Coucou, me revoilà mais j'avoue j'ai un énorme trac pour publier ce chapitre ! Je ne suis pas du tout convaincue de ma prestation ! Mais comme j'en peux plus de me relire, il faut que ça sorte ! Grâce à vos géniales reviews, j'ose ! Sans vous ce n'est pas l'envie mais le courage qui me manque. Vous voyez ce genre de moment ou vous trouvez que tout ce que vous faites est nul…

Rassurez vous ça ne m'a pas empêché de pondre mon plus gros chapitre !

Place aux remerciements :

A vous tous pour m'avoir fait atteindre mon objectif de 20 reviews (petite joueuse !), du coup mon honneur étant sauf, je me suis calmée pour ce chapitre et je vous ai épargné le pire (non Bella n'accouchera pas d'une portée de petits loups et Edward ne deviendra pas stripteaseur pour les enterrements de vie de jeune fille (qui a dit dommage ?))

A ceux qui n'ont pas de compte :

Fan2manga : Merci pour ta longue review. Ben oui le pauvre Jacob souffre et ce n'est pas fini ! Vraiment ravie que l'idée de base de la fic te plaise. Sinon je vais transmettre à Edward d'assumer un peu sa fuite !

Matrix le Belge : serais tu un mâle perdu parmi nous ? Merci du compliment. Bosses bien et j'espère que tu apprécieras encore les POV Edouuuuuuuard.

Pour les oreilles de ceux qui le souhaitent :

POV Bella : « Mad World » de Michael Andrews and Gary Jules, « Sleeping with Ghosts » de Placebo et « Don't Forget Me » des Red Hot Chili Pepers

POV Edward : « Electric Fields » de MGMT Justice remixe, « Sexual Healing » de Ben Harper et bien sûr pour la fin « Supermassive Black Hole » de Muse

Bon maintenant je sors à pas de loup (c'est le cas de le dire vous allez voir) sans me faire remarquer et une fois la porte refermée je commence à courir !

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer

Je cours, je suis plus là !


Chapitre 5 : … sur un autre monde

POV Bella

Les souvenirs de la période qui suivie étaient vagues. J'étais comme en apesanteur presque extérieure à ma propre existence.

Je me réveillais dans la douleur et ouvrais les yeux sur ce qui devait être une chambre d'hôpital. Ainsi je n'étais pas morte, mon corps meurtri et brisé me le rappela vivement.

Ma mère et mon père étaient à mon chevet. Ils étaient soulagés de mon réveil mais n'osaient même pas m'embrasser. J'étais recouverte de bandages et de perfusions. Ils m'apprirent que j'étais restée inconsciente pendant trois jours. Mon poignet et ma jambe étaient cassés et des entailles profondes m'avaient fait beaucoup saigner.

J'avais eu de la chance car Sam Uley, de la tribu Quileute en compagnie de deux amis Paul et Jared aperçurent ma voiture en bord de route. Alertés par les menaces de l'ours ils ont appelé Jacob pour savoir si nous étions ensemble. Ce dernier était chez lui et n'avais aucunement connaissance de mes projets. Ils étaient donc partis à ma recherche. Ils avaient trouvé mon sac à dos et m'avait trouvée plus loin gisant dans un fossé.

Cette histoire me paraissait un peu facile. Comment avaient-ils pu voir ma voiture que j'avais volontairement cachée à la vue de quelqu'un passant sur la route ? Mais je n'avais pas le temps de m'en préoccuper pour le moment.

Mon père, une fois le soulagement de mon réveil passé, était furieux. Il me promit une interdiction de sortir très longue. Il était persuadé que Jacob m'avait entrainé dans tout ça et lui avait interdit de m'approcher.

Mes parents avaient organisé mon transfert à Jacksonville chez ma mère pour les vacances d'été dès l'année scolaire terminée.

Je restais une semaine à l'hôpital avec comme seul autre contact extérieur que mes parents et Angela qui m'apportait mes devoirs.

Je me fis une raison. J'avais été imprudente et j'avais désobéi à Charlie. Cet été sous le soleil de Floride serait surement l'occasion de me changer les idées avant de reprendre ma vie à Forks.

Ne plus voir Jacob résolvait mes problèmes pour le moment. Il se sentirait libre de vivre sa vie et nous nous retrouverions à la rentrée pour voir ou nous en étions.

J'allais en cours la dernière semaine de l'année scolaire pour passer les examens de fin d'année. J'étais sous bonne escorte matin et soir accompagnée en voiture par Renée. Elle était restée pour m'aider dans les tâches de tous les jours avec mes atèles au poignet et à la jambe. Angela m'accompagnait dans les salles d'examens.

Le soir de mon dernier examen mon père nous conduisit à Port Angeles pour prendre l'avion vers Seattle. Puis de là nous irions à Jacksonville rejoindre Phil, le mari de ma mère.

Dans la chaleur de l'été, je me laissai aller dans une sorte de léthargie. Renée me trouva éteinte mais considéra que je devais me remettre de mon accident et dès que je pu à nouveau marcher elle m'entraina avec elle dans un nombre inimaginable d'activités. Je me laissais mener, échappant ainsi à mes pensées.

Mais la nuit je ne pouvais éviter mes cauchemars. J'étouffais mes cris dans l'oreiller pour ne pas alerter Renée et Phil. J'avais souvent de longues heures d'insomnies ou je pleurais sans discontinuer.

Instinctivement j'avais tu tout ce que je pensais avoir vu dans la forêt. Je n'avais pu me confier à personne. Tout le monde était persuadé que j'avais fait une mauvaise chute. Tout le monde ? Je n'en étais pas si sûre.

Avais-je déliré ? Ce James avait-il vraiment les yeux rouges, la peau glacée, une vitesse et une force surnaturelles, se nourrissait-il vraiment de sang ? Et qu'en était-il de ce chien géant ? Que s'était-il passé après que je me sois évanouie ? Des bribes de la légende Quileute racontée par Jacob tentaient de remonter à la surface de mon esprit. Mais je refusais et les enfouissais dans les méandres de ma conscience. Je ne voulais pas répondre à ces questions car elles amenaient à une seule et unique réponse et je me refusais de prononcer ce mot. Il en allait de ma santé mentale.

Car au delà des cauchemars qui peuplaient mes nuits, remplis d'yeux rouges, un regard noir de colère s'y associait un peu trop souvent. Je ne voulais pas comprendre, je ne voulais pas faire de lien, je ne voulais pas sombrer dans la folie …

J'appréhendais mon retour à Forks. Ce serait me confronter à mes peurs et sans doute devoir voir les choses en face. Mais après la moiteur de Jacksonville et l'énergie sans fin de ma mère, le calme de mon père me manquait. Renée avait tenté de me faire terminer le lycée à Jacksonville. J'avais refusé immédiatement. Je réalisais que j'avais besoin de retourner à Forks, j'y étais attachée.

Charlie avait pris de mes nouvelles régulièrement. Je savais que sa colère était passée et qu'il avait hâte de me retrouver. Angela avec qui j'avais communiqué par mail tout au long de l'été, attendait mon retour avec impatience.

A la fin du mois de juillet j'avais appelé Jacob, son ton froid et ses réponses monosyllabiques m'avaient découragée. J'avais décidé qu'il serait plus facile de s'expliquer de vive voix. Depuis ma tentative d'appel, rien, aucune nouvelle, je supposais qu'il m'en voulait de l'avoir évité après le baiser.

L'heure du retour finit par arriver. Je fermais mes dernières valises, je repartais pour Forks l'après-midi.

Mes blessures physiques étaient complètement guéries. Je n'avais heureusement aucune séquelle, juste quelques cicatrices dues à mes coupures.

Par contre mes blessures psychiques étaient béantes dans mon esprit. J'aurais même pu les sentir saigner.

L'arrivée à Forks fut étrange, comme une impression de déjà vu. Mon père qui m'attendait à l'aéroport, la verdure envahissante à laquelle il me faudrait me réhabituer, l'humidité, la conversation gênée de mon père… Je savais que j'étais de retour chez moi.

Mais comme je l'avais supposé cette ambiance me ramena à mes démons. J'avais peur et je me sentais seule. Je ne pouvais pas me confier. Quand je repensais à mon « accident », tout semblait sortir de mon imagination. Mais en même temps tout paraissait si réel.

