Allez ! Je mets fin au suspens insoutenable sur lequel je vous ai laissé avec le dernier chapitre !

Spoiler : Fallait pas paniquer ! Edward, qui avait bu le puma qui lui même avait dévoré les restes du fameux repas ayant provoqué l'intoxication alimentaire de Marc (vous me suivez ?), avait juste une envie pressante ! Comment ça les vampires ça va pas aux cabinets ?

Dans ce cas reste plus qu'à lire en dessous pour savoir quelle mouche l'a piqué ! Comment ça les mouches ne peuvent pas piquer la peau de marbre des vampires ? Arrrgh !

Merci à vous toutes d'avoir aimé le dernier chap. Une petite larme d'émotion pour Linou2701 et un gros bisou venimeux à vous toutes !

Le passage sur la moumoute de notre beau Jasper est une spéciale dédicace à Blue77, paraît que ça lui manquait ! Donc si vous n'aimez pas, les réclamations sont à adresser directement à l'intéressée !

Vu qu'il n'y avait pas de revieweuses anonymes cette fois ci (snif), j'en profite pour remercier mon Edward domestique option ne brille pas au soleil, qui m'a encore une fois sagement accompagné au ciné (dommage qu'il ne puisse pas se retenir de crier Robèèèèrt quand il voit le beau monsieur aux yeux jaunes ! C'est gênant…) et surtout qui supporte les longues heures passées devant l'ordi que nécessite cette petite fic !

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.

C'est bon ! Je vous laisse lire…


Chapitre 11 : …puis se décider

POV Bella

Mon instinct ne m'avait pas trompé, les jours qui suivirent s'écoulèrent sans aucune nouvelle d'Edward. Mes nuits étaient devenues des cris ininterrompus. J'avais honte des cernes violettes qui se dessinaient sous les yeux de mon père un peu plus chaque matin car j'en étais la cause. Ne m'étais je pas promis de le protéger et de prendre soin de lui ?

J'avais perdu l'appétit. J'essayais quand même de me raisonner en me disant que c'était mieux ainsi, que je n'avais aucun avenir avec lui, le vampire qui hantait ma vie depuis trois ans. Mais mon cœur ne pouvait laisser tomber, rien qu'à l'évocation de son prénom il se remettait à tambouriner vivement dans ma poitrine, mes joues se réchauffaient, un sourire se dessinait sur mes lèvres.

Je m'étais dérobée après mon premier baiser avec Jacob, mais je savais maintenant pourquoi. Il était un ami, je n'avais pas d'autre sentiment pour lui. Il avait à son tour fuit la fois suivante ou nous nous étions rapprochés mais je n'avais pas cherché à le revoir, pas plus que je n'avais accepté les excuses d'Alex. Pour aucun d'eux je n'avais persévéré pour essayer de réparer le mal qui avait été fait.

Mais cette fois c'était différent. Les sentiments que j'avais découverts et sur lesquels je commençais à peine à mettre des mots, m'empêchaient d'abandonner. Je ne pouvais pas ou j'en mourrais. Je n'aurais pas la cruauté de mettre fin à mes jours, je ne pouvais faire ça à mon père, pas maintenant. Mais intérieurement je me consumerais à petit feu, jusqu'à disparaitre, à n'être plus qu'une enveloppe, une marionnette pour le monde extérieur.

Cette absence me faisait réaliser tout ça. Je comprenais enfin mes états d'âmes pendant ces fameux trois ans. Mon corps, mon cœur, mon instinct n'avaient pu l'oublier après notre première rencontre et depuis ils n'avaient fait que survivre à la séparation. J'avais cru à ce moment souffrir mais il n'en était rien en comparaison de se que je traversais actuellement.

Jamais je n'avais imaginé que l'on pouvait à ce point aimer quelqu'un, une personne presque inconnue, une personne qui n'était absolument pas faite pour soi, alors que tout aurait du vous en éloigner…

Mon esprit était avide de conversation avec lui, sa personnalité, sa culture, sa vision du monde, tout me passionnait. Mon corps brulait de le toucher de sentir sa peau de marbre sous mes doigts, de me fondre en lui. Mes yeux était presque aveugle de ne pouvoir contempler son visage au dessein parfait, ses cheveux de bronze, ses yeux dorés…

J'avais atteins le point de non retour. Toute ma vie serait maintenant liée à lui. Je ne pourrais jamais me détacher. Je pressentais déjà le chemin que mon esprit allait prendre, les questions qui viendraient dès que je libérerais le barrage mental qui les retenait. Que serais-je prête à faire pour être à ses côtés, irais-je jusqu'à oublier mon humanité ? Mais il était trop tôt, je ne voulais pas partir vers ces contrées encore inexplorées de mon inconscient, car la réalité si elle n'était pas celle que j'attendais n'en serait que plus cruelle.

Comment allais-je survivre s'il m'abandonnait, s'il fuyait ? Peut-être s'était-il rendu compte de son erreur ? Que le seul intérêt qu'il avait pour moi était mon odeur alléchante, mais les années et son expérience lui permettait maintenant totalement de maitriser cette partie de lui, je n'étais donc plus qu'une humaine parmi la multitude ?

Mes journées cloitrées à la maison étaient devenues une vraie torture avec toutes ces questions qui tournaient en boucle dans mon esprit. Je me retenais de ne pas plonger dans la dépression sous les yeux inquiets de Charlie devant mon étrange comportement. Je ne pouvais même pas aller courir ou marcher pour calmer mes angoisses à cause de cette maudite cheville.

J'avais fini par craquer et voulu l'appeler pour me rendre compte que je n'avais même pas son numéro. J'en étais à la 53ème version de mon plan pour appeler Mr Randy, son professeur afin d'obtenir son numéro en prétextant un oubli lors de la sortie. Mais la seule idée de ce qu'un homme comme lui pouvait me demander en échange de cette information m'arrêtais dans mon élan.

Le mercredi suivant, Rachel pris de mes nouvelles. Elle voulait également savoir si je me sentais capable d'assurer la conférence au lycée de Sequim le vendredi comme prévu. Marc m'aurait bien remplacé bien qu'il détestait ce genre d'exercice. Son activité avait augmenté à cause de mon absence et cela l'aurait obligé à annuler des groupes.

J'acceptais volontiers. Je lui assurais que je posais à nouveau le pied par terre et que mon presque demi-frère qui n'avait pas de cours ce vendredi se ferait un plaisir de m'accompagner.

Cette semaine à la maison m'avait amené à passer plus de temps avec mon père mais également avec Sue et Seth. Ce dernier voyant que je tournais comme un lion en cage m'avait emmené à la plage de la Push un après midi sous les yeux reconnaissants de Charlie.

Ça avait été bizarre de se retrouver à cet endroit après ce qui s'y était passé entre Jacob et moi. Tout ça me paraissait tellement lointain et faiblard face à ce que je venais de vivre ces derniers jours.

Nous étions assis dans le sable face aux déferlantes qui s'abattaient un peu plus bas sur des rochers.

- Bella ?

- Oui Seth ?

- Jack m'a dit que tu savais pas mal de chose sur nous les Quileutes …mêmes certaines qui doivent rester secrètes…

- Effectivement, je suis passée par quelques évènements qui m'ont amené à découvrir les petits secrets de Jacob, dis-je d'un ton amer.

- Je sais que tu en veux à Jack, mais tout ce qu'il a fait c'était pour ton bien…

- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Si c'est pour me parler de lui ce n'est vraiment pas la peine ni le moment. Si j'ai des choses à lui dire j'irais directement le voir, mais pour le moment je n'ai aucune envie de lui parler.

- Ok, excuses moi, c'est juste que Jack et cool et je n'aime pas le voir dans cet état…

- Seth !

- Ok, ok, j'arrête. En fait je voulais te parler de moi…

- Vas-y je t'écoute, dis-je en me tournant vers lui avec un sourire avenant.

- Ben vu comment tu traites Jack j'ai peur que tu fasses pareil avec moi et ça me fait peur…Bella, je suis comme Jack…

- Pardon ?

Mon ton avait été plus agressif que je ne l'aurais voulu.

- Non laisses tomber, oublie tout ça !

- Hors de question, qu'est ce que tu veux dire par « je suis comme Jack » ?

- Ben tu sais bien, je suis un loup moi aussi, je sais que maintenant tu ne voudras plus passer du temps avec moi mais je m'y ferais…

- Seth, pourquoi voudrais-tu que je te rejette parce que tu es un loup, je ne pensais pas que vous puissiez être si jeune mais après tout pourquoi pas toi ?

- Ben alors pourquoi tu en veux à Jacob ?

- Rien à voir avec sa condition, disons que les choses entre nous n'ont pas toujours été faciles et claires. Mais maintenant elles le sont pour moi mais Jack a un peu trop tendance à se raccrocher au passé… Ces derniers temps il s'est un peu trop souvent rappelé à mon souvenir… Et il ne comprend pas qu'il se berce d'illusions.

- Donc quand je t'ai dit que j'étais comme lui, tu as cru que moi aussi je craquais pour toi, dit-il moqueur.

- Oui j'avoue que tu m'as fait peur pendant quelques secondes ! répondis-je penaude

- Excellent ! Bella tu es ma sœur ! Je ne te savais pas comme ça à croire que tous les mecs en pince pour toi !

