Tout d'abord, je tenais à vous souhaiter une très belle année 2011 pleine de bonheur !

Malgré mes promesses j'ai eu d'autres loups-garous à fouetter avant noël, des vacances studieuses (= je fous rien), un syndrome de la page blanche et enfin je m'y suis remise ! Tout ça m'aura quand même pris plus d'un mois pour un texte écrit depuis quasiment deux mois…

Pendant ce temps là vous m'avez gâtée avec vos reviews et je vous en remercie chaleureusement, je me répète mais c'est vraiment de la motivation à l'état pur pour continuer !

Comme je trouvais un côté bâclé à ce chapitre, sans doute car il s'y passe beaucoup trop de choses et que je ne m'en sortais pas, j'en suis encore venu à cette solution radicale qui consiste à le couper en deux (et couic le chapitre !), ce qui me permet d'accélérer la cadence de publication car pendant que vous lisez, je termine de corriger la suite presque prête (je le jure cette fois ce n'est pas de la publicité mensongère !).

Pour les sans comptes :

LILIA68 : MERCI ! Bon d'un côté je vais contenter ta supplication mais d'un autre je sens que ça ne va pas te plaire et que tu vas encore jurer ! Pour Edward, c'est un cas désespéré, au moins Bella dans la vraie version, elle fout son poing dans la g….e de Jacob ! Ah les mecs !

SANDRY : MERCIIIIIII, c'est le seul mot qui me vient à la lecture de ta review ! Effectivement tu as dû attendre… Désolée… J'espère que tu n'arbores pas maintenant une longue chevelure argentée ;-) Pour Alice, ce n'est pas si simple, mais tu m'as fait douter alors j'ai repris la bible Révélation et ouf, je ne me suis pas emmêlée les pinceaux car il faut faire entrer dans l'équation que Bella est enceinte d'un être hybride (comment ça t'as rien compris à ma réponses ?).

Robert Lamia : mon cher Robert, merci pour ton odorante review ! Je te félicite, tu es le seul à avoir deviné la suite de ma fic… Petit malin !

Un gros bisou spécial à ma DIV qui n'arrête pas de me déconcentrer mais qui n'a pas son pareil pour me soutenir dans l'écriture en attisant mon imagination de la façon la plus cruelle qu'il soit (je suis perdue sans GPS sur un dos depuis hier soir, sadique !)

Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.

Je vous laisse retrouver Bella-longue-à-la-détente et son bébé alien, Edward-con-con, l'engueulade de Rosalie, le poing d'Edward dans la gueule de Jacob, les horribles tortures de Rosalie, Jacob qui s'imprègne du postérieur d'Edward… Oui tout, vous aurez tout ce que vous avez demandé mes chers lecteurs !


Chapitre 20 : Se rendre à l'évidence.

POV Bella

- Bella !

Une voix grave et inquiète m'appelait. Deux mains puissantes et chaudes me secouaient doucement par les épaules.

- Bella, s'il te plait, réponds moi !

Je ne dormais pas mais je me fis violence pour sortir de ma léthargie, reprenant conscience de mon corps roulé en boule autour de mon ventre, me laissant assaillir par les pensées qui fusaient à nouveau dans mon esprit embrumé.

- Bella !

Le timbre se fit plus suppliant. J'ouvrais les yeux, me redressant difficilement sur un coude pour observer mon environnement.

- Jacob ? demandais-je, la voix enrouée.

- Oh, Bella, me dit-il soulagé en me serrant dans ses bras.

Je me laissais aller contre la chaleur de mon ami, il me berça contre lui.

- S'il te plait, pardonne moi de t'avoir laissée seule, murmura-t-il.

Le bébé bougea dans mon ventre. Jacob réagit immédiatement en se reculant.

- Waouh… siffla-t-il.

Je posais mes mains sur mon abdomen tendu… Le bébé… C'était la première fois que je l'appelais ainsi, je le sentais grandir en moi, j'avais instinctivement de l'amour pour lui, le besoin de le protéger mais comment envisager ce qui me détruisait petit à petit comme… mon bébé.

Je m'assis sur le bord du lit, observant mon ami debout devant moi mi-ébahi, mi-effrayé par ce qu'il venait de sentir. Je me remémorais son départ, je n'avais aucune idée du temps écoulé depuis.

- J'ai soif, lui dis-je la bouche pâteuse.

Il me tendit une gourde et j'avalais de longues gorgées du liquide frais. Cela eut le don de m'éclaircir les idées.

- Tu as revu la meute ? dis-je en proie à un début de panique.

- Bien sur, au moment ou je me suis transformé, j'ai renoué le contact avec eux, me répondit-il étonné.

- Ils savent où nous sommes ? demandais-je incapable de me calmer.

- Pas précisément car nos pensées étaient tournées ailleurs, mais il suffit qu'ils suivent ma piste…

- Je croyais que vous partagiez vos pensées, comment n'ont-ils pas vu où nous étions ? le coupais-je.

- Laisse moi t'expliquer, c'est plus compliqué que ce que tu penses. Quand je suis parti j'étais complètement bouleversé par ce que je venais de découvrir. La meute est venue à ma rencontre. J'étais encore sous le choc quand je les ais croisés, la seule chose à laquelle je pensais était ton image, ton ventre meurtri…

A cette évocation ses traits se tordirent de douleur. Il se mit à marcher de long en large devant moi.

- Leur réaction a été violente quand ils ont compris que tu étais enceinte d'une sangsue. Il voulait t'éliminer, ne pas prendre le risque d'affronter ce qui allait naitre… Sam était catégorique il m'a ordonné de leur dire où tu te cachais et d'aller avec eux mettre fin à la menace que tu représentais…

- Tu es venu me tuer Jacob ? dis-je d'une voix blanche.