Malgré la peur, Les randonnées me manquaient. D'autant plus depuis que j'avais trouvé un travail de vendeuse chez les parents de Mike Newton afin de compléter mes frêles économies. Je regardais avec envie les autres randonneurs. Le fameux « ours » ayant disparu, l'activité avait repris de plus belle et aucune nouvelle agression n'avait été signalée depuis mon accident.

Je n'en pouvais plus de me morfondre et de rester cloîtrée chez moi quand je n'étais pas au lycée ou au travail. Passer du temps avec Angela était bien une solution. Mais mon secret était trop lourd à porter. Ne pas pouvoir me confier à ma meilleure amie était pesant. Je préférais donc rester seule dans ces moments là.

Mon père commença à s'inquiéter. Il me voyait aller en cours, au travail, rentrer à la maison pour mes devoirs et faire les repas. Je voyais de moins en moins Angela qui avait commencé à sortir avec Ben Cheney et qui filait le parfait amour. Malgré les supplications de cette dernière pour me joindre à eux je refusais ne souhaitant pas tenir la chandelle.

Le plus dur pour lui était que je n'arrivais pas toujours à étouffer les cris de mes cauchemars. Je me réveillais régulièrement en hurlant. Charlie accourait dans ma chambre et tentait de me réconforter.

Il s'inquiétait pour moi mais je ne pouvais pas le rassurer. C'était devenu ma vie. Je savais après mon été qu'elle aurait été identique à Jacksonville. La menace que je sentais planer sur moi ne me quitterait jamais ou que je sois.

Après plusieurs mois de tolérance il commença à me menacer de me renvoyer chez ma mère en Floride. Ses menaces eurent raison de mon entêtement. C'était viscéral je ne voulais pas quitter Forks.

J'ai donc repris mes sorties avec le groupe d'amis du lycée. En général, je me contentais d'aller chez Angela. Parfois je ne pouvais échapper à des soirées avec l'ensemble de la bande.

Jessica s'était rapprochée de Lauren et me faisait clairement comprendre que mon changement d'humeur soudain était peu apprécié. J'avais deviné qu'elle était jalouse de s'être fait voler la vedette de super héroïne, son sauvetage étant devenu une histoire obsolète depuis mon accident. Il avait été une des raisons de mon mutisme depuis mon retour au lycée, Mike et Eric n'ayant de cesse de me faire raconter les détails de ma chute. Comme toujours la routine repris le dessus et ma présence fit à nouveau partit de la normalité en quelques jours.

Charlie s'était excusé de son comportement envers Jacob après mon accident et avait été jusqu'à le supplier de reprendre contact avec moi. Je savais qu'il regrettait le temps ou nous étions toujours ensemble. Je ne pouvais pas l'éviter plus longtemps. Il me manquait, notre complicité me manquait.

Je décidais donc de l'appeler et m'apprêtais à me lancer dans de grandes excuses. Mais il paraissait lui aussi avoir ravalé sa fierté.

Notre amitié repris là ou nous l'avions laissée. Nous n'avions plus évoqué cette soirée et ce fameux baiser. Il appartenait à une autre vie pour moi. Celle d'avant James. Celle de l'insouciance. Jacob devait le sentir et évitait soigneusement le sujet.

Notre relation du coup n'était plus aussi simple et évidente. J'étais parfois mal à l'aise quand j'étais à la Push. Je ne savais plus comment me comporter avec Jacob. Je craignais qu'il me rejette mais j'avais besoin de sa présence réconfortante.

Les rares fois où je croisais Sam, Paul et Jared étaient aussi étranges. Aucuns d'eux n'évoqua non mon « accident ». Une fois je tentais de les remercier de m'avoir retrouvée. Ils coupèrent court à la conversation. Je voyais qu'ils me cachaient des choses. Ou avais-je une imagination trop débordante ? Étais-je folle ?

Je décidais qu'il fallait que nous trouvions des occupations avec Jacob. Afin de ne pas remuer le passé et surtout ça m'aiderait à combattre mes angoisses.

Je l'entraînais alors dans la réparation de deux vieilles motos. Jacob m'apprit ensuite à conduire. Cette activité me value de nombreuse chute mais me faisait me sentir vivante et éloignait la peur quelques instants.

Nous reprîmes également nos randonnées. Sans Jacob je n'en aurais pas été capable. Et pourtant depuis mon retour à Forks je m'étais jurée de m'y remettre. J'avais toujours eu pour principe de remonter à cheval après une chute.

Mais tel un cycle sans fin, l'histoire se reproduisit. Les attaques d'ours reprirent. Une nouvelle fois Jacob se terra à la Push. La peur s'amplifiait chez moi. Etait-il revenu ? Pourquoi les autorités croyait-elle à un ours ?

Ne supportant pas d'être seule ou de me restreindre au périmètre de la Push. A force de persuasion j'entraînais Jacob à venir à une soirée cinéma à Port Angeles avec Angela, Ben et Mike. La soirée fut catastrophique. Angela et Ben ne vinrent pas car ce dernier était malade. Mike fut à son tour malade pendant la séance. Et Jacob avait un comportement étrange à la limite d'être agressif. Quand il me déposa chez moi, il était brûlant de fièvre.

Les jours suivants furent bizarres. Jacob ne répondait pas à mes appels. Son père Billy prétextait qu'il était toujours malade. Au bout de deux semaines je compris qu'il me mentait ouvertement. D'autant plus quand Charlie se vanta de l'avoir vu avec la bande de Sam en ville.

J'étais déconcertée. Pourquoi m'évitait-il ? Qu'est ce que j'avais encore bien pu faire de travers ? Quel était ce revirement de situation, lui qui prétendait se méfier de Sam et de sa bande ?

Je décidais de me confronter à lui en allant le trouver chez lui. Notre rencontre fut explosive. Il me demanda de ne plus le fréquenter, me dit qu'il était un danger pour moi et que je serais plus heureuse loin de lui.

Encore une fois je ne comprenais plus rien du monde qui m'entourait. Je me renfermais à nouveau sur moi même.

Mon père organisait des battues pour traquer l'ours. J'étais seule chez moi la plupart du temps. La peur qui vrillait mon estomac était presque devenue une partie de moi. Et elle avait augmenté avec l'inquiétude pour mon père.

Il fallait que je fasse quelque chose pour évacuer cette tension. Je savais que c'était une idée stupide mais comme ils avaient décidé de tous m'abandonner à mon triste sort, j'allais affronter de face le danger. J'allais défier ma peur une bonne fois pour toutes.

A l'occasion de nos excursions en motos, Jacob et moi avions observé Sam et sa bande plonger du haut d'une falaise. Jacob m'avait promis de m'y emmener un jour.

Je n'avais pas besoin de lui. J'étais seule, je l'avais toujours été finalement. La vie ne m'avait pas fait rencontrer la personne qui voudrait vraiment tout partager avec moi.

Je montais dans ma Chevrolet après avoir laissé un mot à Charlie et je conduisis jusqu'à la route bordant la falaise. J'enlevais mes chaussures et ma veste et me dirigeais vers le bord de la paroi. C'était haut, trop haut. Mais c'était ce qu'il fallait pour chasser mes angoisses.

Sans réfléchir une minute de plus, je sautais dans le vide. Je poussais un hurlement primal. La montée d'adrénaline était jouissive. Je me sentais bien, j'avais envie que la chute ne s'arrête jamais.

Puis je percutais la surface de l'eau. Le choc était violent. Elle était glacée. Je fus prise immédiatement par le froid. Je détestais le froid. Je battais des jambes et des bras pour remonter à la surface. J'eu à peine le temps de reprendre une bouffée d'air qu'une vague me percuta et me fit couler. Je n'avais pas tenu compte de la houle. Je tentais de remonter à nouveau mais mes efforts furent anéantis par une vague plus puissante que la première.

Après ce qui me paru des heures d'efforts, j'abandonnais et me laissais aller dans l'eau ténébreuse. Après tout que pouvais-je espérer de plus dans la vie ?

