Non mais vous n'avez qu'un mot à la bouche ? Édouard par ci, Édouard par là ! C'est une vraie obsession ? Il est où Édouard ? Et pourquoi il ne vient pas Édouard ? Qu'est ce que j'en sais moi ? Et c'est qui d'abord cet Édouard Culaine ?

Bon sans rire, je constate que l'inquiétude prédomine parmi vous…

D'un côté : « Faites que Bella ne fasse pas de bêtises ! ». Et pourquoi ne pourrait-elle pas se mettre minable une dernière fois avant de devenir un vampire végétarien courtois, hein ? Faut la comprendre, elle est grave en manque la pauvre ! Parce que vous, Edward viendrait à la maison, vous le laisseriez dormir dans la baignoire ? Et je ne parle même pas d'être chastement allongée à ses côtés dans votre lit… (Pas la peine d'aller récurer ta salle de bain avec tes gants Mapa Death In Vegas, on n'y croit pas une seconde !)

D'un autre : « Mais que fait Edward ? Est-il sauf ? ». Et qui vous dit qu'après avoir allumé des centaines de bougies dans sa chambre, parsemé le sol de pétales de roses (ça me donne des idées ça, tiens !), il n'est pas en panique devant le rayon préservatifs de la pharmacie de garde de Forks, incapable de faire son choix, hein ? (N'est-ce pas Blue77 ? J'ai introduit une petite chemise à carreaux dans le chapitre rien que pour toi…)

Au final, personne n'a deviné ce qui pouvait bien retenir Edward… Mais ça ne m'a pas empêchée de maintenir ma version qui je l'espère vous conviendra ;-)

Un petit mot pour les sans-comptes :

Nannilye : Alors, a-t-il ou elle attendu ce nouveau chapitre ? Quel suspens ! Mille mercis pour ta review et tes compliments. Biz.

Chatana : Aurais-je pitié de toi ? … Peut-être, pour te remercier de ta review…

Popo : Merci, contente que ça te plaise toujours !

Sylvie Anne : J'adore quand tu cries ! Rien que pour ça tu vas être longuement récompensée ci-dessous. Merci ! Merci ! Merci !

Je n'oublie pas celles que je n'ai pas citées plus haut, dans le désordre : Elo-didie, AlieCullen4ever, Aelita48, Rubika666, Calice24, Oliveronica Cullen Massen, Edgounette, Linou2701, Bellardtwilight, Morea905 et NanaFreezy !

Je tenais à vous saluez toutes bien bas pour votre soutient indéfectible ! Mention spéciale à Kit3180 qui crie le plus fort et qui en plus m'a gratifiée d'une petite danse !

Un peu de musique : pour bouger votre corps quand vous arriverez à la fête, enfin surtout pour imaginer la scène vous mettrez "ADD SUV" de Uffie feat Pharrell Williams. Et plus loin quand on vous le dira « Cold Desert » des Kings of Leon.

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer, ben voui ma bonne dame !

Vous l'avez bien mérité, je vous laisse passer tout un chapitre avec celui que vous avez réclamé à corps et à cris, j'ai nommé… Edward Cullen ! Profitez-en bien bande de veinardes !


Chapitre 14 : Le plan (partie 2)

POV Edward

Je me sentais cerné, moi le prédateur, j'avais de plus en plus l'impression d'être l'animal pris dans les phares de la voiture en pleine nuit. J'aimais Bella plus que tout, mais ma condition, ma foutue condition, m'empêchait de me laisser aller complètement avec elle.

Pourtant tout chez elle m'attirait, sa façon de mordiller sa lèvre inférieure, sa démarche parfois maladroite, ses longues jambes, ses magnifiques cheveux, sa peau de porcelaine, ses yeux chocolat, son odeur… Si cela avait été possible je me serais encore plus damné pour elle.

Depuis la soirée d'anniversaire d'Esmée j'avais tant bien que mal réussi à l'apaiser, à lui faire comprendre que je ne l'avais pas rejetée. Désormais je l'arrêtais dès qu'elle devenait trop entreprenante, même si c'était une vraie torture de me détacher de sa bouche sensuelle, de ses formes, de sa chaleur, de la douceur de sa peau…

J'étais terrorisé par le monstre en moi, persuadé qu'il profiterait de cette occasion pour prendre le contrôle et arriver à ses fins morbides. Et plus que tout la sécurité de Bella m'était indispensable.

Elle était insatisfaite mais semblait s'accommoder de mes réticences même si elle tentait souvent de me faire craquer. Et je savais que c'était sans issue. Elle ne pourrait se contenter de ça bien longtemps. Et je n'avais pas de solution pour le jour où elle n'aurait plus la patiente de supporter notre relation presque platonique.

Il y en avait bien une mais je ne pouvais l'envisager, je ne pouvais priver Bella de son humanité, ça m'était impossible, même si égoïstement je savais que cela résoudrait tous mes problèmes.

Je devais aussi m'avouer qu'il était difficile d'imaginer devenir aussi intime de Bella alors que je n'avais pas pu lui prouver mon amour et mon engagement inconditionnel à la chérir en lui demandant sa main. Mon éducation m'avait appris que l'on ne pouvait avoir ce genre de rapport qu'avec celle qui était votre épouse.

Mais Bella était d'une autre époque, je devais accepter l'idée qu'il y avait eu d'autres hommes avec qui elle avait partagé plus qu'avec moi. Je devais me raisonner car lui faire ma demande serait le meilleur moyen de la faire fuir à toutes jambes. Je continuais donc dans cette impasse, décidé à taire mes angoisses tant qu'elle ne me mettait pas au pied du mur.

Et puis il y avait eu cette fameuse après-midi shopping avec Alice. J'avais été étonné que Bella cède enfin à ses supplications. Mais elle prenait ça de bon cœur et je le mettais sur le compte de sa tendance à vouloir faire plaisir à tous ceux qui l'entouraient.

Ma sœur avait bien verrouillé son esprit sur cette sortie entre filles. Impossible de distinguer quoi que ce soit à part d'interminables portants couverts de cintres, des piles de vêtements, des étagères interminables de chaussures…

J'avais récupéré une Bella ravissante avec une coupe plus courte et plus structurée. Et depuis, plus un geste audacieux de sa part, plus une allusion intentionnelle à notre intimité. Seules me restaient ses tenues plus séduisantes les unes que les autres.

Je ne pouvais me sortir de la tête qu'Alice y était pour quelque chose. Mais que pouvait-elle lui avoir raconté ? Elle ne laissait rien transparaitre et je ne voyais aucune faille qui aurait pu me donner un indice.

Peut-être Bella était-elle en train de s'ennuyer de moi, ma peau froide et mon corps sans vie étaient sans doute repoussant à la longue. Néanmoins elle ne montrait aucun signe de lassitude, elle respectait mes réticences étant même souvent la première à se retirer quand les choses risquaient de devenir plus sérieuses.

Parfois, je la surprenais à m'observer, songeuse, cédant à l'espoir, je me persuadais que c'était une lueur de désir qui éclairait ses prunelles. Comme j'aurais aimé avoir accès à son esprit dans ces instants là, ma frustration n'en était que plus grande.

Seuls ses rêves me laissaient de temps à autres effleurer les méandres de ses pensées. Un soir, où je voulais lui monter toute ma gratitude pour la note qu'avait attribuée Mr Randy à mon devoir de biologie, mon baiser avait dépassé les limites que je me fixais habituellement. En fait j'avais été plus perturbé que je ne le pensais par les pensées libidineuses de mon professeur à son égard.

Elle avait mis fin d'un coup à notre étreinte me laissant pantois et dans un état peu digne d'un gentleman. Puis elle avait sombré dans un sommeil agité. Elle ne cessait de gémir, de se tortiller, de s'étirer, prononçant parfois mon prénom dans un soupir de contentement. Elle ne semblait pas souffrir mais au contraire apprécier ce que son inconscient lui faisait vivre.

Stupéfait, j'avais alors compris qu'elle devait faire ce que les humains qualifiaient de rêve érotique. Et d'après ce que je pouvais entendre j'en faisais incontestablement parti. Mon premier réflexe fut de quitter le lit constatant que tous les bruits émis par Bella et la façon dont son corps mince venait se coller au mien, avaient un effet indéniable sur moi. Je me retenais de me jeter sur elle pour que tous ses songes deviennent réalité.