- Bella, malgré tout ce qui a pu se passer entre nous, malgré le fait que je pense que tout ceci est de la folie, je suis ton ami, je suis revenu pour toi, quelque soient tes choix je te soutiendrais, même si je dois le regretter jusqu'à la fin de mes jours, me dit-il sincère en s'agenouillant à ma hauteur.

- Mais alors, que s'est-il passé, pourquoi es tu là, seul ?

- C'est assez étrange mais rappelle toi les histoires sur la hiérarchie de la meute que je t'ai racontées. Je n'en avais jamais pris l'entière dimension jusqu'à maintenant, mais le sang qui coule dans mes veines fait de moi l'alpha légitime de la meute, c'est inné mais j'ai toujours refusé ce rôle, Sam qui a été choisi par la tribu s'en charge très bien…

Il fit une pause cherchant mes yeux, je hochais la tête pour lui indiquer que je l'écoutais.

- Je suppose que ça explique ce qui s'est passé ensuite. J'ai commencé à me soumettre à l'ordre de Sam, j'étais atterré par ce qu'il allait m'obliger à faire, jusqu'à ce qu'un sentiment nouveau naisse en moi, le sentiment que je pouvais lui résister en utilisant la voix de l'alpha qui sommeillait en moi. J'ai ressenti pour la première fois depuis ma transformation mon libre arbitre. A partir de ce moment seules les pensées de Sam me parvenaient, rien d'autre, le silence… Je pouvais communiquer avec lui mais il ne lisait plus mon esprit… Je m'étais détaché de la meute…

Je le regardais intriguée et il poursuivit son explication.

- Bella, je ne veux pas te voir disparaître, cette chose dans ton ventre, c'est une partie de toi et je vais tout faire pour vous protéger. J'ai dit à Sam que je retournais vers toi, que nous resterions loin de la Push, que je me portais garant du fait que tu ne serais pas une menace pour notre tribu. Il a essayé de me faire changer d'avis mais je l'ai prévenu que je te défendrais jusqu'au dernier souffle, qu'il était préférable d'éviter un conflit pour les nôtres. Il a finit par se laisser convaincre, il nous laissera tranquille tant que nous restons loin du territoire Quileute.

- Mais ils peuvent nous trouver maintenant ! criais-je.

- Qui ça eux ? Les Cullen ?

Je hochais la tête en grimaçant.

- Rassure toi, la meute va se tenir à distance de la sangsue télépathe. Sam n'a aucun intérêt à ce qu'ils te trouvent, il est bien trop effrayé par ce qu'ils pourraient faire avec ça, dit-il en désignant mon ventre.

- Il faut quand même que nous repartions le plus rapidement possible !

- Ecoute moi bien Bella, nous ne bougerons pas d'ici tant que tu n'auras pas repris un peu de force, il nous reste quelques provisions et tu vas me faire le plaisir de les terminer, ensuite nous reparlerons de changer de planque. C'est compris ? demanda-t-il en me fixant, sérieux.

- Oui, je vais essayer…

- Bon très bien, dit-il en s'affairant dans le placard.

Je me levais péniblement pour le rejoindre.

- Merci Jacob, pour tout. Mais je ne veux pas que tu te sépares des tiens pour moi… dis-je en posant une main sur son bras.

- C'est déjà trop tard Bella, depuis le moment ou j'ai accepté de partir avec toi, je ne peux plus et ne veux plus reculer, tu vas devoir me supporter ! me lança-t-il jovial.

Je souris faiblement.

- Voilà une soupe pour commencer, je te laisse manger tranquille quand ça sera chaud. J'ai besoin de me nourrir moi aussi, je vais aller chasser, l'avantage maintenant c'est que je peux me transformer sans me faire repérer par la meute ! Ne t'inquiète pas je reste dans les parages.

Il me laissa devant le poêle dont il avait ravivé le feu. Je ne savais même plus depuis combien de jours je n'avais pas avalé quelque chose. J'humais l'odeur au dessus de la casserole mais mon estomac se tordit. J'étais perdue entre la faim et le dégoût.

Je pris la décision de sortir pour prendre l'air pendant que mon repas terminait de chauffer, espérant que ça me donne l'aplomb nécessaire pour supporter la nourriture. Je me trainais difficilement, courbée par la douleur et le poids de mon ventre.

Je me laissais aller sur le tronc d'arbre qui faisait office de banc devant la cabane, le dos appuyé au mur. Ce cours trajet m'avait épuisée. J'inspirais de longues bouffées d'air frais, lentement pour ne pas trop sentir ma côte cassée. C'était tellement bon, après ces longues heures, immobile, cloîtrée à l'intérieur.

J'arrivais encore à contenir mes pensées. Je ne réfléchissais ni à l'avenir, ni au passé, je m'efforçais de ne vivre que l'instant présent même si au plus profond de moi je savais que c'était suicidaire d'occulter la réalité.

Un bruit de lutte dans les bois devant moi, vint troubler mon semblant de quiétude. Je relevais la tête en alerte. J'entendis une plainte stridente, la peur qui transcendait de ce cri se transforma en un long frisson qui parcourut mon échine. Mais au lieu de me m'effrayer, cela m'intrigua. Un craquement sinistre résonna et le vacarme cessa.

J'inspirais, à l'affut, je sentis le bébé remuer vivement. Sans prendre de précaution, je m'élançais vers la forêt. J'avançais m'appuyant sur les arbres, me rattrapant sur les mains quand je buttais, allant aussi vite que mon corps meurtri me le permettait. Je me guidais avec les grognements et les bruits de pas assourdis qui me parvenaient.

