Ah ah ! Ça vous épate hein ?
Ça c'est de la publication qu'elle est rapide, moins d'une semaine, on pourrait presque croire que je tiens mes promesses ! Et en plus j'ai eu le temps d'approfondir certains passages si c'est pas beau ça ?
Bon j'arrête de faire ma maligne car en vrai je suis sans voix devant vos réactions, je ne m'y attendais pas du tout, du tout… Alors un énorme merci à vous toutes pour votre soutien !
Vous allez enfin avoir ci-dessous les réponses aux questions que vous me posez inlassablement depuis 3 chapitres.
Pour la petite histoire, cette intrigue n'était pas encore imaginée quand j'ai commencé à écrire cette fic, mais plus j'avançais plus je me demandais quelle allait être la suite de leurs retrouvailles et un beau matin je me suis réveillée avec cette idée que j'ai creusée et affinée depuis, comme quoi parfois il faudrait mieux rester dormir ;-)
Pour les sans comptes :
Aurore : Toi… tu joues trop au Cluedo ;-) Je suis ravie que ça t'est autant plu ! Un énorme merci à toi et un ROBisou également !
LILIA68 : Merci pour ta review et surtout je te félicite pour ta perspicacité. Effectivement ces petites bêtes sont des vampires, ce qui fait qu'ils m'ont donné beaucoup de fil à retordre ! Mais même le vampire a ses failles… Désolée de t'avoir déçue pour Rosalie, il va falloir trouver quelqu'un d'autre à maltraiter…
SANDRY : Mais non, tu n'es pas une fan indigne ! La preuve tu as tout a fait cerné le personnage de Bella-toujours-là-où-il-faut-pas ! Par contre es-tu vraiment certaine de vouloir connaître la réaction d'Edward à la vue de Bella ? Oui ? Et bien dans ce cas, faudra pas venir te plaindre de dépenser des fortune chez ton coiffeur ! En tout cas merci du fond du cœur pour ta review !
Un album m'a accompagnée pendant l'écriture, « Sleeping with Ghosts » de Placebo en particulier « Centrefolds ».
Les personnages et l'histoire originale appartiennent tous à Stephenie Meyer.
Avertissement : Ce chapitre est fortement déconseillé à vos ongles, vos cheveux pas encore blancs et à vos organes sensibles au stress. Mais ne croyez surtout pas que je ne vous aime pas, hein ?
Chapitre 21 : Vengeance
POV Bella
Je vécus le voyage en pointillé, dormant la plus part du temps dans la cabine du bateau.
La jauge du réservoir était dans le rouge quand Jacob prit la décision de l'abandonner dans un port de plaisance de Vancouver, estimant qu'à partir de là nous irions plus vite par la route.
Il partit à la recherche d'un loueur avec le reste de mon argent liquide et revint rapidement avec une voiture assez spacieuse pour que je puisse m'allonger sur la banquette arrière. Je m'assoupis, ouvrant à peine un œil quand nous prîmes le ferry entre Coupeville et Port Townsend.
Je flottais entre rêve et réalité, distinguant faiblement les ombres qui bougeaient derrière mes paupières, les mots de la lettre d'Edward tournaient dans mon esprit, je laissais les souvenirs des moments passés avec lui me revenir. Une douce euphorie s'emparait de moi à l'idée de le retrouver, brutalement interrompue par un coup qui déclencha une douleur violente dans ma poitrine me faisant émettre une longue plainte.
- Putain ! Ça t'a encore pété une côte ! lança Jacob en ralentissant.
Il pris un virage serré et la voiture fut secouée comme si nous roulions sur une chaussée déformée. Chaque soubresaut ravivait la souffrance qui irradiait dans tous mon corps. Je ne pouvais retenir mes gémissements, les poings serrés contre mon visage.
- Je suis désolé… Courage c'est presque fini, dit-il avant d'arrêter le véhicule.
Je sentis que l'on posait une couverture sur moi, puis une main caressa mes cheveux.
- Tu ne bouges pas d'ici, la voiture est invisible de la route, tu es à l'abri. Nous ne sommes plus loin, je vais chercher de l'aide, murmura-t-il.
La porte claqua et le silence m'entoura. Je ne bougeais plus ce qui me semblait canaliser les élancements dans ma poitrine. Les mouvements du bébé étaient maintenant infimes sous ma peau tendue.
Je me risquais à ouvrir les yeux et aperçus par la fenêtre au dessus de moi la cime des arbres qui se détachait du ciel bleu. Je n'avais aucune idée du nombre de miles que nous avions parcourus, mais la forêt me laissait penser que nous avions passé Port Angeles.
J'espérais que nous n'étions plus loin de Forks car mon corps ne résisterait plus longtemps à ce traitement, mes forces me désertaient petit à petit.
Je n'avais jamais eu autant conscience qu'à cet instant de la fin de cette improbable grossesse. Je n'allais pas y survivre, je ne voyais pas d'autres possibilités, mais l'amour que j'éprouvais pour ce bébé était si puissant que mon sacrifice me paraissait justifié.
Il fallait cependant que je résiste encore. Je ne voulais pas partir sans revoir Edward une dernière fois, sans pouvoir lui dire à quel point je l'aimais.
