Tout d'abord un grand merci pour vos nombreuses et vives réactions ! Sachez que je dégage trois grandes tendances de vos reviews :
Premièrement, vous n'aimez pas beaucoup Rosalie et Tanya, ce qui m'amène à une question de fond : mais pourquoi tant de haine envers les blondes ? ^^
La deuxième est que plusieurs d'entre vous m'ont prédit que j'allais avoir des problèmes, vous noterez que j'attends toujours…
Et enfin la dernière, à part Fandemanga qui a eu la gentillesse de se pencher consciencieusement sur la question de la couleur des cheveux d'Edward, toutes les autres n'en veulent qu'à la raie des fesses de Robert (et encore je ne dénonce pas celles qui m'ont envoyé des PM à ce sujet) ! C'est honteux ! Laissez le un peu tranquille le pauvre garçon ! Comment ça c'est moi qui ait commencé ? Moi ? Pure et innocente, qui croyais juste qu'après New Moon et Eclipse, on aurait bien le droit à Full Moon… non ? Non, vraiment ? Bon ok, je sors !
Plus sérieusement, je voulais vous préciser que je ne vous ai livré que le POV Bella dans le dernier chapitre, d'abord parce qu'il était long mais surtout pour lui garder toute son intensité...
J'espère que vous pardonnerez ma lenteur de publication pour ce POV Edward qui aurait dû être posté avec le précédent chapitre, mais vous commencez à me connaître, la relecture chez moi prends du temps en transformation du texte et en ajouts de passages non prévus...
Pour les sans comptes :
LILIA68 : Merciiiiiiii pour ta review ! Et bien, si, je crois que je vous ais fait ça… Sans rancune ? Pleure pas STP.
Aurore : La grande sadique (et fière de l'être, euh, pas sure…) te remercie pour ta review ! Mais faut pas pleurer, hein ? Sinon je vais devoir t'envoyer Edward pour sécher tes larmes et il va me manquer…
Sandry : Un grand merci pour ta review et tes compliments, ça me touche vraiment. Très heureuse de t'accueillir dans le club des vieilles qui traînent par ici… Mais qu'est ce que la vieillesse, n'est ce pas Edward ?
Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer. Tout ce que vous subissez de ma part est entièrement de sa faute, c'est elle qui a tout inventé ! (Comment ça j'assume pas mes actes ?).
Et pendant ce temps là, à la villa Cullen…
Chapitre 19 : … ou tout ignorer
POV Edward
Le trajet jusqu'à la villa fut tendu. L'ambiance avait beau être retombée dès que Bella avait quitté l'habitacle, Jasper n'arrivait pas à reprendre le contrôle de ses émotions. Ressassant inlassablement ses idées de mariage, Alice ne comprenait pas la raison de notre séparation de quelques jours.
- Mais alors ce que tu projettes de lui offrir, ça veut dire que ça devient officiel ? dit-elle en se retournant brusquement vers moi.
- Mêle toi de tes affaires ! Et tant que j'y pense, sois plus discrète la prochaine fois, tu as failli me trahir à l'aéroport, Bella n'est pas idiote, elle commence à comprendre quand tu as des visions ! lui répondis-je en râlant.
- Je sais. Et tu noteras que je n'ai rien dit, mais s'il te plait si vous faites quelque chose d'officiel, je pourrais vous aider ? me demanda-t-elle avec des yeux suppliants.
- Si un jour ça arrive, Bella décidera et je crois qu'elle t'aime assez pour céder à tes caprices ! Mais inutile de te faire des idées, pour le moment il n'y a rien de prévu…
J'eus à peine terminé ma phrase que Jasper s'arrêta brutalement devant la maison dans un crissement de pneus. Il sortit d'un bond faisant le tour du véhicule et attrapa ma soeur à la volée en la positionnant sur son épaule. Elle se débattit en rigolant mais elle savait comme moi que Jazz avait besoin de laisser exploser toute la tension qu'il avait accumulée à mon contact. Il partit à tout allure dans les bois afin de laisser assez de distance entre eux et nos oreilles indiscrètes.
« Regarde tes mails, tu verras la maison que je vous aie trouvée à Seattle pour la rentrée, vous allez l'adorer ! Sois de retour demain à l'aube, Jasper t'emmène chasser avec Emmett ! Et gare à Tanya ! Elle a très hâte de te revoir… ». Je ne saisis pas le reste des pensées d'Alice à présent hors de portée de mon pouvoir.
Je me dirigeais vers la villa d'humeur mitigée, partagé entre le bonheur des derniers jours, la mélancolie provoquée par son absence et mon envie de solitude pour y faire face.
Carlisle et Esmée étaient ravis de me revoir. Je remerciais chaleureusement cette dernière de nous avoir prêté l'île. Mon père me pris par les épaules, m'exprimant avec force son admiration et sa fierté par ses pensées. Emmett n'était pas dans les parages, m'épargnant encore quelques instants ses inévitables blagues.
Irina, Kate, Carmen et Eleazar me saluèrent à leur tour, intrigués par l'effluve humaine qui imprégnait mes vêtements. Apparemment mon clan était resté discret sur ma relation avec Bella, préférant sans doute que je leur annonce moi même. Je remis à plus tard les explications en filant à l'étage.
