Alors comme ça le dernier chapitre vous a plu et vous en voulez encore…
Mais que voulez vous ?
Encore des gros loups à la toison flamboyante ? Des Indiens courant torse nu au soleil, des perles de sueur glissant sur chaque courbe de leurs musculatures surdéveloppées ?
D'ailleurs si vous allez voir Eclipse, observez bien et vous verrez un bout des fesses de Jacob… Rien que pour vous bande de coquines ! Comme je sais que vous aimez nos amis les bêtes, vous n'allez pas être déçues, ce chapitre est digne d'un hors série de 30 millions d'amis -)
Et bien oui au lieu de bosser sur ma fic je l'ai vu ce fameux film (et sans cris ou applaudissements dans la salle, Blue77, il y avait même des plus vieux que moi, si, si, et un groupe de mecs aussi…).
Merci David Slade d'avoir relevé le niveau après le pitoyable New Moon et d'avoir rendu à Edward un peu (beaucoup) de sa superbe…Adieu le plâtrage de fond de teint blanc digne du mime Marceau. Par contre le pauvre Carlisle a hérité de la pire coiffure, je vous déconseille son coloriste ! Et Jasper, ah Jasper, cette fois il ressemble à un setter qui vient de s'ébrouer après être sorti de l'eau…Disons que ça change du mouton jamais tondu dans le 2…Et vous noterez qu'à la fin ils citent le titre de ma fiction, si c'est pas beau ça ! (ben oui ma bonne dame, la jeune fille brune qui traine tout le temps avec le monsieur aux yeux jaunes elle a dit Destin, et hop le placement de produit, la grosse pub de la mort qui tue…)
Encore une fois merci à celles qui review à qui je réponds en PM (que celles que j'ai oubliées lèvent le doigt)…
Chipie 8 : Bienvenue parmi nous ! Merci pour tes compliments et tes encouragements, ça me touche vraiment. J'espère que la suite te plaira autant, je ne fais que bricoler avec l'univers de l'auteur de Twilight et mon imagination faiblarde a bien des doutes par moment.
D'ailleurs n'oublions pas, les personnages et l'histoire originale appartiennent à Stephenie Meyer.
Allez hop ! La montagne ça vous gagne !
Chapitre 10 : Douter…
POV Bella
Quelle étrange journée…
J'avais à peine pu détacher mon regard du sien quand je l'avais vu appuyé contre le bus. Il paraissait tendu, presque inquiet.
Il n'avait pas changé. La gravité de ses traits aurait pu le faire paraître plus vieux. Mais à part ses yeux dorés qui contrastaient avec les regards noirs qu'il m'avait lancés trois ans auparavant, tout était identique. Son long corps athlétique, ses magnifiques cheveux bronze, son visage parfaitement dessiné, sa peau blanche…
Mon cerveau était presqu'en black out devant tant de beauté. Il ne m'avait laissé que son souvenir. Je n'avais pas pu depuis toutes ces années me fier à autre chose. Et le voir là devant moi me faisait réaliser la pâleur de l'image que mon cerveau avait gardée.
Marc me présenta au groupe ce qui me sortit de mon éblouissement. Je me proposais alors pour prendre la tête de la marche. Je me focalisais, me laissant entrainer par mes explications sur cette flore que je commençais à connaître par cœur.
Je l'évitais jusqu'au moment ou Marc repris la tête du groupe. Nez à nez avec lui et me laissais hypnotiser par son regard de lave. Etait-il vraiment ce que Jacob m'avait raconté ? Comment faire le lien avec James et la femme aux yeux rouges ? N'aurais-je pas dû fuir à toutes jambes au lieu d'être irrésistiblement attirée par lui ? Ne m'étais je pas promis de lutter contre ces créatures ?
Quelque chose le perturba et il lâcha notre connexion pour suivre le groupe. J'observais alors à ma guise sa démarche féline, les muscles qui se dessinaient sous son T-shirt. J'avais envie de sourire, je respirais mieux que jamais, une chaleur douce m'envahissait proche du bien-être. Décidément j'avais des réactions étranges.
Au moment de la pause déjeuner je le vis s'installer contre un arbre en retrait des autres à qui il n'adressait pas la parole depuis le début. Je ne pouvais m'empêcher de l'observer, détournant le regard quand je croisais le sien. On aurait presque pu croire à un jeune lycéen mangeant son déjeuner, mais je percevais la supercherie dans cette comédie jouée à la perfection.
Fatiguée par les incessantes avances de Mr Randy et les sourires narquois de Marc je m'éloignais pour m'allonger quelques minutes la tête posée sur mon sac à dos. A travers mes cils je l'épiais. Il ne me quittait pas des yeux mais je ne sentais aucune menace de sa part.
Tout à coup il leva la tête, après un rapide coup d'œil alentour il se leva et s'enfonça dans la pénombre de la forêt.
Mon cœur me dictait de le suivre, mais ma raison sonnait toutes les alertes rouges du danger. Ne m'étais-je pas retrouvée assez de fois seule dans les bois avec une de ces créatures ?
N'y tenant plus je m'enfonçais à mon tour dans sa direction. J'avais à peine fait quelques pas que je le vit arriver devant moi.
Je voulais savoir, si c'était vrai, si je ne rêvais pas. J'étais morte de trac, tendue à l'extrême. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas prononcé son prénom consciemment… J'avais peur qu'en le faisant il disparaisse tel une illusion de mon esprit. Mais la seule façon de le savoir était d'être courageuse.
Sa réaction m'étonna, il me confirma que lui aussi savait qui j'étais et alla jusqu'à exprimer son bonheur de me revoir. Je fus parcourue d'un frisson de plaisir en l'entendant, espérant que mon rougissement ne serais pas trop visible dans la pénombre. Son ténor de velours était envoutant s'accordant parfaitement avec sa personne.
Les appels de Mr Randy nous interrompirent. A son ton je pouvais voir qu'il n'appréciait pas Edward. Je sortis du bois à sa suite, tentant de ne pas réagir à sa réponse plus que douteuse à l'interrogation de son professeur suite à sa disparition.
Malheureusement le rouge de mes joues devait me trahir. Je coupais court à la conversation que tentait d'entamer Mr Randy pour rejoindre Marc. La fin de la randonnée ne me laissa plus l'occasion de l'approcher.
Assise à l'arrière de la Chevrolet, je contemplais le bus scolaire qui manœuvrait pour sortir du parking. Je ne quittais pas son regard doré jusqu'à ce que le bus tourne pour le cacher à ma vue.
La réalité me sauta alors aux yeux. J'aurais presque pleuré de le voir partir. Je me sentais stupide. Mais allais-je le revoir ? Sa présence au lycée de Sequim, voulait-elle dire qu'ils étaient revenus dans la région ?
- Ouh, ouh, Bella ? Reviens sur terre, c'est Jeff qui te fait cet effet ?
Marc et son sourire moqueur, agitait sa main devant mes yeux. Une fois encore il avait dû passer une excellente journée à observer Jeff Randy s'échiner à me faire des avances.
- Non, non, je suis là, à part me fatiguer il ne m'a pas fait grand effet ce Jeff, rassure toi !
- Oh ! Mais je ne veux que ton bonheur ma belle !
- Au point de me caser avec ce genre de pot de colle !
- Tu sais les goûts et les couleurs…
Je lui assenais alors une petite tape derrière la nuque et sautait du plateau. Je le saluais lui souhaitant un bon week-end avant de repartir.
Je passais le week-end sur un nuage. Même le coup de fil de Mike pour m'inviter à aller prendre un café le samedi ne me fit pas perdre ma bonne humeur. Même la soirée passée à la réserve avec Charlie à une veillée menée par Billy Black pendant laquelle je pris plaisir à entendre les légendes Quileutes malgré la présence un peu trop rapprochée de Jacob ne me fit redescendre sur terre.
