Vous n'imaginez pas la joie que j'ai de vous annoncer la publication de mon nouveau chapitre ! Yatta !
Je sais que j'avais dit il y a quasiment un mois que la suite était presque prête mais, que voulez vous, je ne suis pas aussi fiable qu'un vampire télépathe !
Finalement, il m'a fallut un long, très long et laborieux travail de relecture pour arriver à quelque chose de concluant. Et étant donné que je n'ai pas eu une minute à moi jusqu'au week-end dernier, c'était compliqué !
J'espère que de votre côté tout le monde est resté dans l'avion et que vous êtes prêts à décoller ou plutôt à atterrir…
Petite tribune à Morea905, qui elle a faillit y aller à la nage ! Merci de m'avoir encore soutenue ! Maintenant tu as la lourde tâche de me décerner, ou non, la Meyerite d'or. J'espère juste que tu me supplieras de te laisser Edward encore quelques jours pour redescendre en température…
Et oui pour les plus observatrices (et les autres), vous constaterez un changement de rated. Pourquoi, et pourquoi maintenant me demanderez vous ? Et bien, au commencement ce n'était pas prévu. Mais, au risque de choquer les accrocs du rated T et surtout de décevoir les fanas du lemon dégoulinant, comme je ne savais pas très bien où se situaient mes écrits ci-dessous, je prends mes précautions, un lecteur avertit en vaut au moins deux... Et comme de toute façon je suis radiée à vie de la SPCOMLL (ça c'est pour celles qui suivent, enfin s'il y en a…), je n'ai plus rien à perdre…
Un grand merci à toutes les fidèles pour votre patience. Et je me permets de saluer votre sens aiguisé de la déduction, aurais-je foiré mon effet de suspens car vous avez toutes deviné où ils allaient… Pour celles qui ont prédit que ce serait chaud, je vous laisse seules juges…
A oui avant que j'oublie, je me suis permise de faire quelques modifs étant donné que je n'ai jamais accroché avec la maison de l'île d'Esmée, donc je vous en livre ma version... (Ça c'était pour les puristes que j'embrasse bien fort). Sinon vous naviguerez sur une Cigarette Racing 46' AMG (Ça c'est pour celles qui aiment visualiser les choses, allez googler cette petite merveille…) que je trouvais tout à fait en phase avec Mister Edward, rien que de l'imaginer aux commandes… (et merde plus de touche espace, où est le sèche cheveux ?)
Pour la sans compte :
Karen : le retard de ma publication est égal au retard de mes remerciements, tu ne voulais qu'une chose la suite, la voilà enfin… Merci.
Une grosse pensée pour Stephenie Meyer, à qui les personnages et l'histoire originale appartiennent, ça n'a pas dû être facile tous les jours d'écrire cette partie de Breaking Down…
Musique : quand vous serez en mer « Your hands around my throat » suivi de « Dirge » de Death In Vegas (c'est à cause du mot bolide…) et « My love » de Sia pour… ben devinez pour quoi, bande de malignes !
Mesdames et Messieurs, ici votre capitaine, nous allons atterrir dans quelques minutes à Rio De Janeiro, il est 3h06 heure locale, la température extérieure est actuellement de 28°C, le temps est dégagé. Toute l'équipe d'Air Lamia se joint à moi pour vous souhaiter un agréable séjour au Brésil et nous espérons vous accueillir prochainement sur un de nos vols...
Chapitre 16 : La surprise
POV Bella
Il faisait encore nuit lorsque notre avion atterrit au Brésil. Edward ne m'avait toujours rien dit sur l'endroit où nous allions. La dernière journée chez ma mère avait été un vrai supplice, j'avais tellement hâte de savoir et j'avais eu beau faire il ne m'avait donné aucun indice pas plus que sa sœur qui m'avait traitée d'enfant gâtée au téléphone.
Mon impatience s'était muée en en agacement quand Renée avait eu l'idée saugrenue de sortir les albums photos de mon enfance. D'abord étonnée de l'intérêt qu'Edward y portait, au fur et à mesure les voir tous les deux rire aux éclats, au lieu de me faire plaisir m'avait contrarié.
Je m'étais cachée dans ma chambre le reste de l'après-midi me morfondant sur mon sort en rangeant nos valises. Au fond de moi ce qui m'embêtait le plus était de savoir que jamais je rencontrerais une personne qui me dévoilerait les secrets de l'enfance à jamais oubliée de celui que j'aimais.
Dans la voiture en direction de l'aéroport, il avait tenté sans succès de me sortir de mon mutisme. Je l'avais suivi en trainant des pieds, daignant lever la tête quand il m'avait demandé de sa voix la plus douce mon passeport. A ce moment là je m'étais sentie stupide, j'avais compris les reproches d'Alice, Edward ne voulait que mon bonheur.
Nous étions devant le comptoir d'enregistrement des premières classes pour un vol à destination de Rio de Janeiro, il m'offrait tout et je n'étais même pas capable de profiter de sa simple présence à mes côtés. Lui adressant un sourire penaud, j'avais laissé déborder ma joie.
Malgré le confort de nos sièges, cette fois, je ne dormis pas beaucoup durant le voyage. J'étais dans un tel état d'excitation que je n'arrêtais pas de parler, noyant Edward sous un feu de questions. J'évitais avec soin d'évoquer notre voyage, m'attardant sur des sujets plus anodins. Il répondait avec patience mais je pouvais sentir la nervosité le gagner peu à peu.
Quand le pilote annonça notre atterrissage imminent, je replongeais dans mon silence habituel. Après avoir récupéré nos bagages nous débouchions à l'extérieur. J'étais déstabilisée par l'ambiance. Tout était nouveau pour moi, la chaleur étouffante, les bruits, les odeurs, la langue inconnue, la foule grouillante bien que l'heure soit plus que matinale... J'essayais de me raisonner en m'invectivant à profiter de chaque observation. J'avais toujours rêvé de voyager à l'étranger et voilà qu'à peine sortie du premier aéroport j'étais paralysée.
Edward dû ressentir mon malaise car son bras puissant vint entourer mes épaules et il embrassa furtivement le sommet de mon crâne. Je me détendis quand je le vis s'adresser dans un portugais fluide à un chauffeur de taxi qui chargea nos valises dans son coffre. Comme si savoir qu'il pouvait communiquer sans difficultés avec les personnes autour de nous me donnait un repère auquel me raccrocher.
Une fois à l'intérieur Edward ne relâcha pas son étreinte.
- Ça va ? chuchota-t-il à mon oreille.
- Oui, je suis juste impressionnée par tout ce dépaysement…
- C'est compréhensible, Rio est forcément déroutant après Forks !
- Vu comme ça c'est certain !
- Dans quelques heures nous serons au calme et tu pourras t'acclimater tranquillement.
- Tu ne veux toujours pas me dire ou nous allons ? dis-je la mine suppliante.
- Je ne vais quand même pas vendre la mèche maintenant, si proche du but !
- Ok, mais ma patience a intérêt à être récompensée, dis-je malicieuse.
Il se raidit quelques secondes.
- J'espère Bella, j'espère t'offrir tout ce que tu mérites, murmura-t-il.
Je me serrais contre lui, contemplant le panorama nocturne autour de nous. Nous longions le bord de mer, nous dirigeant peut-être vers un hôtel.
Nous étions toujours dans la ville quand le taxi s'arrêta devant une immense grille. Edward ouvrit la fenêtre et présenta son passeport au gardien, échangeant quelques mots avec lui. Le portail s'ouvrit lentement et notre véhicule pénétra dans une marina privée éclairée par de puissants projecteurs. Je distinguais d'immenses yachts amarrés sur les premiers embarcadères.
Suivant les instructions de mon compagnon, le chauffeur nous déposa devant le dernier ponton. Le taxi s'éloigna vers l'entrée nous laissant seuls. L'air était plus supportable ici avec la légère brise marine. Le vent faisait tinter les haubans contre les mâts des voiliers, un bruit familier pour moi qui, mêlé à l'odeur d'iode me rappelait les fois où petite, mon père m'avait emmenée naviguer dans l'Etat de Washington puis en Californie quand j'avais refusé de passer mes vacances à Forks.
Saisissant nos bagages d'une main, Edward m'entraîna de l'autre sur le ponton. Bien que tout autant fastueux, les navires ici étaient de tailles plus modestes. Il s'arrêta devant un magnifique offshore. Si mes connaissances en voiture étaient absolument pitoyables, j'avais quelques notions sur les bateaux inculquées par Charlie, qui lui était un vrai passionné. Je souris en imaginant sa mine ébahie s'il était ici avec nous.
Edward sauta d'un geste souple sur le pont de l'embarcation et défit la bâche qui recouvrait le poste de pilotage. Il déposa nos valises dans la cabine et mit les appareils de navigation sous tension. Il m'aida ensuite à monter à bord.