L'odeur de Tanya, que je n'avais pas croisée jusqu'ici, envahissait la pièce déserte. J'entendais ses pensées proches de moi et le bruit de la douche dans la salle de bain attenante. Je n'y prêtais guère attention malgré les avertissements d'Alice.
Je souris en découvrant le lit encore défait, me rappelant cette fameuse nuit où Bella avait fini par me convaincre. Je me sentais stupide d'avoir résisté aussi longtemps, j'aurais dû la croire, me fier à la confiance qu'elle avait en moi. J'avais déjà hâte d'être ici avec elle un soir ou les miens auraient la bonne idée d'aller chasser pour enfin faire honneur à cette chambre comme il se doit.
Ne résistant pas je saisis l'oreiller sur lequel elle avait dormi, humant les dernières traces de son arôme… Le paradis… Elle était mon paradis...
J'étais déjà au bord du gouffre près à bondir dans la forêt avoisinante pour aller la retrouver. Mais je devais me faire une raison, n'avais-je pas patienté plus de cent ans avant de la trouver ? Ne pouvais-je donc pas tenir quelques jours sans craquer dès la première heure ? Il me fallait être patient, je devais m'occuper.
Je commençais par faire ce pourquoi j'étais monté ici. Je soulevais la latte de parquet qui me servait de cachette inutile avec les facultés de ma famille, mais ils savaient tous implicitement que tout ce qui était caché dans cet endroit ne leur était pas accessible. Même Emmett et Alice respectaient ce fait. J'en retirais un écrin noir usé par le temps, attrapant une enveloppe sur mes étagères, je le mis à l'intérieur avant de glisser le tout dans la poche de ma veste.
Me rappelant des conseils de ma sœur, j'allumais mon ordinateur pour consulter mes mails. Elle m'avait fait parvenir un lien vers une annonce d'une agence immobilière de Seattle. Comme je m'y attendais, elle avait pensé à tout, la maison, meublée, semblait parfaite. Légèrement en retrait de la ville, isolée des voisins, elle surplombait la baie, le fond du jardin était ceinturé par la forêt.
C'était une demeure ancienne mais admirablement bien rénovée. Je fis défiler les photos de l'intérieur, m'imaginant déjà y vivre avec Bella…
Installer un piano dans le salon face à la bow-window, l'aider à réviser ses cours dans la cuisine spacieuse qui avait également une vue sur la mer, passer des heures blotti contre elle sur le sofa devant la cheminée, admirer le panorama de la baie sur la terrasse aux beaux jours, la regarder dormir toutes les nuits sans exception dans la chambre principale de l'étage, oublier l'heure avec un livre assis face à face dans les fauteuils en cuir usé du grenier qui avait été aménagé en bibliothèque…
Je soupirais réalisant que tout ça était loin de diminuer mon envie de la revoir. Je mis de la musique et m'allongeais sur le lit, fermant les yeux, tentant de me calmer. Je n'avais plus qu'à attendre la nuit pour faire une légère entorse à ma promesse avant de partir avec mes frères dès l'aube. J'essayais de me concentrer sur la partie de chasse qui s'annonçait, qui aurait au moins le don d'apaiser ma gorge brûlante.
Mais c'était sans compter sur Tanya dont j'avais totalement occulté la présence. La porte de ma salle de bain s'ouvrit à la volée. Dans un réflexe je bondis, faisant tomber l'oreiller sur lequel j'étais installé et me dressait devant elle.
- Oh ! Edward, excuse-moi ! Je me suis permise d'occuper ta chambre avant ton retour ! J'espère que ça ne te dérange pas ? me lança-t-elle avec une moue innocente.
Je constatais qu'elle était uniquement vêtue de ses sous vêtements.
- Bonjour Tanya, dans ce cas je vais te laisser pour que tu puisses t'habiller, dis-je en me tournant vers la sortie.
- Ouais, merci... Oh je suis si contente de te revoir !
Habituée à me cacher ses pensées et profitant de sa spontanéité, en un geste elle fut face à moi. Elle plaça ses mains dans ma nuque, plaquant ses lèvres sur les miennes.
Surpris, je mis plusieurs centièmes de secondes à réagir, pendant lesquels j'eus le temps de réaliser que c'était la première fois que je comprenais à quel point les baisers de Bella étaient différents. La bouche de Tanya ne me donnait aucune sensation, ses mains sur mon visage ne faisaient aucun effet, mon corps n'avait aucune réaction alors qu'un simple effleurement de mon amour passant à côté de moi me mettait en ébullition. J'avais juste la désagréable impression de revivre la scène du nouvel an à Rockwood, même si cette fois Tanya était l'unique responsable et qu'elle n'avait absolument pas prémédité son geste.
Je saisis ses hanches et l'écartais fermement avant qu'elle ne croit que je prenne un quelconque plaisir à son étreinte. Elle soupira d'aise en rouvrant les yeux.
« Tu es de plus en plus beau, je ne sais pas ce qui se passe mais tu es radieux aujourd'hui, comme si quelque chose avait changé… »
- As-tu changé d'avis à notre sujet ? ajouta-t-elle à voix haute en souriant, une pointe d'espoir luisant dans ses yeux.
Ses mains tenaient mon visage mais je la maintenais toujours à distance, il était hors de question qu'elle se fasse des illusions ou qu'elle tente à nouveau de me prendre au dépourvu. J'avais maintenant un argument de taille pour enfin mettre définitivement un terme à ses approches de plus en plus entreprenantes à chaque fois que je la croisais.
