Bon alors vous voulez tout savoir ?
Et vous croyez que je lâche mes secrets comme ça sur la cuisson à feux doux du vampire ?
Pas la peine de me faire la voix implorante et sensuelle d'Edward, façon « Bella, épouse moi.. ». Ça ne marche pas ! Moi il me faut plus que des bijoux de famille pour me convaincre…
Bon en attendant je vous livre là un long chapitre qui m'a donné du fil à retordre (Aaaaarghhh !). J'y ai passé de longues heures nocturnes et j'ai bien cru ne jamais m'en sortir ! Comme je vous l'ai expliqué en PM, une partie avait été écrite au tout début de ma fic, mais depuis ma petite histoire a bien grandi et certains éléments ne collaient plus. J'ai donc dû remanier les choses et hop voilà le travail !
J'espère qu'il vous plaira même si je sais déjà ce vous allez aimer et ce que vous aller détester (je pari avec moi même, on s'occupe comme on peut !).
Une petite pensée pour Fan2manga qui avait émis sa déception de l'éloignement d'Angela, j'espère te satisfaire…
Un gros bisou à ma brunette Death In Vegas qui a fait exploser mon compteur à reviews. M'entrainera-t-elle du côté lémoniaque de la force ? Si vous voulez avoir encore plus chaud cet été, allez lire sa fic « Destin ou hasard » (génial comme titre n'est ce pas ?) !
Pour les sans comptes :
Un message tout spécial à Nannylie : j'adore, j'adore, j'adore, j'adore ta review ! Tu ne peux pas savoir à quel point elle me touche et m'encourage à continuer. Si ma fic te fait l'effet que certaines histoires m'ont fait sur ce site je suis sans voix. MERCI
Anonyme D : qui que tu sois toi l'inconnu(e), un immense merci pour ta géniale review.
RobertLamia : Plait-il ? On se connaît ?
On n'oublie pas que les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.
Vers la fin, quand la dame vous le dira vous pouvez écouter « Clair de Lune » de Claude Debussy (et oui fallait bien que ça arrive !) suivi de « Breathe me » de Sia, vous verrez ça met un peu d'intensité au truc !
C'est l'histoire de loup le loup qui appelle sa maman… (et on ne crie pas : « Oh non ! Pas encore eux ! ». C'est comme ça ! na !)
Chapitre 12 : Mise au point
POV Bella
A plat ventre sur mon lit, la tête entre les mains, je méditais les yeux dans le vague. Jamais dans mes espoirs les plus fous je n'aurais pu imaginer de meilleur week-end. J'avais cru tout perdre pour au final trouver plus que je n'aurais espéré.
Edward et moi avions passé chaque minute possible ensemble, nous parlant, nous frôlant sans cesse, nous regardant... Cela me fit sourire, mais ma soif de lui ne s'étancherait jamais, autant mon odeur était promesse de nirvana pour lui, autant sa personne dans toute sa complexité et sa différence était à chaque découverte un nouveau pas vers la félicité pour moi.
Il m'avait quitté il avait à peine une demi-heure au retour de Charlie et Sue me promettant de revenir à la nuit tombé que déjà il me manquait. Le vide que je détestais tant réapparu, à la seule différence que maintenant j'en connaissais la cause et je pouvais l'apprivoiser. Chaque seconde qui s'écoulait me rapprochais de son retour, qui rien qu'en l'évoquant provoquait la sensation d'une nuée de papillons dans mon ventre.
Le vrombissement de mon portable posé sur ma table de nuit me sortit de ma rêverie. Voir le prénom d'Angela apparaitre me refit prendre pied dans le monde des humains. Cet appel du dimanche soir était un rituel entre nous. Je décrochais le sourire aux lèvres, heureuse d'entendre la voix de mon amie.
Elle voulait prendre de mes nouvelles et parler de sa venue prochaine pour les vacances de Pâques. Elle me fit une description enthousiaste de sa vie à Seattle qui se passait à merveille entre ses études et son mari dont elle était toujours folle amoureuse. Une pointe de tristesse se fit sentir dans sa voix quand elle me confia que parfois l'éloignement avec sa famille et moi lui pesait. Elle aurait tellement aimé partager quotidiennement son bonheur avec nous.
Angela s'était épanouie depuis son mariage. A chaque appel, je la trouvais plus sûre d'elle, laissant derrière elle la jeune fille timide qu'elle avait été. Inquiète de mon retranchement depuis ma rupture avec Alex et l'accident de mon père, je savais qu'elle s'était mis en tête l'idée de me faire voir la vie en rose à nouveau un jour ou l'autre.
Ainsi elle osait de plus en plus me poser des questions sur mes fréquentations. Pour la rassurer nous plaisantions régulièrement sur les rencontres que je faisais dans le cadre de mon travail. Mais elle n'était pas dupe du grand vide dans ma vie.
Ce soir, elle était si volubile, toute à sa joie de revenir prochainement à Forks que je cru échapper un moment aux questions sur ma personne. Puis sans même que je m'en rende compte elle détourna la conversation brutalement vers moi.
- Et toi ma belle, comment vas-tu ?
- Ça va bien.
- Bella ? Qu'est ce que tu me caches ?
- Rien du tout, qu'est ce qui te fait dire ça ?
- Ta voix, je le sens, quelque chose a changé, je peux t'entendre sourire, que s'est-il passé ?
- Rien, c'est juste que je vais bien…
- Bella je ne t'ai jamais embêté avec des questions indiscrètes mais là c'est déjà trop dur de ne plus te voir et si tu tiens à moi tu ne peux pas me laisser dans l'ignorance !
- T'exagères un peu là Angie !
- Parles ou je te cuisine quand je serais là quitte à squatter devant chez toi pour découvrir le pot aux roses.
- Eh ! Je t'ai connue plus discrète et respectueuse de ma vie privée !
- Oh sois sympa ! Je suis une femme mariée maintenant rien de neuf et croustillant à me mettre sous la dent alors aie pitié et fait moi partager ta vie trépidante de célibataire.
- Je ne suis pas sure que Ben sera ravi de savoir ce que tu penses de votre vie ! Quant à moi je te trouve téméraire d'associer vie trépidante et Forks dans la même phrase !
- Avec tout ce que tu m'as raconté ces dernières semaines il faut croire que tu réveilles cette bonne vieille ville avec ton corps de rêve !
- Angela !
Je me mordis la lèvre en me rappelant lui avoir raconté mes aventures avec Mike et Mr Randy, je savais déjà ce qui allait suivre.
- Alors laisse-moi deviner… Tu as cédé à Mike contre de l'équipement de rando gratos à vie et finalement tu t'es rendu compte qu'il n'était pas si mal ?
- Yeurk !
- Bon ok, Mike reste Mike... Attends ! Je sais ! Ce fameux prof s'est révélé être le coup du siècle dans le noir au fond d'une salle de classe vide et…
- Stop !
- Ah, ah j'ai trouvé, c'est le grand retour de Jacob !
- J'ai dit stop ! C'est bon tu as gagné ! Je vais te le dire mais en échange de d'une promesse et d'un service !
- C'est beaucoup ça ! T'es dure en affaire… mais j'ai trop envie de savoir ce qui te rends si joyeuse…
- D'abord promet moi de ne pas le répéter, même à Ben pour le moment !
- Ok, ok promis !
- Et deuxième chose accepterais-tu de me vendre ta photo panoramique de Seattle que j'adore, c'est pour un cadeau…
- Bien sûr Bella, et ce sera prix d'ami, j'en vends de plus en plus à chaque expo, je suis trop contente. Veux tu que je te l'amène à Pâques ?
- Je préférerais que tu me l'envoie j'en ai besoin pour samedi. J'irais la faire encadrer à Port Angeles.
- Bon ok, maintenant que ça c'est vu à ton tour !
- …
J'hésitais, ma relation avec Edward était tellement récente et particulière. Je ne savais pas ou cela nous mènerait. Mais j'avais envie de la partager du moins en partie avec mon amie. Je savais que je pouvais compter sur sa discrétion. Au delà de l'enthousiasme à percer mes secrets je savais que ce qui lui importait était mon bonheur.
- Bella ?
- Bon ok, tu as raison, je sors avec quelqu'un… J'ai un petit ami…
C'était tellement étrange de prononcer ce mot en pensant à Edward, il était pour moi tellement plus que ça.
- Je le connais, il est de Forks ?
- On peut dire ça en quelque sorte…
- Tu attends que je meure d'impatience ou ce que tu vas m'annoncer est si horrible que ça ?
Elle ne croyait pas si bien dire « C'est un vampire mais il est très gentil, il préfère les pumas même si l'odeur de mon sang le rends fou, mais il a promis qu'il ne me ferait jamais de mal…du moins pas intentionnellement ». Je n'étais pas sûre qu'Angela ne soit jamais prête à entendre ce genre de propos.
- Il s'appelle Edward…
- …Cullen ?
- Aurais-tu un don de voyance que tu m'aurais caché depuis toutes ces années ?
- Non ma chère c'est juste que j'ai dormi presqu'une année aux côtés d'une fille qui ne cessait de prononcer ce prénom chaque nuit ! Et que la fameuse conversation que nous avons eue un matin m'a quelque peu marquée… Il suffisait de voir ton air triste et les étoiles qui s'allumaient dans tes yeux à son évocation… Tu ne m'as jamais parue si étrange que ce matin là, à te voir j'aurais pu croire qu'un lien invisible te reliait à lui ! Même pendant la bonne période avec Alex je ne t'ai jamais vu comme ça !
- C'est un compliment ?
- Non, enfin si, enfin juste que c'était curieux. Alors comme ça tu l'as revu ?
- Oui…
- Tu vois je te l'avais dit ! Le monde est petit ! Et votre nouvelle rencontre s'est mieux passée que la première ? Il se souvenait de toi ? Et depuis combien de temps tu me fais des cachotteries ? Et vous en êtes ou ? Et que fait-il dans la vie ?
- Holà ! Une à la fois !
- Ok, excuses moi mais je suis tellement heureuse pour toi que je me laisse déborder par mes émotions ! Alors réponds ?
- C'est ça l'effet du mariage, ça transforme les gentilles amies discrètes en vraie furie de la gestapo ?
- Ne détourne pas la conversation !
- Ok, nous nous sommes revus deux fois par hasard, oui il se souvenait de moi et plutôt en bien malgré les apparences, tout ça est très récent et je ne t'ai rien caché car il n'y avait rien à raconter lors de notre dernière conversation téléphonique, nous en sommes au moment ou nous nous sommes dit les choses et les sentiments sont partagés et pour terminer il étudie la médecine comme son père !
- Je crois que tu n'as pas bien compris une de mes questions… Quand j'ai dit ou vous en êtes je parlais de quelque chose de plus physique, vois-tu ?
- Angela c'est toi ? Qu'avez vous fait de mon amie ?
- Arrête et parle…s'il te plait !
- Arrgh, heureusement qu'on se voit pas souvent tu me rendrais folle si tu es comme ça tout le temps !
- Et bien non tout ça est dû à l'éloignement, je concentre le temps à rattraper en une seule conversation téléphonique ! Parle !
- Ok, ok… Et bien rien… Nous n'en sommes pas là où tu penses, disons qu'il a une éducation à l'ancienne…
- Roooh, ça doit être excitant ça !
- Angela ! Mais qu'est ce qu'il t'arrive ?
- Excuse moi Bella, mais ne fait pas l'innocente avec moi ! Rien qu'à ta voix je sais que tu transpires de désir pour lui !
