Coucou,
Et oui je sais les revieweuses avec un compte je suis en retard ! Mais ma fin de semaine a été un peu chamboulée, donc vive le week-end ! Et ça m'apprendra à faire des promesses !
A voir vos reviews, je sens la frustration vous gagner…
J'espère que Blue77 qui vient de nous rejoindre est assez souple pour s'attaquer à ses ongles de doigts de pied car je sens que l'envie de me baffer va poindre chez elle à la fin de ce chapitre… D'ailleurs petite parenthèse si vous aimez Twilight mais que vous aimez aussi en rire je vous conseille sa fic « Comment te sens tu aujourd'hui ».
J'ai eu une grande discussion avec Edward, et ce brave garçon tient à sa réputation, il m'a supplié (je ne vous raconterai pas comment …) de résister encore un peu à vos demandes pour LA rencontre (comment ça entre Edward et vous, je choisis le vampire ?) ! Donc pour les réclamations faut voir directement avec lui…
Un gros bisous à vous toutes mes lectrices, Merci de tous vos commentaires !
Merci à toutes les alerts, pour celle qui lisent sans laisser de trace, un petit mot fait tellement de bien….
Et pour les habituées du sans compte :
Fan2manga : Salut à toi fidèle revieweuse ! Encore une fois merci de tes encouragements. Pour la perruque de Jasper on va voir ce qu'on peut faire mais il y a du boulot car il va falloir aussi s'attaquer à celle de Carlisle parce qu'à ce train là il va bientôt faire peur !
Popo : Te revoilà toi ! Contente de te retrouver, et oui il était temps que je réveille Edward, mais il faut du temps et de la patience pour réveiller un vampire…
Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer
Votre torture continue…
Chapitre 8 : …qui va tout changer.
POV Bella
Sans le soutient indéfectible d'Angela, je ne sais toujours pas comment j'aurais pu survivre à ce moment de ma vie.
Après un mois à l'hôpital, Charlie rentrait à la maison. A ce moment là je réalisais que tout avait changé.
Mon père qui vivait seul depuis ma plus tendre enfance était devenu un homme malade, en fauteuil roulant dépendant de ceux qui l'entouraient.
Dans notre malheur, nous pouvions nous réjouir de l'assurance qu'il avait souscrite en tant que représentant de l'ordre. Elle avait couvert tous ses frais et lui permettait de toucher une petite pension d'invalidité.
Je lui avais alors annoncé mon intention d'arrêter mes études pour rester à ses côtés. Toutes ses protestations n'eurent pas raison de ma détermination. J'étais guidée par mon besoin de payer pour ce que j'estimais être de ma faute.
Sue avait tenté de prendre le relai mais j'avais été intraitable. Je devais m'occuper de mon père, c'était mon devoir. J'acceptais sa présence autant qu'elle le désirait mais j'avais un tel besoin de me racheter auprès de Charlie que je ne pouvais pas le quitter.
Avec l'aide d'Angela, il me convainquit quand même de passer les examens de fin d'année afin de valider mon année. J'avais eu plus que le temps de réviser pendant le séjour de mon père à l'hôpital, c'était à cette époque ma seule échappatoire.
Charlie étant sous la bonne garde de Sue et de la meute, je fis donc un séjour rapide à Seattle pour passer mes examens que je réussissais sans trop de difficultés.
Le plus dur pour moi fut d'éviter Alex. Il n'avait eu de cesse de me joindre depuis l'accident. Je ne comptais plus ses messages, ses mails et ses lettres d'excuses. Je ne répondais à aucun. Je savais qu'il harcelait Angela à la fac pour avoir de mes nouvelles et pour obtenir que je l'appelle. Peut-être dans une autre vie si j'avais été différente de celle que j'étais maintenant j'aurais pu lui pardonner, certain le faisait. Mais j'avais été trahie trop de fois et j'étais trop entière pour passer outre.
Pour une fois les évènements se déroulèrent en ma faveur m'épargnant une rencontre que je me sentais incapable d'assumer à ce moment là. Je retournais à Forks sans même l'avoir croiser.
Le professeur en charge de ma promotion, Mr Douglas, étudia mon cas et me proposa de m'aider à rester à niveau le temps de mon absence. Il montra beaucoup d'empathie et me persuada que mon père un jour irait mieux et que je pourrais alors reprendre mes études.
Il était reconnu comme spécialiste des écosystèmes régionaux et par ses relations me trouva un travail qui consistait à guider des groupes et participer à la surveillance d'une partie de l'Olympic National Park.
C'est ainsi que je rencontrais Marc et sa femme Rachel. Ils m'accueillirent comme leur propre fille. Ils avaient une cinquantaine d'année et leurs trois enfants étaient partis depuis longtemps à l'autre bout du pays pour leur travail.
Lui était un géant à côté duquel j'avais l'impression d'être une allumette, il était jovial et passionné par son métier. Rachel, petite et menue, contrastait autant par son physique que par son caractère réservé avec son imposant mari. Je m'apercevais qu'ils étaient parfaitement complémentaires, me donnant l'exemple d'un couple solide que mes parents n'avaient pas su me montrer.
Mr Douglas les avait sans doute briefé sur ma situation car ils eurent la décence de ne pas me poser de question. Marc connaissait mon père avec qui il avait déjà eu l'occasion de faire des battues et ne pouvait pas ignorer notre accident.
Leurs bureaux, qui leur servaient de base, étaient situés sur les bords du lac Crescent à mi chemin entre Forks et Port Angeles.
Au début, ils me donnèrent un travail de paperasse. Puis petit à petit j'accompagnais Marc lors de ses randonnées. Il était en charge de la surveillance de la faune et la flore de la zone géographique du parc qui lui était attribuée et le reste de son temps il le consacrait à accompagner des groupes leur servant de guide. Rachel restait dans les bureaux pour gérer le planning et la partie administrative.
Ce travail me permettait de rester en contact avec le sujet de mes études et d'étudier sur le reste de mon temps libre à la bibliothèque de Port Angeles. Mr Douglas m'avait fourni un accès au réseau de l'université pour récupérer des cours.