- Je suis désolé Tanya, j'ai toujours été clair avec toi. Mais tu as raison quelque chose a changé pour moi… dis-je incapable de ne pas sourire moi aussi en pensant à Bella.
Une ombre passa sur son visage puis elle se recomposa un masque assuré.
- Et puis-je savoir ce qui t'arrive pour que tu sois habité par une telle joie de vivre ? Car j'avoue que lors de notre dernière rencontre, je mes suis inquiétée pour toi, tu paraissais si malheureux…
- J'ai quelqu'un dans ma vie maintenant, dis-je serein.
Cette fois elle ne cacha plus son étonnement.
- Tu as rencontrée quelqu'un ? Une « végétarienne » ?
- Non… C'est une humaine…
- Pardon ?
Ses mains me quittèrent enfin. Elle me fixa intensément avant de reculer d'un pas. J'en profitais pour la lâcher à mon tour et élargir la distance entre nous.
- Tu as bien entendu, je suis d'ailleurs étonné que ma famille ne t'en ait pas parlé. J'ai mis du temps à le comprendre mais je suis tombé amoureux d'elle il y a plusieurs années maintenant, je l'ai enfin retrouvée et j'ai eu la chance de découvrir que mes sentiments étaient partagés, dis-je rêveur.
- C'est donc ça la délicieuse odeur qui t'entoure. Comment fais-tu pour lui résister ? demanda-t-elle intriguée.
- Tu es bien placée pour le savoir…
- Peut-être mais je n'ai jamais eu l'audace de choisir des hommes avec un parfum aussi alléchant, après tout nous restons des vampires malgré toutes nos bonnes résolutions, et pris dans le feu de l'action…
- Mon amour pour Bella va bien au delà de mon attirance pour son sang, je ne pourrais jamais lui faire de mal…
- Bella… Comme c'est mignon… Et elle connaît ta véritable nature ?
- Oui, je n'ai pas de secret pour elle. Ça serait trop long à expliquer maintenant mais elle avait deviné qui nous étions avant même que nous revenions à Forks.
- Et c'est vraiment définitif, ou c'est juste une étape avant de passer aux choses sérieuses ?
- Tu connais la force de notre amour et sa constance quand nous avons trouvé notre moitié. C'est ce que j'éprouve pour Bella, sans elle il n'y aura plus rien, je ne serais plus rien… murmurais-je.
- Et bien, voilà une chanceuse, être aimée par toi doit être une expérience grandiose… J'ai toujours cru que nous serions bien ensemble, mais tu as peut-être raison nous n'étions pas fait l'un pour l'autre…
- J'espère vraiment que tu trouveras toi aussi un jour la personne qu'il te faut, dis-je sincère.
- Tu sais, pour le moment, je me plait très bien dans ma situation de célibataire endurcie, je me rends compte que j'apprécie énormément le changement ! Et tu nous la présentes quand, ton humaine ?
- Bientôt, j'ai cru comprendre que vous étiez là pour un moment ?
- Oui, Alice nous a appelés il y a quelques jours pour nous expliquer qu'elle était inquiète sans pouvoir fixer ses visions, elle nous demandait de nous tenir prêts si vous aviez besoin de nous mais nous avons préféré vous rejoindre, donc nous serons dans les parages le temps que ça se calme.
- Ça me fait penser qu'il faut que je lui parle. Bon, je te laisse t'habiller, tu peux rester dans ma chambre si tu le souhaites mais je t'en prie ne recommence plus ce que tu as fait tout à l'heure.
« Inutile de t'en faire je ne m'attaque qu'aux célibataires, les hommes en couple c'est sacré, on ne touche pas ! ».
Je redescendis au rez-de-chaussée. Emmett était de retour et me gratifia d'une énorme claque dans le dos.
- Alors Edward, cette fois c'est bon, t'es enfin un homme ? me lança-t-il enthousiaste.
Rosalie me salua d'un geste, indifférente.
- Salut Rose, salut Emmett, et pour répondre à ta question, non, je suis toujours un vampire !
- Ouais, mais t'es plus un vampire puceau ! Alors c'était comment ? Ça fait quoi de s'envoyer en l'air avec une humaine ? Enfin, faudrait-il encore que tu puisses comparer, lança-t-il hilare.
- Emmett, fiche lui la paix ! Nos invités n'ont pas forcément envie de connaître les détails intimes de la vie d'Edward, le coupa Esmée.
Aux pensées de ceux qui m'entouraient, je devinais que j'aurais pu lancer un diaporama de retour de vacances, leur commentant chaque évènement, ils se seraient tous assis sagement pour m'écouter. Même le reste du clan Denali, qui avait tout entendu de ma conversation avec Tanya, avait à présent dépassé la surprise provoquée par la nouvelle et était extrêmement curieux d'en savoir plus.
Profitant de l'intervention d'Esmée et pour l'en remercier implicitement, je battis en retraite derrière le piano qui occupa le reste de ma journée et de ma soirée.
Une fois la nuit bien avancée, comme je l'avais projeté, je quittais la villa.
- J'ai une dernière chose à faire avant de partir, je reviens avant l'aube ! lançais-je à l'attention d'Emmett qui regardait un match de football à la télé.
Je sortis par la baie vitrée, accompagné par ses cris.