- On dirait ma mère !
- J'adore Renée, mais tentative encore échouée de détournement !
- Que veux-tu savoir ?
- Tu aimerais aller plus loin ?
-…ouais, bien sûr…
- Mais lui il a la trouille ou je ne sais qui lui a planté en tête l'idée que c'était mal ! Pitié ne me dis pas qu'il ne fera rien avant le mariage parce que s'il est aussi canon que dans mon souvenir tu vas mourir de combustion ma pauvre ! D'ailleurs vu ton peu d'estime pour l'institution du mariage votre vie va être une torture à vous regardez dans le blanc des yeux !
- Mais tu es infernale ma parole !
- Alors c'est non, non, ou il y a quand même une possibilité ?
- Nous n'en avons pas discuté ma chère, chaque chose en son temps.
- Bon, il te faut un plan d'attaque alors !
- Mais arrête ! C'est pas la guerre !
- A quoi ça sert les copines sinon ? A moins que tu m'aies remplacée ?
- Bien sûr que non mais si tu continues comme ça je vais y songer ! Edward a une sœur super sympa… Quoiqu'en y réfléchissant je crains qu'elle soit pire que ton nouveau toi !
- Tu me vexes là ! Mais bon du moment que tu ne me remplaces pas, que tu me confies tes secrets et que tu écoutes mes conseils tout va bien !
- T'inquiète tu es irremplaçable !
- Il faut que je te laisse je dois aller rejoindre Ben, on va au ciné ! N'oublie pas tous les conseils beauté que je me suis efforcée de t'apprendre, ne gâche pas tout mes efforts ! Et si tu en as l'occasion frappe fort en te portant la tenue de mon mariage, elle sert à ça ! Pour le reste je te fais confiance à ta jolie bouille et ton corps de déesse !
- Angie !
- Je suis de tout cœur avec toi, et n'oublie pas la fête que nous organisons avec Ben chez ses parents pour fêter les vacances, Edward est le bienvenu bien sûr, au moins tu n'auras pas à te torturer pour éviter Mike et Alex !
- Euh, je ne sais pas…
- Il n'y a pas de mais, ni de non tolérés. Il faut vraiment que je parte. Je suis ravie pour toi ! Merci de tes confidences, elles seront bien gardées ! A bientôt, tu me manques j'ai hâte de te revoir !
- Toi aussi, embrasse Ben de ma part ! Et n'oublie pas de m'envoyer la photo !
- Promis ! A bientôt !
- Salut Angie !
Je raccrochais. Je me laissais aller en arrière sur mon lit, rabattant mon oreiller sur ma tête. Ça faisait tellement de bien de se confier à une amie. Angela me manquait réellement, j'oubliais presque sa simplicité et sa joie de vivre. Je me sentais réellement insouciante en ayant de telle conversation purement féminine avec elle.
Mais le cœur de la vérité lui resterait toujours caché, un secret d'une lourdeur énorme, j'avais au moins la chance de pouvoir le partager avec Edward à présent.
Edward…J'espérais qu'il comprendrait que j'ai parlé de lui à mon amie. Par contre je doutais de sa joie à l'évocation d'une fête avec nos anciens camarades du lycée de Forks. Il faudrait que j'utilise toute ma persuasion pour le convaincre de m'y accompagner.
Je savais qu'Angela serait extrêmement peinée si j'étais absente. Et plus j'y pensais plus je m'imaginais avec Edward me délectant des mines déconfites de Mike et Alex, sans compter Jessica et Lauren. Mais je ne devais pas me complaire dans des idées aussi malsaines.
Un doigt glissa sur mon avant bras en y laissant son empreinte de givre.
- Bella, ça va ?
Je repoussais l'oreiller de mon visage et souris bêtement en contemplant le visage inquiet au dessus de moi.
- Tout va bien !
- Et pourquoi te caches-tu sous ton oreiller ?
- Je viens d'avoir une conversation téléphonique éprouvante !
- Avec ta mère ?
- Presque, tu te souviens peut-être d'Angela Weber ? C'est mon amie, j'ai partagé une chambre universitaire avec elle à Seattle.
- Oui, ma nature fait que j'ai la mémoire particulièrement longue, donc je me souviens d'elle.
- Eh bien tu vois ta sœur quand elle soupçonne quelque chose et que tous les moyens sont bons pour connaître la vérité ?
- Oui un peu trop bien !
- Et bien Angela est le modèle humain, elle devine toujours quand je lui cache des choses !
- Et ?
- Et bien elle m'a trouvé un peu trop heureuse à son goût. J'ai donc dû lui avouer que je t'avais revu et que tu étais… mon petit ami ?
- Ça me plait quand tu dis ça, me dit-il de son sourire en coin.
- mais ne t'inquiètes pas elle a eu le droit à la même version que Charlie !
- Je te fais entièrement confiance Bella, je sais que tu ne mettras pas en danger notre secret.
- Par contre…
- oui ?
- Tu es invité avec moi à la fête qu'elle donne avec son mari en l'honneur des vacances. Elle serait vraiment triste que je ne sois pas là. Mais il y aura plein d'anciens élèves du lycée…
- Et tu veux que je vienne avec toi ?
- J'adorerais ça mais je ne veux pas que ça te mette dans une position inconfortable… Et puis il y aura… Alex…
- Donc je viens !
- Edward !
- Quoi ? Oui je suis jaloux, j'avoue ! Et si tu ne m'en veux pas j'aimerais parader au bras de la plus belle fille de Forks !
- T'exagères, et que fais-tu de ton apparence ?
- Alice sondera l'avenir pour vérifier que je n'éveillerais pas les soupçons et pour une fois je me prêterais à une de ses séances de maquillage, une barbe naissante, quelques rides, les lumières tamisées de la fête et le tour est joué !
- Grrrr, viens là ! dis-je en l'attirant à moi.
Il ne refusa pas mon étreinte mais finit par me repousser.
- Il faut dormir, n'oublies pas que tu reprends le travail demain.
- Ahhh, Edward ou l'art de refroidir l'ambiance !
Je compris à son air que j'avais été trop loin. Il était vexé. J'allais réellement avoir du travail pour l'amadouer.
- Excuse moi, c'était une blague de très mauvais goût ! Je n'ai pas ton contrôle centenaire et je ne veux pas te brusquer. Me feras-tu au moins l'honneur de venir à mes côtés le temps que le m'endorme ?
- C'est moi je suis désolé de ne pouvoir te satisfaire, bien sûr que je reste, toute la nuit même.
- Chut, viens là.
Je me lovais contre lui et pris sa main pour déposer un baiser sur chacun de ses doigts avant d'enlacer les miens avec les siens. Je voulais lui montrer à quel point je l'acceptais tel qu'il était. Je m'endormis sous ses caresses qui me frôlaient comme une plume.
Le début de semaine s'écoula de façon parfaite. Edward passait ses nuits à mes côtés. Il me déposait au bureau du parc ou j'aidais Rachel à faire de la paperasse en attendant que je puisse reprendre la marche, et me reprenait en revenant du lycée.
Je devinais la guerre souterraine que menait Rachel pour empêcher Marc de m'assaillir de question sur la Volvo aux vitres teintées qui me déposait au matin et m'attendait chaque soir.
Mon père soupirait bruyamment à chaque fois qu'il entendait le moteur de la voiture d'Edward mais il ne trouva rien à redire sur notre relation.
Je ne pouvais cependant ignorer un problème de taille : la meute. Je voyais bien que Seth avait de plus en plus de difficultés à me couvrir. Le pauvre était partagé entre les deux mondes, d'un côté sa loyauté envers les siens et son obéissance au mâle alpha, de l'autre son envie de plus en plus forte de connaître les Cullen.
Plus le temps passait, plus je me sentais lâche face à cette situation. J'avais été plus que soulagée d'avoir la protection de la meute à une époque. Je ne pouvais pas me monter ingrate maintenant que j'avais trouvé d'autres protecteurs.
Au delà de toutes ces considérations, Edward avait beau m'apaiser sur mes craintes d'une prochaine attaque de Victoria, je savais qu'elle était inéluctable, elle avait l'éternité, ou devrais-je dire la durée de ma courte vie, devant elle pour agir sans doute au moment ou nous nous y attendrions le moins.
Je ne voulais pas qu'à ce moment là, à cause de moi, les deux camps qui souhaitaient me défendre s'entredéchirent, laissant le champ libre à Victoria et surtout augmentant les risques de perte dans leurs rangs.
Si un jour elle devait revenir, je voulais savoir que la meute et les Cullen auraient l'intelligence de se battre contre le même ennemi.
Je choisis un jour ensoleillé pendant lequel Edward était parti chasser pour me rendre à la Push. Je savais qu'Alice me verrait mais j'espérais avoir le temps de franchir la frontière Quileute avant qu'ils me rattrapent.
J'avais fait une tentative deux jours auparavant, un soir, avant l'arrivée d'Edward. Sans même comprendre ce qui m'arrivait je m'étais retrouvée face à son air courroucé alors que ma main tentait vainement de mettre en route ma voiture. Aucun son n'en sortait et pour cause il s'était assuré qu'elle ne démarrerait pas.
Edward tolérait que je fréquente Seth. De toute façon il lui fallait se rendre à l'évidence je côtoyais les loups depuis longtemps sans que jamais aucun d'eux ne perde le contrôle. Par contre quand j'avais une fois évoqué le fait d'aller leur parler directement pour éclaircir la situation il me l'avait formellement interdit. Il m'expliqua que c'était à sa famille de régler ça. Aller à la réserve pour leur expliquer mon amitié avec son clan était pour lui le meilleur moyen de les mettre hors d'eux.
Mais il ne fallait pas se leurrer, jamais les loups n'accepteraient cet état de fait si je ne leur donnais pas ma version. Ils devaient connaître mon choix.
Je poussais ma Chevrolet à ses limites, priant pour que le moteur ne lâche pas. Je ralenti une fois passée la pancarte qui indiquait l'entrée dans la réserve. Je me sentais comme une gamine ravie de ne pas s'être fait surprendre.
Je déchantais vite quand me garant en face de la maison d'Emilie et Sam, je vis la bande de molosses les bras croisés me toisant. Seul Seth affichait une mine avenante. Mais le pire fut la tête de Leah, un rictus de haine tordant ses traits, j'avais l'impression d'être devant le pendant brun de Rosalie Cullen.
Je me vissais au regard de mon presque demi-frère pour oser sortir de la voiture.
- Salut, contente que vous soyez là je voulais vous parler…
- Salut Bella ! lança joyeusement Seth avant de se recroqueviller sous le regard irrité des autres.
- Comment oses-tu te pointer ici ? siffla Leah.
- Ils ne sont même pas foutu de venir nous affronter ! Ils se servent d'elle comme bouclier ! cracha Paul.
Sam leva les mains pour apaiser ses troupes et prit la parole.
- Nous t'écoutons Bella.
Je me tordais les mains d'angoisse devant leur animosité. Edward avait peut-être raison, j'avais tord d'être ici. Je croisais alors le regard de Jacob, tous ses traits étaient semblables à ceux des autres mais je pouvais distinguer autre chose dans ses prunelles, quelque chose qui ne m'était pas hostile. Je décidais d'y voir les vestiges de notre amitié perdue et m'y accrochais pour parler.
- Comme vous le savez les Cullen sont de retour à Forks…
- Comment ne pas le savoir ! me coupa Sam.