J'avais accepté en plus un travail de vendeuse dans la boutique de Mike Newton. Mais son obsession à vouloir m'inviter à sortir avec lui, couplée aux regards lubriques qu'il me lançait au moindre de mes mouvements, m'insupportait.
Mon père et Sue trouvaient que j'en faisais trop et s'inquiétaient sérieusement pour moi. Ils me demandèrent d'abandonner mon travail chez Mike.
Charlie me rassura en m'expliquant que sa pension combinée au travail administratif à mi-temps que lui gardait le bureau du Shérif quand il irait mieux nous permettait de subvenir à nos besoins.
J'étais inquiète pour nos économies, d'autant que les miennes étaient presque entièrement passées dans ma première année à l'université mais je cédais. J'avais récupéré ma vieille Chevrolet. Jacob avait été la chercher à la demande de Billy et avait effectué à moindre coûts les réparations nécessaires m'évitant de devoir acheter un nouveau véhicule.
Ça faisait longtemps que je n'avais pas éprouvé un tel sentiment de joie, le jour ou je remis ma démission à Mike. Sa mine déconfite devant l'idée de ne plus pouvoir me harceler quotidiennement était une vraie récompense.
Cela ne l'empêcha pas de me proposer une nouvelle fois de sortir maintenant qu'il n'était plus mon patron. Je me rendais alors compte que j'avais dû abuser de cette excuse. Il m'offrit ainsi un deuxième moment de plaisir quand je déclinais de façon abrupt son offre en lui expliquant que je ne sortirais avec lui ni maintenant, ni demain, ni jamais.
Je rentrais à la maison le cœur plus léger. Mais le nuage qui assombrissait ma vie refit vite son apparition.
Je trouvais mon père au sol dans le salon, son fauteuil renversé. Livide, je précipitais vers lui, qu'allais-je découvrir en m'approchant ?
Il bougea en m'entendant arriver. Il m'expliqua qu'il avait fait une chute en se penchant un peu trop pour attraper la télécommande. Il en avait profité pour faire une sieste une fois allongé par terre. Je le grondais comme un enfant lui expliquant qu'il aurait pu empirer ses blessures et rester là des heures si je n'étais pas rentrée.
Contre son grès je le conduisis à l'hôpital pour vérifier que tout allait bien et lui achetais un portable que je lui imposais de garder sur lui pour joindre Sue ou moi-même en cas de besoin.
J'avais eu tellement peur en le découvrant gisant à terre, en imaginant une nouvelle attaque, que dès que Charlie fut occupé devant un match à la télé, je m'empressais d'appeler Sam pour m'assurer que la meute protégeais bien mon père quand je n'étais pas présente. Il me confirma que nous étions tous les deux inclus dans leur périmètre d'action. Il me certifia que depuis notre attaque il n'y avait eu aucune sangsue sur le territoire. Je le remerciais ne sachant quoi ajouter.
Après cet incident, nous avions établit une routine, nous relayant Sue et moi auprès de lui pour ses repas, l'emmener à ses soins et l'occuper.
Billy venait régulièrement lui tenir compagnie. Ils étaient fiers tout les deux d'être frères de fauteuils comme ils aimaient en plaisanter.
J'étais étonnée par la force de caractère de mon père. A aucun moment il ne s'était laissé abattre. Il plaisantait même sur son état. Je finis par comprendre que son seul souci était que je sois vivante et en bonne santé, le reste lui importait peu. En fait il se sentait coupable de l'accident et son soulagement avait été immense en me sachant intacte.
Si seulement je pouvais lui dire que j'éprouvais les mêmes sentiments pour lui. Mais j'étais à nouveau murée dans mon silence. Charlie ne se souvenait de rien, sa mémoire avait occulté tout l'accident. Sans doute étais-ce un mécanisme de défense face à l'horreur et à la douleur ?
Comme je l'avais souhaité. Je m'endurcissais physiquement chaque jour un peu plus. Je continuais le footing dès que possible et je devenais de plus en plus endurante avec les randonnées. Soutenir Charlie, le soulever pour le coucher me permettais de me muscler encore plus. Mon corps restait svelte, mais je n'étais plus la molle jeune fille de mon adolescence.
Mais cette partie était facile, le plus dur était de s'endurcir mentalement.
Pour y arriver je m'obligeais à accepter les longues marches de surveillance de notre territoire en solitaire, bravant la peur de faire une mauvaise rencontre. Mais j'avais plusieurs fois perçu la présence de la meute. Je savais qu'avec les évènements récents ils ne me quittaient pas des yeux.
Lors d'un après-midi à la bibliothèque de Port-Angeles je remarquais une affiche pour une collecte de sang de la croix rouge. Je n'avais jamais même osé penser à ce genre d'événement.
J'avais gardé un très mauvais souvenir de ce cours de biologie peu après mon arrivée à Forks ou on nous avait demandé de nous piquer le doigt pour connaître notre groupe sanguin afin de nous inviter à aller faire un don. J'avais passé mon après midi à l'infirmerie et j'avais du subir les mains baladeuses de Mike qui s'était dévoué pour m'y accompagner. Ce jour là j'aurais aimé que quelqu'un vienne me sortir des sales pattes de Mike et m'emmène loin de tout ça.
Alors penser à toutes ces seringues, la vue et l'odeur de ce liquide rouge… était insoutenable pour moi jusqu'ici. Mais avec tout ce que j'avais traversé dernièrement ma sensibilité avait diminuée. Je n'avais même pas eu de réaction à la vue de mon père ensanglanté sur la chaussée lors de notre accident.
Pour me sentir plus forte et parce que j'étais redevable de toutes ces personnes qui avaient permis de sauver mon père grâce aux transfusions reçues après son accident, je me décidais à donner moi aussi mon sang. « Au moins quelques litres que les vampires ne me prendraient pas » pensaient-je ironiquement. Je ressortie avec fierté de la collecte, je n'avais même pas un petit malaise à déplorer.