J'arrivais enfin à mon but. Découvrant Jacob, le loup, qui arrachait d'un coup de croc puissant un morceau de chair sur l'encolure d'un élan inerte. Mon regard le quitta rapidement pour se fixer sur la blessure qu'il avait infligée à l'animal.

Auparavant, cette vision m'aurait donné la nausée, j'aurais été incapable de l'observer avec autant d'attention. Mais c'était le contraire qui se produisit je ne pouvais pas quitter des yeux le liquide rouge qui se répandait sur le pelage sombre. Mon estomac gronda en même temps que le bébé s'agitait. J'avais terriblement faim tout à coup.

Jacob releva sa large tête et recula en baissant les oreilles, les babines retroussées. Repoussant toute logique, j'en profitais pour avancer vers la carcasse sans quitter des yeux mon ami. Je pouvais lire la perplexité dans son regard. J'inspirais fortement et mes narines se remplir de l'odeur métallique caractéristique, je salivais.

Je perdis la raison, le contrôle, oubliant la présence de Jacob, je me jetais à genoux devant le cou de la bête et plongeais vers la profonde entaille tentant tant bien que mal de boire le sang qui s'en écoulait.

Les premières gorgées me donnèrent un haut le cœur, mais je continuais, incapable de me détacher de ce fluide chaud et poisseux. J'avais la sensation que tout mon corps le désirait. Mon estomac se remplissait, le bébé bougea lentement.

La source finit par se tarir, mais je ne pouvais pas arrêter, il m'en fallait plus. Je relevais la tête vers Jacob, il me regardait entre frayeur et dégout.

- Encore, fut le seul son que j'émis d'une voix rauque que je reconnus à peine.

Il ne bougea pas se contentant de continuer à m'observer.

- Encore, il m'en faut encore ! Je t'en supplie, j'ai faim…

Il me fixa quelques secondes et il disparut d'un bond. Je m'assis contre la carcasse presque froide. Je ne voulais pas réfléchir à ce que je venais de faire ni à ce que j'allais encore faire si Jacob m'obéissait.

Enfin, j'entendis son pas lourd et les râles d'un autre animal. Je fus sur mes pieds la seconde qui suivit. Il arriva avec une biche dans la gueule, bien vivante, qui se débattait de toutes ses forces. D'un mouvement de la tête il lui brisa le cou mettant fin à ses cris, puis il la laissa tomber au sol.

Ses crocs avaient percé la peau au niveau de la jugulaire, laissant le sang ruisseler. Je me précipitais et je m'abreuvais à nouveau, la chaleur me gagnait, mes forces revenaient, je me remplissais d'une sensation de bien être que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. Je savais que le bébé lui aussi appréciait ce repas, ses mouvements se faisaient plus doux, comme des caresses sous ma peau tendue.

Quand le flot s'arrêta, je me laissais aller assise par terre, repue. Avec appréhension j'attendais les spasmes de mon estomac, mais ils ne vinrent pas, seule subsistait cette impression de contentement.

Jacob était parti, je me relevais pour retourner à la cabane, il n'était pas là non plus. Irrésistible, la fatigue s'abattit sur moi et je m'écroulais sur ma couche, m'enfonçant dans un profond sommeil.

Je me réveillais brusquement à l'aube dans un cri étouffé. Des bribes du cauchemars semblaient encore s'imprimer sur ma rétine, des prunelles cramoisies sur un visage blafard indistinct, un paysage tropical aux couleurs trop criardes, oppressantes, suivi d'un tableau de désolation ou tout était carbonisé, recouvert par les cendres. Cette dernière vision m'avait été insupportable, je m'étais débattue m'extrayant du sommeil.

J'avais mal partout, mon ventre me semblait plus gros que jamais. Je me levais péniblement. Il n'y avait toujours pas de traces de Jacob. Les souvenirs de la veille me revinrent. J'imaginais que le spectacle que je lui avais offert avait dû être difficilement soutenable.

J'allais pour la première fois depuis notre arrivée ici devant le petit miroir ébréché accroché à côté du placard et je contemplais mon reflet trouble. Ce que j'y vis m'effraya, je me reconnaissais à peine, j'étais livide, les joues creusées, des cernes noires s'étalaient sous mes yeux, mes cheveux étaient emmêlés et ternes, des traces de sang séché subsistaient sur mes joues et aux coins de mes lèvres.

Sous le choc, je laissais le doute faire son chemin, je m'interrogeais sur la raison de ma fuite, sur ce qui m'avait fait plonger si bas, sur le bonheur que j'avais connu et qui m'avait été arraché.

Je ressenti le trou béant dans ma poitrine, une douleur qui allait au delà de ce que subissait mon corps, un manque qui me rongeait de l'intérieur.

Jamais je n'allais pouvoir l'oublier, jamais je ne pourrais vivre sans lui.

A chacune de ces pensées j'avais l'impression de me déchirer intérieurement, de sombrer comme un bateau brisé assailli par une mer démontée.

- Edward, murmurais-je.

Ce fut le déclic, une première larme, lourde, chaude coula sur ma joue pour finir sa course sur mes lèvres. Son gout salé me ramena sur l'île d'Esmée, me plongeant un peu plus dans le désespoir.

Afin de me raccrocher à quelque chose de tangible, je remontais la manche crasseuse de mon t-shirt sur mon bras gauche. Les yeux humides je constatais avec effroi que le bracelet n'était plus là.

Mes sanglots se firent profonds, ma respiration saccadée. La dernière chose qui me reliait à lui, je l'avais perdue. Je tombais à genoux, une plainte déchirante sortis de ma bouche, m'entourant de mes bras, je me balançais d'avant en arrière incapable de retenir mon chagrin contenu depuis des jours.