Je m'installais sur le siège passager tandis qu'il démarrait. Un bruit puissant brisa le calme environnant alors que les moteurs au point mort ronronnaient en crachant de l'eau à l'arrière. Les amarres larguées, il manœuvra pour sortir de la marina. Une fois au large il augmenta la vitesse, la proue se souleva fendant les vagues dans la baie de Rio.
Dernière nous la ville scintillait, l'ombre des pains de sucre nous entouraient, devant nous le ciel étoilé s'étendait à perte de vue. Edward était debout concentré, sur son visage éclairé par le tableau de bord, je distinguais son sourire témoin de son plaisir à piloter ce genre d'engin.
- Ça va ? dit-il en se tournant vers moi.
- Oui !
- N'hésite pas à me dire si tu trouves que ça va trop vite.
- Non, non, ça va très bien.
- Où est ma Bella qui ne supporte pas que je dépasse les 70 miles par heure sur les routes désertes du comté d'Olympic ? me lança-t-il un sourire taquin aux lèvres.
- C'est différent…
- Et en quoi ? demanda-t-il intrigué.
- Et bien… Déjà il n'y a pas d'arbres sur lesquels je pourrais m'écraser…
- Tu es quand même consciente que si tu percutais l'eau à cette vitesse le choc ne serait pas des plus agréables sans parler de l'hypothermie !
- Ouh ! Tu es un vrai manuel de sécurité à toi tout seul tu sais !
- Désolé c'est mon côté surprotecteur qui ressort…
- Je plaisante ! Bien sûr que je connais les risques en mer mais les sensations sont moins effrayantes qu'une route bordée d'arbres, voir qu'un vampire qui traine au milieu de la chaussée... Et puis Charlie m'a bassiné sur la sécurité routière toute mon enfance par contre on a beaucoup fait du bateau ensemble et il a su me transmettre sa passion sans me terroriser.
- Je ne savais pas que tu t'y connaissais en nautisme.
- S'y connaître est un bien grand mot mais j'apprécie ! En tout cas, je n'étais jamais montée sur une cigarette ! D'ailleurs elle est sublime !
- C'est une autre des passions mécaniques de Rosalie. C'est un modèle inspiré la SLS AMG de Mercedes et comme tu peux t'en douter elle a fait des pieds et des mains pour l'obtenir malgré qu'il ne soit pas encore construit en série…
- J'imagine qu'il lui a suffit d'aligner quelques billets pour que ça ne soit plus un problème…
- Effectivement… Un peu plus d'un million de dollars si mes souvenirs sont exacts… Nous avons la chance que l'argent ne soit pas un obstacle à nos envies… dit-il gêné.
- A ce sujet, je voulais te remercier pour ce voyage, rien que ce tour en en mer est bien plus que je n'aurais espéré !
- Je souhaite que la suite te plaise autant ! Et si tu aimes tellement ça, nous avons le même bateau dans un hangar près de Port Angeles, je t'emmènerais en ballade dans la baie de Seattle si tu le souhaites…
- C'est vrai ? J'adorerais ça ! Je peux te demander quelque chose ?
- Tout ce que tu veux.
- Peux-tu accélérer encore un peu ? dis-je d'une petite voix coupable.
- Incroyable ! Si seulement on m'avait dit ça de toi… me répondit-il avec son sourire en coin.
Il abaissa la manette des gaz, notre esquif volait à présent au dessus des vagues. Nous laissions derrière nous un sillage énorme. La sensation de vitesse était enivrante dans cette espace ou nous étions seuls au monde sans aucune autre embarcation à l'horizon.
Les premières lueurs de l'aube apparurent sur notre droite. J'en déduis que nous nous dirigions vers le nord, mais mes souvenirs de géographie ne me permirent pas d'identifier ce qui pouvait se trouver dans cette direction au large du Brésil.
J'abandonnais toute tentative de recherche quand le miroitement des premiers rayons du soleil sur la peau d'Edward accrocha mon regard. Toujours debout, il pilotait agilement notre bolide des mers, sa chevelure bronze agitée par le vent, un sourire joyeux éclairait son visage. Il était divinement beau, un ange, mon ange...
Je m'enfonçais dans mon siège, savourant les sensations de notre course, la vue du lever de soleil et de son profil. Au bout d'une demi-heure, je pus enfin distinguer à l'horizon un morceau de terre qui se détachait dans la brume de chaleur matinale.
En nous approchant, je constatais que c'était une île envahie de végétation. L'eau profonde jusque là comme en témoignait sa couleur marine intense, devint limpide. Je pouvais distinguer les récifs et le sable sous la surface.
Devant nous s'étendait une plage d'un blanc immaculé avec en son milieu un long embarcadère en bois. Au fond, une jungle luxuriante de cocotiers, frangipaniers et bougainvilliers, cachait le reste de l'île à notre vue. Nous accostâmes et Edward sauta sur le ponton pour amarrer notre bateau. Il m'aida à descendre et je restais figée face au spectacle devant moi. Il m'observait, me laissant prendre mon temps.
- Où sommes-nous ? demandais-je en chuchotant.
- Sur l'île d'Esmée.
- Rien que ça…
- Carlisle la lui a offerte il y a des années pour qu'ils puissent avoir un lieu rien qu'à eux. Elle a eu la bonté de nous la prêter pour notre voyage.
- C'est très généreux de sa part, dis-je toujours perdue dans la contemplation du paysage.
- C'est aussi un des rares endroits sur cette planète ou le soleil domine presque tous les jours et où je pourrais rester à tes côtés même si tu veux profiter de la plage.
- L'endroit parfait… soupirais-je.
- J'espère…
- J'ai rien contre, mais tu comptes me construire une cabane pour dormir ou ça sera à la belle étoile ?
- Pour qui me prends-tu ? N'oublie pas que c'est l'île d'une passionnée d'architecture et de décoration d'intérieur !
- Il y a une maison ? Mais où ça ?
- Devant nous, elle donne de l'autre côté de l'ile dans une anse protégée pour ne pas être visible du large. Tu es prête ? Il faut marcher mais ça ne devrait pas prendre plus de dix minutes…
- Dix minutes ? Je croyais qu'on était en vacances ! plaisantais-je.
- Tu veux que je te porte ? répondit-il inquiet.
- Contente-toi des bagages, pendant ce temps là je veille à ne buter contre rien dans cette jungle hostile !
Je le suivis silencieusement. Après avoir progressé péniblement dans le sable, je regardais perplexe le mur de végétation quand je vis Edward disparaître devant moi. Avait-il décidé de foncer à la maison et de revenir me chercher ? Je soulevais les palmes qui le cachaient à ma vue pour découvrir un sentier invisible de la plage qui s'enfonçait dans la forêt tropicale.
Au bout des dix minutes promises, nous débouchâmes sur une vaste étendue herbeuse. Une superbe demeure en bois de style colonial, ceinte par une galerie sur chacun de ses deux niveaux, se dressait entre nous et le rivage.
Edward monta les trois marches qui accédaient au rez-de-chaussée et ouvrit une persienne me laissant entrer devant lui. J'admirais l'atmosphère de la pièce principale, la décoration était épurée, le mobilier dans des tons clairs était disposé sur un parquet ayant la patine de l'ancien. Un voilage blanc se soulevait paresseusement au grès de la brise me laissant apercevoir la plage par la fenêtre ouverte.
Je suivis Edward à l'étage. Il déposa nos valises dans une chambre lumineuse où un immense lit à baldaquin trônait face à la vue imprenable sur la mer. Derrière le mur sur lequel il s'appuyait, une salle de bain tout en bois ouvrait sur l'autre côté de la maison offrant un panorama sur la forêt.
Je me dirigeais vers la galerie qui donnait sur la plage. M'appuyant contre la rambarde, je contemplais le paysage époustouflant. Je vis deux mains blanches se poser de part et d'autre des miennes et je le sentis contre mon dos.
- Ça te plait ? souffla-t-il dans mon cou.
- C'est magnifique Edward… Je ne savais même pas que ce genre d'endroit existait… C'est le paradis !
- Mon paradis c'est toi Bella… murmura-t-il dans mon oreille avant de m'embrasser dans le cou.
Le contact de ses lèvres me fit frissonner malgré la chaleur. Sentant mon trouble, il se recula.
- Veux-tu te reposer ? Prendre une douche ?
- Je ne dirais pas non à une douche !
- Dans ce cas, fais comme chez toi. Je descends te préparer quelque chose à manger et ensuite je te fais faire le tour du propriétaire.
Il se retira me laissant seule. Je déballais mes affaires et restait longtemps sous le jet d'eau tiède qui me délassa après notre voyage. Une fois prête, je descendis avec enthousiasme, impatiente de découvrir l'île. Il m'attendait dans la cuisine. Je dévorais de bon cœur le sandwich qu'il m'avait préparé sous son regard amusé.