Sans repères, j'avais la l'impression que des heures s'étaient écoulées depuis que Jacob était parti. Je sombrais dans un demi-sommeil quand je crus percevoir un bruit de portière, confirmé par l'air frais qui envahit l'habitacle. Une main de glace se posa sur ma joue et mon cœur fit un bond.
- Edward, oh Edward… dis-je en tentant de me redresser.
- Isabella, oh Isabella, me répondit une voix moqueuse qui me glaça le sang.
Je découvris au dessus de moi, le visage blafard aux yeux carmins entouré de cheveux rouges que j'avais tant craint et haï, celui de Victoria.
- Nous y sommes enfin ! Quel plaisir de t'avoir tout à moi, d'autant que tu me réserves une surprise de taille… susurra-t-elle en posant sa main sur mon ventre.
Je reculais. Me réfugiant à l'autre bout de la voiture, tentant vainement d'ouvrir la porte.
Ma tête fut tirée violemment en arrière par les cheveux.
- Je te propose d'aller dans un endroit plus tranquille pour discuter, murmura-t-elle, son haleine glaciale caressant ma joue.
Elle m'attira vers elle et je tombais lourdement au sol. Une douleur ardente naquit dans le bras avec lequel j'avais tenté de parer ma chute, me coupant le souffle.
Elle me hissa en travers de son dos et le paysage autour de moi se fondit. Je fermais les yeux, ne luttant pas car à chaque mouvement sa poigne de fer se refermait un peu plus sur moi, menaçant de me briser les os.
La souplesse et la vitesse de sa course faisaient que la souffrance de mes fractures était supportable, tout du moins à un niveau qui me permettait de ne pas m'évanouir.
Le désespoir me gagnait. J'avais la certitude qu'elle allait me tuer. Elle se débrouillerait pour me faire souffrir assez longtemps, mais elle s'assurerait d'en finir avant que Jacob ou qui que ce soit d'autre n'arrive à me trouver. Et c'était ce qui m'effrayait le plus, j'allais quitter ce monde sans revoir Edward…
- J'espère que tu apprécieras le lieu choisit, ton petit ami a laissé ici une telle empreinte que j'ose espérer que c'est un de ses endroits favoris ! s'écria-t-elle joyeusement.
Je fus à nouveau projetée brutalement à terre quand elle me lâcha. Je reculais jusqu'à sentir un obstacle dans mon dos. J'observais effarée mon environnement et mon cœur se fendit un peu plus en constatant qu'elle m'avait traînée dans la clairière d'Edward.
Elle se tenait debout devant moi un sourire amusé teinté de sadisme aux lèvres.
- Je n'en reviens toujours pas à quelle vitesse tu es tombé dans notre piège… Je pensais tes sentiments plus puissants, que tu allais me donner plus de fil à retordre… Mais j'ai tendance à oublier que tu n'es qu'une stupide petite humaine… As-tu au moins apprécié le choix des photos ?
Je restais sans voix, interdite.
- On répond à mes questions ! m'ordonna-t-elle durement.
- Je… je ne comprends pas… bégayais-je.
Elle soupira, exaspérée.
- Les photos, la lettre de Rosalie ? Ça te revient ?
J'acquiesçais lentement, j'avais la nausée en devinant ce qu'elle essayait de me faire comprendre.
- Un grossier stratagème, pour que tu quittes Edward ! Je voulais que tu souffres un peu avant d'en finir avec toi, mais je n'avais pas imaginé que tu allais réagir aussi vite et aussi fort, c'était au delà de mes espoirs !
Je la regardais les yeux écarquillés.
- C'est stupéfiant, tu ne comprends toujours pas… En même temps, tes amis les Cullen n'ont rien à t'envier, sans doute leur régime qui diminue leurs facultés intellectuelles… L'inutile acharnement qu'ils ont mis à te chercher en était presque risible. Je dois au moins te reconnaître ça, tu as réussi à disparaître totalement, si tu n'avais pas eu la bonne idée de revenir par ici je ne t'aurais pas retrouvée si facilement, dit-elle en me fixant au comble du ravissement.
Elle s'accroupit face à moi.
- Je ne vais pas te laisser plus longtemps dans l'ignorance, tu mérites de savoir à quel point tu t'es trompée, il serait dommage que tu meures sans regretter ton stupide comportement de ces derniers jours.
Elle fit une pause, reprenant son monologue après avoir vérifié que j'étais pendue à ses lèvres.
- Je n'ai jamais abandonné, je me suis promise d'avoir ma vengeance et ce jour est enfin arrivé ! Mais cette fois, il n'y aura pas d'erreur, tout a été préparé et ceux qui ont été impliqués dans la mort de James ou qui protègent ces derniers en payeront le prix !
Elle éclata d'un rire hystérique avant de reprendre.
- Depuis notre dernière rencontre malheureusement interrompue je n'ai eu de cesse de préparer cette journée. Plus d'un an déjà… Il faut que tu saches que j'aie tout d'abord demandé un peu d'aide à un ancien clan de Forks que tu connais très bien… Les Cullen ! Mais ils n'ont rien voulu savoir, ils ont refusé de combattre à mes côtés ! Je n'ai compris qu'ils étaient des ennemis que quand ils ont quitté précipitamment le Maine pour retourner à Forks vivre en parfaite harmonie avec ces loups puants !