Je perçus à peine les pas lourds et précipités de Jacob, ses appels, ses mains sur moi, tentant de m'apaiser. Je ne pouvais pas me calmer, le barrage avait lâché, je savais que je risquais de perdre la raison face à la réalité de ma perte, de ce bébé hors du commun pour qui je nourrissais un étrange amour alors qu'à cet instant j'étais parfaitement lucide sur le fait qu'il allait me tuer.

J'envisageais de me réfugier dans un coin de la cabane et attendre avec résignation cette mort qui avait croisé ma route à de nombreuses reprises, m'épargnant, repoussant l'échéance à chaque fois. Mais cet être en moi, qui réagissait à mes gestes, à mes humeurs me poussait à survivre le plus longtemps possible, à me battre.

Je repoussais Jacob en me relevant. Il fallait que je retrouve ce bracelet ! Il avait dû se détacher. Je me mis à retourner la cabane, envoyant valser les rares objets qui s'y trouvaient, renversant la table bancale, la chaise, sous les yeux ahuris de mon ami.

J'arrivais à mon sac. Avec autant de détermination que j'avais mis à fouiller le reste, à genoux, j'entrepris de sortir mes maigres possessions une par une, ce qui était absurde car je m'étais à peine changée depuis notre arrivée et une bonne partie du contenu n'avait pas bougé. J'étais proche de l'hystérie. J'entendais les supplications de Jacob derrière moi pour que je me calme.

Pas de bracelet… Je restais les bras ballant devant le sac qui ne contenait plus qu'une enveloppe et son portrait sur l'île que j'y avais glissé avant que tout ne s'écroule. La vision de sa vénusté, de ce sourire si tendre qu'il m'adressait à travers ce cliché, les souvenirs m'assaillir… Incapable de les encaisser pour l'instant, je repoussais la photo, me focalisant sur le dernier objet dans mon sac.

Une enveloppe… Que je n'avais jamais vue… Déformée par son contenue…

Mes larmes étaient maintenant silencieuses. Une sorte de suspens régnait dans la pièce, même Jacob s'était tu. Les mains flageolantes je l'attrapais. J'avais le sentiment de revivre la découverte des photos qui avaient tout fait basculer. J'étais partagée entre la crainte de ce que j'allais découvrir et la nécessité que me dictait une partie de ma conscience de l'ouvrir.

J'inspirais un grand coup et décachetais le rabat, trouvant à l'intérieur un papier ordinaire plié en deux et une petite boite noire qui avait la texture du velours.

Je dépliais la lettre. Il n'y avait aucun doute, c'était l'écriture d'Edward, je tremblais tellement que je n'arrivais pas à lire. Pourquoi m'infliger ça ? C'était sans doute un minable mot d'excuse et d'adieux. Malgré le mal que ça allait me faire, je doutais de pouvoir sombrer plus bas et ça aurait le mérite de me faire réaliser qu'il m'avait quittée.

Incapable de me calmer, je finis par la poser par terre et commençais lentement à déchiffrer les mots, essuyant dans ma manche les larmes qui menaçaient de les effacer. A la première lecture mon esprit refusa de comprendre les phrases qui se formaient dans mon esprit. Je fermais les yeux, respirant longuement, jusqu'à ce que mes tremblements diminuent, puis je les rouvris et recommençais.

Bella,

Cela fait bientôt une journée que je t'aie laissée sur le pas de ta porte, la nuit est déjà avancée et je vais partir chasser avec mes frères, mais auparavant je voulais te remettre ceci.

J'avoue, j'ai cédé à la trop tentante idée de te revoir avant de partir, même si je romps notre promesse, j'espère que tu me pardonneras.

Je suis dans ta chambre, tu dors paisiblement, je sais déjà qu'une fois que j'aurais terminé cette lettre, je ne résisterais pas à l'envie de t'admirer, de m'enivrer de ton parfum, d'effleurer ta peau… Ce que je ne sais toujours pas c'est comment je trouverais la force de repartir…

La raison de ma présence tient dans cet écrin. Depuis cette inoubliable soirée sur l'île, je désire t'offrir ce bijou qui a appartenu à ma mère. Tu ne raffoles pas de ce genre de démonstration officielle, c'est pourquoi je préfère que tu le découvres seule. Avant tout, lis cette lettre jusqu'au bout pour comprendre ce qu'il représente à mes yeux.

Dans un de mes trop rares souvenirs d'enfance, je me revois petit garçon, discutant avec ma mère du sentiment amoureux. Ma cousine venait de vivre un grand chagrin, son fiancé s'étant finalement tourné vers une autre avec une situation plus avantageuse.

J'avais été atterré par sa détresse et je parlais déjà de devenir soldat pour échapper à toutes ces tracasseries, arguant que les sentiments rendaient faible alors qu'en fait j'avais une trouille bleue de vivre la même chose si je m'autorisais plus tard à être amoureux d'une jeune fille.

Or, ma mère ne se laissait pas tromper par mon apparente bravoure, avec sa douceur et sa finesse habituelles, elle avait su me convaincre qu'un jour je rencontrerais le véritable amour, et que, quelque soit sa durée, je ne devrais pas m'en priver car rien ne pouvait remplacer la joie intense d'aimer.

Ce soir là, elle m'avait confié son souhait que je puisse transmettre cette bague à celle que mon cœur aurait choisi. Toutes ces années, j'ai conservé précieusement cet héritage de ma vie humaine, me raccrochant à l'espoir qu'elle m'ait dit vrai, qu'un jour je rencontrais mon âme sœur.

