Et voilà, je reviens de vacances, et je crois que je vais repartir aussi sec car c'est trop bien tout ce qui se passe quand je ne suis pas là…
D'abord grâce à vous toutes, j'ai dépassé la barre des 100 reviews (iew, iew !). MERCI ! Je vais pouvoir me la péter à mort maintenant dans les diners en ville… (Qui a dit : « petite joueuse moi j'en suis à plus de 500 » ? Qui ?)
Et en plus… Kristen a été prise la main dans le sac ! Ou plutôt dans une position compromettante, les deux mains dans les cheveux de Robert… Mmmmm…
Allez, on ravale son filet de bave et on s'y remet ! Ben oui, j'ai décidé d'adhérer à la Société Protectrice des Claviers d'Ordi Maltraités par les Lectrices Lémoniaquophiles, la SPCOMLL pour les connaisseuses. Presque un mois d'abstinence je vais bientôt avoir un pins, enfin si je ne fais pas une rechute ! Si tu veux je te parraine Death In Vegas ;-)
Pour commencer une petite confession : (sifflote l'air de rien)… j'avoue je n'ai quasiment rien écrit pendant mon absence… (Aïe ! Pas sur la tête ! Ça fait mal !). Ben quoi ? C'est fatiguant les vacances ! Les cigales qui chantent trop fort, les enfants qui se lèvent à des heures indécentes, les apéros, les apéros, les apéros…
Mais vous en avez de la chance… j'avais pris un peu d'avance. J'ai découpé ce nouveau chapitre en deux. Pourquoi ? Et bien parce qu'il est long, que je n'ai pas terminé la fin (vous ne vouliez quand même pas attendre une semaine de plus ?) et que je veux vérifier que vous êtes encore là ! Et oui je me la joue « Ça va Fanfiction ce soir ? »… « Je vous entends pas ! Ça va Fanfiction ce soir ? ». Donc va falloir hurler, trépigner pour avoir la suite !
Pour en revenir au dernier chapitre et pour les curieuses, SVE ou Sus à la Vertu d'Edward (oui je sais c'est pas drôle mais c'est une noble cause et rien que pour ça je vous demande un peu de respect !) , dont le slogan phare est « Ensemble mettons fin à la virginité d'Edward », est un mouvement fondé au chapitre 5 par Emmett Cullen son plus fervent défenseur, basé sur le volontariat dont Tanya Denali fut la pionnière, il a désormais une nouvelle porte parole en la personne d'Alice Cullen-Whitlock qui, se trouvant désœuvrée après les retrouvailles de son frère chéri avec Bella, met à présent toute son énergie et son temps dans cet unique mais non moins vital objectif. Grâce au nombre croissant d'adhérents et de volontaires (n'est ce pas Kit3180 ?), nous espérons qu'ensemble, d'ici quelques chapitres nous aurons atteint notre but. Merci à vous !
Je félicite toutes celles qui ont fait l'effort de se creuser les méninges (je sais ce n'est pas facile…). Bravo à Kit3180 et Fan2manga d'avoir trouvé la signification de la lettre E ! Par contre je remets le grand prix à Blue77 car même si tout ça n'a rien à voir avec la Société des Vampires Ebouriffés (j'ai l'impression qu'on parle souvent de moumoute non ?), tu m'as fait beaucoup rire !
Pour terminer un énorme bisou à Nannilye qui je l'espère est une heureuse maman à l'heure de ce post. C'est marrant il y a un an j'étais à ta place… En tout cas merci pour ta review et désolée d'être si cruelle avec toi !
Oui, je sais, je suis trop bavarde, mais vous m'avez manqué !
Encore et pour l'éternité les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.
A l'attaque ! Yaaaaahhh !
Chapitre 13 : Le plan (partie 1)
POV Bella
Aussi étrange que cela puisse paraître vu la nature de mon petit ami, mon quotidien était rentré dans une routine confortable dans laquelle je me laissais aller avec soulagement. Les moments difficiles que j'avais connus auparavant s'effaçaient petit à petit.
Edward me vouait un amour entier et exclusif. Sous son regard je me sentais unique. Ses déclarations, ses gestes, tout me portait à croire qu'il n'avait jamais aimé que moi et qu'il en serait ainsi pour l'éternité. Chaque jour il me prouvait que je pouvais avoir confiance en lui. Et j'avais envie de le croire. Je laissais tomber une à une mes barrières, m'abandonnant entièrement.
Je ne voulais pas imaginer la chute vertigineuse si jamais il partait à nouveau. Il était de toute façon trop tard, je ne pourrais pas me relever une nouvelle fois. J'étais sereine face à cette idée comme si chaque minute passée avec lui était un cadeau que m'accordait la vie. Dans ces moments là tout pouvait s'arrêter car j'étais à chaque fois persuadée de vivre le plus bel et inégalable instant de ma vie.
Mais j'étais loin d'être d'une humeur maussade et fataliste. Au contraire je me sentais légère, radieuse, épanouie… La mine étonnée de mon père chaque matin me prouvait à quel point j'avais changé en quelques semaines. J'aimais, de tout mon être, tellement fort que parfois ça me submergeait.
Je ne me lassais pas de ses bras, de mes nuits à ses côtés quand je ne l'obligeais pas à aller assurer ses gardes. De la même façon qu'il me laissait partir chaque matin de la semaine vers mon travail, je ne voulais pas qu'il abandonne ses activités pour moi. Au delà des vies qu'il sauvait, ça lui avait permis de tenir pendant ces trois ans loin de Forks.
La séparation était toujours douloureuse, mais l'espoir de le revoir à la tombée du jour me remplissait d'entrain. Ma vie s'était en fait inversée. Le crépuscule restait le moment le plus marquant de mes journées mais pas celui de l'angoisse, du manque. Au contraire je l'attendais avec impatience, après une longue journée loin de lui, il était devenu une délivrance, notre moment.
Charlie avait repris un travail administratif au bureau du Shérif et passait de plus en plus de soirées avec Sue. Pour ma part, en dehors de mon travail, je vivais dans un monde parallèle passant beaucoup de temps avec les Cullen. Il y avait des liens familiaux tellement forts entre eux que j'avais d'abord été surprise qu'ils m'incluent aussi rapidement parmi eux.
Carlisle et Esmée me couvaient des yeux comme si j'étais une de leurs enfants. Jasper restait toujours en retrait bien qu'il paraissait s'accoutumer à ma présence. Emmett ne pouvait cacher son enthousiasme d'avoir un nouveau cobaye dans la maison pour ses blagues ridicules. Je l'aimais beaucoup, il me rappelait Marc, il serait devenu ce type d'homme s'il avait poursuivi sa vie humaine.
Alice et moi étions devenues rapidement très complices comme elle me l'avait prédis. Je pouvais maintenant affirmer que nous étions amies. Nous nous complétions, son énergie débordante s'opposant à mon calme, son exubérance à ma timidité. Ce que j'aimais encore plus était que derrière cette boule d'énergie se cachait une jeune femme sincère, pleine d'amour pour ses proches, la main sur le cœur. Je savais qu'elle aurait tout fait pour le bonheur d'Edward et rien que pour ça je l'adorais.
Seule Rosalie, ne m'approchait pas, ne me parlait pas et me fusillait du regard dès que l'occasion se présentait. Edward m'avait dit de ne pas lui prêter attention, que ça allait passer. Mais il m'était difficile d'ignorer que pour des raisons obscures je gâchais la vie d'une personne en affichant ainsi mon bonheur.
Edward de son côté ne cédait pas d'un millimètre à mes envies. Depuis la soirée d'anniversaire d'Esmée, dès que j'allais un peu trop loin, il se dérobait. Au début je trouvais ça attendrissant mais maintenant je ne voyais pas comment le faire céder. Angela n'étant pas au courant de tous les éléments de mon équation ne me serait pas d'un grand secours.
Je m'étais donc résolue à accepter une virée shopping avec Alice à Port Angeles. Nous serions enfin seules loin de l'ouïe surdéveloppée des membres de sa famille et j'espérais pouvoir lui évoquer mes difficultés. Seulement avec ce que j'avais découvert depuis que je la connaissais je priais pour qu'elle reste discrète. Une petite voix intérieure me soufflait que j'allais me mordre les doigts de la laisser entrer dans mon cercle privé.