Le dégoût s'empara de ses traits avant de laisser place à un sourire satisfait.
- Cette entrevue m'a tout de même permis de remarquer les facultés supérieures à la normale de certains membres de cet étrange groupe ainsi que l'agressivité mal masquée du plus jeune à mon égard et l'agacement qu'elle provoquait chez la grande blonde… Élément crucial pour la suite des évènements, mais j'y reviendrais plus tard !
Elle se releva et déambula devant moi, perdue dans ses souvenirs.
- Le nombre de mes ennemis ayant considérablement augmenté, mes chances de t'atteindre avaient diminué d'autant, bien qu'à l'époque je n'imaginais même pas tes liens avec les Cullen ! Cachée au Texas, je me suis appliquée à rassembler une armée, mais afin de parer les dons de clairvoyance que je soupçonnais chez tes amis, je me suis choisie avec beaucoup de soin un lieutenant, Riley Biers, un jeune homme originaire de Forks. Une fois qu'il a été prêt et entièrement acquis à ma cause, il a commencé le recrutement. Je ne faisais que mordre nos futurs soldats, une fois transformés ils n'avaient plus aucun contact avec moi, ignorant jusqu'à mon existence…
Elle me fixa pour s'assurer que je l'écoutais toujours. Jamais je n'aurais pu soupçonner ce qu'elle me dévoilait.
- Pour ne pas reproduire les erreurs du passé, il me fallait plus de renseignements pour mener à bien mon attaque. A compter de ce moment, la chance a été de notre côté comme jamais ! Tout d'abord Riley a eu la merveilleuse idée de nous dénicher une nouvelle recrue fort utile, un jeune homme sans attaches, reclus, dont la seule activité était le piratage informatique… Je n'avais jamais cru aux nouvelles technologies jusqu'ici, mais tu serais impressionnée de savoir le nombre de découvertes que l'on peut faire à travers un ordinateur et sa prise de contrôle insoupçonnable par son utilisateur… Riley a pris grand soin de fournir toute la nourriture nécessaire à ce jeune soldat pour qu'il puisse consacrer toute son énergie à pirater le réseau informatique que se sont créés les Cullen… Quand je pense aux richesses qu'ils ont amassées de façon légales alors qu'il leur suffirait de tuer pour obtenir tout ce qu'ils veulent…
Elle soupira, marquant un silence avant de reprendre le fil de ses interminables explications.
- Riley a ensuite ravivé ses souvenirs de sa période universitaire à Seattle, il a ainsi repris contact avec un étudiant extrêmement bien renseigné sur toi, un dénommé Alex ça te dit quelque chose ?
Je hochais péniblement la tête, incapable de saisir ce que ce dernier venait faire dans cette histoire complètement irréaliste.
- C'est lui qui nous a appris que vous fricotiez ensemble toi et le plus jeune des Cullen. Après sa transformation, Riley lui a assuré qu'il ferait de toi ce qu'il voulait et qu'il pourrait s'occuper personnellement de ton copain. Stupides mâles ! Il n'a aucune idée du sort que je te réserve ! Mais ses forces supérieures de nouveau-né, sa vitesse hors du commun associé à sa jalousie font de lui le meilleur candidat pour venir à bout d'Edward...
- Non… gémis-je.
J'étais écœurée, je ne savais pas encore combien de révélations de ce type j'allais devoir endurer. Je me rappelais les propos d'Angela sur le départ d'Alex à Houston et le nom de cet étudiant qui assistait notre professeur de biologie moléculaire me revint de façon limpide : Riley Biers.
Victoria ne me prêta pas attention et poursuivit.
- Avec tous ces talents à notre disposition, nous avons découvert votre petit périple au Brésil. A votre retour, pour je ne sais quelle raison tu n'étais pas avec ton petit ami qui a eu l'excellente idée d'allumer son ordinateur avant de se faire sauter dessus par une femelle presque nue ! Riley était aux anges quand notre recrue lui a remis l'enregistrement de la webcam de ton petit ami ! Il n'avait plus qu'à faire son choix de clichés et à payer Fedex ! C'est à ce moment que mon observation passée du clan Cullen est entrée en jeu et que j'ai suggéré de choisir Rosalie pour signer le doux mot préparé par Riley. Quelle joie ça a été pour moi de constater que j'avais vu juste !
Elle soupira d'aise en se tournant vers moi.
- Alors tu commences à comprendre, demanda t-elle en m'assenant une claque qui me donna l'impression que mon cou allait se dévisser.
- Tout ça c'était vous… dis-je dégoûtée par la cruelle et minable réalité.
- Et oui ! Par contre j'ai peu apprécié ta fuite ! J'ai été obligée de repousser l'attaque de plusieurs jours ! Mais mes troupes ne tenaient plus en place et j'ai du les lâcher pour exterminer ta bande de chiens et les vampires qui se mettront en travers de leur chemin ! Et toi tu me fais le cadeau de réapparaitre… Si ton cher et tendre résiste à cet imbécile d'Alex il pourra profiter de ta dépouille. Ensuite j'aviserais si lui aussi je l'achèverais…
- Non, non, ne lui faites rien ! suppliais-je.
