…Ouh ouh il y a encore quelqu'un ?
Et oui c'est moi qui reviens à pas de vampire (Team Edward !) avec mes plus plates excuses pour le retard. Encore que j'avais dit fin de cette semaine au plus tard à celles qui ont un compte donc je suis encore dans les temps ! Bon je vous passe le laïus, famille, boulot… et surtout chapitre de plus en plus long donc de plus en plus long à relire (j'avoue, je le supporte plus ce chapitre !)…
Mais me revoilà avec la suite réclamée à corps et à cris par mes fidèles revieweuses que je remercie du fond du cœur!
Malgré la requête de Kit3180, Bruce a refusé de faire une apparition, j'ai donc dû me débrouiller avec les moyens du bord (une blonde, euh non une rousse ou peut-être une brune…) pour débloquer les choses !
A celles qui n'ont pas de compte mais ont eu la gentillesse de me laisser un petit mot :
Jessica31000 : merci de ta review, j'espère que ce chapitre va te plaire et te laisser l'espoir qu'Edward bouge enfin son joli petit cul !
Fan2manga : une nouvelle fois merci de ta review ! Et oui Bella a respiré pendant le dernier chapitre, mais tu crois vraiment que je vais la laisser vivre une petite vie tranquille avec Alex ? Quant à Edward, il ne s'arrange pas mais c'est Edward, le rôle de l'homme torturé c'est pour lui ! Et Alice tu vas voir elle va jouer la carte de la franchise cette fois, va-t-elle réussir ?
Nana : merci de ta review, t'inquiètes pas la torture ne sera plus très longue si vous êtes gentilles avec moi -). Moi aussi je veux vite un Bella/Edward, d'ailleurs qui sait je suis peut-être en train de l'écrire en ce moment…
Pour ce chapitre je vous suggère d'écouter « Angel » de Massive Attack au moment ou Bella est dans la voiture de Charlie.
Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer
Que le spectacle commence !
Chapitre 7 : Un accident…
POV Bella
Alex et moi n'étions pas aussi démonstratifs qu'Angela et Ben mais on ne pouvait se tromper sur la nature de nos relations. Je m'étais totalement investie dans notre couple, l'attendant à la sortie des cours, le supportant pendant ses matchs, lui préparant des diners surprises…
C'était lors d'une de ces soirées que j'avais laissé tomber ma dernière barrière, m'offrant entièrement à Alex. Ma première fois avait été douloureuse et maladroite, comme je me l'étais toujours représentée d'après les histoires que j'avais entendues autour de moi. Depuis je m'appliquais à être de plus en plus à l'aise. Bien qu'Alex soit d'une douceur exemplaire le sexe restait pour moi agréable mais manquait de l'étincelle de chaleur et de passion que je lui avais toujours associée dans mon imagination. Je me rassurais en me disant que je fantasmais un peu trop la vie réelle.
Je dormais de plus en plus souvent chez lui. Sa présence me tranquillisait bien que mes cauchemars revenaient cycliquement. Il finit par m'interroger lui aussi sur ce prénom que je scandais dans mes rêves. Je lui assurais que c'était une très vielle connaissance avec qui je n'avais plus de lien. Mais il se doutait que le fameux Edward devait être plus important pour moi que ce que j'avouais. Quant à moi je ne comprenais pas pourquoi mon inconscient ne voulait pas l'oublier.
A part cet écart notre relation était calme et routinière. En fait c'était ce que je recherchais. Nous y trouvions tous les deux notre compte. Nous étions deux personnes blessées par notre passé et nous nous accordions pour ne pas l'évoquer.
A ce moment de ma vie je pouvais dire que j'étais parfaite dans le rôle de la petite amie. Tellement que je me mis même à croire à mon propre jeu.
Seule Angela continuait à me regarder de son air interrogateur comme si elle n'était pas satisfaite, comme si elle n'était pas dupe de mon attitude.
Durant le mois de février, Alex tenta d'appeler ses parents pour donner de ses nouvelles pendant que je nous préparais un déjeuner dans son appartement. La conversation fut houleuse et il raccrocha en colère comme jamais. Apparemment ils refusaient toujours ses choix de vie.
Je n'osais intervenir et le laissant affronter ses émotions seul. Je gérais encore avec difficulté mes propres sentiments et je me sentais incapable d'encaisser ceux de quelqu'un d'autre.
A partir de ce moment Alex fut de plus en plus distant. Il me reprocha même de ne pas le soutenir face à ses parents. Lâchement je battis en retraite et attendis qu'il se calme.
Une semaine plus tard il était devant ma porte, des fleurs à la main. J'acceptais ses excuses et notre relation repris son cours paisible. Je le trouvais plus froid qu'auparavant mais ne me formalisais pas. Je n'étais pas moi même très démonstrative et j'appréciais d'avoir des moments à moi seule.
Je me rassurais en me disant que je pouvais déjà être fière d'avoir enfin un petit ami.
Mais je m'étais laissée endormir depuis que j'avais quitté Forks. J'avais cru que la fuite et la négation de mon passé serait mon échappatoire, que si je le désirais et que je faisais tout pour je pouvais avoir la vie normale d'une étudiante sans histoire.
L'enchainement des évènements qui suivirent me rappelèrent cruellement qu'on ne pouvait fuir son passé et vivre sa vie comme un acteur de théâtre. Il allait me falloir ouvrir les yeux et me confronter à ma réalité.
Quinze jours avant les vacances de Pâques je profitais de l'annulation de dernière minute d'un interminable cours d'immunologie pour aller faire une visite surprise à Alex.
Je savais qu'il n'avait pas cours cet après-midi. Il devait se reposer chez lui avant son entrainement qui allait lui prendre une partie de la soirée. Au moins cela nous donnerait l'occasion de nous voir car avec le planning de plus en plus chargé de l'un et de l'autre nous passions parfois plusieurs jours sans nous croiser.
Alex m'avait donné un double de la clé afin que je puisse venir m'installer quand il n'était pas encore rentré. Supposant qu'il faisait la sieste, je n'osais pas frapper pour ne pas le réveiller. La porte n'était pas fermée à clé et en l'ouvrant je m'imaginais déjà me glisser dans son lit le long de son long corps endormi. Je pourrais peut-être glaner moi-même quelques minutes de sommeil et il serait ravi de me voir à ses côtés à son réveil.
L'appartement était silencieux, les rideaux avait été tirés. Dans la pénombre je distinguais la porte de sa chambre entrouverte. Je me dirigeais lentement et précautionneusement pour ne pas buter sur un objet qui se serait malencontreusement trouvé sur ma route.
Un gémissement de douleur ou de plaisir, je n'arrivais pas à me décider, interrompis ma progression.
- Encore, gémis une voix féminine provenant de la chambre d'Alex.
Mon premier réflexe était de prendre la fuite en bloquant toute pensée de mon cerveau trop sollicité. Mais mon manque d'instinct de survie m'obligeait à en avoir le cœur net. Je ne pouvais pas vivre dans l'ignorance.
Je repris ma progression vers la chambre. J'avais perdu toute vigilance et je butais contre le coin de la table basse laissant échapper un cri de douleur.
- Bordel, il y a quelqu'un ! Planque toi !
Cette fois c'était la voix d'Alex. Ces derniers mots réveillèrent la rage qui sommeillait en moi, je me précipitais vers la porte et la poussais brutalement la faisant rebondir contre le mur.
J'étais bouche bée. Devant moi Alex debout près du lit tentait d'enfiler son caleçon. Je distinguais une forme sous les draps. Mue par une détermination et un calme que je ne me connaissais pas, j'avançais et tirait brusquement le drap vers moi. Une plantureuse blonde dans la même tenue que mon petit ami se souleva sur les coudes et me regarda avec dédain.
- C'est elle ta petite copine de Seattle ? Je ne savais pas que tu faisais dans la plouc maigrichonne maintenant ! Tu es vraiment tombé bien bas en venant ici mon pauvre !
- Tais toi Claire, ce n'est pas le moment ! Bella chérie je vais t'expliquer…
- Il n'y a rien à expliquer, c'est limpide je te rassure !
Je tournais les talons. Une main se posa sur mon épaule retenant ma fuite.
- Bella, attends, excuse moi, je ne sais pas ce qui m'a pris, cette fille c'est Claire, mon ex. Elle vient d'arriver de Phoenix, on a bu, on a parlé du passé et j'ai dérapé ! Je sais j'ai fait le con mais je t'en supplie, pardonne moi, je t'aime !
Je ne voulais pas entendre ses excuses. Je voulais juste déguerpir de cet appartement de malheur mais sa main me retenait.
Je contenais mes larmes pour ne pas lui donner ce plaisir et me retournais vers lui. Je le fixais dans les yeux tentant de lui faire passer toute ma haine. En prenant toute l'ampleur que ma position le permettait, je le giflais de toutes mes forces. Il me regardait effaré levant une main à son visage qui portait déjà la trace de mes doigts mais il ne m'avait pas lâchée.
- Non mais ça va pas ?
- Lâche moi immédiatement !
Il me regardait toujours avec ses yeux hagards. Je savais qu'il ne fallait pas libérer la colère en moi. Mais c'était trop tard. D'un coup de genoux je le frappai alors dans l'entrejambe espérant qu'il ne pourrait plus s'en servir pendant un moment.
Il desserra alors sa prise et se recroquevilla tordu de douleur. Je m'enfuyais de l'appartement sous ses injures et celles de la blonde.
Je courais alors sans but, dans le campus, puis dans la ville. Indifférente aux regards choqués des gens que je croisais. N'ayant aucune réaction face à ceux que je bousculais et qui me haranguaient. Je sombrais. Je me noyais dans mes larmes. Je voulais oublier, ne surtout pas penser, ne surtout pas constater qu'encore une fois face à la solitude je m'étais faite charmée par les sirènes du grand amour pour mieux être roulée dans la boue après.