- C'est délicieux ! Et toi tu n'as pas faim ? articulais-je difficilement, la bouche pleine.
- Il n'y a rien de consistant pour moi ici, il faudrait que je rejoigne le continent. Mais ne te tracasse pas pour moi, je me suis nourri plus que de raison avant que nous partions de Forks.
- Donc si je comprends bien je suis le seul truc comestible sur ce bout de terre perdu au milieu de l'océan ? dis-je en feignant la frayeur.
- Mmmm, c'est vrai ça… Et en plus t'es drôlement mignonne pour un truc comestible… J'espère pour toi que tu cours vite… dit-il d'un air faussement menaçant.
- Je me défends. Mais si j'étais à ta place, j'attendrais encore un peu, sinon tu n'auras plus rien à manger pour le reste du séjour… répondis-je innocemment.
- Quelle sagesse pour une si jeune humaine, je vais suivre tes conseils. En attendant, je t'emmène prendre un peu l'air, tu n'en seras que plus savoureuse, ajouta-t-il sur un ton séducteur.
A nouveau, un frisson me parcourut. Il avait raison j'avais besoin de m'aérer.
Il m'entraina pendant le reste de la journée à travers l'île. J'étais subjuguée par la flore luxuriante que je n'avais vue que dans des serres jusqu'à présent et la faune complètement différente de ce que je connaissais. Edward lui se passionnait de mon émerveillement à chaque découverte.
Le soleil s'abaissait déjà quand nous revînmes vers la maison, je n'avais pas vu le temps passer. A la vue des vagues qui léchaient paresseusement la plage, j'eu la soudaine envie de piquer une tête me doutant que la température de l'eau devait être idéale.
- On se baigne ? demandais-je d'un air enjoué.
- Si tu veux, répondit-il surpris.
Je bondis à l'étage pour enfiler mon bikini et revint aussi vite en courant. Edward adossé à la galerie m'observait. J'entrais d'un coup dans l'eau, c'était un vrai délice. Je plongeais la tête la première et ressortis en regardant vers le rivage. Il n'avait pas bougé.
- Alors tu viens ? criais-je dans sa direction.
- Les dauphins entrent dans l'anse le soir, alors si tu veux en profiter, il ne vaut mieux pas…
- Ce n'est pas avec les dauphins que j'ai envie de nager ! Viens avec moi s'il te plait !
- Ok...
Il entra dans la maison pour en ressortir quelques secondes plus tard. Même ainsi, en maillot de bain, j'avais encore l'impression d'être face à une gravure de mode. Les derniers rayons du soleil couchant faisaient miroiter sa peau, il était à couper le souffle. Les choix vestimentaires d'Alice y étaient sans doute pour quelque chose, mais il y avait plus, au delà de son corps taillé de muscles puissants et fins, son être tout entier dégageait une aura particulière.
Il entra timidement dans l'eau sans doute gêné par mon regard sur lui. En quelques mouvements il se trouva à ma hauteur. Je nageais sur place pendant quelques instants, puis sans réfléchir je l'éclaboussais et profitant de sa surprise j'appuyais de toutes mes forces sur ses épaules pour le couler. Il se laissa faire et je pris la fuite en direction du large.
Il avait disparu sous la surface de l'eau. Je m'arrêtais pour regarder autour de moi. Il n'était nul part. Je sentis quelque chose de froid entourer ma cheville. Par réflexe je me mis à hurler et à me débattre quand deux bras m'entourèrent, m'entraînant vers le fond. J'ouvrais les yeux dans l'eau pour me trouver face à son visage souriant. Pas une bulle ne sortait de ses narines et de sa bouche entrouverte.
J'avais peut-être eu tord de provoquer un vampire dans un milieu où il avait un net avantage sur moi. Je laissais sortir de mes poumons la dernière bouffée d'air qu'ils contenaient et il battit puissamment des jambes pour me remonter vers la surface.
- Tu croyais pouvoir gagner ? dit-il en riant.
- Non je voulais juste voir tes cheveux mouillés, dis-je en passant une main dans sa chevelure trempée, me mordant la lèvre au souvenir du passage dans la salle de bain de ma mère.
Je me dégageais de son étreinte, continuant à nager. Il resta à ma hauteur ou sous la surface, me frôlant par moment. Le contact de sa peau froide dans l'eau chaude était électrisant. Nous restâmes dans l'eau jusqu'à la tombée de la nuit. Je sortis peu rassurée par la couleur d'encre qu'elle avait prise, qui me rappelait un film d'horreur vu dans ma jeunesse. En me dirigeant vers la salle de bain je me dis qu'il n'y avait que moi pour m'inquiéter plus de quelques créatures des fonds marins inoffensives que du vampire qui me tournait autour.
En redescendant, je profitais de l'ordinateur portable d'Edward pour consulter ma messagerie, avoir accès à Internet au milieu de nul part, encore un secret de la famille Cullen. J'écrivis un message rapide à mes parents pour les informer que nous étions bien arrivés à destination comme je leur avais promis. J'allais me déconnecter quand je reçus un mail d'Alice, machinalement je l'ouvris, écarquillant les yeux au fur et à mesure que je le lisais.
Je n'y crois pas Bella ! Es-tu certaine de te rappeler pourquoi tu as fait tout ça ? Ou alors c'était peut-être juste pour t'amuser ?
Ne compte plus sur moi pour t'aider à l'avenir si tu n'y mets pas du tient ! D'ailleurs l'excuse de la faim est absolument minable !
Je t'interdis de revenir à Forks sans avoir achevé le plan ! Tu n'as pas le choix il va falloir que tu passes à la casserole…
Ne m'oblige pas à vous rejoindre, même Jazz ne pourra pas me retenir !
Je t'aime, sois digne de moi.
XOXO
A.
Je refermais l'ordinateur d'un coup sec. Mais de quoi se mêlait-elle ? Oui, je lui avais demandé son aide, mais elle oubliait que cette propension qu'avait Edward à vouloir que tout soit parfait n'arrangeait rien… Et ce n'était certainement pas en lui sautant dessus que j'allais l'aider à se détendre, sans compter que moi aussi toute cette histoire allait finir par me rendre nerveuse.
- Ça va ? m'interrogea Edward dans l'encadrement de la porte.
- Ouais, je n'aurais pas dû lire mes mails ! Je crois que je vais complètement me couper du monde pendant que nous sommes ici !
- Excellente idée ! Tu apprendras vite que le vrai repos ne peut être atteint que lorsqu'on est complètement hors de portée d'Alice !
- Comment sais-tu qu'Alice m'a envoyé un mail ? dis-je en rougissant.
- Je ne connais qu'elle pour mettre les gens dans cet état, et vu qu'elle ne m'a pas épargné, j'ai supposé que toi non plus… me répondit-il avec un sourire en coin.
- Décidément tu la connais par cœur !
- Quelques décennies de pratique. Allez, oublie là ! Que veux-tu faire maintenant ?
- En fait j'ai horriblement faim… dis-je piteuse, comprenant enfin la remarque de sa sœur.
- Oh oui, excuse moi j'ai du mal à intégrer tes besoins vitaux d'humaine !
- Ce n'est rien, je vais me préparer un truc rapide.
Je pénétrais dans la cuisine et restait ébahie par le contenu du réfrigérateur. La magie des Cullen avait encore frappée… Il me regarda me préparer une salade après m'avoir indiqué qu'il avait dressé le couvert sur la galerie.
J'eus donc l'honneur de déguster mon repas à la chandelle face à la mer. Je n'avais jamais été une grande romantique, mais être là avec lui sous la voute céleste, sur ce petit paradis terrestre, même moi je n'y résistais pas.
Il me guida ensuite vers une chaise longue sur la plage. Je me positionnais entre ses jambes, m'appuyant sur son torse suivant, son doigt du regard alors que sa voix de velours me décrivait les nombreuses constellations de cet hémisphère. De temps à autre je levais les yeux vers son profil qui me dominait, la contemplation de ses traits taillés au burin me faisait presque oublier notre environnement.
Exténuée après le manque de sommeil du voyage et par notre journée, bercée par son ténor, je finis par m'endormir. J'arrivais à peine à refaire surface quand il me souleva dans ses bras. Je sentis qu'il me déposait sur le lit et je m'enfonçais avec délectation dans les oreillers sombrant dans le sommeil le long de son corps qui me procurait une fraicheur salvatrice.
Je n'avais jamais aussi bien dormi. Je me réveillais dans un bain de lumière, j'entendais les vagues au loin, des senteurs florales embaumaient la pièce. Il n'était plus à côté de moi, mais, provenant du rez-de-chaussée, je distinguais en sourdine la musique d'un piano.