Pour parfaire ma résistance mentale et me sentir prête à affronter mon avenir et à assumer mon passé, je m'étais également résolue à ne plus m'attacher à personne. J'étais un trop grand danger pour mon entourage. Angela et Ben étaient mes seules faiblesses. Mais j'espérais qu'après leur mariage et leur retour à Seattle nous nous éloignerions suffisamment pour ne pas qu'on puisse les relier à moi.
Même si j'étais seule avec ma vie et mon passé, la solitude avait toujours été une amie et je la retrouvais avec apaisement. Charlie avait enfin compris que je ne céderais pas à ses supplications et que je resterais à Forks aussi longtemps qu'il me semblerait nécessaire.
Afin de ne pas passer trop de temps à m'apitoyer sur mon sort, je me consacrais aux autres, à Charlie bien sûr, à mon travail et aux préparatifs du mariage d'Angela et Ben. Etant sur place je pouvais facilement régler un certain nombre de chose pour eux pendant qu'ils étaient encore à Seattle.
Le père d'Angela étant pasteur, la cérémonie se déroulait naturellement dans son église et ils avaient prévu la soirée dans le jardin des parents de Ben. Ce dernier avec le chef de son restaurant se chargeait du repas. Ils voulaient faire les choses simplement, les invités se réduisaient à leur famille proche et leurs amis.
Je savais que j'allais avoir un problème de taille au cours du mariage et ce problème s'appelait Mike Newton. Ce dernier était le témoin de Ben, étant son meilleur ami depuis des années ça allait de soi. Mais Mike, persuadé que l'on rencontrait la femme de sa vie au cours de ces évènements et qu'étant témoin moi aussi nous devions venir en couple.
J'avais beau refuser il n'abandonnait pas prétextant que de toute façon je n'avais pas de cavalier et que nous pourrions y aller entre amis. Mais quand je l'entendis me parler pendant une demi-heure des couples de sa famille qui s'étaient formés au cours de mariage je compris que sa conception de l'amitié différait de la mienne. Si seulement j'avais été encore amie avec Jacob, je me serais fait un plaisir de jouer au beau petit couple sous le nez de Mike.
Je reportais alors toute mon attention sur la mariée. J'avais déjà eu l'honneur de courir les boutiques de robes de mariée de Seattle avec Angela après les vacances de noël. Elle avait trouvé son bonheur dans une petite boutique tenue par une couturière. Mais elle avait refusé que je voie la robe qu'elle m'avait choisie demandant à la vendeuse de prendre mes mesures. Je priais pour qu'elle ait tenu sa promesse de ne pas me déguiser en demoiselle d'honneur guimauve.
Lors des derniers essayages chez les parents d'Angela, je la découvrais radieuse dans sa robe ajustée à sa taille. C'était une robe simple couleur ivoire un peu évasée derrière que venait rehausser une large ceinture de tissu bleu nuit. Ce jour là elle me présenta également ma propre robe. Le haut était un bustier bleu nuit, ajusté sur le torse, elle devenait vaporeuse à partir de la taille et s'arrêtait aux genoux. Elle était magnifique, j'adorais sa couleur, sa forme qui me mettait en valeur. Je remerciais Angela les larmes aux yeux d'avoir la chance d'être la témoin de mariage la mieux habillée d'Amérique.
Par contre quand elle me tendit les chaussures à talons aiguilles assorties que je devais nouer jusqu'en haut de la cheville je me mis à la maudire. Elle me certifia que c'était indispensable pour compléter ma tenue et qu'à ce propos elle me les confiait pour que je m'entraîne à marcher avec chaque jour. Malgré mes supplications elle refusa que je porte des chaussures plates une fois la cérémonie terminée, je du donc me résigner.
Mais ma torture n'était pas finie. Angela me traina chez une amie de sa mère coiffeuse et esthéticienne à Forks pour des essayages coiffures et maquillage. Ça dura deux week-end où j'appris plus sur la façon de dompter mes cheveux et de me maquiller que j'avais appris dans toute ma vie. Angela était ravie de partager ça avec moi. Et je devais lui reconnaître qu'une fois coiffées et maquillées nous pouvions faire pâlir d'envie toute cette bonne vieille ville de Forks.
L'énergie d'Angela depuis qu'elle était rentrée de Seattle à la fin de l'année universitaire était contaminante. Je n'aurais jamais cru m'investir autant dans un mariage, mais ça me changeait les idées et tant que ce n'était pas pour moi c'était supportable. Je passais des heures à plier, nouer, coller toutes sortes de rubans, papier, tissus pour les décorations de table, les menus… Angela ne m'épargnait rien mais je me pliais sans rechigner à tous ses désirs de future mariée. Pendant toute cette période je ne pensais à rien d'autre et c'était agréable d'avoir enfin une pause.
Le soir je faisais beaucoup rire mon père et Billy quand ils me voyaient déambuler maladroitement sur mes talons aiguilles. Ils m'avaient déjà imaginée dans de nombreuses scènes hilarantes ou je perdais l'équilibre et créais une catastrophe pendant le mariage. Je les maudissais. J'avais l'impression que je n'y arriverais jamais. Mais comme me l'avais promis mon amie, je finis par me déplacer à peu près correctement enfin en tout cas assez pour ne pas tomber dans le gâteau si je restais vigilante.
Le jour J c'était l'effervescence dans la maison des parents d'Angela où la mariée se préparait. J'étais restée dormir chez elle et l'avais aidée à se préparer tout au long de la matinée. Elle était magnifique mais totalement paniquée devant la réalité des choses. Je m'empressais de la rassurer sur son amour pour Ben, son choix qui était le bon, le fait qu'elle était superbe et que l'on parlerait encore d'elle longtemps.
Je finis par la convaincre et elle se calma un peu. Je me préparais à mon tour. Ma tenue était complétée par le chignon raffiné que la coiffeuse m'avait dessiné sur la tête.