A ce moment précis de ma vie, je ne voyais qu'une seule solution pour oublier, boire à en perdre la raison quelques soient les conséquences. De toutes façons on ne peut pas faire tomber plus bas quelqu'un qui est déjà à terre.
J'entrais dans le premier bar que je trouvais. Il y régnait une ambiance tamisée, parfaite pour moi. Je commandais une première tequila. Mon portable commença à vibrer une fois, puis deux…puis dix. C'était Angela et Alex sans doute à ma recherche. Je ne répondais pas.
Un garçon vint me rejoindre au bar, il m'expliqua que nous avions des cours ensemble. Il me proposa de payer la prochaine tournée. J'acceptais sans un mot. Je me souvenais de mon cinquième verre après c'était le trou noir que j'avais tant recherché…
Je finis par sortir du néant et ouvrais les yeux dans un lieu inconnu.
J'étais allongée sur un lit. Il faisait sombre, j'entendais des ronflements à côté de moi. Je déplaçais mon bras et senti un corps. A mon contact, la personne grogna et me tourna le dos en reprenant ses ronflements de plus belle. Je m'assis sur le bord du lit et fit le compte des dégâts.
Ma bouche était pâteuse et je mourrais de soif. Tout mon corps était endolori et ma tête me faisait un mal de chien. J'étais en T-shirt, mon soutient gorge était dégrafé. Ma culotte et mon jean gisaient à terre à côté du lit.
Dans quel pétrin m'étais-je encore fourrée ? La pièce était seulement éclairée par la lumière qui provenait par la porte entrebâillée.
Je jetais un coup d'œil à la forme derrière moi. Je me penchais pour distinguer son visage. C'était le jeune homme du bar. Je me rappelais vaguement l'avoir aperçue dans mes salles de cours. Au moins je n'avais pas fini avec un total inconnu. Comme si ça allait me rassurer…
Je me levais attendant que ma tête cesse de tourner et j'enfilais le reste de mes vêtements. Je saisis mon sac et sortis sans bruit. Je me trouvais dans une cuisine attenante à la chambre. Le comptoir qui la séparait du salon était couvert de verres et de bouteilles à moitié vides. Je n'osais imaginer l'état dans lequel j'avais dû me trouver la veille.
Sans m'attarder je me dirigeais vers l'entrée pour sortir au plus vite. Je dévalais les marches en priant pour me retrouver dans un quartier connu ou tout du moins pas trop mal famé.
J'arrivais dehors essoufflée. L'air frais me soulagea. Mais l'effet de ma course dans l'escalier avait remué mon estomac. Secouée par un spasme violent je me précipitais vers le caniveau pour vomir. Après avoir rendu plusieurs fois je m'agenouillais plus loin sur le trottoir. Je m'essuyais la bouche avec un mouchoir.
Je m'étais lourdement trompée hier, on pouvait bien descendre plus bas que terre et à ce train là j'allais devenir championne dans la discipline. Je réalisais que je ne me reconnaissais plus depuis que j'étais à Seattle. Jamais l'ancienne Bella n'aurait pris de tels risques. Je l'avais perdue en chemin cette jeune fille mûre et réservée que j'avais été et pour devenir quoi ? Une écervelée de plus qui se jetait sur le premier inconnu ?
J'observais la rue autour de moi. Elle m'était familière. Je réalisais que c'était une de celle dans laquelle il m'arrivait de garer ma voiture quand je travaillais au bar.
C'était l'aube et heureusement pour moi les rues étaient désertes. Je décidais de rentrer à pied. Ca me prendrait pas loin d'une demi-heure mais ça me rafraichirait les idées.
Ne pas penser, ne pas penser, encore une fois la réalité à la lueur du matin était encore plus cruelle. Il fallait que je rentre, que je prenne une douche, une aspirine et que je me cache sous ma couette.
Je savais qu'Angela ne me laisserait pas faire. J'avais finis par couper mon portable hier soir et je n'osais pas le rallumer.
J'arrivais enfin sur le campus et comme je l'avais pressenti, elle était dans notre chambre morte d'inquiétude. Elle me sauta au cou et me repoussa immédiatement en plissant le nez à mon odeur.
Je la remercierais toujours pour avoir prit les choses en main ce jour là. Elle me traina dans les douches, m'attendant avec des vêtements propres. Elle me fit boire une aspirine et m'obligea à la suivre au centre médical du campus dès que j'évoquais l'inconnu avec lequel j'avais passé la nuit.
Par chance dans mon malheur, le médecin conclu qu'il n'y avait pas de trace de violence et les examens médicaux qu'il me fit faire s'avérèrent négatifs.
Angela écouta mon histoire tout du moins ce que je voulais ou pouvais lui raconter au vu de mes souvenirs. Alex était venu la trouver et lui avait vaguement expliqué que je l'avais surpris avec une fille dans sa chambre. Que cette fille était juste une vielle amie de Phoenix et qu'il y avait méprise. Je n'en revenais pas de son culot. J'allais être la fautive maintenant.
J'avais été loin de penser qu'il pouvait pardonner à son ex. Pourtant j'aurais dû être attentive à sa façon de contourner le sujet à chaque fois que l'on parlait d'elle, à sa distance depuis quelques semaines comme si quelque chose le préoccupait, à la façon dont il s'emportait parfois sans raison…Tous ces signes que je m'étais fait un devoir d'ignorer car ils ne rentraient pas dans mon tableau du parfait petit couple.
D'ailleurs avait-il réellement rompu avec elle lors de son départ de Phoenix ? Son histoire n'était peut-être que mensonge ? L'avait-elle réellement plaquée ? Ou monsieur profitait-il d'avoir une fille dans chaque ville ?
J'avais sans doute été une proie facile. Comme à chaque fois que je me sentais trop seule je sautais dans les bras du premier mâle un peu trop gentil avec moi. Et j'avais trop voulu croire à la relation idéale, au parfait petit ami aimant.
Angela pris mon partie et se révéla être un vrai chien de garde face à Alex, ses bouquets de fleurs, ses mots d'excuses et ses appels à toutes heures du jour et de la nuit.
Je me terrais et rasais les murs surtout depuis que mon presque inconnu qui se révéla s'appeler Tom, raconta à qui voulait bien l'entendre qu'il avait ramassé la petite copine d'une des coqueluches de l'équipe de basket et qu'ils avaient passé du bon temps ensemble.
Je ne savais pas comment j'allais survivre à tout ça. A quoi j'allais me raccrocher. J'avançais tel un zombie pour mes derniers jours de cours avant les vacances. Il allait falloir que je rentre à Forks pour couronner le tout, mais je n'étais plus à ça prêt.
Angela avait dû regagner Forks une semaine avant la fin des cours pour garder ses petits frères pendant un voyage imprévu de ses parents qui se rendaient aux obsèques d'un membre de leur famille. Elle avait insisté pour que je rentre avec Ben qui la rejoignait au milieu de la semaine mais je prétextais un cours important le vendredi. Elle accepta malade d'angoisse en voyant mon état mais elle me promit de venir me chercher elle-même par la peau des fesses si je ne n'étais pas à Forks le premier week-end des vacances.
En vérité, j'avais besoin de faire la route seule, pour me préparer, comme un sas de décompression avant d'affronter mon passé. Et l'état dans lequel j'étais n'arrangeait pas les choses. Je ne savais pas quelle allait être ma réaction et je ne voulais pas avoir de témoin. Il faudrait ensuite que je me recompose un visage pour rentrer chez mon père. Je ne voulais pas l'inquiéter avec mes mésaventures de ces derniers temps. Je savais qu'il serait extrêmement fâché de tout connaître de mes déboires.
Il était vaguement au courant de l'existence d'un petit ami mais nous n'en avions jamais plus discuté.
Comme promis à Angela, le samedi à l'aube je montais dans ma vieille Chevrolet pour m'enfuir de ce campus de malheur et rentrer chez Charlie.
Mais le sort en avait décidé autrement. Ma vieille guimbarde refusa de démarrer. Je n'en revenais pas. Tout se retournait contre moi. Je tapais rageusement sur le tableau de bord ne réussissant qu'à me faire mal. Je sentais la crise d'hystérie proche. Je respirais pour retrouver mon calme et composais le numéro de Charlie pour le prévenir de mon retard.
Sa voix ensommeillée me rappela l'heure matinale. Il refusa de me laisser un jour de plus à Seattle et m'informa qu'il prenait immédiatement la route pour venir me chercher. Je refusais catégoriquement qu'il parcoure une telle distance aller-retour mais il ne me laissa pas le choix et me raccrocha au nez en me demandant de l'attendre chez moi vers midi.
Je devinais derrière sa voix inquiète qu'il avait rencontré Angela. Mon amie sans dévoiler ma vie, et je pouvais compter sur sa discrétion sans faille, avait dû lui faire part de l'importance pour mon bien être vacillant de passer mes vacances en famille.
Je retournais chez moi et replongeais sous ma couette. Des tambourinements sur ma porte me sortirent du sommeil quelques heures plus tard. Je constatais qu'il était presque midi. C'était mon père. Chose inhabituelle chez lui il me serra dans ses bras pendant de longues minutes.
Après avoir partagé un repas rapide dans un fast-food, nous reprîmes la route vers Forks. Charlie resta silencieux jusqu'à la sortie de Seattle. Puis il me jeta un coup d'œil et voyant mon air pensif se mit à parler sans discontinuer comme s'il voulait m'empêcher de penser.