Mais après tout elle était mon amie, peut-être une sœur un jour… car il y avait un seul nuage noir dans mon esprit. Je savais que le temps viendrait de me décider, faire le choix de rejoindre Edward dans son éternité.
Trois ans nous séparaient déjà et je m'efforçais de ne pas y penser. Me raccrochant au fait que la nature m'avait attribué le genre de physique qui fait que l'on vous appelle encore mademoiselle à trente ans. Je ne pouvais pas non plus nier que l'âge réel de mon amoureux lui conférait une allure et un charisme qui n'étaient pas ceux d'un adolescent de 17 ans de notre époque.
Mais ce moment éphémère ne durerait pas et ne se rattraperait pas. Et puis inconsciemment ma décision était prise depuis longtemps, depuis qu'il m'avait confié ses sentiments.
Charlie était à un doigt de s'installer avec Sue, il serait donc heureux et en sécurité. Je savais ma mère épanouie auprès de Phil. Je ne laisserais donc pas de regrets derrière moi. Et si j'arrivais à me conformer au mode de vie des Cullen, je pourrais les revoir dans mes premières années avant que la jeunesse perpétuelle de mes traits ne les alerte.
Mais pour tout ça je devrais le convaincre… lui. Car je n'avais qu'un seul souhait, je voulais que ce soit son venin qui coule en moi et transforme chaque cellule mon corps pour l'éternité. Carlisle, Esmée, Alice et Jasper m'avaient confié leurs histoires, m'expliquant leurs transformations, la souffrance que cela engendrait. Je m'étais mise en tête que la douleur serait plus supportable si je savais qu'une part de l'homme que j'aimais se distillait en moi.
Me sortant de mes pensées, un moteur surpuissant rugit devant la maison suivi de deux coups d'avertisseur rageur. Ma torture allait commencer, Alice était là.
- J'y vais papa, tu embrasseras Sue de ma part !
- Salut Bella, je suis content que tu passes un peu de temps avec quelqu'un d'autre qu'avec ton bellâtre !
- Papa ! Tu préférais avant quand je me morfondais chaque jour ?
A son air affecté, je sus que mes paroles l'avaient blessé.
- Bien sûr que non ! Mais comprends que ce n'est pas tous les jours facile pour ton vieux père de voir sa fille grandir et se jeter dans les bras d'un homme !
- Papa, excuse-moi, je ne veux pas te brusquer, mais à mon âge il me semble normal d'avoir ce genre de relation et sache que je suis heureuse si c'est ce qui te préoccupe !
Je ponctuais mes paroles d'un baiser affectueux sur sa joue. Il me prit dans ses bras, chose qui lui arrivait rarement.
- Je t'aime Bella, tu es la plus merveilleuse fille qu'un père puisse espérer. Je te remercie pour tout ce que tu fais pour moi. Tu mérites plus que ta part de bonheur même si tu décides de le choisir définitivement et de le suivre. Tu me manqueras mais je sais que tu feras le bon choix.
Je me demandais jusqu'à quel point mon père était perspicace.
- Je t'aime papa…
Je pleurais à présent.
- Hé ! Ne pleure pas, jamais pour un homme, nous n'en valons pas le coup ! En tout cas il a de la chance ton Edward, j'espère qu'il s'en rend compte !
- Je crois oui, mais moi aussi j'ai de la chance de l'avoir rencontré, répondis-je en séchant mes larmes.
- C'est vrai que quand on vous regarde ensemble ou pourrait presque croire à toutes ces bêtises de Roméo et Juliette !
- Arrête, on dirait maman !
- C'est vrai, si je continue, mes poils de moustache vont tomber tout seul !
- Et que ferrait Charlie Swan sans sa moustache ! Bon j'y vais ! Alice m'attend et ce n'est pas la patiente qui la caractérise !
- Salue-la de ma part !
- Ok, A plus !
- Au moins celle là je l'aime bien, je n'ai pas l'impression qu'elle va dévorer ma fille à chaque fois qu'elle pose les yeux sur elle, l'entendis-je marmonner avant de sortir.
J'allais en souriant vers une voiture sportive de couleur jaune aux vitres teintées, qui ne pouvait être que celle d'Alice. Si seulement Charlie savait que j'avais autant de chance de me faire dévorer par elle que par son frère il aurait changé de vocabulaire !
Je m'engouffrais dans la voiture.
- Salut ! Jolie voiture !
- Eh bien il t'en faut du temps pour être prête ! C'est un cadeau de ton cher et tendre !
- Quoi ?
- La Porsche bien sûr !
- Et en quel honneur ?
- Oh, il avait de vieilles dettes à régler, quelques sauvetages périlleux et conseils avisés dont-il voulait me remercier. Et sachant que tout ça a aboutit à vos retrouvailles, il n'a pas lésiné !
- D'ailleurs je te remercie moi aussi, pour tout ce que tu as fait pour le maintenir en vie pendant trois ans…
- Ne soyons pas mélodramatique Bella ! C'est mauvais pour le teint et je donne assez chaque jour ou je croise ton chéri.
- En tout cas ne compte pas sur moi pour t'offrir ce genre de cadeau, c'est hors de mes moyens !
- T'inquiète, il vaut pour vous deux, et le fait que tu acceptes de faire du shopping avec moi est un cadeau en soit ! Alors comme ça il te faut une tenue pour la fête d'Angela et Ben ? Par la même occasion on fera quelques modifications à ta garde robe !
Le trajet fut agréable même si Alice avait le même défaut de conduite que son frère que je soupçonnais d'être une tare familiale, la vitesse.
Elle me parla d'elle, de son couple, de sa vie parmi les Cullen. Sa joie de vivre était communicative mais si on prenait en compte le fait qu'elle ne dormait pas, je comprenais Edward quand il disait que parfois elle était agaçante. Ils devaient tous remercier Jasper de l'occuper et de la calmer par moment.
Malgré les lamentations de mon amie sur le quasi insignifiant choix de boutiques dans cette ville, elle trouva son bonheur, ou plutôt mon bonheur. J'avais honte du nombre de sac que nous portions en rejoignant la voiture sachant que tous étaient pour moi et qu'à part vouloir sortir perdante d'une rixe avec un vampire devant une vendeuse effrayée, j'avais dû céder quand elle avait été catégorique sur le fait qu'elle payait tout.
- Alice, tu n'aurais pas dû, je n'ai pas besoin de tant de vêtements!
- Ça me fait plaisir ! Et crois moi tu aurais besoin de bien plus ! Mais chaque chose en son temps ! Ça fait plus de 50 ans que chaque jour j'habille toute la famille, ça me fait tellement de bien d'avoir une nouvelle tête !
- Un nouveau cobaye tu veux dire !
- Enfin ! Ne critique pas mon talent et considère toi comme un modèle pour moi. D'ailleurs je te félicite pour ta silhouette, tu es vraiment un bonheur pour moi !
- Appelle-moi Barbie !
- Et toi appelle-moi Dracula !
Elle me prit sous le bras et nous dirigea alors que nous rigolions encore dans un salon de beauté. Je compris trop tard qu'elle n'avait pas dit son dernier mot.
J'eu le droit à un masque et un rafraichissement de ma coupe de cheveux. Pas aussi enthousiaste qu'Alice qui poussait des cris stridents en battant des mains, je ne pouvais cependant pas ne pas avouer que le résultat était probant.
Ça faisait des lustres que mes cheveux n'avaient pas vu un coiffeur, ils étaient un peu plus courts et dégradés avec plus de reflets ce qui mettait mon visage en valeur. Le maquillage subtil magnifiait mon teint et mes yeux.
- Merci Alice, c'est parfait !
- Tu apprendras vite qu'il faut toujours m'écouter ! Il va adorer tu vas voir ! D'ailleurs je sais que tu veux me parler, donc allons te faire manger un truc dans un coin tranquille.