Je me calais contre la tête de lit, le regard perdu dans la vue qui s'offrait à moi, songeant à la veille. Je devais avouer qu'Alice avait en partie raison, si nous continuions comme ça Edward allait encore avoir toute sa vertu pour les cent prochaines années et moi j'allais regagner la mienne par ma rigoureuse abstinence.
Mais je ne voulais plus suivre son maudit plan, nous devions retrouver la spontanéité et le naturel de notre relation. Je n'allais plus m'astreindre à tenir une distance en attendant qu'il fasse le premier pas, j'allais vivre l'instant présent sans plus rien calculer.
Je me décidais enfin à me lever pour constater que la matinée était déjà bien avancée. Je m'installais dans un sofa face au piano pour prendre mon petit déjeuner en profitant du concert privé qu'il m'offrait. Au relâchement de son corps, je devinais que jouer était un exutoire pour lui, un moyen de se détendre de la même façon que j'allais courir. J'étais fascinée par ses doigts virtuoses qui volaient sur le clavier. Il m'adressa un sourire qui me fit fondre quand il entama ma berceuse.
Le reste de la journée se déroula comme la précédente, à explorer chaque recoin de l'île. En fin d'après midi je lui demandais d'en faire le tour en bateau. Nous montâmes à nouveau sur le luxueux hors bord, nous élançant à toute allure sur la mer calme et déserte.
Devant mon air envieux, il finit par me passer les commandes. Il se tenait derrière moi corrigeant mes gestes. Piloter cet engin était jubilatoire. Quand je levais la tête vers lui je pouvais voir qu'il était ravi lui aussi. Le jour tombait quand nous retournâmes au ponton.
Une fois sur la terre ferme je passais les bras autour de son cou et le remerciais en l'embrassant légèrement. Je m'étais à peine écartée, que sa bouche revint me chercher, sa langue glacée caressa mes lèvres entrant en contact avec la mienne. Ses mains descendirent dans mon dos puis passèrent sous la fine chemise que je portait par dessus mon maillot de bain. Ce contact m'électrisa, je me collais contre lui enfonçant mes doigts dans ses cheveux.
Je réalisais que nos rapprochements physiques avaient été plus que sages depuis que nous étions ici. Ces quelques gestes avait suffit à réveiller mon irrésistible envie de lui. Je mis fin à notre étreinte et pris sa main.
- Viens… dis-je dans un souffle.
Je marchais vers la maison, ce sanctuaire à l'abri de tous regards. D'un mouvement rapide mais doux il me souleva dans ses bras et quelques secondes après me déposa devant la demeure.
Je l'entrainais vers les marches. Quand j'eus franchi la première je me retournais vers lui. Mon visage était à sa hauteur, je pouvais lire sur le sien un mélange de désir et d'inquiétude. Mais le temps de la réflexion était révolu, je voulais suivre mon instinct.
Je saisis les bords de sa chemise entrouverte et plongeais dans l'ambre de ses yeux. Ma voix était rauque, mon souffle haletant, mon cœur battait la chamade.
- Edward, je t'aime, j'ai envie de toi… Aime moi s'il te plait…
La lave en fusion envahit ses prunelles. Je retrouvais sa bouche, mes doigts déboutonnant fébrilement sa chemise avant de la faire glisser le long de ses épaules et de ses bras. Il fit de même et je me plaquais contre lui, m'embrasant.
Je n'étais pas la seule à me laisser submerger par mes sensations. Ses lèvres se firent plus avides, sa langue prit entièrement possession de ma bouche. Il me fit reculer. Je suivis son mouvement, rassurée par ses bras qui m'entouraient.
Je finis par sentir la façade de la maison derrière moi. Il ne lâcha pas mes lèvres alors que ses mains descendaient lentement jusqu'à mes fesses. Nos corps s'accordant, il me soutint alors que j'entourais sa taille de mes jambes. Le dos plaqué au mur, je sentis son désir tandis qu'il se pressait contre moi. Je gémis.
- Bella, ça va ? Je te fais mal ? souffla-t-il sur mes lèvres.
- Non, ne t'arrête pas, serre moi, je veux te sentir… répondit-je haletante.
Reprenant notre baiser, il se colla plus fortement, une de ses mains remontant lentement le long de mon bras jusqu'à mon cou. Je le sentis tirer sur le nœud qui retenait le haut de mon maillot de bain. Il fit de même dans mon dos et se recula de quelques centimètres, déjà chaque parcelle de ma peau hurlait de douleur réclamant à nouveau son contact.
- Ça fait des heures que je rêve de faire ça, murmura-t-il de sa voix de velours qui me rendait folle.
Je sentis le bout de tissu glisser et il le jeta négligemment derrière lui. Il me contemplait, me soutenant toujours d'une main, l'autre traça un chemin de mon cou à mon nombril dans une caresse plus légère qu'une plume.
- Tu es si belle… dit-il de sa voix de plus en plus rauque.
Il suffisait qu'il parle pour que mon corps réagisse encore plus. Il entreprit d'embrasser chaque partie de mon visage descendant vers mon cou, mes épaules, je me cambrais alors lui offrant ma poitrine, ses baisers se firent plus lents, plus tendres, sa langue s'attarda. La chaleur s'amplifia dans tout mon être.
Il saisit mes poignets dans son cou et les ramena au dessus de ma tête contre le mur, tandis que sa bouche continuait son exploration. Sa main libre allait et venait sur ma peau. J'allais me consumer, je n'avais jamais rien éprouvé de tel avec de simples caresses.
Il me libéra et mes doigts retournèrent immédiatement dans sa chevelure. Mes jambes l'entourant toujours, lentement il me décolla du mur me soutenant et se dirigea à l'intérieur.
- Bella… chuchota-t-il hésitant.
- La haut, dis-je fermement ne lui laissant aucune échappatoire.
Dans un déplacement d'air nous nous retrouvâmes dans la chambre. Je desserrais mon emprise retrouvant le sol sous mes pieds nus. Je n'avais aucune idée de ce qu'il avait pu advenir de mes baskets.
Je le dirigeais vers le lit, le fixant dans les yeux alors que je cherchais la fermeture de son pantalon à tâtons. Laissant le vêtement glisser à terre, je pris ses mains pour l'inviter à faire de même avec mon short. Je pouvais lire l'appréhension dans son regard alors que nous étions debout l'un devant l'autre, presque nus.
- Je t'aime, murmurais-je sur ses lèvres alors que je le repoussais sur le lit ou il se laissa tomber assis.
Je vins alors m'agenouiller au dessus de lui, l'embrassant, caressant ses cheveux, son dos, laissant mon torse reprendre contact avec le sien. Il fit de même, sa langue se faisait de plus en plus aventureuse, sa bouche de plus en plus accessible.
Je glissais une main entre mes cuisses caressant son boxer, il gémit, attisant le brasier en moi. Je le regardais, essayant de lui transmettre toute la confiance que j'avais en lui, pendant que je retirais délicatement le dernier bout de tissu qui le recouvrait.
Il était devant moi, aucun vêtement ne faisant entrave à mes yeux qui se délectaient de son corps d'une beauté irréelle. Je ne pus retenir un rougissement quand je vis son désir pour moi. Ôtant mon bas de maillot, je posais mes mains sur ses épaules et m'installais sur lui, sa virilité frôlant mon intimité.
Tout mon corps le réclamait, il ne bougea pas, ne tressaillît pas d'un muscle, quand lentement je me glissais sur lui, le sentant pour la première fois en moi. Je distinguais ses poings crispés qui tordaient les draps.
Je plongeais sur ses lèvres, m'enfonçant encore plus sur lui, je ne pus retenir un gémissement. J'approfondis mon baiser allant à la rencontre de sa langue, mes doigts s'enfoncèrent dans sa chevelure désordonnée. Je commençais un lent mouvement de mon bassin, savourant chaque réaction de mon corps.
Ses mains se posèrent enfin dans le creux de mes reins remontant en caresses jusqu'à mes épaules. La glace de sa peau ne faisait qu'augmenter le feu en moi. Ses hanches m'accompagnèrent.
Incapable de me contrôler, j'augmentais la cadence. Il grogna. D'un geste imperceptible je me retrouvais allongée, sous lui. Il m'imposa un rythme plus lent et profond, j'avais l'impression que j'allais exploser à chacun de ses mouvements.
Ses mains me parcouraient à vitesse inhumaine me donnant le sentiment qu'elles étaient partout sur moi. Il enfouit son nez dans mon cou, inspirant comme s'il s'enivrait de mon odeur. Puis sa langue à la texture du satin s'attarda à l'intérieur de mon poignet dans le creux de mon coude. Mes jambes entourèrent sa taille, il accéléra, s'enfonçant entièrement en moi.