Il me confia qu'il était ravi de me revoir après tout ce temps. Il me trouvait amaigrie mais je lui certifiais que certes je n'étais toujours pas une grosse mangeuse mais que je m'étais mise au jogging et que donc j'étais en pleine forme. Heureusement pour moi le sommeil récupéré ce matin m'avait permis d'effacer le plus gros de mes cernes afin qu'il ne devine pas l'état dans lequel les évènements des dernières semaines m'avaient mise.
Il me décrivit ensuite sa vie depuis mon départ. Son travail qui était plutôt monotone, sans grande affaire d'envergure depuis un moment. Il aborda sa relation avec Sue Clearwater. Je compris qu'il voulait me préparer craignant ma réaction. Il était vrai que depuis le début j'avais fui les retrouvailles en famille mais pour des raisons toutes différentes.
Lui et Sue étaient maintenant un couple officiel mais ils ne vivaient pas ensemble car la maison était trop petite pour accueillir Leah et Seth et Charlie ne voulait pas vivre dans la maison d'Harry. Ils souhaitaient prendre leur temps et le moment venu ils envisageaient de se trouver une maison qui serait vraiment la leur.
Ils avaient prévu quelques repas de « famille » pour profiter de ma présence. D'après Charlie, Seth était impatient de me connaître « pour de vrai » comme il disait. Par contre il n'évoqua pas Leah. Ça ne m'étonnait pas car les souvenirs que j'avais d'elle du moment où je passais beaucoup de temps avec Jacob étaient ceux d'une fille aigrie et désagréable.
Non sans m'avoir jeté un coup d'œil inquiet avant, il me parla ensuite de Billy dont il était encore plus proche depuis la mort d'Harry. Il voyait souvent Jacob qui vivait toujours chez son père. Il avait l'impression qu'il grandissait et prenait de la carrure à chacune de leur rencontre. Puis il me glissa non subtilement qu'il ne semblait pas avoir de petite amie. Il me demanda si nous comptions nous revoir.
Devant ma réponse évasive il changea de sujet. J'eus alors le droit à un interrogatoire détaillé sur mon année à l'université. Le professionnel qui sommeillait chez Charlie ressorti et je contournais non sans difficulté les sujets que je ne voulais pas partager avec lui.
Puis d'un coup il s'arrêta. Je savais que même si Sue avait une bonne influence sur lui, ce n'était pas dans la nature de mon père de parler autant et d'être aussi curieux. J'expliquais ça par l'inquiétude qu'Angela avait fait naitre en lui en évoquant mon besoin de ma famille et la crainte de me voir fuir à nouveau.
Le silence retomba dans la voiture. Je regardais le paysage défiler devant mes yeux. Nous venions de rentrer dans la forêt de l'Olympic National Park. Le paysage si familier qui peuplait mes rêves défilait devant moi.
J'aurais du me sentir opprimée par ces innombrables arbres, cette verdure qui envahissait jusqu'à leur tronc, cette immense forêt tout juste entrecoupée par le route sur laquelle nous roulions. Mais au contraire je ressentais une sorte de soulagement et d'apaisement. Je revenais vers la source, vers le lieu ou tout mon être tendait à se trouver. Cette réaction était incompréhensible pour moi. Rien n'avait changé ces derniers mois, Forks n'avait toujours rien à m'apporter. M'y attacher était une idée stupide. L'unique chose qui me reliait à cette ville était mon père.
La route serpentait de plus en plus au milieu de la forêt et la pluie tombait en bruine. Mon père avait ralenti l'allure afin de mieux appréhender les virages dans la nuit tombante. Nous n'avions pas croisé de voiture depuis presqu'une demi-heure. La radio passait en sourdine un titre de Massive Attack qui se prêtait bien à l'atmosphère ambiante.
Nous venions de passer un panneau indiquant que Forks n'était plus qu'à 40 miles, quand à la sortie du virage suivant une ombre se matérialisa sur la route. Je réalisais alors qu'il y avait quelqu'un au milieu de la chaussée.
- Papa, attention ! hurlais-je.
Mon père l'avait vu aussi et avait déjà commencé à freiner de toutes ses forces.
La suite se déroula au ralenti. La forme humaine sur la route n'eut aucune réaction à la vue de notre véhicule fonçant sur elle.
Nous n'étions plus qu'à quelques mètres et je pouvais la distinguer dans les dernières lueurs du crépuscule, une femme aux cheveux presque rouges se tenait droite et immobile au milieu de la chaussée.
Mon père donna alors un coup de volant pour l'éviter. La voiture entrainée par sa vitesse sur le bitume humide partit en tête à queue. Je me retenais au tableau de bord.
Le hasard fit que l'on se retrouva à nouveau face à la femme quand nous la percutâmes de plein fouet. J'eus l'impression que le capot de la voiture s'enfonçait à son niveau et s'enroulait autour d'elle. Le choc me projeta en avant puis en arrière plaquée au siège par ma ceinture de sécurité. L'arrière de la voiture se souleva sous le choc et retomba enfin à l'arrêt dans un bruit d'éclats de verres percutant la chaussé. Les airs bag avaient envahi l'habitacle. J'étais sonnée.
Je tentais de reprendre mes esprits et tournais la tête vers mon père il n'était plus là. Son air bag était dégonflé et le pare brise devant lui était brisé. Je tentais de me dégager. J'eu à peine le temps de me détacher que ma porte s'ouvrit dans un grincement sinistre. Un bras me saisit et me projeta violemment sur le bas côté. Je relevais aussitôt la tête malgré la douleur en cherchant mon père des yeux.
La voiture était au milieu de la route, les vitres brisée, une fumée noire sortait de ce qu'il restait du capot. Je l'aperçu enfin mais mon soulagement fut de courte durée.
Il gisait dans une flaque sombre à quelques mètres devant la voiture, je ne distinguais aucun mouvement. Je contemplais la scène quand je m'aperçus qu'à côté de lui se tenait accroupie la femme aux cheveux rouges. Elle était toujours vivante et paraissait n'avoir aucune séquelle. Comment était-ce possible après un tel choc ? Pourquoi restait-elle immobile à regarder mon père au lieu de prévenir les secours ? Je cherchais autour de moi la personne qui m'avait sortie de la voiture mais j'étais seule.
J'essayais de me relever pour aller vers mon père. La douleur dans mes côtes me cloua au sol.
Je me mis à hurler hystérique.
- Charlie, Charlie ! Au secours aidez le je vous en supplie !
La femme leva alors la tête vers moi, ses yeux rouges virant vers le noir me transpercèrent. Le visage de James se matérialisa dans mon esprit. Je n'avais aucun doute sur ce qu'était cette femme et même plus que ça je jurais connaître son prénom.
Je rampais alors de toutes mes forces vers mon père. Je sentis un souffle glacé au creux de mon oreille.
- Inutile de te débattre Isabella, gardes tes forces, je sens que la soirée va être très longue…depuis le temps que j'attends ce moment…
Elle n'était déjà plus auprès de mon père. Elle était penchée au dessus de moi. A la vitesse à laquelle elle se déplaçait je compris que c'était elle qui m'avait sorti du véhicule. Nous étions seuls à sa merci.
Je retins un hoquet de terreur. Ils ne se contentaient plus de s'attaquer à des randonneurs dans les fins fonds des bois. Pourquoi encore moi ? Pourquoi connaissait-elle mon prénom ? Et mon père, il fallait que je l'aide. Peu importe ses avertissements, de toutes façons j'étais perdue, il fallait tenter le tout pour tout.
- Charlie ! hurlais-je à nouveau en me trainant vers lui bien que je savais que c'était peine perdue.
Je vis alors la femme à nouveau accroupie devant mon père passer la main eu niveau de son crâne et à une vitesse surhumaine revenir vers moi.
Nous étions face à face, je pouvais voir le rouge cramoisi de ses yeux. Elle était belle, mais son air sadique la défigurait.
- Tais-toi ! Tu vas payer, pour avoir survécu ! Il aurait du vivre à ta place insignifiante humaine !
- Je ferais tout ce que vous voulez, je vous le jure mais laissez mon père tranquille ! implorais-je.
- De toute façon tu feras ce que je voudrais et ton père fait partie de la vengeance. Tu vas comprendre ce que c'est de perdre un proche !
- Non, je vous en supplie !
Elle leva alors sa main dégoulinante du sang qui devait être celui de mon père. Elle lécha lentement l'intérieur de sa paume et m'adressa une grimace qui devait être un sourire rougie par le sang.
- Délicieux, ça promet si tu es aussi gouteuse que lui…
Mes pensées partaient dans tous les sens. Mon père blessé sans doute gravement vu la quantité de sang qu'elle avait sur la main juste en le touchant, la route déserte, mais même si quelqu'un était arrivé elle nous aurait trainés à l'abri des regards.
Je n'avais même pas vu qu'elle tenait sa main devant mon visage. J'eu un hoquet de dégout à la vue du sang.
- Goûtes !
Je secouais négativement la tête en proie à la panique.
- Goûtes immédiatement ou je tue ton papa chéri dans le quart de seconde qui suit !
Je savais qu'elle allait le faire et chaque minute gagnée pour Charlie me permettait peut-être de le sauver. Je pris alors mon courage à deux mains. Je priais pour ne pas m'évanouir car j'étais sure que ça allait la rendre furieuse et qu'elle s'en prendrait à Charlie.
L'odeur envahie mes narines, je me concentrais en me disant que ce n'était pas pire que de manger de la terre. Je léchais à mon tour rapidement le bout de son index. Le goût métallique du sang rempli ma bouche, j'avais envie de vomir mais je me contins.