- Euh…
- Pas de non ne l'oublie pas ! De toute façon Ed me tuera si je ne respecte pas tes besoins humains et comme cette discussion doit avoir lieu, autant l'avoir tout de suite ça te permettra de gagner du temps !
Je la suivis sans un mot dans le restaurant Italien ou j'avais amené Edward après notre passage à l'hôpital de Sequim. Je savais qu'Alice avait vu notre future conversation, je n'avais aucun moyen d'y couper. Je me disais qu'au moins je n'aurais pas besoin de tourner autour du pot pour aborder le cœur du sujet. Je n'avais pas l'habitude d'avoir ce genre de discussion avec qui que ce soit. Mais Alice était mon amie et la mieux placée pour comprendre toutes les données de mon problème et m'aider à vaincre les réticences d'Edward.
Une fois que la serveuse eu déposé mon plat, et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne qui pouvait nous entendre, Alice se pencha vers moi comme un prédateur sur sa proie.
- Alors ?
Elle savait exactement ce que j'allais dire, mais je la soupçonnais de jubiler d'avoir enfin une conversation normale entre filles. Elle ne m'épargnerait rien ! Il faut dire qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'avoir ce genre de relation avec sa sœur, Rosalie et Emmett n'avaient jamais dû être confrontés à mon problème.
- Ce n'est pas facile pour moi, même avec ma mère j'évite ce genre de conversation !
- Encore heureux Bella ! Enfin ! On ne parle pas de ça avec sa mère ! On en parle avec sa meilleure amie !
- Ben oui, mais Angela ne connaît pas la véritable nature d'Edward, c'est donc impossible pour moi de lui confier mes soucis !
A sa mine renfrognée je sus j'avais touché ma cible ! Elle ne s'y était pas attendue à celle là ! Vu tous les avantages qu'elle avait et tout le plaisir qu'elle allait retirer de notre échange à mon détriment, je pouvais bien en profiter un peu moi aussi !
- Quand je parlais de meilleure amie, je pensais plutôt à moi…dit-elle, la mine boudeuse.
- Ohhh ! Excuse-moi, je t'ai vexée ?
- Non, je suis juste un peu déçue…
Ça y était, l'air triste que prit son visage allait me faire céder.
- Comprends juste que je connais Angela depuis plus longtemps et que c'est vraiment ma meilleure amie… humaine ! Mais toi Alice je n'ai pas de secret pour toi… tu es une autre sorte d'amie, presqu'une sœur…
- Oh, t'es mignonne… Mais on parlera de ça plus tard ! Revenons-en à nos moutons ? Explique-moi ton problème ! Et mange s'il te plait, plus ce truc refroidit plus l'odeur est insupportable, je ne sais même pas comment tu fais !
J'avalais une bouchée méditant sur l'entrée en matière de la discussion.
- Arrgh ! Ecoute Bella, j'ai de la patience mais elle a ses limites ! Si tu continues, j'invite Emmett à nous rejoindre ou encore mieux j'organise une réunion familiale pour qu'Edward et toi puissiez tout nous expliquer !
- Ok ! Ok ! Par ou commencer…
Elle grognait maintenant. Ça me permettait au moins de voir où était la ligne à ne pas franchir avec elle.
- Voilà, j'aime Edward comme vous avez tous pu le constater… Je n'ai jamais ressenti ça pour personne. Je peux dire que c'est mon âme sœur si on croit à ce genre de truc… Malgré toutes ses réticences dues à sa condition, je n'ai pas de doute sur mes sentiments, c'est lui que je veux uniquement lui…
- Allez vas-y !
- J'y arrive ! Pour l'instant tout va bien entre nous mais comme dans toute relation j'en suis arrivée à un point ou j'aimerais aller plus loin… J'ai viscéralement envie de lui, ça me ronge de l'intérieur. Mais pour lui ça semble impossible étant donné notre différence… Il s'esquive à chaque tentative d'approche et ça me rend dingue !
- Il te repousse pour te calmer et toi ça t'excite ! J'adore ! Et il ne cède pas petit à petit ?
La traitre elle faisait comme si elle n'était au courant de rien !
- Non, on a été une fois assez loin mais depuis, bien qu'il m'ait promis d'essayer, il ne se passe plus rien… Je crois que je vais me consumer intérieurement si ça continue !
- Imagine toi qu'il est dans le même état ! Je te raconte pas quand vous êtes là, Jasper n'arrive presque plus à se contrôler… soupira-t-elle en affichant un sourire concupiscent.
- Alice ! Ici la terre ! dis-je en secouant une main devant ses yeux rêveurs.
- Désolée, mais les années ont beau passer, entre Jazz et moi c'est toujours aussi intense… Je n'ose donc imaginer ce que tu vis ma pauvre, d'autant que mon chère frère est loin d'avoir un physique qui laisse indifférent…
- Effectivement…. Mais voilà je ne vois pas d'issue, enfin si, il y en a bien une… Que je le rejoigne… Qu'il me transforme… Mais s'il est déjà incapable d'avoir des rapports intimes avec moi je crois qu'il est à mille lieux de se poser cette question, quant à l'accepter…
- Rapports intimes… Comme c'est chaste, il commence à déteindre sur toi, non ?
- Tu veux que je dise quoi, rapport sexuel, baiser ?
- Hé ! T'énerve pas, faire l'amour c'est très bien !
- Peu importe ! De toute façon quand bien même il me transformerait, le peu que j'ai pu glaner auprès de vous tous sur la vie des jeunes vampires me laisse penser que je mettrais au moins une année avant de m'intéresser à autre chose qu'étancher ma soif, du moins si je ressens toujours les mêmes choses pour lui… C'est pour ça que j'aurais aimé que nous partagions ça maintenant, dans mon humanité avec tout ce qu'elle me procure d'émotions et de sensations…
- Ne te tracasse pas pour ça, ce que vous ressentez l'un pour l'autre est inébranlable, même la soif sans fin d'un nouveau nés n'en viendra pas à bout !
- Donc je n'ai plus qu'à me faire une raison, attendre qu'un jour il daigne m'accepter parmi les vôtres…
- Non, non ! Si tu m'as parlé de tout ça c'est pour que je t'aide non ?
- Disons plutôt que tu m'as fait te parler de tout ça ! Et ça ne t'agace pas de faire semblant de ne pas connaître l'issue de cette discussion ?
- Ne gâche pas mon plaisir ! Bon il te faut un plan d'attaque ! Tout d'abord la règle d'or à suivre pendant tout le déroulement des étapes ! Ok ?
- A vos ordre mon général ! répondis-je mimant un salut militaire.
- Sois sérieuse ! Alors la règle est de ne plus avoir de propos ou des gestes ayant clairement rapport à « la chose »…
- C'est toi qui deviens prude maintenant !
- Ça suffit et écoute ! Ne va plus vers lui sur ce sujet. Et d'une, il se sentira moins avec le couteau sous la gorge, je le connais ça lui laissera le temps de réfléchir. Et de deux, ça va le faire douter sur tes intentions, il va aller jusqu'à croire que tu ne veux plus de lui et là comme c'est un mâle on obtient l'effet inverse. C'est lui qui ira vers toi ! D'ailleurs garde ce conseil au chaud, ça peut servir dans bien d'autres situations.
- Mesquin mais efficace !
- Bon maintenant venons-en au plan lui même ! Première étape le séduire par ton apparence !
- Déjà fait ! Ça a bien un peu d'effet mais pas assez il faut croire…
- Ne pars pas perdante d'avance ! C'était seulement le premier point ! Persévère, crois-en Jazz, ça le rend fou ! Deuxièmement le rendre jaloux, je sais c'est sournois, mais ça lui fera réaliser que tu as eu une vie avant lui et que tes autres petits amis eux n'ont pas hésité à se donner corps et âmes pour toi !
- N'exagère pas ! Il est déjà jaloux, je peux te l'assurer, et techniquement de ce point de vu là j'ai eu un seul petit ami et on ne peut pas dire que ça se soit bien terminé !