Il faisait beau, normal diraient certain pour la fin juillet mais c'était Forks, c'était donc exceptionnel.
La cérémonie de mariage était simple et joyeuse à l'image des mariés. Le fait que ce soit le père d'Angela qui les mariait ajoutait un supplément d'âme. Je jouais mon rôle à la perfection sans même trébucher. Ben dévorait des yeux Angela et à mon grand désespoir Mike en faisait de même dans ma direction.
Je n'avais eu que des compliments sur ma tenue. Charlie en était resté bouche bée. Seul Jessica et Lauren m'avaient fait remarquer que ça ne faisait pas très demoiselle d'honneur. Je savais que c'était la jalousie qui les faisait parler. Elles avaient été extrêmement vexées qu'Angela leur amie d'enfance ne les choisisse pas comme témoin. Depuis qu'elles avaient su que c'était moi, elles avaient craché leur venin à chaque fois que je les avais vu.
Je poussais Charlie dans son fauteuil entre l'Eglise et la maison des parents de Ben quand nous tombâmes nez à nez avec Jacob qui était venu faire une course en ville. A ses yeux écarquillés je compris qu'il avait eu du mal à me reconnaître. Il nous salua en bredouillant. Charlie lui expliqua la raison de notre accoutrement et Jacob nous félicita sur notre apparence. Je poussais alors mon père invoquant le fait qu'on nous attendait et repris ma route. Je jetais un coup d'œil derrière moi et constatais que Jacob n'avais toujours pas bougé d'un millimètre ni d'ailleurs fermé la bouche.
Les parents de Ben nous accueillirent autour d'un cocktail puis à la nuit tombante nous fûmes dirigés vers un immense barnum qui avait été monté en prévision des éventuelles trombes d'eau typiques de Forks. A l'intérieur des tables rondes étaient disposées autour de la piste de danse. La décoration ivoire agrémentée de bougies donnant un éclairage tamisé au lieu.
Le repas était délicieux et pour une fois depuis longtemps je me laissais aller à savourer la nourriture. On ne m'avait jamais autant invité à danser que ce soir là, bien que j'ai toujours évité ce genre d'évènement, je devais reconnaître que la tenue que m'avais choisie mon amie faisait son effet.
Le plus dur fut de contenir les ardeurs de Mike. Je prétextais un énorme mal de pied pour refuser une énième invitation. Quelques minutes plus tard il me regardait avec un air boudeur alors que je me faisais mener sur la piste de danse par un cousin de Ben.
Les mariés nous quittèrent à deux heures du matin, ils partaient le lendemain en voyage de noces à Hawaï. Angela me remercia chaleureusement de mon aide et de ma joie de vivre pour cette journée. Elle se pencha au creux de mon oreille pour me dire qu'elle souhaitait vraiment que je redevienne cette jeune femme là qu'elle avait retrouvée depuis quelques jours. Je la remerciais également et la félicitais.
Nous les regardâmes partir dans un vacarme de klaxons et d'applaudissements de l'assemblée. Je cherchais alors Charlie des yeux pour rentrer et trouvais ce dernier devant le perron de la maison. En le rejoignant je fus interceptée par Mike qui voulait m'offrir un dernier verre, j'avais pitié de son acharnement inutile mais refusais une nouvelle fois lui expliquant que j'étais lessivée et que je devais ramener mon père. J'espérais vraiment qu'il finirait par abandonner sinon ma vie à Forks allait devenir un enfer.
A la fin de l'été Ben et Angela rentrèrent, ravis, bronzés et amoureux comme jamais de leur voyage. Ils passèrent une semaine à Forks avant de rejoindre Seattle. Angela était inquiète de me laisser derrière elle mais je la rassurais en lui promettant de donner de mes nouvelles en échange de tous les potins de la Washington Université.
De mon côté j'étais soulagée de la laisser partir. J'avais le sentiment que si elle s'éloignait de moi elle ne serait plus en danger. Je ne pouvais pas demander à la meute de surveiller toutes mes connaissances, donc plus loin elle se tenait de moi mieux elle se portait.
Le fait de me retrouver seule à Forks sans mes amis me renvoya à la réalité de ma situation ce qui me valu une belle nuit d'insomnie remplie de doutes et de questions sur mon avenir.
Je restais assise devant ma fenêtre à contempler la pleine lune. Sa lumière me rassurait, la nuit était moins sombre sous ses éclats blafards. Je me surpris à admirer sa beauté froide. J'espérais que quelque part quelqu'un admirait cet astre, quelqu'un avec qui je pourrais tout partager, qui me comprendrait, me soutiendrait et me sortirait de ma solitude pesante.
Je m'arrêtais immédiatement. Je ne devais pas nourrir cet espoir, il n'y avait et il n'y aurait personne avant longtemps pour moi. J'avais fait des essais qui s'étaient soldés par des échecs. Je devais me concentrer sur ma seule préoccupation, mon père, et le soutenir jusqu'à sa guérison complète.
Dès le mois de septembre, Marc m'emmena systématiquement avec lui pour accompagner des groupes de touristes dans le parc avant la fermeture des sentiers à la fin de la saison.
Durant l'hiver nous avions pour charge de surveiller le territoire à pied ou en 4x4 suivant les conditions. J'avais un plaisir particulier à me promener dans la nature endormie sous la neige. Le silence environnant était grandiose et les jours de soleil je pouvais sentir l'attente du printemps et du renouveau par la végétation.
La faune ne s'était jamais aussi bien portée depuis plusieurs mois. Marc m'expliqua que la régulation des populations était si parfaite qu'il ne se l'expliquait pas surtout chez les grands prédateurs. Il attribuait ça à la qualité de l'environnement du parc.
Jacob avait tenté plusieurs fois de me joindre depuis noël, j'avais refusé ses appels sous différents prétextes. Il n'était pas question que je lui pardonne si facilement. De toute façon si la meute voulait me joindre il m'enverrait Sam ou un autre devant mes refus de communiquer avec Jacob.