- Tu vois que tu aimes ça ! me susurra-t-elle dans l'oreille. On va être obligé de le partager avec toi…
J'avais envie de la frapper, de la tuer, j'étais folle de rage et de peur mélangées. Les larmes commençaient à me monter aux yeux.
Soudainement elle se releva et regarda vers un point que je ne pouvais pas voir.
- Imbécile ! Je lui avais dit de me rejoindre quand il aurait détourné leur attention pas de les amener ici !
Elle émit un rugissement rageur et me regarda fixement. Je ne comprenais pas ce qui se passait mais je me doutais que ses choix étaient limités. Je crus un instant qu'elle allait m'achever là sur le bord de la route.
- Tu ne perds rien pour attendre ! J'aurais ma vengeance ! Je te retrouverais où que tu sois sur cette planète !
Ce fut ses dernières paroles avant de s'élancer dans la forêt.
Je ne savais pas ce qui l'avait fait fuir et je ne voulais pas le savoir pour l'instant. Ma priorité était Charlie. Je me trainais vers lui aux prix d'immenses et douloureux efforts.
Il était sur le côté son visage baignant dans une mare de sang. Son bras gauche avait un angle anormal. Et ses jambes s'étalaient mollement sur la chaussée. Je l'entendais gémir faiblement.
- Charlie, ouvre les yeux je t'en supplie ! Je vais te sortir de là.
J'étais désemparée. Il fallait que je trouve de l'aide. Je décidais d'aller vers la voiture pour essayer de trouver mon portable ou la radio si elle était toujours en état de marche.
J'entendis alors un bruit sourd en provenance des bois de l'autre côté du véhicule. Ça devint plus distinct, ça ressemblait à un galop produit par de grands animaux. Je me trainais à nouveau vers Charlie pour le protéger. Je ne quittais pas des yeux l'endroit d'ou le bruit me semblait provenir. Je vis alors déboucher sur la route un homme brun aux cheveux ras et aux yeux rouge. Il se tourna vers nous et à la vue de Charlie ses yeux devinrent presque noirs.
Ca ne finirait donc jamais ! Je me jetais sur mon père tentant de le protéger de mon corps même si je savais que c'était inutile face à cette créature.
Les bruits de galop s'amplifièrent et six énormes loups surgirent à leur tour se dirigeant tous vers l'homme. Il détacha alors son regard de nous et traversa la route vers les bois, les loups aux trousses. Un bruit de chute, puis de coups sourds, suivi de multiples déchirements produisant un bruit métallique assourdissant me parvinrent.
- Bella ?
Je me retournais vers la voix. Je reconnus alors Quil torse nu qui se tenait à quelques pas.
- Quil ?
Je sanglotais en proie à la panique.
- Bella, tout va bien nous sommes là. Les secours arrivent.
- Cha… Charlie …Il est blessé.
- Je sais, ne bouge pas, reste à côté de lui je veille sur vous.
Je m'allongeais alors sur le bitume humide face à mon père. Ma tête baignait dans son sang, pourtant cela m'importait peu. La pluie nous tombait dessus mais je ne sentais pas l'humidité et le froid. Je me concentrais sur sa faible respiration. Je n'osais le toucher de peur d'aggraver ses blessures.
Je me mis alors à lui parler doucement pour lui faire sentir ma présence. J'évoquais mes souvenirs d'enfance avec lui, tentant de m'y raccrocher pour effacer l'horreur de la situation.
Je m'en voulais tellement. Tout était de ma faute. J'attirais ces monstres sanguinaires. Sauf que cette fois j'avais entrainé mon père avec moi. Pourquoi l'avais je laissé venir me chercher ? Je l'avais mis en danger. Je ne pouvais retenir mes larmes et mes tremblements.
- Oh Charlie, pardonnes moi !
- Chut, calme-toi Bella, j'entends les secours. Sois forte pour Charlie.
Je tendis l'oreille mais n'entendis rien. Puis au loin le bruit d'une sirène. La minute d'après c'était l'effervescence autour de nous. Je refusais que l'on s'occupe de moi avant mon père. Ils le perfusèrent et le placèrent avec une attèle au cou sur un brancard. J'eus le droit au même traitement quelques minutes plus tard.
J'étais dans une ambulance. Je ne pouvais pas bouger la tête. Je ne voyais que le plafond. J'entendais des voix qui parlaient en langage médical. Je perçue des bribes de la conversation « grave hémorragie », « transfusion », « multiples fractures », « elle s'en sort mieux », « sans doute une côte de cassée ». On me mit une lampe dans les yeux, l'aveuglement fit que je ne distinguais même pas le visage de la personne qui m'auscultait. On me tâtait le poignet.
- Comment va mon père ?
- Difficile à dire mademoiselle tant qu'on n'est pas à l'hôpital. Pour l'instant il est vivant c'est le principal. Calmez-vous, nous vous tiendrons informée. Y a-t-il des proches que nous puissions prévenir ?
Je lui donnais les noms d'Angela et de Sue, il serait grand temps d'appeler ma mère quand j'aurais plus d'information sur notre état.
L'ambulance s'arrêta, et ce fut à nouveau l'agitation, je voyais les lumières au plafond défiler alors qu'on roulait mon brancard dans un couloir. Puis le mouvement s'arrêta et à nouveau on me mit de la lumière dans les yeux. Je demandais des nouvelles de Charlie mais on m'expliqua qu'il était parti au bloc et qu'on me tiendrait au courant.
J'avais une côte cassée, un choc un niveau de la nuque qui me forçait à porter une minerve pour quelques jours et quelques égratignures. J'étais la miraculée de l'accident. On me demanda si je me souvenais de quelques chose mais je répondis qu'un cerf avait traversé la route à la sortie d'un virage et que mon père tentant de l'éviter avait perdu le contrôle du véhicule. J'étais sorti de la voiture en rampant et que j'avais trouvé mon père dans une mare de sang.
Après avoir soigné mes blessures, malgré mes protestations, on m'administra un sédatif et je m'endormis immédiatement.
Je me réveillais dans une pièce blanche baignée de lumière devant les yeux inquiets d'Angela. Avant même que je puisse lui poser une question elle partit chercher le médecin.
- Bien Isabella, vous êtes de retour parmi nous. Comment vous sentez vous ?
- Un peu douloureux mais j'ai connu pire. Comment va mon père ?
Le médecin s'assit sur le bord de mon lit et pris ma main dans la sienne. Je détestais ça, ça ne présageait rien de bon.
- Non, non, ce n'est pas possible, sanglotais-je aussitôt en tentant de me redresser.
- Du calme, votre père est grièvement blessé mais il est vivant.
- Qu'est ce qu'il a ? Je veux le voir !
- Etes-vous vraiment sûr de vouloir tout savoir maintenant ou préférez-vous vous reposer encore.
- Maintenant, dis je entre mes dents.
- D'accord. Mais avant tout il faut que vous sachiez que votre père avait une grosse blessure au crâne qui a nécessité une opération pour la nettoyer mais ça devrait se ressouder rapidement. Il a perdu énormément de sang et nous avons dû le transfuser mais nous avons arrêté l'hémorragie. Il a également une luxation du coude gauche mais qui devrait être remise d'ici un mois. Par contre nous sommes très inquiets pour sa colonne vertébrale, mais nous ne pouvons pas nous prononcer tant qu'il n'est pas réveillé.
- Réveillé… ?
La panique transperçait dans ma voix.
- Oui, il est dans le coma mais après un tel choc c'est normal, son corps se protège et encaisse le traumatisme. Ses constantes sont stables, il devrait se réveiller dans quelques jours.
- Oh mon dieu… je veux le voir.
- Ecoutez Isabella, dans votre état ce n'est pas raisonnable.
- J'exige de le voir. Je suis capable.
- Bon ok mais pas plus de dix minutes. Vous avez besoin de vous reposer et votre père aussi.
On m'installa dans un fauteuil roulant et on me conduisit aux soins intensifs à l'étage au dessus.
Angela nous accompagnait. En arrivant dans le hall d'accueil du service je fus agréablement surprise d'être accueillie par Sue, les yeux rougis d'avoir trop pleuré. Elle déposa un délicat baiser sur mon front.
- Bella, nous sommes tous avec toi, il va s'en sortir j'en suis sure c'est un battant. Dis moi si on peut faire quoi que ce soit.
- Merci Sue, merci d'être là.
Billy et Jacob étaient également présents, ils me saluèrent. Jacob me souris faiblement et resta en retrait. Charlie avait raison il était encore plus immense que la dernière fois que je l'avais vu. Il semblait presque remplir la pièce avec ses larges épaules.
Angela se pencha à mon oreille.
- Je vais t'attendre ici Bella, transmets le bonjour à Charlie de tout le monde. Courage ma belle.
Le médecin m'accompagna dans sa chambre.
Mon père était couvert de tuyau et de bandage. Il paraissait si frêle dans ce lit blanc. J'avais envie de pleurer mais je me retins, je devais être forte pour lui.
Le médecin m'accorda dix minutes. Et me laissa à côté de son lit du côté ou son bras n'était pas luxé.
Je glissais ma main dans la sienne. Sentir sa peau chaude contre la mienne me rappela qu'il était toujours vivant et qu'il fallait qu'il s'en sorte.
- Papa, c'est Bella, je suis là, je vais bien.
Pas un mouvement pas une réaction. Seul le bip des machines remplissait le silence.
- Il va falloir que tu guérisses, pour moi, pour Sue, je t'en supplie… Je ne sais pas si tu réalises ce qu'il s'est passé et si c'est le cas j'ai une explication rassure toi, même si elle n'est pas facile à entendre… Je te promets que je ne laisserais plus jamais tout ça se produire. Je trouverais un moyen de te protéger… Mais pour l'instant il faut te réveiller et guérir ! Je t'aime tellement papa, tu m'as tellement manqué depuis presqu'un an. Je ne vais plus te laisser. Je serais à tes côtés pour que tu te rétablisses vite.