Le dimanche après midi j'empruntais la route qui menait au chemin d'accès de la villa, je n'osais m'arrêter mais en passant lentement je vis d'imperceptibles changements, invisibles pour celui qui ne les aurait pas cherchés. Il était clair que ce chemin était emprunté régulièrement. Je fis demi-tour à l'embranchement suivant. Ils étaient donc revenus mais depuis quand ? Pourquoi les gens de Forks n'étaient-ils pas au courant, pourquoi aller dans un lycée aussi loin que Sequim, pourquoi la meute ne les avait-elle pas chassés ?
Autant de questions qui resteraient sans réponses si je ne le revoyais pas.
Le lundi matin Rachel m'apporta une opportunité sur un plateau d'argent. Le lycée de Sequim, ou devrais-je dire Jeff Randy, ravi de notre prestation, nous avais commandé une présentation à destination des élèves du lycée la semaine suivante et j'étais chargée de l'assurer. Ça me donnerait une bonne excuse pour le croiser, peut-être était-il d'ailleurs avec ses frères et sœurs ?
Ce que je n'avais pas prévu, c'est que le destin me réservait une autre surprise. Ce même lundi Rachel me rappela le soir, Marc avait fait une intoxication alimentaire suite à son déjeuner. Ses jours n'étaient pas en danger mais il devait rester deux jours en observation à l'hôpital. Je remerciais intérieurement ma bonne étoile d'apporter ma nourriture depuis que j'avais vu la gargote dans laquelle Marc se fournissait se vantant de son estomac à toute épreuve.
Elle me demanda donc de prendre en charge le lendemain les deux élèves que Marc devait accompagner à la demande de Mr Randy qui leur avait fournit à tous un travail individuel sur la flore local pour faire suite à la sortie scolaire.
Je me rendis donc à l'aube dans les bureaux du parc ou le premier élève devait me rejoindre. C'était une jeune fille réservée qui me rappelait mes années de lycée. Elle avait décroché le bon sujet. Une plante aquatique poussant sur le bord du lac Crescent qui nous évitait de crapahuter dans les monts Olympic.
Par contre le deuxième élève qui devait me rejoindre au départ de la sortie scolaire de la semaine passée avait hérité d'un autre défi. Son sujet était une fleur d'altitude, la Violette de Flett qui aimait se nicher dans des endroits escarpés et qui poussait uniquement pendant cette saison. Cela nous demandait plusieurs heures de marche, une once de chance pour trouver rapidement cette fameuse fleur et une nuit de bivouaque car il était impossible de faire l'aller-retour avant la tombée de la nuit. J'espérais ne pas tomber sur une des cheerleader qui allait rechigner tout du long.
Rachel était désolée de m'imposer ce travail. Je la rassurais en lui disant que j'avais un bon moyen de communication avec le téléphone satellite et que je saurais me débrouiller avec un seul élève. Après tout ce n'était pas ma première nuit en montagne.
Après avoir suivi plusieurs fois Marc, il avait accepté de me laisser quelques tours de garde qui nécessitaient de passer une nuit en montagne. J'avais fortement apprécié ces moments de solitude intense. Même si lors de ma première nuit, un loup qui se révéla être Jacob m'avait rendu visite m'assénant que j'étais inconsciente de faire ce genre de chose. Je l'avais renvoyé. Vexé, il était reparti mais je l'avais entendu rôder une bonne partie de la nuit, sa respiration puissante et ses lourdes pattes foulant le sol.
La matinée passa vite avec la première élève et après un bon déjeuner concocté par Rachel dans la maison du parc, je pris la route jusqu'au parking de départ des randonnées.
Je portais un lourd sac à dos contenant de la nourriture, une tente et mon sac de couchage. De quoi survivre quelques temps. Si j'avais retenu une chose avec Marc c'était de toujours me méfier du climat changeant de notre Etat.
J'espérais que l'élève dont Marc n'avait pas fait l'effort de retenir le prénom avait bien prévu l'équipement adéquat lui aussi.
Je fixais la route quand je vie quelque chose étinceler au loin avant d'apercevoir une Volvo gris métal un peu trop familière. Etait-il possible que ce fameux élève soit Edward Cullen ? Devais-je faire demi-tour ou pouvais-je réellement envisager de passer une nuit perdue dans la montagne avec lui ? Pourquoi lui ferais-je confiance ?
Je devais faire un choix. Quel qu'il soit je savais qu'il serait immuable, je ne changerais plus d'avis. C'était dans mon caractère quand j'avais décidé quelques chose c'était définitif.
Il se gara et sortit de sa voiture. Quand je vis son regard de lave et son sourire en coin je sus que ma décision était prise…
POV Edward
A notre retour au lycée, ma voiture m'attendait, seul Jasper était à l'intérieur.
- Ou sont les autres ?
- Ils sont rentrés. J'ai préféré renvoyer Alice, je ne voulais pas de témoin humain pour votre prochaine confrontation…
- Tu as bien fait, je te remercie. Tu savais ce qu'elle cachait ?
- Pas avant que tu sois monté dans le bus… Ne lui en veux pas, il faut toujours qu'elle arrive à ses fins !
- Ne t'inquiètes pas elle a peut-être bien fait…Je n'ai pas pu reculer une fois devant le fait accompli. Et ce fut une journée plutôt agréable…étrange mais agréable…
- Alors tu l'as vraiment revue et comment a-t-elle réagi ?
- Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, sereinement je dirais. Elle m'a reconnu mais n'en n'a montré aucun signe aux autres. Nous avons eu une courte conversation quand nous nous sommes retrouvés seuls quelques instants.
- Et que pense-t-elle ?
- Aucune idée… Ses pensées me sont toujours imperceptibles… Par contre les loups ne sont jamais loin d'elle.
- Tu m'étonnes avec ce qu'elle a vécu ! C'est étrange d'ailleurs qu'elle ne t'ait pas fui comme la peste.
- Effectivement je ne me l'explique pas…
- Et alors comment est-elle ? Comme dans ton souvenir ?
Je baissais la tête, gêné de me confier aussi facilement à mon frère.
- Ah Jasper, elle est …encore plus belle qu'avant, plus assurée, plus femme. J'avoue que devant elle je suis parcouru de sensations encore inconnues mais ne le répète pas à Alice, s'il te plait…
- Pas de problème. Tu vas la revoir ?
- Je ne sais pas comment mais si je m'écoute, je sauterais sur n'importe quelle occasion pour la recroiser.
Je me tournais vers lui. Jasper souriait ce qui me fit réaliser le sourire béat que j'affichais depuis le début de cette conversation.
« Ton humeur actuelle est un vrai bonheur pour moi. Essayes de la garder c'est bon autant pour toi que pour les autres ! »
- Je vais essayer si ta femme ne me fait pas tourner en bourrique !
- Je suis de ton côté et tous les moyens seront bons pour détourner son attention, dit-il en m'adressant un clin d'œil.
Une fois à la maison, je constatais que ma comploteuse sœur était absente. Rosalie indiqua à Jasper qu'elle était partie chasser et qu'il était invité à la rejoindre.
Ils ne réapparurent pas du week-end, ni même le lundi. Jasper nous appela une fois pour nous informer qu'ils prolongeaient ce moment à deux. Je n'étais pas dupe. Je savais qu'Alice m'évitait pour ne pas que je découvre ses visions. Cela voulait-il dire que j'allais revoir Bella ? Secrètement j'espérais, bien qu'une partie de moi plus prudente me soufflait que ce n'était pas une bonne idée.