- Comme c'est touchant… Tu as raison le laisser souffrir de ta perte est finalement la meilleure vengeance à son manque de soutient envers ceux de son espèce ! Par contre tu amènes un nouvel élément dans mon équation, que va-t-on faire de ça ?
Elle avait à nouveau posé sa main sur mon ventre. Je me recroquevillais dans un geste de défense. Je n'avais jamais voulu penser à l'avenir du petit être que je portais en moi, inconsciemment la présence de Jacob à mes côtés me rassurait, je savais que je pouvais compter sur lui quand je ne serais plus là.
Mais à cet instant face à la folie meurtrière de Victoria, je réalisais qu'elle allait nous tuer tous les deux, que son existence s'achèverait avec la mienne.
Elle recula d'un coup, sur ses gardes.
- Fini le bavardage, tu en sais bien assez ! Il ne nous reste plus beaucoup de temps ! lança-t-elle inquiète.
Elle me tira par la jambe et je me débattis, essayant de la cogner avec mes membres encore valides. Je n'avais aucune chance mais je voulais lutter contre elle, l'unique responsable de tout ce que j'avais traversé ces derniers jours.
Elle finit par appuyer si fort sa main qui enserrait ma cheville que je la sentis se compresser, les os se broyer. Elle imprima un violent mouvement à ma jambe et les ligaments de mon genou cédèrent. J'hurlais à pleins poumons.
Des décharges de souffrance me parcouraient sans que je puisse les contrôler ou les anticiper. Je plongeais par intermittence dans l'inconscience, puis un pic de douleur me ramenait à la surface. Ma perception du monde extérieure se troublait, la sensation qui me dominait était celle d'être un paquet de nerfs à vifs, que mon martyre ne s'arrêterait jamais.
Je discernais Victoria penchée sur moi et j'entendis un bruit métallique sinistre. Un liquide chaud se répandit sur mes jambes, puis j'eus l'effroyable sensation que l'on m'arrachait les entrailles. J'eus mal d'une façon que je n'avais encore jamais connue.
Mes cris s'étranglaient dans ma gorge, j'étais au paroxysme de ce que ma chair et mon esprit pouvaient endurer.
Dans un dernier effort, j'ouvris les yeux, ma vision était brouillée par les larmes et la douleur, je distinguais la silhouette de Victoria qui reculait, elle portait quelque chose dans ses bras. Je crus percevoir un reflet bronze, puis, plus rien, elle avait disparu.
Je ne comprenais pas ce qui l'avait fait fuir avant de m'achever. Je n'entendais rien autour de moi, j'étais seule, réduite à l'état d'un corps supplicié, vide… Mon bébé… Je ne le sentais plus, incapable de me soulever, je n'arrivais pas à voir où il était.
La souffrance était trop forte, la torpeur de l'inconscience trop tentante, je succombais doucement à son appel… Je tournais la tête vers ma main, mes doigts, que j'avais maintenu serrés autour du bracelet tout ce temps, se détendirent, découvrant ce lien ténu qui m'avait rattaché à lui pendant quelques secondes de son éternité, ce lien que j'avais été incapable de maintenir…
Autour de moi, dans l'herbe haute de la clairière, se répandait ce liquide si précieux qui nous avait séparé et rapproché à la fois, perdu à jamais…
Je mourrais…
POV Edward
Mon clan n'était déjà plus à la villa, je suivis leurs pistes pour les retrouver en bordure d'une vaste prairie.
La peur était sur tous les visages. Même Emmett ne cachait pas son inquiétude. Jasper dans tous ses états, nous abreuvait de conseils précieux pour retourner la force d'un nouveau né contre lui même et l'exterminer. Il nous rappela qu'ils étaient incontrôlables, vicieux et rendu fous par la soif.
Nous formâmes une ligne, seul rempart de la ville au fléau qui accourait vers nous. Je regardais les miens. Nos pensées étaient communes, aucun de nous ne savait comment nous allions survivre à ce qui arrivait. Ils étaient trop nombreux, combien même nous parvenions les arrêter, il y aurait des pertes dans tous les rangs.
Le silence se fit pesant jusqu'au moment ou deux bruits nous parvinrent. Devant nous, la course des nouveaux nés. Ils étaient bruyants, impatients d'en découdre, se chamaillant, se repoussant, certains se battant à mort, diminuant leur nombre.
Derrière nous le fracas puissant des loups, la meute arrivait. Plus importante que dans mon souvenir, de nouveaux jeunes s'étaient transformés dernièrement. Je ne donnais pas cher de ces enfants dans l'affrontement qui nous attendait.
Jasper se tourna vers eux, leur réitérant les instructions qu'ils nous avaient données auparavant. Les loups s'alignèrent sur notre ligne venant grossir nos faibles rangs.
Mes pensées allèrent une dernière fois vers Bella. J'espérais qu'elle était loin du massacre qui allait se produire, à l'abri, en sureté. Je n'aurais peut-être jamais l'occasion de la revoir, de comprendre sa fuite… Pour l'heure je me donnait un seul objectif, protéger Forks, me battre jusqu'au bout pour au moins épargner la vie de son père.