Je ne savais pas combien de temps j'allais retenir mes sanglots.
Le médecin m'interrompit. Je le remerciais de m'avoir accordé cette visite et lui demandais de faire la même chose pour Sue, lui expliquant qu'elle était la compagne de mon père. Plus on serait de gens à l'aimer autour de lui plus vite il guérirait. Et je n'avais aucun droit de le priver de Sue pas après ce qu'il m'avait raconté dans la voiture avant l'accident.
Je passais une semaine à l'hôpital entrecoupée de visite à Charlie. Son état était stable mais aucun signe de réveil. Angela resta un maximum de temps avec moi. Parfois Sue qui m'avait remercié avec effusion venait après sa visite à mon père, nous passions des moments calmes ou elle tricotait dans un fauteuil pendant que je lisais dans mon lit.
Billy était aussi venu en visite. Cette fois Jacob ne l'accompagnait pas.
J'avais prévenu ma mère. Elle avait quasiment pris la route vers l'aéroport dès la fin de ma première phrase. A force de persuasion j'avais fini par la convaincre qu'il était inutile qu'elle vienne. Je ne voulais pas d'elle dans les parages de Forks, je ne voulais pas la mettre en danger elle aussi. Elle me promit de nous rendre visite durant l'été, j'acceptais surtout pour mettre fin à la conversation.
Je fus enfin autorisée à sortir et à enlever ma minerve. Ma côte me faisait souffrir et limitait mes mouvements mais comme Angela avait décrété qu'elle venait s'installer chez mon père avec moi, je n'avais pas besoin de m'occuper de grand chose. Elle me conduisait à l'hôpital ou je passais l'après midi à coté de Charlie et elle en profitait pour aller chez ses parents et voir Ben.
La ville de Forks tenta de défiler à la maison pour me faire part de leur soutient mais Angela les en dissuada leur demandant de respecter ma tranquillité.
Elle dut repartir à l'université à la fin des vacances. Je la convainquis de s'en aller sereinement grâce à Sue qui prit le relai auprès de moi. Nous étions devenues proches. C'était une femme calme et douce, avec un visage marqué par l'âge mais qui restait néanmoins beau. Au regard de sa fille Leah, on pouvait imaginer sa beauté passée. Nous passions de long moment sans parler chacune à nos activités.
Je m'étais remise à mes révisions. Angela m'avait suppliée de passer mes examens pour au moins avoir quelque chose de positif à la fin de l'année. Je ne savais pas si je pourrais tenir ma promesse mais réviser m'occupait l'esprit et c'était ce dont j'avais besoin.
Sam et Jacob étaient venus en délégation de la meute pour m'assurer leur soutient dans l'épreuve. Je m'étais emportée, leur reprochant d'avoir laissé la femme nous attaquer. Ils me firent remarquer que rien ne m'était arrivé depuis Seattle et que ce n'était pas un hasard. La meute s'était encore agrandie et ils avaient pu organiser une surveillance accrue de Forks et ses environs mais également de Seattle. Jared suivait des études là bas et avais ainsi pu garder un œil sur moi.
Depuis mon départ de Forks, il n'y avait eu aucune incursion de vampire sur le territoire. D'un seul coup, l'homme était apparu. Sans réfléchir à l'incongruité de son apparition soudaine, ils avaient foncé têtes baissées à sa poursuite en direction du sud de l'Etat.
Ils avaient beaucoup approfondi les méthodes de chasse de la meute depuis quelques temps. Ils les mirent donc en application en lui faisant croire qu'il les avait distancés en le contournant pour le prendre à revers. L'homme s'arrêta et retourna sur ses pas en direction du Nord, les guidant directement sur le lieu de l'accident.
Ralenti par la vue du sang de Charlie, ils l'avaient rattrapé de l'autre côté de la route et l'avaient achevé. Ils étaient ensuite partis à la suite de l'odeur de la femelle, mais comme d'habitude sa piste finit par se perdre. Depuis ils ne l'avaient pas revue.
Jared n'avait pas cru bon nous suivre depuis Seattle car nous retournions sur le territoire de la meute et il nous pensait en sureté n'ayant sentit aucune présence depuis longtemps dans la ville.
J'étais abasourdie par leurs explications. Finalement je les remerciais, ils n'y étaient pour rien et sans eux nous ne serions plus là Charlie et moi. La seule coupable c'était moi. J'aurais tellement voulu pouvoir défendre mon père sans dépendre d'une bande de loup tout droit sortit des histoires d'horreur. Ils me quittèrent après m'avoir assuré la protection rapprochée de la meute.
Après trois semaines de coma. Charlie se réveilla alors que Sue était à ses côtés. Elle m'appela immédiatement. Mon soulagement devant sa mine amaigrie mais souriante fut de courte durée. Le médecin nous expliqua que le traumatisme de sa colonne vertébrale provoquait une paraplégie. Il ne pouvait pas nous dire quelles seraient les suites mais que tout espoir qu'il remarche un jour n'était pas perdu.
Je retenais mes larmes devant Charlie. J'étais anéantie. J'avais honte, tout ce qui lui arrivait était de ma faute. J'aurais voulu être un loup et déchirer moi même ces maudits vampires en morceaux. Pourquoi nous, qu'avait fait mon père pour mériter ça ?
A ce moment l'université et les petites tromperies d'Alex me paraissaient insignifiantes et lointaines. Charlie avait besoin de moi. La seule façon de me racheter pour tout le malheur que je lui avais apporté, était de m'occuper de lui, de l'aider à guérir et de tout faire pour qu'un jour il remarche.
J'allais être forte. Je n'allais pas pleurer je n'avais pas le droit. Il fallait que je m'endurcisse. Jamais plus je ne me laisserais atteindre par ces créatures sanguinaires. Si je devais à nouveau les rencontrer il n'y aurait qu'une seule victime ce serait eux ou moi.
POV Edward
Comme après chacune de mes escapades, la famille avait repris le cours de sa vie. J'avais retrouvé l'université et mes gardes d'interne.
Mais cette fois l'inquiétude dominait. Ils avaient tous la même idée en tête : « Il a tenté d'en finir et a presque réussi, serait-il capable d'y retourner ? Surement mais reste à savoir quand ? »
Je m'efforçais de les rassurer par mon attitude mais je sentais que ça ne suffisait plus. Ils doutaient de mes capacités à vouloir poursuivre mon existence. Je n'avais aucun moyen de les tranquilliser.
Même Carlisle qui avait toujours été serein depuis notre départ de Forks, comme s'il avait confiance en l'avenir, avait perdu de son aplomb. Ses yeux et ses pensées reflétaient une immense peine quand il me croisait. Il ne comprenait pas ce qu'il avait fait qui m'avait conduit à de telles extrémités. Et il ne savait pas comment empêcher que ça se reproduise.
Bien que ses visions ne m'amenaient jamais en Italie, Alice restait sur le qui-vive. Elle avait beau les partager avec les autres, ça ne les contentait pas. La façon dont j'avais trompé son pouvoir pour m'approcher des Volturi leur avait démontré que ses visions n'étaient pas suffisantes.
Même Rosalie et Emmett ne me lâchaient pas d'une semelle et s'ingéniaient à m'occuper dès que j'étais à la maison.
Je devais être honnête avec moi même. Plus rien n'allait, même moi je ne m'étais pas cru capable d'aller demander aux Volturi de m'achever. Et si Aro n'avait pas refusé...
Pourtant une force invisible me poussait à continuer. Comme un lien dans mon esprit qui me reliait à Forks et à Bella. Un lien qui, au grès de mes humeurs, se distendait et se resserrait. Ces fois là j'étais à deux doigts de courir vers Forks.
C'était de plus en plus dur de résister. J'avais envie d'être égoïste. D'aller me confronter à ma plus grande envie et me prouver que je pouvais résister. Mais je n'avais pas le droit, la vie de Bella ne m'appartenait pas. Je lui devais au moins ça.
Pour Alice aussi cette période était dure. Pour elle même d'abord et à la demande des autres membres de la famille elle était sans cesse focalisée sur moi. Elle me surveillait et distinguait donc mon incessante hésitation.
Jasper était lui aussi tributaire de mes humeurs changeantes, entre déprime, euphorie, remise en question et obstination à suivre la ligne de conduite que je m'étais imposé. Je voyais dans ses pensées son supplice à subir ma présence à ses côtés bien qu'il ne l'exprima jamais.
Je me sentais comme une véritable plaie pour le couple. Allongé sur le canapé de ma chambre, je ressassais cette idée en écoutant les nocturnes de Chopin. Cette musique avait d'habitude le don de me calmer mais je n'arrivais pas à me concentrer.
J'aurais pu descendre et jouer du piano mais j'avais besoin de me sentir bien pour toucher à mon instrument préféré. Sinon c'était une torture psychologique pour moi d'effleurer les touches blanches et noires de mes doigts glacées. Et dans ces moments, les morceaux que je jouais étaient si tristes que je sentais tout le monde se tendre dans la maison, prêt à se lancer à ma poursuite et arrêter le premier avion qui m'amènerait en Italie.
C'est dans cet état d'esprit qu'Alice et Jasper me trouvèrent dans ma chambre.
« Edward, désolés de t'interrompre mais il faut que nous te parlions. »
Je me relevais lentement pour m'assoir. Je retirais mon casque et levais les yeux vers eux. Alice toujours aussi petite et menue se tenait droite devant moi me regardant d'un air on ne peux plus sérieux. Jasper entourait ses épaules d'un bras me signifiant qu'ils faisaient bloc face à moi.