Ses dents à la froideur de l'acier frôlèrent ma peau près de mes clavicules laissant une légère brûlure qui n'était rien en comparaison de ce que je ressentais. Je savais qu'il risquait de me mordre mais ma confiance en lui n'avait pas de limite. Sa langue retraça le chemin inverse calmant immédiatement la douleur. Il émis un feulement qui, au lieu de m'inquiéter, m'excita encore plus.
Je croisais son regard presque noir, je savais ce qui lui faisait cet effet. J'allais à la recherche de sa bouche et y trouvais le goût métallique du sang. A cet instant la peur m'était étrangère. Pourtant j'étais à sa merci, d'un infime geste il pouvait me briser, me réduire à néant, mais c'était la première fois que je percevais aussi lucidement d'un côté le danger qu'il représentait et de l'autre son contrôle guidé par la force de son amour.
Ses yeux se firent à nouveau ambre, et je me retrouvais au dessus de lui. Il posa une main sur ma hanche, l'autre remonta de mon ventre à mes seins, les parcourant de caresses, puis elle descendit effleurant mon intimité. Je ne taisais plus mon plaisir. A chaque coup de reins, je sentais mon corps se contracter autour de lui. Jamais je n'avais vécu une expérience pareille. Je n'étais plus que sensations, mon cerveau, ma raison, étaient à mille lieux de cet endroit.
- Je t'aime Bella, murmura-t-il sensuellement de son ténor rauque.
Sa voix me rappela quelques secondes dans la réalité pour mieux me renvoyer dans les limbes de ce moment. Je me perdis à jamais dans la lave de ses yeux, je ne l'avais jamais vu, plus belle, plus intense, cette teinte n'existait pas dans la nature, elle n'appartenait qu'à lui, qu'à nous, qu'à cet instant. Tout mon corps se mit à vibrer.
- Edward… fut la seule parole qui sortit de mes gémissements.
Alors que les vagues en moi s'espaçaient, je le vis à son tour céder à son orgasme. Je crus percevoir un bruit semblable à celui d'une branche qui se brise, l'oubliant aussitôt quand il m'embrassa, tremblant. Je le serrais contre moi jusqu'à ce qu'il retrouve son calme, puis nous nous étendîmes enlacés dans le silence tout juste troublé par le bruit du ressac et des animaux nocturnes. Je m'assoupis encore dans l'extase de ce que je venais de vivre.
Je repris peu à peu pied dans la réalité en constatant qu'il ne bougeait pas. J'avais l'habitude de sentir ses mains me caresser, sa voix de velours me bercer lorsque je m'endormais. Son immobilité finit par me sortir de ma transe. Intriguée, je m'étirais, me délectant de mon corps endolori par l'intensité de ce que je venais de lui faire subir.
Je me soulevais sur mon bras pour l'observer. Éclairé par la lumière blafarde de la lune, il avait replié ses deux bras derrière la tête, le visage fermé. Pour me rassurer, je me remémorais ses mots, ses gestes, tout avait été parfait. Je ne comprenais pas son attitude.
- Edward, qu'est ce qui ne va pas ?
Pas de réponse, pas un mouvement.
- Edward ?
Toujours rien, l'inquiétude grandit en moi. Sans réfléchir je m'agenouillais sur le lit et le secouais par les épaules.
- Edward ? Réponds-moi s'il te plait !
Il ne bougea pas d'un millimètre sous mes secousses.
- Edward, tu me fais peur ! l'implorais-je.
Je vis alors ses prunelles fauves se poser sur moi et la douleur s'empara de ses traits. Affolée, je pris son visage entre mes mains.
- Edward, tu as mal ?
- Comment oses-tu me poser cette question ? demanda-t-il torturé.
Soulagée de le voir enfin réagir, je retombais sur mes talons.
- Explique moi ce qui se passe, dis-je perdue par son étrange réaction.
- Tu me demande si j'ai mal, regarde toi Bella… Regarde ce que je t'ai infligé… dit-il d'une voix empreinte de souffrance.
Il plaqua ses mains sur ses yeux qui étaient fixés sur mon corps. Dans l'incompréhension la plus totale, je regardais mes bras mais je ne voyais pas ce qui chez moi pouvait le mettre dans un tel état.
POV Edward
Je replongeais dans ma catatonie. La honte me paralysait. Je tentais sans réussite de faire taire mes pensées dévastatrices. Mais encore une fois sa voix me ramena à la surface.
- Excuse-moi, mais je ne saisis pas, aurais-tu l'obligeance de m'éclairer sur ton comportement ?
Je pris conscience de ses mains qui essayaient de déplacer les miennes. Elle ne pouvait pas ne pas avoir vu ce que je lui avais fait, elle ne pouvait pas ne pas me craindre, elle ne pouvait pas ne pas haïr le monstre que j'étais. Même si son pardon m'était interdit, je lui devais au moins des excuses.
Je me redressais et l'invitais à me suivre. Osant à peine la toucher, je la positionnais face au miroir en pied du dressing de la chambre. La lumière crue du plafonnier la fit cligner des yeux. Nous étions nus, mais la pudeur était le dernier de mes soucis à cet instant. Elle balaya sans s'attarder son reflet puis elle me détailla. Je lus de l'adoration dans son regard. Je ne la méritais pas. Même si ça voulait dire la perdre, je devais lui faire comprendre.
- Regarde toi Bella, regarde ce que je t'ai fait…
Elle observa son image, intriguée.
- Je ne comprends pas, qu'y a-t-il ? dit-elle avec un air égaré.
Lentement mon doigt traça un chemin sur son bras, s'arrêtant aux endroits où s'étalait l'ombre d'hématomes naissants. Je remontais à ses clavicules parcourant en tremblant quatre stries rouges et fines. Je continuais, m'arrêtant sur toutes les marques que je lui avais laissées, témoins de ma lâcheté qui m'avait fait choisir mon plaisir au détriment de ma maitrise et de sa sécurité.
Ma main retomba ballante et je baissais la tête en m'éloignant lentement. J'attendais sa réaction, résigné. Serait-ce de l'hystérie, de la peur, de la colère ?
- Edward ? dit-elle d'une voix ou perçait l'incompréhension.
- Je savais que c'était une mauvaise idée, je n'aurais pas dû… C'est trop dangereux pour toi… N'aie pas peur, je ne te toucherai plus… énonçais-je d'une voix monocorde
Elle me prit au dépourvu, se retournant les poings sur les hanches.
- C'est une plaisanterie ? Tu te mets dans des états pareils pour quelques bleus qui auront disparus dans trois jours ? me lança-t-elle fulminante d'une colère différente de celle à laquelle je m'étais attendu.
Mais elle se méprenait.
- Oui, Bella, et il n'y pas que ça… J'ai failli te mordre…
- Mais merde Edward ! Tu es un vampire, non ? cria-t-elle hors d'elle.
Je restais prostré face à sa fureur.
- Depuis la première fois où nous nous sommes croisés, tu as eu des tas d'occasions de me tuer en un quart de seconde et tu ne l'as pas fait. Ce soir tu as poussé tes limites au delà de ce qui t'était concevable et encore une fois tu as résisté, tu as même pu te permettre de goûter mon sang, mais j'ai vu tes yeux à ce moment là et ce n'est pas la frénésie mais ton amour qui a pris le dessus…
Elle ne pouvait pas avoir si peu d'instinct de survie, elle ne pouvait pas me complimenter pour mon comportement abject, elle ne pouvait tout simplement pas continuer de me faire confiance, c'était inconcevable pour moi. Elle reprit la parole, son ton avait changé.
- A moins que tu n'aies pas apprécié ce que nous venons de partager, peut-être qu'à toi ça ne t'a fait aucun effet…
Je relevais brusquement la tête. Ses yeux humides étaient remplis de doute. J'étais vraiment un imbécile. Comment avais-je pu l'amener à de telles pensées ? Je devais les effacer immédiatement.
- Bella, ne dis pas ça ! Je n'ai jamais rien vécu de tel, ce que tu m'as fait ressentir était inimaginable… Comme en témoigne la tête de lit d'Esmée… Mais tout ça ne doit pas être au détriment de ton bien-être…
Elle tourna la tête et sourit en voyant les dégâts que j'avais causés. Elle n'avait toujours aucune réaction rationnelle devant les preuves de ma monstruosité.
- Et c'est quoi le problème ? Tu as peur de te faire gronder par ta maman parce que tu as cassé tout son beau mobilier ? dit-elle moqueuse.
- Bella, ne plaisante pas avec ça ! lançais-je dépassé.