Mon existence défila à nouveau devant mes yeux et ma dernière pensée fut encore le visage d'Edward Cullen. Il était encore plus magnifique que d'habitude. La vision avait une clarté quasiment réelle. Je tendais la main vers sont visage souriant quand quelque chose de chaud me saisit et me ramena à la surface. Je fus tractée par un bras puissant. Puis on me porta et me déposa sur le sable à l'abri du vent.

- Bella ! Bella ! Ouvre les yeux !

Je reconnus la voix de Jacob. Je ne voulais pas revenir dans le monde réel et retrouver mon triste sort. Je voulais retourner dans les limbes avec ma vision.

Mais Jacob ne l'entendait pas ainsi. Des voix supplémentaires se joignirent à lui m'obligeant à faire mon grand retour sur terre.

Je découvris le visage de Jacob inquiet penché sur moi. Derrière lui Sam, Paul, Jared et Embry. Je toussais et me tournais sur le côté pour cracher l'eau dans mes poumons.

Sam, une fois rassuré sur mon sort demanda à Jacob de me ramener chez lui pour me sécher. Je me laissais faire. Mais une fois vêtue d'un sweat-shirt et d'un short dix fois trop grand pour moi, je protestais et tentais de faire demi-tour.

- Bella, tu dois venir te réchauffer et te reposer. Je ne peux pas te laisser partir comme ça !

- Et puis quoi encore ! Tu t'inquiètes de mon sort maintenant ! Un mois sans nouvelle et tu joues au preux chevalier !

- Excuse moi Bella. Je t'ai expliqué. Je suis désolé c'est pour ton bien !

- Excuses moi aussi mais mon bien je le gère seule !

- Ah oui, en sautant d'une falaise. En te suicidant. Tu te fous de ceux qui t'entourent ? Et Charlie ?

- Je ne me suis pas suicidée ! J'ai juste voulu sauter comme Sam. Je te signale que tu m'avais promis qu'on le ferrait ensemble. Mais apparemment je suis de trop ! Et ceux qui m'entourent ou m'entouraient, ont d'autres préoccupation ou d'autres prétextes pour ne pas me fréquenter !

- Bella ! S'il te plait, penses au moins à Charlie ! Moi j'ai de bonnes raisons, mais tu ne peux pas comprendre !

- Pas comprendre quoi ? Que tu fréquentes Sam et sa bande ? Que je suis plus assez bien pour toi ?

- Sam n'est pas celui que tu crois !

- Ah oui ? Sam, le super Sam, celui qui arrive à voir les voitures cachées sur le bord de la route ! Qui retrouve les personnes blessées et perdues dans les bois !

- Tu parles de ton accident ? Tu devrais plutôt le remercier !

- Et d'une il ne veut pas de mes remerciements. Et de deux il est sans doute le seul à peut-être savoir ce qui m'est arrivé et il ne veut même pas en parler.

- C'est pour ton bien Bella. Moins tu en sais, mieux tu te porteras !

- Qu'est ce que t'en sais toi ? Tu n'étais même pas là ! Je suppose que l'interdiction de me voir de Charlie t'a bien arrangé ! Et moi est-ce que quelqu'un s'est préoccupé de savoir ce que j'avais vu ? Est ce que quelqu'un se doute de la peur qui ne me quitte pas depuis ? Je meure de trouille chaque jour de le voir revenir, Jacob, qu'il s'en prenne à moi ou à mes proches !

J'éclatais alors en sanglots. Tout mon corps était parcouru de tremblement. Toutes mes peurs accumulées ressortaient. Les vannes étaient ouvertes je ne pouvais plus rien retenir.

- Bella ! Calme toi !

Jacob tenta de me prendre dans ses bras. Je le repoussais.

D'un coup il s'affala dans le canapé, assis la tête entre les mains.

- Je sais Bella, nous savons ce qui t'es arrivé ! dit-il d'une voix résignée.

Il abandonnait. Je le regardais stupéfaite à travers mes larmes.

- Pardon ?

- Je ne peux pas t'en parler, je n'ai pas le droit ! Mais je sais. Je suis tellement désolé de savoir que tu te rappelles de chose et que tu n'as pas pu te confier. Je suis vraiment un ami pitoyable.

- S'il te plait, choisis Jacob, es-tu un ami ou un danger ?

- Les deux Bella et comme tu comptes trop pour moi je te protège en m'éloignant.

- Tu recommences ! Je n'ai pas besoin d'un ami qui n'est pas là Jacob !

Je fis un pas vers la sortie. Une main puissante me saisit le poignet. Je ne me retournais pas.

- Bella je ne te promets rien mais je vais faire ce que je peux. Parle moi, je t'en supplie ne reste pas avec toute cette histoire sur tes épaules.

- Et toi tu ne me diras rien c'est ça ? Tu te contenteras de tout répéter à Sam ? Au moins tu auras une vraie raison de ne plus me fréquenter quand tu constateras ma folie !

- Bella, si tu savais ce que je vis actuellement tu comprendrais que s'il y a un fou ici c'est moi. Je te jure de te dire tout ce que je peux, ou du moins de te le faire deviner. Car tu en sais déjà plus que tu ne le crois…

Je me retournais vers lui. Je scrutais ses yeux pour voir s'il me disait la vérité. Si je pouvais lui faire confiance.

- Parle moi Bella, raconte moi ce que t'as fait cette sangsue.

- Qu'est ce que tu as dit ?

- J'ai dit sangsue ou vampire si tu préfères.

Ce mot fut comme une invitation. Je confiais alors toute l'histoire à Jacob. Ses traits se crispaient au fur et à mesure du récit. Il serrait ses poings et des tremblements le secouaient de temps à autre.

Soulagement et délivrance, c'était les deux mots qui me venaient à l'esprit lorsque je m'affalais à mon tour dans le canapé. Jacob faisait les cent pas devant moi.

- Incroyable ! Sam est persuadé que tu n'as rien vu ou que tu ne te souviens de rien !

- Et bien il se trompe ton Sam !

- Comment as tu réussi à garder ça pour toi ?

- Et bien quand tu soupèses l'hôpital psychiatrique et la vie de lycéenne le choix est vite fait !

- Effectivement. Seule contre tous !

- Jacob, qui est-il ce James et cet espèce de chien géant ?

Je me tournais vers lui mais il ne me regardait pas.

- Je ne peux pas.

Je me levais et me dirigeais à nouveau vers la sortie. Comment pouvait-il refuser de parler avec tout ce que je venais de lui confier ?

- Attends Bella ! Je ne peux pas te parler mais tu peux deviner. Rappelle-toi notre première ballade sur la plage de la Push après ton arrivée à Forks. Souviens-toi de la légende que je t'ai racontée.

Je me retournais lentement vers lui. Tout ce que j'avais essayé d'occulter depuis presqu'un an remontais à la surface. Je laissais mon esprit faire les liens que je lui avais interdit de faire jusque là. J'avais l'impression de sombrer dans la folie, cette fois pour de bon. Mes larmes devenues silencieuses se remirent à couler abondamment.

- James est un…vampire ? Et le chien…un loup comme dans la légende ? Un Quileute ? dis-je d'une voix blanche.

- Oui Bella. Je suis navré que tu sois mêlée à tout ça. Mais c'est la vérité. Tout ça existe bien. Les sangsues. Ceux sont les ennemies ancestrales des Quileutes.

- Et ce James qu'est il devenu ?

- Sam, Jared et Paul l'ont achevé. Il a été détruit et brûlé il ne reviendra plus.

- Sam, Jared et Paul ? Ceux sont les loups de la légende ? Comme des loups garous ?

- C'est à peu près l'image sauf que l'on se transforme quand on le veut et que nous n'empruntons cette forme que pour lutter contre nos ennemis et protéger les humains.

- Nous ? Toi aussi…tu es un loup.

- Oui, je l'ai découvert depuis peu.

Jacob m'expliqua la façon dont il mutait, le fonctionnement de la meute. Un détail m'échappait mais me revint brusquement à mesure que je repassais la légende dans ma tête.

- Et cette famille, les Cullen dont tu m'as parlé ?

- Ceux sont aussi des sangsues. Mais ils ont renoncé au sang humain. Nos arrières grands pères ont conclu un traité avec eux. Tant qu'ils ne pénètrent pas sur le territoire de la Push nous ne les attaquons pas.