- A quel sujet ?
- Tu ne vas pas aimer le sujet, mais ça fait plus de deux ans qu'on se retient, qu'on te laisse faire tes choix, tes expériences et je crois que nous sommes arrivés au point de non retour. Nous t'aimons plus que tout mais tu dois choisir définitivement. Sinon c'est invivable pour tout le monde. Même toi je ne sais pas comment tu supportes toute cette tension.
Nous y étions à la fameuse discussion que ma sœur se retenait d'avoir avec moi depuis que nous avions quitté Forks. Force m'était d'admettre que je ne pouvais pas la repousser plus longtemps. J'en avais moi aussi besoin. Peut-être allaient-ils m'aider à comprendre et à retrouver l'apaisement qui m'avait quitté depuis deux ans ?
- Ok je vous écoute mais je veux que vous aussi vous me laissiez exprimer mes arguments et qu'Alice reste objective.
- Vraiment ? Tu vas nous écouter sans broncher ? Tu ne vas pas prendre tes jambes à ton cou en nous prétextant que tu as flairé un caribou là haut au Canada ? me lança Alice qui hésitait entre perplexité devant ma résignation et joie de pouvoir enfin me parler.
- Promis tant que tu me laisses mon libre arbitre.
- Bon ok, alors Jazz et moi voulions te parler de ton état, on s'interroge sur ta réelle compréhension des sentiments qui te traversent et vu que tu nous fais tourner en bourrique avec tes changements d'humeur nous voulions en parler les yeux dans les yeux avec toi.
- Rassure toi Alice si je savais ce qui me rendait si triste je ferais tout pour y remédier, donc je vous écoute, éclairez ma lanterne.
- Et bien… tu te doutes que nous allons te parler de… Bella.
- N'ais pas peur Alice, je t'ai dit que je restais là.
Malgré mes paroles elle fouilla son esprit pour vérifier que je disais vrai. Jasper pris la parole.
- Edward, honnêtement, que ressens-tu pour Bella ?
- Honnêtement… je ne sais pas… elle ne quitte pas mon esprit depuis deux ans… j'ai l'impression d'être relié à elle… j'ai un besoin presque viscéral de la voir. Mais en même temps je veux qu'elle soit heureuse et en vie donc loin de moi. Et surtout je ne suis absolument pas certain de ma réaction si je la croisais à nouveau…
J'avais pris ma tête entre mes mains, j'avais l'impression de me libérer d'un poids avec ces paroles et en même temps j'avais honte d'être si faible autant à la merci de mes sentiments. Je sentais leur silence qui faisait écho à ma franchise. Pour une fois que quelqu'un clouait le bec de ma sœur, mais je n'avais pas envie de plaisanter.
- Ok, et que penses-tu de Bella ? Physiquement comment la trouves-tu ? As-tu envie de la connaître, de passer du temps avec elle ? me questionna Alice.
- Evidemment que j'aimerai contrôler mes pulsions et faire réellement sa connaissance, elle m'intrigue, elle m'intéresse !
D'un coup je m'étais relevé, énervé. Jasper envoya immédiatement une onde d'apaisement dans la pièce.
- Désolé, c'est juste que j'aie du mal à contenir mes émotions à ce sujet, dis-je en me rasseyant.
- Tu n'as pas répondu à toutes mes questions, la trouves-tu jolie ?
- Bien sûr que je la trouve jolie, bien plus que ça même…c'est une jeune femme magnifique, dis-je rêveusement.
- Et comment qualifierais-tu tes sentiments pour elle ?
- C'est bien le problème je n'en ai aucune idée. Elle ne quitte pas mes pensées. Elle me manque presque, je suis comme transpercé quand je la vois dans une de tes visions… Mais que peut-on ressentir pour une personne que l'on ne connaît pas…
- J'ai l'impression que tu la connais plus que tu ne le crois, nous pensons même que tu l'as choisi Edward. Se pourrait-il que tes sentiments pour elle soit de l'amour ?
- Impossible ! Enfin, c'est ridicule, je ne l'ai vu que quelques heures dans ma vie et je ne lui ai même pas adressé la parole !
- Alors explique-moi tout ce que tu ressens pour elle ? Explique-moi la signification de la photo d'elle que tu caches sous une latte de ton plancher !
- Comment sais-tu ça ?
- Je te vois Edward, je te vois rêver d'au moins t'autoriser à soulever cette maudite latte et pouvoir la contempler. Je t'ai vu craquer plusieurs fois déjà. D'ailleurs c'est de plus en fréquent !
- Et alors ?
- Enfin ! Ouvre les yeux, toi le plus intelligent, le plus perspicace de nous tous, comment ne vois tu pas ce qui est sous ton nez ? Edward, tu es amoureux d'elle. C'était ton destin de la rencontrer, elle t'a transformé depuis et tu sais comme les changements chez nous sont irrémédiables. Elle est la seule, l'unique qui te ferra vibrer. Toutes celles que tu t'efforcerais de rencontrer ne seraient que de pâles copies. Quand notre espèce rencontre l'âme sœur c'est pour l'éternité, me dit-elle d'une voix douce en adressant un regard à Jasper.
Je repris ma tête entre mes mains, cette fois tout le poids du monde me tombait sur les épaules. Je les sentis s'asseoir de chaque côté de moi. Alice passa son bras dans mon dos et Jasper posa sa main sur mon épaule.
- Je suis d'accord avec Alice, ton attitude et ce que tu nous décris ne trompe pas. J'ai ressenti les mêmes sentiments en rencontrant Alice et j'ai mis moi aussi du temps à les comprendre et à les accepter.
- Mais combien même vous auriez raison, ça ne m'avance en rien. C'est même encore pire. Je vais devoir vivre avec ça jusqu'à la fin. Et qu'en sera-t-il quand sa vie d'humaine s'achèvera, serais-je condamné à ne jamais l'oublier même des siècles après son existence, alors même qu'elle ne sera plus qu'un nom dans un arbre généalogique pour ses descendants ?
- Nous ne savons pas Edward. Mais il est important que tu mettes des mots sur tes sentiments, il sera plus facile pour toi de prendre une décision par la suite.
- Mais quelle décision Alice ? Quel choix ? Je n'en vois aucun à part celui d'être condamné à rester seul toute mon existence à ressasser le souvenir d'une femme à jamais disparue…
Je me sentais égoïste. Mais ce qu'ils venaient de me faire réaliser était tellement lourd à porter. Je m'en voulais d'avoir été si stupide, de ne pas avoir compris plutôt ce que je ressentais. Comment avais-je pu être aussi aveugle ?
- Il ne faut pas abandonner. L'avenir n'est pas inexorable. Mes visions en sont la preuve. Les choses changent. Mais il faut que tu les acceptes telles qu'elles sont et que tu te fasses confiance.
- Mais dans quel but ?
Je me laissais aller en arrière contre le dossier du sofa. Je regardais le plafond. Comme si je cherchais une réponse à travers les infimes fissures invisibles à l'œil humain.
- Il ya peut-être une solution… tu pourrais au moins essayer…
Je secouais négativement la tête, je savais déjà ce que ma sœur tentait de me dire en prenant toutes les précautions possibles.
- Retrouve là, fait sa connaissance, je sais que tu peux résister, j'ai entièrement confiance en toi à ce sujet. Toutes les minutes passées avec elle seront de précieux trésors pour ta mémoire. Tu ne les regretteras jamais.
- C'est utopique Alice ! Et pour plusieurs raisons, d'abord tu places la barre trop haut en me faisant autant confiance. Je ne suis pas aussi sûr de moi que tu l'es. Mais admettons que je tente le diable en m'approchant d'elle. Quel intérêt pourrait-elle me trouver, elle n'aurait que dégoût et peur envers ma personne comme tous les humains. Et enfin dernier obstacle et pas des moindres il me semble que dans une de tes dernières visions elle avait l'air très heureuse et très proche d'un jeune homme qui devait être son petit ami. Et je ne vois pas en quoi ce spectacle en grandeur nature serait bénéfique pour moi et de quel droit je m'immiscerais dans son bonheur.
- Les choses changent Edward. Qui te dis qu'elle n'a pas envie de te connaître elle aussi ?
- A l'heure qu'il est, le seul souvenir qu'elle a peut-être encore de moi serait celui d'un voisin de classe étrange et impoli. Et encore comment se souvenir de quelqu'un que l'on a croisé pendant une heure de cours.
- Tu sais, à la façon dont elle nous regardait après ton départ et jusqu'à ce que nous quittions Forks, laisse à penser qu'elle ne t'avait pas oublié...
- Elle était juste intriguée par notre famille comme ils le sont tous.
- Je ne sais pas… je crois que c'était différent pour elle. Elle avait un intérêt réel et sain pour nous. Tu ne peux pas imaginer les trésors de persuasion que Jazz a du employer pour ne pas que j'aille la voir…
- Et je te remercie Jazz. Ça aurait été une erreur comme je pense que ça en serait une si j'allais à sa rencontre.
- Mais alors, à quoi a servi toute cette discussion si c'est pour revenir au point de départ ? Tu es vraiment le type le plus buté que je connaisse !
- Tu devais te douter que ça n'allait pas changer, tu m'as dit toi même les choses étaient immuables dans notre espèce !
- Quel humour !
- En tout cas je vous remercie de m'avoir éclairci les idées, mais il n'y a pas plus de solution qu'au début de la discussion. Si vous pouvez éviter de partager tout ça avec les autres je vous en serais reconnaissant.
Ils avaient dû suivre la conversation avec intérêt depuis le rez-de-chaussée mais je savais qu'ils auraient le décence de ne pas l'aborder avec moi.
