Bonsoir chères lectrices et chers lecteurs (je sais qu'il y en a au moins un),

C'est lundi et comme c'est permis, je me suis dis que vous méritiez bien un petit quelque chose pour bien débuter la semaine…

Pour commencer, sachez que tout ceci n'était absolument pas prévu ! Ça m'a pris comme l'envie de saigner Bella en cours de biologie ! (Comment ? Ça ne vous est jamais arrivé à vous ?)

Étant donné que vous aviez toutes plus ou moins râlé pour l'effet suspentatoire (merci à Morea905 pour ce joli mot) de mon dernier chapitre, ça m'a fait réfléchir et dans ma grande bonté j'ai décidé de vous épargner encore quelques jours… (Aurais-je tendance à repousser l'inévitable comme ce bon vieil Eddy ?)

Et puis comme on nous l'a si bien conseillé, Edward et moi forgeons pour devenir forgerons…

Par contre, désolée, mais vous n'aurez pas tout de suite la réponse à vos questions sur le dernier paragraphe du chapitre 16, on ne peut pas tout avoir…

Encore merci du fond du cœur à vous toutes pour vos commentaires qui m'ont donné l'envie et le courage pour vous livrer ces quelques lignes : Titie (Tu vas voir le retard ça se rattrape…), Soleil83 (Profite du répit !), Elodi-die (Là c'est pas sa conscience qui va être surdéveloppée), Calice24 (J'espère que ceux là aussi seront chouettes), Aelita48 (Parce que je sais que tu les aimes heureux ensemble et non je ne pratique pas le SM, pourquoi cette question ? ^^), Oliveronica Cullen Masen (La voilà !), Zaika (Respire ! Ça va bien se passer ! ), Morea905 (Alors, je suis pardonnée ? Tu me le rends ?), Linou2701 (Fallait pas dire : encore, encore, encore !), Yayalia (Ça vient, ça vient !), Death In Vegas (Ça tombe à point pour fêter ton retour parmi nous !), KRT06 (Ma cruelle, troublante et géniale nouvelle lectrice en chaussettes !).

Ce court chapitre, qui je l'espère ne vous paraitra pas être un OVNI au milieu de ma fic, aura été le plus rapidement écrit, pardonnez-en les imperfections.

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.

Toutes les bonnes choses ont une fin…


Chapitre 17 : l'escale imprévue

POV Bella

« 505 » des Arctic Monkeys

C'était trop demander que d'être tranquille ? Pourquoi avaient-ils cette fâcheuse habitude de vous réveiller de longues, trop longues minutes avant un atterrissage ? Et puis étaient-ils vraiment obligés d'allumer leurs lumières criardes ? Je détestais ça ! Je grognais de frustration en me lovant contre le corps qui m'offrait un nid douillet…

Oh… Cette odeur divine… Ce silence contre mon oreille… Je reprenais petit à petit mes esprits, réalisant où je me trouvais. Mais je ne voulais pas rentrer ! Je voulais être encore seule avec lui, cachés sur l'île d'Esmée, perdus au milieu des oreillers moelleux de notre lit. Du coup, j'avais encore moins envie d'ouvrir les yeux, je voulais rester là, dans cet espace, mon espace, ma bulle, je refusais de voir le monde extérieur.

- Mademoiselle, il faut vous réveiller et attacher votre ceinture s'il vous plait, dit une voix polie à mes côtés.

J'entrouvris un œil, pour voir l'hôtesse de l'air, grande et magnifique jeune femme, au maquillage parfait, à la chevelure auburn retenue dans un chignon élaboré, au tailleur ajusté sur sa silhouette de rêve, au sourire avenant qui dévoilait sa dentition impeccable. Elle aussi je la détestais !

- C'est Madame, bougonnais-je sur un ton désagréable.

- Je vous présente mes excuses Madame, mais, pouvez vous s'il vous plait redresser votre siège et attacher votre ceinture, me répondit-elle sur un ton plus sec avant de poursuivre sa croisade qui consistait à réveiller les pauvres passagers endormis de ce vol.