Dès le lundi, Mr Randy nous distribua à tous un sujet individuel d'étude. Comme promis il me réserva le plus compliqué : une fleur endémique de l'Etat de Washington, la Violette de Flett, qui poussait dans des zones rocheuses en altitude.
Il nous avait à tous réservé des plages horaires avec Marc pour aller faire nos observations et ramener des photos et des échantillons. Le travail dont j'avais hérité nécessitait de longues heures de marche à allure humaine et une nuit sous tente pour ne pas faire la descente dans l'obscurité peu propice aux yeux humains.
Il nous rabâcha plusieurs fois qu'il était en étroite relation avec Marc et que si l'un de nous se défilait il le saurait immédiatement. Je savais que ces menaces m'étaient destinées. Ce qu'il ne savait pas c'était qu'à ce moment je voyais ça comme une possibilité de revoir Bella.
Quand je sus que j'avais rendez-vous avec Marc sur le parking d'où nous étions partis la dernière fois, mon enthousiasme retomba. Si encore nous nous étions retrouvés dans les bureaux du parc j'aurais peut-être eu l'opportunité de la voir. Mais la perspective de passer une nuit avec son patron sans même la récompense de l'apercevoir était moins alléchante.
J'en étais à chercher des excuses pour repasser à leur bureau le lendemain matin, voir à éviter cette randonnée sans que Mr Randy soit au courant. Je pourrais toujours aller cueillir ces maudites fleurs en quelques minutes par moi même. Je franchissais le dernier virage de la route qui menait au parking quand je la vis adossée à sa Chevrolet rouge.
Mon cœur s'il avait été vivant aurait fait un bon dans ma poitrine. Je ne pus défaire le sourire qui s'était formé sur mon visage quand je m'extirpais de ma voiture.
- Bonjour Bella.
- Bonjour Edward, Marc est malade. C'est moi qui suis chargée de t'accompagner.
- Ça me va très bien ! Tu es sure que ça ne te dérange pas ?
Elle leva un sourcil interrogateur devant mon hésitation. Je voulais qu'elle ait le choix jusqu'au bout, et que ce choix soit le sien.
- Non pas du tout, au contraire, je crois que nous avons des choses à nous dire …
J'étais subjugué par son aplomb. Je pris mes affaires et lui emboitais le pas. Nous marchions ainsi pendant deux heures dans le silence de sa respiration et de nos pas. Sa démarche était plutôt assurée, mais une certaine gaucherie se dégageait d'elle à chaque fois qu'elle se retournait pour voir si je la suivais.
Au détour d'un virage, une puissante odeur animale envahie mes narines. Devant nous les bras croisés se profilait l'imposante silhouette d'un Quileute. Je pouvais sentir la présence de deux loups dans les sous bois voisins. Comment avais-je pu imaginer rester seul avec Bella sans les alerter ?
- Jacob, que fais-tu là ?
Apparemment Bella connaissait cet Indien, mais que savait-elle réellement de la vraie nature des personnes qui l'entouraient. Et si c'était le cas comment pouvait-elle rester sereinement au milieu de nous ?
- Bella, tu ne devrais pas être seule si loin de la civilisation en si mauvaise compagnie. Je suis venu pour te ramener chez toi !
- Jacob je suis en plein travail, là ! Je suis maitre de mes fréquentations et je n'ai absolument pas besoin de tes services de baby-sitter !
- Mais enfin Bella, tu es en danger ! C'est quoi un suicide ? Tes « accidents » ne t'ont pas suffi il faut encore que tu tentes le diable ?
- Je ne te permets pas de juger mes actes Jacob, tu es très mal placé pour ça !
J'étais resté en retrait depuis le début de la conversation, j'avançais d'un pas derrière Bella.
- Rassure toi, elle ne craint rien je veille sur elle.
Immédiatement le dénommé Jacob me fixa.
- Tais-toi Cullen ! Tu n'as aucun droit, tu es le seul danger qu'elle coure ! D'ailleurs comment oses-tu te pointer ici ! Nous t'avions prévenu !
L'indien avançait vers moi menaçant. Bella le bloqua d'un bras. Elle se retourna vers moi.
- Ne te mêle pas de ça Edward ! Quant à toi Jacob, vas t-en immédiatement, si tu veux que je t'adresse encore la parole la prochaine fois que je te croise dans mon salon !
- Mais tu es inconsciente ou quoi !
- Fous le camp d'ici, tout de suite ! J'en peux plus de te trouver tout le temps sur mon chemin, c'est trop tard pour le numéro de chevalier servant, il fallait y penser avant ! lui lança-t-elle d'un ton glacial.
Elle passa alors devant l'Indien qui restait la bouche entrouverte. Il finit par reculer.
- Comme tu voudras, mais ne viens pas te plaindre des conséquences ! siffla-t-il entre ses dents.
Il fit demi-tour et disparut dans les bois non sans m'avoir avertit par ses pensées de leur intervention rapide si je faisais un seul geste malencontreux. Je les entendis s'éloigner. Il paraissait vraiment obéir aux ordres de Bella
Elle marchait à nouveau devant moi, mais cette fois d'un pas rageur, sans un mot. Je la suivais, j'avais l'impression qu'il fallait la laisser seule digérer cet affrontement. Après cette conversation je m'interrogeais sur ce que savait ou non Bella sur moi et les loups. Elle paraissait en connaitre plus qu'elle ne le montrait.
Les arbres devenaient de plus en plus disséminés laissant la place à de vastes étendues herbeuses. Malgré les nuages je pouvais sentir que le soleil n'était plus très loin des sommets environnants, la nuit ne tarderait pas.
Bella s'arrêta enfin et posa ses affaires dans un endroit abrité. Elle sortit la tente qu'elle monta en quelques gestes brutaux. Je pouvais encore ressentir sa colère. Je restais à l'écart n'osant lui adresser la parole. Elle finit enfin et me fixa.
- Reste là. Je descends juste en contrebas voir s'il y a bien des Violettes. Il y a un endroit propice tout près. Si c'est toujours le cas on pourra faire les observations dès ce soir.
Je m'assis alors sur un rocher devant la tente. Je l'observais descendre dans une pente caillouteuse. Elle marchait prudemment évitant les pierres qui roulaient sous ses pieds. Je distinguais en contre bas un aplomb rocheux à l'abri du vent qui devait être le repaire de ces fameuses fleurs.
J'étais à la fois impatient et inquiet de la nuit qui se profilait devant nous. Qu'allais-je avoir le courage de lui dire. Après tout Bella était peut-être juste une grande professionnelle et son seul but était de m'accompagner comme si elle avait été Marc. Je ne devais pas me faire d'illusions.
Encore une fois perdu dans mes pensées, ce n'était que le bruit d'éboulement de pierres se détachant d'une paroi et le cri que poussa Bella qui me réveillèrent. Je me relevais à temps pour la voir tomber de l'aplomb rocheux.
Oubliant toute prudence je me précipitais assez vite pour attraper son poignet, la retenant au dessus du vide. Ses yeux me fixaient avec une intensité que je n'avais jamais vue auparavant.
POV Bella
Je bouillais de rage depuis que nous avions croisé Jacob. De quel droit se permettait-il de me surveiller comme une jeune enfant ? Evidemment que si je m'étais sentie en danger je ne serais pas partie seule avec Edward.
J'avais été brutale avec lui mais j'avais peur que Jacob l'agresse s'il se mêlait à la conversation. Après le départ de Jacob, il avait respecté mon silence et je lui en étais reconnaissante.
Une fois à l'endroit prévu pour bivouaquer, j'avais planté la tente défoulant les restes de ma colère sous les yeux interloqués d'Edward. Il était nécessaire que je me calme. Je décidais donc de descendre seule sur l'aplomb rocheux que Marc m'avait montré des mois auparavant pour vérifier la présence des violettes.