Alice s'agenouilla devant moi pour capter mon regard.
- Promets nous au moins de réfléchir à tout ça, de soupeser le pour et le contre de chaque solution…
- J'y réfléchirai mais ne vous faites aucune illusion quant à une fin heureuse à tout ça. Je suis condamné à être le type qui porte tout le poids du monde sur ses épaules comme le dit si bien Rose.
Ils quittèrent alors la pièce, me laissant à nouveau seul.
Jasper me remercia mentalement pour mon calme face à cette conversation éprouvante et me souhaita du courage pour affronter la suite.
Je sautais par la fenêtre. Il fallait que je m'éloigne de la maison pour réfléchir, loin de toutes leurs pensées.
Je passais plusieurs jours dans la forêt, alternant la chasse et de longs moments ou perché sur une branche je faisais l'expérience de me rendre assez immobile pour que la vie autour de moi oublie ma présence et reprenne ses droits.
J'étais dans une impasse. Maintenant que les mots avaient été dits, c'était une évidence, ce que j'éprouvais pour Bella était de l'amour. Je comprenais que même Aro avait du le percevoir en lisant mon esprit. C'était sans doute ce qui l'avait retenu aussi longtemps dans mes souvenirs de cette époque.
Mais ça ne menait à rien. Je n'avais pas plus d'issue qu'avant. Sauf que maintenant j'étais sûr que si je perdais le contrôle et que je lui faisais du mal je ne m'en remettrais jamais.
Le temps continua de s'écouler. Encore plus lentement qu'avant si cela était possible.
La famille était dans une sorte d'expectative. Comme s'ils attendaient une décision de ma part. Mais je ne pouvais pas les rassurer. J'étais en attente moi aussi, en attente d'un signe qui me conforterais dans mon choix de rester éloigné et de poursuivre ma morne existence.
Ma méditation fut perturbée par les visions d'Alice. Un vampire venait vers nous. Mais c'était fugace car il changeait tout le temps d'avis. Elle n'avait pas le temps de connaître son identité et ses intentions.
Cela dura plusieurs jours, et juste avant l'été, nous étions tous rassemblés à la maison quand Alice se figea. Sa vision se fit enfin claire. La décision avait été prise. C'était Victoria qui se dirigeait vers nous.
Nous l'avions attendue à la limite de la propriété. Elle émergea des bois, seule, pieds nus, ses vêtements étaient couverts de débris de végétation. Ses cheveux rouges étaient emmêlés, ses yeux cramoisis prouvaient qu'elle s'était nourrie peu de temps auparavant. Elle semblait plus sauvage et imprévisible que la dernière fois que nous l'avions rencontrée.
Mon instinct me dictait de me tenir sur la défensive. Carlisle s'avança à sa rencontre. Je restais en arrière pour me concentrer sur ses pensées. Notre dernière entrevue m'avait appris qu'elle cachait plus de chose qu'elle n'en disait.
- Victoria ? Que nous vaut le plaisir de ta visite ? Dit Carlisle pour engager la conversation.
- Bonjour, à dire vrai j'ai beaucoup hésité avant de venir vous trouver. Mais vous êtes les seuls sédentaires que je connaisse et j'avais besoin de contacter des gens de notre espèce. Vous étiez donc les plus faciles à trouver.
- Souhaites-tu entrer pour que nous puissions discuter à notre aise à l'abri des regards.
Victoria jeta des coups d'œil inquiets autour d'elle. Mais elle ne voyait pas de danger et accepta de nous suivre. Nous nous installions dans le salon. Rosalie et Emmett s'affalèrent sur un canapé. Carlisle et Esmée prirent place sur un autre et invitèrent Victoria à s'asseoir. Elle déclina leur offre. Elle n'était pas accoutumée au monde civilisé. Contrairement à nous elle n'avait pas besoin de jouer la comédie humaine. Nous étions tellement habitués à imiter les humains que prendre leurs postures suivant les évènements faisait partie intégrante de notre façon d'être. Nous n'y réfléchissions même plus.
Tout ça rendait Victoria mal à l'aise. Je l'entendais se dire que nos prunelles dorées étaient anormales. Que nous n'étions pas tout à fait comme elle. Mais elle se rassura en se disant que nous étions de son espèce et que nous ne lui voulions aucun mal.
Je restais aux côtés d'Alice et Jasper, debout près de la cheminée. Nous étions tous à l'écoute de notre pouvoir respectif trop tendu pour baisser notre garde.
- Alors Victoria, que voulais-tu nous dire ? D'ailleurs ou es ton compagnon Laurent ? Et as-tu revu celui que tu cherchais, James je crois, depuis la dernière fois que nous nous sommes croisés ?
- C'est à ce sujet que je voulais vous voir. Non, nous n'avons pas retrouvé James, ni au Canada, ni au Mexique. Aucune trace de lui. Nous nous sommes donc résolus à retourner dans l'Etat de Washington le dernier endroit ou nous avons été en contact avec lui.
A ce moment je vis qu'elle nous mentait ostensiblement. Ils étaient retournés rôder autour de Forks après notre première rencontre mais James était introuvable et ses traces anciennes, ils avaient donc poursuivis leurs plans en le cherchant au Canada et en Amérique du Sud.
Je me raidissais encore plus à l'écoute de ses pensées. Je me rassurerais tant bien que mal. Les dernières visions d'Alice dataient d'après leur passage à Forks. Bella était donc saine et sauve. De toute façon pour quelle raison s'en seraient-ils pris spécifiquement à elle ?
Jasper propageait en douceur une onde d'apaisement. Victoria qui était aussi tendu que moi se laissa un peu aller.
- Et l'avez-vous croisé ?
- Non aucune trace récente. Par contre nous avons découvert que la région était occupée par une espèce ennemie ! Des loups-garous ! Je pensais que ces sales bêtes avaient été éradiquées depuis longtemps par les nôtres ! Ils nous ont sans cesse repoussé aux frontières de l'Etat et nous avons fini par partir quand nous étions sûrs que James n'y était pas. Avez-vous été confrontés à eux lors de votre séjour là bas ?
Un rictus de haine déformait à présent ses traits.
- Effectivement leur existence ne nous est pas inconnue. Mais nous nous sommes arrangés pour ne pas avoir à les rencontrer il y a fort longtemps.
- Mais comment avez-vous pu tolérer la présence de ces maudits loups puants ?
- Disons que c'est une vieille histoire et qu'ils sont différents de ce que tu as pu entendre sur les loups-garous.
- C'est à dire ?
Sa curiosité avait été piquée au vif et je commençais à entrevoir la raison de sa présence ici.
- C'est sans importance. Dis nous plutôt ce qu'il s'est passé ensuite.
- Et bien nous avons écumé le Canada et le Mexique pour nous rendre à l'évidence : il n'y avait aucune trace de James dans aucun de ces endroits. Soit il n'y était jamais allé, soit il nous avait menti et avait pris une autre destination. Mais je ne peux pas croire ça, nous tenions trop l'un à l'autre.
Je vis alors la force des sentiments qu'elle avait pour James. Une passion brulante et dévastatrice doublée d'une admiration sans borne pour lui. Elle l'aurait suivi jusque de l'autre côté des enfers.
- Et donc ?
- Donc, nous nous sommes résignés à retourner vers Forks. Repartir à nouveau de ses dernières traces pour comprendre où il était parti. Et là, ça a été horrible et soudain… Ils nous ont attaqués sans aucun signe annonciateur, sans nous laisser une seule chance. J'ai réussi à les distancer et à fuir… Mais Laurent, lui n'a pas eu cette chance… Il a été rattrapé. J'entends encore le bruit de leurs crocs le déchirant. Une véritable curée. Depuis j'erre sans but. Je ne sais plus quoi faire. Je suis maintenant persuadée que James a été tué par ces sales bêtes puantes et cruelles. Comment pouvait-il se défendre s'il a lui aussi été attaqué par surprise ? Il ne soupçonnait même pas leur existence…
Ses traits étaient maintenant parcourus d'une insondable tristesse, ses yeux dans le vague. En fait c'était une comédie jouée à la perfection. Elle testait l'effet de son histoire sur nous. Allions-nous prendre son parti ?
Je me concentrais pour saisir la vérité. Elle fut claire en quelques instants dans son esprit. Leur passage à Forks après notre rencontre lui avait permis de confirmer l'existence des loups. Elle ne se faisait pas d'illusions mais elle rechercha James frénétiquement au Canada et au Mexique. Elle fini par se faire une raison. Laurent avait abandonné depuis longtemps, attendant le moment ou elle oublierait James et se consacrerait à lui. Il avait une faible perception de la place de l'amour dans notre espèce.
Victoria savait que retourner à Forks était inutile et dangereux. Elle se renseigna donc à distance via les archives de la presse, des appels à la police et à l'hôpital de Forks en se faisant passer pour une journaliste ou pour une enquêtrice du ministère de la santé. Elle fouilla dans tous les évènements qui avaient suivi leur séparation d'avec James. Elle trouva trace de plusieurs randonneurs ou chasseurs retrouvés morts et dont l'enquête avait conclu à une attaque d'ours.
Puis elle trouva les dossiers tant espérés. Alors que la police retrouvait un nouveau randonneur mort, dans le même secteur, le même jour, une lycéenne, Isabella Swan, avait été hospitalisée suite à des blessures dues à une chute lors d'une randonnée en forêt. Elle avait été trouvée inconsciente par des jeunes Indiens de la réserve proche, le cœur névralgique des loups.
En recoupant tous ces éléments et les dates, elle en conclu que si James avait été dans les parages il était sans doute le prédateur des randonneurs et qu'il n'aurait pas résisté à l'odeur d'une humaine blessée dans les alentours. A moins que ce soit lui qui l'ait blessée ? James adorait jouer avec sa nourriture.
