais d'écouter de la musique mais les pensées de ma famille étaient trop bruyantes. Je tournais comme un lion en cage. Comment m'échapper, comment obtenir le silence sans aucune pensée ?
La mort…
Je connaissais bien une solution pour l'obtenir. Mais malgré les dires d'Alice je n'étais pas si lâche et je savais le mal que je causerais à toute la famille. Sans compter qu'elle devinerait mes projets et qu'ils seraient tous capables de se mettre en péril pour sauver ma misérable existence. Et pourtant j'étais insupportable.
La seule solution que je voyais pour survivre dans cette maison et ne plus penser était la suractivité : lycée, cours en fac, garde à l'hôpital et chasse seraient désormais mon quotidien. Ca permettrait à tout le monde de croire à mon adaptation à notre nouvelle vie.
J'espérais que le temps atténuerait le manque. Que le souvenir de Bella passerait comme une photo qui jaunie. Qu'il ne serait plus qu'une chose agréable à regarder de temps à autre.
Et puis je devais me rendre à l'évidence. Dans quelques dizaine d'année voir moins suivant ce que la vie lui réservait elle ne serait plus. Une douleur me tordit le ventre à cette pensée. J'avais envie de pleurer bien que cela m'était impossible. Comment rester en ce monde quand elle ne serait plus. Comment continuer pour l'éternité sans pouvoir me détacher de ce qui ne serait plus qu'un souvenir.
Je décidais de faire un tour en voiture. Conduire vite me permettait de passer mes nerfs. Je descendais au garage et me dirigeais vers mon Aston Martin.
Rosalie qui était sous sa BMW sortit d'un coup brusque, se releva et me bloqua le passage. Elle était furieuse comme les rares fois ou je la croisais seul. J'avais habilement évitée de me retrouver en tête à tête avec elle depuis mon arrivée à Rockwood.
- Je te préviens j'en ai plus que marre que tout tourne autour de ta petite personne Edward !
- Je suis désolé Rose, je ne souhaite pas que vous en fassiez autant pour moi !
- Comme si c'était possible ! Tu es le fils prodige de cette famille, tout tourne autour de toi ! Si monsieur est malheureux, tout le monde doit faire profil bas et j'en peux plus !
- Je ne te demande rien !
- Mais tu ne te vois pas avec ton air de chien battu qui traîne tout le poids du monde sur ses épaules ! Esmée et Carlisle en sont malades ! Jasper et Emmett ont perdu leur frère ! Emmett s'ennuie à mourir et tu ne supportes même plus ses blagues. Et Alice, vous ne pouvez plus vous encadrer ! L'ambiance est insupportable ici grâce à toi !
- Je suis encore une fois désolé je fais tout pour ne pas être un poids. Mais j'ai besoin de vous. Vous m'aidez plus que vous ne l'imaginez. Même toi quand tu me maudis en pensée à longueur de journée, ça me fait me sentir vivant !
- Et bien moi aussi je suis désolée Edward. Mais ce n'est plus possible. Je ne veux même pas savoir pourquoi tu es comme ça ! Tout ce que je peux te dire est que si tu continues tu vas détruire cette famille. Et toi, sombre petit égoïste tu t'en fous, mais tu le regretteras je te le promets. Je ne te laisserai pas faire. Si cette famille doit se séparer d'un membre malade je sais déjà qui devra être choisi !
Son visage était déformé par la colère. C'était donc ça qui la rendait folle de rage contre moi : mon attitude mettait l'équilibre de notre famille en péril. Elle n'avait pas tord.
- Rosalie ! objecta Carlisle en entrant dans le garage.
- Quoi Carlilse ? On ne peut pas dire ce que tout le monde pense tout bas ? Cette mascarade doit continuer encore longtemps ? Ce mec est un grand torturé de la vie mais ce n'est pas de ma faute et je n'ai pas à subir ses humeurs ! Il sera jamais foutu de trouver le bonheur de toute façon faudra s'y faire. Mais au moins avant il était supportable. Je ne sais pas ce que cette immonde petite humaine lui a fait mais j'en peux plus !
- Je t'interdis de parler d'elle Rosalie !
Cette fois je me redressais et la défias des yeux, elle pouvait m'accuser de tout mais elle ne pouvait pas toucher à Bella. J'aurais rêvé de la frapper comme Emmett tout à l'heure. Mais j'étais un gentleman.
- Ça suffit maintenant, réunion de famille, tous dans le salon que l'on règle ça une bonne fois pour toute ! dit Carlisle sur un ton qui ne permettait aucune discussion.
Tout le monde avait suivi notre échange et nous retrouva dans le salon. Tous s'assirent sauf Rosalie et moi qui étions face à face de chaque côté de la table.