Je devais contrôler cet instinct presque animal enfoui en moi. J'ouvrais la fenêtre espérant que les odeurs boisées et humides de l'extérieur me permettraient de reprendre mes esprits. J'inspirais de longues bouffées quand je l'entendis remuer différemment. Je connaissais ce moment par cœur après toutes ces nuits passées à ses côtés, elle allait se réveiller.

Je reprenais ma place priant pour qu'elle ne remarque pas mon embarras. Elle s'éveilla et je fus soulagé de la voir partir rapidement dans la salle de bain. Le rythme de son cœur et son odeur plus sucrée que d'ordinaire me laissaient imaginer que quelque chose la troublait, peut-être avait-elle été gênée en percevant mon état ? Se pouvait-il qu'elle ne se souvienne pas de son rêve ? Car si ça avait été le cas n'aurait-elle pas dû me sauter dessus à son réveil ?

Elle partit courir. Je me tenais à distance le temps de me calmer et pour lui laisser ce moment de solitude dont elle semblait avoir besoin vu toute l'énergie qu'elle mit à se surpasser avec ses faibles forces d'humaine.

Nous n'avions pas reparlé de cette matinée, mais je ne cessais d'y repenser. Je constatais que mon esprit était uniquement axé sur ce sujet depuis de nombreux jours. J'étais devenu un véritable adolescent en pleine ébullition hormonale. Je commençais à ne plus supporter sa retenue, tiraillé entre l'espoir que comme auparavant elle tente d'aller plus loin et mon angoisse de la voir s'éloigner par ennui. Je n'allais pas non plus tenir longtemps comme ça, il allait falloir que je prenne une décision.

J'en étais à cette étape de ma réflexion quand on frappa à la porte de ma chambre. Bien que ses son esprit m'était ouvert je ne savais pas ce que voulait Jasper.

- Salut Edward, on peut parler ?

- Bien sûr, dis-je en me tournant vers lui.

- Comment vas-tu ?

- Très bien, pourquoi ?

- Tu en es certain ?

- Viens-en aux faits Jasper, tes pensées te précédent…

- Comment l'oublier ! Et toi, considère que tes émotions sont particulièrement exacerbées en ce moment…

- Et ?

- Et bien, je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais en tant que frère et ami, j'ai l'impression de plus en plus forte que tu es au bord d'exploser et je commence sérieusement à m'inquiéter pour toi…

- Il ne faut pas, je n'en vaux pas la peine !

- Ne recommence pas avec ton autoflagellation permanente, ça nous rends tous dingues et je crois que tu as tout pour être heureux actuellement, n'est ce pas ?

- Oui… Mais… Je ne suis pas convaincu de rendre tout le monde heureux… soupirais-je.

- C'est quoi encore ces inquiétudes injustifiées ?

- Toujours les mêmes… Tu avais raison Bella est une jeune humaine avec des envies très prononcées bien que tout à fait naturelles pour son âge et son époque… Et même si je les partage, je suis un vampire… De toute façon c'est du passé maintenant… me lamentais-je.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Disons que depuis quelques jours elle a effectué un net recul dans nos contacts physiques…

- Ah… Et tu crois qu'elle ne t'aime plus, demanda-t-il étonné.

- Non… Enfin je ne sais plus… Ses gestes sont moins… démonstratifs qu'auparavant… Mais elle se dit toujours amoureuse…

- Et tu peux me croire, elle l'est ! dit-il d'un air conspirateur.

- Vraiment ?

- J'en suis certain, elle est dans le même état que toi, prête à exploser, s'en est presque insupportable par moment… Quoique Alice adore ça… dit-il l'air béat.

- Pitié ! Épargne-moi ces images !

- Pardon ! Donc je te disais que pour moi elle est chaque jour un peu plus éprise de toi et un peu plus frustrée !

- Mais alors pourquoi cette distance ? demandais-je perdu.

- A ton avis ?

- …

- Tu veux que je te fasse un dessin ? dit-il avec un clin d'œil.

- … Elle le fait exprès ?

- Évidemment ! Je crois que tu es entré en phase de guerre et Bella viens de gagner le premier duel, d'ailleurs, laisse moi te dire que tu as affaire à un adversaire de taille !

- Permets-moi de te rappeler que la vie n'est pas un champ de bataille !

- Sache que la stratégie militaire est partout, elle est même utilisée pour diriger les grandes entreprises, alors pourquoi pas pour faire craquer un homme un peu prude… m'asséna-t-il l'air taquin.

- Merci du compliment ! Mais je ne vois vraiment pas Bella mettre au point ce genre de plan sournois, elle est plus franche que ça !

- Mmmm, tu n'as pas tort… Peut-être que ça ne vient pas que d'elle… dit-il l'air songeur.

- Alice… soupirais-je en cœur avec Jasper.

- J'aurais dû m'en douter depuis cette maudite journée de shopping ! Elle lui a lavé le cerveau ! C'est incroyable, il faut toujours qu'elle s'immisce partout, elle est impossible ! Et toi je suppose que tu savais tout et que tu cautionnes ça ? grondais-je en faisant les cent pas dans la pièce.

- Hé du calme ! Et je ne suis pas si retors ! Je ne savais rien avant de venir te voir ! Alice ne m'a rien dit, et même si comme tout ce qui vient d'elle c'est un peu excessif, elle fait ça pour ton bien !

- Un peu excessif ? Forcer Bella à s'éloigner de moi ?

- Tout de suite les grands mots ! Il faut savoir ce que tu veux ! Je te signale que le premier qui a reculé de vous deux c'est toi, d'après ce que m'a confié Alice ! Et ne soupire pas, tu as bien accès à nos pensées ! D'ailleurs peu importe, je ne crois pas que Bella fasse des choses pour lesquelles elle ne soit pas entièrement consentante !

Je pris ma tête dans mes mains, il avait tellement raison même si j'avais tendance à trouver plus facile de tout mettre sur le dos de ma sœur.

- Hé oh ne te mets pas dans tous tes états ! Si tu ne le sais pas encore, sache que les femmes sont de vrais stratèges quand elles veulent obtenir quelque chose et Bella est comme les autres. Mais c'est tellement agréable de se laisser faire…

- Donc tu crois qu'elle fait tout ça pour que je sois tellement frustré que je finisse par faire le premier pas et que je cède enfin ?

- Dis donc, t'es long à comprendre pour un vampire centenaire archi diplômé ! me répondit-il, un sourire en coin.

- Ne te moque pas s'il te plait, tout ça est nouveau pour moi… Mais ça ne change rien aux données du problème, je ne peux pas… Je vais la tuer… Je suis condamnée à la perdre Jasper, dis-je désespéré.

- Pas de place au pessimisme ! Tu n'as pas parcouru tout ce chemin, pris le dessus sur ta nature de tueur pour rien ! On en a déjà parlé, tu en es capable, même si tes instincts prennent le dessus ça ne sera pas ceux du vampire, mais ceux de l'humain enfoui en toi, et chacun de tes gestes sera guidé par ton amour pour elle donc tu la préserveras !

- Je ne sais pas…

- Sois confiant, réfléchis-y mais ne tarde pas à prendre ta décision, il n'y a pas de raison de ne pas laisser libre cours à vos envies si vos sentiments sont sincères.

- Je vais y penser, enfin j'y pense déjà depuis plusieurs jours…

Ses traits se firent hésitants. Je le regardais l'air interrogateur.

« Bon et si tu veux des conseils disons… Plus pratiques, n'hésite pas, je te promets d'essayer de tout t'expliquer en gardant mon sérieux… »

- Euh, merci mais je vais me débrouiller seul, dis-je l'air gêné.

Je m'imaginais assez mal devant Jasper me livrant tous les secrets d'un acte sexuel réussi. Après tout j'étais docteur en médecine et la théorie avait peu de secret pour moi.

- Bon comme tu veux mais sache que je suis là…

Nous étions tellement concentrés, que nous fûmes surpris quand la porte s'ouvrit à la volée laissant place à Emmett un sourire jusqu'aux oreilles.