- J'y crois pas ! Ça fait plus d'une semaine qu'il s'envoie en l'air et il y retourne une dernière fois avant de partir ! Et l'autre qui est dans les bois depuis ce matin et qui croit qu'on ne l'entend pas ! Viens Rose, il est hors de question qu'ils en profitent avant de partir et pas moi !
Je n'étais pas certain que Rose soit dans le même état d'esprit. Nous risquions d'emmener un Emmett plus que frustré avec nous.
Dans l'obscurité totale de la nuit sans lune, je courus jusque chez les Swan. Ce que je faisais s'apparentait à de le triche, mais j'avais rêvé de lui donner le contenu de l'enveloppe que j'avais dans la poche depuis notre séjour sur l'île.
Sous sa fenêtre, je perçue sa respiration régulière, j'arrivais au moment opportun, elle dormait à poings fermés. Je bondis sur le rebord soulevant doucement le battant et me glissais à l'intérieur. Son odeur délicieuse enflamma ma trachée, j'avais l'impression de la sentir par chaque pore de ma peau. Je bloquais ma respiration, par prudence car je n'avais pas chassé depuis longtemps, mais surtout pour être capable de ressortir de la pièce une fois ma mission terminée.
Je restais concentré sur mon but. Saisissant un papier et un crayon sur son bureau, j'écrivis les quelques mots que j'avais en tête depuis plusieurs jours. Je pliais ma lettre et la glissais dans l'enveloppe avec l'écrin.
Je repérais le sac qu'elle avait préparé pour la Push et insérais mon paquet dans le fond. Puis je me retournais pour la contempler. Elle était si belle… Ses cheveux répandus sur l'oreiller, ses traits apaisés, ses lèvres charnues entrouvertes, ses mains délicates près de son visage. Elle portait un de mes t-shirt trop grand, une de ses épaules dénudées dépassait.
Je pouvais voir le sang pulser dans sa jugulaire offerte. Je me penchais, humant sa fragrance envoûtante, mon nez à quelques millimètres de sa peau. Ma gorge s'embrasa, mon corps frémit. D'un baiser, j'effleurerais son épaule. Elle soupira d'aise à mon contact, répandant l'odeur sucrée de son haleine dans la pièce.
A cet instant je n'avais qu'une envie, passer ma tête sous ce t-shirt qui la cachait à mes yeux, parcourir son corps avec mes mains, mes lèvres, ma langue… Comme si elle pouvait entendre mes pensées, elle frissonna.
- Mmmm, Edward… gémit-elle en s'étirant sensuellement.
La température de la pièce parue augmenter d'un coup, je pouvais presque visualiser les ondes de désir qui la parcourait. Au terme d'une lutte acharnée entre ma raison et mon instinct, je reculais. Elle soupira de frustration.
Elle dormait toujours mais inconsciemment elle sentait ma présence. Je me remémorais ma promesse, pour qui me prendrait-elle si elle me trouvait dans sa chambre quelques heures après l'avoir quittée ?
Je posais un dernier baiser sur son poignet qui portait le bracelet, symbole si cher à mes yeux et résigné, je me forçais à partir. Elle se roula en boule dans un coin de son lit pendant que je refermais la fenêtre.
De retour à la villa, j'eus le droit aux pensées outrées de Jasper qui était enfin rentré. Lui qui s'attendait à me retrouver plus calme n'en revenait pas que je sois encore dans le même état qu'au moment où Bella était sortie de la voiture la veille. Quand il sentit son odeur imprégnée sur moi, il compris d'où je venais et il ravala ses reproches, découragé.
L'aube n'allait pas tarder, mes frères étaient prêts. Mais avant que nous partions, je voulais en savoir plus sur les visions d'Alice. Je n'avais pas eu l'occasion de lui en parler depuis que j'étais revenu, me contentant du peu d'informations qu'elle m'avait transmises au téléphone.
- Pourquoi as-tu fait venir les Denali ? demandais-je en l'entrainant vers la cuisine.
« Par précaution »
- Pourquoi ? Qu'as-tu vu ?
« A peu près rien et c'est bien le problème, je n'arrive pas à obtenir des visions claires, les choses changent sans cesse. Ça me perturbe de plus en plus. Pour me rassurer Jazz m'a suggéré d'appeler Tanya pour les tenir informés que nous pourrions avoir besoin d'eux et comme elle te l'a dit, ils ont préférés nous rejoindre. »
- Et tu crois que je vais aller chasser avec ce que tu viens de me dire, s'il y a le moindre danger pour Bella, je refuse de la quitter des yeux !
« C'est pour ça que je ne voulais pas en parler avec toi ! Lis mon esprit et constate par toi même, il ne se passe rien, c'est juste une sorte de pressentiment. Et même s'il y avait la moindre chose, nous sommes assez nombreux pour protéger Bella et nous vous appellerions ou nous irions vous chercher, tu serais de retour à Forks en quelques instants ! Mais fais moi confiance, il ne va rien arriver pendant votre absence ! »
- Que vois-tu pour elle ?
« Pour le moment elle dors encore, ensuite je ne la voit plus jusqu'à dimanche soir, mais c'est normal, Seth doit être chez elle et ils partent à la Push pour le reste du week-end. Elle sera en sûreté, Edward. A son retour, je monterais la garde et lundi soir je veux bien te montrer ce que je vois mais si c'est pour me faire encore traiter de voyeuse… »
- C'est bon, c'est bon… répondis-je préoccupé.