Il m'a fallut parcourir un tel chemin pour te trouver mon amour, braver l'essence même de la vie, souffrir chaque jour de ma condition sans en comprendre le but profond… Mais je ne regrette rien, ma mère avait entièrement raison, chaque instant à tes côté a une valeur inestimable que rien, ni personne ne pourra effacer.

Bella, je t'aime… à jamais.

Edward

Je caressais son prénom du bout des doigts. Je prenais enfin l'ampleur de ce que je venais de lire, la force de ses mots, de ses sentiments. J'ouvrais l'écrin noir, découvrant une bague magnifique sertie de diamants à l'allure de bijou ancien.

Pour la deuxième fois, mon monde s'écroula.

Tel un engrenage rouillé les faits s'assemblèrent un à un. Il était venu chez moi, la nuit suivant notre retour. Je me levais vacillante pour fouiller dans la pile que j'avais jetée derrière moi, retrouvant l'enveloppe contenant les photos qui m'avaient entraînée vers ces jours maudits.

Je regardais à nouveau les clichés, les observant attentivement. Ils avaient été pris de jour. La date et l'heure en bas étaient antérieures au moment ou il m'avait déposé ce message. La perspective changea, j'y vis deux amis se parlant avec entrain, un homme surpris par le baiser que lui donnait une femme.

Je les chiffonnais d'un coup, le doute grandissait en moi, ce pouvait-il que tout ça soit un terrible malentendu ? Ne m'avait-il pas assez répété la constance de l'amour dans son espèce ? Ne m'avait-il pas assuré de ses sentiments par tous les moyens possibles ?

Pourquoi y avait-il eu une seule évidence à ce moment là ? Pourquoi n'avais-je pas vu les autres alternatives ? Se pouvait-il que mon cerveau dans un dernier réflexe d'autoprotection ait occulté les autres possibilités ?

Cela n'expliquait pas ces photos, ni la lettre de Rosalie, mais ce n'était pas d'elle dont j'attendais des réponses en tout premier lieu. Je devais le confronter, lui, m'assurer que tout ça n'était qu'une horrible méprise dans laquelle je m'étais fourvoyée.

- Il faut partir, dis-je fermement en me tournant vers Jacob.

- Bella…

- Il faut que je retourne à Forks, Jack, le plus vite possible !

- Tu es sure que ça va ? Il y a deux minutes tu pleurais toutes les larmes de ton corps…

- Je dois partir !

Je fus interrompu par un violent coup dans mon ventre qui me fit me plier en deux.

- Bella ? Bella ? Ca va ?

- …Il … Il faut partir, dis-je haletante.

- Oh, et puis merde, de toutes façons j'allais finir par t'y obliger, il te faut un médecin !

J'enfilais la bague sur mon annulaire. Attrapant ma veste, je fourrais la lettre dans ma poche, je sentis alors quelque chose de familier sous mes doigts. Je sortis ma main et contemplais dans ma paume ouverte le bracelet sale et effiloché… Il était là depuis le début…

M'empêchant de pleurer à nouveau, je refermais mon poing dessus, me raccrochant à cet objet comme à une bouée de secours les heures qui suivirent.

Une fois prête, Jacob me souleva dans ses bras et entama la descente vers le bateau.

POV Edward

Jasper avait pris la direction des opérations. Il se rendit chez notre avocat, J. Jenks, celui qui depuis des années, nous procurait les papiers nécessaires pour nous créer une vie en quelques instants. Depuis des décennies, il ne nous avait pas vu changer d'un iota physiquement, nous adaptant juste aux modes de l'époque mais il ne posait aucune question.

Jasper était son interlocuteur principal et prenait grand soin de lui faire sentir qu'il aurait été extrêmement dangereux de nous trahir. Et vu les sommes colossales avec lesquelles nous payons son silence, il n'avait aucun intérêt à nous dénoncer. Nous étions des clients fidèles et constants et notre arrangement n'en était que plus fiable.

Cette fois mon frère le chargea de pister Bella, son téléphone, sa carte bancaire, sa voiture, d'accéder aux données de la police, des hôpitaux pour chercher son éventuel passage.

De son côté Alice ne cessait de fouiller ses visions, sans succès. Elle n'arrivait pas à concevoir quelle pouvait être la raison qui avait poussé celle qu'elle considérait comme une sœur à mentir et à la tenir dans l'ignorance.

Esmée et Rosalie s'étaient escrimées plusieurs jours à me faire reprendre pied. La première par la douceur, la deuxième plus brutalement mais avec le même discours, elles refusaient que j'abandonne, que je perde espoir.

Ce fut la froideur de ma sœur et la dureté de ses propos qui m'aidèrent à me relever. Elle ne m'épargna pas, me traitant de lâche, allant jusqu'à remettre en cause la force de mon amour devant mon peu d'obstination à me battre pour Bella. Je voyais dans son esprit qu'elle utilisait ces subterfuges grossiers pour me secouer, mais elle avait raison, je devais continuer, il y avait sûrement quelque chose ou quelqu'un, quelque part pour me mettre sur une piste.

Toujours accompagné par un des miens, je repris mon errance autour de Forks, sondant les esprits à la recherche de son image, cherchant son odeur. Mais il n'y avait rien, ou ceux qui l'avaient croisés ne pensaient plus à elle.

J'avais retrouvé ma ténacité même si au plus profond de moi, ma détresse était immense. Depuis que j'étais vampire, je n'avais jamais ressenti la douleur comme maintenant. Elle n'était pas seulement psychique mais physique. Un vide énorme lancinant ne me quittait plus.

Depuis que j'étais sorti de ma prostration, cette souffrance au lieu de m'y replonger venait alimenter ma détermination. Je savais que si je m'arrêtais, j'étais perdu. Je ne pouvais concevoir de la perdre à jamais sans même avoir une once d'explication.