Je me demandais si elle prenait du plaisir à cet exercice.

- Si Madame, veut bien daigner s'installer correctement, ça lui évitera d'autres remontrances ! Et note que ta conduite de petite fille gâtée n'est pas appréciée et encore moins que tu sois l'épouse d'un si bel homme, murmura une voix de velours dans mon oreille.

J'inspirais profondément son haleine de miel, j'aurais tout donné pour y gouter, mais le peu de bon sens qu'il restait à mon cerveau embrumé me rappelait que la sécheresse de ma bouche était loin de la fraicheur inébranlable d'Edward.

Ah qu'il était dur d'être l'humaine petite amie… femme… d'un vampire… Je comprenais les pensées de l'hôtesse à ma vue. Comment imaginer qu'un tel homme puisse être avec moi ? Avant même de le regarder je savais qu'il était frais et dispo, comme s'il sortait de sa salle de bain, tandis que je devais avoir l'air de… Et bien tout simplement de Bella Swan au réveil !

Faisant appel à tout mon courage, je me redressais.

- Ooooh, gémis-je en portant mes mains à mes tempes.

Les nuits blanches avaient un effet désastreux sur mon état physique et mon caractère. Et à cela venait s'ajouter le décalage horaire, je devinais que les prochains jours allaient être difficiles.

- Ça va ? me demanda-t-il.

Ses doigts repoussaient mes mèches de cheveux tentant de dégager mon visage. Je me plaquais contre le dossier de mon siège et fermais à nouveau les yeux.

- Je suis crevée, c'est tout, soupirais-je.

- Tu m'en vois désolé, dit-il sincère. Mais maintenant que tu es réveillée, il faut que je te parle d'un petit contre temps…

- Un nouveau cyclone ? Ou peut-être un volcan cette fois ci ? Oh, attends je sais ! Le nouveau candidat à l'élection présidentiel est un vampire ! lançais-je sarcastique.

- Euh, non, juste l'annulation de notre vol vers Seattle, m'annonça-t-il étonné de ma réaction.

- Et bien on prendra le prochain, non ? demandais-je agacée.

J'étais consternée par ma mauvaise humeur, la fatigue ne pouvait pas tout expliquer, mes foutues hormones y étaient sans doute aussi pour quelque chose, peut-être que le mauvais moment du mois n'était pas loin… Mais je n'avais aucune envie de me lancer dans des calculs et de toutes façons je ne savais même pas quel jour on était… Et je ne voulais pas le savoir !

- Ce n'est pas si simple… Soit, nous partons à Seattle via Los Angeles mais cela nécessitera de passer plusieurs heures dans chaque aéroport. Soit, nous prenons un vol direct mais il ne décolle que ce soir, ce qui nous oblige à passer la journée à Miami… Dans ce cas, vu la météo prévue aujourd'hui, je prendrais une chambre d'hôtel et tu pourras aller découvrir la ville, je sens que tu as besoin d'un moment de solitude…

Comment pouvait-il rester aussi gentil face à mes répliques acerbes ? J'étais vraiment insupportable par moment, profitant un peu trop de sa totale dévotion à mon égard !

- Pardonne moi, j'ai du mal à émerger et ce retour à la réalité est éprouvant… Je préfère la deuxième solution, je m'imagine plus replonger dans le coma dans un lit confortable que de poireauter dans une salle d'attente d'aéroport !

- Entendu, et si ça peut t'aider à surpasser ce moment, dis toi que nous sommes ensemble, chuchota-t-il en saisissant ma main et en y déposant un baiser, après avoir attaché ma ceinture d'un geste imperceptible.

- Oui, je sais que je devrais me réjouir de chaque moment à tes côtés, tout est tellement plus agréable avec toi…

- Et bien, je n'imagine pas ton humeur si je n'étais pas là ! dit-il espiègle.

- Cette possibilité n'existe pas ! répondis-je fermement en entrelaçant ses doigts au miens.