S'il continuait à être aussi peu coopératif ma mission allait se solder par un échec. Je changeais alors de tactique.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins alors ! Même si ça ne vous regarde pas sachez que je suis très proche de la famille Cullen ! Je passe du temps avec eux, chez eux, chez moi et partout ou nous le souhaitons ! Et rien ne changera ça ! Comme vous ils veillent à ma sécurité et celle de Charlie. Même si c'est difficile pour vous de l'entendre vous avez un ennemi commun !
- J'ai un seul ennemi c'est les sangsues ! éructa Paul.
- Paul, ça suffit ! réagit une nouvelle fois Sam.
J'avalais ma salive difficilement devant l'imposant indien aux traits menaçants qui venait de faire un pas vers moi me surplombant de toute sa hauteur. Quand je vis que les bras qui le retenaient, étaient ceux de Jacob, je repris le fil de mon monologue.
- J'aimerais plus que tout, au nom de l'amitié qui me lie à certains d'entre vous, que si Victoria la femme aux cheveux rouges revient, vous ne vous trompiez pas d'adversaire ! Je ne veux pas qu'elle vous atteigne, les Cullen sauront se battre à vos côtés si nécessaire. D'ici là je souhaite être libre de mes mouvements et de mes fréquentations sans tomber nez à nez avec un d'entre vous à chaque virage.
- C'est n'importe quoi ! cracha Leah.
Je la vis alors s'éloigner et disparaître dans la forêt.
- Je vous remercie pour votre protection depuis des mois, j'espère que vous accepterez encore de me rendre ce service si besoin…
- Tu es sure que c'est ce que tu veux Bella ? me demanda Sam.
- Oui, répondis-je du ton le plus assuré que je pouvais émettre.
- Dans ce cas c'est ton choix et nous tacherons de le respecter du moment que les Cullen respectent le traité. Mais sache que nous ne voyons pas cela d'un bon œil, c'est contre nature !
- Pas plus que mon amitié avec vous !
- Quoi ? Elle nous compare à ces buveurs de sang ? cria Paul en s'agitant.
- Stop ! Peu importe ! Si tu as besoin nous te défendrons encore, c'est la vocation de la meute. Et tant que le clan Cullen ne nous met pas des bâtons dans les roues nous nous battront à leurs côtés contre cette sangsue !
Je savais que la parole de Sam contraignait tous les autres quelque soit leur opinion.
- Merci, soupirais-je soulagée.
- Au lieu de nous remercier tu devrais réfléchir et revenir à la raison. Pense à ton père !
- Ne mêle pas Charlie à ça !
- Comme tu voudras ! Estime toi heureuse, tu as eu ce que tu venais chercher tu peux aller dire aux Cullen que nous leur laissons le champ libre ! Mais essaye de faire attention à toi !
- Merci Sam, merci à vous tous.
Je fis lentement demi-tour, ils n'avaient pas changé de position depuis le début. J'avais beau être courageuse je n'étais pas téméraire et je savais que cette discussion atteignait les limites de l'acceptable pour eux. Il ne fallait pas que j'aille plus loin.
Je jetais un dernier coup d'œil à Jacob, une tristesse profonde avait gagné ses traits. Il ne réagissait plus mais je savais qu'il était sous la coupe de Sam.
Seul Seth se fendait d'un sourire jusqu'aux oreilles me rappelant que tout ça n'était pas vain et aller simplifier la vie de toutes les parties.
Je remontais dans ma voiture encore raidie par la force que j'avais du déployer pour tous leur tenir tête. Je démarrais et une fois sur la route principale, mon corps se détendit secoué de frissons dus au trop plein d'émotions.
Mais je n'étais pas au bout de mes peines. J'eu tout juste franchi la frontière que je perçu un scintillement dans mon rétroviseur. Une Volvo grise aux vitres teintées qui me cachaient son conducteur roulait à quelques millimètres de mon pare-choc.
Alice avait dû l'avertir dès que j'avais pris ma décision. Il avait été rapide.
Je ne me sentais pas en état de l'affronter pour le moment. Je pris la direction du centre ville et me garais devant le seul restaurant qui offrait une terrasse. Avec le beau temps, plusieurs tables étaient occupées. Je m'installais à celle qui me paru la plus ensoleillée et commandais un café. La Volvo était garée de l'autre côté de la rue. Comprenant mes intentions il finit par couper son moteur.
Je détestais lui faire ça mais il fallait que je reprenne mes forces et mes esprits avant de subir son courroux. Je sortis mon Ipod de mon sac et positionnais les écouteurs dans mes oreilles tentant de faire le vide autour de moi.
Au bout d'une demi-heure je quittais à regret ma table sous les regards du serveur qui attendait que je la libère. Je repris la route avec la Volvo aux trousses. Je roulais le plus lentement possible jusque chez moi. Je savais que c'était stupide car il devait bouillir derrière moi mais à la réflexion son attitude me paraissait un peu excessive.
Je me garais et fit le tour de la maison me postant au milieu de la pelouse baignée par le soleil.
J'avais entendu sa voiture passer dans la rue. Il ne pouvait pas se permettre de sortir devant tout le monde. Il allait se garer plus loin au bord de la forêt pour me rejoindre. J'eu à peine terminé ma réflexion que j'entendis un grognement venir des bois devant moi.
Je sentis une pointe d'agacement en moi devant sa surprotection et restais immobile le défiant du regard bien que je ne pouvais le distinguer dans l'ombre des arbres. Toute rébellion disparut de moi au moment ou j'entendis une plainte étouffée.
J'eu honte de ce que je lui infligeais consciemment. Je devais le rejoindre sinon il aurait été capable de le faire lui même quitte à s'exposer aux yeux curieux de mes voisins.
J'entrais alors dans la pénombre à l'abri des regards. Il n'était nulle part.
- Edward ?
Un gémissement sourd me parvint des hauteurs. Je levais les yeux pour le trouver recroquevillé sur une branche, les poings fermés, le visage parcouru de vagues d'émotions.
- Edward, veux-tu descendre s'il te plait !
D'un bon invisible à ma vue d'humaine il fut devant moi. Je pouvais maintenant voir qu'il oscillait entre colère et tristesse.
- Je suis revenue. Tout va bien. Je me suis expliquée avec Sam une bonne fois pour toute et je suis satisfaite, ils ne sont pas ravis mais me laissent vous fréquenter sans plus intervenir. Et si Victoria attaque vous pourrez compter sur eux pour garder leurs rancœurs le temps de l'achever !
Ses traits était toujours changeants, crispés.
- Tu peux te détendre maintenant ! Il fallait que je le fasse, et il n'y avait que moi qui pouvais l'accomplir.
Il desserra à peine les dents contenant encore son émoi pour murmurer.
- Tu avais disparu Bella…
- Qu'est ce que tu racontes ?
Il se pinça l'arrête du nez fixant le sol.
- Alice. Elle t'a vu partir, puis plus rien ! Elle t'avait perdue ! Trou noir total jusqu'à ce que tu ressortes de la réserve. Je venais de rentrer quand c'est arrivé. Je me suis précipité à la frontière, j'ai failli la franchir Bella ! J'ai cru mourir d'angoisse !
Je fus submergée par sa peur, sa peur de me perdre, d'autant plus que j'en connaissais que trop bien la force dévastatrice. Je tendis une main et la posais sur son bras.
- Pardonne-moi, je ne voulais pas t'inquiéter mais il fallait que je le fasse et tu ne m'as pas laissé le choix des méthodes…
- J'ai été stupide, je devrais savoir que quand tu as quelque chose en tête tu n'en démords pas !
- Mais j'ai fait ça pour le bien de tous ! La situation devenait intenable et ça se serait finit un jour ou l'autre en affrontement !
- Tu as raison… Merci de ton courage… Mais s'il te plait préviens moi la prochaine fois, si c'est légitime et indispensable pour toi je te laisserais faire.
Il m'attira à lui, me serrant dans ses bras puissants, se perdant comme à son habitude dans mes cheveux. Je me détendis à mon tour épuisée par les combats que j'avais dû mener aujourd'hui.
- Et s'il te plait Bella, ne me fait plus ça, ne me nargue plus. C'est insupportable de te voir mais de te savoir toujours hors de portée… Ça fait trop mal…
- Désolée, sur le coup j'avoue avoir été un peu agacée par ton attitude et j'ai bêtement voulu te faire mariner un peu… Je ne savais pas que tu t'étais autant inquiété, je pensais que tu étais juste en colère.
- Je ne serais jamais en colère contre toi, Bella !
- Jamais dire jamais, je peux être une vraie peste quand j'ai décidé quelque chose !
- Mais ça me fait t'aimer encore plus.
Le silence se fit autour de nous. J'étais toujours impressionné de son effet sur la faune. Elle savait qu'il était un prédateur et instinctivement elle fuyait loin et longtemps malgré son camouflage presqu'humain. J'étais la seule stupide créature à avoir l'effet inverse, celui d'être irrésistiblement attirée alors que j'étais la proie de prédilection de son espèce.
Je repensais à ses paroles et quelque chose m'intrigua, je relevais la tête vers son visage.
- Pourquoi Alice ne me voyait-elle plus ?
- Nous pensons que les loups bloquent son pouvoir… Nous l'avions déjà constaté lorsqu'elle surveillait Laurent et Victoria. Dès qu'ils arrivaient à Forks, ils disparaissaient pendant de longues minutes et elle les retrouvait à des kilomètres de là. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle n'a pas vu ton attaque par Victoria…Quand tu es avec Seth c'est le même effet, et aujourd'hui n'en n'est que la confirmation.
- Donc elle me surveillait pendant tout ce temps…
- Pas toi directement, mais Victoria, même si parfois j'ai cédé au besoin de m'assurer que tu allais bien…
- En tout cas tu sauras maintenant que si elle ne me voit plus c'est que je suis en sureté avec la meute !
- Si tu peux éviter à l'avenir je préfèrerais, me chuchota-t-il dans l'oreille.
La fraicheur de son haleine me fit frissonner.
- Je vais faire de mon mieux ! Mais fais moi un peu confiance s'il te plait !
- Ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance… Je te promets d'être moins… protecteur à l'avenir.
- Merci ! Bon il faut que j'aille préparer le diner, Charlie doit m'attendre, on se voit tout à l'heure !
Je partis après avoir planté un baiser sur ses lèvres, rassurée par le sourire tendre qui éclairait son visage.
Le reste de la semaine s'écoula sans que mon escapade revienne au goût du jour.
Le samedi de l'anniversaire d'Esmée arriva enfin. J'appréhendais de me retrouver au milieu de toute la famille Cullen mais je me raccrochais à l'accueil chaleureux des parents d'Edward lors de ma première visite à la villa ainsi qu'à l'amitié promise par Alice. Et dans tout les cas celui qui m'importait le plus serait à mes côtés.
Il fallait que je me change les idées pour tenir jusqu'au soir. Je décidais de me rendre à la bibliothèque de Port Angeles. Ça faisait trop longtemps que je n'avais pas travaillé mes cours.
Je profitais d'être en ville pour faire encadrer la photo panoramique en noir et blanc de Seattle qu'Angela m'avait fait parvenir. J'espérais que ce cadeau personnalisé et unique toucherait Esmée. Le peu que j'avais retenu de ma visite rapide de leur villa me laissait penser qu'elle lui trouverait une place. De toute façon que pouvait-on offrir avec mes faibles économies à un vampire qui pouvait tout avoir ?