Je secouais la tête. Comment cela était-il possible ? Je rangeais cette information dans le fond de mon esprit pour l'analyser plus tard.

- Et ce nouvel ours ? C'est encore un vampire ?

- Malheureusement oui ! Une femelle et un mâle ! Ils ont l'air de chercher quelque chose ! Nous ne savons pas quoi et nous n'arrivons pas à les attraper. Ils fuient toujours à temps.

- Les Cullen ? Ils sont revenus ?

- Impossible, ils sont différents et ils ne semblent avoir aucune notion des frontières du traité. Peut être est-ce les deux buveurs de sang dont ce James t'a parlé. Peut être qu'ils le cherchent. Il faut que j'en parle à Sam immédiatement.

- Et Charlie et les autres qui poursuivent l'ours ?

Aux paroles de Jacob mes tremblements reprirent. L'hystérie me gagnait. La peur qui m'avait quittée revenait, puissante, massive, violente me percutant de plein fouet.

Jacob me prit dans ses bras. Cette fois je ne résistais pas.

- N'es aucune inquiétude pour Charlie. La meute veille. Nous les entraînons sur des pistes qui les éloignent des sangsues. Nous surveillons la Push et Forks. Comment crois tu que je t'ai trouvée ? Chaque intrusion est vérifiée. Je t'ai suivie et je t'ai vu sauter.

Il me décolla de son torse et essuya mes larmes de ses deux pouces. Je ne les sentais même plus couler.

L'accumulation de toutes ces révélations fit monter la rage en moi d'un coup. Je tambourinais de mes deux poings sur son torse.

- Comment as-tu pu me laisser dans l'ignorance de tout ça ? Je me croyais bonne pour l'asile ! J'étais complètement seule Jacob !

- Calmes-toi, nous veillons sur vous. Je t'aime trop Bella pour laisser quelque chose t'arriver !

- Tu appelles ça aimer ?

- Ce qui s'est passé avec James ne se reproduira jamais. Pas tant que je serais dans les parages ! Je t'aime Bella, plus que tout.

Ces paroles étaient plus que je pouvais entendre, je le giflais guidée par la fureur. Il ne bougea pas d'un pouce et me regardait toujours fixement.

D'un coup ma colère tomba. J'avais envie de le croire, de me laisser aller dans la sécurité de ses bras, de me perdre dans sa chaleur…

Pour la deuxième fois avec Jacob mon instinct prit le dessus. J'avais besoin qu'on me réconforte. Qu'on me protège. Je voulais tout oublier. La rage était toujours mon guide mais elle avait trouvé une autre voie.

Je plongeais frénétiquement sur ses lèvres. Il n'hésita qu'une seconde avant de répondre à mon baiser. Je caressais son torse nu. Nos caresses étaient avides et de plus en plus téméraires. Il m'entraîna dans sa minuscule chambre. Il ôta mon sweat. A ce moment je savais que je passais un point de non retour. Mais j'avais un vide à combler, je ne savais plus comment faire. Mon corps me disait que la solution était là dans les bras de Jacob.

Mais tout s'écroula à nouveau.

Jacob submergé par les émotions qui traversaient son corps était parcouru de violents tremblements. Il se releva d'un coup bredouillant des excuses, me laissant nue et seule sur le lit. Il sauta d'un bond par la fenêtre et disparut à l'orée de la forêt.

J'étais à nouveau face au vide. Le chagrin, la honte, la peur se mêlaient en moi. Comment avais-je pu être si bête et m'abandonner ainsi ? Comment avait-il pu me laisser alors que j'étais prête à lui offrir ma première fois ?

J'enfilais mes vêtements encore humides et courais vers ma voiture.

De retour à la maison je trouvais Charlie assis à la table de la cuisine, hagard, les yeux humides. Il m'apprit le décès de son ami Harry Clearwater d'un arrêt cardiaque. Il ne remarque même pas l'état de mes vêtements.

Les jours qui suivirent furent marqués par les obsèques, Charlie et moi passâmes beaucoup de temps chez Sue Clearwater et ses deux enfants Léa et Seth. Je les aidais du mieux que je pouvais en leur préparant à manger et en participant au ménage de leur maison.

J'étais sans nouvelle de Jacob. Je lui en voulais. Comment avait-il pu profiter de mon état de faiblesse pour m'abandonner ensuite sans une explication. Il avait tout brisé, notre amitié, ma confiance, sa valeur à mes yeux…

Il venait de me dévoiler un monde d'horreur parallèle à ma petite vie banale. Un monde qui semblait avoir des liens étroits avec mon existence. J'étais abasourdie par ses révélations presque en état de choc et il m'avait laissé faire. Même si j'étais entièrement consentante il aurait du m'arrêter surtout si c'était pour m'abandonner en plein milieu. N'étais-je pas assez désirable ? Me découvrir dans la plus stricte intimité l'avait-il rebuté ?

Si j'étais honnête, je savais au plus profond que toute cette colère était tournée contre moi même. Pourquoi m'étais-je abandonnée si facilement ? Pourquoi ne pas avoir attendu celui que j'aimerais au plus profond de mon cœur ? Parce que j'étais persuadée de ne jamais le rencontrer, parce que j'avais besoin de me sentir aimée, comme un moyen de défense pour supporter le monde qui se dévoilait à moi, pour ne plus jamais être seule ? Mais la courte étreinte partagée avec Jacob avant qu'il ne me quitte n'avait en rien comblé le vide en moi. Au contraire c'était une blessure tenace de plus que je ne pourrais jamais soigner.

Il fallait me faire une raison, puisque j'étais condamnée à vivre seule face à ce monde d'horreur autant m'endurcir et ne plus avoir peur de l'affronter. J'allais retourner en randonnée pour exorciser mes peurs. Après tout Jacob m'avait promis la protection de la meute. Autant les faire travailler un peu. Et puis c'était bien connu je n'avais aucune notion du danger, mon instinct de survie était inexistant.

J'avais longtemps réfléchis à ma destination. Les souvenirs de ma rencontre avec James ayant été déterrés avec Jacob, je n'arrivais plus à les enfouir à nouveau. Je me revoyais marchant vers le sommet, la vue de la colline quand la maison cachée dans la forêt me revint.

Je consultais l'annuaire et ne trouvais aucune indication. J'interrogeais alors Charlie innocemment en lui évoquant une histoire de Jessica inventée de toutes pièces sur la présence d'une maison perdue dans les bois à la sortie de Forks que la propriétaire excentrique ne quittait jamais. Après avoir grommelé dans sa barbe contre les gens de Forks et leur amour des racontars, il m'avait signifié qu'il n'y avait aucune maison encore habitée sur cette route. Il paraissait en savoir plus que ce qu'il me racontait mais je ne le questionnais pas pour ne pas éveiller ses soupçons. Au moins j'avais la confirmation que la maison, si elle existait, était abandonnée.

Je décidais alors de localiser le chemin d'accès. Je repérais à la sortie de Forks une allée entièrement envahie par les broussailles. Je garais ma voiture et décidais de vérifier si mes calculs entre mon observation du haut de la colline et ma carte étaient bons.

Vu l'état du chemin cette maison devait effectivement être à l'abandon. Je marchais dans les ornières du chemin. J'étais heureuse d'avoir enfilé un pantalon, la végétation m'arrivait aux genoux. Parfois je devais dégager des buissons de ronces, mais dans l'ensemble je progressais assez facilement.

Marcher seule était une délivrance. Je retrouvais une partie de moi. J'étais concentrée sur ma progression quand je sentie le soleil transpercer, j'étais à l'orée de la forêt. Devant moi une immense clairière au milieu de laquelle trônais une magnifique demeure.

Je la détaillais, elle dégageait une impression de calme. Aucun mouvement n'était détectable. Les herbes hautes étaient partout. Elle était abandonnée depuis un moment. Je décidais alors de m'approcher.

Une fois à découvert je m'arrêtais à nouveau pour vérifier que personne n'était présent. Seul le bruit des oiseaux était perceptible. Rassurée, je m'avançais jusqu'à la porte d'entrée. Je jetais un coup d'œil à travers la vitre jouxtant la porte. L'intérieure de la maison était clair et aéré. Des meubles encore présents étaient recouverts de draps blancs. Je fis le tour de la propriété. Tous les volets étaient fermés mais le nombre de fenêtre et de baies vitrées devait en faire une demeure extrêmement lumineuse.