Des pas feutrés sur la moquette épaisse du couloir des premières classes me signalèrent que la surveillante en chef revenait vers nous. Cette fois elle nous ficherait la paix étant donné que j'avais obéi à tous ses ordres ! Mais elle s'arrêta à notre hauteur. Qu'y avait-il encore ? Mon dossier était droit, ma ceinture attachée et à ce que je sache, il n'était écrit nul part qu'on devait ouvrir les yeux ou ne pas se tenir la main, non ?

- Veuillez m'excuser, Monsieur et Madame Cullen, avez-vous pris votre décision s'il vous plait ? demanda-t-elle avec un ton doucereux.

Cette fois j'ouvrais franchement les yeux. De quelle décision voulait-elle parler et pourquoi dévorait-elle mon voisin avec son regard bleu acier ?

- Nous optons pour le vol de ce soir, vous pouvez nous réserver l'hôtel que je vous aie indiqué, répondit Edward de sa voix assurée.

- Sans problème Monsieur, je m'en occupe immédiatement.

Je rêvais ou son sourire était devenu carnassier ?

- Merci, lui dit-il alors qu'elle s'éloignait d'une démarche de mannequin de seconde zone, dont la seule gloire aurait été d'avoir été élue Miss Tacos dans un trou paumé d'Arizona.

Je me retournais vers lui, je ne pouvais que constater la beauté de ses traits, la douceur de son sourire, ses cheveux désordonnés appel criant à toutes les mains féminines des alentours.

- Je crois que tu as un ticket avec elle, dis-je perfide.

- Je ne peux te nier son attirance, qui n'est pas réciproque. Mais je te rassure, le stewart est subjugué par je cite « ta gueule d'ange, ta crinière sauvage, tes nibards qui tiennent dans la main, ta bouche gourmande qui ne demande qu'à être contentée, ta croupe qu'on a envie de voir aller et venir… »

- Eh ! Edward ! l'interrompis-je gênée, vérifiant que personne n'avait pu entendre ses propos.

- Je ne fais que partager le supplice que je vis à chacun de ses passages, et encore tu n'as pas l'image… Même tes ronflements ne l'ont pas découragé ! ajouta-t-il blasé.

- Je ronfle ? demandais-je tombant dans son piège.

- Non, tu grinces juste des dents... dit-il taquin.

Je lui donnais un coup de coude pour m'avoir fait marcher.

- Aie ! glapis-je en me cognant contre le marbre de son bras

- Combien de fois faudra-t-il te dire qu'on ne s'attaque pas un vampire ? chuchota-t-il dans mon oreille.

Je frissonnais, me replongeant une dernière fois dans mes pensées tandis que l'avion atterrissait.

Nous sortîmes de l'appareil en passant devant l'hôtesse et le stewart qui nous saluèrent poliment nous souhaitant une bonne fin de voyage. Edward, dont je commençais à connaître les réactions, adressa un regard effrayant à ce dernier avant de passer un bras possessif autour de mes épaules. Je profitais moi aussi de l'occasion pour poser ostensiblement ma main sur ses fesses et la plonger dans sa poche de jean alors que je sentais leurs yeux dans mon dos.

Je maintenais mon attention le temps de m'arrêter dans des toilettes pour me brosser les dents. Ce geste améliora grandement mon humeur et je rejoins les bras protecteur de mon amoureux avec un sourire plus avenant.

Puis ce fut encore un interminable parcours dans un labyrinthe de couloir qui nous conduisit devant le contrôle des douanes. Une fois sortis, je découvrais qu'une voiture avec chauffeur nous attendait pour nous emmener à l'hôtel. Je me laissais porter à la frontière du sommeil, l'avantage d'être un client privilégié de première classe était que tout avait été réservé pour nous. Nous fûmes à destination à l'aube, vu le temps qui s'annonçait, il était hors de question qu'Edward profite de la piscine et de toute façon je n'avais qu'une idée en tête : dormir.

Il me guida vers le comptoir d'accueil.

- Que puis-je pour vous ? nous demanda un homme affable.