« Il n'est pas question que tu restes ici, tu t'es assez morfondu toutes ces années, je veux que tu profites de ton bonheur, pars t'amuser avec tes frères, ils sont ravis de te retrouver. Allez, vas-y »
Elle me repoussa vers l'étendue herbeuse à l'arrière de la villa où Jasper et Emmett m'attendaient.
- Merci Alice, je compte sur toi, lui lançais-je en m'éloignant vers eux.
- Amusez-vous bien ! nous cria-t-elle alors que nous nous dirigions vers la forêt.
Je me décidais à suivre les conseils de ma sœur. Bella m'avait changé, elle m'avait appris à profiter de ce que m'offrait la vie au lieu de me morfondre à la moindre difficulté et j'allais faire ce qu'elle aurait attendu de moi.
Pour ne pas épuiser les réserves du comté d'Olympic de notre clan élargi pour quelques jours, nous gagnâmes le parc national du Mont Rainier. Je me plongeais entièrement dans l'ivresse de la chasse, encerclant des proies en coordination avec mes frères ou luttant pour être le premier dessus.
J'avais l'impression de retrouver le bon vieux temps, sauf que je me sentais plus léger, plus libre. Même les allusions de plus en plus lourdes d'Emmett n'entachaient pas ma bonne humeur. Jasper se délectait de mon allégresse.
Le soleil se couchait quand je me décidais à faire une pause. Je m'installais sur un rocher, dos à une paroi rocheuse, observant amusé mes frères se disputer un élan dont ils venaient de rompre le cou.
Jasper finit par abandonner et Emmett le vida en quelques longues et bruyantes aspirations sous le regard répugné du premier. Il lâcha ensuite la carcasse exsangue et se cogna la poitrine avec les poings, grognant en direction de Jasper avant de venir s'asseoir à mes côtés.
- Alors maintenant que tu as grignoté quelques amuse-gueules, tu vas bien nous confier des détails croustillants à nous, tes frères chéris, nous qui t'avons soutenu tout ce temps, nous qui n'avons pas lésiné à te confier tous nos secrets ? me demanda-t-il en passant son bras sur mes épaules.
Jasper s'assit de l'autre côté et je me sentis d'un coup calme et en confiance.
- C'est vrai ça Edward, Emmett a raison nous méritons bien ça après tout… dit-il l'air faussement blasé.
Ils étaient incroyables, quelques secondes auparavant ils étaient prêts à en découdre et à présent ils étaient redevenus les meilleurs amis du monde.
- Tu vas le regretter Jasper, grognais-je entre mes dents.
- Jasper ne va rien regretter du tout car sous ses airs de mec qui en a vu d'autres, je peux t'assurer qu'il est aussi impatient et décidé que moi d'en savoir plus, me lança Emmett narquois.
Ils s'adressèrent un clin d'œil complice au dessus de mes jambes repliés. Ils étaient persuadés qu'ils m'auraient à l'usure cette fois.
- Qu'est ce que vous voulez savoir, soupirais-je résigné.
- Et bien, étant donné que nous sommes dans l'ignorance la plus totale de ce que peut être une expérience sexuelle avec une humaine en étant un vampire, livre nous donc un aperçu qui nous permettra de mieux comprendre ce que tu as vécu… me dit très sérieusement Emmett, étonné de mon renoncement à leur résister.
- D'accord, dis-je calmement.
Ils se regardèrent triomphant et se tapèrent dans la paume de la main par dessus mes genoux.
- Ah ça c'est cool ça mon pote ! Tu vois quand tu veux ! me lança Emmett en m'ébouriffant les cheveux.
- Arrête ça tout de suite, dis-je menaçant.
- Ok, ok, allez vas-y, nous t'écoutons, dit-il en levant les mains en signe de reddition.
J'appuyais mon dos contre la paroi rocheuse, fermant les yeux, me concentrant, laissant les émotions qu'allaient provoquer mes propos m'envahirent.
- Et bien… Par où commencer… Pourquoi pas, par le moment où j'ôte ses vêtements, dis-je à voix basse marquant une pause pour m'assurer de l'attention de mon auditoire.
Ils étaient tout ouïe, buvant littéralement mes paroles. Je poursuivis dans le silence religieux qui m'entourait.
- Imaginez mes doigts glacés qui défont un à un les boutons de sa fine chemise, découvrant sa peau hérissée, non par la température de mon corps mais simplement par le désir qui se propage en elle, sa fragrance devient alors plus sucrée, plus appétissante, quand elle pose à son tour ses mains chaudes et expertes sur mon torse, les glissant lentement vers mon pantalon, je n'ai déjà plus qu'une idée en tête…
- Ça suffit ! Arrête ça immédiatement ! hurla Jasper en bondissant, submergé par les sensations que je m'étais appliqué à lui transmettre.
- Non mais ça ne va pas ? Il allait tout nous balancer ! Tu ne peux pas faire ça ! Reviens ici tout de suite et sers toi de ton foutu pouvoir pour qu'il termine ! rouspéta Emmett hors de lui.
- Non.
- Comment ça non ?
- Il ne vas rien nous dire, il ne fait que manipuler son humeur pour me faire renoncer, murmura Jasper en proie à ses émotions, tentant de reprendre ses esprits.
- Tu ne vas quand même pas te laisser faire ?
- Je ne peux pas… gémit Jasper en s'éloignant.