- Alors les fillettes, on fait des cachotteries à tonton Emmett ? lança-t-il de sa voix tonitruante.

Avant même que nous ayons pu ouvrir la bouche pour lui répondre, il brandit deux énormes pistolets à eau et nous aspergea, nous poursuivant dans la pièce alors que nous tentions de lui échapper.

Je maudissais Rosalie qui avait brisé la coutume familiale qui consistait à l'empêcher à tout prix d'entrer dans tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un magasin de jouets. Esmée avait dû instaurer cette règle après qu'il eut détruit une de nos demeures avec une simple panoplie d'apprenti chimiste. Chacun d'entre nous ayant perdu des biens dans l'explosion, n'y avions vu d'inconvénients. Encore moins Rosalie, dont la dernière œuvre mécanique avait été réduite en cendres. Elle devait réellement m'en vouloir pour avoir dérogé à nos interdits.

- Mince Emmett ! Ma chambre va être inondée ! tonnais-je en évitant un nouveau jet qui atterrit sur mon sofa.

- De toute manière, tout le monde sait bien qu'elle n'a jamais servi à rien d'utile cette piaule ! dit-il hilare.

Ses réservoirs vides, il bondit par la fenêtre nous gratifiant de son rire d'ogre.

- Tu vas me le payer ! hurlais-je dans sa direction avant de me lancer à sa poursuite avec Jasper.

Nous finîmes par le rattraper et l'après-midi se passa dans une bagarre mémorable entre les frères Cullen. Cela eu au moins l'effet de me faire penser à autre chose et d'évacuer mon stress. Nous revînmes tant bien que mal, moi la tête d'Emmett sous le bras et Jasper lui tenant les bras dans le dos pendant qu'il se débattait comme un diable. Nous ne le relâchâmes que quand il eut accepté de remettre ma chambre en état.

C'était pour le principe, car ça avait peu d'importance étant donné qu'il n'avait pas tord sur son utilité. Et puis je ne me voyais pas dormir ici avec Bella tant que les habitants de cette demeure étaient dans les parages, d'autant plus si comme me l'assurait Jasper elle était dans le même état de frustration que moi.

Mon frère avait réussi son coup, il avait ébranlé mes convictions. Je n'étais toujours pas décidé mais mon esprit se préparait lentement à céder et à devoir en subir les conséquences.

Je passais la nuit suivante près de Bella, la fête chez son amie Angela avait lieu ce soir. Je ne voulais pas me mêler aux humains plus que de raison. Je les avais pour la plupart rencontrés trois ans plus tôt au lycée de Forks et je savais que tous les efforts d'Alice pour me faire paraître plus vieux ne seraient pas suffisants en plein jour.

Dès l'aube je compris que le soleil radieux qui se levait, allait régler le problème. J'avais quitté à regret la chambre de Bella, lui laissant un mot pour lui indiquer que je la rejoignais à la nuit tombée. Je ne la reverrais pas de la journée car elle m'avait prévenu qu'elle passait son après-midi avec son amie à préparer la fête.

Je partis vers la forêt à l'arrière de la maison des Swan m'éloignant rapidement de Forks. Je décidais de me nourrir pour ne prendre aucun risque ce soir. Je m'arrêtais à la lisière d'une clairière. Me statufiant pour tenter de faire oublier ma présence j'ouvrais tous mes sens à l'affût d'une proie intéressante. Je pouvais entendre les différents rythmes cardiaques des animaux évoluant aux alentours, les odeurs se mêlaient autour de moi. Je perçus enfin l'effluve puissant que je cherchais.

Je ne mis qu'un dixième de seconde à repérer le puma repus qui se prélassait nonchalamment sur une branche baignée de soleil à l'exact opposé de ma position. Je restais sous le vent, à couvert pour ne pas attirer son attention avec l'effet du soleil sur ma peau. Une fois assez près, d'un bond je le rejoignis, le saisissant avant même qu'il n'esquisse un geste.

Alourdi par le festin qu'il avait dû terminer quelques minutes auparavant comme en témoignait la carcasse de cervidé au pied de l'arbre, il lutta à peine quand j'enfonçais mes crocs acérés dans la peau épaisse de son cou. Son sang coula à gros bouillons dans ma bouche, son goût était insipide à peine relevé par son repas récent. Je m'abreuvais jusqu'à la dernière goutte avant de quitter mon perchoir laissant son corps exsangue rejoindre celui de sa dernière prise.

Je restais encore quelques instants dans les bois mais la solitude me pesait, je me résolus donc à rentrer à la villa. Alice était seule et m'appris que les autres étaient partis chasser au Canada. J'étais déçu, pour une fois je me serrais prêté de bon cœur aux jeux d'Emmett pour passer le temps.

Le piano occupa une partie de ma journée. Je me concentrais sur la musique. En milieu d'après midi je ne tenais plus en place, l'attente me paraissait interminable. Je supportais de moins en moins d'être loin d'elle. J'aurais pu me cacher près de la maison de Ben pour l'observer à travers l'esprit de ses camarades, mais il m'aurait été insupportable de voir des garçons dépourvus de scrupules rôder autour d'elle. Et je voulais préserver sa liberté, elle m'avait déjà fait ressentir qu'elle me trouvait un peu trop protecteur, je devais me fier à la confiance inébranlable que je lui vouais.

Je rongeais mon frein en attendant le crépuscule. Alice avait refusé de me préparer avant le dernier moment prétextant que le maquillage ne tiendrait pas assez longtemps. Elle était absorbé par le visionnage de défilés haute couture sur Internet, par moment elle laissait échapper une vision de Bella riant avec ses amis. Parmi eux devait se trouver son ancien petit ami, celui dont j'aurais aimé rompre le cou pour avoir été présent quand j'aurais dû l'être.

La nuit tomba enfin. Ne pouvant attendre plus longtemps j'appelais ma sœur.

- Alice ? Je dois y aller maintenant ! hurlais-je impatient.

« Mmm,mmm, j'arrive ! T'excite pas ! »

- Ça suffit Alice ! Il fait nuit maintenant, je ne vais pas attendre une minute de plus, si tu continues je pars comme ça !

- Non mais tu rigoles ! T'as vu ta tenue ? dit-elle en se plantant devant moi outrée.

Je ne voyais pas en quoi un jean noir délavé, un t-shirt gris et une vieille chemise à carreaux bleue, une des rares que j'avais réussi à préserver des mains de notre tyran de la mode, posaient problème dans une fête d'étudiants.

- Bon ok, on s'y met que j'y aille, s'il te plait !

- Attends, avant on va bricoler un peu !

- Pardon ?

- Ben oui, ta douce Bella va être contrainte de dormir ici ce soir. En tout bien tout honneur ! Et tu ne vas pas la laisser sur ton sofa à peine sec après les idioties d'Emmett, si ?

- Je ne te suis pas là…

- Ne pose pas de question et comme d'habitude fais-moi confiance ! Viens avec moi ! Plus vite tu le fais plus vite tu la rejoindras !

Abasourdi, je la suivi dans le grenier devant des cartons de grandes tailles.

- Voilà, tu montes ça dans ta chambre, j'amène le matelas et les draps.

- Un lit ?

- Ben oui, t'as oublié où dormaient les humains ou quoi ?

- Euh…non…ok !

Je le montais en un tour de main. Le cadre était en fer forgé, tout à fait celui que j'aurais choisi de moi-même. Je n'avais aucune idée de comment il était parvenu jusqu'ici. Alice devenait plus qu'agaçante ces derniers temps avec sa manière d'anticiper tout ce que j'allais faire en me le cachant de la façon la plus ingénieuse qu'il soit. Elle prit un temps fou à faire le lit.

- Arrêtes de trépigner tu me déconcentres ! me harangua-t-elle.

- Enfin Alice c'est juste des draps ! Pas la peine d'y passer des heures, au bout de quelques minutes de sommeil Bella aura tout défait !

- Sommeil ? Ah oui c'est vrai, j'oubliais que tu ne savais pas jouir de ce que la vie t'offrait ! dit-elle le sourire narquois.

- Arrête ça tout de suite ! Si tu crois que je suis dupe de ton petit manège, tu te trompes !

- Tu vois toujours le mal partout !