Les nouveaux nés débouchèrent de l'autre côté de la prairie. Leur attaque fut rapide, frontale et puissante. Il n'y eu aucune hésitation de leur part à notre vue, ils étaient assoiffés imaginant déjà leurs futures proies quand la ville serait sans défense, résolus à nous exterminer et persuadés de leur supériorité.
Je plongeais dans la bataille, sans pitié, appliquant à la lettre les conseils de Jasper. Devenu guerrier, je feintais pour éviter les attaques grossières de mes adversaires, précédant leurs gestes en lisant leurs esprits.
C'était un vrai carnage, le bruit de la bataille qui faisait rage était assourdissant. Je me fiais plus à mon don qu'à mes cinq sens pour me repérer au milieu de la cohue. Je déchirais, dépeçais sans relâche. A mes côtés, Jasper, Alice et Carlisle y mettaient autant d'entrain, achevant nos ennemis avec dextérité et rapidité.
Emmett et Rose filèrent devant moi, à la poursuite de deux d'entre eux qui avaient percé notre ligne.
A l'extrémité de la prairie, un des loups les plus jeunes se retrouva encerclé par un groupe de nouveaux nés. Mais avant que qui se soit ne le rejoigne, l'un deux sauta sur son dos et l'enserra dans une emprise qui fit craquer tout ses os et lui brisa la nuque d'un coup sec.
C'était la première victime dans nos rangs mais nous n'avions pas le temps de nous apitoyer. Je fonçais sur ses bourreaux avec l'aide de Paul et Jared, nous les achevâmes au terme d'une lutte acharnée.
Après avoir jeté leurs corps dans le brasier de flammes violettes qui brulait au milieu de la prairie, je sondais les alentours pour déterminer l'état de notre groupe et le nombre restant d'ennemis. Je captais alors la pensée d'un d'entre eux qui contournait le champ de bataille.
Je m'élançais à sa poursuite. Il était extrêmement rapide, même pour moi. Je ne le voyais pas mais je suivais sa trace toute fraiche. Elle s'arrêta dans une allée déserte entre deux entrepôts de stockage de la scierie de Forks.
Isolé des miens, j'étais sur mes gardes, je savais qu'il n'était pas loin même si je ne l'entendais pas.
Un mouvement à la périphérie de ma vision accompagné par l'esprit du nouveau né m'alerta. Il était sur le toit du bâtiment sur ma droite, tenant dans ses bras un humain à demi conscient. Il termina de s'en nourrir à grandes lampées bruyantes avant de le lâcher. Le corps de sa victime tomba lourdement devant moi, sans vie.
Je relevais la tête vers mon ennemi. J'allais le rejoindre sur son perchoir avant qu'il ne prenne la fuite et ne tue d'autre personne, mais il sauta, retombant à quelques pas de moi.
- Edward, content de te revoir ! me lança-t-il sur un ton narquois.
Je détaillais son visage, mais se furent les images qui défilaient dans sa tête qui me firent réaliser qui il était.
- Alex ? demandais-je sans réellement attendre de réponses à ce qui était maintenant une certitude.
- Tu te sens moins en position de force, non ? Maintenant que nous sommes à égalité, qui de nous deux Bella va-t-elle choisir ? dit-il avec un sourire vicieux.
- Je t'interdis de l'approcher ! grondais-je.
- Elle ne t'appartient pas ! Dans quelques minutes quand tu seras réduis à l'état de cendres, j'irais la retrouver ! J'espère que j'arriverais à résister assez longtemps pour en profiter avant de la tuer… C'était vraiment un bon coup au pieu… dit-il, persuadé de l'effet qu'auraient ses paroles sur moi.
Incapable de me contenir, je ne le déçus pas, l'attaquant, fou de rage. Il para mon assaut avec une force décuplée par le sang frais qu'il venait d'ingurgiter, me repoussant d'une main. J'allais m'écraser contre la porte métallique de l'entrepôt qui se déforma avec un bruit de tôle froissée.
- Je suis déçu Edward ! J'attendais tellement plus de ce combat, aies au moins la décence de faire semblant de te défendre ! s'exclama-t-il en ricanant.
Il avait adoré la réaction que j'avais eu à sa provocation, il était certain de sortir gagnant de notre affrontement. Je me relevais rapidement décidant de me calmer pour avoir une chance de le vaincre au lieu de l'attaquer aveuglément.
- Allez montre moi ce que tu sais faire ! Après quelques décennies d'existence tu dois bien connaître quelques trucs ! A moins que la compagnie des humains ne t'ait rendu doux comme un agneau ? susurra-t-il avant de me foncer vers moi.
Je l'évitais et nous nous tournâmes autour à une vitesse inhumaine, tentant l'un et l'autre de nous toucher. Je me défendais profitant de mon don pour parer ses assauts mais je n'allais pas tenir longtemps. Sa vélocité était surprenante, il portait ses attaques presque aussi rapidement qu'il les imaginait.
Comme je le craignais, il finit par atteindre son but, jouant de vitesse, il m'arracha une partie de la main dans un grincement métallique et la cracha plus loin en riant comme un dément.
- Alors ça fait mal ? Quand je t'aurais abimé ta petite gueule de la même façon, Bella te trouvera certainement moins intéressant ! se moqua-t-il.