- Reviens ici tout de suite avant que je te chope, espèce de lâche ! hurla Emmett en s'élançant à sa poursuite.
Je plaçais mes mains derrière la tête et les regardais disparaître dans la forêt un sourire satisfait aux lèvres. Jasper m'avait facilité la tâche, je ne pensais pas qu'il aurait cédé aussi facilement.
Emmett finit par l'attraper et le ramena vers moi. Quand ils découvrirent mon air goguenard, ils comprirent que toutes leurs tentatives pour en savoir plus resteraient vaines. Avant qu'ils m'en empêchent, je déguerpis vers les sommets qui se découpaient devant nous, mes deux poursuivants à mes basques.
Une fois qu'ils furent plus calmes, je ralentis, les laissant me rejoindre. Plus pour le plaisir du combat qu'autre chose, nous nous lançâmes dans une bataille interminable, chacun prenant tour à tour le dessus sur l'autre jusqu'à ce que, lassés mais heureux, nous nous arrêtions au matin.
Cet épisode eut au moins l'avantage qu'ils me fichent enfin la paix avec mes récits épiques sur mes rapports avec Bella. Nous passâmes la journée suivante et une partie de la nuit à chasser, affinant notre traque, nous défiant à débusquer des proies plus rares et plus coriaces.
Puis rassasiés, nous décidâmes d'un commun accord de rentrer plus tôt que prévu. Nous serions à Forks dès le matin et je prendrais ainsi le relais d'Alice pour la surveillance de Bella. Je me réjouissais déjà de pouvoir la contempler avant nos retrouvailles officielles. Si elle l'apprenait, elle me réprimanderait certainement pour mon impatience, mais j'étais prêt à affronter son courroux, à me trainer à ses genoux, à mettre tous les moyens en œuvre à ma disposition pour me faire pardonner.
Nous rentrâmes à fond de train bondissant d'arbre en arbre. Sachant qu'aucun d'entre nous n'avait voulu s'arrêter de chasser pour aller à Seattle chercher une pièce de moteur que Rosalie nous avait demandé de lui trouver, le dernier arrivé avait pour gage de le lui annoncer en endossant l'entière responsabilité de notre manque de coopération.
Fidèle à ma réputation, je fus le premier à franchir la rivière qui bordait le fond de la propriété. Après avoir parcouru les quelques mètres qui me restaient à la vitesse de l'éclair, je m'appuyais sur le chambranle de la baie vitrée pour voir arriver Jasper hilare. Apparemment, il avait usé de ses pouvoirs pour faire ralentir notre frère. Ce dernier arriva bon dernier et furieux.
Nous l'obligeâmes à aller rejoindre Rose et restâmes en spectateur avertis savourer l'engueulade monumentale qu'elle lui réserva. Je pouvais lire dans ses pensées que malgré son attitude, elle était heureuse de nous revoir tous les trois ainsi, joyeux et complices. Elle commençait à envisager Bella comme une bonne chose pour moi et donc pour la famille. Quand elle entrepris de tous nous traiter d'incapables, je battis en retraite avec Jasper en rejoignant le salon.
Esmée m'informa qu'Alice était partie surveiller la maison de Bella depuis hier soir. Je filais immédiatement la rejoindre, me fiant à sa trace. Elle m'avait vu arriver et m'attendait sous un arbre derrière le jardin des Swan.
- Bonjour Alice. Tout se passe bien ? dis-je en m'arrêtant à ses côtés.
- Sans doute… dit-elle en se retournant vers moi, les traits figés dans un sourire forcé.
- Comment ça ? demandais-je, pris de court par sa réponse.
- Et bien, je suis ici depuis hier soir, Charlie est rentré seul de la Push, j'ai été jusqu'à la frontière pour vérifier mais je n'ai pas trouvé de traces de Bella, j'ai donc supposé qu'elle passait encore une nuit là bas. Je revenue ici au cas où elle rentrerait plus tard. Puis j'ai vu votre décision, alors je t'ai attendu ici…
- C'est curieux elle aurait dû rentrer depuis hier soir, tu es certaine ? Charlie n'a rien dit à son sujet ?
- Euh, Edward je n'ai pas ton pouvoir, je ne lis pas les pensées, Charlie est seul, il n'est déjà pas bavard d'habitude et je peux te certifier que ce n'est pas un adepte des monologues à voix haute !
- Peux-tu essayer de la voir au moins !
Ma sœur resta muette, faisant défiler des visions floues et sans rapport avec Bella dans sa tête.
« Je ne la vois pas Edward, c'est compliqué pour moi, elle et son père sont si souvent avec Seth, il brouille totalement mes visions, peut-être qu'il l'accompagne au travail ? Je ne sais pas quoi te dire… »
- Je peux juste t'assurer qu'il n'y a rien eu à signaler dans les parages pendant votre absence, ajouta-t-elle avec un sourire qu'elle voulait confiant.
L'arrivée de la voiture de Sue nous interrompit.
- Retourne à la villa, si Seth est là tu vas être à nouveau aveuglée, repose toi et préviens moi si tu perçois quoi que ce soit. Je prends la relève, je vais essayer d'en savoir plus, dis-je fermement, tentant de faire taire l'inquiétude qui me gagnait.
- Tu es certain ? Tu ne veux pas que je reste ?
- Vas-y, je t'appelle si j'ai besoin de toi.