- En tout cas ne t'imagine surtout pas qu'il puisse se passer quoi que ce soit dans cette maison remplie d'oreilles indiscrètes !

- Ne t'affole pas, ce soir tu n'auras pas la tête à ça mais tu me remercieras demain matin à 9h04 précisément, dit-elle un sourire angélique sur les lèvres.

La vision qu'elle me transmit confirmait ses propos. J'étais lasse de tous ces mystères et je n'avais pas envie de me battre avec elle ce soir pour connaître le fin mot de l'histoire.

- Si tu le dis… soupirais-je résigné.

- Bon ! Trêve de bavardage, occupons nous de toi maintenant !

- Enfin ! L'espoir renaît dans ma pauvre carcasse !

- Ne sois pas sarcastique et va enfiler les vêtements qui sont dans ta salle de bain !

Il s'agissait d'un jean brut bleu, d'un T-shirt noir col en v et d'une veste en cuir marron foncé. Je ne voyais vraiment pas la différence entre cette tenue et celle d'avant mais j'étais résolu à ne pas discuter pour en finir au plus vite.

Elle passa ensuite ce qui me parut des heures à vieillir mes traits. Le résultat était parfaitement trompeur. Elle avait accentué les ridules de mes yeux et donné un effet au bas de mon visage tel qu'on aurait pu croire à une barbe naissante. Le maquillage très léger serait invisible dans les lumières tamisées de la fête.

Je la remerciais ne pouvant nier son talent. Elle haussa les épaules mais je pouvais lire la satisfaction dans son esprit. J'allais partir vers le garage quand elle se planta une nouvelle fois devant moi.

- Avant de partir, j'ai un service à te demander ! Et impossible de dire non, tu me dois au moins ça ! Allons dans le bureau de Carlisle, je cherche un de ses vieux bouquins pour Jasper. Tu connais la bibliothèque par cœur et à nous deux il nous suffira de quelques secondes pour le trouver ! dit-elle autoritaire.

- Je vois que comme d'habitude je n'ai pas le choix même si j'ai la désagréable impression que tu me mènes en bateau pour gagner du temps ! Je ne sais pas ce que tu manigances mais j'espère que tu es sûre de toi, ou tu le payeras cher, dis-je menaçant.

- Je ne sais pas pourquoi tu me prête toujours de mauvaises intentions… dit-elle narquoise alors qu'elle se dirigeait vers les appartements de Carlisle et Esmée.

Je la suivis en ouvrant mon portable, Bella ne m'avait pas appelé. Pourtant je pensais qu'elle se serait étonnée de ne pas me voir arriver, mais elle était sans doute trop absorbée par ses amis pour s'inquiéter de moi. J'appuyais sur la touche de raccourci, j'attendis cinq longues sonneries dans le vide avant de tomber sur la voix mécanique de son répondeur qui me confirma le numéro que j'avais composé. Je refermais d'un coup sec mon téléphone.

Je me joignis alors aux recherches d'Alice, parcourant la tranche des livres le plus rapidement possible. Soudain une vision fugace traversa son esprit que je n'eu pas le temps de capter et dans la seconde qui suivit, elle trouva comme par hasard l'obscur ouvrage sur le moyen-âge en Europe qu'elle cherchait. Je n'avais aucune idée de ce que Jasper et ses étranges passions pouvaient vouloir faire avec et je ne voulais pas le savoir.

- Merci ! Grâce à toi, Jazz ne pourras rien me refuser dans les jours qui viennent ! s'écria-t-elle ravie.

- Comme s'il pouvait te refuser quoi que ce soit ! lui lançais-je en me dirigeant pour de bon cette fois vers ma voiture.

« Bonne soirée petit frère, amuse toi bien et reste calme, veille à ne pas te faire remarquer ! »

Je m'exhortais à ne pas chercher la signification de ces derniers mots. Je fis rugir le moteur de ma Volvo tout du long de la route. Je me garais enfin près de la maison des parents de Ben.

La musique entrainante vrombissait à l'intérieur, je pouvais entendre des cris et des rires qui provenaient de l'autre côté de la maison, le beau temps permettant aux fêtards de profiter du jardin.

Une fois à la porte j'hésitais à sonner ne voyant pas qui entendrait dans ce vacarme. Je toquais par pure politesse et entrais dans le hall de la maison. Sur ma droite se trouvait un salon bondé d'où provenait la musique. Personne n'avait remarqué mon entrée. J'allais dans l'encadrement de la porte la cherchant des yeux.

Dans un coin, celui dont je me souvenais être Ben servait des verres à la chaine. Certains déjà ivres étaient affalés dans les canapés repoussés sur les bords de la pièce pour laisser la place aux danseurs.

Enfin je l'aperçue, là où je ne l'attendais pas, au milieu de la pièce dansant lascivement un verre à la main. Derrière elle un jeune homme que je pouvais qualifier de séduisant suivait ses mouvements une main posé sur sa hanche et devant elle se trémoussait comme un dément Mike Newton.

Je maudissais ma sœur pour m'avoir retenu assez longtemps pour que je découvre cette scène et pour avoir fournit une robe aussi affriolante à Bella.

Concentrée sur la musique, elle fermait les yeux ignorant son environnement. Les deux garçons la dévoraient du regard. Les pensées de Mike n'avaient pas variées depuis le lycée, peu importe la fille, ses fantasmes restaient les mêmes.

Mais l'autre, je compris rapidement que c'était le fameux Alex, les flashes de son esprit mettant en scène Bella dans des situations inconnues pour moi étaient trop précises pour ne pas être réelles. Il était fou de joie car elle passait du temps avec lui sans le repousser. Il était persuadé que l'existence d'un petit ami dont elle lui avait parlé n'était qu'un subterfuge pour le tenir éloigné. Confiant dans la tournure que prenaient les choses, il espérait arriver à ses fins rapidement.

Le venin coulait dans ma bouche, le monstre au fond de moi hurlait, mais ce n'était pas la soif qui l'avait fait sortir, c'était la jalousie à l'état pur. Il calculait déjà les mille façons de l'achever le plus lentement et douloureusement possible.

Une main se posa sur mon épaule me sortant de ma fureur. En quelques millièmes de secondes je repris mes esprits, honteux de mes idées assassines.

- Edward ! Bonsoir, je suis Angela, me dit la jeune fille au visage enfantin devant moi.

Elle faisait un effort immense pour oser m'aborder, intimidée par mon apparence physique et le malaise que je créais habituellement chez les humains. Elle avait peu changé depuis le lycée. Peut être s'était-elle affinée, ce qui lui donnait un air plus mûr, mais ses pensées et son attitude transpiraient toujours la gentillesse.

Elle était peinée et inquiète du spectacle qui s'offrait sous mes yeux. Elle était aussi étonnée que je ne sois pas venu plus tôt. Apparemment Bella avait été raillée par les anciennes langues de vipères du lycée au sujet de son petit ami imaginaire.

- Bonsoir Angela, merci de ton invitation, lui répondis-je en m'efforçant d'afficher mon sourire le plus avenant sans pour autant l'éblouir comme me le reprochait souvent Bella.

- C'est un plaisir de t'avoir avec nous ! C'est drôle de se revoir après tout ce temps ! Tu vas voir il y a plein de vieilles connaissances.

- Oui j'ai vu ça !

- Bon, j'espère qu'on aura l'occasion de discuter plus tard mais pour l'instant je crois que Bella t'attend. Donne-moi ta veste.

Je lui tendis machinalement mon cuir en la remerciant. Elle s'éloigna et je focalisais toute mon attention sur Bella. Je me dirigeais vers le centre de la pièce assailli par les pensées environnantes. Il fallait croire qu'ils m'avaient tous vu sauf elle.

« Oh putain, c'est qui ce dieu vivant ? Oh mon dieu, son cul ! C'est quoi cette coupe de jean ? ça devrait être interdit ! Et ce T-shirt il est trop petit ou c'est lui qui est trop musclé ? Pourquoi je ne l'ais pas remarqué avant ? » glapit un esprit que je n'avais jamais croisé.