De retour à la maison en fin d'après-midi, j'avais trouvé Charlie devant la télé. Quand je lui avais annoncé que j'étais invitée à l'anniversaire de la mère d'Edward, j'avais senti son soulagement de me voir lui laisser le champ libre à nouveau.
Il en avait profité pour inviter Billy Black à regarder un match à la maison et ce dernier venait avec le repas afin que je n'aie rien à leur préparer.
J'étais montée rapidement prendre une douche. Edward devait passer me prendre à 19h30. Il n'avait pas voulu que je vienne par moi même prétextant que ma cheville était encore faible mais je soupçonnais sa galanterie héritée de son ancienne vie qui prenait le dessus et l'empêchait de me laisser venir seule.
L'eau chaude de la douche me délassa mais j'étais presque en sueur après m'être battue contre les nœuds de mes cheveux.
Lors de son invitation, Alice m'avait sommée de venir en tenue de soirée. Vu les regards qu'elle m'avait lancé je comprenais qu'elle avait des doutes sur mes capacités à m'habiller correctement. J'avais dû lutter pour qu'elle ne vienne pas chez moi m'aider, je la soupçonnais de vouloir jouer à la Barbie avec moi.
Heureusement, même si mes vêtements de tous les jours n'avaient pas beaucoup changé depuis le lycée et que mon activité de guide ne me permettait pas le port quotidien de talons aiguilles, j'avais quelques secrets insoupçonnés d'Alice dans ma garde robe.
Je pouvais remercier Angela pour ça. Me remémorant notre dernière conversation, je saisis la robe que j'avais portée à son mariage. Elle me l'avait offerte contre la promesse de la reporter dès que l'occasion se présenterait.
J'étais bien décidée à en mettre plein la vue d'Alice afin de lui prouver qu'elle se trompait sur mon compte. Mais en y réfléchissant bien, ce n'était pas elle que je voulais impressionner le plus …
Après trois quarts d'heure de lutte j'obtenais des cheveux lisses que j'attachais en une queue de cheval haute. Je savais que ça dégageait mon visage et ma nuque. Je m'attaquais au maquillage, léger, soulignant mes yeux de noir.
J'enfilais ma robe puis mes sandales à talons, priant pour que ma cheville tienne le coup. Retrouver ces engins de torture me ramena à l'époque du mariage d'Angela et à tout le chemin parcouru depuis. Malgré tout, jamais je n'aurais voulu être ailleurs au jour d'aujourd'hui, chaque épreuve traversée avait été un pas de plus vers Edward...
Je finis de nouer les lanières et me relevais en me disant que mon équilibre précaire serait une très bonne excuse pour abuser de son aide. Je finissais juste de mettre mes papiers dans ma pochette quand la sonnette retentie. Je me précipitais hors de ma chambre criant à Charlie que j'allais ouvrir.
Je descendais l'escalier précautionneusement. En passant dans la cuisine je vis qu'il n'était que 19h00 ça ne pouvais pas être lui. Une onde de déception me parcouru. J'étais bête, c'était surement Billy.
J'ouvrais la porte pour le découvrir dans son fauteuil. Par contre je ne m'étais absolument pas préparée à la personne qui se tenait derrière lui. Je restais coite, Jacob et moi nous dévisageant avec incrédulité quand la voix de Billy nous rappela à la réalité :
- Bonjour Bella, tu comptes nous laisser rentrer ou c'est smoking obligatoire pour manger des pizzas et regarder un match chez les Swan ?
- Bonjour Billy, excusez moi, entrez, je sors ce soir, dis-je en désignant ma tenue. Et je ne pense pas que Charlie ait fait beaucoup d'effort de ce côté là pour votre venue !
- Aucun respect pour les vieux amis ! En tout cas tu es superbe, ça tombe bien j'ai réussi à trainer Jacob avec moi, vous allez pouvoir discuter un peu les jeunes avant que tu partes.
J'étais coincée. Je ne me souvenais plus de la dernière fois où Jacob et moi nous étions réellement trouvés seul à seul. Je ne l'avais pas croisé depuis ma « mission » à la Push et je devinais que sa présence ce soir n'était pas innocente.
Il voulait sans doute des explications. Pas celles que j'avais données à la meute, mais la vérité celle que l'on confie à un proche.
Je n'avais aucune idée de ce que j'étais capable ou non de lui dire. Mais quels que soient mes propos ils n'auraient pas un effet positif sur lui. J'allais vers de longues minutes éprouvantes. Je me rassurais en me disant que Charlie et Billy étant là, il devrait rester discret. Par contre, il me fallait absolument éviter qu'il croise Edward.
Je repris mes esprits. Je devais être ferme et sure de moi pour que Jacob garde son calme. Je les précédais dans le salon.
- Papa ? Billy est arrivé et tu vas être ravi c'est pizzas bières ce soir !
Charlie quitta l'écran et se retourna vers son ami, une lueur de plaisir dans les yeux.
- Salut Billy, bienvenus à toi et tes pizzas !
- Salut Charlie !
Charlie leva alors les yeux sur moi, émettant un sifflement admiratif. Puis il resta pétrifié à me regarder. Je commençais à m'inquiéter sérieusement quand il reprit la parole.
- Non de dieu Bella ! Tu es magnifique ! Tu vas faire tourner les têtes. N'oublie pas ton spray au poivre !
Ah ! Mon père toujours le mot pour vous ramener à la réalité. Je remarquais qu'en l'espace de quelques minutes j'avais réussi à faire abstraction de ma tenue et à m'y sentir aussi à l'aise que dans mes éternels jeans. Je remerciais intérieurement Angela de m'avoir obligé à porter des vêtements de filles régulièrement.
- T'inquiète papa là ou je vais ce soir je ne crains rien, c'est un anniversaire en famille. Au plus j'aurais besoin d'un extincteur pour éteindre le feu quand j'aurais renversé les bougies et le gâteau mais je te promets d'être sage !
« Au pire je servirais de repas à une famille de vampires en manque de sang humain depuis quelques décennies. »
Je partais en riant vers la cuisine.
- Très drôle et pourtant tellement proche de la vérité, dit Charlie dans mon dos.
Il ne croyait pas si bien dire !
Je passais devant Jacob qui n'avait pas bougé de l'entrée du salon depuis tout à l'heure, l'air subjugué, la bouche entrouverte.
Depuis la cuisine j'entendais la conversation entre Billy et Charlie et je sentis une légère crispation en les écoutant.
- Et pour qui Bella s'est-elle faite aussi belle ce soir ? demanda Billy.
- Oh, elle a repris contact avec la famille Cullen. Apparemment ils se sont réinstallés il y a quelques mois à Forks. Bella est invitée à l'anniversaire de Mme Cullen.
Charlie baissa la voix.
- Je crois qu'elle sort plus ou moins avec leur plus jeune fils avec qui elle a été en classe avant leur départ pour Los Angeles.
Le silence qui suivi fut pesant.
- Qu'est ce qui t'arrive t'es blanc comme un linge on dirait que je viens de t'annoncer qu'un ouragan avait détruit la Push ?
J'entendis un bruit que j'interprétais comme une claque de Charlie dans le dos de son ami. Billy repris enfin la parole.
- Charlie, on ne va pas se disputer mais mon avis sur ces Cullen n'a pas changé et laisser Bella se rendre chez eux et les fréquenter est une erreur !
- Ecoute, je n'ai jamais compris ce que tu avais à leur reprocher mais Bella les aime beaucoup, elle a retrouvé une joie de vivre que je ne lui avais pas vu depuis longtemps. Elle est adulte et intelligente et après tout ce qu'elle a fait pour moi il est hors de question que je ne la laisse pas vivre sa vie ! La conversation est close et si tu y tiens toujours on a toujours un match à regarder… entre amis !
- Ok comme tu veux, abandonna Billy.
J'étais épatée par la tirade de mon père, j'appréciai qu'il me défende même si c'était malhonnête vis à vis de lui car il ne connaissait pas tous les éléments de l'histoire. Je doutais que son discours eu été le même s'il avait connu la réelle nature de mes hôtes de ce soir…
J'étais plongée dans mes pensées quand j'entendis la porte de la cuisine claquer derrière moi. Je sursautais et je me retournais pour apercevoir Jacob tremblant de rage me bouchant la sortie.
- Ce n'est pas possible ? Tu ne sors pas avec l'un d'eux ? C'est une plaisanterie de très mauvais goût ! m'assena-t-il d'une voix rauque assez basse pour que personne ne distingue ses propos depuis le salon.
Apparemment, la conversation de nos paternels n'avait pas eu d'effets que sur moi. Au moins on entrait directement dans le vif du sujet
- Ce n'est pas tes affaires ! répondis-je d'une voix sourde.
- Ce n'est pas mes affaires ? Non mais tu rigoles ! Avec tout… Tout ce qu'on a traversé ensemble !
- Ma notion d'ensemble diffère de la tienne et non ce n'est définitivement pas tes oignons ! Je fais ce que je veux de ma vie !
Ses tremblements s'accentuèrent et ses yeux s'agrandirent.
- Alors c'est vrai ! Ça explique tout… Seth… les ordres de Sam pour me garder à la réserve… ton plaidoyer démentiel pour eux l'autre jour… Oh, et je suis sûr en plus que c'est le putain de télépathe, celui avec qui je t'ai trouvé deux fois à trainer en montagne !
Il prit sa tête entre ses mains et ses épaules s'affaissèrent.
- Arrête Jack, c'est inutile ! Tu n'y es pour rien, pas plus que lui ou moi, c'est comme ça. Rien n'est calculé. Fais toi une raison s'il te plait !
- Mais… Mais comment peux-tu te contenter de ça ? Il ne peut même pas te toucher sans te briser !
Il releva la tête me scrutant, ses yeux écarquillés par l'horreur qui l'envahissait.
- Non… Bella… non ! Ne me dis pas qu'il pose ses sales mains gelées de sangsues sur toi ! C'est abject ! Comment supportes-tu ça ? Et surtout ne va pas me dire qu'il t'embrasse !
- Tu ne sais rien de lui ! Et qui es-tu pour juger de ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire ?
- Et c'est quoi le plan Bella ? Devenir vieille et ridée auprès de ton cadavre ambulant en vous regardant dans le blanc des yeux jusqu'à ton dernier souffle ? Tu vas te priver de vivre pour lui ?
- Ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! De toute façon il y a plein de solutions !
- Pardon ?
- Ça ne te regarde pas !
- …
- …
- C'est insensé ! Tu veux devenir une des leurs ? C'est ça ?
- C'est une possibilité !
- Je t'en empêcherais ! Ce serait contraire au traité ! Tu serais morte et nous devrions tous vous massacrer !
- Nous ne ferons pas ça devant vos yeux alors !
Nous nous défiions de regard. Tout à coup Jacob lâcha et son regard se fit triste et suppliant.
- Bella… Tout mais pas ça, je t'en supplie…
- Je n'ai rien fait Jack, laisse moi vivre ma vie.
- Bella… je suis désolé de t'avoir abandonnée. Je suis prêt à tout pour me faire pardonner et encore plus pour te retrouver. Je t'aime Bella et comme un imbécile je réalise seulement maintenant que je ne peux pas me passer de toi. Je pourrais t'offrir tellement plus que lui…
Jacob chuchotais à présent. Cependant la rage avait changé de camp. J'avais réussi à rester calme et ferme depuis le début de notre échange, mais ces derniers mots étaient ceux de trop.
- Tu es qui Jacob pour me balancer ça maintenant ? Tu veux réellement le savoir ? Hein ? Toi qui te crois au dessus des autres, qui pense savoir ce qui est mieux pour tout le monde !