- Ce n'est pas le problème ! D'après ce que tu m'as dit ton ex sera à la soirée d'Angela et je t'assure qu'il aura une seule idée en tête te reconquérir ! Imagine les pensées de ce mec quand il va te voir à nouveau dans ta robe à damner un saint ! Et donc ce que va entendre notre cher Edward ! Sans compter une petite touche de Mike Newton et quelques autres mecs qui traineront pas là ! Bon il risque d'être un peu crispé sur le coup, mais ça va le confronter à la réalité et le faire réfléchir !
- Tu es sadique !
- C'est un juste retour des choses !
- Je croyais que tu avais déjà eu une jolie voiture !
- L'argent ne remplace rien ! Et puis s'il n'a pas retenu de leçon de tout ça, ça n'aura servi à rien !
- Quelque chose me dit qu'il y a un troisièmement !
- Et oui, mon chef d'œuvre ! Le coup de grâce !
- C'est toi qui fait dans le mélodramatique maintenant, je te signale !
- Parce que c'est le moment opportun pour ça ! Enfin, Bella, réalises-tu que tu t'apprêtes à abuser du corps et de l'esprit de mon frère resté vierge dans tous les sens du terme depuis plus de 100 ans ? Ça vaut un peu de solennité dans mon discours !
- A t'entendre on dirait que je vais commettre un crime ! Tu as peur que je lui vole sa vertu ?
Elle se pencha alors vers moi, on ne peut plus sérieuse.
- Bella, il faut que tu saches qu'Edward est né au début du XXème siècle et même si moi aussi toutes ses réticences me font sourire, comprends qu'à cette époque les principes n'était pas les mêmes. Il a reçu une éducation empreinte de pudeur et de romantisme. Puis il a croisé la route de Carlisle et sa vie parmi nous ne lui a jamais donné l'occasion d'évoluer de ce côté là. Il n'a jamais regardé une fille à par toi. Ni humaines, ni vampires n'ont eu grâce à ses yeux et pourtant certaines s'y sont activement essayées tu peux me croire. Il est donc resté tout ce temps avec sa vision surannée d'une relation amoureuse qu'il ne pensait jamais vivre.
Je gardais dans un coin de ma tête l'évocation d'autres femmes qui auraient approché Edward et me concentrait sur les autres propos de mon amie.
- Je n'avais pas vu les choses comme ça…
- Forcément ! Et puis tu es arrivée, jeune, belle, moderne, expérimentée, pas romantique pour deux sous à ce que j'ai pu voir ! Tu l'as chamboulé, tu l'as changé pour tout le reste de son existence. Il lui a quand même fallut trois ans et quelques évènements malheureux pour qu'il réalise à quel point il était épris de toi. Et maintenant il doit se débattre avec tout ce que tu représente qui est diamétralement opposé à ce qu'il a toujours connu. Rassure toi, tout ça fait qu'il est dingue de toi mais en contre partie ça le terrorise.
J'étais profondément touchée par ses propos. Elle mettait en lumière des aspects que j'avais à peine effleurés jusqu'ici.
- Je m'en veux tout à coup, je me sens presque comme néfaste pour lui…
- Non, non, surtout pas ! Ce que je veux te dire c'est que tu dois prendre en compte tous ces éléments. Et surtout tu dois le respecter pour ce qu'il est, mais je sais que c'est déjà le cas sinon tu ne l'aimerais pas.
- Je te le promets, je me sens stupide maintenant avec mes envies d'humaine dévergondée !
- Bella ! Attends je n'ai pas fini ! Tout ça n'empêche pas qu'Edward peut évoluer grâce à toi, il n'en sera que plus heureux même s'il ne le sait pas encore. C'est là que rentre en jeu le troisième et dernier point du plan. Tu vas dire que je suis diabolique mais il va falloir frapper fort pour ébranler la forteresse de bons principes qu'il s'est construit. Et tu ne dois le faire que si tu en es parfaitement convaincue toi aussi !
- Tu me fais peur là !
- Il faut que tu lui dises que tu veux qu'il te transforme dans les plus brefs délais pour pouvoir être son égal et enfin tout partager sans restrictions !
- Alice ! C'est du chantage !
- Souhaites-tu devenir une des nôtres quand tu seras prête ?
- Tu le sais bien ! Depuis que je l'ai trouvé, c'est le seul avenir que je vois à notre relation. Je ne veux pas que mon état d'humaine soit la cause de notre séparation…
- Dans ce cas exprime le ouvertement. Je sais que tu y as déjà fait allusion devant lui mais cette fois montre lui que tu as pris ta décision et qu'il n'y a plus matière à discussion. Ça va faire voler tous ses grands principes en éclat ! Je t'assure que la combinaison des trois éléments de mon plan va faire qu'il préférera encore prendre le risque de te faire l'amour plutôt que de devoir te transformer…
- Ça veut dire que je resterais toujours humaine ?
- Hé ! Chaque chose en son temps, je croyais que tu voulais t'envoyer en l'air avec ton apollon ! Pour ce qui est de devenir un vampire ne t'affole pas il nous suffira d'un autre plan ! Et je l'ai vu dans certaines de mes visions !
- C'est vrai ?
- Euh… Oui certaines… Mais c'est encore flou, tout n'est pas décidé… Laisse les choses se faire…
Ses yeux s'assombrirent et je devinais qu'elle avait vu d'autres possibilités. Mais je ne voulais pas les connaître pour le moment. De toute façon ce qu'elle percevait, dépendait de nos choix, et quand Edward se serait décidé tout deviendrait limpide.
- Si Edward devine la conversation que l'on vient d'avoir, il va être furieux ! soufflais-je oscillant entre inquiétude et amusement.
- Ne te plains pas toi au moins il ne peut pas t'entendre ! Moi il faudra encore une fois que j'use de trésors d'imagination pour lui échapper ! Et puis il me mettra tout sur le dos, il ne pourra pas imaginer que sa douce Bella puisse fomenter un plan aussi machiavélique !
- Merci Alice, merci pour tout, tu es vraiment une merveilleuse amie…
- De rien, mais maintenant c'est à toi de jouer ma belle !
La conversation redevint plus futile. Alice me raccompagna chez moi. J'étais exténuée. Je la soupçonnais de pomper l'énergie de ceux qui l'entouraient pour pouvoir être survoltée 24h/24h. Je pus à peine pousser un soupir de contentement quand Edward me rejoint sur mon lit à la nuit tombée.
Quelques jour plus tard je reçu un coup de fil dont je me serrais bien passé. Mr Randy avait trouvé un nouveau prétexte pour me contacter me demandant de l'aider à noter les devoirs des élèves que j'avais accompagné. Je lui demandais de me les déposer à mon bureau au parc et me débrouillais pour être absente quand il le fit. Rachel me remis l'enveloppe et me confia qu'il était dépité de ne pas m'avoir rencontré.
Le soir même je m'attaquais à la lecture des copies. Edward a qui j'avais interdit d'approcher était négligemment allongé sur mon lit son Ipod dans les oreilles, ses yeux entrouverts ne me lâchant pas une seconde. Les devoirs étaient dans l'ensemble plutôt bons, et je souris à la lecture du sien. D'une présentation impeccable, rédigé de son écriture d'un autre temps, le contenu était excellent d'un niveau nettement supérieur à celui d'un lycéen.
Je consignais mon avis sur la dernière copie et fermais enfin mon ordinateur. Je m'étirais, j'étais épuisée mais satisfaite du travail accompli. Au moins je n'aurais pas de mal à trouver le sommeil ce soir allongée à côté de la tentation personnifiée.
Après un passage dans la salle de bain, je rejoignis avec bonheur mon lit et les bras d'Edward. Il ôta son casque de ses oreilles et pris un air désintéressé.
- Alors madame le professeur, quelle note a mérité votre humble élève ?
- Aucune idée, je ne suis que la modeste accompagnatrice de votre projet et la note finale est entre les mains de ton prof préféré…
J'étais amusée par la pression qu'il se mettait pour un devoir de biologie, lui qui avait terminé le lycée je ne sais combien de fois.
- Eh bien ça promet, vu qu'il n'a qu'une idée, celle de mettre fin à mon parcours sans faute !