Je m'interrogeais sur les propriétaires. Je n'en avais jamais soupçonné l'existence. Je repensais à Charlie qui semblait savoir qui avait habité dans les parages. Qui pouvait abandonner une si belle demeure sans même déménager ses meubles ?

Comme un flash, les visages de la famille Cullen s'imposèrent. Ça me paraissait une évidence. Pourtant aucun indice ne les rattachait à ce lieu si ce n'est son isolement des yeux indiscrets.

Je m'asseyais pour reprendre mes esprits. J'avais bloqué leur souvenir depuis les révélations de Jacob. C'était la première fois que je me permettais de les évoquer à nouveau.

C'était alors un autre souvenir, celui de James qui me revenait. Mon esprit les associait immédiatement. Il fallait que je me rende à l'évidence, Jacob me l'avait confirmé, James était un vampire. Ça expliquait son comportement et ses facultés hors du commun. Et là me revenait la fin de la légende Quileute, Les Cullen…

- Des vampires… dis-je à voix haute.

Pourtant si ce n'est leur teint blanc, rien ne les reliait à James. Ils évoluaient parmi les humains sans porter atteinte à leur intégrité.

Seule l'attitude agressive d'Edward envers moi dénotait. Etait-il possible qu'il ait voulu me tuer ? Mais rien n'aurait dû l'arrêter. Je n'avais éprouvé aucune peur à ses côtés. Alors que James m'avait immédiatement poussée à fuir.

Encore une fois je pouvais me torturer pendant des heures. Aucune réponse ne viendrait. Ils étaient partis avec leurs mystères.

Je jetais un dernier regard aux alentours avant de quitter la clairière, j'eus l'impression de distinguer deux yeux jaunes à la lisière du bois. C'était trop grand pour être humain. D'un coup les yeux disparurent dans l'ombre. Je ne m'étais pas trompée la meute veillait. Ils devaient fort peu apprécier que je me ballade à nouveau seule et encore plus à cet endroit.

Surprise par quelque chose de froid qui venait de tomber délicatement sur ma main. Je levais les yeux et constatais qu'il commençait à neiger, incroyable au mois de juin même pour Forks. Cette ville concentrait à elle seule les choses les plus étranges qu'il m'ait été donné de connaître.

Je me relevais et retournais vers ma voiture laissant la maison derrière moi. Je devais aller de l'avant, m'éloigner de ce monde. Laisser cette vie derrière moi.

En rentrant chez moi, j'avais enfin les idées claires. J'avais pris la décision de quitter Forks après la remise des diplômes. L'université de toute façon m'attendait. Mes faibles économies ne me permettaient que d'aller à Seattle à quelques heures de Forks mais c'était mieux que rien.

Mes révisions pour les examens, que je passais avec succès, m'empêchèrent de voir le temps s'écouler. L'année scolaire se termina rapidement. La remise des diplômes marqua la fin du lycée.

Avant de partir pour Jacksonville, ou j'avais souhaité passer l'été pour m'éloigner de Forks au plus vite sans inquiéter Charlie, je reçu une lettre de Jacob.

Bella,

Pardonne moi.

Je t'aime de tout mon cœur, comme jamais je ne pourrais aimer quelqu'un d'autre.

Chaque moment partagé avec toi a été le meilleur de ma minable vie.

Mais je suis un trop grand danger pour toi. Je m'en veux déjà assez d'avoir pris trop de risque. A tout moment je pourrais te blesser comme Sam avec Emilie et je ne me le pardonnerais pas.

Crois-moi, si je te dis que tu n'y es pour rien. Si ce monde tournait rond, sans créatures tapies dans l'ombre je t'offrirais la lune. Mais la seule chose que je puisse te donner est une protection rapprochée.

La meute veille sur toi et Charlie. « L'ours » est enfin reparti. J'espère pour toujours. Mais ne t'inquiète pas nous montons la garde.

Je t'en supplie, ne prends plus de risque comme l'autre jour. Les nids de sangsues même abandonnés ne sont pas fréquentables.

Charlie a appris à Billy que tu partais pour l'université de Seattle. Je suis heureux pour toi. Profite de ta vie Bella, fait des études, trouve le métier de tes rêves. Tu le mérites amplement.

J'espère qu'un jour tu ne m'en voudras plus et que tu garderas de moi le souvenir d'un ami.

Adieu Bella

Jacob

Je roulais la lettre en boule dans ma main d'un geste rageur. Comment pouvait-il se permettre de faire de telle déclaration et me sortir définitivement de sa vie sans préavis et après tout ce que je lui avais donné de ma personne ?

La seule chose que je retenais dans ce courrier était le départ de « l'ours ». De toute façon comment était-il possible dans notre vaste monde que je croise par deux fois la route de vampires ? Et si cet homme et cette femme étaient réellement les compagnons de James ils n'avaient aucun moyen de me lier à lui.

POV Edward

Une nouvelle année scolaire s'ouvrait devant moi. La dernière au lycée pour Alice et moi. Rose, Jasper et Emmett suivaient des cours à la fac. Rose avait obtenu de ne pas refaire tout le lycée en arrivant à Rockwood et de reprendre là ou nous nous étions arrêtés à Forks.

L'été avait été très calme. Jasper et Alice étaient partis en Amérique du Sud, Rose et Emmett en Europe. Esmée et Carlisle étaient restés. Carlisle ne voulait pas que je sois seul lors de mes gardes. D'après lui je mettrais des années à réellement me maîtriser. Sa présence me rassurait et je lui étais reconnaissant de m'accompagner.

J'avais fait d'énorme progrès en travaillant tout l'été. Aucun incident n'avait été à déplorer. J'avais pourtant été en présence de patient en urgence vitale souffrant d'importantes hémorragies. Certains d'entre eux provoquaient une montée de venin dans ma bouche et une légère tension dans mes muscles mais ça s'arrêtait là. Il arrivait même que je n'aie aucune réaction.

Je compris alors que mon attraction envers Bella allait au-delà de mon attirance pour son sang. Sinon pourquoi serais-je obsédé alors que j'étais si loin d'elle et de son parfum ?

Je m'étais remis au piano pour la plus grande joie d'Esmée. Ca faisait partie du contrat que je m'étais fixé pour reprendre une vie normale après la discussion familiale. Par contre je n'étais plus capable de composer. Je me contentais d'interpréter et ça soulageait une partie des tensions de mon esprit.

Tout était à peu près rentré dans l'ordre et chacun avait repris sa place dans la famille.

Je m'étais fait la promesse de tenir mes engagements et chaque jour je m'efforçais en plus de mes nombreuses occupations d'interagir avec chaque membre de la famille comme je le faisais auparavant. Je m'obligeais à ne plus penser à Bella, J'avais caché sa photo sous une latte de mon parquet de chambre et depuis je ne l'avais pas regardée.

Alice m'avait momentanément fichue la paix. Sans doute le mode de vie que je m'imposais empêchait mon esprit d'envisager un retour à Forks et par là même ne lui offrait plus d'occasion d'avoir des visions de moi retournant là bas.

Je me persuadais que tant que je tiendrais ce « régime », je résisterais à la tentation et j'espérais qu'avec le temps mon obsession pour Bella s'atténuerait. Du coup mes relations avec Alice n'étaient plus aussi proches qu'elles avaient pu l'être dans le passé mais j'espérais que là aussi le temps ferait son œuvre. Alice me tournait souvent autour et je savais qu'elle reviendrait la charge un jour ou l'autre mais pour l'instant aussi étrange que cela me paraisse elle semblait avoir abandonné.

Rosalie depuis qu'elle avait vidé son sac dans le garage me fichait la paix. Nous avions retrouvé nos jeux idiots avec Emmett, Jasper et moi étant ses cobayes.

Pendant les vacances de noël, Emmett et Rosalie étaient partis chez nos cousines de Denali avec l'intention de les inviter à passer quelques jours dans notre nouvelle résidence.

Je n'étais pas enthousiaste d'avoir autant de monde dans la maison. Paraître heureux et civilisé serait d'autant plus difficile. Et il serait vu comme impoli par tous de vaquer à mes occupations sans consacrer du temps à nos invités.