Je saisis alors tout l'intérêt de la tenue que ma sœur m'avait fait enfiler. Etre l'objet de telles pensées était absolument gênant, à plus de cent ans, j'allais sérieusement devoir me décider à choisir mes vêtements seul…

« Tiens, Edward Cullen ! Je croyais qu'il avait déménagé celui là… Ça y est c'est foutu, elles sont toutes sur lui ! Ce n'est pas encore pas ce soir que popol va sortir ! Enfin peut-être qu'il a amené sa bombe de frangine ! ».Eric Yorkie n'avait rien perdu de son opportunisme.

« J'y crois pas c'est Edward Cullen ! Comment fait-il pour être de plus en plus beau ! Qu'est ce qu'il fait ? Pourquoi il fonce sur Bella ? Elle en a pas encore assez à se frotter contre elle ! ». Jessica Stanley, elle n'avait pas plus changé que son pendant masculin Mike Newton.

« … ». A côté d'elle, Lauren Mallory était en black out mais ça m'étonnait peu vu le niveau habituel d'activité de son cerveau proche de la platitude.

J'approchais de Bella et enfin elle ouvrit ses yeux qui s'accrochèrent immédiatement aux miens. Elle se figea, le sourire réjouie d'une enfant sur les lèvres, en me découvrant.

Surpris, Mike et Alex levèrent la tête m'apercevant à leur tour. Je quittais deux secondes ses prunelles chocolat pour leur lancer un regard qui ne laissait aucun doute sur mes pensées envers eux. Mus par le même réflexe ils reculèrent d'un pas.

« C'est pas vrai ! Cullen est revenu ! Elles vont toutes recommencer leur cirque avec lui ! Tous les efforts que j'ai faits depuis son départ anéantis ! Et qu'est ce qu'il a à regarder Bella comme ça ? Je veux encore bien partager avec Alex pour un plan à trois, mais avec ce monstre jamais ! ». Mike me dévisageait outré.

« Il me veut quoi celui là avec son regard qui tue ! Bells ne le quitte pas des yeux… Merde, si ça se trouve c'est son mec ! C'était vrai alors cette histoire ? Putain, j'ai cru que c'était un bobard pour m'éloigner et juste au moment où elle baisse la garde le voilà qui débarque ! La haine ! Vu sa tête je vais m'éloigner discrètement, il a la gueule du type qui ne va pas hésiter à te mettre un pain ! J'espère qu'il ne m'a pas vu la chauffer ! ». Je pouvais au moins reconnaître à cet Alex sa perspicacité.

- Edward ! cria Bella ravie.

Elle se jeta à mon cou et je la réceptionnais dans mes bras. Elle était comme toujours éblouissante dans sa robe qui faisait ressortir la couleur de ses cheveux et se fondait avec la carnation de sa peau.

Ne pouvant patienter une minute de plus et dans un geste typiquement masculin de territorialité, je me penchais pour l'embrasser et elle me répondit passionnément. Le message que je voulais faire passer fut immédiatement assimilé. Il y avait presque un arrêt sur image dans la pièce. Ils étaient tous tellement focalisés sur la nouvelle palpitante qu'était notre couple qu'ils ne s'attardèrent pas sur les évolutions de mon physique.

A bout de souffle elle quitta mes lèvres.

- J'en pouvais plus de t'attendre, soupira-t-elle en appuyant sa tête sur mon torse.

- Je vois ça !

- Oh, ça, dit-elle en désignant les danseurs autour d'elle. J'avais juste besoin de me distraire. Jessica et Lauren ont été particulièrement odieuses ce soir, c'était ça ou je leur dévissais la tête ! Et puis Alice m'a supplié de m'amuser !

- Ah… Alice… J'ai comme l'impression qu'elle s'implique beaucoup dans notre couple !

- Je l'aime ta sœur ! Et toi aussi, mais plus ! dit-elle en pouffant.

Cela confirmait son odeur et son goût quand je l'avais embrassée. Je commençais à comprendre pourquoi Alice voulait que je la ramène chez nous pour dormir cette nuit. Je l'entrainais vers les baies vitrées qui donnaient sur le jardin. Une fois dehors je la fis reculer en la tenant par les épaules.

- Oh… souffla-t-elle en me dévisageant de haut en bas. T'es diablement sexy, tu sais ?

- Bella ? demandais-je sérieux.

- Oui c'est moi ! dit-elle en prenant un air faussement innocent.

- Tu as bu ?

- Correction ! Je bois, me répondit-elle en avalant le reste du verre qu'elle tenait toujours à la main.

Je me penchais pour humer ses cheveux.

- Tu as fumé aussi ! lançais-je surpris.

- Oui mais que du bio ! Excellent pour la santé ! dit-elle hilare.

- Tu sais que c'est illégal et mauvais pour ton cerveau ?

- Oui Docteur ! Promis je recommencerais plus ! Je voulais juste profiter des derniers plaisirs de la vie humaine !

- Avant quoi ?

- Av…Waouh ! J'adore cette chanson ! Viens !

Les premières notes de Cold Desert des Kings of Leon retentissaient dans le salon. Elle m'entraina à l'intérieur par la main. Elle se lova contre moi ses mains croisées sur ma nuque. Docile, je posais les miennes sur ses hanches.

Elle était incroyable. Dès que je la laissais seule elle se mettait en danger et tous les mâles du coin lui tournaient autour. Mais je lui pardonnais tout dès qu'elle me touchait ou me regardait.

Je me laissais porter par la musique, par son corps chaud plaqué contre le mien, ses doigts qui s'aventuraient dans mes cheveux. Je laissais mes mains glisser vers le milieu de son dos la serrant un peu plus contre moi. Je réalisais alors que cette maudite robe était pourvue d'un dos nu que seule ma diabolique sœur avait pu convaincre Bella de porter.

Elle émit un gémissement quand mes doigts froids se posèrent sur la peau chaude de la chute de ses reins. J'étais pris au piège. Comment ne pouvait elle pas sentir tout mon désir pour elle ? Combien de temps allais-je lui résister ?

Mais elle ne fit aucun sous-entendu. A la fin de la chanson elle se contenta de lever ses grands yeux vers moi.

- Ne me laisse plus jamais seule comme ça… chuchota-t-elle en déposant un délicat baiser sur ma bouche.

Je ne pus me contrôler et me penchais un peu plus vers elle avide de ses lèvres. Ma main remontant le long de sa colonne vertébrale dénudée jusqu'à plonger dans sa crinière au niveau de sa nuque. Quand ma langue froide caressa sa lèvre inférieure, elle se retira haletante.

- Je reviens, j'ai soif !

Elle détacha sa main de la mienne qui tentait de la retenir. Je prenais alors conscience de tous les regards sur nous et par la même occasion de toutes les pensées.

Angela nous observait un sourire comblé aux lèvres. « Ils sont passionnément amoureux, j'espère pour elle que c'est le bon cette fois ci ! On dirait qu'ils vont se dévorer rien qu'en se regardant ! Comment peuvent-ils être aussi sensuels et réussir à attendre pour faire l'amour ? Qu'est ce qui peut bien les arrêter ? ».

Apparemment le niveau d'intimité que je partageais avec Bella n'avait aucun secret pour elle. Mais après tout elle était sa meilleure amie. Avec ma faible connaissance des relations d'amitié humaines, je supposais qu'il était normal qu'elles échangent sur ce genre de sujet, j'en faisais bien autant avec Jasper.

« Ce mec est une légende ! De toute façon pour lever une nana comme Bella, il n'y a pas le choix… Même Alex ne faisait pas le poids ! ». Ben nous regardait admiratif tenant sa femme par la taille.

Jessica et Lauren étaient bouche bée, comme deux carpes que l'on aurait retirées de l'eau. « Il est trop sexy… Une douche froide, vite il me faut une douche froide ! »… « Comment ose-t-elle le laisser là en plan ! Elle ne lui arrive même pas à la cheville ! Je la déteste, dès qu'elle est là ils bavent tous dessus ! ».

« Putain, je vais faire de la chirurgie esthétique, c'est décidé ! Ça ne peux pas être naturel tout ça ! » bougonnait Mike dans le fond de la pièce.

Je reprenais contenance et suivis Bella. Je voulais qu'elle puisse en mettre plein la vue aux deux harpies affalées dans le canapé. Je vins me coller contre son dos alors qu'elle se servait un verre de tequila.