- Oh, Edward Cullen ne supporterait-il donc pas l'échec ?
- Pas si c'est injuste, seulement guidé par le fait que ma tête ne lui revienne pas !
- Si ça peut te rassurer sache que ta tête me revient très bien à moi et que comme tout ce que tu fais ta copie était excellente. Sois patient tu découvriras ta note très vite. Bon je dors, je suis crevée, dis-je en plaquant un baiser sur sa mâchoire de marbre avant de m'enfoncer dans le sommeil.
Au moins cette nuit là je n'eu pas à me torturer pour suivre la règle d'or d'Alice.
Le lendemain, je me rendis au lycée de Sequim. Mr Randy se trémoussait de joie en me voyant, l'espoir luisait dans ses yeux. Je m'empressais de lui commenter chaque devoir lui soulignant la qualité irréprochable de celui d'Edward. Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, je prenais congé lui faisant savoir que j'étais ravie d'avoir travaillé avec ses élèves.
La nuit suivante, Edward m'attendait dans ma chambre alors que je revenais d'un repas chez Sue avec Seth et mon père. Un sourire illuminait son visage.
- Bonsoir, tu as l'air heureux ?
- Effectivement et je tenais à te remercier. Mon cours de biologie a été délectable. Mr Randy a failli s'étouffer en annonçant à la classe que j'avais présenté le meilleur devoir auquel il avait mis un A+. Ça ne l'a pas empêché de souligner que je devais tout à l'appréciation de Mlle Swan et que bien que trop élogieuse à son goût il n'avait pu que s'incliner devant la justesse de son avis.
- Ah le pouvoir des femmes…
- Tu ne crois pas si bien dire, je t'épargne ses pensées envers toi pendant qu'il nous lisait tes commentaires, c'était absolument abject ! Et je te préviens, il s'imagine que comme il a suivi tes conseils, tu vas te sentir redevable quand il va te communiquer nos notes et que tu n'oseras pas refusez un rendez-vous à diner…
- C'est vrai, il a été si gentil, et s'il n'avait pas cédé tu aurais eu une note déplorable. Il faut que je fasse quelque chose non ? dis-je songeuse.
- Tu es sérieuse ? dit-il un sourire en coin.
- On ne peut plus sérieuse, je ne te l'avais pas dis mais la veste en tweed et l'odeur de naphtaline, rien de tel pour me faire craquer sur un homme…
- S'il y a que ça pour te faire plaisir, ne bouge pas Alice va me dégoter ce qu'il faut pour te plaire, di-il en faisant mine de se diriger par la fenêtre.
- Arrête de faire l'idiot et s'il te plait arrête d'être jaloux de tous les mâles qui rodent aux alentours.
- Excuse-moi de les trouver un peu trop nombreux !
- Ils pourraient bien être des centaines, rentre toi bien dans le crâne que je n'en vois qu'un, ok ?
- Si tu le dis…
- T'as l'air convaincu, ça fait peur. Bon en attendant je n'ai toujours pas eu mes remerciements en bonne et due forme… lançais-je en prenant un air vexé.
Je ne pus rester de marbre longtemps car mes yeux se perdirent dans l'or liquide. Deux mains froides prirent mon visage en coupe, tandis que sa bouche s'approchait de la mienne lentement.
- Merci mademoiselle Swan, souffla-t-il sur mes lèvres.
Il m'embrassa alors langoureusement, sa langue partant à l'assaut de ma bouche. Je constatais qu'il mettait de moins en moins de retenue dans ses baisers. Ses longs doigts s'enfoncèrent dans ma chevelure me rapprochant encore plus de lui. Mon corps se plaqua au sien et je sus que j'étais à quelques secondes de me laisser entièrement guider par mon désir.
La petite voix intérieure courroucée d'Alice me rappela à l'ordre. Je m'éloignais alors pour reprendre mon souffle et il dut me soutenir tellement mes jambes étaient flageolantes.
- Humm, je crois que je vais dormir, dis-je d'une voix rauque.
Je vis à ses traits que ma dérobade l'intriguait. Je pouvais voir les questions fuser derrière son sourire impassible.
Rester allongée à ses côtés cette nuit là fut un vrai supplice. Je n'arrivais pas à apaiser la chaleur qui avait envahie mon corps. Je regrettais presqu'il n'ait pas été de garde et plus que tout je priais pour que le plan d'Alice porte ses fruits rapidement car je n'allais pas tenir longtemps à ce train là.
Je me réveillais après un rêve plus qu'explicite à l'aube. Edward me contemplait d'un air flegmatique. Il cachait bien son jeu car j'avais l'impression que mon état était on ne peux plus clair surtout pour quelqu'un ayant des sens aussi développés que lui.
- Bien dormie ?
- Euh, oui… Il est tôt je vais en profiter pour aller courir si ça ne te gêne pas.
- Vas-y du moment que tu m'autorises à te suivre.
- Pas de problème. A tout de suite !
Je pris mes affaires et fonçais dans la salle de bain sans me retourner. Je me plaquais contre la porte reprenant mon souffle. Je n'osais imaginer mon comportement et les paroles que j'avais dues prononcer dans mon sommeil. Comme j'aurais aimé mélanger mon rêve à la réalité ce matin… Je secouais la tête et me passais le visage sous l'eau froide. Il fallait que je reprenne mes esprits et que j'évacue au plus vite toute cette tension.
J'enfilais ma tenue et sortais sans bruit de la maison pour ne pas réveiller Charlie. Je m'élançais alors sur un chemin qui longeait la forêt derrière chez moi. Depuis que j'avais pu reprendre le footing, Edward aimait me suivre d'arbre en arbre à la lisière de la forêt. Mon manège l'amusait lui pour qui courir n'était rien d'autre qu'un état totalement naturel ne lui apportant rien physiquement à part la satisfaction de la vitesse et une arme de plus pour la chasse.
Pour moi c'était le meilleur moyen de me vider la tête, de me dépasser, non plus pour essayer de m'échapper mais seulement pour me recentrer. Ma nouvelle vie était si intense, mélange d'émotions incontrôlables et d'angoisses, que j'avais parfois l'impression que j'allais exploser.
Parfois il enfilait une tenue de sport et m'accompagnait dans mon parcours. J'enrageais de voir qu'il n'avait aucun effort à faire pour rester à ma hauteur. Dans ces moments je me sentais affreuse, rouge, dégoulinante de sueur, à bout de souffle. Mais lui ne me quittait pas des yeux, subjugué quelque soit mon état. Je souriais intérieurement en me disant que chez les vampires aussi l'amour rend aveugle.
Puis un beau matin, Emmett, qui nourrissait une curiosité sans bornes pour notre couple, intrigué par la tenue de son frère, nous rejoint sur le chemin. Il trouva désopilant de voir Edward courant à petites foulées à mes côtés. Il se décida à nous accompagner, nous eûmes un mal fou à lui faire comprendre qu'il devait courir à allure humaine tant que nous étions visibles par des yeux curieux. Une fois à l'abri, Emmett défia son frère et ils partirent tous les deux dans une course folle autour de moi, bondissant, s'attrapant, se roulant par terre si vite qu'il était quasi impossible de les distinguer.
Je leur avais demandé d'aller ailleurs car ils coupaient mon rythme avec leurs singeries. Ils s'enfuirent alors l'un après l'autre. Ils revinrent une heure plus tard alors que je m'étirais, ils étaient hilares, la tête d'Edward coincée sous le bras de son frère qui lui ébouriffait généreusement les cheveux. J'aimais le voir comme ça, heureux et insouciant, loin de l'air grave et mélancolique qu'il pouvait avoir parfois.
Heureusement pour moi Emmett n'était pas là ce matin, car il aurait immédiatement remarqué mon embarras. Edward aussi resta en retrait comme s'il devinait que j'avais besoin d'être seule. Je ne me ménageais pas, courant une heure en accélérant régulièrement l'allure, jusqu'à être entièrement vidée.
Après une longue douche j'avais enfin retrouvé mon calme. Une fois au travail je ne fus pas étonnée de voir mon portable vibrer et le prénom d'Alice s'afficher. Je décrochais en éloignant préventivement l'appareil de mon oreille.