Je pensais à toutes ces disparitions inexpliquées dans le monde des humains, elles étaient parfois dues à mon univers mais ce qui me revenait maintenant étaient les visages des proches. Ces gens, aux traits hagards mangés par un mélange de douleur et d'inquiétude.

Je n'y avais jamais porté beaucoup d'attention, trop habitué à la cruauté de la vie. À présent je ne pouvais mieux les comprendre, dans la disparition d'un être cher, y avait-il pire que de ne jamais savoir ce qui lui était arrivé ?

Je me fis la promesse de ne jamais cesser de la chercher, aussi longtemps que son hypothétique vie humaine durerait, je fouillerais la planète entière. Et si par un beau jour, je la retrouvais et qu'il s'avérait qu'elle avait fuis car elle ne voulait plus de moi, je savourerais la joie de la savoir vivante, de ne plus être dans l'ignorance.

Les nouvelles rapportées par Jasper de chez J. Jenks ne furent guère encourageantes, ajoutant au mystère. La seule découverte tangible était qu'elle avait retiré la totalité de ses économies en liquide à la Forks Federal Banks le jour ou elle était partie de chez elle.

A compter de cet instant, il n'y avait rien, son téléphone était coupé, sans doute hors d'usage. Il n'y avait aucune information dans les fichiers de la police et des hôpitaux, personne n'avait signalé la présence de son véhicule.

Si elle m'avait rejeté à cause de cette stupide bague, pourquoi avoir mis tant d'ardeur à ne laisser aucune trace ? Pourquoi ne pas être simplement venu me voir ou me téléphoner…

Peut-être que son appel manqué était justement celui de la rupture mais dans ce cas pourquoi ne pas avoir laissé un message, rien qu'un mot pour m'expliquer, pour me dire de la laisser tranquille ? J'aurais compris du moment qu'elle était heureuse et vivante, même si je n'avais aucune idée de ce qu'aurait été mon avenir…

Carlisle m'obligea à l'accompagner pour chasser. Bien que nécessaire pour conserver des forces, je ne pris aucun plaisir à me nourrir, me contentant de proies faciles jusqu'à être gavé. Nous revîmes à la villa, mon père était impatient de savoir si les nôtres avaient trouvé une piste mais je ne me faisais aucune illusion.

Quand nous entrâmes dans le salon, un silence de plomb régnait dans la pièce. Alice au centre se tenait les tempes, autour d'elle Jasper, Esmée, Carmen et Kate, la fixaient, immobiles, dans l'expectative.

Je ne voyais rien dans l'esprit de ma sœur.

- Que se passe-t-il ? Qu'a-t-elle vu ? grondais-je en me précipitant dans sa direction.

Je sentis la main de mon père sur mon épaule.

« Du calme Edward, elle essaye de se concentrer, elle a perçu quelque chose mais c'est très fugace, elle essaye d'en voir plus depuis plusieurs heures déjà ». Les pensées de Jasper me frappèrent au même moment que le sentiment d'apaisement qu'il tentait de répandre autour de lui.

Je bouillais, mais je me résolus à patienter. M'asseyant sur un sofa, je sondais le cerveau de ma sœur. Je ne sais combien de temps se passa avant qu'une vision si trouble que moi-même j'eus du mal à reconnaître Bella. Je discernais à peine son corps recroquevillé, ses cheveux masquant son visage. Puis plus rien, tout s'arrêta aussi vite que l'image était apparue.

Je me levais me précipitant vers Alice.

- Encore Alice ! Je t'en supplie concentre toi ! Il m'en faut plus ! dis-je en la secouant par les épaules.

Jasper et Carlisle me ceinturèrent m'obligeant à reculer.

- Laisse là Edward ! Elle est épuisée ! Elle fait tout ce qu'elle peut crois moi ! me sermonna mon frère.

Alice rouvrit ses paupières, son regard révélait une insondable tristesse.

« C'est fini, le contact est à nouveau rompu, je le sens. Je suis désolée j'ai tout fait mais je n'ai rien de plus que ce que tu viens de percevoir… Je ne comprends pas, c'est comme si son signal était brouillé, je l'ai à peine distinguée quelques secondes dans l'avenir… »

Elle secouait la tête dépitée. Jasper allait me demander de quitter la maison de peur que je ne perturbe plus Alice, mais il fut arrêté par ma voix.

- Merci Alice, le principal c'est de savoir qu'elle est toujours là, quelque part, c'est plus que tout ce que nous avons eu jusqu'à présent… Il faut que je reprenne tout depuis le début, lançais-je en me précipitant dans la cuisine ou Jasper avait déposé tous les documents transmis par notre avocat.

J'entrepris de tout remettre à plat, de reconsidérer chaque élément en notre possession, de revoir un à un les évènements depuis que nous l'avions laissée chez elle. J'avais le sentiment de ne pas voir une évidence, qu'un fait essentiel nous échappait.

Je rappelais Seth, une des dernières personnes à l'avoir vu. Je dus téléphoner plusieurs fois avant de réussir à le joindre jusqu'à ce que je tombe directement sur lui. Il s'excusa m'expliquant qu'il avait été de garde pour la meute, il sembla gêné quand je lui demandais s'il avait eu de nouveaux éléments au sujet de Bella, me répondant brièvement par la négative. Je l'interrogeais à nouveau sur ses moindres faits et gestes même les plus anodins avant son départ précipité.