- Nous avons une réservation, répondit Edward.

- Votre nom je vous prie ?

- Cullen.

- Voyons voir… Oui, Monsieur et Madame Cullen, une suite avec vue sur l'océan. Voici votre carte d'accès, vous prenez l'ascenseur sur votre droite et c'est au dernier étage, la porte de gauche. Souhaitez vous un petit déjeuner, nous en avons un excellent, français, avec croissants, baguette…

- Très bien. Ça te convient Bella ?

- Peut-on avoir des œufs également ? demandais-je d'une petite voix.

Je venais de réaliser que mon estomac criait famine et la première chose à laquelle je pensais était une omelette baveuse. J'en avais presque l'eau à la bouche.

- Sans problème Madame Cullen, nous vous montons ça.

- Merci, répondit Edward en m'entrainant vers l'ascenseur.

Il appuya sur le bouton et les portes s'ouvrirent avec un signal sonore discret et agréable. Je constatais que dans ce genre de lieu tout était chic et élégant jusque dans les moindres détails et l'allure d'Edward se fondait parfaitement dans le décor. Une fois dans la cabine, il me serra dans ses bras.

- Mmmm, Madame Bella Cullen, j'adore entendre ça… dit-il en embrassant le sommet de mon crâne.

Cela eu un étrange effet, mon cuir chevelu se réchauffa, puis un long frisson descendis me parcourant tout entière. Je pris alors pleinement conscience de son corps contre le mien. Je levais la tête vers son visage alors que nous poursuivions notre ascension.

- Tu vas pouvoir dormir dans… commença-t-il.

Apparemment, ce qu'il lut dans mes yeux lui coupa la parole. Je plongeais dans ses prunelles noires comprenant qu'il avait faim, faim de moi et depuis un long moment vu la vitesse à laquelle ses lèvres se plaquèrent contre les miennes et sa langue força l'entrée de ma bouche. Il enfonça une main dans mes cheveux pendant que l'autre parcourait mon corps.

Nous étions à nouveau seuls et je réalisais à quel point j'étais en manque de lui. Il n'y avait plus de doute, j'étais définitivement accro à Edward Cullen. Je chassais toute mauvaise humeur pour répondre à son impatience en m'en remettant à ses gestes fiévreux.

J'entendis à peine que nous étions arrivés à notre étage. Il me guida dans le couloir et me colla contre un mur. Soulevant une de mes jambes, il caressa ma cuisse, mes fesses. Mes mains avait déjà passé la frontière de son t-shirt et reprenais contact avec son torse sculpté retrouvant les dessins mémorisés ces derniers jours.

Il lâcha ma jambe et à nouveau je n'avais plus rien dans le dos, je marchais à reculons sous l'assaut de son baiser. Il glissa sa main sous mon débardeur parcourant ma colonne vertébrale, qui s'électrisait au contact de ses doigts glacés.

Je rencontrais une nouvelle paroi derrière moi, un bruit et à nouveau le vide. Mon cerveau déjà coupé de mon environnement supposa qu'il s'agissait de la porte de notre chambre.

Ses mains sur mes hanches me poussaient toujours en arrière, sa bouche ne me lâchait pas. Réagissant à son empressement, je remontais son t-shirt et il recula de quelques millimètres le temps de l'enlever. Dans l'ambiance feutrée de la pièce je n'entendais que mon souffle erratique et ses longues inspirations.

Je butais contre un nouvel obstacle tandis qu'il se pressait fortement contre moi, m'ôtant mon débardeur. Son bras passa derrière moi et j'entendis le fracas d'objets qui tombaient au sol, il saisit puissamment mes cuisses et je me retrouvais assise sur le meuble débarrassé de ses bibelots. Cette fois il s'écarta franchement, me parcourant des yeux alors que j'en profitais pour reprendre mon souffle les mains posées de part et d'autre de mes cuisses.