Edward s'assit résigné devant la tente. J'étais maintenant gênée par son silence. Si je devais avoir une grande discussion avec lui il allait falloir qu'il soit un peu plus prolixe.
Je me crus en sureté une fois sur l'aplomb rocheux et se ne fut que quand je sentis ma cheville se tordre sur une pierre que je compris que j'étais en train de tomber. Je tentais de me raccrocher au bord mais ma tête heurta un rocher me faisant lâcher prise. Je poussais un cri de douleur. En quelques secondes je visualisais la situation, sous moi il y avait quelques mètres de vide et des rochers. Même si je survivais je serais en très mauvais état.
J'attendais l'impact quand je sentis une chose glacée entourer mon poignet suspendant ma chute. Seul le bruit du téléphone satellite qui venait de se briser plus bas perturba le silence de mort autour de moi.
Je levais les yeux pour découvrir qu'Edward me retenait. Je n'étais plus reliée qu'à lui, balançant dans le vide. Quelques secondes auparavant il était devant la tente, si je doutais encore de sa véritable nature il n'y avait plus d'ambigüité à présent.
Je le fixais. Depuis que je l'avais revu je me sentais revivre. Cet étrange moment symbolisait parfaitement ce sentiment. Je voulais me raccrocher à lui, lui faire confiance. Il ne pouvait être qu'une bonne personne s'il me sauvait maintenant.
Il me hissa sur le rebord sans me quitter des yeux comme si j'étais légère comme une plume. Je me laissais tomber à terre, secouée de tremblements. En baissant la tête quelque chose vint obscurcir ma vision. Je levais ma main sur mon front et constatais avec horreur que je saignais. J'avais dû m'ouvrir quand j'avais heurté le rebord. Par instinct je reculais contre la paroi et me recroquevillais dans un geste de défense.
Je vis alors l'étonnement puis la compréhension passer dans ses yeux un peu plus sombres qu'auparavant. Il recula d'un pas et leva les mains en signe de reddition.
- N'aie pas peur Bella. Je ne te ferais aucun mal. Fais-moi confiance.
Je sentais qu'il parlait autant pour lui que pour moi. Ses yeux étaient redevenus de lave et ce signe me rassura. S'il avait été comme James ou cette femme aux cheveux rouges je serais déjà exsangue à ce moment.
Je me détendais et tentais de me relever. Mais une douleur fulgurante dans ma cheville blessée m'arrêta dans ma lancée.
Un bras puissant m'entoura la taille me retenant.
- Je crois que ma cheville est foulée.
- Tu me fais confiance ?
-…je…oui…
Il glissa alors son autre bras sous mes genoux et me souleva. Je m'apprêtais à protester mais son parfum enivrant m'ôta toute prudence. Je me lovais contre son torse dur, fermant les yeux. J'étais bien, j'étais à ma place. Je le sentis raffermir sa prise autour de moi comme si lui aussi ressentait les mêmes choses. Il huma mes cheveux avant de reprendre la parole.
- Nous y sommes.
Il me posa alors en douceur devant la tente dont il ouvrit la fermeture. Il m'aida à m'asseoir à l'intérieur.
- Merci…merci pour tout.
- Il n'y pas de quoi. Mais si tu le permets je vais regarder tes blessures, d'accord ?
- Ok…
Délicatement il repoussa les cheveux de mon front, observant ma plaie. Je pouvais voir la concentration chez lui par la ride qui se formait entre ses yeux.
- Bon ce n'est pas très joli, il va falloir te recoudre rapidement… Si tu t'en sens capable je peux le faire sur place, j'ai une trousse de secours dans mon sac et de très bonnes compétences dans ce domaine rassure toi.
J'étais dans une dimension parallèle. Je m'apprêtais à me faire recoudre par un vampire dans l'isolement la plus total alors que la prudence et la raison me dictaient de redescendre immédiatement.
Mais la nuit allait tomber et se déplacer dans les bois serait impossible dans l'obscurité. Mon téléphone détruit, je n'avais plus aucun moyen de joindre les secours, nous étions bloqués ici jusqu'au lendemain. Et même là il serait nécessaire qu'Edward parte seul chercher de l'aide car ma cheville ne serait pas en meilleur état demain matin.
A ce moment même je sentis deux mains glacées entourer ma jambe avec délicatesse. Ce toucher m'apportait un soulagement immense sur ma cheville enflée et douloureuse.
- Je crois que tu as belle foulure. Je vais te faire un bandage. Si tu as mal je dois avoir quelques antidouleurs dans mon sac.
- Merci, pour mon front tu es sûr que tu as déjà fait ça et que tu as le matériel nécessaire ?
- Aussi étonnant que cela puisse te paraître, oui j'ai déjà fait ça des milliers de fois et concernant le matériel ne t'inquiètes pas un petit lutin bienveillant a glissé ma trousse de premier secours dans mon sac car je suis sûr de ne pas l'avoir prise moi-même.
Je ne comprenais pas ses paroles mais je décidais de me fier à lui. Il se leva et sortit sa trousse de son sac déballant devant moi tout un nécessaire à suture stérile. Une légère appréhension me vrilla le ventre. J'allais devoir être courageuse.
- Prends ça, me dit-il de sa voix douce, on va attendre quelques minutes que ça fasse effet. Mais je suis désolé je n'ai pas plus fort. Je crains que ce soit un peu douloureux, je vais tout faire pour que ce soit rapide.
- Ne t'inquiète pas je vais tenir, j'ai vu pire ces derniers temps…
Il me dévisagea interrogateur mais je ne souhaitais pas en parler pour le moment, chaque chose en son temps. Il prépara son matériel pendant que l'antidouleur faisait effet. Puis il nettoya soigneusement ma plaie et commença la suture.
J'étais subjuguée par sa maitrise, la concentration et l'aisance avec laquelle il refermait ma blessure. Il avait des doigts de fée, je sentais à peine l'aiguille s'enfoncer et il termina à une vitesse déconcertante.
- Voilà c'est fait ! Ça va ?
- Oui, à vrai dire je n'ai presque rien senti, tu es très doué. Merci.
- C'est moi qui te remercie de me faire confiance. Bon ta cheville maintenant !
Il posa à nouveau ses mains froides autour et je ne pus retenir un soupir de contentement.
- Je te fais mal ?
- Non au contraire tes mains me font un bien fou.
Il semblait intrigué par ma réponse. Mais il laissa ses mains sur ma cheville endolorie, la massant avec dextérité. Le froid de sa peau se propageait anesthésiant la douleur, en même temps qu'un feu incontrôlable montait le long de mon corps.
Il du sentir mon embarras car il stoppa et fit mon bandage. Il releva son visage vers moi et saisit avec douceur mon poignet.
- Désolé pour ça, dit-il de sa voix de velours.
Je baissais alors les yeux vers mon bras. Des hématomes bleu foncé s'étaient formés à l'endroit ou sa main m'avait retenue au dessus du vide. Je les frôlais du bout des doigts, je ne sentais même pas la douleur.
- Tu rigoles j'espère ! A choisir je préfère ces bleus témoins du fait que tu m'as sauvé la vie que d'être écrasée au fond d'un précipice !
Je posais ma main sur la sienne qui entourait encore mon poignet.
- Merci Edward…
Je plongeais dans son regard et m'y perdais, j'aurais pu rester ainsi des heures. La pénombre de la tente était remplie d'électricité, j'étais comme hypnotisée.
Il brisa le contact en enlevant sa main. Immédiatement le manque m'envahit, il était à quelques centimètres de moi, mais j'avais déjà envie d'être à nouveau en contact physique avec lui.