- Tu es certaine que c'est raisonnable ? susurrais-je dans son oreille.

- Chut, dit-elle en tournant son visage vers moi et en plaquant son doigt sur ma bouche. Tiens je ne t'ai pas présenté Alex ?

Elle se retourna vers lui qui mettait toute son énergie à se noyer dans l'alcool.

- Alex, Edward mon petit ami. Edward, Alex mon ex ! Ouais je sais c'est gênant mais au moins les choses sont claires ! N'est ce pas messieurs ? lança-t-elle en nous désignant de la main.

- Salut, répondis Alex en me toisant.

- Salut, dis-je sèchement.

Ses pensées était de plus en plus explicites, je percevais plus que Bella ne m'avait jamais confié de leur relation. La voir si proche d'un autre homme me rendait malade.

Tels deux vautours, Jessica et Lauren qui avaient assisté de loin à la scène s'approchèrent.

- Alors Bella, nous aussi tu nous présentes ? lancèrent-elles avec un air mauvais.

- Jessica et Lauren c'est ça ? dis-je d'une voix suave avant qu'elle ne leur réponde.

- Tu te souviens de moi ? me répondit la première les yeux écarquillés.

« Oh mon dieu ! J'en étais sûre, je lui ai toujours plu ! Il devait être trop timide au lycée pour oser m'aborder. Il suffit juste que je me débarrasse de la brunasse et il sera à moi ! »

- Pas vraiment… J'ai tendance à oublier les choses sans intérêts mais Bella m'a parlé de vous. Et d'après la description pourtant flatteuse je crois que je vous ai reconnues, dis-je dédaigneux.

J'avais atteints mon but, les carpes étaient à nouveau à l'air libre. Il faudrait sans doute trois jours à la blonde pour comprendre le sens de mes propos.

J'entrainais une nouvelle fois Bella dehors loin des pensées de ses amis.

- Tu les as mouché ces deux pestes ! dit-elle en riant.

- Il me semble que c'était mérité ! dis-je un sourire en coin.

- Mmmm… ouais, merci… Oh j'ai une idée ! Suis moi !

Décidément Bella était déchainée sous l'influence de l'alcool. Elle m'entraina dans son sillage vers le fond du jardin où elle ouvrit un petit portillon qui je le découvris, donnait sur l'arrière du lycée de Forks.

- Où m'amènes tu comme ça ?

- J'aimerais retourner à un endroit avec toi, et si tu acceptes de te servir de tes supers pouvoirs ça pourrait nous aider… répondit-elle sur un ton de conspiratrice.

Elle me conduisit devant le bâtiment des cours de sciences. Je compris alors où elle souhaitait se rendre. Il allait effectivement être nécessaire de passer par la fenêtre, les portes du bâtiment étant sous alarme. Elle s'arrêta sous la salle de biologie où nous nous étions croisés la première fois.

- Tu nous fais entrer ? m'implora-t-elle avec une moue boudeuse.

Ne résistant pas je la fis glisser sur mon dos et je bondis sur le rebord de la fenêtre. Bella poussa un cri de surprise et s'accrocha à moi encore plus vivement. D'un geste habile je fis sauter le pêne de la fenêtre et nous fis entrer sans un bruit dans la pièce à peine éclairée par le halo des lampadaires à l'extérieur du bâtiment.

Une odeur ténue de formol flottait dans la pièce. Je déposais délicatement ma passagère au sol. Elle alla sans un mot vers le tableau noir, ses mains effleurant les paillasses pour se guider dans la pénombre. Instinctivement je pris place à mon ancienne table attitrée et l'observais.

- C'est dingue rien à changé on s'y croirait ! lança-t-elle

- Mr Banner aime la constance…

Elle se retourna et sourit quand elle vit où je me trouvais. Elle revint vers moi. Je ne savais pas si elle le faisait exprès ou si c'était l'effet de la robe, mais tout son corps ondulait quand elle marchait. Je m'accrochais à la paillasse imprimant la trace de mes doigts dans le bois friable que je m'empressais de faire disparaître aussitôt. Cette fois ce n'était pas la soif qui me rendait fou…

Elle vint à mes côtés et s'assit sur la table croisant ses longues jambes, les pieds dans le vide. Elle m'examinait pensive, la tête penchée de côté, les yeux mi-clos.

- Alors ça va mieux ? m'interrogea-t-elle tout à coup.

- Pardon ?

- Et bien par rapport à la première fois ? As-tu toujours envie de me manger toute crue ? dit-elle d'une voix sensuelle laissant sa tête aller en arrière en secouant sa crinière, m'offrant son cou gracile.

La pièce fut aussitôt envahie de son parfum délectable. Le feu dans ma gorge s'amplifia, incandescent, mais il n'était rien qu'un bruit de fond auquel je prêtais à peine attention. A présent c'était un autre type d'incendie qui embrasait mon corps tout entier contre lequel je devais lutter à chaque instant. Chaque vision, chaque geste de Bella ne faisait que l'entretenir et le raviver.

- Hummm, comment dire ça de façon convenable… Ça va beaucoup mieux… Mais l'envie de te dévorer est toujours bien présente… Disons qu'elle a juste prit une autre forme…

Comme à chaque fois qu'elle provoquait ce genre de pensées chez moi, ma voix était rauque. Je sus qu'elle le remarquait aussi car un frisson parcouru son échine. Elle me regarda quelques longues minutes puis contre toute attente, elle bondit de la table et se dirigea vers l'entrée de la classe. Je ne comprenais pas comment elle pouvait résister à la tension qui régnait entre nous ni comment, elle pourtant si maladroite, arrivait encore à tenir debout dans son état.

- Allons faire un tour à la cafet, j'aimerais bien revoir la table des Cullen !

Avant même que je puisse réagir elle avait ouvert la porte, immédiatement l'alarme stridente retentit dans le bâtiment. Bella éclata de son rire cristallin.

- Oups, j'ai fait une bêtise ! chuchota-t-elle espiègle.

Elle porta ses deux mains à sa bouche pour étouffer son fou rire.

- Bella, viens il faut sortir !

Je m'approchais d'elle et la glissais à nouveau dans mon dos. Je la sentais qui pouffait toujours contre moi.

- Allez hue dada ! cria-t-elle en me gratifiant d'une claque sur le postérieur.

Pour son bien, je me promis de ne jamais révéler l'effet que lui faisait l'alcool à Emmett.

Je me faufilais à nouveau par la fenêtre en prenant soin de la refermer pour ne laisser aucune trace de notre passage et filais vers le jardin des parents de Ben.

En laissant Bella glisser au bas de mon dos, la voyant vaciller, je compris qu'elle avait moins apprécié cette dernière course.

- Ça va ? demandais-je en soulevant une mèche de ses cheveux qui barrait son visage.

- On peut rentrer s'il te plait ? Mais je ne veux pas aller chez Charlie… Il me tuerait…, me demanda-t-elle implorante.

- Ça tombe bien je t'amène chez moi. Je crois qu'Alice avait prévu ton état !

- C'est vrai ? C'est la reine du complot ta sœur, tu sais ça ? soupira-t-elle.

- J'ai cru comprendre qu'elle avait particulièrement développé ce talent pourtant inné chez elle ces jours ci ! Viens, allons dire au revoir à tes amis, répondis-je en la soutenant fermement par la taille.

Nous allâmes saluer Angela et Ben. Son amie s'inquiéta en voyant la mine défaite de Bella, mais je la rassurais en lui promettant de prendre soin d'elle avec Alice qui nous attendait chez moi. Elle fut soulagée de savoir que Charlie ne serait pas témoin des excès de sa fille et que je ne risquais pas d'abuser de la situation sous la surveillance de ma sœur. Je lui promis que Bella la contacterait le lendemain après une bonne nuit de sommeil.

Je l'entrainais discrètement vers la sortie pour ne pas qu'elle se fasse remarquer par les autres invités. Ils ne nous prêtèrent pas attention, leur niveau d'ébriété n'ayant rien à lui envier.

Je l'installais délicatement dans ma voiture et roulais aussi lentement que possible. Bella le nez à la fenêtre ouverte geignait de plus en plus.