Je ne pus empêcher un grognement de sortir de ma gorge. Victoria me fixa intensément. Jasper émis encore une onde d'apaisement.
Ce qui se dévoilait devant moi était pire que tout ce que j'avais pu imaginer. Mais il fallait que je face profil bas. Il fallait qu'elle me dévoile la fin de son histoire.
Carlisle sauva la situation. Il me connaissait assez pour savoir que ce que je voyais dans les pensées de Victoria ne me plaisait pas. Il calma les choses en reprenant la parole.
- Excuse mon fils, il a toujours eu un mal fou à supporter les loups. Et il est très sensible quand un de nous perd un proche dans des conditions aussi dramatiques.
- Pas de problème. Voilà, je ne sais pas comment vous demander ça mais j'ai besoin d'aide.
- Pourquoi ?
- Pour… exterminer les loups ! Leur rendre la monnaie de leur pièce !
La rage déformait à présent le visage de Victoria et libéra ses pensées.
Après sa découverte elle s'était servie de son instinct de survie surdéveloppé pour observer l'humaine et le comportement des loups. Il était clair pour elle que non seulement ils protégeaient Forks et ses environs mais également Isabella Swan et son père. Sa vengeance lui était donc servie sur un plateau. Ces immondes bêtes allaient payer par la perte de leur protégée et par quelques pertes dans leurs rangs. Elle choisi ce moment pour se retirer et préparer son attaque. Afin que Laurent soit tout acquis à sa cause elle devint son amante, le rendant entièrement dépendant d'elle.
J'étais tendu à l'extrême à l'idée de ce que j'allais découvrir. Alice se noyait dans des visions contradictoires et Jasper luttait pour ne pas laisser la tension de la pièce exploser.
A nouveau je laissais ses pensées me submerger. Elle avait retrouvé Bella à l'université de Seattle toujours sous la protection permanente des loups. Elle n'avait donc pas pu approcher attendant le moment idéal. Il s'était présenté il y a quelques temps aux vacances de Pâques.
Le chef Swan ramenait sa fille de Seattle. Le loup qui la suivait leur avait laissé de l'avance comptant sur leur entrée sur le territoire de la meute pour être à nouveau protégés.
Elle avait alors envoyé Laurent en diversion et avait attaqué Bella et son père sur la route à quelques miles de Forks. Les images de l'attaque étaient brutales. Victoria s'en délectait encore. Et tout avait été interrompu par les loups qui avaient tué Laurent. Victoria s'était échappée. Depuis l'envie de vengeance la dominait.
Je n'avais qu'une idée en tête, lui sauter à la gorge et la démembrer sur le champ. Mais l'influence de Jasper était trop forte. Je prêtais alors à nouveau attention la discussion qui se déroulait devant moi.
Carlisle tentait de calmer Victoria.
- Victoria nous comprenons ta perte et nous compatissons. Malheureusement tuer des humains sur le territoire des loups est vu comme une attaque par eux. Ils se sont donc défendus. Note bien que je ne prône pas la violence quelle qu'elle soit.
- Mais enfin, vous avez vécu à leurs côtés, ils auraient pu vous attaquer, tuer un membre de votre famille sans défense !
- Quand nous étions là bas nous avions un traité avec eux. Nous respections leur territoire et en contre partie ils nous laissaient aller et venir à Forks tant que nous n'achevions pas la vie d'un humain.
- D'accord, mais c'était valable à l'époque ! Ils nous ont attaqués, ils ont rompu le traité ! Rejoignez-moi et nous les achèverons !
- Ce serait une déclaration de guerre, Victoria. Il y aurait des dommages collatéraux et d'après ce que tu nous dis ils sont nombreux et entrainés. Ça ne passerait pas inaperçue et tu sais ce qui est réservé à ceux de notre espèce qui ne sont pas discrets. Il est hors de question que j'entraine ma famille dans un combat qui n'est pas le notre, fondé sur des preuves douteuses, en tout cas en ce qui concerne James, et contre des personnes qui ne sont pas nos ennemis.
- Alors vous allez rester là sans rien faire ? Je pensais que mes preuves étaient on ne peut plus claires ! Je pense que votre régime alimentaire vous a ramolli. Mais puisque c'est comme ça je trouverais d'autres alliés pour les exterminer.
- Victoria je te conjure d'abandonner, tu irais à ta perte et si vous êtes assez nombreux pour les affronter, vous aurez fait assez de dégâts autour de Forks pour alerter les Volturi qui vous anéantiraient à votre tour…
- Et alors j'aurais eu ma vengeance !
- Mais à quel prix et puis les Volturi sont prompt à réagir, ils vous arrêteraient avant même que vous ayez attaqué les loups. Tu aurais tout perdu. Garde espoir que James soit encore des nôtres.
- C'est impossible, tout prouve qu'il a été tué !
- N'en sois pas si sure, il semblait être fort et rusé, il leur a sans doute échappé comme toi. Il est sans doute lui aussi à ta recherche. Il ne faut pas abandonner.
- Si vous le dites, je vais continuer à le chercher.
Encore une fois elle mentait. Elle n'aurait de cesse de se venger. Elle était persuadé que James était mort à Forks. Cela prendrait le temps nécessaire mais elle aurait sa vengeance.
- Veux-tu rester avec nous le temps de reprendre des forces.
- Non, vous êtes gentils, mais je sens une certaine hostilité dans cette maison et je ne vous cache pas ma déception face à votre réaction. Je préfère repartir. Adieu.
- Dans ce cas, adieu Victoria ne tente pas l'impossible et essaye de retrouver la paix.
Elle s'enfuit alors par la baie vitrée laissée ouverte derrière elle. Elle suintait de rage envers notre réaction et de désir de vengeance.
J'allais m'élancer à sa suite quand des bras me retinrent. C'était Alice qui me voyait détalant à la suite de Victoria, et Jasper. Il appela Emmett à la rescousse qui vint me ceinturer.
« Du calme Edward ». C'était Carlisle devant moi qui me regardait droit dans les yeux.
- Mais enfin, elle a tenté de tuer Bella et son père ! Elle nous a menti tout au long de cette conversation ! Elle va mettre Forks à feu et à sang pour quelques stupides loups ! Vous ne pouvez pas la laisser faire ça ! Lâchez-moi ! Je vais mettre un terme à tout ça !
- Non Edward, elle est sur ses gardes. Ton attitude n'est pas passée inaperçue. Elle se doute que tu as un pouvoir qui te permet d'en savoir plus que ce qu'elle nous a dit. Si tu vas à sa poursuite maintenant elle te tendra un piège et tu ne seras pas forcément le gagnant. Si elle gagne…
- D'accord, d'accord ! Vous pouvez me lâcher. Mais il va falloir la surveiller Alice ! Nous devons intervenir à la moindre tentative de sa part. Pourrais-tu avoir l'obligeance de t'assurer de l'avenir de Bella ?
Au moment où je prononçais ces paroles. La vision d'Alice se fit claire dans son esprit. Bella amaigrie depuis la dernière fois que nous l'avions observée, le regard triste était studieuse dans ce qui semblait être une salle d'examen. Elle était vivante et en bonne santé. Victoria avait échoué mais pour combien de temps encore ?
- Va plus loin Alice ! Ou ira-t-elle après l'université ? Dans le sud comme l'été dernier ?
« Du calme, je me concentre ». Je vis alors des flashes de Bella à l'arrière de ce qui semblait être la maison de son père, dans les rues de port Angeles, dans un sentier de randonnée qui ne laissait aucun doute sur l'Etat dans lequel elle se trouverait.
- Elle revient à Forks …soupira Alice.
- Nous devons y aller immédiatement ! Nous ne pouvons pas les laisser à la merci de cette folle sanguinaire !
- Edward, nous y retournerons si tu le souhaites mais pas dans la précipitation. D'une part nous devons nous assurer que les Quileutes sont calmes. Ils ne doivent pas prendre notre présence comme une agression. Et tu te doutes qu'après plus de deux ans d'absence nous ne pouvons pas reprendre des activités normales là-bas. Il nous faut un plan et faire les choses posément. Je propose que tu nous racontes tout ce que cette Victoria nous a caché.
Je m'affalais dans un fauteuil et leur racontait ce que j'avais vu. Puis la conversation se dirigea vers un éventuel retour dans l'Etat de Washington. Même Rosalie et Emmett y participèrent avec enthousiasme. Emmett avait toujours trouvé que le terrain de chasse était plus grand et plus variés là bas et il ne rechignait pas à se frotter aux loups si nécessaires.
Rosalie avait toujours été maussade et aigrie depuis que nous étions là. En fait elle attendait le moment ou nous devrions enfin quitter cet endroit.
Alice continua d'observer Victoria pour guetter le moindre signe chez elle. Mais elle était résignée. Elle trainait maintenant aux abords du Texas écumant les petites bourgades. Disséminant les victimes et vivant au grès de ses rencontres.
J'étais maintenant décidé. Le meilleur moyen de prévenir toute attaque de sa part était d'être sur place. Plus jamais elle n'aurait l'occasion de toucher à un cheveu de Bella.
Bon alors ça vous a plus ce changement de situation ?
Qui a envie d'aller aider Edward à arracher la perruque de cette bonne vieille Victoria (en même temps on s'occupera de celle de Jasper, quoique dans le 3ème film ça à l'air un peu mieux !) ?
Mais si vous préférez je recolle Bella avec son mec et Edward va se trouver une nouvelle excuse pour ne pas revenir (et il est très très fort à ce petit jeu !) !
En tout cas moi je sais déjà ce qui va se passer au prochain chapitre…