- Non mais ça ne va pas ! Tu es complètement inconsciente ! J'ai bien cru que tu allais faire tout capoter ! Enfin tu n'es plus une adolescente de 16 ans, un peu de retenue et de contrôle s'il te plait ! J'ai angoissé toute la nuit à cause de toi ! hurla-t-elle.
- Bonjour à toi aussi Alice. Désolée de t'avoir empêché de dormir cette nuit ! dis-je en ricanant.
- Tu crois que c'est le moment de plaisanter ! Avec tous les efforts que nous avons faits qui ont failli partir en poussière !
Son ton avait à peine baissé de quelques décibels.
- Tu dramatises là et à ce que je sache, les efforts c'est moi qui les fais et ce n'est pas tous les jours évident !
- Ah oui parce que tu crois que cacher mes pensées à ton amoureux est une promenade de santé pour moi !
- Je sais que tu y mets aussi du tien, mais je ne peux pas lutter contre mes rêves !
- Et bien à l'avenir débrouille toi pour t'endormir après avoir regardé un épisode de Derrick, ou je ne sais pas fait des mots croisés mais je t'en supplie ne recommence pas ce fiasco ! Comment veux-tu qu'il ait l'impression que tu lui fais moins d'effet si tu continues comme ça ?
- Je sais tu as raison, je vais me contrôler je te le promets.
- Tout ça c'est pour votre bien, tu sais ? Heureusement pour nous la fête d'Angela arrive à grands pas !
Sa voix était enfin revenue à un niveau raisonnable et s'était adoucie.
- Et en quoi cette fête est-elle si importante pour mon problème ?
- Mais c'est évident que tout va se jouer ce soir là, ça va être la petite goutte d'eau qui va faire déborder son vase !
- Excuse-moi de ne pas avoir ton don et permets-moi de souligner que j'adore la poésie subtile de tes métaphores !
- Sois sérieuse enfin ! Je te laisse travailler mais je t'en supplie concentre toi à l'avenir !
- Promis ! Salut démon ! Bonne journée !
- Salut l'humaine incapable se maitriser ! Sois sage !
Je raccrochais soulagée que cette conversation se termine. J'avais vu juste, se confier à Alice c'était lui donner tous les droits pour gérer votre vie. Elle prenait tellement au sérieux la mission pour laquelle elle se croyait investit que j'allais devoir me tenir à carreaux si je ne voulais pas me trouver à nouveau sous le feu de ses remontrances.
J'espérais sincèrement qu'elle disait vrai en prévoyant que son plan était proche du but, car mon faible esprit humain n'allait pas tenir longtemps écartelé entre l'attraction incontrôlable pour le frère et la surveillance sans faille de la sœur.
Les vacances de Pâques commencèrent et la réalité du monde humain auquel j'appartenais toujours se rappela à mon bon souvenir. J'étais ravie de revoir mes amis, mais les messages que ne cessaient de m'envoyer Alex et Mike se firent plus pressants. J'espérais que la soirée d'Angela serait une bonne fois pour toute l'occasion de me débarrasser de ces deux prétendants.
Depuis notre dernière altercation, Jacob, lui, semblait s'être fait une raison. Il était resté discret se contentant de m'envoyer un SMS d'excuses pour son comportement.
Quand je voyais le visage d'Edward à chaque fois que mon portable vibrait, je savais qu'il me suffirait d'un mot pour que l'emploi du terme débarrasser prenne toute sa réalité. Ça m'amusait presque de le voir se débattre avec ce nouveau sentiment pour lui, la jalousie, bien que je ne supportais pas la lueur de tristesse dans ses yeux quand mon passé amoureux était évoqué par inadvertance.
J'espérais avoir la force de le pousser assez loin dans ses retranchements lors de la fête pour mettre en œuvre la fameuse phase « jalousie » du plan d'Alice. Je souhaitais aussi que ce soit l'occasion de lui prouver aux yeux de tous que rien n'avait compté, que tout ça avait été à mille lieux de ce que je vivais maintenant avec lui.
Dès son arrivée à Forks, Angela avait organisé une soirée de retrouvailles pour nous deux. Nous nous étions rendues dans le seul restaurant digne de ce nom de notre petite ville. De la voir si épanouie, de retrouver notre complicité me firent réaliser qu'elle m'avait terriblement manqué et qu'il restait pourtant nécessaire que je ne me rapproche pas trop d'elle avec mon avenir incertain.
Elle me raconta en détail sa vie à Seattle et me questionna sans relâche sur ma propre existence. Parfois elle se perdait dans un de ses habituels silences que nous partagions sans aucune gêne. Le sourire de contentement avec lequel elle me regardait, me faisait comprendre à quel point elle s'était inquiétée pour moi et le soulagement de me retrouver aussi heureuse.
Je n'échappais pas aux questions embarrassantes sur Edward, et je me cachais derrière le fait que moi comme lui ne voulions pas aller trop vite, que cette fois je ne voulais pas me tromper. Elle crevait d'envie de le revoir et de nous voir ensemble.
Elle finit par me suggérer de le faire boire pour abuser de lui alors que nous trinquions en levant nos verres à notre amitié ! Ça aurait fonctionné avec la plupart des hommes, mais celui que j'avais choisi était complètement résistant à ce genre de stratagème.
Décidément mes deux meilleures amies auraient fait la paire, pas une pour rattraper l'autre. Tous les plans les plus démoniaques étaient bons pour faire tomber les mâles dans nos filets.
Angela me reconduisit. Elle me quitta après qu'elle m'ait rappelé qu'elle comptait sur moi dès le début d'après midi pour préparer la fête et qu'ainsi nous pourrions passer une partie de la journée ensemble. Connaissant mon amie je n'osais imaginer les tonnes de choses qu'elle avait du prévoir pour que la fête soit parfaite. J'étais bonne pour des heures de corvée dans la cuisine et d'autres de torture dans la salle de bain.
En rentrant je rabattis la couverture sur Charlie qui s'était endormi sur le canapé et montait les marches quatre à quatre sûre de ce que j'allais trouver dans ma chambre.
Il était là debout, stoïque dans la pénombre de ma chambre. Les rayons de la pleine lune qui entraient par la fenêtre éclairaient son visage le magnifiant de façon presque irréelle. L'intensité de son regard ambré était tel que je sentis tout mon corps réagir, je me mordis la lèvre troublée par ce spectacle.
Puis n'y tenant plus je courrais me jeter dans ses bras. Il ne vacilla pas d'un millimètre et m'enserra de ses bras robustes. Je plongeais mon visage dans son cou pour me délecter de son odeur, tandis que lui même plongeait le sien dans mes cheveux. Nous restâmes ainsi quelques minutes avant qu'il ne me repose par terre.
- Quel accueil !
- Tu m'as manqué, tu me manques toujours !
- Pas autant que toi ! Alors cette soirée ?
- Très sympa, Angela est vraiment une excellente amie.
- Ça doit être le cas, c'était la seule à avoir des pensées cohérentes et saines à ton égard quand tu es arrivée au lycée de Forks.
- Ah, bon parce que les tiennes n'étaient pas saines et cohérentes ? demandais-je d'un air malicieux.
- Euh, non c'est le moins que l'on puisse dire !
Ses iris s'étaient assombris me faisant comprendre que je m'aventurais en terrain glissant. Je détournais alors la conversation.
- Comme quoi, la vraie nature des personnes se révèle toujours. En tout cas elle est heureuse et épanouie avec Ben, ça m'a fait énormément plaisir de la voir comme ça !
Encore une fois j'avais fait une gaffe. Je sentis un léger recul de sa part. Je me recentrais sur la petite voix intérieure d'Alice dans ma tête « me conformer à la fameuse règle d'or : ne plus parler de « la chose », le laisser venir ».
- La sachant heureuse, c'est plus facile de me tenir loin d'elle. Je ne supporterais pas qu'elle soit dans les parages si Victoria attaque à nouveau. Je ne veux pas qu'elle puisse faire de lien entre nous ! Et puis à l'avenir il faudra que je me résolve à me détacher complètement d'elle.