Je me fustigeais intérieurement de ne pas avoir songé à le contacter plus tôt car il me donna des détails qu'il avait omis la première fois. Il me parla d'une enveloppe apportée par un coursier qu'il pensait provenir d'un des miens au vu de son odeur, d'un mot que Bella avait laissé à Charlie qui d'après lui n'apportait pas d'explications supplémentaires mais j'étais résolu à le vérifier par moi même. Enfin il me fit part de l'état de Bella qui avait vomi peu de temps avant de partir, il mettait ça sur le compte du gargantuesque petit déjeuner qu'ils avaient partagé.

Après s'être assuré que personne de notre clan n'avait envoyé cette enveloppe, Jasper se chargea de lancer J. Jenks sur cette nouvelle piste, tandis qu'Alice m'accompagnait chez les Swan.

Charlie était au travail et nous eûmes tout le loisir de fouiller la maison de fond en comble. Nous ne trouvâmes nul part trace de ce courrier. Par contre ma sœur découvrit le mot de Bella à son père. Je le parcourus avant de le remettre à sa place et nous sortîmes rapidement car j'étais incapable de rester plus longtemps, la chambre de Bella notamment ravivait chez moi une douleur insoutenable.

Le message pour son père me laissait perplexe, c'était un étrange adieu, cousu de mensonges comme cette façon d'affirmer que tout était claire entre nous. Au final tout ça ne nous avait rien apporté, nous étions toujours sans repères.

Jasper m'appela de Seattle, la fameuse enveloppe avait été déposée en fin de journée dans une agence Fedex de Vancouver par un homme, le jour de notre retour de voyage. L'employé ne se souvenait plus de son visage et les enregistrements des caméras de surveillance n'étant conservés qu'une semaine avant d'être effacés, n'avaient rien donné. La seule requête de l'expéditeur avait été que le courrier arrive impérativement le lendemain matin à destination.

Mon frère me demanda ensuite de lui passer Carlisle. Je tendis l'appareil à mon père, me reculant.

- Il y a un problème Carlisle.

- Je t'écoute.

- Assure toi d'abord qu'Edward reste calme, je veux que ce soit toi qui gères la situation car je suis certain qu'il y a une réponse logique.

« Edward assieds toi ! » m'ordonna mon père avant de faire signe à Alice et Emmett de me tenir à l'œil.

- Vas-y je t'écoute, dit-il à l'attention de Jasper.

- Nous connaissons l'expéditeur de l'enveloppe, non pas l'homme qui l'a déposé mais le nom qui y a été inscrit… Il s'agit de Rosalie…

- Mais… C'est impossible, tout le monde ici a certifié qu'il n'a rien envoyé à Bella ! réagit vivement Carlisle.

Mon corps n'avait pas bougé car je sentais les mains fermes de mon frère et de ma sœur sur mes épaules, mais mon regard était ancré dans celui de Rose qui se tenait dans le fond de la pièce. Elle était abasourdie, ses pensées ne reflétaient qu'une totale incompréhension.

- Rosalie ? demanda mon père.

- Quoi Carlise ? Qu'est ce que tu veux que je te dise de plus ? murmura-t-elle.

La pression sur mes épaules se fit plus forte.

- Tu viens d'entendre ce qu'a dit Jasper, et je souhaiterais avoir ta version à ce sujet.

- Je ne comprends pas… Je vous l'ai dit tout à l'heure, je n'ai jamais rien envoyé de mon existence à Bella et combien même j'aurais eu à le faire, crois moi je me serais rendue directement chez elle… dit-elle atterrée.

- Il doit bien y avoir une explication pourtant… soupira Carlisle.

- Elle dit vraie, le coupais-je sur un ton ferme.

Rose qui n'avait pas quitté mes yeux se détendit, le soulagement gagna ses traits et elle se laissa glisser le long du mur sur ses talons. Elle avait craint que son attitude hostile envers Bella depuis qu'elle la connaissait ne me porte à mettre en doute sa parole.

- Merci Edward… souffla-t-elle.

Emmett me relâcha et se dirigea vers elle s'agenouillant à sa hauteur et la prenant dans ses bras. Alice s'assit à mes côtés, interdite.

- Tu as entendu Jasper ? demanda Carlisle.

- Oui… Je me doutais bien que ce n'était pas Rose. Mais ça ne nous explique pas qui a fait ça et dans quel but utiliser son nom, ni ce qu'il y avait dans cette maudite enveloppe ! Nous ne pouvons pas ignorer que Bella est parti peu de temps après l'avoir reçue, c'est peut-être la clé…

- Nous nous posons tous les mêmes questions mais Edward et Alice n'ont rien trouvé chez les Swan… soupira Carlisle.

- Je reste à Seattle, je poursuis cette piste avec Jenks. Mais j'ai deux autres éléments nouveaux, nous avons enfin eu une réponse au signalement de la voiture de Bella, la police de Port Angeles l'a trouvée dans une petite rue résidentielle de la ville. Dernier point, nous avons repris la liste de ses appels depuis son retour à Forks avant qu'elle ne disparaisse et il s'avère qu'elle en a passé deux le matin de son départ, celui que nous connaissons vers le portable d'Edward mais quelques minutes après, elle a téléphoné chez les Black à la Push. L'appel a duré plusieurs minutes, elle a donc certainement parlé à quelqu'un, Jacob ou son père…

J'étais déjà dehors, mon téléphone à la main, courant vers Port Angeles.

« Je viens avec toi ». Me lança Emmett qui me suivait.

J'obtins rapidement le numéro des Black et je tombais sur Billy à la deuxième sonnerie. Sans me présenter je lui demandais à parler à son fils. Il me signifia qu'il n'était pas là et qu'il ne savait absolument pas quand il rentrait. Devant mon ton de plus en plus agressif il s'inquiéta de mon identité. J'eus à peine prononcé mon nom qu'il me raccrocha au nez. Toutes mes tentatives d'appels suivantes furent vaines, il ne décrocha plus.