- Rassure toi je ne suis pas comme ça ! Si seulement tu savais le peu d'estime que j'ai de moi même… Faut croire que je deviens paranoïaque ! Mais je te rassure toi aussi tu es mon frère Seth, loup ou pas loup.

- Bon tant mieux, parce que je ne fais pas dans la vieille moi, me dit-il avec un clin d'œil.

Je lui assenais une tape sur la cuisse.

- La vieille tu lui dois le respect !

D'un coup il redevint sérieux.

- Bella, je peux te demander quelque chose de personnel ?

- Vas-y on verra si je peux répondre.

- Tu jures de ne pas te fâcher ?

- Alors comme ça le loup à peur de l'humaine sans défense ? vas-y pose ta question !

- Tu connais les Cullen ?

- Euh, oui en partie… Pourquoi ?

- Non juste comme ça…Ils sont sensés être nos ennemis mais je ne sais pas… Le peu que j'ai vu d'eux, il ne me semble pas mauvais… J'aimerai même les rencontrer…

Je soupirais, décidément je n'étais pas la seule à être attirée par cette étrange famille.

- Effectivement ils ne sont pas mauvais comme tu dis malgré leur nature. C'est sans doute pour ça qu'ils sont si attirants et intrigants…

- Tu vas les revoir ?

- Je n'en n'ai aucune idée, mais si tu poses cette question à la place d'une autre personne, tu peux lui répondre directement qu'il se mêle de ce qui le regarde, je vis ma vie comme je l'entends !

- Non t'inquiètes je garde ça pour moi.

La conversation s'arrêta là et Seth me raccompagna chez moi.

Il avait été ravi de pouvoir m'accompagner à Sequim, les occasions de quitter Forks et la Push étaient rares. Il irait se balader dans les alentours pendant que j'assurerais la conférence dans le lycée. Au moins je savais que si les Cullen étaient présents il ne se jetterait pas sur eux tous crocs dehors…

La fin de la semaine ne fit qu'augmenter l'appréhension qui me tordait le ventre. Ce n'était absolument pas le fait de parler devant un parterre de lycéens qui me stressait. Mais c'était bien de savoir si je le verrais et s'il accepterait de me parler.

Le vendredi, Seth pris le volant de ma Chevrolet en direction de Sequim. Mon intervention avait lieu à dix heure. J'étais blême, j'avais à peine dormi cette nuit là et j'avais été incapable d'avaler quoi que ce soit. Je me tordais les mains d'angoisses.

Nous n'échangions que des banalités. Il devait sentir mon stress car il meubla la conversation en m'expliquant ses histoires de lycéen, me laissant dans le silence alors que nous approchions du lycée.

Il me déposa devant le porche de l'école. Je lui assurais que tout irait bien et lui demandais de venir me chercher à midi.

J'avais à peine fait quelques pas dans le couloir principal du lycée avec mes béquilles, que Mr Randy me sauta littéralement dessus.

- Melle Swan, comme je suis heureux que vous ayez pu assurer la conférence malgré votre terrible accident ! Je suis absolument désolé de vous avoir imposé ce maudit élève !

- Votre élève n'y est pour rien et ce n'est qu'une petite entorse !

- Mais qui aurait pu nous priver de vos talents… et de vos charmes…

- Euh… Pouvez-vous, s'il vous plait, m'indiquer l'amphithéâtre que je puisse tester le vidéoprojecteur avant l'arrivée des élèves.

- Oh ! Excusez moi, je bavarde et j'en oublie tout mes devoirs d'hôte, suivez moi dit-il en passant une de ses mains moites sous mon coude sans doute dans le but de m'aider à marcher.

- Merci de votre aide mais je marche très bien seule, dis je en me dégageant de son emprise.

Je vis que je l'avais vexé, mais son odeur d'après rasage bon marché mélangée à celle de la transpiration était insupportable. Et puis je devais lui faire comprendre qu'il pouvait abandonner, il n'avait aucune chance.

Il me conduisit à l'amphithéâtre et m'expliqua sèchement l'emplacement et le fonctionnement du matériel avant de tourner les talons en me promettant de revenir dans un quart d'heure.

Une fois mon diaporama installé, je m'assis contemplant la salle vide. Serait-il là ? Je n'avais même pas regardé dans le parking si sa voiture était présente !

Je tentais de me calmer par des exercices de respiration. Il fallait que je me concentre sur mon exposé. Je ne pouvais pas me permettre d'être dans tous mes états et de laisser transparaitre mon inquiétude.

Mr Randy revint comme promis suivi de plusieurs élèves. Il était à nouveau mielleux et entreprenant. Mais la présence des lycéens qui arrivaient par petits groupes m'épargna son petit manège. Je les regardais entrer dans la salle mais celui que je cherchais n'était toujours pas là quand Mr Randy éteignît les lumières.

Je commençais mon exposé entendant plusieurs fois la porte du fond s'ouvrir, sans que je puisse distinguer le visage des nouveaux venus dans la pénombre. Bien qu'une sorte de tension électrique flottait dans la salle que j'attribuais à mon stress, je poursuivis, me concentrant entièrement sur ma présentation.

La lumière se ralluma et je fus accaparé par les nombreuses questions de mes auditeurs ne pouvant pas décemment le chercher des yeux.

Je rangeais mes affaires découragée, alors que les élèves sortaient un à un de l'amphi, quand une voix cristalline me héla.

- Bella ! Tu as été géniale ! Tu m'a presque donné envie d'aller cueillir des pâquerettes en montagne avec toi !

Je levais la tête pour découvrir, une jeune femme de petite taille, un petit lutin sautillant, tout en finesse avec des cheveux bruns courts coiffés en pique. J'écarquillais les yeux en la reconnaissant.

POV Edward

Après l'avoir déposée j'étais reparti comme un fou chez moi, conduisant aussi vite que possible. Comment avais-je pu être si stupide, comment avais-je pu croire que je pouvais fréquenter une humaine ?

Je n'étais que la mort, je n'avais aucun avenir à lui offrir. L'évocation du mot mariage m'avait fait réaliser tout ce que je ne pouvais pas lui apporter. Tout ce que je ne serais jamais pour elle, un mari, le père de ses enfants, un homme qui vieillirait à ses côtés…

Elle finirait par me détester pour ça. Ça ne nous apporterait que souffrance. Elle pourrait toujours s'en remettre dans les bras d'un autre qui la comblerait d'une vie humaine, mais serait-il assez tôt pour qu'elle profite de ce que son corps éphémère pouvait lui donner ? Et moi, pourrais-je me relever après être resté trop longtemps près d'elle ?

Déjà le souvenir de cette nuit me donnait une seule envie, celle de faire demi-tour et la rejoindre. J'étais entièrement amoureux d'elle comme je n'avais jamais été et ne serais jamais plus. Elle était mon âme sœur bien que nous n'aurions jamais du nous rencontrer si j'étais bien mort en 1918. Alors pourquoi nous étions nous croisés ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi le destin était-il si cruel ?

Arrivé à la villa, le visage furieux d'Alice fut un déclencheur, je traversais la maison sans même saluer les miens. Jasper tenta de m'arrêter. Je desserrais à peine les dents pour lui demander de ramener la voiture de Bella chez elle et le priais de ne pas me suivre. Je repartis vers la forêt filant le plus vite possible. De toute façon, j'étais le plus rapide, je ne les laisserais pas me rattraper.

Je me retrouvais une nouvelle fois au Canada errant comme une âme en peine dans la forêt sombre et lugubre. Pourquoi Alice m'avait-elle laissé la rencontrer ? Dans quel but, car elle savait aussi bien que moi que rien n'était possible entre nous ? Etait-elle aussi perverse ? Etais-je un jeu pour elle ? Je chassais ses pensées, ayant honte de voir ma sœur ainsi, elle qui n'était en rien responsable des faiblesses de mon corps et de mon esprit.

Trois jours plus tard je sentis une présence approcher. Je m'attendais à tout sauf à elle, ma mère.

Esmée arriva seule, de sa démarche élégante. Je vis dans ses pensées l'atterrement de me découvrir roulé en boule dans un amas de feuilles mortes, déjà recouvert d'humus après être resté immobile plusieurs jours. Mes yeux étaient noirs et cernés par la faim mais je m'étais refusé de manger, je n'en avais aucune envie, la douleur de ma gorge brulante de soif n'était rien en comparaison de celle provoquée par la sensation de manque qui m'envahissait.

- Edward…

Je ne répondis pas. Je voulais être seul, je voulais disparaître, ne plus être un poids pour personne. Ma vie n'était qu'un calvaire pour les autres.

Elle s'agenouilla devant moi et repoussa les mèches de cheveux de mon visage sale.

- Edward, parle-moi s'il te plait, dit-elle d'une voix douce et suppliante.

- Pars Esmée, répondis-je d'une voix rauque de ne pas avoir été utilisée pendant plusieurs jours.

- Non Edward, je ne peux pas te laisser, je me suis trop tracassée. Et quand je vois ton état ça justifie mon inquiétude ! Encore quelques jours comme ça et tu cours en Italie !

- Pars, laisses moi !

Mon ton se fit plus ferme. Elle se leva et je crus qu'elle avait compris. Mais sa voix s'éleva sonore et dure comme je ne l'avais jamais entendue.