Il caressa doucement mon visage, faisant glisser un doigt sur mes lèvres. Je le pris dans ma bouche, enroulant ma langue autour, en le regardant effrontément. Se plaçant entre mes jambes, il se pencha vers ma poitrine, me couvrant de baiser. Il libéra un de mes seins de son carcan de tissu et sa langue s'aventura joueuse.

Je laissais échapper un râle et il dégrafa mon soutien gorge explorant mon buste avec sa bouche, me rapprochant du nirvana. J'émis mon mécontentement quand il mit fin à sa caresse.

- Patience, m'intima sa voix rauque.

Son sourire en coin ravagea la dernière once de raison qu'il me restait. Je tremblais, j'avais soif de lui. Ses lèvres regagnèrent les miennes, tandis qu'il enlevait habilement mon jean ce que je mis tout mon cœur à l'aider à faire en me soulevant et en balançant mes chaussures à l'autre bout de la pièce.

Je ne portais plus que mon shorty. Sa main glissa entre mes cuisses ouvertes, frottant le tissu humide. Il recula.

- Oh Bella… gémit-il les yeux fermés en humant sa main.

Comment osait-il me faire ça ? J'étais persuadée qu'un jour ou l'autre j'allais mourir de combustion spontanée s'il continuait ainsi.

Je sursautais en entendant un coup contre la porte accompagné d'une voix assourdie annonçant le service d'étage.

- Chut, ne bouge pas, m'ordonna-t-il un doigt sur ma bouche.

Je restais là, haletante, dénudée. Il enfila son t-shirt et regagna l'entrée de la suite. Je contemplais la luxueuse chambre. Devant moi un lit énorme et des baies vitrées donnant sur l'océan et le lever de soleil. A ma gauche, derrière une paroi vitrée, une salle de bain immense. M'appuyant contre le mur qui me cachait de la porte d'entrée je tentais de me calmer.

Mais les battements de mon cœur ne ralentirent pas, toutes mes pensées étaient focalisées sur lui. Il savait que j'étais quasiment nue à quelques centimètres de lui, il devait entendre la pulsation violente de mon sang, il devait sentir mon odeur mêlée à celle de mon excitation. Et je savais que cette situation le rendait fou, j'imaginais déjà que ce qui allait suivre, j'avais lu dans ses yeux qu'il n'en n'avait pas finis avec moi. Par réflexe, je resserrais mes jambes pour tenter de contenir le désir qui brulait en moi.

Je l'entendis vaguement remercier et la porte se referma. Mon cœur marqua un arrêt et repartit de plus belle quand il revint dans mon champ de vision déjà torse nu.

- Mmmm, tu m'as attendu sans bouger… Tu es très sage Bella… dit-il en me jaugeant.

Incapable de prononcer un mot, je me mordais la lèvre inférieure. Son regard se fit gourmand, ses iris étaient assombris par le manque de sang mais j'y discernais encore des étincelles dorées. Il se débarrassa du reste de ses vêtements. J'admirais sa vénusté, je le voulais contre ma peau. Je commençais à bouger dans sa direction.

- Non, dit-il fermement arrêtant mon mouvement.

Il fit glisser lentement mon shorty s'accroupissant devant moi. Je frémissais. Il écarta lentement mes cuisses. Ses mains en caressèrent l'intérieur puis passèrent sur mes hanches. Je m'agrippais au rebord du meuble, pendant que sa bouche parcourait mes jambes, s'approchant de mon intimité sans jamais la toucher. J'allais défaillir.

Il se redressa, prenant mon menton dans sa main, ses yeux s'ancrant au mien.

- J'ai besoin d'être en toi Bella, je veux t'entendre crier mon prénom…

Je ne l'avais jamais senti aussi sûr de lui, je découvrais une facette que j'étais sans doute la seule à connaître, toute ses bonnes manières centenaires étaient loin de cette pièce.

Il rapprocha mes hanches du rebord du meuble, je me laissais faire, m'abandonnant. Ses mains descendirent le long de mes épaules, de mes bras, et il enserra mes poignets, alors que je tenais toujours fermement le rebord du meuble.