N'ayant pas de nouvelles du reste de la meute je supposais qu'il n'y avait plus de vampire sur le territoire. J'essayais de ne pas baisser garde en étant trop soulagée par cette hypothèse. Le passé m'avait trop démontré que la mort n'avait pas l'intention de m'épargner.
Je poursuivais donc mon existence, tentant de rester à niveau dans mes cours, prenant de plus en plus d'assurance dans mon travail et me réjouissant du plus infime progrès de mon père.
POV Edward
Nous étions enfin de retour dans l'État de Washington.
Ça avait été une vraie réunion d'état major pour décider de notre vie sur place. Le but était de se fondre à nouveau dans la vie d'une petite ville, dans laquelle Carlisle pourrait travailler dans l'hôpital local. Il était hors de question pour nous de retourner à Forks, les gens se souvenaient de nous bien que nous n'ayons laissé aucune trace et ils ne comprendraient pas l'inexistence de changements physiques sur chacun d'entre nous.
J'avais dû me battre avec le reste de la famille pour au moins obtenir de retourner habiter dans notre maison à l'extérieur de Forks. J'argumentais que son isolement faisait que nous pourrions aller et venir sans rencontrer les habitants de la ville et que nous nous devions d'occuper notre territoire. C'était la raison première de notre retour, il fallait donc être sur place pour exercer notre surveillance. Esmée qui adorait sa maison, me fut d'une grande aide en me soutenant.
Les autres finirent par céder, nous retournerions vivre dans notre maison de Forks que nous avions laissée à l'abandon depuis notre départ.
Concernant notre intégration dans la vie des humains nous jetâmes notre dévolu sur la petite ville de Sequim. Rosalie, Emmett, Alice, Jasper et moi irions au lycée. Alice et Jasper avaient enquêté afin de s'assurer qu'aucune connaissance ne s'y trouvait. Carlisle lui exercerait dans l'hôpital local. Nous serions à 1h30 de route de Forks pour une voiture roulant à vitesse normale et nous pourrions être sur place en beaucoup moins de temps à pied si nécessaire.
Ça ne me plaisait pas de m'éloigner de Forks mais ma famille me fit comprendre que c'était indispensable à notre sécurité. De toute façon Esmée resterait à la maison pour monter la garde pendant notre absence et mon pouvoir doublé de celui d'Alice nous avertiraient à temps d'une attaque. Et je devais admettre que les loups veillaient également.
Carlisle avait insisté pour que je continue à pratiquer la médecine. Il tenait à ce que je reste occupé et ne voulais pas que je gâche tous mes efforts pour acquérir ma résistance. Il nous trouva des gardes de nuit au Harrison Medical center de Bremerton. C'était assez éloigné de Sequim pour ne pas que les gens s'interrogent de trouver un élève du lycée en blouse blanche dans les couloirs.
Nous avions donc plié bagages au cœur de l'été, quittant Rockwood et le Maine sans regrets. Rosalie et Emmett étaient ravis de retrouver l'Etat de Washington auquel ils étaient fortement attachés. Nous avions peu l'occasion de revenir aussi vite dans les lieux ou nous avions vécus.
Alice depuis que j'avais pris la décision de revenir ne quittait pas son petit sourire satisfait. Elle sautait intérieurement de joie, ayant la certitude d'avoir atteins son but après ce long travail de persuasion. J'avais bien essayé de la faire redescendre sur terre en lui expliquant que je ne projetais absolument pas de revoir Bella. Mais elle était restée insensible à mes arguments, me laissant entendre qu'il ne fallait jamais dire jamais.
J'avais ressenti également un net changement chez Jasper. Mon humeur un peu plus joyeuse avait aussi eu son effet sur lui. Il profitait des bonnes ondes que je lui transmettais.
Retrouver la maison de Forks avait été une expérience empreinte de nostalgie. C'était comme de retrouver sa maison d'enfance, de voir les souvenirs à chaque coin de pièce, de retrouver les odeurs particulières de la végétation environnante, les couleurs du ciel si particulier de cet endroit du globe.
Nous avions remis la maison et ses environs en état en quelques heures laissant l'entrée du chemin d'accès dans un état tel qu'il était difficile pour un œil non averti de repérer sa récente utilisation.
En humant les pistes des alentours nous avions pu constater que les loups avaient rodé dans les parages, je pouvais également sentir de très anciennes traces humaines, l'odeur me semblait familière mais trop ancienne pour que je puisse la reconnaître avec certitude.
En arrivant nous avions lancé une importante expédition de chasse dans la forêt d'Olympic, en partie pour marquer notre retour, car comme nous l'avait fait remarquer Emmett rien de tel qu'un bon grizzly pour fêter une bonne occasion. Ça nous avait également permis de laisser des traces évidentes de notre présence aux Quileutes. Ils reconnaitraient ainsi notre odeur leur signifiant notre retour encore plus rapidement qu'un coup de téléphone.
Nous étions ensuite rentrés, gorgés de sang animal pour enfin reprendre chacun possession de nos quartiers. Tout le monde retrouvait ses marques comme si nous n'étions jamais partis.
Je montais lentement à l'étage supérieur et poussais la porte de ma chambre. J'avais rangé mes affaires en quelques minutes tout à l'heure mais sans prendre le temps de m'attarder pour aller aider Carlisle à ranger son imposante collection de livres et de tableau.
Tout avait repris place. Je passais mes doigts sur la tranche de mes disques dans les étagères du mur avant de me diriger vers la baie vitrée.
La pleine lune éclairait la vaste étendue d'herbe à l'arrière de la maison qui allait jusqu'à la rivière. J'étais enfin rentré à la maison. En même temps je pouvais ressentir une étrange appréhension ressemblant à du trac. Je ne savais pas de quoi mon avenir serait fait mais je pressentais que ma décision de revenir ici ne serait pas sans conséquence pour la suite.