- Lève-toi Edward, tout de suite !

- Non, pars…

- Pour qui te prends-tu ? Comment peux-tu être aussi égoïste ? Imagines-tu dans quel état est la famille à se demander ce que tu vas encore inventer pour en finir ?

- Si je n'étais pas là vous n'auriez pas tous ces problèmes !

- C'est donc ça ? Tu es si égoïste que tu crois que notre existence tourne autour de la tienne ? Figures toi que non ! Mais si seulement tu te laissais aller au bonheur, tu pourrais vivre et arrêter de te morfondre nuit et jour ! Nous t'aimons c'est pourquoi nous sommes préoccupés de te voir ainsi. Mais tout ça devient grotesque et insupportable !

J'étais choqué par ses propos pourtant si vrais. Elle, la mère aimante qui ne nous défendait toujours ne m'avait jamais parlé ainsi ni à quiconque je crois.

- Pardonne-moi, mais je suis comme ça et je ne vois pas comment arranger ça !

- Alice m'a tout raconté de ses visions, tu as revu Bella après ces années d'errance avant de comprendre qui elle était pour toi. Tu la retrouves, elle semble partager tes sentiments et tu t'enfuis à nouveau ! Pourquoi ?

- Pourquoi ? Tu demandes pourquoi ? Vous n'avez pas réalisé qu'il y a un petit détail, qui fait que toute votre belle histoire ne peut pas exister ? Non tu ne vois pas ? criais-je en me redressant face à Esmée qui me tenait tête avec une lueur d'opiniâtreté dans le fond des yeux.

- Veux-tu parler de l'humanité de Bella ? C'est ça ? Et alors Edward qui te dit qu'elle ne veut pas te rejoindre, qu'elle n'est pas prête à faire ça pour toi ? Un amour comme le votre est unique …

- Il est hors de question que je prive Bella de son âme ! Tu m'entends ? Jamais ! Elle ne mérite pas ça, qui le mérite de toute façon ? Je suis mort je n'aurais jamais dû la rencontrer ! Tu me trouves égoïste, mais c'est bien la chose la plus égoïste que je pourrais faire !

- Alors laisse là choisir au moins ! Au lieu de tout décider à la place des autres ! Elle est libre de son avenir mais ne la prive pas de toi ! Ces trois ans loin d'elle lui ont-ils été bénéfiques ? T'avait-elle oublié, était-elle heureuse dans sa vie d'humaine ?

- Non elle n'a pas eu cette chance pour le moment, mais ça viendra !

- Es-tu si aveugle ? Dans quel état est-elle en ce moment sans nouvelles de toi ?

- Ça passera, elle m'oubliera, elle refera sa vie, elle sera heureuse loin de moi, elle se mariera, elle aura des enfants ! psalmodiais-je comme une litanie pour me convaincre moi-même de mes propos.

Je sentais mes barrières se fissurer, combien de temps encore allais-je résister à Esmée, à ce que tout mon être désirait réellement ?

- Non Edward, même dans dix ans ça sera pareil, un amour comme celui là, si on ne le vit pas devient une blessure intérieure toujours à vif malgré le temps qui passe, et pour certain jamais il ne se relève ! Pense à sa vie pendant ces trois années, après un simple regard échangé entre vous… Malgré tous ses efforts pour vivre comme une jeune femme normale tout la ramenait vers toi. Elle ne t'a jamais oublié, qu'en sera-t-il après les moments que vous avez partagés ces derniers jours ? Comment va-t-elle interpréter ta volte-face ? Qu'auras tu gagné si elle met fin à ses jours par désespoir de ne pas pouvoir t'oublier ?

A ces paroles je me recroquevillais de douleur. Elle avait tellement raison, quoi que je fasse la vie de Bella était définitivement changée par notre rencontre, je ne pouvais l'ignorer en voulant la préserver.

Elle m'avait ouvert son cœur plusieurs fois ne laissant aucun doute sur ses sentiments à chaque moment où j'avais tenté de me détourner pour qu'elle fasse un autre choix, elle s'était accrochée. Je ne pouvais sous-estimer sa détermination.

Je n'osais penser à son état actuel, je n'avais pas fui les visions d'Alice pour rien. Je me dérobais pour ne pas me confronter à la réalité. Si Bella me choisissait, j'étais terrorisé de tout ce que cela impliquait pour son avenir.

Mais j'avais déjà essayé de lui donner une chance d'avoir une vie normale, pendant trois ans… Ça avait failli nous détruire l'un comme l'autre ne faisant qu'augmenter notre besoin de nous revoir. Et en repensant à tout ce qu'elle avait subi pendant ce temps je comprenais que je préférais être à ses côtés.

- Je veux rester… Mais comment ? dis-je en prenant ma tête entre mes mains.

La voix de ma mère se fit enfin plus douce. Elle savait qu'elle avait gagné. Elle s'accroupit à ma hauteur, me prit dans ses bras et me berça lentement en caressant mes cheveux.

- Je ne sais pas Edward… Personne n'a de réponse à cette question. Tu dois, vous devez trouver votre propre voie. Vous êtes deux êtres particuliers, mais vos différences ne font que vous rapprocher et je sais que vous trouverez votre chemin. Aimes là Edward, tout simplement, laisses la libre de ses choix, même si tu ne les comprends pas, si elle te veut ne la prive pas de toi…

Elle avait défait mes mains de mon visage et me regardait dans les yeux en caressant ma joue.

- Merci Esmée… Je te promets d'essayer de lutter contre mes peurs.

« Tu as intérêt, sinon compte sur moi pour venir te chercher par le peau des fesses, mon fils ! »

Je n'avais jamais connu ma mère comme ça. J'avais du réveiller des instincts encore cachés chez elle. Je rentrais avec elle, nous arrêtant de temps à autre pour que je puisse chasser. A notre arrivée, les autres se firent discrets sans doute prévenus par Alice.

La fin la semaine s'écoula sans que je puisse trouver de moyen de voir Bella. Je ne voulais pas lui parler au téléphone, je craignais qu'elle ne me laisse pas le temps de tout lui dire. Le seul moyen de lui expliquer mon comportement était de la voir.

Elle restait cloitrée chez elle sous la bonne garde des loups aux alentours de sa maison et les rares fois ou elle était sortie c'était pour se rendre à la Push en compagnie de l'un d'entre eux. J'aurais détesté que ce soit le fameux Jacob avec qui elle avait partagé tant de chose par le passé.

Celui là se prénommait Seth, il était le fils de Sue la compagne de Charlie Swan. Il était extrêmement jeune et considérait Bella comme une sœur. J'étais atterré que le sort, ou devrais-je dire notre présence, oblige des êtres si jeunes à se transformer les privant de l'insouciance dont ils auraient du jouir à cet âge.

Je m'approchais une nuit assez près de la maison pour en percevoir les bruits profitant d'une faille de quelques secondes dans la ronde des loups. Mais la seule chose que j'entendis me déchira le cœur. Un cri perçant dans la nuit, poussé par une voie que je reconnaissais entre toutes.

- Edward, NON, je t'en supplie !

Il fut suivi de longs sanglots laissant percevoir une souffrance immense. Je fis demi-tour avant que les loups ne me chassent. Comment, quoique je fasse pouvais-je entrainer autant de peine autour de moi ?

Alice vint me prévenir qu'il serait judicieux pour moi d'être en cours vendredi car Bella assurait une conférence dans notre lycée, ce serait l'occasion parfaite de lui parler. Je doutais qu'une salle comble et les regards rageurs de Mr Randy soit l'endroit idéal pour m'expliquer devant Bella mais ça me permettait au moins de lui proposer un rendez-vous loin de ses gardiens Quileutes.

J'attendis avec impatiente le vendredi, sous l'œil approbateur d'Esmée. Elle était ravie de voir que je suivais ses conseils et que pour passer le temps je m'étais remis au piano allant même jusqu'à composer un nouveau morceau. Elle savait qu'il était inspiré par Bella. C'était une berceuse, j'espérais qu'un jour elle accepterait que je lui la joue.

Le vendredi arriva et Alice me dissuada de retrouver Bella sur le parking car elle se faisait conduire par Seth et bien qu'il ne nourrissait aucun ressentiment envers nous il restait un loup. Pour ne pas subir non plus la désapprobation de Mr Randy, elle me conseilla d'attendre la fin de l'exposé pendant qu'il serait occupé à ramener le matériel informatique au secrétariat.

Alice n'avait négligé aucun détail, ne laissant rien au hasard. A force de me submerger de recommandations, nous étions en retard. Pour une fois nous étions tous ensemble, cette conférence étant destinée à tout le lycée.

Quand j'entrais au fond de l'amphithéâtre derrière ma famille. La salle était déjà plongée dans le noir, seul ressortait le visage de Bella éclairé par la lampe du pupitre de conférence. Au dessus d'elle défilaient les images de son diaporama.

Ses yeux étaient cernés témoins de ses nuits courtes et agitées. Ses cris nocturnes et les paroles d'Esmée me revinrent en mémoire, me culpabilisant un peu plus. Cette dernière avait sans doute raison, Bella ne supportait pas plus que moi cette séparation. J'étais entièrement responsable de son état.