Je ne ressentais pas la douleur, juste la désagréable impression que je pouvais perdre et laisser ce type dans la nature, libre, libre de retrouver Bella. Son amour pour elle était construit de toute pièce, il la voulait plus par convoitise qu'autre chose et il allait la tuer car, comme tous, il ne résisterait pas à son arôme alléchant.
Cette idée me fit tenir, je me concentrais sur ma haine pour lui, sur mon pouvoir qui était ma seule arme pour le surpasser.
- Tu veux vraiment savoir ce que ça fait Alex ? lançais-je en lui faisant signe d'approcher avec ma main intact.
Son sourire goguenard se tordit un centième de seconde en voyant ma réaction, mais il retrouva aussi vite sa confiance en lui, convaincue de ma défaite toute proche.
Immobile, calé sur mes jambes, en position de défense, je fermais les yeux, occultant mon environnement pour me concentrer sur ses pensées.
Il vit dans mon attitude de la résignation et enhardi par sa première victoire, il voulu tenter une attaque identique. Avant même qu'il n'esquisse le premier geste j'étais prêt à le parer.
Quand il arriva à ma hauteur ses crocs vers mon flanc, j'abattis le plus fort possible mon coude sur sa nuque, attrapant son bras, le tordant vers l'arrière avant de l'arracher d'un geste précis. Puis je le repoussais d'un violent coup de pied dans les côtes.
Il hurla de rage.
- Alors j'espère que ça te plait parce que ce n'est pas fini ! Je peux t'assurer qu'aucune de tes foutues mains ne se posera plus jamais sur Bella ! le défiais-je.
La fureur lui fit perdre tout contrôle. Il prit appui sur le mur du bâtiment et bondit au dessus de moi visant ma tête. Je me décalais. J'entendis ses dents claquer dans le vide. Attrapant son pied, je lui fis subir le même sort qu'à son bras.
Il roula plus loin avant de se jeter à nouveau sur moi sans plus réfléchir, m'offrant sa tête. Mes crocs se plantèrent dans son cou, déchirant les tissus morts en même temps que mes mains appliquaient un mouvement qui termina de la séparer de son corps.
La joie malsaine du tueur qui sommeillait en moi me submergea, je m'acharnais sur lui comme pour le punir de tout ce qu'il avait projeté de faire à Bella si j'avais été à sa place. Je ne me calmais que devant ses restes dévorés par les flammes.
J'entendis Jasper s'approcher et je dus prendre sur moi pour me recomposer un visage et une humeur civilisés. Il avait également achevé un fuyard avant de croiser ma piste.
- Edward, ça va ? demanda-t-il percevant encore les fragments de la colère qui m'avait habité.
- Je l'ai eu mais il a tué un humain, il faut que nous fassions disparaître les preuves. Et je vais avoir besoin de ton aide pour retrouver le reste de ma main, dis-je en la levant devant ses yeux.
Pendant que je m'occupais du corps, effaçant les causes surnaturelles de sa mort afin de laisser croire à une chute, il retrouva le morceau sur lequel mon annulaire et mon auriculaire frémissaient encore, et me le tendis.
- Ça fait mal ? lui demandais-je.
- C'est désagréable, sans doute l'équivalent d'une épaule que l'on remet en place pour un humain…
Il se remémora son plus terrible combat alors qu'il était encore dans sa première année, une bataille pendant laquelle chacun se battait pour sa propre survie ne sachant même plus qui appartenait à quelle armée. Il y avait laissé un bras avant de sortir vainqueur au côté de sa créatrice et amante, Maria. C'était la première fois qu'il expérimentait la reconstitution de son corps mort et ses désagréments.
Ne souhaitant pas en savoir plus, je joignis les deux parties de ma main. Je ne pus retenir un grondement. C'était effectivement désagréable de sentir les os se ré-emboiter, légèrement douloureux. Les tissus morts se ressoudèrent dans un crissement semblable à celui d'une craie sur un tableau qui résonna dans tous mon corps, puis se fut terminé.
En quelques dixièmes de secondes, ma main était à nouveau fonctionnelle, seule subsistait une cicatrice blanche en croissant de lune dernier témoin de la blessure infligée par les crocs de mon ennemi.
- Nous devons y retourner ! Nous vérifierons en route s'il n'y en a pas d'autres qui nous ont échappé, me pressa mon frère.
Abandonnant la contemplation de ma main, je lui emboitais le pas. Nous ne trouvâmes aucune autre piste avant d'atteindre la prairie. Nos ennemis étaient vaincus mais la scène qui se dévoilait devant nous était remplie de tristesse.
Eleazar, Kate et Tanya étaient recourbés au dessus d'un tas de cendres. Dans leurs esprits, je vis les visages horrifiés de Carmen et d'Irina alors qu'elles se faisaient cerner par un groupe de nouveaux nés.
Eleazar avait assisté à leur exécution sans pouvoir rien faire, tenu à l'écart par ses propres adversaires. Alertés par ses appels, le reste de notre clan était venu en renfort, achevant leurs agresseurs aussi vite que possible. Mais ce fut vain, les flammes consumaient déjà les corps de nos amies.