- Maintenant veux-tu que je te ramène ?
J'hésitais un quart de seconde avant de prendre ma décision. Je voulais voir ce que cette nuit passée ensemble pourrait-nous apporter, je ne voulais pas le quitter.
- Ça me paraît compliqué avec la nuit qui tombe, et on n'a pas fait tout ce chemin pour que tu rentres sans les éléments de ton devoir. Vu que grâce à toi je suis hors de danger nous n'avons qu'à passer la nuit ici. Tu vas par contre devoir faire tes observations seul et nous aviserons demain.
- Laisses moi quelques minutes, je récolte ce dont j'ai besoin pour ce maudit devoir et je reviens te faire à manger.
Je le regardais alors amusée prendre un appareil photo dans son sac à dos et sortir de la tente. Je décidais de me glisser jusqu'à l'entrée de la tente. Il avait déjà disparu dans la pente à la recherche des Violettes.
Prenant mon mal en patiente j'observais le ciel plombé de nuages, on distinguait à peine le coucher de soleil à l'arrière. J'aurais vraiment dû me poser la question « que fais tu ici ? » mais je n'en n'avais aucunement envie. Je voulais suivre mon cœur qui me suppliait de rester.
Où étaient toutes les promesses que je m'étais faite de me méfier de ces créatures, voir ma terrible envie de vengeance au vu de l'état de mon père ? Mais je ne ressentais rien de tout ça pour Edward. Il était si différent des vampires que j'avais rencontrés, d'ailleurs comment pouvait on le considérer comme un des leurs ?
Je sentis un mouvement imperceptible dans l'air autour de moi et je levais la tête pour constater qu'il se trouvait déjà devant moi. Je ne pus retenir un soubresaut de surprise.
- Oh désolé de t'avoir fait peur ! Je crois que j'ai ce qu'il faut pour mon devoir. Tu veux manger quelque chose ?
- Merci mais je n'ai pas très faim…
- Avec toutes les émotions que tu viens de traverser il faut que tu manges !
- Ok, ok, regardes dans mon sac j'ai pris quelques provisions.
Je l'entendis fouiller à l'intérieur.
- Euh, excuses moi mais je ne sais pas très bien ce qui te plairait.
Je me glissais à nouveau à l'intérieur. Je me rassis sur mon duvet et dirigeais ses fouilles parmi mes provisions.
Je commençais à picorer dans ce que nous avions sortit de mon sac.
- Et toi tu ne manges pas ?
- Disons que j'ai un régime particulier… Ne t'inquiètes pas je n'ai pas faim.
Fallait-il entendre un sous entendu dans ses propos ? Il me regardait un sourire en coin irrésistible. D'un coup de tête je décidais qu'il était temps de lui parler et je reposais les restes de mon repas à peine entamé.
- Ça te dérange si je te pose quelques questions ?
- Non, je t'écoute.
- Par ou commencer…
- Par le début, non ?
- Tu as raison, donc… ils y a trois ans en cours de biologie à Forks, c'était bien toi ou je me trompe ?
- Non tu as raison.
- Et tu es parti… Pourquoi ?
- Pourquoi… Disons que j'avais quelques problèmes personnels.
- Problèmes personnels ? Bon, je crois qu'un peu plus de franchise va être nécessaire si on veut vraiment discuter.
Je vis que ma réaction le surprenait. Mais je devais lui dire ce que je savais, qu'il était inutile de me servir ses mensonges tout justes bons pour les autres humains.
- Je vais commencer pas te dire ce que je sais et ce que j'ai fait pendant trois ans et j'espère qu'après tu en feras de même…
J'étais prête maintenant, je pouvais tout lui dire. Sans lui laisser le temps de protester, je me lançais alors dans un monologue qu'à aucun moment il n'interrompit, seules les expressions de son visage et les réactions de son corps trahissaient ses pensées.
Une insondable tristesse balaya ses yeux quand je lui parlais de Jacob et d'Alex même si je gardais pour moi les détails intimes de mes relations avec eux. La rage crispa ses poings quand j'évoquais James, la femme aux cheveux rouges, la trahison d'Alex et les loups. Une culpabilité immense envahie ses traits quand j'arrivais à l'accident de mon père.
- Voilà mes trois ans depuis ton départ…
- Si j'avais su…
- Tu ne pouvais pas savoir et de toutes façons qu'est ce que ça aurait changé ?
- Tout Bella ! Ça aurait tout changé ! Sans ma lâcheté, tu aurais sans doute évité tout ça !
Il baissait la tête devant moi, les poings serrés.
- Je t'interdis de dire ça ! Les choses arrivent quoi que l'on fasse, certaines d'entre elles doivent avoir lieu ! Et puis qu'aurais tu fais ? Tu crois que ta nature seule aurait suffit à me protéger ?
- Oui nous aurions pu te protéger ! lança-t-il en relevant la tête.
- Tu te trompes j'étais déjà protégée par les loups et ça n'a pas empêché James et cette femme de percer leurs défenses pour m'atteindre. Personne ne pouvait rien pour moi…même toi…
- Si Bella, je ne sais pas ce que tu sais sur moi quand tu parles de ma nature, mais j'aurais pu te défendre !
- Je sais ce que tu es Edward…
Il s'arrêta d'un coup me scrutant, dans l'expectative de ma réaction.
- Alors dis-le !
- Un vampire…
- Et tu n'as pas peur avec tout ce que tu viens de me raconter ?
- Non Edward ! Je crois que tu m'as prouvé plusieurs fois aujourd'hui que tu ne me voulais aucun mal. Et je ne sais pas ce que c'est mais tu es différent de James et des autres que j'ai rencontrés.
- La seule différence c'est le régime alimentaire que je lutte chaque jour pour m'imposer.
- Je pense que c'est plus que ça…
- Pardon ?
- Je pense que tu es quelqu'un de bon Edward, une belle âme, un être à part…
- Tu m'accorde trop d'estime… Je ne suis qu'une pitoyable créature sans âme incapable de contenir ses sentiments.
Il se recroquevilla et tint sa tête entre ses mains. Comment pouvait-on autant douter de soi, après tout ce qu'il avait fait ?
Je m'approchais pour m'asseoir à côté de lui et posais prudemment une main sur son épaule. Il tressailli à mon contact mais je vis sa tête se pencher légèrement du coté de ma main comme si il appréciait ce contact.
- Parle moi Edward, raconte moi tes trois ans, j'ai besoin de savoir que tout n'a pas été vain…
POV Edward
Alors j'ai parlé, j'ai tout dit. Elle méritait au moins ça. Elle même m'avait confié son passé me révélant tous les secrets qu'elle gardait seule depuis trop longtemps. Même si ça avait été douloureux d'entendre les épreuves qu'elle avait du affronter, même si je crevais de jalousie rien qu'à l'évocation des prénoms de Jacob et d'Alex, j'avais besoin de savoir.
A la fin de mon récit je réalisais qu'elle s'était glissée contre moi. J'avais toujours la tête penchée entre mes mains, elle avait toujours sa main posée sur mon épaule. Et j'aimais ça. J'aurais voulu rester là contre elle toute ma vie. Le côté de mon corps qui était en contact avec le sien me donnait l'impression de se réchauffer.
J'étais presque subjugué par mon contrôle, son odeur me donnait des milliers d'envies mais absolument pas celle de la tuer. J'étais fier d'avoir réussi à fermer sa blessure comme si elle avait été un patient lambda, seul ma crainte décuplée de lui faire mal différait d'avec les autres humains que je soignais.
Nous restions là dans le silence, le bourdonnement des insectes nocturnes nous parvenait à travers la toile de la tente. Après quelques minutes sa voix s'éleva claire dans la nuit.