Elle semblait inquiète lors des premières phrases de son exposé, mais son hésitation laissa place à une grande aisance au bout de quelques minutes. Son phrasé était fluide et ses explications captivantes. Elle subjuguait toute la salle. Les pensées masculines dans la pièce étaient plus que flatteuses envers sa personne. J'essayais de bloquer les pensées salaces de Mr Randy, qui voyait lui aussi en cette journée une opportunité de donner un rendez-vous à Bella.

Elle termina sous un flot de questions preuve de l'attention des élèves. Puis les lumières se rallumèrent et tous commencèrent à sortir pour aller déjeuner. Comme l'avait prédit Alice, Mr Randy partit en trottinant rendre le vidéoprojecteur.

Ma sœur se tourna alors vers nous. A son air ravi je savais que ses plans se déroulaient comme elle le souhaitait sans même lire ses pensées.

- Suivez-moi !

Sans discuter tous lui emboitèrent le pas. Je restais en arrière, inquiet de la réaction de Bella. Il était déjà trop tard pour intervenir quand ma sœur ouvrit la bouche pour exprimer à voix haute ses pensées.

- Bella ! Tu as été géniale ! Tu m'a presque donné envie d'aller cueillir des pâquerettes en montagne avec toi !

Alice toujours aussi spontanée et à l'aise. Elle considérait déjà Bella comme une amie. Cette dernière releva la tête et écarquilla les yeux. Elle se figea en nous découvrant tous derrière elle.

- Alice, Alice Cullen, tu te souviens ? Nous n'avons jamais eu le temps de nous parler à Forks, mais nous allons rattraper le temps perdu. Nous allons être d'excellentes amies, rajouta-t-elle avec aplomb.

- Euh oui je me souviens…

- Et derrière, tu as bien sûr Jasper, Rosalie et Emmett, quant au beau mec à l'air torturé qui se cache je ne te le présente pas, n'est ce pas ?

- Salut, heureuse de vous connaître tous. Salut Edward.

Emmett s'apprêtait à sortir une de ses blagues douteuses à mon sujet mais Alice le coupa.

- Nous n'avons pas beaucoup de temps avant que le prof préféré d'Edward revienne, Bella nous voulions t'inviter samedi de la semaine prochaine à fêter l'anniversaire d'Esmée, tu es d'accord ?

Dans la bouche de ma sœur cela sonnait plus comme une affirmation que comme une question.

- Mais je ne vais pas vous déranger dans une réunion de famille !

Le charme d'Alice opérait déjà sur sa nouvelle « amie ». Bella n'avait même pas considéré une seule minute qu'il n'était même pas envisageable pour elle de se rendre chez nous. Seule sa crainte de déranger était un obstacle. Elle allait vite comprendre que la notion de refus chez ma sœur était plus que floue dans son esprit vif et optimiste.

- Bella enfin ! C'est Esmée qui t'invite ! Elle sera extrêmement déçue si tu refuses ! Nous avons tous envie de faire plus ample connaissance avec toi dans un endroit plus tranquille. Et sois sans crainte on ne mord pas !

Je sentis le reste de ma famille se raidir à la réflexion d'Alice. A la surprise générale Bella, éclata de rire.

- Bon ok je cède, à quelle heure ?

- Et bien… Nous t'attendrons à 20h ! Et tenue correcte exigée, n'hésites pas si tu as besoin d'un conseil, d'une aide, je suis la spécialiste !

- Je te remercie je vais me débrouiller.

Au regard dubitatif qu'elle lança sur la tenue décontractée de Bella, je sus que ma sœur en doutait. Elle fouilla dans ses visions mais la seule chose qu'elle percevait était le visage souriant de Bella saluant une Esmée aux anges. Cette image eu au moins le don de me rassurer. Si elle venait la semaine prochaine cela voulait dire qu'elle accepterait de me parler.

- Très bien tout est réglé alors ! Donc au week-end prochain ! Ah j'oubliais, Edward a un truc à te dire avant de partir ! Nous t'attendons au self, me lança-t-elle avant de tourner les talons.

Tous la suivirent sans un mot, nous laissant seuls et silencieux dans l'amphithéâtre. J'avançais d'un pas vers elle.

- Bonjour Bella, j'aurais besoin de te parler quelques minutes, connais-tu un endroit ou nous serions tranquilles ? Je te dois des explications, enfin si tu veux bien…

Je parlais rapidement car j'entendais Mr Randy qui revenait d'un pas impatient.

- Il y a un sentier derrière chez moi, tu n'as qu'à me retrouver là vers 17h, me répondit-elle d'un ton si sec que j'en frémis.

Ça me confirmait que mon attitude avait été déplorable et qu'elle ne se laisserait pas convaincre si facilement. Peut-être l'avais-je déjà perdue ? Je me raccrochais à sa réponse, au moins elle acceptait de me voir, j'aurais une chance de lui exprimer mes regrets.

- Je veux bien mais ta maison est un peu trop bien gardée par tes amis les loups…

- Ne t'inquiètes pas pour ça je vais m'arranger pour ce soir !

- Merci de me laisser une chance après tout ça… Je te laisse, Mr Randy approche et je ne crois pas qu'il apprécierait de me trouver seul ici avec toi.

Elle me fixa de ses grands yeux cherchant des réponses dans les miens qu'elle ne semblait pas trouver.

- Pars alors ! Mais je te préviens Edward, si tu n'es pas là ce soir, tu n'approcheras plus jamais de ma maison, je veillerais à ce que les loups t'en empêchent !

Je pouvais sentir la fureur en elle, si puissante qu'elle m'assaillit. Ce fut comme une révélation, je compris qu'elle cachait la peur à l'état pur, la peur d'être à nouveau abandonnée par celui à qui elle s'était confiée. Cette rage était son barrage pour ne pas sombrer.

Quel imbécile d'avoir cru que je pouvais n'être qu'un souvenir dans sa vie. Bella était déterminée, le genre de personne qui quand elle a fait ses choix s'y tient jusqu'au bout et qui ne supporte donc pas de se sentir trahie. Il allait falloir que je sois digne de sa confiance.

Je lui adressais un timide sourire.

- A ce soir.

Je sortais à mon tour de la salle sous son regard grave juste à temps pour éviter que Mr Randy nous surprenne. Je le croisais quelques pas plus loin dans le couloir qui menait à l'amphithéâtre. Il ne daigna même pas m'adresser un regard.

« Encore en train de trainer dans les couloirs celui là ! Tout est bon pour se faire remarquer ! Ça lui a pas suffit de blesser cette pauvre Bella ! D'ailleurs il vient d'où comme ça ? J'espère qu'il n'était pas encore en train de l'importuner ! »

Je ne pus me retenir. Je m'arrêtais pour le héler.

- Au fait Mr Randy, excellent choix d'intervenant ! Si vous continuez à les choisir aussi canon vos conférences feront toujours salle comble !

Je ponctuais mes propos d'un clin d'œil suggestif et prenais la porte vers l'extérieur avant qu'il me réponde. Je savais que c'était puéril, mais je ne supportais pas ses pensées sur Bella.

Je rejoignis ma famille à la cafétéria sur notre table attitrée. Alice souriait fière de son intervention tandis que Jasper priait pour se contrôler avec Bella à la maison. Il faudrait que je lui parle s'il ne voulait pas que nous ayons des comptes à régler après la soirée d'Esmée.

Emmett m'adressa un sourire appréciateur.

« Eh ben frangin ! Tu y vas fort dès la première ! J'avoue que les brunes maigrichonne ce n'est pas trop mon truc, mais je dois dire que Bella est plutôt bonne dans son genre… »

- Eh, mais ça va pas non !

Il massait son poignet que je venais de tordre dans une position anormale après m'être assuré que nous n'ayons pas de spectateur.

- Garde tes pensées sur elle si tu ne veux pas que ce soit ta tête la prochaine fois !

- Aucun humour ! T'es un peu plus sympa depuis que tu l'as retrouvée mais ça aurait été encore mieux si on pouvait se marrer un peu !

- Désolé de te décevoir ! Mais je ne plaisante pas avec certaines choses !

- Oh, il est jaloux ! Si c'est pas mignon ça ! ricana Emmett.

- Ça suffit Emmett ! Je suis d'accord avec toi Edward, on ne plaisante pas avec certaines choses, c'était quoi Alice cette histoire d'invitation ? Tu es en plein délire ou quoi ? C'est quoi le but ? Nous tester ? siffla Rosalie folle de rage.

- Du calme Rose, c'est une idée d'Esmée et Carlisle, et si Edward doit se rapprocher de Bella autant que nous fassions plus ample connaissance avec elle. Je ne vois pas en quoi ça te dérange. De toute façon tout va bien se passer, répondit Alice toujours sur son petit nuage.

- Mais enfin c'est une humaine ! Voilà ce qui me dérange ! Et ce qui devrait tous vous déranger ! Que faites vous de notre secret ?

- Elle sait tout Rose, sans que je ne lui dise quoi que ce soit, soupirais-je.

- Et tout le monde cautionne ça ici ? Vous trouvez ça bien ? Tant qu'on y est autant inviter toute la ville et leur faire une petite démonstration de nos capacités ! s'indigna-t-elle.

- Méfie toi Alice va te prendre au mot ! dis-je ironiquement.

- La ferme toi ! Tu es responsable de tout ce bazar, mais j'aurais espéré que tous les autres ne te suivent pas dans cette folie !