Alice s'éloigna et je me concentrais sur la maison des Swan. Sue était finalement seule et s'affairait dans la cuisine pour préparer un petit déjeuner à Charlie qui se douchait à l'étage. Il descendit et ils s'installèrent à table dans le silence. Les pensées de Sue étaient préoccupées par Charlie, tandis que ce dernier ressassait des souvenirs embrouillés de Bella dont je n'arrivais pas à comprendre la teneur.
Sue prit la parole et leurs voix résonnèrent dans la maison.
- Allez mange un peu, dit-elle doucement.
- Pas faim, répondit Charlie sur un ton bourru.
- Tu ne vas pas te ronger les sangs pour elle, elle est grande maintenant !
- Je ne comprends pas qu'elle n'est pas donnée de nouvelles, ce n'est pas son genre !
- Elle en donnera quand elle en aura le temps, allez maintenant tu finis ton assiette, elle n'aimerait pas te voir comme ça ! dit-elle enjouée.
- Tu as raison, après tout c'est une grande fille !
La conversation retourna vers des sujets anodins. Tout au long de leur échange une sourde panique était montée en moi et elle avait explosée en entendant les pensées de Sue qui contredisaient ses paroles. Elle ne comprenait pas pourquoi Bella ne donnait pas de nouvelles et commençait elle aussi à s'inquiéter.
Une chose m'échappait, pourquoi en les écoutant avais-je la terrible impression que Bella n'avait pas passé le week-end avec eux comme prévu ? Brisant ma promesse de ne pas la contacter avant ce soir, je pris mon téléphone, je constatais qu'elle m'avait appelé samedi matin alors que nous devions déjà être enfoncés dans la forêt, elle n'avait pas laissé de message.
Fébrile, je composais son numéro et tombais directement sur son répondeur, tentant de prendre un ton assuré je lui demandais de me rappeler rapidement. Je raccrochais dévoré par l'anxiété, je retournais dans ma tête les hypothèses qui se dessinaient pour expliquer qu'elle ait cherché à me joindre. Peut-être avait-elle craqué elle aussi et voulu entendre ma voix avant que je parte ?
Je guettais dans un état proche de la folie, que Sue parte accompagner Charlie au bureau du Shérif. Je n'eus même pas la prudence d'attendre qu'ils passent la porte d'entrée pour me glisser dans la chambre de Bella. Le lit était défait, des vêtements sales gisaient au sol, le sac qu'elle avait préparé pour aller à la Push n'était plus là. Aux reliquats de son odeur je pouvais certifier qu'elle n'avait pas mis les pieds ici, ni aujourd'hui, ni la veille.
Où pouvait-elle être ? Impossible qu'elle soit à la Push comme le supposait Alice, Charlie et Sue n'auraient pas été si inquiets. J'allais rôder à la frontière, sans trouver moi non plus aucune trace d'elle. Seules les pupilles fauves qui se rassemblaient devant moi me dissuadèrent de quitter immédiatement les lieux mais quand je compris que même leurs pensées ne me livreraient aucun indice, je fis demi-tour.
Je repartis à tout allure vers la villa, prévenant Alice par téléphone. Puis j'appelais les renseignements pour obtenir le numéro des Clearwater. Une vois féminine endormie et furieuse me répondit. Je discernais en arrière, Seth qui tentait de savoir qui c'était. Sachant qu'il m'entendrait, je parlais fort, faisant fi de sa sœur.
- Seth, c'est Edward !
J'entendis une lutte sourde et la voix du garçon résonna clairement dans le combiné.
- Salut Edward, désolé mais Léah apprécie peu de se faire réveiller par un vampire lors de ses jours de repos !
- Navré mais il fallait absolument que je te parle. Bella n'est pas rentrée de la Push hier soir comme prévu, est-elle encore chez toi ?
- Euh, non, me répondit-il hésitant.
- Sais-tu où elle se trouve ? le pressais-je.
- A Seattle ? dit-il d'une toute petite voix qui résonnait plus comme une question que comme une affirmation.
- Comment ça à Seattle ?
- Ben oui… Tu n'es pas au courant ?
- Absolument pas, soupirais-je complètement perdu.
- En fait, elle n'est pas venue à la Push. Samedi matin, elle a dit à Charlie qu'elle devait partir chez son amie Angela qui avait besoin d'elle et elle a pris la route immédiatement.
- Comme ça, sans plus d'explications ? demandais-je perplexe.
- Euh, non, que voulais-tu qu'elle nous dise de plus, elle nous a promis qu'elle appellerait pour donner des nouvelles quand elle aurait le temps…
- Mais vous l'avez laissé partir sans surveillance, sans nous prévenir ?
- Eh ! Ne t'énerve pas ! Jared est toujours à Seattle et elle m'a vaguement dit qu'elle vous tenait au courant. Tu crois qu'il y a un problème ?
- Je… Je ne sais pas, je vais voir… Merci de ton aide, désolé de t'avoir dérangé ! dis-je précipitamment en raccrochant.
Un instant je m'étais accroché à la plausibilité de ce départ précipité pour venir en aide à Angela, ça collait même avec le fait qu'elle ait tenté de me joindre, même s'il était étonnant qu'elle ne m'ait pas laissé de message. Mais les dernières révélations de Seth faisaient voler en éclat cette hypothèse, soit elle avait menti, soit elle quelque chose l'avait empêché de nous prévenir.