Incapable de travailler sur mes cours de médecine comme j'avais l'habitude de faire, je mis de la musique et restais immobile dans la contemplation de la vue de ma chambre une bonne partie de la nuit. Les premières lueurs de l'aube et les scintillements de ma peau de marbre se reflétant sur les murs de ma chambre me sortir de ma contemplation. Plus par habitude que par nécessité je me dirigeais vers la salle de bain pour me préparer à aller en cours. Nous étions le jour de la rentrée scolaire.
L'éternelle routine du lycée allait reprendre. Comme pour chaque nouveau lycée, l'arrivée de ma Volvo grise fit son impression. Les nouveaux étaient rares dans ces petites villes ou tout le monde se côtoyait depuis l'enfance. Une fois de plus les mêmes regards appuyés, les mêmes pensées, les mêmes tentatives d'approche pour ces étranges enfants adoptés du nouveau médecin de l'hôpital.
Cette fois pourtant je notais une légère différence, j'étais sur mes gardes au cas où nous croiserions une tête connue mais mes arrières pensées allaient toutes vers l'impression qu'à chaque détour des couloirs j'allais la croiser.
Le plus dur fut de me rendre à mon premier cours de biologie. C'était le seul cours que je ne partageais pas avec un de mes frères ou sœurs. La salle ressemblait fortement à celle de Forks rendant l'impression de déjà vu encore plus forte. Je m'installais sur une table libre, étant le dernier arrivé aucun élève ne s'assit à côté de moi.
Jusqu'à la dernière minute je m'attendais à voir une jeune fille aux longs cheveux ondulés bruns arriver essoufflée, le rose aux joues, me lancer un regard de ses grands yeux chocolat interrogateurs et venir maladroitement prendre place à côté de moi.
Je fus interrompu dans ma rêverie par le ton glacial du professeur qui avait remarqué ma dissipation et tentait de me faire revenir sur terre. Une fois mon attention captée et non sans une réflexion acerbe sur mon manque de concentration, il reposa sa question sur le cycle de Krebs. La justesse et la rapidité de ma réponse eurent pour seul effet de le mettre hors de lui intérieurement. Il fit un rapide hochement de tête pour signifier aux autres que ma réponse était juste avant de poursuivre son cours.
Je pouvais sentir la rage à l'intérieur de lui, c'était la première fois que je déclenchais une réaction aussi violente chez un de mes professeurs. Généralement ces derniers ne nous portaient pas dans leur cœur étant dérangés par notre niveau de connaissance et nous laissaient tranquilles pour le reste de l'année.
En quelques minutes Mr Randy avait décrété qu'il me détestait et que j'allais le payer tout au long de l'année. Il faudrait que je fasse avec. Emmett, qui adorait jouer le rôle du cancre, serait hilare à la seule pensée de me savoir mal vu par un professeur.
Le reste de la journée se passa sans encombre. Le soir venu tout le monde rentra satisfait et rassuré quant au fait de ne pas rencontrer de vieilles connaissances. Carlisle serait éventuellement en contact téléphonique avec des médecins de Forks mais pourrait éviter de les rencontrer physiquement.
La routine s'installa pour chacun d'entre nous. Il n'y avait pas de trace de Victoria dans les parages. Alice continuait à observer ses décisions. Et les Quileutes étaient maintenant au courant de notre retour se limitant le plus souvent aux frontières de leur territoire.
La nuit nous nous rendions donc régulièrement à Bremerton avec Carlisle pour prendre des gardes de chirurgie générale aux urgences. Je faisais équipe avec lui. L'hôpital était assez grand pour que nous passions inaperçus parmi les nombreux personnels.
Le sang n'avait plus aucun effet sur moi. J'arrivais à me concentrer entièrement sur mon travail, oubliant même que le corps devant moi était humain, rempli de cette substance tant convoité par ceux de mon espèce.
Une nuit de janvier, un incendie s'était déclaré dans un vieil immeuble de la ville dû à un chauffage électrique défectueux. Une partie du bâtiment, trop vétuste, s'était effondré avec la force des flammes. Les pompiers étaient intervenus rapidement réussissant à dégager plusieurs habitants. Les grands brûlés avaient été transférés à Seattle et nous avions hérité des autres blessés souffrant de nombreuses lésions dues à l'effondrement.
Les urgences étaient passées de l'attente typique du calme avant la tempête à l'agitation la plus totale. En quelques minutes les blessés qui arrivaient les uns après les autres avaient été dispatchés et toutes les salles d'opérations étaient occupées.
Le patient qu'on nous attribua, qui avait été découvert coincé sous une poutre souffrait d'hémorragie interne. Il était sur notre table d'opération, le thorax ouvert. Carlisle essayait vainement de trouver d'où provenait le saignement. Je fermais pendant ce temps ses autres blessures.
Il avait déjà reçu plusieurs transfusions. Nous avions envoyé la seule infirmière qui nous secondait chercher d'autres poches de sang. Généralement nous étions entourés d'équipes restreintes. Même s'ils reconnaissaient nos qualités, nos collègues gardaient une méfiance instinctive en notre présence.
Cette jeune infirmière toute juste diplômée n'échappait pas à la règle. La nervosité que nous provoquions chez elle ajoutée à son manque d'expérience la rendait particulièrement maladroite.
Nous avions donc profité de l'occasion pour l'envoyer hors de la salle afin qu'elle reprenne ses esprits. Elle revint au moment où Carlisle me demandait de compresser une artère du patient pendant qu'il refermait une plaie. Il pria l'infirmière de transfuser un nouveau culot de sang. Je lui jetais un coup d'œil et vit que ses mains tremblaient alors qu'elle détachait l'ancienne poche vide.
- Vous allez bien ? lui demandais-je sur un ton inquiet.
- Oui, oui, je suis confuse je n'ai jamais travaillé sur un tel accident, mais ça va aller.
- Ok, tout ce qu'on vous demande c'est de réagir vite pour nous aider à sauver ce patient.