J'avançais vers lui le pointant du doigt. Incapable de canaliser la colère en moi.
- Et bien je vais tout te dire ! Tu es celui qui m'a abandonnée ! Celui qui m'a fait souffrir à un moment donné bien révolu. Mais tu es surtout celui qui aurait dû être mon ami, qui aurait dû me soutenir dans toutes les épreuves. Mais au lieu de ça la seule chose que tu fais inlassablement est de te pointer devant moi et de me balancer tes grands principes dans la figure. Et là qu'est ce que tu fais de tes grands principes justement ? Je croyais que tu étais dangereux toi aussi ? C'est trop facile de revenir et de me dire tout ça quand tu te sens menacé. J'ai mis du temps à le comprendre et à l'accepter mais tu es un ami Jacob, uniquement… Mais je ne peux pas avoir un ami qui me juge ! Si tu veux au moins préserver cette place à mes côtés il va te falloir faire des efforts ! J'ai besoin d'avoir confiance en toi !
Les mots se déversaient de ma bouche apportant la clarté dans mon esprit. Je comprenais enfin ce qu'était réellement Jacob pour moi. Je saisissais la raison pour laquelle j'avais tellement eu de mal à lui pardonner sa fuite et son absence, pour quoi dans des moments comme mon explication avec la meute je me raccrochais malgré tout à lui. Comme si au fond de moi cette amitié était évidente et vitale. Tout était maintenant si distinct pour moi, comme les pièces d'un puzzle enfin assemblées.
Ma diatribe n'avait pas eu que le don de m'éclaircir les idées. Il semblait que lui aussi réalisait la nature de mes sentiments pour lui. Il était crispé, les poings serrés, son regard était toujours rempli de tristesse mais il paraissait se résigner.
- Bella pardonne moi, je ferais tout pour mériter ton amitié, si tu savais comme je m'en veux…
La sonnette l'interrompit. Je levais le regard vers l'horloge 19h30 pile, sa ponctualité m'étonnait peu. La tension qui s'était accumulée dans mon corps depuis quelques minutes me quitta. Un petit sourire se dessina sur mes lèvres en même temps que mon cœur se mettait à battre la chamade dans ma poitrine. Je ne l'avais pas encore vu que déjà tout mon corps réagissait.
Je me retournais vers Jacob.
- J'y vais… Et s'il te plait, à l'avenir je ne souhaite plus avoir ce genre d'échange avec toi. Laisse moi du temps, je suis trop en colère contre toi pour le moment mais plus tard nous essayerons de redevenir ami Jacob, j'en ai besoin…
- Je… D'accord, je ne te cache pas que ça ne va pas être facile, mais si c'est le seul moyen de rester proche de toi je ferrais tout mon possible…
- Merci…
Je ne voyais pas quoi dire d'autre. Nous devions en rester là, pour ne pas nous dire des mots que nous regretterions tous les deux. Je le contournais et sortais de la cuisine.
- Salut Papa, Billy, bonne soirée ! J'y vais !
Emportant avec moi le grand cadre entouré de papier cadeau, je sortais de la maison suivie par Jacob. J'étais soulagée de ne pas trouver Edward derrière la porte. Je ne le voyais pas mais j'aperçue devant moi une voiture inconnue qui aurait pu sortir tout droit d'un film de James Bond.
Je jetais un dernier regard à Jacob. Il s'était arrêté sur le porche et me suivait des yeux les bras croisé sur sa poitrine. Ça n'allait pas être facile mais mon instinct me disait que nous trouverions notre forme d'amitié. Un jour quelque chose nous relierait dans ce monde plus vaste que le commun des mortels pouvait l'imaginer.
Je me retournais pour voir Edward contourner la voiture et m'ouvrir la portière passager. Il fixait Jacob d'un regard noir, presque animal. Je me doutais qu'il avait entendu au moins la fin de notre conversation.
Il finit par détourner les yeux, et quand ils croisèrent les miens ses traits s'adoucirent, l'or envahi ses prunelles et un sourire étira ses lèvres. J'oubliais alors Jacob et la colère qu'il avait déclenchée en moi. J'admirais l'apollon qui se dressait devant moi.
Edward était époustouflant dans un costume noir cintré, chemise blanche et cravate fine et noire. Ses cheveux cuivrés en bataille étaient une invitation pour mes mains. J'aurais pu contempler ses traits parfaits pendants des heures. Je le vis alors lever un sourcil en signe d'interrogation et compris que je m'étais figée dans ma contemplation. Il devait s'étonner que je ne le rejoigne pas.
Je décidais de ne pas attendre une seconde de plus. Je me dirigeais d'un pas décidé vers lui.
POV Edward
Dès que j'approchais de la maison des Swan, je sentis la trace fraiche d'un loup qui n'était pas Seth dont j'avais intégré l'odeur depuis que j'étais un invité régulier de Bella.
Mon instinct me disait de faire demi-tour. Je n'avais plus flairé la meute autour de la maison depuis l'expédition de Bella. J'avais cru mourir d'angoisse ce jour là mais je devais au moins lui reconnaître l'efficacité de son action. Cette petite humaine sans défense nous avait tous défié, nous imposant sa vision des choses, nous fédérant autour d'un ennemi commun. Sans elle un affrontement aurait fini par être inévitable.
Le traitement qu'elle m'avait fait subir ce jour là m'avait remis à ma place plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Elle n'avait pas cédé face à ma colère, elle m'avait résisté jusqu'à ce que je me jette à ses genoux, vaincu.
J'avais alors compris que je ne pouvais pas me comporter ainsi car elle se rebellerait, c'était dans sa nature. Et je ne voulais pas qu'il y ait de lutte entre nous. Je devais la traiter en égal, par delà nos différence, et l'aider à accomplir ce qu'elle estimait juste, même si cela me paraissait insensé.
Ce soir ma présence à ses côtés était légitime et je savais qu'elle ne laisserait pas les loups s'interposer. Je me garais et écoutais les sons me provenant de la maison.
Une télé diffusait un match de football. Les pensées toujours confuses et étranges de Charlie me parvenaient. Il pensait au match bien sûr mais aussi à sa fille devenue une femme. J'entraperçue alors brièvement une élégante jeune femme que je fini par reconnaître comme Bella dans une tenue que je ne lui connaissais pas. Pour une raison obscure, il paraissait également contrarié par son ami Billy Black qui regardait la télé à ses côtés.
Les pensées de ce dernier étaient beaucoup plus claires. Le match le captivait peu, il s'inquiétait pour Bella, il pensait à ma famille et à l'implication de notre retour à Forks, au danger qu'elle courrait à nous fréquenter, à l'échec de ses mises en garde auprès de Charlie, il craignait que les plus agressifs de la meute se mettent en danger par témérité. Une action du match et les cris de Charlie le sortirent de sa méditation et il se focalisa sur l'écran.
Une porte claqua et j'entendis alors la conversation houleuse dans la cuisine entre Bella et celui que j'identifiais comme Jacob Black. L'odeur pestilentielle de loup s'expliquait donc.
Jacob était furieux, il luttait pour ne pas se transformer. Il semblait avoir acquis une certaine maitrise mais je m'apprêtais à intervenir. Il était tellement en rage que je distinguais à peine Bella en face de lui.
Le ton autoritaire et sans appel avec lequel elle lui répondait m'arrêta dans mon élan. Elle n'avait pas peur. A chaque fois qu'elle parlait, Jacob se maitrisait un peu plus.
La joute orale se poursuivit. Jacob était prêt à utiliser tous les arguments pour la convaincre. Chacun d'eux était un coup de poignard pour moi. C'était tellement vrai, il ne pouvait y avoir d'opposition à ce qu'il avançait.
Et pourtant elle ne cédait pas d'un pouce. La raison n'avait pas lieu d'être. Ce qu'elle éprouvait pour moi allait au delà. Si loin qu'elle ne réfuta pas l'idée de devenir une des nôtres.
Ma réaction à ce moment là fut proche de celle de Jacob. Je voulais tout faire pour empêcher ça, je voulais préserver l'âme de Bella. Encore une fois elle lui fit comprendre que c'était sa vie, son choix.
Alors il céda face à elle. Intérieurement il était à terre, défait. Dans un dernier soubresaut il joua sa dernière carte. Sa colère disparut, il se consumait devant la superbe jeune femme qui lui tenait tête, il se détestait d'avoir dû la quitter au moment de sa transformation, de ne pas pouvoir la fréquenter depuis. Il voulait la récupérer.
J'aurais pu le trouver pitoyable, mais je vis la sincérité de ce qu'il chuchota avec difficulté. Il se mettait à nu, il laissait tomber toutes ses barrières, quitte à ne pas se relever après.
- Bella… je suis désolé de t'avoir abandonnée. Je suis prêt à tout pour me faire pardonner et encore plus pour te retrouver. Je t'aime Bella et comme un imbécile je réalise seulement maintenant que je ne peux pas me passer de toi. Je pourrais t'offrir tellement plus que lui…
Les images de leur passé commun se bousculaient dans sa tête rendant l'attente de la réponse de Bella encore plus dure pour moi. Le voir poser ses mains sur elle, me rendait dingue. Je me mis à trembler de rage à mon tour ou devrais je plutôt avouer de jalousie. Sans sa transformation, serait-elle encore avec lui à l'heure qu'il est ? Je m'en voulais encore plus d'être parti.
Ce qui se passa alors fut une surprise pour lui comme pour moi. Elle était hors d'elle, s'avançant menaçante vers lui. Sa réponse fut sans équivoque et le ton de sa voix se fit plus sûr à chaque mot qu'elle prononçait. Comme si elle réalisait elle aussi que de sa bouche sortait la vérité, la seule chose envisageable et possible.
J'étais partagé, d'un côté la joie de son refus de l'amour de Jacob. Ça me déchirait de l'admettre mais il pouvait lui offrir tellement plus que moi. Et d'un autre côté je compris qu'elle ne pouvait pas pour autant se passer de lui. Il faisait parti de sa vie, il était son ami…
Comme moi il abdiqua. Il serait son ami, même si cela voulait dire lutter contre ses sentiments pour elle et sa haine envers nous. Il tenterait tout pour rester proche d'elle. Et au fond de lui je vis l'espoir, la lueur qui le ferait attendre pour qu'un jour elle comprenne et revienne vers lui.
Et moi, moi qui avais vécu cet échange autant mentalement que physiquement, j'acceptais. Si elle en avait besoin, qui étais-je moi le vampire pour la priver d'un ami combien même il était également un danger pour elle et mon ennemi ? Par contre Jacob pourrait compter sur mon adversité pour ne jamais laisser la lueur d'espoir en lui grandir. Tant que Bella m'aimerait je resterais à ses côtés.
Je relâchais mon poing laissant couler la poussière dans laquelle j'avais réduit une des manettes de réglage de mon siège.
Je décidais alors qu'il était temps de mettre fin à leur conversation en sonnant à la porte. Après tout il était 19h30 et la ponctualité était une des principales qualités d'un gentleman.
Jacob regarda Bella et la transformation fut radicale, tout son corps se détendit et il vit un petit sourire se dessiner sur ses lèvres. J'entendais son cœur, dont j'aurais pu reconnaître la musique entre mille se mettre à battre la chamade. Elle se doutait que c'était moi et je ne la laissai pas indifférente.