D'un autre côté ils étaient comme des membres de la famille et les voir agrandirait mon horizon. J'appréciais particulièrement la compagnie d'Eleazar, écouter ses histoires était toujours instructifs et les échanges avec lui passionnants.

J'étais gêné de retrouver Tanya, notre dernière entrevue datait de ma fuite en Alsaka après mon premier jour de cours avec Bella. Je l'avais une nouvelle fois repoussée. Ses sentiments pour moi n'avaient sans doute pas changé et mon statut de célibataire ne l'inciterait pas à abandonner.

Les retrouvailles furent conviviales. Tout le monde était soulagé de voir des nouvelles têtes après cette période de tension familiale.

Les trois sœurs, Kate, Tanya et Irina étaient égales à elles-mêmes énergiques et joyeuses. Elles mettaient de la vie dans la maison. Emmett ne se lassait pas d'écouter les histoires de leurs conquêtes parmi les humains. Il était ravi d'avoir trouvé de nouveaux compagnons de jeux et nous poussait à des paris plus stupides les uns que les autres. Rosalie et Alice profitaient également de cette présence féminine enjouée.

Le couple formé par Eleazar et Carmen était toujours aussi lié et apportait le pendant de calme et d'apaisement qui manquaient parfois aux trois sœurs.

J'évoluais parmi la famille agrandie en montrant autant d'aisance qu'il m'en était possible. Eleazar eut de longes discussions avec Carlilse, Jasper et moi au sujet des nouvelles que les uns les autres avaient glanées au grès des rencontres avec nos congénères.

J'évitais Tanya la plupart du temps mais quand je la croisais elle tentait tant bien que mal de bloquer ses pensées envers moi et je l'en remerciais intérieurement.

Le soir du nouvel an Carlilse, Esmée, Eleazar et Carmen se rendirent à un concert de musique classique à Bangor nous laissant entre « jeunes » pour fêter la nouvelle année.

Je détestais ce genre de manifestation. Se sentir obligé de faire la fête tous les 31 décembre était la chose la plus absurde des traditions humaines. Mais ça faisait plaisir à Alice qui tenait par-dessus tout à ce genre de coutume et avec mes nouvelles résolutions je ne pouvais pas faire les rabats joies.

Les filles préparèrent une décoration comme seule Alice en avait le secret. Le salon était transformé. On aurait pu croire à un club branché New Yorkais, elle avait du dépenser une fortune pour ça.

Je n'avais absolument pas envie de faire la fête mais après avoir chassé plus que de raison, je me joignais aux autres et tentais de faire bonne figure. J'avais toujours été de bon cœur aux fêtes organisées par Alice sachant le plaisir que ça lui procurait. Mais ce soir j'avais l'impression de jouer une vraie comédie.

Je devinais immédiatement qu'ils tramaient quelque chose. Alice, encore plus excitée que d'habitude récitait sans cesse les titres de la playlist de la soirée. Elle se trémoussait au milieu de la pièce sur un remix de MGMT avec Rosalie. Cette dernière parcourait le catalogue des pièces détachées BMW en allemand dans le texte et me lança son plus beau sourire hypocrite en m'invitant à les rejoindre.

Emmett et Jasper étaient affalés dans un canapé et admiraient leurs moitiés. Les pensées d'Emmett étaient concentrées sur le décompte des positions du kamasoutra qu'il avait pratiqué avec Rose. Je tentais immédiatement de bloquer ses pensées hors de ma tête. Jasper lui parcourait des partitions de guitare.

Tanya et ses sœurs ne cachaient rien. Dès qu'elles me virent elles vinrent me chercher. Irina saisit mon bras et m'entraîna au milieu de la pièce pour danser.

Je me laissais aller non sans avoir jeté un regard soupçonneux à ma fratrie. L'un ou l'autre, sans doute Emmett, finirait bien par craquer et me dévoilerait leurs intentions.

Les pensées de Tanya vinrent me percuter. Elle s'était figée et me regardait d'un œil admirateur, ses pensées s'accordaient entièrement à son regard. Je réalisais alors que mon corps suivait la musique et les mouvements d'Irina et Kate de chaque côté de moi. Je me raidis immédiatement.

- Cool Eddie ! Continue à bouger ton corps ! rigola Emmett en nous rejoignant.

Sa façon de danser était aussi subtile que celle d'un grizzly mais ce n'était pas les complexes qui l'arrêtaient.

La musique d'un slow s'éleva dans la pièce. C'était oublier Alice que de penser qu'elle m'épargnerait ça. Irina m'invita immédiatement. Je vis le sourire pincé de Tanya quand elle rejoint Kate dans le canapé.

Pendant la danse qui ne me provoqua aucune émotion. Décidément j'étais réellement de marbre ! Je vis Alice et Rosalie s'échanger des clins d'œil. Mais leurs réelles pensées étaient toujours impénétrables.

A la fin du morceau, je remerciais galamment Irina et allais m'asseoir auprès de Jasper. Alice arrêta la musique et se mit en tête de convaincre tout le monde d'aller en boite de nuit. Je décidais que j'avais assez donné pour la soirée.

A mon grand étonnement elle n'insista pas pour me retenir. Je les laissais se préparer en leur souhaitant une bonne fin de soirée et je montais lentement dans ma chambre pour lire.

J'arrivais au dernier étage et constatais que la porte était entrouverte et de la musique douce en sortait. Je savais qu'il y avait quelqu'un dans mon antre. J'ouvrais complètement la porte et jetais un regard circulaire. Je vis alors Tanya allongée sur mon canapé entourée d'un drap. Que faisait-elle là ? Je n'avais même pas remarqué qu'elle n'était plus avec les autres.

Elle se leva et je me rendis compte que le drap autour d'elle était la seule chose qui recouvrait son corps. Elle lança sa longue chevelure blonde en arrière et s'avança vers moi d'un pas félin.

La panique commença à monter en moi, il fallait que je sorte d'ici au plus vite. Quand tout à coup je fus submergé par une onde de bien-être. Mon corps ne m'obéissait plus, je me déconnectais de la réalité.

- Salut Edward. Je me suis permise de t'attendre ici. Rose et Emmett m'ont fait savoir que tu avais besoin de te changer les idées.

Elle arriva face à moi et plaça ses mains sur ma nuque. Mes bras restaient collés le long de mon corps. J'avais la sensation que je devais me détendre. Elle leva son visage vers le mien. Elle sourit et caressa mes épaules et ma nuque.

- Laisse toi aller Edward…

Elle pressa contre moi. Elle se mit sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur les miennes. Ce fut comme un électrochoc je sortis de ma torpeur. Je compris que j'étais sous l'influence de Jasper. Toutes les pensées de mes frères et sœurs au rez-de-chaussée me percutèrent en masse. Ils m'avaient tendu un piège.

Il fallait que je me sorte des griffes de Tanya en premier lieu. Je posais mes mains sur ses épaules. Elle prit ça comme un encouragement de ma part et approfondi son baiser caressant mes lèvres avec sa langue. Je la repoussais alors sans ménagement.

Le drap qui l'entourait tomba et elle se retrouva nue devant moi. Elle ne fut aucunement gênée et tenta de se rapprocher à nouveau.

- Edward, laisse toi faire. Il n'y aura aucune conséquence. Nous sommes entre adultes consentants, nous avons bien le droit de nous amuser !

Je détournais les yeux gêné par sa nudité et d'un mouvement rapide ramassais le drap et le lui tendit.

- Tanya je suis désolé il n'y a rien entre nous, il n'y a jamais rien eu et il n'y aura jamais rien. J'ai l'impression d'avoir eu cent fois cette conversation avec toi !

- Ce n'est pas grave que tu n'éprouves rien pour moi. J'ai assez de sentiments pour deux et j'ai envie de te faire plaisir. Je sais que tu en as besoin. Vois ça comme un cadeau pour la nouvelle année.

- Je ne sais pas qui t'a mis ça en tête. Enfin si j'imagine très bien. Et je suis désolé que tu aies été entraînée dans tout ça. Mais je suis assez grand pour savoir ce que je veux et ce qui est bien pour moi et il est hors de question que je partage plus que de l'amitié avec toi Tanya !