- Et pourquoi pas ? En tout cas je vais te le dire une bonne fois pour toute, Edward, alors sois attentif ! Tu n'es pas le seul à avoir vécu une expérience grandiose alors ne compte pas sur moi pour m'arrêter là ! Pour ce qui est des marques, elles sont uniquement les preuves de la force de ton amour pour moi. Cela étant dit, si jamais tu m'annonces maintenant, qu'il ne se passera plus rien entre nous, c'est simple je remonte immédiatement sur ce foutu bateau et je quitte l'île sur le champ ! La suite de notre séjour est entre tes mains ! dit-elle menaçante en me pointant du doigt.
- Mais Bella… commençais-je suppliant.
- Non Edward, il n'y a pas de mais, dis-moi juste si je dois rester !
Je me laissais tomber assis sur le lit, vaincu.
- Reste…
- Enfin une parole sensée ! Tu as un quart d'heure, je vais manger un truc en bas et quand je remonte je veux retrouver mon petit ami heureux d'être ici avec moi, lança-t-elle joyeusement en enfilant une nuisette.
Elle descendit dans la cuisine, je pouvais sentir d'ici l'odeur écœurante de la nourriture humaine. Je revêtis mon boxer qui trainait par terre avant de me glisser sous le drap. Prenant enfin conscience du sérieux de ses paroles, je me résignais à suivre son opinion, à m'accepter tel que j'étais, un vampire amoureux d'une humaine.
La partie de mon cerveau qui se délectait encore de mes ébats avec Bella, se raccrocha à cette idée. L'optimisme me gagna. Je laissais mes pensées vagabonder en l'attendant, mais je n'avais pas prévu la tournure qu'elles prendraient au moment où elle remonta, repue et sereine.
Elle se lova contre moi en baillant. Dans un geste de contrition, je pris sa main, l'embrassant avec ferveur. Je me mis à jouer avec ses doigts, espérant qu'elle n'avait pas vu ma mine soucieuse quand elle était entrée dans la chambre. Se mettant à plat ventre, elle soutint sa tête avec son autre main, levant les yeux vers moi.
- Ne me dis pas que tu ressasses encore la conversation de tout à l'heure !
C'était moi le télépathe et c'était elle qui lisait en moi comme dans un livre ouvert. Je tentais de détourner son attention.
- Pardonne moi pour tout ça et rassure toi, tu ne navigueras pas cette nuit, tu es redoutable quand il s'agit de convaincre !
- Tu as pourtant été à bonne école avec Alice !
- Crois moi tu n'as rien à lui envier pour certains côtés !
- Je vais considérer ça comme un compliment ! Bon, maintenant dis-moi ce qui te tracasse encore et inutile de démentir je commence à te connaître.
Elle m'avait repéré, je n'allais pas m'en sortir à si bon compte.
- C'est rien, un détail, oublie ça…
- Oui mais un détail qui te perturbe donc qui a son importance !
- C'est vraiment sans intérêt, passons à autre chose s'il te plait…
- Parle.
- Non, c'est inutile.
- Parle.
- Non, je pense que je t'ai assez contrariée pour la journée…
- Tu crois qu'en me disant ça, je vais laisser tomber ? Je me vois dans l'obligation d'employer les grands moyens, je vais devoir briser notre enclave de solitude, j'appelle ta sœur, dit-elle en se levant.
J'utilisais le dernier moyen en ma possession pour qu'elle abandonne. Attrapant délicatement son bras, je la fis rouler sur le lit jusqu'à ce qu'elle soit au-dessous de moi. Mes lèvres entrèrent doucement en contact avec les siennes, mes mains parcourant son corps. Elle se débattit en rigolant.
- Non… Non… C'est de la triche… dit-elle haletante.
Cédant, je la relâchais. Elle en profita pour se lever, se tenant fièrement devant moi, une main sur la hanche.
- Puisque c'est comme ça tu ne me laisses pas le choix, tu n'auras plus le droit de toucher tout ça tant que tu ne m'auras pas parlé, dit-elle hautaine en désignant son corps de bas en haut de l'autre main.
Je m'assis sur le bord du lit, prenant ma tête entre mes mains.
- Je ne peux pas Bella c'est stupide, tu vas détester ça… dis-je désespéré.
Elle s'assit à mes côtés et entoura mes épaules de son bras.
- Rien n'est stupide venant de toi, vas-y je t'écoute…
- Ne te méprends surtout pas, faire l'amour avec toi était l'instant le plus parfait de ma longue existence mais…
- Mais ?
- Je n'arrive pas à m'enlever de l'esprit que nous aurions dû être mariés, dis-je piteusement.
Elle partit d'un fou rire, immédiatement interrompu quand elle vit mon visage sincère.
- Tu es sérieux ?
- Oui, Bella… Je viens d'une autre époque, si nous nous étions rencontrés à ce moment là, je t'aurais fait la cour avant d'aller voir ton père et de te demander ta main… J'aurais à peine osé t'embrasser…
- Edward… Je… J'ai vraiment un problème avec le mariage, surtout si jeunes… Je pense que j'ai été vaccinée par mes parents… Pour moi ça n'a pas la valeur que ça a pour toi… Je suis désolée…
- Tu n'as pas à l'être, je t'avais dit que c'était stupide…
- Non, tu as bien fait de m'en parler, mais la robe meringue, les demoiselles d'honneur et tout le tralala, je ne peux pas… dit-elle tentant de ramener un peu de légèreté entre nous.
- Ce n'est rien, n'en parlons plus. Il faut que tu dormes maintenant, tu sembles épuisée… dis-je doucement en caressant son visage.
Elle ne protesta pas, s'enfonçant rapidement dans le sommeil. Malheureusement pour moi je ne n'avais pas ce refuge pour échapper à la torture de mes pensées. Je pris la fuite peu avant l'aube, lui griffonnant à la hâte un message tandis qu'elle dormait profondément à mes côtés.
Il fallait que je me ressaisisse et pour cela je devais m'éloigner d'elle. J'avais presque tout gâché et je savais qu'elle ne tolérerait pas un remords de plus de ma part. Mais elle n'imaginait pas à quel point il m'était douloureux de voir son corps mutilé sachant que j'en étais le seul responsable.
J'étais parti à la nage avançant sous la surface, j'avais pris la décision de chasser. Même si je ne voulais pas que mon erreur d'hier soir se reproduise, je ne pouvais pas prendre le risque d'être affamé si j'étais à nouveau en contact avec son sang.
A ce moment, mon instinct avait été le plus fort, mes dents avaient incisé sa peau suffisamment pour qu'elle libère quelques infimes gouttes de son nectar mais pas assez pour que mon venin la contamine. Par prudence et pour en savourer chaque particule, j'avais soigneusement nettoyé la blessure avec ma langue.
Tout aurait pu basculer. Ma première réaction avait été de planter profondément mes crocs dans sa jugulaire pour m'abreuver de ce merveilleux liquide floral, légèrement sucré, à la saveur la plus subtile qu'il m'est été donné de rencontrer. Mon corps était en feu, ma gorge était comme le fer rougeoyant d'un forgeron, j'étais persuadé que les flammes de l'enfer auraient été une douce caresse à côté.
Et j'avais croisé son visage, ses joues rosies par le plaisir, sa lèvre inférieure qu'elle mordait tentant de taire les gémissements que lui provoquaient mes coups de reins, sa chevelure folle répandue sur l'oreiller et ses yeux… Deux prunelles chocolat qui m'avaient fixé avec une telle intensité, dans lesquelles j'avais lu le désir, l'amour et la confiance. Alors j'avais compris que ce brasier en moi n'était pas déclenché par son sang mais parce qu'elle avait su réveiller chaque parcelle de mon être.
Je l'avais laissée reprendre le dessus. Elle m'avait guidé dans des territoires inconnus, j'avais lâché prise, m'abandonnant à son rythme, aux sensations qu'elle me procurait. La puissance de ce que j'avais ressenti avait été telle que pour ne pas perdre totalement pied je m'étais raccroché à la tête de lit, la brisant comme une brindille. J'avais été au delà de tout ce que j'aurais cru possible, même me nourrir d'humains ne m'avait jamais provoqué une telle félicité. J'avais mis de longues minutes à me remettre.
Mais, le retour à la réalité se fit un peu trop vite quand je constatais les séquelles de nos ébats sur son corps. Et comme s'il ne m'avait pas suffi de la mettre hors d'elle en m'en attribuant la faute, j'avais eu la stupidité de lui évoquer mes idées de mariage. Je savais depuis que je la fréquentais qu'elle était hermétique à ce genre d'idée d'un autre temps mais j'avais cédé devant son insistance.
Je devais avouer que, même si je m'attendais à une réaction négative, j'avais été blessée de voir à quel point cela lui semblait ridicule. Je devais oublier tout ça. Je voulais que nous revenions à notre paradis sans nuages, je voulais effacer mes paroles et que nous profitions de cet instant de grâce dans nos vies.