Je savais que j'avais là dessus une longueur d'avance sur lui. Je décidais donc d'être le plus intelligent des deux. Je devinais que Bella n'apprécierait pas que nous nous comportions comme des gamins devant le même jouet. Je retournais m'installer dans ma voiture pour l'attendre.
J'entendis la fin de la conversation de Bella et Jacob, puis elle salua son père et Billy
Elle sortit de la maison le loup sur les talons. Je la vis marquer un temps d'arrêt en découvrant le véhicule garé devant chez elle. Elle se retourna une dernière fois vers l'Indien. Je décidais alors de sortir pour lui ouvrir la porte.
Malgré ses promesses, la rage obscurcissait les pensées de Jacob. Nos regards se croisèrent. Un défi sourd régnait entre nous. Ses pensées devenaient insultantes et insupportables.
Des flashs désordonnés de moments intimes entre eux se pressaient dans sa tête. J'aurais donné n'importe quoi pour les bloquer. Il fallait que je résiste je m'étais promis d'être le plus mûr de nous deux. Dans un lieu éloigné et sans témoins je me serais fait un plaisir de faire manger sa laisse à ce bâtard avant de lui arracher la tête mais ce n'était pas le moment.
Je me tournais alors vers ma seule échappatoire, Bella, je croisais son regard inquiet sans doute de me voir fixer ainsi son ami. La voir me fit oublier tout le reste, je me sentis fondre, si mon cœur n'avait pas été de pierre il aurait explosé dans ma poitrine.
Bella vu par mes propres yeux était éblouissante de beauté. La couleur bleu nuit de sa robe mettait en valeur son teint de porcelaine. Je retournais vers son visage et la vis figée la bouche entrouverte. Je m'étonnais, quelque chose ne lui plaisait-il pas chez moi ?
Enfin, un immense sourire s'afficha sur son visage et elle se dirigea vers moi d'un pas décidé. Sa robe épousait son buste parfaitement tout en étant vaporeuse à partir de la taille. Ses longues jambes étaient mises en valeur par les escarpins. Son visage était subtilement maquillé, ses yeux soulignés par un contour noir. Ses cheveux lissés et retenus en queue de cheval ondulaient d'une épaule à l'autre au gré de ses pas. Je rêvais que ma main suive son trajet sur sa peau dénudée.
Finalement je ne valais pas mieux que Jacob. Cette fille, sans même s'en douter aurait fait tourner la tête de n'importe quel homme. J'essayais de stopper mes pensées et le désir qui montait en moi quand je la vis s'arrêter et me fixer avec son petit sourire mutin
- Bonsoir mademoiselle, ma voix était rauque par mes dernières pensées.
- Bonsoir monsieur.
- Si mademoiselle veux bien se donner la peine de monter à bord de mon humble véhicule.
Je la déchargeais de son paquet cadeau pour le glisser à l'arrière et lui tendis la main. Elle la prit en rigolant et s'engouffra dans la voiture, soulevant au passage une bouffée de ses effluves de fraises et de frésia. A l'instant elle aurait pu tout me demander je serais mort pour elle.
Je refermais la porte et regagnais mon côté, avant de monter je jetais un dernier coup d'œil à Jacob qui n'avait pas quitté le porche, les bras croisé sur sa poitrine. Le regard qu'il me lançait s'accordait avec ses pensées. C'était une mise en garde si nous touchions le moindre cheveu de Bella.
Je ne pus retenir un sourire quand j'en perçue une autre, fugace. Il ne m'enviait pas seulement Bella, mais également le bolide que je m'apprêtais à redémarrer. Il se retenait d'afficher son admiration pour ne pas me faire ce plaisir. J'en tirais une satisfaction malsaine, fier de l'étalage de ma supériorité.
Je secouais la tête, Bella méritait mieux qu'un combat entre deux mâles paradant pour elle. Je me détournais alors de lui pour m'installer derrière le volant.
- Ton ami n'a pas l'air très heureux de te laisser partir, lançais-je à Bella.
- Oh, répondit-elle gênée. Disons que nous ne sommes pas très amis en ce moment et que nos opinions divergent sur certains sujets. Il ne devait pas être là ce soir et nous nous sommes disputés mais nous avons mis les choses au point. C'est sans importance maintenant et je préférerais parler d'autre chose si ça ne te dérange pas.
- Aucun problème, je ne voulais pas t'embarrasser…
- Tu ne m'embarrasse pas c'est juste que c'est compliqué avec lui en ce moment…
Elle plongea dans ses pensées. Puisqu'elle me l'avait demandé et que je ne voulais pas qu'elle pense à Jacob Black une minute de plus je décidais de détourner la conversation.
- Je ne te l'ai pas encore dit mais tu es divine ce soir. Tu l'es toujours mais cette tenue te va à ravir, elle met en valeur ta beauté naturelle.
- Merci, dit elle dans un souffle.
Elle baissa les yeux et ses cheveux attachés ne cachant plus ses joues, j'eu le plaisir de la voir rougir.
- Alice, va être épatée ! Enfin une nouvelle amie pour ses virées shopping !
- Euh, non ne l'encourage pas s'il te plait. Je veux bien faire des efforts de temps en temps mais je n'ai pas encore totalement basculé du côté obscur !
- Ne t'inquiètes pas je te protégerais contre ma diabolique sœur ! Tiens, en attendant je t'ai amené quelque chose…
Je me penchais entre les deux sièges du véhicule. Ce simple mouvement me permis de respirer son parfum si tentant, j'aperçu un veine qui battait dans son cou gracile complètement dégagé de cheveux. Se rendait-elle compte à quel point elle était attirante ?
Mais contrairement à ce que l'on aurait pu croire je n'avais qu'une envie c'était de le parcourir de baiser alors que j'aurais pu y planter mes dents si facilement. Elle rougit encore plus quand je lui tendis le bouquet.
- Merci elles sont superbes, j'adore les frésias.
Elle se pencha et embrassa délicatement ma joue. Son parfum, ses lèvres charnues et chaudes étaient de vraies pousses au crime.
- Elles me rappellent ton parfum, c'est pour ça que je les aie choisies.
Je démarrais prenant la direction de la villa. Le ronronnement du moteur, gonflé par Rosalie, eu raison de Jacob, ses bras tombèrent ballants le long de son corps et sa mâchoire se décrocha. Pour une fois il avait des pensées saines, sa seule envie était d'ouvrir le capot de ma voiture pour se délecter des trésors qu'elle cachait.
- Ou est ta Volvo ?
- A la maison. Je me suis dit que c'était une assez grande occasion pour sortir celle-ci…
- Eh ben, je n'y connais rien mais même moi je peux dire qu'elle est somptueuse. Je suppose que c'est une pièce rare ?
- Une Aston Martin V12 Vanquish, mon pécher mignon je dois l'avouer.
- De toute façon je crois qu'aucun modèle ne pourrait égaler la beauté du conducteur ce soir !
- Et de sa passagère !
Encore une fois je n'avais pu contrôler mon allure même si je savais que ça effrayait Bella. De toute façon dans cette voiture ça aurait été un crime de respecter les limitations de vitesse. Nous étions déjà devant la villa dont l'entrée était éclairée de lampions œuvre d'Alice.
Elle me fit un faible sourire et se tourna vers sa portière pour sortir. Il allait falloir que je sois plus attentif si je voulais qu'elle me laisse la traiter avec galanterie. Dans le quart de seconde qui suivit, je lui tendais la main pour l'aider à sortir.
Tous nous attendaient dans le salon. L'anniversaire d'Esmée n'était qu'un prétexte pour introduire Bella dans la famille. J'espérais qu'elle ne s'en rende pas compte car elle aurait été gênée. Une fois à l'intérieur, quand je vis la décoration mis en place par Alice et que je perçu l'odeur de nourriture humaine je compris qu'ils jouaient tous le jeu.
- Bonsoir Bella ! A ce que je peux voir ta cheville va beaucoup mieux, dit mon père d'une voix chaleureuse en s'approchant de nous.
- Bonsoir Carlisle, effectivement grâce à vous et à Edward, répondit-elle en m'adressant un sourire interrogatif.
Je lui rendis son sourire en y mettant tout l'encouragement possible. Je savais que ce qu'elle faisait en ce moment était une épreuve pour elle qui détestait être le centre de l'attention.
- Bella, bienvenue chez nous ! Je suis si heureuse que tu es accepté de venir.
Esmée s'élança vers elle et l'enlaça affectueusement.
- Merci à vous Esmée de m'avoir invitée. Je vous souhaite un très bon anniversaire. Ce n'est pas grand chose mais j'ai tenu à participer à ma façon.
Bella me pris le paquet que je portais pour elle et le tendit à Esmée.
- Oh, il ne fallait pas !
Ma mère baissa la voix.
- Ne te formalise pas mais avec Alice tout doit se dérouler dans l'ordre et l'heure des cadeaux a lieu avec celui des bougies et du gâteau. Je vais le poser là bas mais j'ai déjà hâte de l'ouvrir, dit-elle d'un ton complice.
Elle eu à peine terminé qu'une tornade se jeta dans les bras de Bella, l'arrachant à mon bras passé dans son dos.
- Bella ! Oh mon dieu ! Je n'aurais jamais cru ! Tu es parfaite ! J'aurais à peine fait mieux !
Si elle n'avait pas été un vampire j'aurais craint que ma sœur hyper ventile. Je jetais un coup d'œil à Bella persuadé qu'elle allait me demander de quitter ce lieu de folie dans la minute. Mais elle avait un regard amusé et fier suite à la réaction de ma sœur. Elle avait apparemment fait un point d'honneur de lui en mettre plein la vue.
- Salut Alice, heureuse que tu apprécies mes efforts ! Tu es magnifique de ton côté, comme vous tous d'ailleurs.
Alice secoua la main comme on chasse une mouche.
- Aucun mérite… Que des fringues griffées… Même une mocheté aurait pu s'en sortir avec…Mais toi, toi tu m'épates, j'avoue !
Elle tournait à présent autour de ma compagne la détaillant sous toutes les coutures.
- Ça suffit maintenant Alice ! Laisse là respirer, la pressais-je.
- Ok, ok, mais pour une fois que quelque chose m'étonne laissa moi au moins apprécier !
Elle recula quand même laissant place à Jasper qui salua Bella gardant ses mains dans son dos. Il était concentré sur ses sensations. Sa présence chez nous n'était pas anodine pour lui, elle ne faisait que raviver son combat quotidien contre ses vieux démons. Il vit alors que son attitude la mettait mal à l'aise et envoya une vague de détente dans la pièce.
Bella me sourit, elle avait compris la manœuvre de Jasper. Décidément elle s'acclimatait facilement à nous et nos étranges comportements.
« C'est mon tour ! C'est mon tour ! Lequel va me frapper en premier si je la soulève dans mes bras et la fait tourner un peu ! Rose ou Eddie ? Allez qui n'essaye rien n'a rien ! »
Je n'eu pas le temps de prévenir Bella, que déjà Emmett l'avais attrapé. Il tourna plusieurs fois sur lui même avant de la reposer chancelante à terre.
- Bella ! Trop content d'enfin passer une soirée avec celle qui fait grimper Eddie au rideau !
Les joues de Bella étaient roses, témoins de son embarras. Mais avant même que j'intervienne pour sermonner mon frère elle répliqua.
- Emmett, tout le plaisir est pour moi !
Son ton se fit confident.
- Par contre les rideaux sont une image bien faible pour décrire ce que je partage avec ton frère ! N'oublie pas qu'il est un vampire et que je suis humaine, tu n'imagines pas les possibilités que ça nous offre… soupira-t-elle en prenant l'air le plus coquin possible.