Personne ne broncha, rendant Rosalie encore plus furieuse.

« Cette famille a sombré dans la folie ! J'espère qu'ils ne regretteront pas leurs erreurs et qu'ils ne nous conduisent pas à notre perte ! »

Elle se leva suivi d'Emmett penaud, qui voyait lui dans la venue de Bella une distraction des plus intéressantes dans notre routine. Il imaginait déjà ne pas rater une occasion de me chambrer, ce qui le changerait d'Alice et Jasper qui ne réagissaient même plus à ses allusions déplacées sur leur vie intime.

Je me levais à mon tour pour rejoindre mon prochain cours en pensant au moment ou je rejoindrai Bella.

« Ne t'inquiète pas pour tout à l'heure, tout se passera bien ! » Je pouvais entendre ma sœur sourire tellement elle était heureuse.

POV Bella

Je finis de ranger mes affaires rageusement. Quelle étrange famille, Alice était comme je l'avais souvent imaginée, une fille avec qui j'aurais pu m'entendre immédiatement malgré nos caractères et nos goûts diamétralement opposés. Quant aux autres, ils étaient tous encore plus magnifiques de près, j'en étais encore éblouie.

La voix peinée d'Edward avait été un supplice mais je ne comprenais pas son silence. Je devais me montrer forte. Son besoin de me parler m'avait fait un effet dévastateur. Je m'étais liquéfiée intérieurement, j'étais morte de peur. Je m'étais montrée plus froide que je ne l'aurais voulu mais le ton de ma voix était incontrôlable.

Que voulait-il me dire ? Que tout avait été une erreur ? Mais alors pourquoi avoir laissé Alice m'inviter chez eux ? Sans doute allait-il me dire qu'il était inutile que je vienne après notre conversation, qu'il m'excuserait auprès de sa famille.

Cet après-midi allait être le plus long de ma vie. J'aurais aimé pleurer mais je devais me préparer ou le choc serait trop dur. Qu'allais-je devenir sans lui ?

- Ah miss Swan, vous êtes encore là, vous avez été brillante, je ne sais comment vous remercier !

M Randy, toujours à surgir au moment le moins opportun !

- Vous n'avez pas à me remercier, je fais mon boulot et je dois dire que vous avez la chance d'avoir des élèves doués et intéressés.

- Tiens d'ailleurs en parlant d'eux, je viens de croiser un Cullen, celui que vous avez accompagné, dit-il en désignant ma cheville. J'espère qu'il n'était pas resté vous embêter, avec ce qu'il a déjà fait, il mérite juste un zéro pointé pour son devoir !

- Non, il voulait juste quelques conseils pour ce fameux devoir, justement. Et vu le travail qu'il a fourni je ne comprendrais pas que vous le notiez mal. C'est un charment jeune homme, il m'a été d'une grande aide quand je suis tombée et je ne comprends pas votre animosité envers lui !

- Ah ces jeunes, ils savent y faire ! Mais vous verrez avec l'expérience vous ne vous laisserez plus avoir. Je vous offre à déjeuner ?

- C'est aimable, mais non merci je suis attendue par… mon demi-frère qui me ramène à la maison, dis-je en désignant mes béquilles.

- Ah, dommage ! Une autre fois peut-être ?

- Au revoir Mr Randy.

- Jeff, appelez moi Jeff, l'entendis-je murmurer alors que je quittais la pièce le plus vite possible avant qu'il ne trouve une autre idée pour m'inviter.

Je rejoins ma voiture et Seth avec soulagement. Il se tourna vers moi tout sourire.

- Alors ? Tu as été formidable je suis sûre !

- Ça a été, très bien même !

- Allez, on va manger et je te ramène.

- Attends avant j'aurais un petit service à te demander…

- Alors c'est ça cet air soucieux, vas-y sœurette tout ce que tu voudras, mais en échange tu me couvriras un soir ou je voudrais sortir avec Julia ?

- Seth ! On a déjà parlé de ton pseudo grand amour, tu es jeune, prends ton temps et ne compte pas sur moi pour te laisser vampiriser par cette fille, tout ce qui l'intéresse c'est ton joli minois sur son tableau de chasse !

- T'es pire que ma mère parfois tu sais ça ? T'as du grandir trop vite ! Bon alors qu'est ce que tu veux ? m'interrogea-t-il d'un ton boudeur.

- Eh bien j'aimerais que la meute lâche du leste sur la surveillance de la maison ce soir, j'ai besoin de parler à …un Cullen et j'aimerais le faire sans être interrompue…

- Oh ! Tu les as revus ? Alors ils sont vraiment cool ? J'aimerais les rencontrer moi aussi…

- Seth ?

- Ouais, ok bien sûr, je vais gérer ça pour toi ! Tu seras tranquille ! Mais tu pourrais me les présenter à l'occasion ?

- Seth, tu es vraiment curieux comme garçon, je verrais ce que je peux faire mais je ne sais pas si c'est une bonne idée…

- Mais si tu verras ! Bon assez discuté je meure de fin ! A table !

Il nous conduisit dans un restaurant ou je le regardais éberluée s'enfiler une quantité astronomique de nourriture alors que j'avais l'estomac tellement noué que j'avalais à peine une bouchée. Il était tellement concentré qu'il ne remarqua rien.

Une fois rentrés, il repartit avec Sue non sans me certifier hors de la vue de nos parents qu'il n'oubliait pas mon service.

Charlie était d'humeur massacrante après les courtes nuits que je lui faisais passer dernièrement et me voir tourner en rond ne l'arrangea pas.

Je me décidais alors à aller prendre une douche. J'enfilais un jean slim, un débardeur beige ajusté et des converses. Je jetais un coup d'œil à mon reflet dans le miroir pour jauger l'effet de ma tenue, une vilaine habitude prise lors de ma colocation avec Angela. Ma silhouette était mise en valeur mais dans quel but ? Je me sentais stupide. Comment imaginer que de simples vêtements allaient le retenir de me dire ce qu'il avait à m'annoncer ?

Je pris un livre et allais m'asseoir sur la pelouse à l'arrière de la maison. Mais j'étais incapable de me concentrer sauf pour voir que le personnage masculin de la page que je venais d'ouvrir avait la mauvaise idée de s'appeler Edward. Je jetais alors le livre plus loin et n'y tenant plus attrapait mes béquilles pour me diriger vers les sous bois.

J'étais en avance, je pris place sur mon habituel tronc d'arbre, siège de toutes mes angoisses ou j'avais déjà tant versé de larmes. J'espérais que ce soir, cet endroit ne serait pas témoin d'un spectacle trop affligeant.

J'étais à peine assise que je perçu un frémissement, il était là comme une apparition devant moi. La pénombre du sous bois mettait encore plus en valeur si c'était possible les traits de ce véritable adonis. Comment résister à tant de beauté et surtout comment m'en séparer ? J'allais me lever mais il me fit signe de rester assise.

- Bella, je suis heureux que tu sois là.

Son ton et ses propos étaient étonnants pour quelqu'un qui va annoncer à une fille qu'il ne souhaite plus la voir au milieu de la forêt.

- Je …moi aussi ça me fait plaisir de te revoir.

Je me sentais déjà faible, mais il ne fallait pas trop lui en dévoiler. S'il continuait à me regarder avec ses yeux de lave, à se passer la main nerveusement dans ses cheveux que je rêvais de toucher à nouveau je n'allais pas tenir très longtemps.

- Je voulais m'excuser pour mon départ précipité l'autre jour et mon absence de nouvelles depuis. J'ai…J'ai paniqué…Il y a pas d'autre mot pour expliquer mon stupide comportement…

Il était si triste. J'étais suspendue à ses lèvres. Il se pinça l'arrête du nez et me fixa encore plus intensément. Ne comprenait-il pas que j'étais déjà entièrement sous l'emprise de sa voix, prête à tomber à la renverse ?

- Bella, je ne suis pas celui qu'il te faut, je ne peux rien t'apporter, tu es humaine, tu as tant de chose à vivre avec tes semblables… loin de moi.

J'allais protester mais il ne m'en laissa pas le temps.

- Je souhaite tellement que tu sois heureuse dans ce que j'imagine être la vie idéale pour toi que j'en aie oublié que ta vision du bonheur pouvait être différente de la mienne… Je n'ai pas le droit de décider à ta place. Je me sens terriblement égoïste en te disant cela mais il faut que tu saches, pour avoir tous les éléments en mains, pour pouvoir faire ton choix… Bella, je suis fou de toi… Je crois que je t'aime depuis la première minute ou tes yeux ont rencontré les miens, j'ai longtemps cru que c'était l'appel de ton sang mais je sais maintenant qu'il n'en n'est rien. Sans toi je n'existe pas… Mais je comprendrais que tu n'éprouves pas les mêmes sentiments, je comprendrais que tu te sois sentie abandonnée et que tu ne veuilles pas me pardonner, je comprendrais que tu aies réfléchi à tout ce que nous avons partagé ces derniers jours et que ce ne soit pas ce que tu souhaites. Tu es libre de tes choix, quels qu'ils soient je m'y plierais…Parle moi s'il te plait... Dis-moi ce que tu veux…

Il s'agenouilla devant moi se retrouvant à ma hauteur. Il y avait tellement de doute, de peine dans ses traits, j'étais si touchée par ses paroles qu'une larme silencieuse coula le long de ma joue.