Une fois à la villa je la soutenais jusqu'à ma chambre, remerciant intérieurement Alice d'avoir eu la délicatesse de quitter la maison à son tour. Je la posais en douceur sur le lit. Assise, elle oscillait légèrement ses mains fermement accrochées au matelas.

- Je crois que ça ne va pas… se lamenta-t-elle.

- Quoi Bella, qu'est ce qui ne va pas ? Dis-moi ? demandais-je inquiet.

- Toilettes…vite… dit-elle hoquetant, les deux mains devant la bouche.

Je la guidais vers la salle de bain attenante. Elle se précipita sur la cuvette des WC vomissant tout le contenu de son estomac alors que je me penchais pour tenir ses cheveux. Son corps était secoué de spasmes.

- Va-t-en… Ne regardes pas ça… supplia-t-elle en me repoussant d'une main.

- Je reste, dis-je fermement.

Son estomac finit par se calmer. Sa peau était maintenant recouverte d'une fine pellicule de sueur et elle tremblait. Elle se recula et se recroquevilla dans un coin de la salle de bain.

- Tu devrais prendre une douche bien chaude, je vais te chercher des serviettes, dis-je doucement.

Je ne fus pas surpris de les trouver sur la console de la salle de bain à côté d'un tube d'aspirine et d'un verre. J'en saisis un cachet.

- Tiens bois ça avant.

- …Peux pas…

- Allez un petit effort, ça ira mieux après, dis-je encourageant.

Elle accepta enfin et se roula en boule, tremblante sur le sol pendant que j'ouvrais les robinets d'eau.

- Il faut que tu te laves, je te laisse, dis-moi quand tu as fini…

- … Non pars… Laisse-moi… Je veux disparaître… J'ai trop honte…

- Bella, tu n'as pas à avoir honte. Je ne veux pas te laisser. S'il te plait, il faut te lever et aller sous la douche.

- Aides moi… m'implora-t-elle.

Les larmes qui perlaient dans ses yeux eurent raison de moi. Je la relevais délicatement et l'aidais à se dégager de la robe souillée qui tomba au sol dans un bruissement de tissus. Je faisais tout pour ne pas la regarder en culotte devant moi. Heureusement elle avait plaqué ses bras sur sa poitrine nue. Elle tremblait de toutes ses forces.

- Je t'en supplie Bella, peux tu faire l'effort d'enlever le reste de tes vêtements.

Je me retournais fermant les yeux pour ne pas voir son reflet dans le miroir. Je crevais d'envie de la regarder mais pas comme ça, pas avec elle dans cet état, ça aurait été la trahir. J'entendis le morceau de tissu glisser le long de ses jambes pendant un temps qui me paru infini.

- Ça y est, dit-elle en grelottant.

Je devais garder mon calme et ne pas réfléchir au fait qu'elle était entièrement nue derrière moi.

- C'est bien, va dans douche maintenant.

Je perçus ses pas sur le carrelage puis le bruit de l'eau sur son corps et sa supplication dans un murmure.

- Reste, s'il te plait…

Je me collais dos au mur de séparation de la douche. Il m'était impossible de ne pas distinguer le frôlement de ses mains sur sa peau pendant qu'elle se savonnait. Mon corps rêvait de vivre sa propre vie et de la rejoindre mais une infime part de ma raison me faisait tenir par respect pour elle.

Elle finit par couper l'eau et toujours le dos tourné je lui tendis les serviettes.

- Merci, souffla-t-elle en s'enroulant dedans.

Elle fut prise de grelottements. N'y tenant plus je lui fis face. Je la frictionnais tentant de la réchauffer.

- Ne bouge pas je vais te chercher des vêtements.

- Un truc à toi s'il te plait… murmura-t-elle.

Je revins avec un de mes t-shirt à manches longues et un vieux short qu'Alice avait du oublier de jeter. Je le passais sur sa tête, elle leva les bras un par un en tenant la serviette en place avec l'autre. Puis je me baissai pour qu'elle passe chacun de ses pieds dans le short, le remontant jusqu'à ses genoux. A mon grand soulagement elle termina elle même de l'enfiler avant de laisser tomber la serviette.

Ma sœur nous avait laissé tout le nécessaire pour Bella. Je pris la brosse à cheveux tandis qu'elle s'asseyait sur le panier à linge. Je m'agenouillais derrière elle et entrepris de démêler son épaisse chevelure. Elle se démaquilla et se lava les dents avant de lever les yeux vers moi.

Son air penaud, la voir là dans mon t-shirt trop grand qui cachait ses mains et mon short qui lui tombait sous les genoux, me firent complètement fondre. Je l'aimais, je la voulais entièrement pour moi. Suivant mon instinct je l'enlaçais et la berçais.

- Tu m'as fait peur, je déteste te voir malade… soufflais-je dans ses cheveux.

- Pardonne-moi, j'ai été stupide…

Je l'attirais vers la chambre et l'incitais à s'allonger sur le lit. Elle s'accrochait à mon t-shirt comme une naufragée.

- Je suis là… dis-je rassurant.

Je l'enroulais dans la couette et la repris contre moi.

- Je suis tellement désolée de t'avoir infligé ça…

- Tu es libre de faire ce que tu veux, de t'amuser avec tes amis…

- Ce n'était pas pour m'amuser… J'ai paniqué parce que tu n'arrivais pas et puis…

- Et puis ?

- Et… Je sais c'est lamentable de se mettre dans cet état pour ça mais… J'ai l'impression d'être loin de toi, que tu maintiens une distance entre nous et je ne la supporte plus… Je veux devenir comme toi Edward… Je t'en supplie transforme moi… Ne me laisse pas… Je veux pouvoir tout partager avec toi… m'assena-t-elle le visage levé vers moi, ses yeux vrillés dans les miens.

- Chut, Bella… pas maintenant… suppliais-je.

- Tu ne veux pas, je le savais… sanglota-t-elle en s'éloignant de moi.

- Non… Enfin si ! Je ne sais pas… S'il te plait n'en parlons pas ici pas comme ça… dis-je désespéré en l'attirant à nouveau à moi.

Elle poussa un soupir de détresse qui me déchira le cœur. Cette fois, ce n'était plus une possibilité à peine évoquée, elle avait exprimé catégoriquement sa volonté, mon pire cauchemar, la seule chose que je ne pouvais lui offrir. Et je savais qu'elle n'abandonnerait pas. Je devais gagner du temps, lui prouver que je pouvais la combler si elle restait humaine. Une seule chose me vint alors à l'esprit.

- Bella, je t'aime, je veux tout de toi, sache-le… Je te promets de te le prouver, il ne te manquera plus rien. Dors…Demain je t'emmène avec moi… dis-je d'un ton assuré en la regardant fixement dans les yeux, son visage entre mes mains.

J'embrassais son front et elle se blottit contre moi. Elle se détendit d'un coup, comme si elle déposait les armes… A moins que ce ne soit le soulagement de la victoire… Jasper avait raison, il était si agréable de lui céder… Déjà mon esprit préparait l'escapade que je venais d'imaginer.

Cette soirée au contact de ses amis m'avait fait comprendre à quel point j'étais maintenant prêt à prendre tous les risques pour assouvir le désir qu'elle provoquait en moi, pour devenir entièrement son petit ami tel qu'elle l'envisageait. Mais ça ne pouvais pas être une simple pulsion, il fallait que nous soyons complètement seuls, je voulais que le décor soit parfait.

Au matin j'entendis Alice rentrer, je lus dans son esprit qu'elle souhaitait que je la rejoigne au rez-de-chaussée. Je quittais à regret Bella. Ma sœur oscillait entre joie et inquiétude, les visions défilaient dans sa tête.

- Ça va être parfait Edward ! Et tout se passera bien, j'en suis certaine ! Très bon choix de destination ! J'ai anticipé et Esmée est d'accord !

Elle me tendit une pochette contenant des billets d'avions.

- Pourquoi une escale en Floride ? demandais-je surpris en l'ouvrant.

- Je suis désolée Edward, mais tout est flou après votre retour, je ne peux pas voir clairement, elle doit aller voir sa mère je crois que c'est important. Vous devez partir, vivre votre histoire, les choses s'obscurcissent après…

- Tu veux que je parte avec ce que tu me dis ?