- Je crois que je ne t'ai jamais oublié pendant tout ce temps… Tu as fait parti de tous les rêves dont je me souvienne, par moment en pensant à toi je sentais un tel vide, un tel manque que j'en aurais crié de douleur. J'ai tout fait pour combler ça mais rien n'y parvenait. Depuis quelques mois je m'étais résignée. Tu dois me trouver idiote…
Elle avait tourné sa tête vers moi. Je la regardais me perdant dans ses yeux.
- Jamais, ou alors nous sommes deux idiots… J'ai l'impression que tu parles de moi, sauf les rêves bien sûr. J'ai tout fait pour lutter contre l'envie de te revoir, au détriment de ma famille et de moi même… J'ai faillit me perdre, j'en ai honte quand j'y repense…
Elle tendit alors sa main vers mon visage avec une lenteur déconcertante. Je compris qu'elle attendait une autorisation pour aller plus loin dans son geste. Je fermais les yeux et elle y vit un consentement.
La sensation que me procura sa main en se posant sur ma joue réveilla en moi toutes les cellules de mon corps mort, tel une onde de chaleur. Je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi agréable.
- Tu as fait ce que tu croyais être le mieux, tu voulais me protéger et tu as eu raison qui te dit que tu aurais eu assez de contrôle à cette époque. Tu as fait tellement de chemin depuis…
- Peut-être… Nous ne le saurons jamais, soupirais-je en réponse.
Ses doigts se firent aventureux, parcourant mes traits.
- Et maintenant ?
- Je ne sais pas Bella… Je ferrais ce que tu voudras, même si c'est une torture je comprendrais que tu veuilles que je m'éloigne…
- Jamais ! Je ne veux pas, je ne peux pas, ne me demande pas de l'expliquer mais depuis que je t'ai croisé un énorme poids est tombé de mes épaules…je respire ! J'ai envie, besoin, de te voir, de te regarder, de t'écouter, de te connaître ! Mais moi aussi je comprendrais que tu ne veuilles pas t'intéresser à une banale humaine…
- Bella, comment peux tu dire tout ça après ce que je viens de te confier ?
A mon tour je levais ma main vers son visage. Dès que ma paume toucha sa joue, elle s'appuya sur ma main. Elle était si douce, si chaude…
- J'ai les mêmes envies que toi, n'en doute jamais. Et…tu es loin d'être une banale humaine…Tu es la plus belle femme qu'il m'ait été permis de rencontrer en plus de 100 ans d'existence. Tu me plais Bella…
- Arrête-moi si je fais quelque chose d'interdit…
Elle avança son visage vers moi et je compris ce qui allait suivre. Mon corps était en ébullition, mais je me persuadais que j'allais garder le contrôle.
Quand ses lèvres pleines et douces atteignirent les miennes, une décharge électrique parcouru mon corps, je perdis le contrôle quand je la sentis frissonner contre moi. Je savais que ce n'était pas de froid. Ma main passa sur sa nuque l'attirant encore plus à moi. Elle se laissa faire et augmenta l'ardeur de notre baiser. Je ne savais pas ou étaient les limites de ce que nous étions en train de faire.
Je m'allongeais sur le sol l'entrainant sur moi, ses mains s'agrippaient à mes cheveux, ses lèvres s'entrouvrirent et je sentis sa langue caresser mes lèvres d'une façon si sensuelle que je devins fou, j'aurais pu arracher la tente tellement ce qu'elle me faisait me procurait de sensation. Par prudence je décidais d'arrêter là notre étreinte de peur de lui faire mal. Je me retournais la plaçant dos au sol et me plaquait contre la paroi opposée.
- Désolé…je ne peux pas…je ne peux pas perdre le contrôle avec toi c'est trop dangereux…
Elle était allongée devant moi haletante, les joues roses, les lèvres gonflées par le baiser. Je pouvais entendre la chamade désordonnée de son cœur. Elle releva la tête.
- Non, c'est moi, je n'aurai pas dû, je t'ai forcé la main…
- Oh non Bella ne t'excuses pas pour ça… J'ai adoré ça, je n'ai jamais rien ressenti de pareil…Mais j'ai si peur de me faire déborder par mes émotions, et de te faire du mal. Tu es si belle, si attirante…Je pourrais t'embrasser toute la nuit…
- Tu n'as pas détesté ça alors ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.
- Bien sûr que non, c'était mon premier baiser, enfin le premier consentant si je puis dire, mais je t'assure que c'est le meilleur baiser que l'on puisse me donner.
- Dans ce cas c'est comme le reste, c'est une question d'entrainement… Et si tu acceptes je serais ta coach personnelle, me lança-t-elle avec un sourire mutin.
Comment pouvait-elle plaisanter de choses si sérieuses ?
- Je…
- Il n'y a pas de je ne peux pas. Si tu aimes ça il est hors de question de t'en priver et encore moins moi.
Elle ponctua ses propos d'un clin d'œil. J'étais loin de la jeune lycéenne timide que j'avais laissé derrière moi trois auparavant. Il allait falloir que je me montre à la hauteur de la jeune femme sûre d'elle qui se trouvait en face de moi.
- Bon ok. Mais pour le moment je pense que l'humaine doit dormir si elle veut se remettre de ses blessures de la journée.
- Ok répondit-elle d'un ton boudeur.
Elle attrapa son sac de couchage et se glissa dedans. J'étais étonnée de son obéissance mais quand j'entendis sa voix ensommeillée me supplier de rester près d'elle, je compris qu'elle était morte de fatigue.
Je passais la nuit à ses côtés, fasciné par les mots qui s'échappaient de ses rêves. Quand elle s'agitait, un seul contact de ma main sur son visage suffisait à la calmer et elle soupirait d'aise en prononçant mon prénom avant de replonger dans un sommeil plus calme.
POV Bella
La douleur sur mon front et dans ma cheville me tirèrent du sommeil rapidement. Je reprenais conscience de l'endroit ou je me trouvais. Je m'assis. Ma tête tournait, j'avais l'impression qu'un cœur tambourinait à l'intérieur. C'était pire que les fois ou je m'étais réveillée en ayant abusé de la boisson la veille.
Mon malaise augmenta quand faisant le tour de la pièce je ne le vis pas. Je n'avais pourtant pas rêvé la veille ou alors je perdais la tête. Mes rêves ne pouvaient pas devenir si réels ou dans peu de temps je serais bonne à enfermer.
Par dépit je me rallongeais remontant mon sac de couchage par dessus ma tête. « Dormir, s'il vous plait dormir et ne plus penser… ».
- Bella, ça va ?
Oh mon dieu, je m'étais rendormie aussi vite ? Ce ténor ne pouvait sortir que de mon cerveau malmené, j'avais sans doute fait la chute de trop hier soir comme en témoignait mes blessures.
Hier soir… Je passais un doigt sur mes lèvres… Ce baiser, jamais je n'avais ressenti de telles sensations en embrassant un garçon. J'aurais pu le dévorer. S'il ne m'avait pas arrêté je ne sais pas ou nous en serions arrivés…
Je secouais la tête, non tout ça était dans ma tête, tout droit sorti de mon imagination. De toute façon comment moi, qui avais promis de me battre jusqu'à ma dernière goutte de sang contre ces maudits vampires, aurais-je pu passer une soirée à bavarder avec l'un d'entre eux ?
- Bella, Bella ça va ? Réponds-moi s'il te plait ?
Quelle inquiétude dans sa voix…Peut-être que si je lui répondais, il parlerait encore… Entendre encore sa voix, chaude, magnifique qui me procurait des sensations dans tout le corps…
- Mmmpffff…
Bon, pas très élégant, mais c'était trop dur de parler, et puis c'était lui que je voulais entendre.