Il ne me quitta pas des yeux quand il me pénétra d'un coup. Me laissant à peine le temps de m'habituer à sa présence, il entama un rythme rapide. J'étais partagée entre le besoin de le toucher et l'extase de me concentrer entièrement sur ce point de contact entre nous qui à chaque mouvement me rapprochait d'un niveau de plaisir si puissant que je ne pensais pas jusque là qu'il pouvait exister.

Je prononçais son prénom. Il relâcha son emprise me collant à lui, mes bras s'accrochèrent à ses épaules alors qu'il me penchait en arrière ses coups de reins ne me laissant aucun répit. Sa main empêchait ma tête de cogner contre le mur mais le meuble, lui, martelait en cadence la paroi, ne laissant aucun doute sur notre activité.

C'était si intense que des larmes perlèrent à mes yeux. Un mouvement plus profond, plus long, me délivra, je criais, chaque va et vient ravivant la tempête en moi à tel point que j'eu à peine conscience de son orgasme. Il retomba contre moi et je le serrais, caressant ses cheveux, pleurant, le remerciant.

Il ramena nos deux corps imbriqués sur le lit et nous restâmes ainsi de longues minutes dans un silence apaisant. J'étais encore loin d'avoir retrouvé mes moyens, mais j'étais bien, j'étais là où je devais être, le reste n'avait pas d'importance. Il leva mon visage vers lui, ses doigts effacèrent mes larmes et il le couvrit de ses baisers de glace.

POV Edward

Cloud of Unknowing (feat. Bobby Womack & Sinfonia VIVA) de Gorillaz

Je me détachais d'elle à regret quand elle frissonna. Je l'enroulais dans le drap avant d'enfiler mon boxer pour aller chercher le chariot de notre gargantuesque petit déjeuner. Adossée à la tête de lit, elle me fixait avec un air rêveur, je compris que le soleil face à nous devait faire scintiller mon corps de mille feux. J'étais toujours surpris de son émerveillement devant cette preuve flagrante de ma condition.

- En fait, tu es la tentation personnifiée, soupira-t-elle

- Je te retourne la pareille ! Et s'il te plait arrête de me regarder avec ce regard indécent, tu vas me faire rougir !

- Encore heureux, tu n'as pas cette faculté !

- Par contre toi tu l'as et j'adore ça, murmurais-je en grimpant sur le lit et en embrassant chacune de ses pommettes rosies.

- Tu profites un peu trop de mes faiblesses, dit-elle en entourant mon cou de ses mains délicates.

- Je croyais que tu mourrais de faim ?

- C'est le cas, mais depuis que nous sommes dans cette chambre tu ne m'as pas laissé une minute…

- Me pardonneras-tu ? demandais-je avec un air faussement coupable.

- Je crois que je te préfère aux œufs, donc c'est bon pour cette fois, dit-elle en m'adressant un clin d'œil.

Elle s'assit par terre, devant la table basse, et je la regardais dévorer sans un mot son omelette puis la mienne, bien qu'elles devaient être froides depuis un moment. Elle voulu ensuite s'attaquer aux croissants mais les laissa de côté après une bouchée, jetant son dévolu sur le bacon.

Je n'étais pas un spécialiste de l'art culinaire français, mais j'avais toujours été étonné de la représentation que s'en faisaient les autres pays. Seule la présence de viennoiseries donnait à ce petit déjeuner cette appellation pompeuse.

Je fis part de mes réflexions à Bella, qui après m'avoir détaillé avec des yeux ronds, se lança dans un grand débat sur la vision de la nourriture étrangère par le peuple américain. Elle parlait la bouche pleine, enjouée, la moindre de mes remarques exacerbant son esprit de contradiction. J'adorais la voir ainsi s'enflammer, elle avait la faculté de transformer le sujet le plus anodin en une discussion passionnante et elle eut le mot de la fin comme la plus part du temps.

- Pourquoi débattre pendant des heures de quelque chose que tu ne connais même pas ? As tu seulement avalé un plat français de toute ta vie ? me lança-t-elle avec un l'air redoutable de celle qui s'apprête à porter le coup de grâce.