J'abandonnais. La meilleure solution pour trouver Jacob était encore la meute. Mon plan était de fouiller la voiture de Bella puis nous irions à la frontière du territoire Quileute et je comptais y rester jusqu'à ce que je trouve ce clébard.

La Chevrolet était bien là où Jasper nous l'avait indiquée. Emmett alla explorer les alentours tandis que je fouillais l'habitacle. Nous en arrivâmes à la même conclusion, il n'y avait aucun indice à part la trace ancienne d'un loup qui s'effaçait à quelques kilomètres. Pour l'avoir rencontrée à de nombreuses reprises chez les Swan, je pouvais certifier que c'était celle de Jacob.

Nous retournâmes vers Forks, atteignant rapidement la frontière, la longeant ostensiblement jusqu'à ce que plusieurs loups se rassemblent devant nous.

« Yerk, c'est une vraie infection ! Finissons-en vite ! » pensa mon frère.

- Où est Jacob, lançais-je à Sam qui s'était avancé de quelques pas.

Des grognements retentirent et mon frère se mit en position d'attaque à mes côtés. Je l'apaisais en posant ma main sur son bras, tandis que Sam imposait le calme.

« Il n'est pas là ! » me répondit-il.

Je me concentrais sur la pensée collective, j'y percevais un malaise, j'avais la sensation qu'ils retenaient leurs pensées.

- Je dois absolument le trouver, Bella Swan a disparu et il est sans doute le dernier à l'avoir vu !

« Je viens de te dire qu'il n'était pas là et nous n'avons rien à te dire à ce sujet ! »

Quelques bribes s'échappèrent de leurs esprits. Jacob n'était effectivement plus avec eux, il avait quitté la meute suite à une violente dispute au sujet de Bella dont je ne parvenais pas à percevoir la teneur.

- Où est-il maintenant ? demandais-je fermement pour signifier à Sam que j'avais compris.

« Nous l'ignorons et nous ne souhaitons pas le savoir ! »

- Je dois retrouver Bella !

« Nous ne pouvons pas vous aider, nous ne savons rien… »

Je compris qu'il imposait un ordre à sa meute, leur interdisant d'évoquer la confrontation avec Jacob. En les poussant à bout j'espérais qu'ils finissent pas laisser leurs pensées s'échapper.

L'ambiance était électrique autour de nous, Emmett était prêt à en découdre. Combien de temps allions nous tenir avant que tout ceci ne se termine en pugilat.

Une sonnerie de téléphone détourna notre attention. Mon frère décrocha.

- Ouais Alice ?

- Ils attaquent, revenez vite !

La frayeur transcendait dans la voix de ma sœur.

- De quoi tu parles ?

- Je ne les ais pas vu venir ! Ils viennent de traverser le pays depuis le sud, ils arrivent droit sur nous, ils viennent exterminer les loups et ceux qu'ils considèrent comme leurs alliés, notre clan !

- Mais de qui parles-tu ? Des Volturi ?

- Non ! Une armée de nouveaux nés, une trentaine, ils ont un chef à leur tête, un dénommé Riley, je crains que ce soit le vampire que j'ai parfois vu avec Victoria ce qui expliquerait leur but…

- Elle n'est pas avec eux ?

- Non, elle bouge sans cesse, elle reste indécise, je n'arrive pas à voir ou elle se trouve ! Ils seront là dans quelques minutes, prévenez la meute et revenez vite !

Emmett raccrocha et s'élança vers la villa. Je me tournais vers Sam, l'interrogeant du regard, la cacophonie qui régnait, démontrait qu'ils avaient entendu la conversation.

- Nous devons défendre Forks, si ceux sont bien des vampires nouveaux nés, ils n'épargneront pas les humains ! Nous n'avons pas le choix si nous voulons les repousser, nous devons nous allier.

« Où vont-ils arriver ? »

- Je l'ignore, Alice nous l'indiquera, rassemble tes troupes et suivez ma piste !

« Nous vous rejoignons, cette fois la rouquine ne s'en sortira pas vivante, où qu'elle soit cachée nous la débusquerons ! »

- Faites vite ! Et compte sur moi pour ne pas oublier cette histoire avec Jacob !

« Nous verrons ça quand nous aurons vaincu ces sangsues ! » me lança-t-il avant de s'éloigner au cœur de son territoire.

Je me dirigeais à mon tour vers la villa. Je comprenais enfin ce qui m'avait échappé depuis le début. L'absence de traces récentes de Jacob. Il n'était pas là et il paraissait intimement lié à la disparition de Bella. J'ignorais pourquoi Sam ne voulait pas me l'avouer et pour quelles raisons il maintenait la meute au secret.

Un éclairage nouveau de la situation se fit dans ma tête, avait-elle pu se servir de lui pour disparaître ? Car ainsi elle échappait au radar d'Alice et son odeur couvrait la sienne. J'aurais dû le comprendre en constatant que ma sœur ne la voyait plus. Anéanti par ma perte, obsédé par mes recherches je n'avais pas fait le lien.

Pour le moment la menace planait ailleurs. Si mes suppositions étaient bonnes, Bella était loin sous la protection de Jacob, il serait toujours temps de partir à sa recherche après. Je devais me concentrer sur la bataille inévitable à venir pour protéger ma famille et Forks.


Aïeuh ! Me tape pas dans le dos comme ça Emmett !

Ouais je sais t'es content enfin de l'action mais c'est pas une raison !

Bon allez, une dernière chance de trouver qui que c'est donc qu'a foutu le b….l en appuyant ci-dessous !