Carlisle prit la parole.
- Ecoutez tous, nous allons chacun notre tour nous exprimer ce soir et prendre une décision qui sera définitive. Après ça je ne tolérerais plus vos disputes. Nous sommes venus ici pour aider un des nôtres et préserver notre mode vie et notre famille. Ce n'est pas la première fois que nous le faisons et cela pour plusieurs d'entre vous. Et ce ne sera certainement pas la dernière. Je vous remercie tous pour ça. Edward pour des raisons qui lui sont propres a eu besoin de quitter Forks. Il a pris une décision par rapport à tout ça et nous devons la respecter. Il a aussi à mon grand soulagement tenu à rester dans cette famille. Il a résisté et a préservé ses valeurs et nous lui devons notre admiration pour ça.
Il fit une pause. J'étais gêné par ses paroles je ne méritais rien de leur part. Il continua.
- Edward ton attitude est éprouvante pour nous tous, tu dois le savoir. Chacun ici à son avis sur la question et tu le sais mieux que moi. Nous sommes prêt à attendre, à être patient, à te laisser le temps de comprendre et de surmonter tous les sentiments qui t'animent. En échange nous te demandons de tout faire pour reprendre ta place dans cette famille et apaiser tes relations avec chacun d'entre nous.
- Je suis désolé Carlisle et vous tous… Je ne sais pas comment me sortir de cet état mais je vous promets de tout faire pour ne pas vous importuner et pour rendre la vie de tous plus agréable. Je vous présente mes excuses et vous remercie de me soutenir.
- C'est bon Edward nous savons tout ça. Je vais vous demander de vous exprimer une bonne fois pour toute et de prendre une décision par rapport à cette famille et de ne plus y revenir ensuite. Rosalie ?
- Je crois qu'Edward sait ce que je pense. S'il fait un effort je suis prête moi aussi à me calmer. Et je souhaite que cette famille reste unie.
- Emmett ?
- Moi je n'ai pas de souci tant qu'on peut se marrer un peu. Si monsieur accepte d'être moins susceptible et d'écouter un peu mes conseils, tout va bien. Et je n'oublie pas le vase bien sûr, dit-il en me faisant un clin d'œil.
- Alice ?
- Edward sait aussi ce que j'en pense. Il sait aussi que je ne suis pas prête à abandonner ! C'est plutôt lui qui va devoir me supporter ! Mais ce n'est que la voix de la raison que je veux lui faire entendre ! J'adore cette famille et je suis prête à tout pour aider les miens à trouver le bonheur.
Elle affichait un immense sourire en me regardant. « Et oui ! Je suis d'une patience à toute épreuve ! J'attends mon jour et tu verras bientôt tout sera limpide ! »
- Jasper ?
- Je n'ai aucun problème avec la situation. Si ce n'est que ressentir les humeurs d'Edward n'est pas toujours facile à supporter pour moi. Mais je fais avec, après tout il endure bien mes pensées à la vue de certains humains. Et je suis d'accord avec toi Carlisle il lui faut du temps et la présence de la famille.
Il accompagna ses paroles d'une onde de soulagement. L'atmosphère se détendit d'un coup dans la pièce et Esmée prit la parole.
- Edward tu es comme un fils pour moi. Quand tu es malheureux je le suis aussi et ça tu ne l'empêcheras pas. Je suis là si tu as besoin de moi. Mais je tiens aussi tout autant à chacun de vous dans cette pièce. Tout ce que je souhaite c'est garder cette famille unie et sereine.
- Bien, merci à tous. A partir de maintenant la discussion est close. Cette famille doit se soutenir et je compte sur chacun d'entre vous pour faire des efforts et éviter que la scène de tout à l'heure dans le garage se reproduise.
Tout le monde se sépara.
Je suivis mes projets initiaux et m'élançais à vitesse élevée sur les routes du Maine. Mes phares étaient éteins mais ma vue et mon pouvoir me préservait d'un accident.
J'allais maintenant devoir faire des efforts. Ils n'avaient effectivement pas à me supporter. C'était le prix à payer pour rester dans la famille. En échange ils m'empêcheraient de sombrer dans la folie.
J'étais déterminé à m'occuper le plus possible et à faire partie de ce clan comme c'était naturellement le cas avant Forks.
Et voilà la vie d'un humain c'est rapide et palpitant (qui a dit douloureux ?).
La vie d'un vampire, c'est long et lent (qui a dit prise de tête ?).
A votre bon cœur Mssieur, dames, une petite review me permettrait d'acheter quelques poches de sang pour mon vampire...
S'il me mange je pourrais plus vous écrire la suite !
Mords-moi Edward, qu'on en finisse !
(Comment ça j'ai oublié la pilule rose ce matin ?)