J'instillais depuis plusieurs jours des allusions à ma potentielle immortalité. Je me préparais le terrain pour le jour ou j'aborderais franchement le sujet avec lui.
- Ne dis pas ça… Et je t'interdis de t'inquiéter pour Victoria. Elle est loin, inactive et Alice la surveille. De toute façon je suis là maintenant. Allez viens te coucher.
Je réalisais que j'accumulais les heures de sommeil depuis que j'avais retrouvé Edward. Mes nuits étaient plus calme à ses côtés, je me réveillais reposée et il avait la fâcheuse tendance à m'inciter à dormir dès qu'il me sentait trop entreprenante.
En fait ils étaient tous plus ou moins fourbes dans cette famille. Mais je n'avais rien à leur envier moi qui jouais l'innocence incarnée devant ses yeux, refermant petit à petit le piège autour de lui.
J'avais expliqué à Edward qu'Angela m'attendait en début d'après-midi pour l'aider à préparer la fête. Il avait été ravi que je lui épargne le contact avec la nourriture humaine, me promettant de me rejoindre plus tard.
Le jour J, j'arrivais chez les parents de Ben, pour retrouver Angela avec une housse contenant la robe qu'Alice m'avait achetée pour l'occasion et un sac qui me paraissait énorme contenant des chaussures et assez de maquillage pour camoufler une armée. Elle avait été désappointée de ne pas me préparer par elle même. Mais je lui avais assuré que sur ce point là Angela pouvait se targuer d'être sa jumelle.
Malgré les sous-entendus de cette dernière j'avais refusé qu'elle invite Alice, il était déjà suffisant de faire passer la supercherie du vieillissement d'Edward sans éveiller les soupçons avec toute la famille.
Angela m'accueillit à l'entrée et me conduisit directement dans la chambre de la sœur de Ben pour déposer mes affaires.
- Je croyais que tu serais venue avec Edward !
- La cuisine ce n'est pas trop son truc et il avait des choses à faire. Je crois surtout qu'il voulait nous laisser passer encore un peu de temps entre copines ! Il viendra ce soir.
- Bon…ok…
- Angela ?
- Oui ? répondit-elle d'une petite voix d'où suintait la culpabilité.
- Que me caches-tu ?
- Rien ! Mais il faut que tu saches que nous ne serons pas seules cet après midi, Ben et là bien sûr mais il a aussi proposé à Alex qui loge ici et à Mike de venir et du coup Jess s'est greffée au truc…
- Ah, et bien il y a qu'à dire à Ben qu'on gère ça toutes les deux !
- Le problème c'est qu'ils sont déjà tous là dans la cuisine, on pensait avancer plus vite comme ça et du coup profiter pour commencer la fête entre nous avant l'arrivée des autres comme au bon vieux temps !
- Ah… dis-je pensive en repensant au fameux bon vieux temps.
Les souvenirs de nos soirées étudiantes et des rares fêtes auxquelles je m'étais rendue à Forks m'amenaient à dire que nous allions ouvrir quelques bouteilles, en bavardant tranquillement entre nous avant l'arrivée des autres invités. Ma vie à Forks et la fréquentation des vampires m'avaient tenue relativement éloignée de l'alcool. Il faudrait donc que je me méfie si je ne voulais pas être ivre au premier verre.
- Comme je croyais que tu venais avec Edward, je pensais que ça ne posait pas de problème, je suis désolée… dit-elle d'une voix suppliante.
- C'est bon ça va aller ! De toute façon il est temps que je me confronte au passé. Etant donné que les choses sont claires pour moi, ça me donnera au moins l'occasion de faire comprendre à Alex que c'est bel et bien fini !
- Ne sois pas trop dur avec lui quand même ! Je sais que ce qu'il t'a fait est odieux mais il paye le prix fort depuis. Et j'avoue que maintenant que je le connais mieux je suis sure que c'était une terrible erreur de sa part !
- Hou là c'est bon Angela ! J'ai pardonné et je n'étais pas amoureuse de lui donc ça tombait bien…pour nous deux.
- Ok, allons-y !
Je la suivis jusqu'à la cuisine ou régnait un joyeux brouhaha. Ils étaient tous là s'entraidant à préparer la nourriture. Je m'arrêtais quelques secondes fixant la scène que je ne verrais jamais dans la nouvelle famille que je m'étais choisie. Mais cette pièce ne contenait pas non plus ma raison de vivre, le seul qui savait faire battre mon cœur si fort que je me ne m'étais jamais autant sentie en vie.
- Hé oh tout le monde ! Bella est arrivée !
- Salut ! lançais-je à la ronde.
Ben s'approcha et me prit dans ses bras.
- Salut Bella tu as bonne mine, ça fait plaisir !
- Merci Ben.
Mike en profita pour faire de même. Je me dégageais rapidement de son étreinte.
- Bella, ça fait longtemps ! Je suis trop déçu que ce ne soit plus toi qui t'occupes de mon groupe !
- Mike… T'as de la chance Marc a bien plus d'expérience pour les gens mûrs comme toi, moi je m'occupe le plus souvent des scolaires maintenant.
- Dommage ! Mais content que tu sois là !
- Bella ! La garde forestière ! Comment vas-tu ? cria Jessica en m'enlaçant à son tour.
- Bien et toi Jess ?
- Trop bien ! Tu ne m'avais pas dit que ton ex était aussi canon, petite cachotière, rajouta-t-elle à mon oreille en désignant Alex.
Je me tournais alors vers lui dans le silence de la pièce. Il était toujours aussi séduisant mais sa beauté me paraissait bien pâle en comparaison de celle d'Edward. Je sus en le regardant que l'histoire était enfin close pour moi. Je n'avais aucune animosité envers lui. Je le retrouvais comme une vieille connaissance perdue de vue depuis longtemps que l'on recroise un jour, avec qui on échange sur le temps écoulé depuis, avant de reprendre chacun sa route.
Je parlais pour mettre fin à la tension palpable de la pièce.
- Salut Alex, je suis heureuse de te revoir.
Je vis ses épaules descendre d'un cran, soulagé par mes paroles.
- Salut Bella !
- Bon qui veux une bière ! cria Ben la tête dans le réfrigérateur.
Tous le monde leva la main et se remit à la tâche. L'ambiance était joyeuse et décontractée. Les rires fusaient, les garçons entamèrent même une bataille de nourriture sous le regard irrité d'Angela qui mit fin à leur jeu.
Quand tout fut fin prêt, Angela nous entraina à l'étage pour nous préparer. J'enfilais sous l'œil rond de Jess la robe crème dos nu qu'Alice m'avait achetée.
- Waouh Bella ! Tu comptes séduire qui comme ça ? siffla-t-elle.
- Elle n'a besoin de séduire personne, c'est déjà fait, dit Angela en m'adressant un clin d'œil.
- Ca veut dire quoi ça ? T'as un petit ami c'est ça ? trépigna Jess.
- Oui c'est ça, lui répondis-je.
- Et il est ou ?
- Il nous rejoindra ce soir !
- Donc Alex est libre ?
- Je croyais que tu étais avec Mike ?
- Ça c'est pour mes parents, mais disons que tant qu'il ne m'a pas demandé ma main je me laisse toutes les portes ouvertes ! Et c'est en testant que l'on sait si on fait le bon choix !
- Très classe, vous allez bien ensemble pourtant ! Et à UCLA tu n'as pas trouvé ton bonheur ?
- Non, dit-elle d'une mine boudeuse. Soit ils sont beaux donc déjà pris ou moches ! D'ailleurs tu verras Lauren tout à l'heure elle a mis le grappin sur une valeur sûre, le fils d'un producteur de ciné ! Il la couvre de cadeau, le rêve…
Je me demandais ce qui faisait briller se yeux, l'amour de Lauren pour son copain ou le portefeuille du dit copain. Au moins elle ne changeait pas. Il fallait absolument que je touche deux mots à Alex, je ne lui souhaitais pas ce genre de copine.