- Arrêtes d'être si gentleman. Laisses parler tes instincts et profitons de l'instant présent ! dit-elle en laissant tomber à nouveau le drap.

Je me détournais aussitôt.

- Tanya si tu veux que nous puissions encore être amis je te demande de te rhabiller et de sortir de ma chambre immédiatement. Je ne t'en veux pas car je pense que tu n'es pour rien dans toute cette histoire. Mais s'il te plait va t'en maintenant ! dis je d'un ton dur entre mes dents.

Elle passa alors dans un éclair devant moi toujours nue et dévala les escaliers.

« Comme tu veux. Mais je pense que tu te trompes. Tu aurais dû profiter de l'influence de Jasper pour te laisser aller. C'est toujours la première fois la plus dure… »

Je bouillais de rage. Je serrais les poings. Toute mon attention se tourna vers les miens. Plus un mouvement en bas, ils étaient figés. Même leurs esprits étaient muets. Ils avaient tout suivi et savaient que la réaction allait être violente.

Je descendis dans le salon. A mon arrivée Irina et Kate se retirèrent sans doute pour aller rejoindre Tanya. J'entendais à leurs pensées qu'elles n'avaient pas été mises au courant et qu'elles avaient assisté à la scène en spectatrices. Je les laissais passer et me retournais vers mes frères et sœurs.

Emmett me fixait d'un air boudeur à côté de Rosalie qui affichait un sourire narquois. Alice avait les traits pincés et me provoquait du regard. Seul Jasper semblait gêné et regardait ses pieds. Ce qui ne l'empêcha pas de lancer une onde de calme dans la pièce. Il devinait très bien mon humeur et devait s'inquiéter des conséquences.

- Arrête ça tout de suite Jasper, ça ne va pas arranger les choses au contraire ! J'exige des explications ! Lequel d'entre vous à monté cette stupide et cruelle mascarade ?

- Oh ! Tu y vas un peu fort ! On voulait juste te rendre service, t'offrir un peu de bon temps. Et Tanya était plus que volontaire pour t'aider ! me lança Rosalie

- Je me fiche de ce que pense Tanya. Je connais ses envies depuis longtemps et je ne suis pas étonné de son implication. Mais vous Alice et Jasper ?

- Si tu veux tout savoir cher frère pour qui tout va bien dans le meilleur des mondes. Rose et Emmett en allant à Denali ont eu la bonne idée de vous aider un peu, Tanya et toi, pour vous mettre en couple. Après tout tu dis être heureux et qui ne le serait pas encore plus en ayant une compagne ? Quand ils nous ont confié leur plan hier, nous avons été ravis de t'aider. Après tout tu n'as pas fait vœux de chasteté tu peux au moins prendre du bon temps !

- Très drôle Alice ! Je suis déçu de te voir participer à ce genre de plan ! Passe encore pour Emmett et Rose !

- Oh c'est bon hein ! Je suis ton grand frère et je prends soin de toi ! dit Emmett avec la voix d'un enfant à qui on aurait gâché une surprise

- Soyons clair, j'adore te mettre dans des situations embarrassantes ! Tu étais incroyable, plus coincé tu meurs. Excuses moi pour le jeu de mot. Et si tu attends des excuses, sache que je ne regrette pas, j'ai fait ça pour ton bien ! me lança Rosalie en tournant les talons pour quitter la pièce.

- Ouais c'est clair, même Jasper n'a pas réussi à te décoincer ! Putain Edward une bombe comme Tanya à poil dans ta chambre prête à tout et toi tu restes de marbre et tu la vires ! T'as vraiment un sérieux problème mec ! Je ne comprends vraiment pas comment tu fonctionnes !

- Mais dans quel monde tu vis Emmett ! Tu ne voulais pas la payer non plus ?

- Calme toi frérot. J'avoue, l'idée était de moi. Tanya nous posait quinze mille questions sur toi quand on était là bas. Je savais qu'elle était mordue de toi mais sur le coup ça m'a donné cette idée ! Je me suis dit qu'au moins tu partagerais un bon moment avec une chouette fille ! Excuse moi mec je me rends compte que t'es vraiment un mystère pour moi et je ne voulais pas te foutre en rogne ! dit il ne pouvant s'empêcher de ricaner.

« Quoique j'adore ta tête en ce moment ! Ca vaut bien un vase non ? Sans rancune ? ». Il partit hilare rejoindre Rosalie.

- Edward je suis désolé, c'était absolument stupide comme idée et irrespectueux. Je suis d'autant plus coupable d'avoir utilisé mon pouvoir sur toi. J'espère que tu nous pardonneras. On a cru agir pour ton bien ou tout du moins participer à une bonne blague d'Emmett !

Jasper me lança un sourire implorant.

- C'est bon Jasper. Je suis juste étonné que tu te sois laissé entraîner là dedans.

Alice me fixait toujours d'un air de défi. « Aucun regret non plus de ma part. J'avoue que le stratagème était grossier. Mais pourquoi avoir résisté ? Et épargnes moi tes grands principes du début du XXème siècle. Réfléchis à tout ça ! Ton cœur n'est-il pas déjà pris ? »

Cette fois ce fut moi qui tournais les talons. Elle n'abandonnerait donc jamais ? Je connaissais la réponse : elle était négative. Mais j'avais espéré qu'elle se lasserait à la longue. Elle avait profité de l'idée de Rose et Emmett pour poursuivre son propre plan ! Mais c'était sans compter sur ma résistance et les promesses que je m'étais faite.

Je me dirigeais vers le garage et trouvait Tanya assise sur le capot de ma Volvo, enfin habillée !

- Je tiens à te présenter mes excuses. Emmett est venu me voir ce soir. Il m'a dit que tu étais malheureux d'être le dernier célibataire de la famille et que ta timidité faisait que jamais tu n'oserais franchir le pas. Que si j'étais partante il ferait tout pour me faciliter la tâche. Bêtement j'ai cru pouvoir te convaincre et faire tomber tes résistances. Je pensais être au minimum attirante, dit-elle d'un ton triste.

- C'est bon Tanya, je me doute que tu n'as pas monté ce plan. Et détrompe toi sur tes capacités à séduire un homme. Mais je te l'ai déjà dit je ne suis pas le bon. Je ne peux pas me l'expliquer moi même mais c'est comme ça.

- Toujours amis ?

- Oui, mais tu me pardonneras si je ne vous revois pas avant votre départ, j'ai besoin de prendre l'air !

- Ok, encore désolée, à bientôt j'espère !

- Dis au revoir à tes sœurs et à Carmen et Eleazar de ma part. A bientôt Tanya.

Elle quitta ma voiture et me laissa passer alors que je démarrais en trombe.

Je m'échappais quatre jours, le temps de retrouver mon calme. Je roulais approchant une fois dangereusement l'Etat de Washington. Mes pensées étaient à nouveau tournées vers Bella. L'envie de la voir me tordait le ventre. Si seulement ça avait été elle qui m'attendait dans ma chambre…

Je secouais la tête je n'allais pas me laisser contaminer pas les pensées obscènes d'Emmett et par les obsessions d'Alice !

Je fis demi-tour vers le Maine. Il était inutile de leur en vouloir. C'était déjà assez dur pour moi de vivre parmi eux et de paraître heureux. Et puis Carlisle et Esmée n'avait pas besoin de savoir ça. Carlisle avait été clair au sujet des disputes familiales, ce n'était pas la peine de le fâcher.

Finalement je les reconnaissais tous dans cette histoire. Emmett égal à lui même aurait été le premier à mettre son nez au carreau pour assister à la scène si nous avions été plus loin et à m'emmener chasser pour fêter ça après. Rosalie ne ratait pas une occasion de me mettre mal à l'aise même si au delà elle n'aurait pas vu d'un mauvais œil une relation entre Tanya et moi.

Alice poursuivait inexorablement ses plans obscurs. Je m'expliquais plus difficilement l'attitude de Jasper mais je suppose que sous la torture d'Alice n'importe quelle petit ami fou d'amour aurait cédé.