- Bella ! Je vais devoir t'enlever ce sac de couchage du visage pour voir si tu vas bien. Tu es prête ?
Et en plus j'allais le voir… Finalement je vais dormir toute la journée…
Je sentis alors, la couverture quitter mon visage.
- Tu peux ouvrir les yeux Bella ?
- Mmmmmmmm, non…
Et puis quoi encore, je n'allais pas me priver d'un si beau rêve.
- Bella ? Je m'inquiète, il faut que tu ouvres les yeux maintenant.
- Non, il va partir sinon, il a une si belle voix, je veux l'entendre tout le temps, laisses moi dormir papa !
- Bella, je ne suis pas ton père, c'est moi Edward. Je vais toucher ton front ne bouge pas.
Oh, tout se mélangeais dans ma tête. Bien sûr que je savais que c'était Edward mais comment faisait-il pour entendre Charlie qui essayait de me réveiller…
Je soupirais d'aise, alors qu'une main glacée touchait mon front, j'avais l'impression d'être brulante, c'était un tel soulagement !
- Mince, tu es brulante ! Bon il faut que tu te redresses pour t'asseoir. Je vais te chercher de l'aspirine.
Je sentis un léger mouvement dans l'air, un bruit comme quelqu'un qui fouillait dans un sac plastique. Puis un bras passa sous mes épaules et me redressa lentement.
- Non, non, je ne veux pas !
Je commençais à me débattre, je ne voulais pas me réveiller.
- Bella, il faut ouvrir les yeux, s'il te plait…Tu me fais peur…
Cette voix, si triste…j'aurais fait n'importe quoi pour y trouver un peu de joie. Je m'efforçais donc à ouvrir mes yeux.
- Oh…
Son visage parfait, ses cheveux bronze désordonnés, ses yeux de lave remplis d'inquiétude, ses longs doigts fins qui me soulevèrent le menton afin qu'il scrute mes pupilles. Ça y était j'avais basculé dans la folie, autant s'en délecter.
- Tu vas boire ça maintenant. Ok ?
Il porta un verre à ma bouche et je bus sans résister sa mixture. J'avais soif, ça faisait du bien.
- Tu restes assise et on attend que ça fasse effet et je te descends. Je savais que j'aurais du te ramener hier !
Je le regardais d'un œil hagard virevolter devant moi à une vitesse anormale pour ranger nos affaires. Petit à petit je sentis l'effet de ce qu'il m'avait fait boire et je réalisais que je devais effectivement être fiévreuse. Mais surtout que j'étais bel et bien réveillée et que tout ce qui s'était passé la veille était bien réel.
- Oh…
Il stoppa net se jetant devant moi.
- Ça va ? Dis-moi où tu as mal ?
- Non, non ça va… Je viens juste de réaliser que je ne rêvais pas… Excuses moi pour mes propos mais je crois que j'ai de la fièvre et j'ai du légèrement délirer…
Il me dévisageait d'un air septique.
- Et tu te sens mieux ? Tu sens l'effet de l'aspirine ?
- Oui, merci.
- Pas de quoi, mais tu m'as fait peur ! Je ne comprends pas ta blessure au front n'est pas infectée, ta cheville est enflée mais c'est tout à fait normal…
- Ne t'inquiètes pas, c'est une réaction fréquente chez moi quand je me blesse, j'ai souvent peu mal sur le coup mais mon corps se venge le lendemain ! Avec l'aspirine ça sera passé dans quelques minutes.
- Je vais te porter pour redescendre et on ira immédiatement à l'hôpital !
- Hors de question que je mette les pieds dans un hôpital !
- Mais Bella il faut qu'un médecin t'examine !
- Je croyais que tu étais médecin !
- Oui et j'ai fait ce que j'ai pu avec les moyens du bord, mais il te faut des examens avec des moyens modernes.
- C'est non ! En plus Charlie serait au courant et je ne veux pas qu'il s'inquiète pour moi !
- Ecoutes, je te propose un marché, je t'emmène à Sequim, nous allons voir mon père Carlisle et je t'examinerais moi même si tu le souhaites. Nous ne laisserons pas de trace de ton passage et dès que c'est finit je te ramène chez toi…A moins que tu acceptes que je te paye un bon déjeuner…
- Et pourquoi tu devrais me payer à manger ?
- Pour me faire pardonner de tout ce que tu as du subir pour m'aider à faire mon devoir, me répondit-il avec un clin d'œil. Marché conclut ?
- Ok, mais ça a intérêt à être rapide, je ne supporte plus les hôpitaux.
Le regard qu'il me lança, me fit culpabiliser. Il voulait juste prendre soin de moi, je n'allais pas lui faire subir mon passé. Je sentais qu'il était le genre de personne qui prenait tout le poids du monde sur ses épaules et je ne voulais pas être un fardeau pour lui. Je le voulais libre et heureux à mes côtés.
Il se saisit de nos sacs à dos et se tourna vers moi.
- Enfile ça, je plie la tente et on y va.
J'enfilais sans broncher la veste qu'il me tendait. Il m'aida à sortir. Je le regardais alors ranger la tente à une vitesse inhumaine, c'était fascinant de le voir se déplacer avec une telle aisance. Il ferma les sacs et se dressa devant moi.
- Et comment comptes-tu t'y prendre pour me transporter jusqu'en bas ?
- Ne sous estimez jamais les capacités d'un vampire jeune demoiselle, dit-il d'une voix assurée en me faisant un clin d'œil.
Il me souleva dans ses bras.
- Ça va aller ?
- Oui arrêtes de t'inquiéter, je sens à peine ton poids, saches que j'ai une force nettement supérieur à toi humaine !
- Bon ok tu l'auras voulu !
Je posais ma tête contre son torse. J'étais bien totalement envahie par son odeur délicieuse, comment pouvait-on sentir aussi bon ? Bercée par sa démarche si souple que je ne sentais aucun à-coup, je fermais les yeux et me laissais aller à somnoler.
- Bella au bois dormant, nous sommes arrivés !
J'ouvrais les yeux sur la clairière ou étaient garées nos deux voitures. Il s'approcha de la sienne et me déposa devant le siège passager. Il m'ouvrit la porte et m'aida à m'installer.
- Je m'occuperais de te ramener ta voiture plus tard ne t'inquiètes pas. D'ailleurs comment peux-tu encore conduire ce tas de ferraille depuis le temps !
- Et le vampire, un peu de respect pour les vieilles choses ! Et tout le monde ne brasse pas de l'or pour s'acheter les voitures de ses rêves !
- Ok, je ne voulais pas te vexer !
Il démarra et nous roulâmes rapidement en direction de Sequim. Je l'entendis téléphoner à son père pour le prévenir de notre venue et il me prêta son téléphone pour que j'appelle Rachel. Je la rassurais lui disant que j'avais fait une chute, mais que j'allais bien et qu'un ami me conduisait à l'hôpital. J'appelais ensuite Charlie pour lui dire que je rentrerais plus tard.
Arrivés à l'hôpital, Edward me força à m'asseoir sur un fauteuil roulant pour aller jusqu'au bureau de son père. Tous les mauvais souvenirs affluèrent. Je fus rassurée en découvrant le visage, jeune et avenant du docteur Carlisle Cullen. Il était presqu'aussi beau que son fils, leurs peaux blanches, leurs cernes violettes et leurs prunelles dorées étaient les seuls traits communs entre eux
- Bonjour Bella, enchanté de faire ta connaissance même si j'aurais aimé que ça se fasse dans d'autres conditions.