Une fois prêtes nous allâmes rejoindre les garçons qui profitaient du soleil allongés sur des transats au milieu de la pelouse. Ils avaient sortit des enceintes sur la terrasse qui diffusait du Gorillaz en sourdine. En arrivant près d'eux je reconnus l'odeur distinctive de l'herbe. J'avais eu tendance à oublier que Ben et Alex aimaient occasionnellement fumer lors des soirées que nous avions passées ensemble.
J'avais l'impression de replonger dans mon année d'étudiante. Ils étaient hilares, mais en nous apercevant ils ne purent retenir des sifflements d'admiration devant nos tenues.
Tout le monde était ravi du temps ensoleillé, j'étais la seule pour laquelle il était synonyme de solitude. Je savais qu'Edward n'arriverait pas avant la tombée de la nuit et ça me paraissait interminable.
Ben nous venta la qualité de l'herbe cultivée par un ami de promotion d'Alex spécialisé dans la physiologie végétale. Sous les supplications des autres j'acceptais de me joindre à leur cercle. Après tout il ne serait là que dans quelques heures quand l'effet se dissiperait et ça m'aiderait à patienter même si je savais que ce n'était pas prudent de céder à mes vieux démons.
La fin de l'après midi s'écoula tranquillement. Je m'offris même le luxe d'un tête à tête avec Alex. La discussion fut décousue et je me perdais deux fois dans des crises de fou rire inexpliquées mais je pensais avoir réussi à lui expliquer que j'avais fait un trait sur notre passé, que je ne lui en voulais plus et que je fréquentais quelqu'un. Il me remercia et se perdit en excuses sans queue ni tête.
Nous retournâmes vers les autres bras dessus, bras dessous et nous affalâmes à nouveau sur nos transats respectifs sous le regard mauvais de Jessica. Mike de son côté me lorgnait toujours de son regard rendu encore plus lubrique par son état. Je savais qu'avec lui toute tentative de mise au point était vouée à l'échec. J'espérais que me voir avec Edward serait le coup de grâce.
La nuit commençait à tomber et la plupart des invités étaient arrivés. L'effet de ce que j'avais fumé se dissipait, j'étais de plus en plus nerveuse. Dés qu'il n'était pas là s'insinuait en moi le doute, et l'idée d'être à nouveau abandonnée germait au plus profond de mon esprit.
La nuit était noire quand Jess et Lauren se placèrent autour de moi sur le sofa ou j'étais installée. Le riche copain de la deuxième n'avait pas daigné l'accompagner à Forks et il fallait croire que les tentatives d'approches d'Alex par Jess s'étaient soldées par un échec. Je savais qu'elles n'auraient alors qu'une idée en tête, vomir leur fiel et j'étais leur nouvelle cible.
- Alors Bella, toujours seule ? me demanda Jess d'une voix de conspiratrice.
- Faut croire !
- Il est ou ton fameux petit copain ?
- Pas encore là !
- Ou alors il n'existe pas ! susurra Lauren.
- Ou il ne viendra pas ! Ce n'est pas sympa de rompre comme ça en te plantant à une soirée ! Pour une fois que tu faisais des efforts vestimentaires ! cria Jess à la ronde.
- On verra ! grinçai-je entre mes dents.
- Mais d'après ce qu'on ma dit tu n'es pas très douée en relation amoureuse ! Retrouver ton mec au lit avec son ex ça a dû être dur ! ajouta-t-elle.
Je serrais les poings pour ne pas laisser échapper la colère qui montait en moi. Je ne voulais pas leur faire ce plaisir.
- Enfin au point de clamer partout que tu as un nouveau petit ami, un mec que tu connais à peine je suppose ! Faut savoir se remettre ! Et puis te plains pas, si jamais tu trouves personne, tu as toujours l'autre indien qui te regarde avec des airs de chiens battus! me railla Lauren.
- Ouais d'ailleurs comme ça ton père et toi vous resterez en famille ! Vous pourrez tous habiter dans la même cabane à la réserve ! ricana Jess.
S'en était trop. Angela eu beau me regarder de son air suppliant, elles avaient été trop loin. Je savais que c'était avouer qu'elles m'avaient blessée mais elles n'avaient pu ignorer ma nervosité, mes coups d'œil à la pendule et à la porte d'entrée.
- Explique-moi Jess pourquoi celui avec qui tu nous tannes depuis des lustres sur d'hypothétiques fiançailles drague tout ce qui bouge dans les alentours de Forks moi y compris quand tu n'es pas là ? Et toi Lauren, puisqu'on parle de petit ami imaginaire, le tien tient tellement à toi qu'il n'a pas voulu se fendre de passer quelques jours avec toi dans ton trou paumé ? C'est sûr qu'il doit être beaucoup mieux dans une piscine à Cancun à peloter tes copines de promo ! Je vous laisse je vais prendre l'air, ça devient nauséabond ici !
Je me levais d'un bond poussant le verre de Lauren qui atterri sur le haut de sa robe. Ses cris accompagnèrent ma sortie pour mon plus grand plaisir.
Une fois dehors je respirais tentant de me calmer. Mais que faisait-il ? Pourquoi n'était-il pas là ?
Angela s'approcha et posa une main sur mon épaule.
- Bella, ça va ?
- ça va mieux. Je suis désolée de m'être emportée, j'espère que je n'ai pas gâché l'ambiance, dis-je penaude.
- Mais non tu sais bien qu'on a toutes rêvé de faire ça un jour, au contraire je te félicite d'avoir osé les rembarrer. Et puis la robe de Lauren était trop moche, dit-elle amusée.
- En gros on peut dire que c'était une action humanitaire ? lui demandais-je souriante.
- Je crois que les Etats Unis d'Amérique peuvent te remercier pour ça !
- Dans ce cas je recommencerais sans hésiter !
- Oui mais pas ce soir s'il te plait, je préfèrerais que tu viennes t'amuser avec nous à l'intérieur.
Je la regardais hésitante.
- Allez Bella, il va arriver, il a du être retenu… Avec tout ce que tu m'as raconté sur lui je ne peux pas croire qu'il t'ait posé un lapin !
- Mmmm, tu as sans doute raison… Tu peux me dire ce que tu bois ?
- Margarita, pourquoi ?
Je lui pris son verre et le vidais d'une traite. Je savais que c'était une erreur mais j'avais besoin d'un remontant.
- Bella ce n'est pas raisonnable !
- C'est toi qui me demande de m'amuser !
- Allez viens maintenant.
Elle m'entraina vers Ben qui jouait au barman dans le salon. Il me servit un verre sous l'œil inquiet de mon amie.
L'angoisse me vrillait l'estomac. J'essayais de me raisonner. Angela avait raison, il y avait surement une explication. Peut-être ne voulait-il pas rester trop longtemps pour ne pas attirer l'attention et me laisser profiter de la soirée avant de m'obliger à partir ? Et puis je pouvais compter sur Alice pour veiller à ce qu'il me rejoigne quitte à le trainer par la peau du cou.
Il n'y avait pas de raison de m'inquiéter, je décidais de ne plus y penser et de profiter de la fête. Alex me proposa de danser. Je vidais à nouveau mon verre et me résolu à le suivre sous les yeux rageur de Jess. Mike ne tarda pas à approcher et je mis un malin plaisir à me laisser envahir par la musique me déhanchant entre eux. Plus j'avais l'impression qu'elle allait m'arracher la tête, plus je souriais.
L'alcool que j'avais ingurgité pour tenter de calmer mon angoisse m'embrumait l'esprit. Sans m'en rendre compte je m'approchais de cette frontière ténue après laquelle je ne contrôlais plus rien…
Information : Aucune Bella n'a été maltraitée durant cet épisode. Toutes les situations illégales sont entièrement fictives. L'abus (même d'Edward ?) est dangereux pour la santé.
- Le SAV Fanfiction, j'écoute ?
- Je voulais savoir comment faire pour qu'Énée Lamia publie le POV Edward ?
- C'est tout simple, il suffit d'appuyer sur le bouton en bas.
- Tu vois Edward, je te l'avais dis… Il faut appuyer sur le bouton… Appuyer ! Appuyer ! Appuyer !