Je ressentis la douleur d'Eleazar au plus profond de mes entrailles, elle était sans fin et sans espoir, il ne ferait pas un pas de plus sur cette terre, pas sans Carmen…
A travers la mort de leur sœur, Kate et Tanya revivaient la disparition de leur mère mais elles sauraient trouver la ressource en se soutenant l'une et l'autre pour surmonter ce nouveau deuil qui frappait leur clan.
Notre victoire avait le goût amer de nos pertes. Les loups avaient eux aussi à déplorer le décès d'un d'entre eux et un deuxième était gravement blessé. Carlisle tentait de l'examiner.
Je restais les bras ballants, ne sachant vers qui me diriger. Les questions se bousculaient dans ma tête ne faisant qu'augmenter mon malaise, j'étais incapable de comprendre pourquoi Victoria avait attendu aussi longtemps pour se venger des loups, pour finalement lancer une attaque si grossière. Et où se cachait-elle après avoir lâchement abandonné ses recrues ?
Assailli par les émotions environnantes, Jasper était extrêmement tendu, il s'inquiétait des suites de cet affrontement qui ne pouvait être passé inaperçu. La crainte de voir les Volturi venir naissait en lui. Il se tourna vers Alice l'incitant à concentrer ses visions sur eux.
Elle était figée, les traits ravagés. Ce n'étaient pas la scène de désolation devant nous qui lui faisait porter ce masque d'horreur et de panique, mais les images qui défilaient dans son esprit, Victoria qui s'approchait d'une voiture contemplant le visage endormie de Bella par la vitre, Bella étendue dans l'herbe à bout de force, le corps ravagé, les Volturi au complet qui se dirigeait vers Forks pour punir ceux qui avaient osé se battre au grand jour risquant de dévoiler notre secret…
« Edward ! »
Je sortis des pensées de ma sœur pour diriger mon attention vers cet appel impérieux. Je connaissais ce timbre mais je ne l'identifiais réellement que quand je vis le loup roux arriver à tout allure devant nous. Jacob…
« Bella a besoin d'aide ! Il faut que le toubib vienne, vite ! »
Il balaya les alentours du regard mais reporta aussitôt son attention sur moi, s'efforçant de faire abstraction de la meute. Les images s'embrouillaient dans son esprit, il avait laissé Bella seule car elle était incapable de faire le reste du chemin vers Forks. Je repoussais ses pensées pour me concentrer, je devais la retrouver avant que les visions d'Alice se concrétisent.
- Amène moi près d'elle !
« Et le doc ? »
- Carlisle, sifflais-je avant de m'élancer à la suite de Jacob.
Il me conduisit à plusieurs miles de Forks sur le début d'un chemin forestier. Une voiture était garée dans un renfoncement à l'abri des regards. Il s'approcha et la panique le gagna.
« Elle n'est plus là, je l'ai laissé il y a à peine quelques minutes ! »
Approchant à mon tour j'humais la trace de Victoria mélangée à celle de Bella.
Le loup en était encore à se demander ce qui clochait quand je m'élançais fou d'inquiétude sur la piste fraiche qu'elles avaient laissé me ramenant au cœur de la forêt vers un endroit qui m'était trop familier. J'entendais derrière moi le galop lourd de Jacob suivi plus loin la course légère de mon père.
A l'orée de la clairière je ralentis, non pas pour me préparer à attaquer car je savais que j'arrivais trop tard, Victoria n'était déjà plus là, mais appréhendant ce qui allait se dévoiler sous mes yeux.
L'odeur de Bella était partout, beaucoup trop puissante et enivrante.
L'ambiance idyllique trompeuse du lieu fit remonter à la surface de mon esprit les alexandrins du Dormeur du val d'Arthur Rimbaud, comme pour me préparer la funeste découverte qui m'attendait au bout de mon chemin. Jamais je n'avais si bien éprouvé son sens, sa profondeur, le poids de chacun de ses mots…
Je percevais la nature magnifique qui m'entourait, le soleil qui baignait la clairière de ses doux rayons, les herbes hautes parsemées de fleurs d'été qui s'agitaient au grès de la brise, l'odeur de la végétation et ce corps paisible qui gisait dans son berceau de verdure.
Pour la première fois depuis ma transformation, je ressentais le froid et j'avais besoin d'imaginer que la nature réchauffait cet être si seul, abandonné.
Inexorablement, je progressais. Mes pieds me paraissaient peser des tonnes, mes épaules s'affaissaient un peu plus à chaque pas.
Je franchis les derniers mètres qui me séparaient d'elle. Je vis d'abord son visage, ses paupières closes, ses traits si beaux. Elle m'avait tellement manqué. Je me rassasiais de cette image pour me donner la force de continuer mon exploration.
Baissant les yeux, je découvris avec horreur le reste de son corps qui gisait dans une marre de son sang, brisé, éventré. Je tombais à genoux, vaincu, je n'avais pas su la retrouver à temps, je n'avais pas su garder et protéger mon unique amour.
Une violente secousse me sortit de ma catatonie, c'était le bâtard, celui qui était venu me chercher la laissant seule à la merci de Victoria.