Je me retenais de rire devant l'arrêt sur image du cerveau de mon frère. Lui qui s'attendait à chambrer la petite humaine rougissante toute la soirée en était pour ses frais. Par contre je savais que les effets secondaires seraient fâcheux pour moi car elle avait piqué sa curiosité au plus haut point.
Rosalie décida d'intervenir assenant la claque attendue derrière la tête de son mari. Il ne réagit même pas, encore abasourdi par les paroles de Bella.
- Laisse la respirer Emmett ! Bella, la salua-t-elle. Pardonne le, il ne sait pas se tenir. Je te souhaite une bonne soirée à Vampireland !
Par réflexe devant l'hostilité affichée de ma sœur, Bella s'était collée à moi.
- Rose, grinçais-je entre mes dents.
« Tu veux quand même pas que je joue la comédie de la joie de la rencontre comme les autres ? Je suis là c'est déjà pas mal ! Ne m'en demande pas trop ! »
- Essaye au moins ! Tiens au fait il faudra que tu regardes l'Aston.
- Qu'est ce que tu as encore fait à ce bijou ?
- Rien de bien méchant, j'ai juste voulu régler mon siège un peu trop fort !
- Ne me dis pas que tu lui a fait le coup de la panne entre chez elle et ici ? s'esclaffa Emmett.
La pause était déjà terminée.
- Emmett ! Stop ! Tu joueras plus tard, c'est l'anniversaire d'Esmée ! Asseyez-vous, il faut que tu dégustes le repas que nous t'avons commandé. Tu aimes les plats italiens ?
Sans attendre sa réponse, Alice me pris Bella des bras et l'entraina à sa suite.
La soirée se déroula sans encombre, tous furent charmants avec Bella, même Rosalie tenta de cacher sa désapprobation. Esmée nous couvait des yeux. Alice avait prévu de la nourriture humaine pour 15 personnes, mais Bella mangea de bon cœur on aurait presque pu croire qu'elle ne s'était pas nourrie pendant des jours.
Ceux qui le souhaitaient firent plus ample connaissance avec Bella, elle répondait à leurs questions de bon cœur et hésitait à peine avant de poser les siennes. Jamais elle ne montra de curiosité déplacée et chacun lui confia une partie de son histoire.
Elle s'était parfaitement adaptée. Toute son attitude corporelle montrait qu'elle était à l'aise. De loin personne n'aurait pu deviner qu'elle se trouvait au milieu de vampires qui consciemment ou non ne pouvais retenir à la surface de leur esprit une pensée pour son odeur plus qu'alléchante.
Sous les yeux ébahie de Bella, Esmée souffla d'un coup une centaine de bougies. Je trouvais cette farce humaine stupide. Mais la mine réjouie d'Alice qui échangeait des confidences avec une Bella aux anges mit de la vie dans le tableau de notre étrange comédie. Bella dégusta une part du gâteau pendant qu'Esmée découvrait ses cadeaux.
Je vis alors la nervosité gagner ma compagne au fur et à mesure de l'étalage luxueux de nos présents. Elle se tordait les mains quand Esmée se saisit enfin de son paquet.
Je la serrais un peu plus contre moi pour l'apaiser. J'eu le plaisir de la sentir se détendre un peu mais ce ne fut rien en comparaison du soulagement qui l'envahi quand elle découvrit le sourire admiratif de ma mère.
Cette dernière retira l'emballage et contempla la photo avec une émotion non feinte. Quand elle leva les yeux vers Bella je savais que si elle ne pouvait en monter la manifestation physique, intérieurement elle pleurait, elle était profondément touchée de l'attention de Bella. Elle l'enlaça.
- Oh ma chérie, elle est splendide ! La personne qui a pris cette photo est une artiste !
- C'est une amie.
Je pouvais entendre que Bella était ravie de l'effet de son cadeau sur ma mère.
- Et bien tu la féliciteras de ma part et tu me diras la prochaine fois qu'elle expose !
- Je n'y manquerais pas.
- Si ce n'est pas trop te demander Edward, j'aimerai une dernière faveur pour que ce jour si particulier soit parfait.
- Je t'en prie Esmée, je n'allais pas y manquer. Je tiens à te remercier de m'avoir définitivement ouvert les yeux.
« Je l'adore Edward, elle est merveilleuse, belle, pleine d'humour, intelligente, ouverte d'esprit, tu ne pouvais mieux tomber. Je suis si heureuse pour toi. Son amour est si vrai, sans artifice, si sincèrement profond, profite de ta chance, ne la gâche pas »
- J'ai retenu la leçon, compte sur moi. Je suis le plus chanceux des…vampires, murmurais-je assez bas pour ne pas que Bella m'entende.
Le reste de ma famille ne réagit pas à cette phrase à sens unique trop habitués aux conversations particulières que nous avions régulièrement.
Je me levais et m'installais au piano pour jouer quelques morceaux qui je le savais combleraient Esmée. Bella me contemplait la bouche entrouverte. D'un signe de la main je l'invitais à me rejoindre sur le banc du piano et une fois que je sentis sa chaleur près de moi j'entamais sa berceuse. Je ne l'avais jamais aussi bien jouée…
J'exprimais par mes doigts qui volaient sur les touches du piano tous mes sentiments pour elle, d'autant plus facilement qu'ils étaient connus d'elle mais également de ma famille, les seuls êtres au monde desquels j'étais proche. La dernière note retentie et personne n'émis un son. Je gardais la tête baissée captant les pensées de ma famille
« C'est merveilleux Edward ! Elle te fait tellement de bien ! Merci, merci pour tout » s'écria la première Esmée.
« C'est clair il est mordu ! » ricana Emmett.
« Ils sont trop classe habillés comme ça. Il ne faut pas gâcher ça ! Je suis sure qu'elle n'a pas trente six robes comme celle là dans son placard ! Elle va être obligée d'aller faire du shopping avec moi ! » pensa Alice en se tapant les mains intérieurement.
« Incroyable, ce qu'ils dégagent quand ils se touchent, c'est d'une puissance peu commune » réfléchissait Jasper.
« Je ne sais pas ce qui est le plus pathétique son grand numéro de séduction du pianiste torturé ou la mine attendrie des autres dès qu'il fait un geste vers elle ! » persifla Rosalie.
A ce moment j'aurais voulu entendre une seule pensée, mais je voulais être seul pour ça.
Carlisle eu la finesse de deviner mon besoin et brisa le silence en proposant à tous ceux qui le souhaitaient d'aller chasser pour clore cette belle soirée. Bien que la manœuvre fût peu discrète ils le suivirent tous nous laissant seuls dans la villa.
J'étais toujours prostré au dessus du clavier quand une tête s'appuya sur mon épaule.
- Ce morceau était si beau, comment s'appelle-t-il ?
- Il n'a pas de nom, je l'ai composé en pensant à toi…
- Oh… Merci…
Elle releva la tête et embrassa ma joue. Je me tournais vers elle, tout à coup gêné de me retrouver seul avec elle ne sachant ce qu'elle souhaitait.
- Qu'aimerais-tu faire à présent ?
- Si ça ne te dérange pas j'adorerais revoir ta chambre, je l'ai à peine aperçue l'autre jour et ce serait un juste retour des choses vu que la mienne n'a plus de secret pour toi !
- Suis-moi !
Je lui tendis la main et la conduisis à l'étage. Comme la dernière fois elle pénétra lentement dans la pièce comme dans un sanctuaire laissant ses doigts se balader sur les objets disséminés partout. Elle s'arrêta devant ma chaine et l'alluma.
- Qu'est ce que tu écoutes ?
La musique s'éleva autour de nous.
- C'est Debussy, du classique…
- Je connais grâce à Renée et sa période piano… Clair de lune… C'est mon morceau préféré…
Ne résistant pas à son sourire je la rejoignis et l'invitais à danser. Elle se serra contre moi et me laissa mener. J'avais une main dans la sienne et l'autre dans son dos. Ses doigts sur ma nuque, s'enfonçaient petit à petit dans mes cheveux.
Ne freinant plus le geste qui me démangeait depuis que je l'avais découverte devant chez elle, je remontais lentement jusqu'à ses épaules dénudées là ou ses cheveux attachés retombaient.
Je parcourais sa peau, je la sentis pencher la tête de côté m'offrant son cou délicat. Je répondis à son invitation en y déposant un long baiser. Elle soupira. M'enivrant de son arôme, je traçais un chemin avec mes lèvres de son épaule en remontant jusqu'au coin de sa bouche puis me dirigeais vers le centre de celle ci jusqu'à ce qu'elle soit soudée à la mienne.
Tous ses doigts plongèrent entièrement dans mes cheveux en même temps que sa langue douce et chaude vint caresser mes lèvres, décuplant mes sensations. La rapprochant encore plus de moi, je plaçais mon autre main dans le creux de son dos n'osant descendre plus bas.
Je savais que ce baiser était différent de ceux que nous avions partagés jusque là. Je savais que je me dirigeais vers l'inconnu. Je craignais tellement de mal faire. J'étais intimidé par son expérience. Tout semblait si facile, si naturel pour elle.
Pourtant tout mon être la réclamait. Je ne faisais rien pour retenir ma respiration, allant même jusqu'à prendre de grandes bouffées de son parfum qui m'entourait complètement. Ma gorge était en feu, bien que je me sois nourri l'après-midi même. Mais ce n'était pas la soif, juste une manifestation supplémentaire de mon désir tel que l'exprimait mon corps de vampire.
Sans interrompre notre baiser elle me dirigea vers mon canapé et m'y poussa se mettant à califourchon au dessus de mes jambes. Je ne résistais pas. Elle se rapprocha encore plus de moi me dominant par sa position. Si elle ne l'avait pas senti jusque là elle ne pouvait maintenant plus avoir de doutes sur la réaction de mon corps aux traitements qu'elle me prodiguait.
Si elle continuait comme ça j'allais devenir fou. J'arrêtais notre baiser.
- Bella, je…
- Chut, tout ira bien, chuchotât-elle en posant un doigt sur mes lèvres.
Puis elle replongea sur ma bouche. Mes mains étaient maintenant sur ses chevilles. Elle saisit l'une d'elle et m'incita à remonter le long de ses jambes. Je la laissais alors glisser sur son mollet, je n'avais jamais fait quelque chose d'aussi sensuel.
Je m'arrêtais en sentant le bas de sa robe mais sa main revint une nouvelle fois m'invitant à continuer. Je passais alors mes doigts sous le tissu vaporeux, je tremblais presque tellement cela me semblait être inconvenant.
Au moment où je sentis le bord de son sous vêtement, elle ouvrit ma chemise. Je n'avais même pas remarqué qu'elle en avait défait les boutons un à un après avoir ôter ma cravate.
Elle s'arrêta alors de m'embrasser se reculant pour m'observer d'un air songeur. Puis ses mains dessinèrent chaque contour des muscles de mon torse. J'avais l'impression de m'embraser, j'allais exploser.
Incontrôlables mes doigts se glissèrent sous la dentelle de sa culotte déclenchant un gémissement de sa part qui me fit perdre toute contenance. D'un geste rapide je nous retournais pour que nous soyons allongés sur le canapé.
Je la contemplais sous moi. Elle était curieuse de ce que j'allais faire. Sans réfléchir, je la soulevais légèrement pour descendre la fermeture de sa robe. Elle se laissa faire. Je dégageais alors son buste pour découvrir sa poitrine enserrée dans un soutien-gorge noir sans bretelle. La main tremblante je caressais le tissu embrassant la peau découverte.