Je changeais ma trajectoire, prenant la direction de Seattle, je devais vérifier s'il y avait une part de vérité dans cette histoire. Un bruit de course se dirigea vers moi, et les pensées d'Alice m'atteignirent.
« Edward, attends ! »
- Je dois aller à Seattle ! Elle n'est pas allée à la Push et elle a raconté à tout le monde qu'elle devait rejoindre Angela !
« Ok mais parti comme tu es, tu risques de te faire repérer ! Je ne crois pas qu'Angela s'attende à te voir débarquer comme une furie chez elle ! »
- Elle y est ?
- Non Edward, je ne la vois toujours pas… dit-elle en arrivant ma hauteur alors que j'avais ralenti pour l'attendre.
- Je ne comprends pas ! Personne n'a aucune idée de l'endroit ou elle se trouve ?
- Calme toi ! Je t'accompagne à Seattle, mais il est hors de question que tu ailles voir Angela dans cet état ! Si elle n'y est vraiment pas nous aviserons mais il nous faut garder les idées claires.
Cachés sous un porche, devant chez Angela, j'écoutais ses pensées, elle se remémora fugacement une conversation téléphonique avec Bella le jour de notre retour, mais ce souvenir joyeux ne m'apporta rien d'intéressant. Quand elle quitta son domicile pour se rendre en cours, nous entrâmes discrètement dans l'appartement, l'explorant rapidement. Malheureusement ma sœur avait raison, il n'y avait pas trace de Bella ici, pas plus que dans les environs de Seattle.
Nous retournâmes vers Forks sans détecter autre chose que nos propres pistes et celles des loups. Bella s'était mystérieusement volatilisée sans laisser aucun indice, Alice ne la voyait pas et j'étais en proie à une terreur incontrôlable.
Une fois à la villa, notre clan et celui des Denali se réunirent sous l'impulsion d'Alice. Il fut décidé que tout le monde partirait à sa recherche, même Rosalie devant ma mine défaite ne rechigna pas. Ils m'obligèrent à rester dans la maison, prétextant qu'il fallait que quelqu'un soit présent au cas où elle reviendrait. Mais je savais qu'il ne voulait pas que je perturbe leurs recherches, mon état ne me permettant pas de garder l'esprit clair.
J'errais comme un pauvre hère dans les pièces vides, balayant tous les éléments que j'avais en ma possession.
Elle était partie de son plein grès d'après ce qu'elle avait dit à son père et à Seth. Mais elle avait indéniablement menti à tout le monde, à son père en lui disant qu'elle allait chez Angela, à Seth en lui affirmant qu'elle nous contactait et finalement à nous, les Cullen, en nous tenant dans l'ignorance…
En liant toutes ces données je n'arrivais qu'à une conclusion, si elle avait quitté Forks volontairement, il était évident qu'elle avait tout mis en œuvre pour que personne ne la suive ni ne sache où elle allait…
Mais où pouvait-elle se rendre si ce n'était à la Push, chez son père, chez Angela ou chez nous ? Et pourquoi ? A quoi voulait-elle échapper ?
Les pensées qui me rongeaient devenaient de plus en plus noires, je me mis à considérer que j'étais peut-être responsable de tout ceci… Je repensais à l'enveloppe dans son sac, à ma lettre qu'elle avait sûrement découverte… Était-ce la raison de cette fuite ?
Mais pourquoi avec tout ce que nous venions de vivre… A moins que le retour à la réalité lui ait fait regretter les évènements sur l'île d'Esmée, que les mots que je lui avais écris l'autre nuit dans sa chambre lui aient fait réaliser qu'elle ne voulait pas de l'avenir que je lui proposais…
Quand les miens revinrent, j'étais recroquevillé dans un coin du salon, sombrant dans le gouffre que ces idées faisaient naître en moi. Je n'eus pas besoin de voir leurs mines dépitées pour savoir qu'ils n'avaient absolument rien trouvé.
La lueur d'espoir qu'il me restait s'éteignit…
Elle avait disparue…
Si vous voulez consoler Edward, appuyez sur le bouton en bas… Sinon… C'est moi qui le réconforte toute seule…
Comment ça, c'est pas quelques reviews qui vont te remonter le moral ?
Je te trouve ingrat pour un mec qui vient d'annoncer par écrit à sa copine qu'il préfère les chats ! Tu m'étonnes qu'elle soit partie ! Et d'une, elle, elle voulait un chien et de deux, n'oublie pas l'inquiétude incessante que ça doit être de se dire qu'un jour ou l'autre tu vas saigner la pauvre bête lors d'une de tes fringales nocturnes !
Oh, eh ! Ne boude pas, les chiens c'est bon aussi ! Euh, je veux dire c'est bien aussi !
Allez, on ne va pas se laisser abattre et avant qu'elles se mettent toutes à crier « C'est un scandale, ce chapitre ne nous apprends rien ! Remboursez nos invitations ! », je te propose de nous éclipser pour allez faire quelques pas chassés et des roulades dans l'herbe. Je me suis laissée dire que tu avais besoin d'entraînement et il faut que tu sois en pleine forme pour la suite !
Hop, hop, hop, tu enfiles ton bonnet, ton short et tu me bouges tes petites fesses ! Ouais comme ça ! C'est bien Edward ! Vas-y continue !
Quoi ? Vous êtes encore là vous ?