J'accostais sur le continent, sur une longue bande de sable qui précédait une forêt dense et luxuriante. Il n'y avait pas âmes qui vivent aux alentours. Je m'enfonçais rapidement au milieu de la végétation. La faune ici était aussi dense que la flore. Captivé par la chasse je cessais de ressasser. Je n'eus pas longtemps à courir pour trouver un couple de jaguar. J'appréciais presque le liquide lourd au gout plus prononcé que celui des pumas du comté d'Olympic.
Pris de frénésie, retrouvant ma nature de vampire, je poursuivis ma traque. Il y avait longtemps que je n'avais pas gouté au gibier des forêts brésiliennes. Nous n'étions venus qu'une fois en famille sur l'île, le lieu s'était révélé trop étroit pour notre clan aux caractères si prononcés. Depuis nous venions séparément, en couple pour les autres, en solitaire pour moi quand j'avais eu besoin de m'éloigner du monde quelque temps.
Une fois rassasié, la tête vidée, je retournais vers la côte. Sous les frondaisons des arbres et tout à ma concentration, je ne m'étais pas aperçu de l'avancée de la journée. Le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel bleu azur quand je débouchais à l'orée de la forêt. Un chalutier croisait à quelques miles. J'attendis quelques minutes qu'il s'éloigne, de peur que les pêcheurs voient le scintillement de ma peau sous les rayons ardents si je sortais à découvert.
La voie libre, je plongeais à nouveau dans l'océan, nageant le plus rapidement possible. Quand j'arrivais enfin sur l'île, l'après-midi touchait à sa fin. J'espérais que Bella avait dormi tard et qu'elle ne s'était pas inquiétée de ma longue absence.
Je courrais jusqu'à la maison, pressé de la serrer dans mes bras, de sentir son odeur, sa chaleur contre moi. Elle n'était pas à l'intérieur. Je trouvais sur un oreiller le morceau de papier sur lequel je lui avais laissé mon message, sur le verso, de son écriture encore enfantine, elle m'invitait à l'attendre.
J'étais partagé entre l'envie de la retrouver pour me rassurer et l'inquiétude de sa réaction si j'interrompais ce moment de solitude qu'elle s'était, elle aussi, octroyée. Prenant mon mal en patience je fis les cent pas sur la plage. Mon sentiment de culpabilité pour la conversation d'hier soir remontait, je souhaitais qu'après cette journée, le sujet serait clos et qu'elle ne m'en tiendrait pas rigueur.
Le soleil se couchait et j'étais prêt à aller à sa recherche quand le vent m'apporta son odeur avant que sa silhouette n'apparaisse à la pointe ouest de l'anse. Elle portait la tenue de la veille qui me rappela des souvenirs brulants. Elle se dirigea vers moi souriante.
- Bonsoir, la chasse a été bonne ? me demanda-t-elle en plaquant un léger baiser sur ma joue.
Avant même que j'ai eu le temps de l'enlacer elle se recula.
- Je suppose que oui, tu es presque tiède par rapport à d'habitude ! Et bien moi aussi je vais manger un morceau, je meure de faim !
Sans attendre ma réponse, elle se dirigea vers la cuisine, virevoltante, ouvrant et fermant les portes, grignotant des aliments que je ne prenais même pas la peine de tenter d'identifier. Je brûlais d'envie de la toucher, de sentir à nouveau sa peau sous mes doigts, ses cheveux, ses lèvres contre les miennes, son corps trembler de plaisir, ses gémissements, cette façon envoutante qu'elle avait de prononcer mon prénom…
Le bruit d'un énième placard qu'elle ferma à la volée me sortit de ma rêverie. Je l'observais alors attentivement pour constater qu'elle était nerveuse. Je ne voyais pas ce qui la mettait dans cet état à part ma stupide personne. Elle ne me donna aucun indice et fonça toujours aussi pressée prendre une douche.
Je la suivis lentement à l'étage, décidé à changer mes vêtements encore humides et raidis par le sel. J'entendais l'eau couler dans la salle de bain, et même si cette fois j'aurais pu enfin la rejoindre je n'osais pas, je ne savais plus ce qu'elle attendait de moi. Était-elle en colère ? Avait-elle, après réflexion, peu apprécié nos ébats et ne savait pas comment me l'annoncer ? J'en étais encore une fois à me torturer l'esprit.
J'enfilais distraitement un jean et une chemise. Mon téléphone vibra. Je le sortis de sa pochette étanche pour découvrir un SMS d'Alice.
Je vous déteste tous les deux, vous ne l'emporterez pas au paradis, vous allez me le payer !
Je restais bouche bée devant ces mots, que lui prenait-il encore ? Qu'avions nous fait qui n'entrait pas dans ses plans pour régir notre vie ? Je répondis rapidement.
Désolé, tes délires sont un mystère pour moi, calme toi et ne me contacte que pour me donner des informations importantes !
Je coupais mon téléphone, j'avais assez de problèmes à résoudre avec une femme pour devoir en gérer une autre.
Afin de laisser son intimité à Bella je redescendis et m'assis sur les marches face à la mer. Les dauphins jouaient dans la baie avant d'aller chasser au large pendant la nuit. Mais le spectacle de leurs cabrioles ne suffisait pas à me distraire.
Après ce qui me parut une éternité, je l'entendis descendre, je me retournais. Elle portait une robe longue d'un vieux rose très pâle, presque surannée. Je distinguais ses fins pieds nus. Ses cheveux tombaient en cascade sur ses épaules. Elle avait attaché quelques mèches pour dégager son visage légèrement maquillé et placé une orchidée au dessus de son oreille. Avec sa peau blanche à peine hâlée par le soleil, l'ensemble lui donnait un air romantique d'un autre siècle, une époque qui m'était familière.
Je me redressais incapable de dire un mot. Comme souvent en sa présence, mon cerveau fonctionnait au ralenti. Elle s'approcha, un sourire confiant sur les lèvres et pris ma main me guidant dans la direction d'où je l'avais vu arriver plus tôt.
Après la pointe de l'anse, s'ouvrait une crique au dessus de laquelle Esmée avait installé un abri en bois, au toit en palmes, qu'elle avait agrémenté de tentures blanches accrochées à chacun des quatre piliers.
Les flammes tremblotantes de bougies posées dans des photophores disséminés sur le sol éclairaient le lieu d'une lumière chaude et intime. Je ralentis prenant l'ampleur de ce que Bella avait préparé, mais ignorant toujours le but de cette ballade nocturne.
Je la suivis au centre du kiosque ou des coussins étaient étalés par terre. Elle se tourna vers moi et pris mes deux mains m'invitant à m'agenouiller alors qu'elle faisait de même face à moi.
Incapable de prononcer un mot, ou d'esquisser un geste, j'attendais, m'en remettant à elle. Amenant ma paume à son visage, elle il déposa un baiser plus léger que les ailes d'un papillon. Son regard chocolat s'accrocha au mien.
- Edward, je crains de m'être mal exprimée hier soir…
- Non Bella, c'est moi, je te promets d'arrêter avec mes idées d'un autre temps…
- Ecoute moi, chuchotât-elle ses yeux rivés aux miens.
Je me tus, avide de connaître la raison de tout ceci.
- Je t'aime… Chaque moment passé avec toi est plus que je n'aurais jamais espéré avoir dans ma vie. Tu es mon destin. Alors je sais que ce n'est pas comme ça que tu l'envisageais mais notre histoire est à part, et c'est ce que je peux t'offrir ce soir…
Elle reprit son souffle.
- Je sais tout ce que cela représente pour toi et contrairement à ce que je t'aie dit hier c'est important pour moi aussi…
Elle se tourna ramassant un objet derrière elle.
- Edward, mon existence est liée à la tienne, à jamais. C'est tout ce que j'ai trouvé et même si ce n'est pas grand chose, j'aimerais que tu acceptes de porter ceci…
Elle attacha à mon poignet un bracelet brésilien noir au milieu duquel serpentait un fil rouge. Je me rappelais lors notre arrivée à l'aéroport, l'enfant crasseux qui nous suivait, nous suppliant de lui donner quelques pièces pour manger. Avant d'entrer dans le taxi j'avais déposé un billet de cinquante dollars dans sa paume. Mi-ébahi, mi-effrayé par le frôlement de ma peau froide, il avait fourré une poignée de ses confections bariolées dans la main de Bella avant de s'éloigner en courant.
- Je ne sais pas quoi dire… Je n'ai rien pour toi… murmurais-je étonné de son geste.
Elle m'en tendit un identique que je lui nouais délicatement.
- Même si tout ceci n'est absolument pas officiel… Edward… J'aimerais que tu me considères comme ta femme…
Ses joues étaient roses, la rendant plus belle, si cela était encore possible. J'étais dans un rêve, tout ceci était complètement en dehors des conventions, j'aurais voulu lui offrir un bijou à la hauteur de mon amour pour elle, plutôt que ce modeste bracelet, mais je m'en fichais. Elle avait raison, nous étions différents et ce lien serait le nôtre, unique... J'enlaçais ses doigts aux miens paume contre paume.