- Je t'en prie ne pleure pas à cause de moi…

Je ne m'étais pas attendue à ça. C'était lui qui me suppliait de choisir et qui m'expliquait qu'au delà de sa souffrance si je le rejetais tout ce qui lui importait était mon bonheur. Mon esprit tentait de se raccrocher à quelque chose de concret. Je me repassais en accéléré notre dernière rencontre. Je ne pus m'empêcher d'exprimer à voix haute la seule phrase qui me vint en tête à ce moment.

- C'est le mot mariage, c'est ça qui t'a fait peur ?

J'avais vraiment des réactions saugrenues dans ce genre de situation. Ma question l'étonnait mais il continua.

- Oui, ça a été le déclencheur… Je ne peux pas t'offrir ça …

- Ah bon les vampires ne peuvent pas se marier ?

J'étais dans une dimension parallèle. Mon cerveau ne m'obéissait plus et guidait mes paroles dans un sens absolument dément. Il devait commencer à s'inquiéter sur ma santé mentale car il répondit d'un ton prudent.

- Si bien sûr, mais pour ce qui est d'avoir des enfants la suite logique du mariage, nous sommes incompétents…

- Ah oui, et alors ? Certains humains sont stériles non ?

- Je oui…mais…

- Mais, rien Edward, c'est comme ça ! dis-je en saisissant sa main. Nous nous sommes croisés et il semble que nous soyons aussi…amoureux l'un de l'autre, comme si c'était une évidence… Quand ces choses là arrivent je crois qu'il ne faut pas les empêcher, il faut les vivre, peu importe les conséquences, il ne peut y avoir de regrets… Ne pas les accepter ce serait trop douloureux pour moi…et pour toi ?

- Tu n'imagines pas… J'ai trop souffert pendant trois ans et encore plus en ce début de semaine. Je veux juste être là près de toi, le seul endroit ou je suis bien, heureux, souffla-il en essuyant les larmes qui coulaient maintenant à flot sur mon visage.

Ce contact avec ses doigts glacés m'avait tellement manqué. Malgré leur température il laissait une trace brulante sur leur passage. N'y tenant plus je me laissais tomber à genoux et l'enlaçais. Je le serais si fort comme pour l'empêcher de disparaitre. Il répondit à mon étreinte et me caressa les cheveux.

- Je suis là, pardonne moi, plus jamais je ne m'éloignerais sauf si tu me le demandes.

- Ne me fais jamais de promesse on m'en a trop fait… Sois juste là pour moi si c'est aussi ce que tu souhaites.

Je relevais la tête vers lui et plongeais dans ses yeux topaze.

- Toujours, dit-il en se penchant jusqu'à ce que nos lèvres se frôlent.

Mon corps répondit immédiatement se serrant contre lui, mes doigts s'enfoncèrent dans sa chevelure désordonnée. Approfondissant notre baiser, je me délectais de son goût, de son odeur qui m'avaient tellement manqué. Je pouvais encore ressentir une résistance chez lui sans doute liée à la crainte de me blesser. Je me promis de faire tomber ses défenses une à une.

Je reculais à bout de souffle contrainte de stopper notre baiser.

- Bella, je n'ai pas envie de me séparer de toi accepterais-tu que je vienne dans ta chambre ce soir ? Il va sans dire que c'est juste pour te regarder dormir, s'empressa-t-il d'ajouter.

- Si tu n'as pas peur que je te saute dessus, viens ! Par contre peux-tu éviter la porte d'entrée car Charlie n'est pas dans un bon jour pour les grandes présentations ?

Je sentis à son léger recul que je devais y aller doucement si je souhaitais un jour partager plus que de chastes baisers avec lui. Il n'y avait pas que les réticences liées à sa condition, ça allait au delà, je sentais qu'il avait des principes fortement ancrés en lui, sans doute liés à l'époque à laquelle il était né.

- Dans ce cas l'idéal sera la fenêtre… Par contre tu devras dire à tes amis de rester éloignés encore un peu…

- Pas de problème pour ça. Je t'attendrai ce soir.

Il m'aida à me relever pour regagner la maison. Il me laissa à l'orée des arbres. Je rentrais en chantonnant préparer le repas de Charlie imperméable à sa mauvaise humeur. Je montais me coucher toujours aussi souriante sous le regard perplexe de mon père.

J'avais téléphoné à Seth pour lui demander de ne pas surveiller la maison cette nuit. Il avait marqué un temps de silence mais n'avait pas protesté. Je le plaignais intérieurement, m'en voulant de lui demander ça en imaginant l'effet sur Jacob et Sam. Je n'osais envisager la réaction de la meute quand ils sauraient quelle relation j'entretenais avec un des membres de la famille Cullen. Il serait toujours temps de régler mes comptes avec eux plus tard.

Edward toqua à ma fenêtre et je le laissais entrer. Intimidée, je lui proposais de me rejoindre sur mon lit. C'était la première fois que je dormais avec un garçon dans cette maison, j'avais l'impression d'être à nouveau une adolescente.

Le début de la nuit se passa dans une conversation sur nos goûts et notre vie passée entrecoupée de caresses. L'un comme l'autre nous ne pouvions nous retenir de nous toucher, comme pour être certain de la réalité de ce moment.

Puis je m'écroulais d'épuisement enroulée dans mes draps et pelotonnée contre lui. Pour une fois depuis très longtemps je me réveillais reposée.

J'eu un moment de panique ne le trouvant plus sur le lit. Je relevais la tête et l'aperçu dans mon rocking-chair en train de me contempler un sourire en coin. Je me précipitais alors dans la salle de bain atterrée par le nid de corneille qui me servait de cheveux et ma mine défaite d'avoir trop pleuré la veille.

Je me recomposais une allure présentable et le rejoins pour me lover dans ses bras. Il humait mes cheveux comme s'il ne se lassait pas de leur odeur.

Il me proposa de venir me chercher pour me conduire à Sequim. Cela faisait maintenant une semaine que je m'étais faite mon entorse et j'avais promis à Carlisle de consulter à nouveau avant de me défaire de mes béquilles.

Je le quittais à regret pour aller prendre le petit déjeuner avec mon père qui venait de se réveiller. Je profitais de ce moment pour parler à Charlie. Son humeur toujours en étroite relation avec son nombre d'heure de sommeil était remontée en flèche grâce à ma nuit calme. Même si je doutais qu'il aurait remercié pour ça Edward d'avoir passé la nuit à mes côtés sous son toit.

- Salut papa, bien dormi ?

- Ouais j'ai encore quelques heures à rattraper mais ça va mieux ! D'ailleurs quand reprends-tu le travail ?

- Quelle délicate façon de me faire savoir que tu préfères trainer seule à la maison qu'en la charmante compagnie de ta fille !

- Ne le prends pas comme ça Bella ! Vu ta mine depuis une semaine je suppose que l'effet n'est pas plus bénéfique sur toi que sur moi de toute façon !

- Ne t'inquiète pas ça ne devrait plus être long, je vais consulter aujourd'hui et si tout va bien je te laisserais seul dans peu de temps.

- Et comment comptes-tu te rendre à l'hôpital, Sue et Seth allaient rendre visite à des amis si je me souviens bien ?

- Ça tombe bien que tu me demandes ça, j'avais deux trois trucs à te dire…

Vu les sourcils interrogateurs de mon père, je savais qu'il allait me falloir faire preuve de diplomatie. J'avais beau avoir 20 ans il me voyait toujours comme une adolescente de 15 ans.

Je ne lui avais pour ainsi dire jamais ramené de garçon à la maison. Il n'avait jamais compris ce qui s'était passé entre Jacob et moi mais il savait que ça avait laissé des traces. Sans mes conversations polies avec mon ancien ami il aurait été capable de le jeter de la maison pour avoir fait souffrir son bébé.

Il avait encore moins apprécié le peu qu'il avait su de ma relation avec Alex. L'état dans lequel il m'avait récupérée à Seattle l'avait fortement remué. Au delà de ça je savais par mes conversations avec Sue qu'il s'inquiétait pour moi, pour mon bonheur et qu'il ne voyait pas comment je pouvais rencontrer quelqu'un et m'épanouir dans une relation amoureuse si je restais à Forks.

- Je t'écoute ?

Je détestais quand il prenait ce ton professionnel, le métier revenant au galop sans qu'il s'en rende compte.

- Savais-tu que la famille Cullen était revenue dans le coin ?

- Euh, oui j'en ai vaguement entendu parler par les collègues du bureau, et alors ?

- Et bien disons que je suis tombée par hasard sur le plus jeune fils de la famille, Edward…

- Et ?

- Et ce que je voulais te dire papa, c'est qu'Edward et moi, nous nous fréquentons… Donc tu risques de le voir dans les parages de temps en temps. Je te le présenterais tout à l'heure. C'est lui qui va venir me chercher pour aller à l'hôpital, c'est son père Carlisle qui m'a soigné l'autre jour. Il travaille à l'hôpital de Sequim maintenant.

- Il n'est pas beaucoup plus âgé que toi ?

- Non papa nous avons été dans la même classe au lycée à Forks avant leur départ.