« Mais qu'est ce que tu fous ! Sauve là au lieu de t'apitoyer sur ton sort ! »
Je mis toutes mes forces pour le repousser, le projetant sur un arbre à l'opposé de la clairière. Il émit un râle de douleur avant de s'écrouler inerte. Je me retournais à nouveau vers la seule chose qui m'importait.
Carlisle était à sa tête palpant son poignet. Il n'avait pas le droit de la toucher, je ne voulais plus qu'on profane son corps détruit. Je bondis en grognant le repoussant ma main comprimant son cou. Il ne lutta pas.
- Ne la touche pas, je te l'interdis ! sifflais-je entre mes dents.
« Edward, elle… »
- Laisse moi seul ou détruit moi sinon le loup s'en chargera quand il aura reprit ses esprits !
Je renforçais mon emprise pour le faire réagir.
« Edward ! Mais… Qu'est ce que tu fais ? »
Alice venait d'arriver dans la clairière. Elle se jeta sur mon dos tentant de me faire lâcher prise.
« Edward, arrête ! »
C'était inutile de me battre ainsi pour quelqu'un qui n'existait plus, j'abandonnais, retombant à genoux.
Carlisle se planta devant moi.
- Edward sauve là ou je le fais moi-même !
- Je ne crois pas qu'aucun d'entre nous ait le pouvoir de la faire revenir d'entre les morts… murmurais-je.
- Tu te méprends, elle vit encore, écoute, il n'est pas trop tard ! me pressa mon père.
Mais je ne voulais plus qu'aucun son parvienne à mes oreilles si ce n'était sa voix ou les battements de son coeur.
« Écoute s'il te plait, fais le pour elle ! »
Résigné j'obéis à sa supplication, essayant de retrouver cette musique qui m'était si chère dans la clairière silencieuse.
J'entendis d'abord le tambourinement lent et puissant qui provenait de la poitrine du loup, puis à peine discernable, un battement plus rapide, essoufflé, un gargouillis, un cœur qui luttait dans ses derniers soubresauts.
D'un bond je fus à ses côtés, me penchant au dessus de son visage.
- Bella ?
Ses yeux s'entrouvrirent déjà recouverts par le voile de la mort mais une faible lueur brilla dans ses prunelles chocolat. Elle bougea lentement son bras et son poing serré frôla mon visage. Je le pris délicatement dans ma main, le gardant en contact avec ma joue.
- Edward… murmura-t-elle dans un souffle agonisant avant de retomber dans l'inconscient.
Ses doigts se desserrèrent et je vis le bracelet usé dans sa paume et l'anneau à son doigt, me faisant réaliser que je m'étais fourvoyé, ce n'était pas ce qui l'avait fait fuir.
- Edward ! Sauve là ! hurlèrent à l'unisson mon père et ma sœur.
Elle vivait encore, peu importe ce qui s'était passé ces derniers jours, j'avais un moyen de la ramener parmi nous. Déterminé, j'incisais la peau fine de son poignet. Son sang délectable entra dans ma bouche, le débit était déjà faible. Je ne prêtais pas attention au brasier qu'il réveilla dans ma gorge, laissant le venin abondant se répandre.
Puis je me retirais pour la morde à l'autre poignet, au cou, au creux des coudes, des genoux, aux chevilles, prenant soin à chaque fois de nettoyer soigneusement avec ma langue la blessure que je lui infligeais. Sa peau était si fine, mes dents s'y enfonçaient si facilement, je détestais l'idée de mutiler encore plus ce corps que j'aimais tant, parcouru trop peu de fois.
Quand que je lui eus transmis autant de venin que son faible organisme pouvait supporter sans que je la vide entièrement, je retombais assis, attendant, tenant sa main dans les miennes, priant les dieux auxquels je ne croyais plus de me la rendre.
Après de longues minutes, sa bouche exhala un dernier souffle, tout son corps se relâcha et son cœur s'arrêta dans un dernier chuintement. Je sentis au plus profond de mon être qu'elle était partie.
Carlisle se précipita, entamant un massage cardiaque énergique. Mon agonie repris une dimension que je ne pensais pas imaginable, ce que j'avais vu chez Eleazar n'était qu'une infime partie de ce que je vivais.
Je reculais, ne pouvant rester auprès de cette enveloppe charnelle qui ne contenait même plus celle que j'aimais. J'allais la rejoindre au plus vite mais auparavant je voulais contenter cette rage dévastatrice qui montait des abîmes les plus obscures de mon esprit. Pour ça je devais détruire la responsable de sa mort.
Je m'éloignais sourd aux cris des membres de mon clan qui tentaient de me retenir…
Euh… Qu'est ce que je pourrais bien vous proposer pour vous réconforter… Ah, je sais !
Une tasse de sang chaud ? Non…
Une partie de domino avec Jasper, excellent pour calmer les nerfs ? Non plus…
Un câlin de Rosalie, alors ? Jamais de la vie, ok…
Et une petite léchouille de Jacob ? Même pas…
Pfffff, vous êtes difficiles vous savez ?
Bon, je vais voir ce que je peux faire pour vous…
En attendant, tapez sur le bouton en bas, vous verrez ça fait autant de bien que j'en aie ressenti à arracher la tête d'Alex par l'intermédiaire d'Edward-Kill-Bill !
