Titre : Un ornement de classe
Auteur : ylg/malurette
Base : Rg Veda
Personnages/Couple : Sōma/Kendappa Ō
Genre : gen-ish
Gradation : G / K
Légalité : propriété de CLAMP, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Nombre de mots : ~600
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La chevelure de Kendappa Ō, à première vue, est un splendide ornement de sa féminité. Pour obtenir une longueur pareille, une épaisseur constante et un lustre sans pareil, il a fallu de longues, très longues années de pousse soigneusement entretenue. Elle témoigne de son statut social : princesse riche, choyée, à l'abri du besoin et de la violence. Musicienne de cour, les difficultés qui assaillent les petits clans soumis à la guerre lui sont éparnées. Elle-même est un ornement pour le plaisir de l'Empereur Céleste.
À première vue encore, le fait qu'elle la porte si simplement, flottant librement dans son dos, avec un simple diadème pour orner sa frange et dégager son visage, est une forme de modestie. La simple musicienne, reine d'un petit clan, est consciente de l'honneur qui lui est fait et ne tient pas à se mettre en avant. D'autres reines et princesses annoncent bien haut leur rang à l'aide de coiffures compliquées, demandant des mouvements savants et des bijoux de prix.
La vérité pour Kendappa Ō est que sa chevelure seule est déjà tout son prix : avec une telle longueur, elle ne peut rien faire de plus. Relevés en hauteur ou tirés en arrière, le poids de ses cheveux l'entraînerait et gênerait le moindre de ses mouvements. De toute façon, elle est déjà bien assez jolie comme ça et n'a pas besoin d'artifice supplémentaire. Même sans trop y réfléchir, c'est déjà une bonne raison. Pour qui sait vraiment regarder, ses choix sont évidents.
Pour qui regarde les choses encore au-delà de ce qu'elles sont... Que Kendappa Ō garde son port de tête si altier, ses geste si grâcieux malgré le poids qu'elle entraîne derrière elle, un sillage de beauté et non un fardeau, trahit une musculature et une volonté impresionnantes. Mais cela, bien peu le voient. Sa délicate apparence le cache si bien !
Et il n'existe qu'un seul témoin aux rares moments où sa chevelure devient effectivement un fardeau et où, vaincue par la nécessité, elle se laisse aller à la faiblesse de demoiselle que l'on croit facilement sienne. À la sortie du bain, Kendappa Ō se voit retenue en arrière et n'accepte de compagnie que celle de Sōma. Ses servantes ont fait leur office et elle les renvoie.
Allongée sur le dos, son corps pâle masqué d'un voile léger, sa lourde chevelure déployée autour d'une comme une aura de pesantes ténèbres, elle attend qu'elle sèche, retrouve en légèreté et la libère. L'épreuve de l'eau dévoile au passage quelques secrets.
Sōma, fascinée, se tient à distance respectueuse, mais ne peut s'empêcher de jouer, du bout du doigt, avec l'extrémité d'une mèche.
« Comme prise dans les filets d'un prédateur...
- Ma Reine ?
- Non, ne fais pas attention. Garde du corps : je devrais te garder ainsi, auprès de moi, toujours et en toute circonstances.
- J'aimerais pouvoir vous obéir en cela, ma Reine.
- Tu le pourrais. Après tout, la place des soignants, tout comme celle des princesses, n'est pas sur le champ de bataille mais en arrière, à attendre en soutien le retour des autres.
- J'ai perdu ce statut il y a longtemps.
- Pour en gagner un autre... Je ne te détournerai pas de ton choix, va. Ce ne sont que paroles en l'air, elles s'évaporeront bientôt comme rosée au soleil.
- Les promesses resteront.
- Les promesses resteront, confirme Kendappa Ō. Comme dans un puits profond que rien n'assèchera. »
Puis, de nouveau légère, elle rit :
« Mais je ne vais pas rester ainsi des heures non plus, et je ne peux pas t'attacher : trop de nœuds à démêler, ça ferait désordre ! »