- Ah bon, j'ai toujours eu l'impression qu'ils étaient plus âgés. Il faut dire qu'ils étaient particulièrement sages et discrets contrairement aux autres voyous de Forks ! Bon… Et qu'est ce qu'il fait dans la vie cet Edmund ?

- Edward papa ! Et bien il suit les traces de son père, il étudie la médecine.

Je taisais l'énième cycle de secondaire qu'il suivait à Sequim ainsi que les quelques heures de garde qu'il assurait avec son diplôme de chirurgie en poche à l'hôpital de Bremerton, priant pour que Charlie ne soit pas trop curieux.

- Pfff, un bon parti quoi !

- Ça te pose un problème ?

- Non, non aucun, juste qu'il a intérêt à bien traiter ma fille, futur médecin ou non je ne tolérerais pas qu'il te fasse souffrir pour aller chercher meilleur partie ailleurs pour satisfaire ses envies de grandeur !

- Papa, tu ne le connais même pas ! Edward est quelqu'un de simple, avec le cœur sur la main, je ne te permets pas de le juger ainsi ! Quant à mes histoires de cœur je les gère très bien seule sans ton aide ! Ah et merci du peu d'estime que tu me portes !

- Ok, excuse-moi, il ne faut pas m'en vouloir, laisse moi le temps de m'y faire !

- Tu me promets d'être sage si je te le présente ?

- Promis !

- ok, merci papa.

- Pas de quoi, bougonna-t-il.

Je l'abandonnais dans la cuisine. Je savais qu'il lui fallait du calme pour avaler mes révélations. Je me postais devant ma fenêtre de ma chambre avec mon ordinateur portable essayant de me concentrer sur un cours tandis que j'attendais Edward.

POV Edward

Je rentrais à la maison un sourire béat sur lèvres au petit matin. J'avais tellement craint la réaction de Bella, tellement douté qu'elle puisse accepter mes explications. J'avais même fini par me persuader que je lui avais laissé assez de temps pour réfléchir et se rendre compte que je ne l'intéressais pas.

Mais sa réponse avait été au delà de mes espérances les plus folles. Elle m'aimait, elle me voulait. La partie la plus égoïste de mon être se réjouissait. Je bâillonnais ma raison en repensant aux paroles d'Esmée. Si Bella souhaitait être à mes côtés j'allais satisfaire ses désirs.

J'avais été jusqu'à lui proposer de faire ce dont je rêvais depuis de longues semaines, la regarder dormir dans sa chambre. La présence des loups et mon dégoût de violer son intimité m'en avais empêché jusque là. Je savais que notre rapprochement ne nous créerait que des ennuis avec la meute. Mais nous étions tout autant capable qu'eux de la protéger.

Me retrouver dans sa chambre, totalement imprégnée de son odeur déclencha un feu brulant dans ma gorge tandis que le venin s'écoulait lentement dans ma bouche. Je me concentrais en repensant aux moments que nous avions partagés dans l'espace confiné de ma voiture.

Mais au delà de ces pensées, ce fut la simple vue de Bella qui réveilla en moi des désirs plus fort que la soif, plus humains.

Il ne lui avait pas suffit de me rejoindre dans les bois dans une tenue qui mettait en valeur chacune de ses formes parfaites, me faisant presque perdre la tête. Non, elle se tenait là devant moi dans ce que les humains de cet époque appelait un pyjama mais qui dans ma représentation des choses tenait plus du sous-vêtement. Elle portait un short et un haut très courts et moulants qui me dévoilaient entièrement ses longues jambes fuselées, laissant ses épaules dénudées.

Si elle continuait comme ça, j'allais à ma perte. Mon éducation ne m'avait pas préparé à voir et à vivre de telles choses. Et mon peu d'intérêt ces dernières années pour les relations amoureuses n'avait pas contribué non plus à m'y habituer.

Je fus soulagé quand je vis à ses rougissement qu'elle était elle aussi intimidée par la situation et qu'elle m'invita simplement à m'allonger avec elle.

Nous nous plongeâmes dans une discussion à bâtons rompus, avides de nous connaître, de rattraper le temps perdus. A tout moment je sentais ses doigts parcourir mon visage, se perdre dans mes cheveux, s'aventure sur mes épaules ou mes bras. Je ne pouvais retenir moi même mon besoin de la toucher, n'osant aller plus loin que son visage et son cou.

Elle finit par s'endormir contre moi d'un sommeil paisible. Par moment elle soupirait d'aise en prononçant mon prénom. Je ne me lassais pas de la regarder et de l'écouter si sereine. A l'aube je la sentis frissonner. Je la laissais seul sur le lit rabattant un peu plus les couvertures sur elle et m'assis dans son rocking chair pour la contempler.

Je maudissais ma condition, mon corps mort et froid. J'aurais tellement voulu lui apporter de la chaleur et ne pas être un danger constant pour elle, ne pas avoir à retenir la force que je mettais dans chacune de mes caresses.

A son réveil, je perçu la panique qui fit accélérer les battements de son cœur quand elle ne me trouva pas près d'elle. Le soulagement qui envahi son visage quand elle me découvrit me fit comprendre à quel point elle me désirait à ses côtés. A quel point si je voulais la rendre heureuse je devais rester près d'elle. Mais elle, ne pouvait se douter du bonheur que ses réactions m'apportaient.

Mon arrivée à la villa ne fut donc pas inaperçue. Le sourire radieux de Jasper me permettait de me rendre compte de l'humeur incontrôlable que j'affichais. Il s'affala dans un canapé se délectant des ondes que je transmettais.

« Merci… »

- Je t'en pris… Euh, qu'est-il arrivé à tes cheveux ? As-tu céder à un nouveau caprice de ta femme ?

- Trop fort la coupe, tu trouves aussi ! J'adore on dirait un mouton ! Et t'aurais vu il a voulu la mouiller pour aplatir le tout, on aurait dit un clébard qui sortait de l'eau et depuis que ça a séché c'est encore pire ! lança Emmett hilare en sautant par dessus le dossier de canapé pour s'asseoir à côté de notre frère.

- Marre toi ! T'as de la chance d'avoir les cheveux courts, sinon tu y passais aussi ! répondit Jasper en lui assénant un coup de poings dans l'épaule qui ne fit même pas broncher notre imposant frère.

- Et c'est en quel honneur cette coupe ? demandais-je contaminé par l'hilarité d'Emmett.

- Je peux presque dire que c'est de ta faute ! Ou plutôt celle de Bella, tu lui diras que la prochaine fois j'apprécierais qu'elle ne refuse pas l'aide d'Alice ! Elle était tellement frustrée qu'il a fallut qu'elle se trouve un autre cobaye en prétextant qu'au cas où Bella changerait d'avis elle serait prête à dompter sa chevelure ! Et je me suis sacrifié pour le bien de la famille !

- Et encore il a refusé d'essayer des robes ! ricana Emmett.

- Désolé pour toi Jazz, mais quand je vois ta tête je préfère qu'Alice reste loin des cheveux de Bella ! D'ailleurs pourquoi ne s'est-elle pas entrainée sur Rose ?

- Disons que l'humeur de Rosalie depuis l'invitation surprise d'Alice, est quelle que peu… comment dire, exécrable ? L'avantage dans cette famille c'est les vases communicants dès qu'un d'entre vous est heureux, un autre prend le relai pour le rôle du malheureux de service ! me lança Jasper en souriant.

- Ah ouais ! J'espère au moins que tu t'éclates avec Bella frérot, parce que pour s'encadrer Rose en ce moment il faut vraiment que ça vaille le coup !

- Ne t'inquiète pas tout va bien entre Bella et moi et j'espère que Rose va se faire une raison car ce n'est pas prêt de s'arrêter !

- Donc ça y est t'es plus puceau ! Avec une humaine en plus ! Décidément t'as toujours la classe toi, faut toujours que tu sois à part…

- Emmett ! le coupa Esmée qui venait de rentrer dans la pièce.

- Eh ! Avec tout ce qu'il nous a fait traverser, il peut bien partager avec nous quelques détails croustillants, non ?

- Laisse le tranquille ! Il respecte ton intimité fais en de même !

- Tu parles, il est toujours fourré dans nos têtes, je suis sûr que c'est l'éclate pour lui dans cette maison, même pas besoin de mater des films X ! Il suffit de se brancher sur nos cerveaux ! D'ailleurs je me suis appliqué à penser bien fort ces derniers temps pour qu'il en apprenne un max…

- Emmett ! criais-je en cœur avec Esmée et Jasper.

- Vas donc t'occuper de Rose au lieu de torturer ton frère ! ajouta Esmée.

Emmett quitta la pièce à reculons, fort peu motivé de retrouver sa moitié.

- Esmée, est-ce que Carlisle est par là ?

- Il est dans son bureau, dit-elle en retournant à ses occupations non sans m'avoir gratifié d'un compliment par la pensée d'avoir réussi à parler avec Bella.

- Merci.

J'allais monter dans le bureau de mon père quand je fus interrompu par les pensées de Jasper.

« Tu peux me le dire à moi si Emmett a raison, tu as vraiment franchi le cap avec Bella ? »

- Je crois qu'il te suffit de demander ça à ta chère et tendre, répondis-je d'un ton sec.