- Pas à mon souvenir, non… Mais j'ai passé du temps en France… tentais-je pour ma défense.

- Voyez vous ça ? Et bien moi, j'ai passé du temps dans la forêt du comté d'Olympic sans pour autant pouvoir prétendre différencier la saveur d'un puma de celle d'un élan !

- Tu marques un point.

- Non je clos la discussion ! Il est l'heure du bain, lança-t-elle rigolarde en faisant mine de sentir son aisselle.

- Bella ! dis-je choqué.

Je pensais m'être adapté à mon époque, mais ses manières avaient parfois le don d'ébranler mes grands principes de savoir vivre. Et même si je n'étais pas dupe de sa provocation, je me laissais parfois emporter par mes réactions pour son plus grand plaisir.

- Ne sois pas prude ! Avec ce que tu viens de faire il y a quelques minutes, je n'y crois plus une seconde ! Et permet moi d'être pragmatique dans ce monde irréel dans lequel tu me fais vivre ! Contrairement à vous, nous les humains ne somment pas des modèles vivants à la gloire de l'hygiène corporelle naturelle !

Elle se leva et ébouriffa mes cheveux avant de se diriger vers la salle de bain. Je m'adossais au canapé écoutant l'eau couler alors que des effluves de thé vert envahissaient la pièce.

Je tournais la tête dans sa direction. Accroupie au bord de la baignoire, son bras plongée dans la mousse, elle me regardait pensive. Elle ferma le robinet et se releva sans me quitter des yeux, faisant glisser le drap à terre, me dévoilant son corps parfait. Un pied après l'autre, elle entra dans le bain. Une fois assise, elle laissa sa tête reposer sur le rebord, soupirant de contentement.

Je discernais le clapot qui venait lécher sa peau en ondes successives. Son odeur se mélangeait à celle du savon. Je retins à temps mes doigts qui s'étaient enfoncés dans l'assise ferme du sofa avant qu'ils ne le déchirent. Mon corps ne me réclamait qu'une chose la rejoindre et mon esprit docile ne voyait pas d'objection à cette idée.

Je me levais, enlevant mon boxer, je me glissais à mon tour dans le liquide chaud et parfumé face à elle. Elle me caressa tendrement le visage, comme si elle mémorisait chacun de mes traits.

Je l'incitais à se retourner la calant entre mes jambes, son dos encastré à mon torse, nous restâmes ainsi un long moment contemplant la vue de l'océan par la baie vitrée devant nous jusqu'à ce que l'eau fut froide et que je pus ressentir sa peau hérissée sous mes doigts qui n'avaient cessé de la caresser.

Elle m'entraina sous le jet brulant de la douche, sa bouche et ses mains embrassant et parcourant chaque parcelle de mon corps. Elle s'agenouilla et sans me quitter des yeux déposa un chemin de baiser sur les sillons qui dessinaient la naissance de mon pubis. Sans que je l'anticipe, elle me prit dans sa bouche chaude, sa langue tourbillonna. Je me plaquais au mur mes mains enfoncées dans ses cheveux. Pendant un instant je crus que j'allais perdre tout contrôle assailli par ses voluptueuses caresses.

Comme toujours dans ces moments là, chaque détail se détachait distinctement, rien ne m'échappait, amplifiant toutes mes sensations. Je distinguais chaque goutte qui s'écrasait avec fracas sur son corps, son odeur divine emplissait mes narines, je ressentais chaque cellule de ma peau en contact avec elle.

Avant qu'elle ne me fasse entièrement perdre la tête, je réussis à émettre un son.

- Attends, gémis-je en proie au dilemme de la laisser continuer ou de partager mon plaisir avec elle.

Je l'aidais à se relever, plaquant mes lèvres sur les siennes, je l'accompagnais hors de la douche vers le lit. Nos corps trempés laissaient des flaques d'eau sur leur passage.