Je regardais autour de moi et constatais l'état de la pièce. Nos tenues étaient maculées, le sol était recouvert de compresses ensanglantées et de poches vides, le plateau des instruments chirurgicaux derrière Carlisle était souillé de sang. Bien qu'il soit commun de voir un tel tableau dans un bloc opératoire, c'était une vision d'horreur pour quelqu'un qui n'avait jamais vu ça.
Je me concentrais à nouveau. Carlisle arrivait à ses fins.
- Ça y est je l'ai ! Ça devrait tenir, on va le remplir pour voir ce que ça donne avant de le refermer complètement !
Au moment où je levais la tête vers l'infirmière qui tenait une nouvelle poche, il était déjà trop tard pour réagir sans l'affoler encore plus par ma vitesse inhumaine.
Elle n'avait pas vu que Carlisle, toujours penché sur le patient, lui tendait son scalpel pour qu'elle le range. Dans son élan elle ne pu retenir la poche qui s'enfonça sur l'instrument tranchant. Réalisant son erreur elle la tira d'un mouvement vif vers elle. La pression qu'elle exerçait dessus avec ses mains libéra un jet de sang. Surprise, elle la fit tomber sur le sol laissant le liquide rouge se répandre lentement sur sol.
Dès le moment ou le sang s'était échappé, je m'étais reculé contre le mur du fond de la pièce, retenant ma respiration et m'empêchant de faire un mouvement. Je savais que mes yeux étaient devenus noirs et que mon visage avait changé de traits. Le venin coulait à flot dans ma bouche, tous mes muscles se tendaient prêts à l'attaque. J'étais redevenu un prédateur. Je pouvais dans la seconde qui suivait tuer cette jeune infirmière, Carlisle étant le seul témoin.
Mais je savais que son sang ne m'apporterait aucun contentement.
La jeune femme était accroupie devant la poche et psalmodiait des excuses. Elle jeta un regard vers moi et arrêta net tout mouvement, je vis mon visage dans son esprit, je vis le monstre qui se dressait devant elle. Je sentais le sang pulser dans ses veines. Je commençais à devenir fou.
Carlisle tellement concentré sur le patient venait seulement de réagir à mon absence près de lui. Il se retourna vers moi et compris immédiatement.
« Va-t-en Edward, vite, ne t'arrêtes pas, évite les humains. Une fois à l'air libre tu iras mieux. Vas je te couvre, nous nous retrouverons à la maison ».
- Je reviens ! lançais-je plus pour l'infirmière que pour Carlisle avant de quitter la pièce.
Je sortais à grands pas de l'hôpital, rasant les murs pour ne pas passer trop près des humains que je croisais. Une fois dehors, je regagnais l'obscurité d'une rue attenante et commençais à courir. L'heure tardive me permis d'éviter toutes âmes qui vivent dans les rues de la ville. Une fois sorti de Bremerton je m'enfonçais dans la végétation ne faisant qu'augmenter mon allure, indifférent à tout ce qui se passait autour de moi.
Je m'interdisais de penser, je me focalisais sur un seul objectif : fuir loin de la source qui avait réveillé le monstre. Sans m'en rendre compte je m'étais dirigé vers Forks, sans doute l'instinct me poussait il à trouver refuge chez nous loin de toute tentation.
Je commençais à reprendre le contrôle quand je perçu une étrange pensée collective comme si plusieurs êtres s'étaient rassemblés dans un même cerveau. Je stoppais net pour constater que j'étais à la frontière du territoire Quileute. Immédiatement cinq loups énormes surgirent se postant de l'autre côté de la ligne de démarcation imaginaire. Deux d'entre eux avaient une attitude extrêmement agressive. Il paraissait communiquer entre eux par la pensée mais ils ne percevaient pas les miennes.
La conversation était vive entre les deux plus belliqueux d'entre eux, Paul et Leah, qui voulaient en finir immédiatement avec moi et les trois autres qui avaient reconnu en moi un Cullen. Je me décidais alors à prendre la parole.
- Oui je suis bien un Cullen, et jusqu'à preuve du contraire je suis encore en dehors de vos terres. Je n'étais pas très concentré et je regrette de vous avoir dérangé.
Immédiatement cinq têtes aux yeux interrogatifs se tournèrent vers moi.
« Tu nous entends ? »
- Oui, ça serait difficile autrement, vu le bruit de vos pensées.
Ça ne me plaisait pas de leur dévoiler mes atouts mais au point ou j'en étais, ce n'était pas la peine de rajouter le déclenchement d'une guerre avec les loups à mes faits d'armes. Et après tout je venais moi-même de découvrir un de leur secret.
« Impossible ! »
« Si, il faut se rendre à l'évidence »
« C'est un piège ! Les autres ne doivent pas être loin, ou alors ils attaquent ailleurs ! »
« Liquidons celui là alors avant d'en finir avec le reste ! »
« Vous n'allez quand même pas vous attaquer à lui alors qu'il ne nous agresse pas ! »
« Foncer droit sur nous à cette allure est une agression ! »
« SILENCE ! »
C'était Sam le chef de la meute, qui suite à la cacophonie provoquée par ma réponse calmait ses troupes hostiles avant de reprendre la parole.
« Es tu un Cullen ? »
- Oui.
« Êtes vous revenus définitivement à Forks ou êtes vous de passage ? »
- Nous sommes revenus dans notre maison à l'extérieur de Forks mais nous évitons la ville.
« Vous rappelez-vous du traité et de ses frontières ? »
- Bien sûr, n'ayez aucune inquiétude à ce sujet, nous n'avons pas changé depuis notre dernière venue ici.
« Sachez que pendant votre absence certains de vos confrères sont venus dans les parages et se sont montrés particulièrement agressifs, nous en avons éliminé deux, mais une femelle s'est échappée et nous sommes persuadés qu'elle reviendra avec l'intention de tuer. Nous devrons donc agir en conséquence et si vous êtes sur notre chemin nous vous considérerons comme des ennemis. »
- C'est bien compris nous ne vous barrerons pas la route, mais sachez que suivant l'individu nous aurons peut être été plus rapide que vous à réagir. Je suppose que tuer un vampire ne fait pas partie des clauses du traité ?