- Oh Edward…gémit-elle.
Elle m'affolait, il fallait qu'elle se taise. Je pris d'assaut sa bouche malgré ses protestations. Elle en profita pour ôter complètement ma chemise et parcouru mon dos de ses mains brulantes. Puis elle les retira et s'arqua sous moi.
Il était trop tard quand je sentis le tissu glisser entre nous et sa poitrine chaude et ronde se coller contre mon torse. Cette fois c'était moi qui gémis. Je ne pus m'empêcher de placer une main sur un de ses seins. Je pouvais sentir sa respiration haletante contre moi.
J'entrais alors en transe, comme quand j'étais en chasse, prenant le dessus sur toutes pensées raisonnables, tous mes sens étaient en éveil.
Sa fragrance incendiait chaque parcelle de ma gorge. Les battements frénétiques de son cœur me rappelaient l'or rouge qui pulsait dans la moindre petite artériole que je distinguais sous son épiderme. Le grain velouté de sa peau sous mes doigts était la matière la plus délectable sur laquelle ils s'étaient posés jusque là. Mes yeux étaient à jamais perdus dans la profondeur de son regard chocolat. Son goût sucré sur ma langue était les prémices de la saveur de son sang si je laissais mes crocs acérés s'enfoncer dans la chaire tendre de son cou.
Elle était si belle, si désirable, je sombrais, consumé de désir. Sentant mes dernières résistances déserter, elle défit habillement la fermeture de mon pantalon et glissa une main à l'intérieur de mon boxer. Ce contact fut le geste de trop.
Le venin empli ma bouche et tout se mélangea en moi le vampire végétarien qui lutait chaque jour contre sa véritable nature, le monstre sanguinaire tapis au plus profond de mon être, les vestiges de l'humain que j'avais été se laissant emporter par ses émotions et ses sensations…
Je me raccrochais alors à la dernière étincelle de discernement dans mon cerveau évitant ainsi de me faire dominer entièrement par mon instinct avec tout ce que cela impliquerait pour Bella, pour sa vie.
D'un bond je me soulevais et me collais contre le mur derrière moi, bloquant ma respiration, fermant mes yeux n'osant plus bouger un muscle de peur de perdre totalement le contrôle. Je tentais de me couper d'elle pour avoir une chance de retrouver mes esprits.
Plus rapidement que je ne l'aurais imaginé le feu s'estompa dans ma gorge, ma bouche s'assécha et ma pensée fut à nouveau limpide et réfléchie. Je me hasardais alors à ouvrir les yeux. Il ne s'était passé que quelques secondes depuis que je m'étais reculé.
Je croisais son regard et ce que j'y vis m'horrifia me faisant prendre l'ampleur de mon geste. La surprise laissa rapidement place à un mélange de honte, de tristesse et de douleur. Les larmes envahirent ses grands yeux et tout son corps se mit à trembler.
D'un geste brusque elle remonta sa robe et se releva. Sans même m'accorder un regard elle parti, je l'entendais dévaler l'escalier secouée de sanglots.
Comment pouvais-je être un tel imbécile ? Au moment où elle m'offrait son corps alors qu'elle aurait dû me fuir je la laissai là, seule et sans explications. Je savais qu'elle n'avait vu qu'un abandon dans mon geste et que j'avais une nouvelle fois réveillé toutes ses peurs.
Je devais agir, je ne pouvais pas rester là immobile. Je débloquais alors mes narines, ses effluves saturaient la pièce sans doute renforcées par les mécanismes hormonaux déclenchés par son désir. Mon corps ne réagit pas me prouvant que j'avais retrouvé ma maitrise chèrement acquise. Je m'élançais à sa poursuite.
Elle était déjà dehors courant vers l'allée quand je la rejoignis quelques secondes plus tard. Je me plaçais devant elle les deux mains en l'air pour la retenir. Elle arrêta sa course.
- Bella…
- Laisse-moi passer ! me cracha-t-elle en essayant de me contourner pour reprendre sa fuite.
Je la laissais repartir mais la suivi.
- Bella, je t'en supplie, laisse moi t'expliquer…
Elle ne se retourna pas, ne s'arrêta pas.
- Pardonne moi je t'en prie, je ne voulais pas te laisser seule, je n'avais pas l'intention de t'abandonner. C'est juste que c'était trop pour moi… Je n'ai jamais connu ça… jamais… Tu me fais tellement d'effet, ton corps me procure de telles sensations, j'étais comme possédé… J'ai failli perdre le contrôle… te blesser…
Cette fois elle s'arrêta. J'étais derrière elle. Sa voix brisée par les pleurs s'éleva devant moi.
- J'ai déjà vécu ça pour les mêmes raisons, ça m'avait fait mal… mais là venant de toi c'est plus que ce que je peux supporter… Tu n'aurais pas du aller si loin… Pas pour me laisser après… pas toi…
Ses sanglots reprirent de plus belle et elle se laissa tomber à genoux se recroquevillant sur elle même.
Je pouvais sentir sa souffrance. Je ne savais pas comment lui expliquer que je ne pouvais pas aller trop vite mais que je tenais à elle plus que tout et que je voulais rester à ses côtés. Je laissais alors sortir les mots de ma bouche instinctivement, je lui livrais le fond de mon âme.
- Je t'aime…
J'étais tombé à mon tour sur mes genoux ma main tendue vers elle. Mais je n'osais pas la toucher. Elle se retourna lentement. Je m'affaissais un peu plus, voir son visage était comme un coup de poing en pleine poitrine. D'autant que j'étais responsable de son état. Je baissais la tête et continuais mon monologue.
- Bella, mon cœur mort pourrait exploser, j'ai presque l'impression qu'il va battre à nouveau à chaque fois que je te vois. Tu ne peux pas imaginer le bonheur dans lequel je nage depuis que je t'ai retrouvée et d'autant plus quand tu m'as dit que tu m'acceptais tel que je suis… Bella je rêve à chaque moment de pouvoir te faire l'amour… Mais je suis un vampire, je n'ai jamais connu ça, je n'ai jamais touché une femme comme je t'ai touchée ce soir… Et tu es humaine, si vulnérable… C'est vrai j'ai peur de perdre le contrôle mais j'ai aussi peur de mal faire, je ne sais pas Bella… Laisse-moi le temps, laisse-moi apprendre je t'en supplie, ne me rejette pas pour mon erreur de ce soir…
Elle vint alors se lover contre mon torse encore nu. C'était comme si cette place avait été faite pour elle. Instinctivement mes bras vinrent l'entourer. Ses tremblements se calmèrent, je n'entendais plus ses sanglots. Sa voix douce s'éleva.
- Tu ne vas pas me rejeter parce que tu as peur de me faire mal sans même savoir ce que j'en pense, sans même me laisser le choix ?
- Je te le promets, même si ça me paraît horriblement égoïste j'ai trop souffert de partir loin de toi, je veux te sentir toujours contre moi, je ferrais tout pour contrôler ma nature afin de rester à tes côtés aussi longtemps que tu le désireras.
Elle caressa mon visage et plongea son regard dans le mien.
- Tu n'es pas égoïste, ne dis plus jamais ça ! J'aspire autant que toi à être à tes côtés. Je te désire tellement mais ça va au delà du sexe, je peux attendre, tu as le droit de ne pas être prêt. Je ne me rends pas compte à quel point je te demande un énorme effort de contrôle pour être à mes côtés. Mais j'ai eu tellement peur que tu me laisses comme les autres. Venant de toi je ne l'aurais pas supporté... Ce que je ressens pour toi Edward, je ne l'avais jamais ressenti pour personne. Et je veux que tu restes aussi longtemps que tu le pourras…
Je me penchais et embrassais délicatement ses lèvres.
- Je suis là, je t'aime…chuchotais-je en la serrant dans mes bras.
Nous restâmes comme ça quelques minutes. Puis je la sentis frissonner. Je m'aperçu qu'elle était peu couverte et que la froideur de ma peau ne devait pas la réchauffer.
- Viens, rentrons au chaud.
Je l'aidais à se relever et la pris dans mes bras. Je la déposais une fois devant mon pallier ne voulant pas la faire rentrer dans ma chambre contre sa volonté. Je tendis la main vers elle.
- J'aimerais te montrer quelque chose.
Elle prit ma main et me suivit. Je l'invitais alors à s'asseoir sur le plancher. Je soulevais la latte qui me servait de nouvelle cachette dans cette maison sous ses yeux curieux. J'en sortis la pochette de velours noir et la remis dans sa main.
- Ouvre-la.
Elle en retira précautionneusement sa photo abimée d'avoir été si souvent touchée. Elle leva des yeux surpris vers moi.
- C'est la photo de mon dossier du lycée ?
- Oui, j'avoue je l'ai volé avant que nous partions définitivement. Je ne pouvais m'empêcher de garder un souvenir de toi. C'est immature je sais mais elle ne m'a jamais quitté. Je l'ai caché uniquement pour me retenir de la contempler trop souvent. Je t'aime depuis que mes yeux ont croisés les tiens Bella, n'en doute jamais. Le plaisir que j'ai d'être avec toi surpasse largement tous mes instincts et même si parfois je recule c'est uniquement par prudence, avec le temps mon assurance augmentera même si tu me rends fou…
Cette fois encore ses larmes coulaient mais je savais que ce n'était pas de la tristesse.
- Je t'aime… Un jour je voudrais être comme toi pour rester à jamais à tes côtés.
Ses mots me terrorisaient mais je savais que je ne pouvais plus reculer ce soir. Je savais également que cette question finirait un jour ou l'autre par se poser. Les quelques visons que j'avais perçues chez ma sœur ne laissait aucun doute sur les choix de Bella. Mais je ne voulais pas penser à ça maintenant.
Je m'approchais d'elle en attrapant ma veste sur le canapé. Je lui en recouvrais les épaules et la pris dans mes bras. Embrassant de temps à autre le sommet de son crâne, l'arrête de son nez ou son front. Nous restâmes là un moment puis je la raccompagnais chez elle lui promettant de la rejoindre par la fenêtre une fois ma voiture ramenée à la villa.
Sa nuit fut paisible. La mienne fut perturbée par son téléphone posé sur sa table de nuit qui clignotait silencieusement. N'y tenant plus je le pris et regardais l'écran. Elle avait reçu plusieurs messages vocaux et SMS de Mike, Alex et Jacob. Le venin s'écoulait dans ma bouche au fur et à mesure qu'un sentiment de jalousie me parcourait. J'aurais voulu les étriper, je voulais être le seul pour elle, même si je savais qu'ils pouvaient bien plus lui offrir que moi.
Je me rassurais et me calmais en repensant à ses paroles pendant la soirée. Elle m'avait choisi…
Hum, hum… Alors ?
Ça va ? Vous n'avez pas trop de poils de loups coincés entre les dents ? Je me suis rattrapée à la fin ?
Dans le prochain épisode notre chère Alice a décidé d'ouvrir une association a but non lucratif nommée S V E … Je vous laisse deviner de quoi qu'il en retourne…
Pour devenir adhérent, c'est le bouton en bas !
PS : je risque de passer les trois prochaines semaines sans connexion Internet. Rassurez-vous pendant ce temps là je continue à écrire. Si je n'arrive pas à publier d'ici là (pas taper !), je vous retrouverai fin août avec la suite des aventures de nos amoureux. Merci de me suivre, je vous adore ! A très bientôt, Biz !