- Ce que tu viens de faire est si généreux, je te suis si reconnaissant. Je t'aime Bella…
Elle était radieuse, illuminant d'elle même l'obscurité au delà de la faible lueur des bougies.
- Peut-on au moins faire une entorse à la non-tradition ? Si tu m'acceptes comme mari, suis-je autorisé à embrasser ma femme ? ajoutais-je doucement.
- Je crois que c'est au moins un usage que l'on peut respecter dans cette cérémonie improvisée, répondit-elle en souriant.
Je me relevais l'entrainant avec moi. Plaçant un bras dans le bas de son dos et une main dans sa nuque, je la penchais en arrière et l'embrassais tendrement. A chaque fois que j'avais l'impression d'être le plus heureux des hommes, la seconde d'après Bella me prouvait que j'avais tort. Emportée par ma joie je la soulevais dans mes bras la faisant tournoyer sans cesser de couvrir son visage de baiser. Elle riait, heureuse.
Le calme revint et je la reposais à terre. Je caressais son visage en la dévorant des yeux. Elle m'avait tellement manqué pendant cette journée. Mon esprit, mon corps, la réclamaient. Si mon désir me paraissait encore plus puissant que la veille, je savais que ma maitrise l'était aussi, le vampire était loin, enfouit dans les profondeurs de mon être. Elle ne connaitrait que la douceur ce soir, je ne me laisserais pas entrainer par mon côté obscur.
Je me penchais vers ses lèvres, sa langue s'enroulant voluptueusement à la mienne. Ses doigts plongèrent dans mes cheveux, mais j'avais besoin de plus. Je fis glisser les bretelles de sa robe embrassant son cou, ses épaules à nu. Mes mains continuèrent délicatement à faire descendre le tissu jusqu'à ce que j'entende le chuintement de la soie sur le sol.
J'ôtais ma chemise, admirant son corps parfait tout juste vêtu d'un boxer en dentelle blanche. Elle frissonna sous mon regard où elle pouvait lire à quel point j'avais envie d'elle. Elle n'avait pas froid, j'étais certain que comme moi elle brulait de me sentir contre elle. Je fis durer l'attente encore quelques minutes pour qu'elle se languisse, qu'elle anticipe mes gestes à venir.
Elle tremblait presque quand je la rapprochais, créant le contact entre nos peaux nues. Chaque partie de son corps chaud retrouvait naturellement sa place contre moi. Son cœur battait puissamment, résonnant dans ma poitrine morte, la ramenant à la vie. Comme la veille, je faisais l'étrange expérience de sentir chacune de mes cellules s'éveiller, la chaleur me gagnait.
Nos bouches affamées ne se quittèrent pas quand je l'allongeais délicatement sur les coussins. Ma main descendit en une longue caresse sur son visage, son cou, sa poitrine s'attardant assez longtemps pour qu'elle se cambre et gémisse, son ventre, sa hanche, sa cuisse, sa jambe qu'elle replia me permettant d'atteindre sa cheville, son pied puis remonta à son sous vêtement l'arrachant d'un geste rapide.
Elle soupira, lascive, offerte, désirable. Mes lèvres envieuses voulaient elle aussi la parcourir tout entière. Elles quittèrent sa bouche, suivant le même chemin que ma main, se délectant de sa poitrine durcit par le plaisir.
Je remontais vers l'intérieur de ses cuisses, l'explorant avec ma langue. J'aimais son goût, j'aimais ses réactions aux caresses de ma bouche, j'aimais ses mains s'accrochant fermement à mes cheveux, son bassin se soulevant en demandant encore plus et par dessus tout j'aimais entendre mon prénom dans ses gémissements. Je la sentis enfin se tendre s'abandonnant aux ondes de plaisir qui la parcouraient.
Je remontais vers son visage, admirant ses traits sereins. Elle ouvrit les yeux et se mordit la lèvre inférieure poussant mon désir d'elle à son comble.
- Viens… murmura-t-elle.
Je me débarrassais du reste de mes vêtement, veillant à ne pas l'écraser je la pénétrais lentement. Elle resserra son étreinte avec ses jambes et ses bras, cherchant ma bouche. Je me calais sur le rythme de ses ondulations, de sa respiration saccadée, de son cœur déchainé. Mon corps répondait au sien. Elle était à nouveau proche de l'extase.
- J'ai besoin de te voir mon amour… chuchotais-je sur ses lèvres.
Elle ancra son regard au mien, je dégageais une mèche de cheveux qui barrait son visage. Mes hanches suivaient la cadence de ses gémissements, l'accompagnant dans sa jouissance. Quand je la rejoignis, elle non plus ne me quitta pas des yeux. Elle me confia plus tard que l'or de mes pupilles prenait une teinte indéfinissable à ce moment là.
Je tombais sur les coussins, la ramenant à mes côtés.
- Merci… souffla-t-elle dans mon cou.
Saisissant son poignet gauche posé sur mon torse, j'en humais l'intérieur, son pouls s'emballait, l'arôme de son sang était plus sucré, plus épicé par son plaisir. Je posais mes lèvres sur la peau fine qui recouvrait le bouquet de veines et d'artères embrassant en même temps le bracelet que j'y avais attaché.
Je vis ses paupières s'alourdirent, tandis que je fredonnais sa berceuse. Elle s'endormit et ne tarda pas à frissonner, nue contre mon corps glacé. Je me dégageais pour saisir sa robe et ma chemise que je reposais sur elle. Je filais à la maison et attrapais une couverture dont j'entourais celle que je pouvais maintenant envisager comme ma femme. Elle soupira d'aise quand ma main caressa son visage. Je passais alors une nuit paisible sous la voute céleste, en paix avec moi même, serrant dans mes bras l'être qui comptait le plus au monde.
Je savais que le retour à Forks serait difficile après notre aparté au paradis mais désormais je serais à ses côtés à chaque minute, je comblerais tous ses désirs et cette pensée me réjouissait, me donnait du courage pour retourner à la civilisation. Ce que nous avions accompli sur cette île me prouvait qu'ensemble nous pouvions tout affronter.
Les jours suivants s'écoulèrent comme dans un rêve, nous étions éperdument amoureux l'un de l'autre, intensifiant nos contacts dès que nous en éprouvions le besoin, partageant des moments de tendresse blottis l'un contre l'autre.
Notre bulle fut percée par un appel catastrophé d'Alice qui avait vu au dernier moment qu'un cyclone se formait au large du Brésil, l'île ayant des chances d'être dans sa trajectoire. Ne voulant prendre aucun risque pour Bella, je commandais des billets d'avion pour le lendemain matin, écourtant notre séjour d'une journée. Ma sœur m'avait assuré que la couverture nuageuse me permettrait de me fondre parmi les humains.
La nuit qui précéda notre départ, l'intensité de nos étreintes étaient celle de deux amants que le cours cruel de la vie va séparer.
L'ambiance à Rio était surnaturelle et dérangeante, le calme avant la tempête, la population avertie de l'arrivée du cyclone et se préparait. Nous prîmes le dernier vol pour les États Unis avant la fermeture de l'espace aérien.
J'avais baissé le volet du hublot, Bella dormait dans mes bras, épuisée par sa nuit blanche. Mes doigts jouaient distraitement avec une mèche de ses cheveux. Je réfléchissais à ce que nous avions convenu d'un commun accord dans le taxi qui nous ramenait à l'aéroport. Sur le moment ça m'avait paru sensé, surmontable et raisonnable, sachant que nous avions maintenant notre avenir commun devant nous. Mais plus j'y pensais plus je détestais cette idée…
Ouh là ! Ça sent le roussi cette histoire !
Bon, mon petit Edward, voilà une bonne chose de faite ! Je crois que là, elle l'a bien vue ta grosse surprise ! Et je suis sure que tu te sens plus léger maintenant, n'est ce pas ?
Comment ? Surtout de la gauche ?
Ben, il y en avait peut-être moins que dans la droite… Allez avoue que dans ta prime jeunesse vampirique, t'as pas pu t'empêcher de t'offrir un petit plaisir solitaire quand papa Carlisle a ramené ta nouvelle sœurette Rosalie à la maison ?
Ah pardon vous êtes encore là, je voulais juste faire honneur aux fans de mes monologues post-chapitres (qui a dit post-coït ?).
Allez, après ces longues heures à suer (et non pas à baver, pour une fois) sur mon clavier je vous avouerais qu'une petite review (j'aime les longues aussi…) fait autant de bien qu'une demande en mariage avant d'avoir goûté aux plaisirs de la chair (j'ai dis ça moi ?)