« Ça n'en fait pas partie effectivement ! Nous te remercions d'avertir le chef de ton clan et d'éviter nos frontières à l'avenir ».
- C'est noté.
Je fis demi-tour, je les voyais me regarder m'éloigner rapidement. Je pouvais au moins remercier cette bande de loups de m'avoir remis les idées aux claires avec leur odeur nauséabonde.
Sans le vouloir, ils m'avaient transmis les images de leurs affrontements avec les sangsues comme ils les appelaient. A chaque fois il y avait un point commun : Bella. Je comprenais qu'ils l'avaient sauvée par deux fois, mettant en pièce le vampire qui l'attaquait. J'avais aussi entraperçue les incursions de Victoria et ses fuites.
Je rentrais alors rapidement à la villa espérant y trouver Carlisle. Il avait du se passer plus de temps que je ne le pensais car il était déjà là m'attendant avec anxiété.
A mon arrivée il fut soulagé de me revoir dans un état relativement calme. Je demandais à la famille de se réunir et leur faisait part de ma rencontre avec les loups.
Carlisle était partagé entre la curiosité pour la taille actuelle de la meute et l'inquiétude par rapport à leur méfiance provoquée par les dernières attaques.
Nous nous accordions tous pour ne pas provoquer les loups en respectant largement leur territoire. Alice s'engagea à garder l'œil sur un éventuel mais probable retour de Victoria pour la bloquer dès que possible.
Pour ma part je connaissais déjà ma réaction si je devais la croiser à nouveau même si je savais que Carlisle chercherais toutes les solutions possibles avant de s'en prendre à un être vivant quels que soient ses torts.
Je montais lentement l'escalier si familier vers ma chambre quand Carlisle m'invita à le rejoindre. Je poussais sa porte et le trouvais assis sur son bureau me regardant d'un air pensif.
« Que s'est-il passé tout à l'heure à l'hôpital ? »
Il ne s'exprimait pas à voix haute pour que les autres ne soient pas témoins de notre discussion. Je le remerciais intérieurement pour sa délicatesse.
- C'est le sang dans la poche percée, j'ai mal réagi.
« Je suis étonné, c'est la première fois que ça t'arrive, d'autant plus que nous étions devant un patient plus que tentant. »
- Ce n'était pas n'importe quel sang…
« C'était elle, Bella ? »
- Oui j'en suis pratiquement sûr, je reconnaîtrais son parfum entre mille et comme tu as pu le constater mon corps a réagi en conséquence.
« Saches que je suis ravi de ta réaction »
- Pardon ? dis-je en levant un sourcil interrogateur.
« Bien que j'ai eu un peu de difficulté à calmer cette jeune infirmière, entre son impression d'avoir fait une bêtise avec cette poche et ton visage devant tout ça, elle était paniquée mais je l'ai rassurée en lui expliquant que tu étais encore sensible, que parfois tu craquais et que tu avais besoin de prendre l'air. Je l'ai félicitée pour son courage vu sa jeune carrière. Elle était flattée et rassurée. Je crois qu'elle a eu pitié de toi et qu'elle sera particulièrement attentive à ton bien-être la prochaine fois que tu la croiseras. »
- Comment peux-tu plaisanter avec ça ? J'aurais pu la tuer !
« Mais tu ne l'a pas fait, pas plus que tu ne t'es jeté sur le patient ou sur la poche qui se vidait sur le sol. Tu étais sous contrôle Edward, sinon tu n'aurais jamais pu sortir de cette pièce crois-en mon expérience »
- Franchement je ne sais pas ce qu'il se serait passé sans toi.
« La même chose. Tu peux être fier, tu as résisté au sang qui a le plus fort appel que tu n'ais jamais rencontré. Je crois vraiment que tu a atteins ce niveau d'excellence que tu m'as toujours envié. Je suis même persuadé qu'avec les années l'élève dépassera le maitre »
- Si seulement tu pouvais dire vrai. J'espère ne pas te décevoir…
« Ne te voile pas la face, tu es revenu pour te rapprocher d'elle, il y a de forte chance que tu la croise ou que tu sois amené à l'observer pour la protéger. Pars confiant, si tu as résisté ce soir, tu résisteras à son odeur qui sera beaucoup moins forte que celle de son sang à l'état pur. Nous allons tous t'aider à veiller sur Forks et te soutenir. »
- Merci mais je n'en mérite pas temps. A plus tard Carlisle.
Je regagnais enfin ma chambre. En moi se mélangeaient les souvenirs de la journée et ceux des trois dernières années. Je m'en voulais tellement, elle aurait pu mourir plusieurs fois depuis mon départ, par ma faute, au lieu de la protéger je l'avais laissée à la merci de vampires… Qui sait ce qu'elle avait évité d'autre ? Etait-il écrit qu'elle devait absolument être confrontée à mon monde avec ou sans moi ?
Aurait-il été vraiment plus dangereux pour elle que je sois resté à Forks ? Comme le pensait Carlisle étais-je capable de contrôle ? Et dans ce cas n'aurais-je pas été son meilleur protecteur ?
Je me fis alors une promesse celle d'être l'ange gardien qui veillerait sur elle. Bien que le qualificatif d'ange n'était pas pour moi. Je serais invisible pour elle, je me refusais à m'immiscer dans sa vie, je n'avais aucun droit, je m'assurerais juste qu'elle ne courre aucun risque.
Je savais que ça allait être une véritable torture de la voir évoluer, vivre devant moi, mais c'était maintenant le but de mon existence.
Malgré les souffrances à venir je ressentais une once de bien-être pour la première fois depuis longtemps. J'avais enfin l'impression d'être là ou je devais être.
Alors pensez-vous qu'au prochain chapitre il y aurait moyen qu'éventuellement sur un malentendu ils se rencontrent ?
Qu'est ce que je fais maintenant la suite...ou Argentine/Allemagne ?
Qu'est ce qui pourrait bien me motiver…