« Crois moi je ne préfère pas aborder ce sujet avec elle. On peut bien avoir une discussion entre hommes, non ? »

- De toute façon, il n'y a rien à discuter, il ne s'est rien passé et il ne se passera rien de plus. C'est trop dangereux !

« Dis-moi au moins que tu l'as embrassée ! »

- Oui mais ça s'arrêtera là !

« Ne t'énerve pas, mais si je peux me permettre, vu les vibrations qui émanaient de Bella et de toi aussi d'ailleurs la seule fois ou je vous ai vu ensemble dans l'amphi tout à l'heure, j'ai peine à croire que vous puissiez en rester là longtemps … »

- Mais c'est impossible ! Trop dangereux ! Je la tuerais !

« J'ai l'impression d'être Carlisle quand je te dis ça : aie confiance en toi ! Tu es capable de te contrôler j'en suis certain ! Je veux bien en discuter avec toi si ça peut t'aider. Mais considère que Bella n'acceptera pas longtemps tes refus et qu'il te faudra rapidement une solution… »

- Je vais réfléchir à ça, mais pour le moment je vais tout simplement éviter de la mettre en danger. Je … c'est compliqué, trop de chose à gérer en même temps. Il me faut du temps…

« Je ne voulais pas te mettre la pression. Réfléchis et sache que tu peux compter sur moi. »

- Merci, répondis-je en montant chez Carlisle.

J'étais perturbé par les propos de Jasper. Je sentais moi aussi que Bella attendrait rapidement plus de moi. Je ne voulais pas y penser pour le moment, ça me paraissait tellement impossible. Comment imaginer réussir à me contrôler dans ce genre de moment pour ne pas la briser ? Et comment réagirait-elle devant mes refus ? Me quittera-t-elle ou plus probable mais absolument inenvisageable pour moi me demandera-t-elle de la transformer ?

Je butais presque contre Alice qui se dressait devant moi.

- Ben alors, tu penses tellement fort que tu n'entends même plus les pensées des autres ?

- Effectivement !

- Il va faire un soleil radieux aujourd'hui, Il faudra que Carlisle examine Bella à la maison ! Profitez bien de votre ballade !

Elle continua son chemin en sautillant non sans me faire partager une vision de Bella et moi assis dans l'herbe de la clairière qui me servait de refuge. Je constatais qu'effectivement le temps ne nous permettait pas de nous rendre à Sequim discrètement, il serait plus prudent de voir Carlisle à la villa.

Je partis alors chercher Bella à l'heure convenue. Elle devait me guetter car elle ouvrit la porte dès que je me garais devant chez elle et me fit signe de venir. Elle déposa un rapide baiser sur mes lèvres et se mit sur la pointe des pieds pour souffler à mon oreille.

- Si tu n'y vois pas d'inconvénient je vais te présenter à Charlie, ça sera une bonne chose de faite, crois moi !

- Pas de problème, allons-y.

J'entendais dans le salon le bruit de fond de la télé et les pensées embrouillées de Charlie Swan, curieux de savoir avec qui parlait sa fille.

- Papa ?

- Oui ?

Je suivis Bella jusqu'au salon nous postant face à son père.

- Papa, je te présente Edward Cullen, dont je t'ai parlé ce matin.

- Bonjour Mr Swan, enchanté de faire votre connaissance, lançais en prenant bien soin de garder mes mains dans mes poches faisant sentir à mon interlocuteur qu'il n'était pas dans mes habitudes de serrer les mains.

- Bonjour Edward, appelle moi Charlie, alors comme ça toi et Bella…

- Papa ! On en a déjà parlé ce matin je ne vais pas te faire un dessin ok ?

- Non, non, bien sûr, bon qu'est ce que vous comptez faire les jeunes ?

- J'emmène Bella voir mon père pour qu'il ausculte sa cheville.

- Ah oui c'est vrai, j'espère que tu vas vite pouvoir te débarrasser de ces béquilles, un seul handicapé dans cette maison c'est suffisant ! plaisanta-t-il.

- Mon père rêve que je reprenne le boulot pour être enfin tranquille, me dit Bella. A plus tard papa !

- A plus tard Charlie, si Bella est d'accord nous risquons de passer l'après-midi ensemble.

Je vis à son sourire qu'elle acceptait ma demande implicite.

- Ok, amusez vous bien les jeunes !

« Enfin pas trop non plus si tu tiens à ton joli petit visage de minet ! »

Charlie ne pouvait deviner à quel point j'étais d'accord avec lui. J'aidais Bella à monter dans la voiture et roulais jusqu'à la villa.

- Je te présente notre maison !

- Je suis venue une fois ici quand vous étiez partis…

- Pourquoi ?

- Uniquement par curiosité, j'avais repéré la maison lors d'une ballade… Même si j'ai rapidement deviné que c'était votre maison, ça me prouvait que vous n'étiez plus là…

- Mais nous sommes revenus et je ne te laisserais plus, dis-je en lui tenant la main.

- En tout cas la maison est magnifique.

- Disons qu'il nous faut de la place pour que chacun ait ses quartiers, quoique entre les pouvoirs des uns et les sens surdéveloppés de tous, l'intimité soit un concept bien aléatoire ! Ça aide aussi d'avoir une sœur visionnaire qui ne fait que des bons placements en bourse et une mère passionnée de décoration !

Je constatais que mes frères et sœurs étaient tous absents, sans doute pour ne pas embarrasser Bella pour sa première visite qui était avant tout une consultation avec Carlisle. Esmée nous accueilli dans l'entrée en saluant chaleureusement Bella. Puis je l'accompagnais dans le bureau de mon père.

Je sentis le soulagement de Bella quand Carlisle l'autorisa à se séparer des béquilles. Une semaine supplémentaire avec un bandage pendant laquelle elle pourrait recommencer à marcher et son entorse ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Il ausculta également son front et se déclara satisfait de la cicatrisation. J'aurais pu moi même donner ces informations à Bella, mais je préférais que Carlisle confirme mon diagnostic.

Je fis faire le tour du propriétaire à Bella. Nous montâmes dans les étages pour terminer par ma chambre. Je restais sur le seuil tandis qu'elle parcourait les lieux, laissant sa main effleurer la tranche de mes livres et de mes disques. Je me décidais à interrompre son exploration.

- Bella, si tu n'y vois pas d'inconvénient j'aimerais profiter du beau temps pour te montrer un endroit qui me tiens à cœur et te faire découvrir la raison pour laquelle nous ne fréquentons pas tes semblables quand le soleil est radieux comme aujourd'hui.

- D'accord, c'est loin, parce qu'avec ma cheville…

- Tu me fais confiance ?

- Bien sûr !

- Alors grimpe sur mon dos, et je te conseille de fermer les yeux.

Je la fis monter sur mon dos et sautait par fenêtre. Au cri de terreur qu'elle poussa je sus qu'elle n'avait pas suivi mon conseil. Je vis Carlisle et Esmée se précipiter devant les baies vitrés et leur fis un signe pour les rassurer.

- Tu ne crains rien, mais ferme les yeux ça vaut mieux.

Je m'élançais alors dans la forêt, enivré par la vitesse et l'odeur de Bella. Je m'arrêtais aux abords de ma clairière, mon refuge, laissant Bella reprendre ses esprits.

- C'est superbe, dit-elle en se tournant vers moi.

Elle avança vers le centre, vers le soleil, touchant de la paume de sa main les fleurs qui parsemaient l'étendue herbeuse.

Elle se retourna avec un air étonné quand elle vit que je ne la suivais pas. J'étais toute à mon admiration de sa peau de porcelaine et des reflets acajou de ses cheveux dans les rayons lumineux.

- Tu viens ? demanda-t-elle en tendant une main vers moi.

- Bella, il faut que tu saches, voilà ce que je suis…dis-je en sortant de la pénombre.

Je savais alors que ma peau brillait de mille feux. Je détestais cet aspect de mon corps mort qui montrait la terrible réalité de ma condition. Je risquais un coup d'œil vers Bella pour constater qu'elle ne pensait pas comme moi.

Elle s'avança avec le regard tendre caressant de sa main la peau de mon visage.

- Tu es magnifique…

J'eus beau protester, elle me fit taire m'assurant que rien ne la ferait fuir et qu'au delà de mon physique elle m'aimait moi pour ce que j'étais, ce que je pensais.

Nous nous assîmes dans le milieu de la clairière discutant de nos familles respectives. Elle ne cessait de parcourir du bout de ses doigts la peau brillante de mes bras dénudés. L'après midi se termina, enlacés, perdus dans nos pensées.

Le temps semblait suspendu. Comme jamais auparavant je nageais dans le bonheur. Mais devant moi se dressait des terres inconnues, les désirs de Bella, qu'elle me ferait connaître tôt ou tard…

Et les réactions de Victoria. Alice la surveillait régulièrement mais son inactivité me paraissait de plus en plus suspecte, ce que j'avais lu dans son esprit me laissait croire qu'elle n'aurait de cesse que quand elle se serait vengée. Mais cette fois elle me trouverait sur son chemin et un seul d'entre nous se relèverait de cet affrontement…


C'est décidé je fais monter la température d'un degré au prochain chapitre…

Mais pas plus ! On va y aller en douceur car il paraît que le vampire qui passe à la casserole ça couine !

Je vous laisse, je vais tester cette théorie…

Si jamais je ne reviens pas appuyer sur le bouton en bas !