Je la couchais sur le côté, me collant contre son dos. Je remontais sa jambe et elle se cambra. J'entrais doucement en elle. Me soulevant sur un coude, je dégageais ses mèches de cheveux et embrassais sa nuque, ses épaules, tandis que j'allais et venais lentement. J'effleurais son visage, descendis entre ses seins jusqu'à son intimité faisant augmenter ses gémissements.

Me laissant retomber sur elle en prenant soin de ne pas l'écraser, j'augmentais la cadence, me pressant contre ses fesses. Mes doigts continuaient leurs caresses entre ses cuisses. Je glissais mon autre main sous elle la plaquant fermement contre mon torse. Sa sueur se mêlait à la pellicule d'eau qui nous recouvrait, augmentant ma perception de son arôme, semblable à l'effet d'une pluie d'été sur une terre aride.

Mon visage plongé dans sa nuque, je ne cessais de la parcourir de baiser en murmurant son prénom entre mes râles de plaisir. Elle passa sa main en arrière agrippant mes cheveux, alors qu'elle étouffait ses cris dans l'oreiller.

Tout mon être se tendit en même temps que le sien. Je me délectais autant de ma jouissance que de la sienne. Ma respiration saccadée suivait la sienne par mimétisme. Etourdi, je retombais en arrière et elle vint se lover contre moi.

Nous nous laissâmes le temps de reprendre nos esprits, j'entendais son souffle s'approfondir à mes côtés mais je ne pouvais pas la laisser dormir ainsi, trempée sur les draps humides. Je la ramenais dans la douche et entrepris de la savonner, réfrénant mes envies. Il fallait vraiment que je la laisse dormir si je ne voulais pas encore assister aux conséquences du manque de sommeil sur son caractère.

Elle se laissa faire, pendant que je la séchais et lui enfilais un de mes t-shirt. Après l'avoir enroulée dans la couette qui gisait par terre, je l'allongeais sur le côté encore sec du lit. Je fermais les lourdes tentures et me glissais contre elle, fredonnant sa berceuse. Elle soupira d'aise, sa respiration se fit profonde et apaisée.

- Je t'aime… murmura-t-elle avant de sombrer dans les bras de Morphée.

Je profitais entièrement de ces heures magiques. La regarder dormir, la sentir contre moi abandonnée, me faisaient prendre la dimension de l'amour que j'éprouvais pour elle.

Je restais imperméable au reste du monde jusqu'au crépuscule. Mais je dus me résoudre à la réveiller pour que nous ne rations pas notre vol. Chuchotant son prénom, j'embrassais ses paupières closes, ses lèvres charnues qui s'étirèrent en un sourire, caressant son visage, ses cheveux jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux sur le premier instant du reste de sa vie…


Ouais, je sais… Pour tout vous dire, j'ai un post-doctorat en expression de la mort qui tue pour terminer mes chapitres, pas la peine d'applaudir !

Maintenant vous savez comment on obtient une bête de sexe : prenez un mec de 17 ans gâté par la nature (Je parle de cheveux bien sûr !), une bonne grippe (Espagnole c'est mieux), une petite morsure de vampire (Un suceur d'animaux sinon ça risque de mal se finir), cent et quelques années d'abstinence (Je pense pas que ce soit à une année près, rendu là), une jolie brune têtue (Rosalie et Tanya ont essayé, la blonde ça fonctionne pas) et voilà le travail !

Allez, si ce chapitre vous a fait frémir ne serait-ce que le petit orteil, dites le moi, car ces quelques pages n'étaient que pour vous… Moi vous savez j'écris ça comme je recopierais l'annuaire au milieu des cris d'enfants, « Jean Petit qui Danse » à tue tête dans mon salon, en surveillant le rôti dans le four… Et non, jamais au cœur de la nuit, mon casque vissé aux oreilles, la narine frémissante, la cuisse tremblotante, et… le filet de bave coulant lentement du coin de ma bouche pour aller s'écraser sur…

Chhhcric, mefffff, britzzzz furent les derniers sons émis par le défunt clavier trop longuement éprouvé d'Enée Lamia…