- Enchantée Docteur Cullen,
- Je t'en pris appelle moi Carlisle. Alors voyons voir ces blessures, mais à ce que je vois le talentueux Docteur Edward Cullen a déjà fait du beau travail.
Edward lui expliqua ma chute et les soins qu'il m'avait prodigué. Carlisle me fit ensuite passer une batterie d'examens.
Ma blessure au front était propre et la qualité de la suture d'Edward ferait que la cicatrice serait à peine visible. Ma cheville était bien foulée mais je devrais à nouveau pouvoir poser le pied dans une semaine. Il me fournit une attelle et des béquilles.
Pendant toute la consultation, je remarquais l'étrange manège entre Edward et son père, comme s'il se parlait sans s'exprimer à voix haute. Les signes de tête d'Edward comme s'il réagissait à des propos de Carlisle. Ses réponses sans aucun rapport avec la conversation m'intriguaient. Je me promis de le questionner quand nous serions à nouveau seuls.
Une fois terminé, après avoir pris congés de son père, Edward me ramena à sa voiture.
- Je t'emmène manger ?
- Si tu y tiens.
- J'y tiens, tu as besoin d'un bon repas après ce que tu viens de traverser. Si ça ne te dérange pas j'aimerais éviter Sequim pour ne pas rencontrer de connaissance du lycée. As-tu un endroit ou tu aimes aller à Port Angeles ?
- Je connais un petit restaurant Italien sympa. Par contre ça m'étonnes que tu ne t'empresses pas de montrer tes trouvailles à Mr Randy !
- Très drôle, continue comme ça et je lui donne ton numéro de téléphone, il a l'air d'aimer les jolies brunes…
- Pitié, ce mec est un vrai obsédé ! J'aurais détesté l'avoir comme prof !
- Pas autant que moi !
Nous prîmes une table à l'écart dans le restaurant que j'avais conseillé. Je commandais un coca et des raviolis aux champignons pendant que la serveuse couvait Edward du regard. Elle me paraissait plutôt jolie mais à aucun moment dans le repas il ne lui accorda un coup d'œil.
En attendant mon plat j'abordais son étrange échange avec Carlisle. Il m'expliqua son pouvoir, il lisait tous les esprits à l'exception du mien. Décidément je me sentais toujours à part. Il me rassura, m'invitant à manger.
Après mon repas, il me conduisit chez moi. Nous nous taisions. Je m'étais blottie contre le siège confortable de sa voiture et je le regardais conduire. A ses mains crispées sur le volant et aux sourires tristes qu'il m'adressait par moment, je pouvais sentir qu'il réfléchissait.
Il s'arrêta devant la maison de Charlie mais ne fit aucun mouvement pour sortir.
- Edward quelque chose ne va pas ?
- Je … Que fait-on maintenant Bella, que veux tu ? Souhaites-tu me revoir malgré tout ce que tu sais sur moi…
- Tu es vraiment étrange, tu te remets trop en question. Crois-tu que tout ce qui s'est passé hier soir n'était rien ? J'ai aimé chaque moment avec toi, et tant pis si on me traite de folle mais oui je veux te revoir. Rien que l'idée de sortir de ta voiture me rend malade Edward…
Je ne pus retenir une larme, la tristesse qui venait de m'envahir était si puissante que je perdais le contrôle. Il essuya ma larme avec son doigt et caressa mon visage.
- Je ressens la même chose. Mais toi une jeune femme si mûre, veux tu vraiment être avec un adolescent de 17 ans ?
Je ne pu m'empêcher de rire à ses propos.
- Tu te fiches de moi, la personne la plus âgée ici qui n'a aucun intérêt à fréquenter une petite jeune c'est toi, mon vieux ! Et ce n'est pas ton allure de jeune premier qui va m'arrêter !
- Et moi je suis un vieux pervers qui adore la chaire fraiche, dit-il sur un ton menaçant, alors qu'il se penchait vers moi avec un sourire en coin.
Comprenant son intention, j'allais alors à la rencontre de sa bouche. Cette fois notre baiser fut plus assuré, plus téméraire. Je sentis le bout de sa langue froide frôler mes lèvres. Mais au même moment il dut ressentir mon corps s'affoler car il recula.
- Doucement Bella, je suis jeune et inexpérimenté, il ne faut pas me brusquer.
- T'inquiète j'ai tout mon temps…
- Tu devrais aller rejoindre ton père. Il se demande ce que tu fiches dans une voiture inconnue devant chez lui !
- Effectivement c'est pratique ton petit pouvoir.
- Pas toujours, quand tu connaitras ma famille tu comprendras pourquoi !
- Et quand aurais-je cet honneur ?
- Je ne sais pas, laisses moi au moins le temps de les préparer.
- Je plaisantais Edward, on est encore loin du mariage !
Je vis à ce moment une lueur étrange dans ses yeux, il se perdit quelques secondes dans ses pensées puis me refixa mais son visage s'était fermé.
- Veux-tu que je t'accompagne jusque chez toi ?
Je compris à son ton que notre moment était terminé. J'avais du dire quelque chose qui le dérangeait. Je décidais de ne pas insister j'avais assez appris de chose sur lui en deux jours.
- Inutile, je vais me débrouiller. A bientôt ?
- Au revoir Bella.
Je descendis de la Volvo en récupérant mon sac et allais jusqu'au porche de la maison tant bien que mal avec mes béquilles. Pendant tout ce temps je sentis son regard dans mon dos. Une fois devant la porte d'entrée je me retournais pour croiser son regard. Il était soucieux, ses lèvres était pincées. Il démarra. Je lui fis un signe de la main auquel il répondit vaguement.
Je n'aimais pas du tout ce que je venais de voir dans ses yeux. Ça mélangé au vide laissé par son départ m'effraya, j'avais l'impression de retourner en arrière dans les pires moments de ces trois dernières années.
Une fois à l'intérieur, je du subir le sermon de Charlie sur mon imprudence. Il n'accepterait jamais le travail que je faisais au lieu d'être à l'université à passer des diplômes. Je montais me laver. L'avantage de l'attelle était que je pouvais l'enlever pour prendre ma douche.
Puis je préparais le repas tôt disant à Charlie que j'étais épuisée. Je montais me coucher avec inquiétude. A nouveau seule, dans l'expectative de ce que serait mon avenir.
Contre toute attente, je m'endormis tôt. Ma nuit fut parcourue de cauchemars et je me réveillais de sombre humeur.
Je me dirigeais vers ma fenêtre pour constater que ma Chevrolet se trouvait à sa place comme si je l'avais ramenée la veille, effaçant la dernière preuve de ce que j'avais vécu.
Même le soleil radieux de cette matinée pourtant si rare à Forks ne me rendit pas le sourire. Si je n'avais osé me l'avouer avant, une chose était maintenant certaine j'étais irrésistiblement attirée par Edward Cullen, je voyais en lui celui que je cherchais depuis toujours. Même si cela paraissais présomptueux c'était la première fois que j'éprouvais un tel sentiment pour une personne, j'étais amoureuse de lui.
Je descendis prendre mon petit déjeuner. Je fis bonne figure devant Charlie, lui disant que j'allais pouvoir m'occuper de lui, étant donné que j'étais dispensée de travail jusqu'à la fin de la semaine. Il râla trop habitué à être seul et partit se préparer.
Une fois seule je jetais la barre de céréales que je grignotais depuis un quart d'heure sans conviction. Bien que je n'en saisissais pas la cause, un horrible sentiment d'appréhension me tordait le ventre.
Oh my god ! Le salopiot va-t-il encore se barrer ?
Chacun à son poste, vous c'est le bouton d'en bas…
Et moi je retourne à mon ordi et je tapote pour contenter votre soif de suite, des vrais petits vampires en herbe ces lectrices !