- Oui, c'est maintenant, il faut que vous viviez l'instant présent ! Il ne faut pas rester ! Nous t'appellerons si quelque chose arrive…

- Victoria ?

-…Non ce n'est pas elle, trop immobile, c'est autre chose plus flou, quelque chose qui n'est pas encore décidé…

- Les Volturi ?

- Impossible…Aucune raison… Edward je suis désolée c'est l'avenir, c'est trop loin. Ça sera limpide dans quelques jours quand les choix seront faits et si ça se trouve ce n'est absolument rien d'important…

- Promets-moi de m'appeler à la moindre alerte !

- Juré ! J'ai préparé des valises pour vous deux. Charlie est d'accord, Sue va venir vivre chez lui. Il reste juste à prévenir Marc et Rachel, mais ils ne verront pas d'inconvénients à laisser quelques jours de vacances à Bella…

- Je balance entre l'envie de t'étriper et de te remercier Alice, c'est normal ?

- Ah ! Regarde il est 9h04, dit-elle en m'adressant un clin d'œil complice.

- Quelle exactitude ! C'est bon, tu as au moins gagné pour ça, je te remercie d'avoir organisé notre voyage…

- Tu me remercieras sincèrement pour tout plus tard, tu verras… Bella se réveille …

Je remontais en quelques secondes dans ma chambre pour assister à son réveil assis par terre au niveau de son visage. Elle ouvrit les yeux, désorientée. Elle m'étudia à la recherche d'un signe quelconque qu'elle trouva sans doute car d'un coup ses traits redevinrent sereins.

- Mmmmm, pourquoi ? gémit-elle.

- Pourquoi quoi ? demandais-je doucement.

- Pourquoi la douleur dans mon crâne est-elle l'exact opposée de la sensation de découvrir ton visage à mon réveil ? Ça devrait s'annuler non ?

- Non je ne crois pas, ta vue et ma gorge brulante de ton odeur sont un tout qui ne me lâche pas.

- C'est vrai, tu ne laisses tellement rien transparaitre que j'ai tendance à oublier ce que tu endures pour moi…

- Ne dis jamais ça ! Ta présence vaut toutes les douleurs Bella et ne t'en fais pas pour moi je ne souffre plus…

- En parlant de ça… Encore une fois pardonnes moi pour hier, j'ai honte de ce à quoi tu as dû assister à la fête… et ici, dans la salle de bain…

- Je t'aime Bella dans toutes les situations ! Et c'est moi qui te présente mes excuses, je suis venu trop tard, Alice m'a retenu et j'ai eu tort de me laisser faire…

- Alice…

- En tout cas, tout ça m'a permis de réfléchir, je ne sais pas quels sont précisément tes souvenirs de cette nuit mais accepterais-tu de partir en voyage avec moi quelques jours ?

- …Je…oui…ou ça ?

- Nous pourrions rendre visite à ta mère pour commencer, ça fait longtemps que tu ne l'as pas vu non ? Et après c'est une surprise…

- Je ne raffole pas des surprises…

- Tu me fais confiance ?

- Oui, et oui j'accepte, Renée sera ravie de te connaître, qui sait quand je la reverrais… Par contre Charlie risque de ne pas être de cet avis… Et puis il y a mon travail…

- Alice a déjà tout planifié avec ton père et elle soutient que Marc et Rachel seront ravis de te donner des vacances !

- Elle fait toujours ça ?

- Et bien pire ! Il faudra t'y faire…

Ravi, je picorais son visage encore ensommeillé de baiser avant de l'inviter à aller prendre un petit déjeuner en bas.

La matinée se déroula rapidement, Bella appela son travail et tout se passa comme l'avait prévu Alice. Elle alla saluer Charlie et en profita pour compléter ses bagages, suspicieuse des vêtements préparés par ma sœur. Son père nous laissa repartir, non sans bougonner, persuadé que j'entrainais sa fille dans la débauche en l'invitant à dormir chez moi et en l'emmenant en voyage à l'autre bout du pays.

Bella me demanda une dernière faveur avant de quitter Forks. Je la déposais à son pick-up qui était resté devant chez Ben. Elle profita de l'occasion pour aller rassurer Angela, puis elle se rendit à la Push.

Une demi-heure plus tard elle me rejoint à la villa. Tous les membres de ma famille étaient rentrés de leur périple de chasse. J'allais l'accueillir sur le perron. Elle sortit de la voiture avec Seth qui se tenait derrière elle intimidé. Elle se tourna vers lui.

- C'est ton grand jour Seth, profites-en, je vais te faire rencontrer les Cullen !

- C'est vrai ? C'était ça toutes ces cachotteries ?

- Disons que je voulais que tu évites de faire une gaffe devant Sam et Paul !

- Oh t'es vraiment trop forte ! Je t'adore Bella, dit-il en la serrant dans ses bras.

- Du calme tu m'étouffes ! Pour commencer je te présente Edward…

- Salut Edward trop content de te connaître ! me dit-il en me tendant la main.

Je la saisis étonné par la différence de température entre nos deux corps. Il ne tressaillit pas à mon contact, n'eut aucun mouvement de recul. Au contraire il était heureux de vivre enfin ce moment. Bella m'avait prévenu des souhaits du garçon mais je n'avais pas vu à quel point ils étaient sincères et désintéressés.

Je me doutais que Bella se servait de lui pour créer un lien entre la meute et les miens. Elle non plus n'oubliait pas Victoria et elle voulait que nous puissions nous allier si elle attaquait à nouveau, même si elle n'était pas présente pour créer le trait d'union entre nos deux clans ennemis.

Seth nous accompagna à l'intérieur. Les présentations avec le reste de la famille furent tout aussi étranges. Le jeune indien était toujours aussi enthousiaste, serrant les mains de ceux qui le souhaitaient.

Carlisle qui détestait la violence était ravi qu'un loup puisse avoir un tel comportement. Esmée était attendrie par son visage encore juvénile et ses expressions enfantines. Curieux, Emmett et Jasper répondirent à sa poignée de main. Rosalie ne lui accorda pas un regard et s'éloigna avec un reniflement dédaigneux. Alice elle plissait le front, son pouvoir ne fonctionnant plus correctement en présence du loup.

Seth nous assura de sa sympathie et implora Carlisle de l'appeler si nous avions besoin de l'aide de la meute. Bella souriait rassurée par cette alliance fragile. Mais je pouvais deviner qu'elle s'inquiétait pour son demi-frère qui allait devoir expliquer cette rencontre à son retour à la réserve. Il repartit avec la voiture de Bella qu'il se chargea de ramener chez elle non sans nous avoir souhaité chaleureusement un bon voyage.

Après avoir fait nos adieux à ma famille, Alice et Jasper nous conduisirent à Seattle, où nous prîmes un vol vers Jacksonville. Ma décision était arrêtée, mais aurais-je le courage de m'y tenir ? Je ne pouvais ôter de mon esprit l'infime part de ma raison qui me disait que tout ceci ne serait pas sans conséquences…


Bon Edward, faut qu'on cause…

T'as pas honte de te faire manipuler comme ça par des nanas ? Non ? Comment ? T'aimes ça ? Et bien bravo ! Vingt sur vingt !

Et bien moi je vais te dire ce qui te pend au nez si tu persévères ! Oui monsieur ! Il faut bien que quelqu'un ait le courage de te dire les choses en face, et pas la peine de montrer tes crocs enduits de venin, tu ne me fais pas peur !

Alors voilà mon grand, tu vas non seulement perdre ta virginité préservée depuis plus de 100 ans… Quoi ? Ça te fait rire ? T'es fier ?

Écoute-moi bien, car ce n'est pas fini… Tu vas devenir père ! Ah ! Tu fais moins le malin ! Ben ouais, la capote ce n'est pas que pour les humains !

Mais attends, le pire reste à venir, sois fort, ce que je vais t'annoncer n'est pas facile… ton rejeton va se prénommer… Renesmée…

Ben, ne parts pas comme ça en hurlant ! Il y a sûrement une solution ! L'abstinence, tu sais, ce n'est pas si mal quand on y pense !

Allez, reviens ! Sans toi ils ne voudront jamais appuyer sur le bouton en bas !