C'est donc apaisé que je réintégrais la maison de Rockwood. Jasper et Emmett rasaient les murs mais furent rapidement soulagés par mon attitude. Alice et Rosalie avaient juste l'air d'attendre la prochaine occasion. Carlisle et Esmée furent soulagés de mon retour, ils ne savaient pas ce qui s'était passé mais se doutait que l'on avait frôlé une nouvelle crise familiale.

Le quotidien reprit son cours tel une machine bien huilée.

Au printemps, une série d'orage secoua le Maine, météo idéale pour la pratique du base-ball dans notre famille. L'orage nous permettait de jouer de toutes nos forces couplant nos coups de batte au tonnerre.

Mes frères étaient comme des gosses. Leur joie était contaminante. Nous n'avions pas joué depuis Forks. Emmett avait trouvé le terrain idéal, une vaste prairie perdue dans les Highlands du Maine au pied d'une formation rocheuse.

Nous profitâmes d'une journée particulièrement orageuse pour nous y rendre. La partie était acharnée. Rosalie, Jasper et Carlilse menaient de quelques points mon équipe.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas été aussi insouciant et j'en profitais pleinement.

Alice allait lancer la balle quand elle se figea, perdue dans une vision. En même temps que je voyais l'image dans sa tête je sentis leurs présences. Deux vampires se dirigeaient vers nous. Nous nous rassemblâmes prêt à nous défendre si nécessaire.

Un homme brun aux cheveux ras, de taille moyenne et une femme aux cheveux rouge débouchèrent de la forêt avoisinante et s'arrêtèrent à quelques mètres de nous.

- Bonjour, nous ne voulions pas vous interrompre mais nous avons été attirés par le bruit de votre partie. Je me présente Laurent et voici Victoria, nous lança le brun.

La femme en retrait nous dévisagea une expression curieuse dans le regard.

- Bonjour à vous, excusez notre attitude mais nous ne voulions pas nous faire surprendre par des humains, lui répondit Carlisle.

- Dommage il aurait été intéressant d'avoir un pique nique ! gloussa le brun.

- Nous avons un régime alimentaire particulier et avons notre résidence près d'ici donc si vous pouvez éviter d'attirer l'attention des humains nous vous en serions extrêmement reconnaissants.

- Un résidence permanente ? Un régime particulier ? Vous m'intéresser ! Serions-nous désobligeants si nous nous joignons à vous pour jouer quelques balles et échanger sur vos pratiques ?

- Nous n'y voyons pas d'inconvénient. A vous l'honneur.

A ses pensées je voyais que Laurent était réellement intrigué par notre famille. Victoria elle se demandait pourquoi elle avait l'impression de nous avoir déjà croisés. Elle était méfiante et son attitude me crispait.

Alice le remarqua et me rassura par ses visions. « Ils ne nous veulent aucun mal. Partageons un peu de temps avec eux et ils partiront ».

Je restais sur mes gardes tout comme Jasper aussi tendu que moi au contact de mon humeur. Mais la partie continua sans encombre. Emmett était ravi de tester sa force avec des nouveaux venus. Rosalie défiait du regard Victoria pour je ne sais quelle obscure raison purement féminine qui me dépassait.

A la fin de la partie Carlisle leur expliqua notre mode de vie. Laurent était fasciné mais se sentait incapable de nous suivre. Victoria était toujours plongée dans sa recherche à notre sujet et n'était aucunement intéressée par nos habitudes.

Une fois rassurés sur nos intentions et notre pacifisme ils nous demandèrent si nous n'avions pas croisé James leur compagnon de route. Ils avaient eu une divergence alors qu'ils chassaient dans l'Etat de Washington et avaient décidé de séparer leur route pour quelques mois. James avait promis de les rejoindre par la suite soit au Canada leur première destination ou au Mexique leur destination suivante.

A l'évocation de l'Etat de Washignton je me tendis encore plus. Victoria le remarqua immédiatement et vrilla son regard dans le mien. Elle s'interrogeait sur mon attitude.

Carlisle leur assura que James nous était inconnu mais que nous ne manquerions pas de lui faire part de leur visite si nous le croisions.

Ils s'apprêtaient à partir quand Victoria prit la parole pour la première fois.

- Connaissez-vous les alentours de la ville de Forks ?

- Nous y avons résidé plusieurs fois effectivement, lui répondit Carlilse. Pourquoi cette question ?

- C'est juste que c'est un endroit très ressemblant à votre lieu de vie actuel et c'est la ville ou nous avons vu James la dernière fois.

- Nous n'y sommes pas retourné depuis plus d'un an. Nous commencions à être un peu trop remarqués par les humains. Je pense que votre ami a dû passer son chemin, le terrain de chasse est assez limité là bas, Seattle est sans aucun doute bien plus attrayante au vu de votre régime alimentaire.

- Sans doute. Dommage que vous ne puissiez pas plus nous aider.

- Merci encore pour tout. Nous allons vous laisser. Espérant recroiser votre route, votre compagnie est très instructive. A bientôt, dit Laurent en entraînant Victoria avec lui.

Ils s'éloignèrent en courant. J'étais toujours focalisé sur les pensées de Victoria. Elle avait finalement fait le rapprochement entre nous et les anciennes pistes que nous avions laissées autour de Forks. Elle nous croyait quand nous disions ne pas y être retournés mais mon attitude l'intriguait. Elle plongea dans ses souvenirs d'une discussion animée avec James à propos de nos traces qui pouvaient être celles d'ennemis et à propos d'odeurs animales celles là fraîches et encore plus hostiles. Suivant son instinct, elle avait alors pris la décision de fuir. Et Laurent l'avait suivie.

Je réfléchissais en les écoutant s'éloigner. Quand ils furent hors de portée je m'exprimais sans le vouloir à voix haute.

- Les loups occupent à nouveau notre territoire.

Tous se retournèrent vers moi.

- Pardon ? m'interrogea Carlisle.

Je soupirais j'en avais trop dit et mon inquiétude était telle que je ne pouvais la cacher à Jasper.

- Les pensées de Victoria me laissent supposer qu'ils ont fui avec Laurent à cause de nos odeurs bien qu'anciennes mais surtout celles d'animaux qu'elle ne savait pas identifier et qui lui provoquaient de la peur. J'en déduis donc que les Indiens ont réinvesti notre territoire depuis notre départ.

- Ce qui paraît logique. Et ce n'est pas un mal pour les habitants. Ils assureront leur protection. J'espère que ce James a passé son chemin.

- Moi aussi car le peu que Victoria et Laurent m'ont laissé entrevoir n'était pas rassurant. La chasse à l'air d'être plus un jeu qu'un moyen de subsistance pour lui.

- Rentrons, proposa Carlisle.

L'ambiance festive de la journée était retombée d'un coup. Tous se taisaient alors que nous regagnions la maison.

Une fois là-bas je ne pouvais me retenir et fonçais dans ma chambre arrachant presque la latte de parquet. Je me saisis d'une pochette en velours noir. Je l'ouvris et en sortait la photo de Bella. Je m'étais imaginé que la voir me rassurerait, qu'elle n'avait rien à craindre. Mais je réalisais alors que je mourrais d'inquiétude pour elle.

Finalement, je n'étais pas le seul prédateur qui pouvait lui nuire. Quel idiot de m'être imaginé comme le seul danger pour elle. Alors que j'aurais peut être pu la protéger. Mais comment ? En me tapissant dans l'ombre en la suivant pas à pas ? En souffrant le martyre à chaque fois que je la voyais ? En risquant de la tuer moi même à chaque minute ? Et comment ne finirait-elle pas par me remarquer ? C'était impossible, je m'étais fait une promesse et je devais la tenir.

J'avais deux solutions. Soit retourner là bas et vérifier qu'elle était bien vivante et replonger dans mon addiction pour elle et peut-être la tuer. Ou céder à Alice et la supplier de se concentrer sur l'avenir de Bella.

Je descendis alors d'un étage. Alice m'attendait devant la porte de sa chambre, un sourire au lèvre, une vision de moi à Forks devant une petite maison blanche devant laquelle était garée une voiture de police. Celle du shérif Swan. La maison de Bella Swan…


Ben c'est pas malin ça ils sont tous partis de Forks maintenant !

Allez ! Préparez les tomates pourries, mais je vous préviens, sur le dos d'Edward, je cours beaucoup plus vite que vous ! Avec un peu de chance vous viserez le bouton vert !