Séquestrée par l'angoisse brulante se déversant dans ses veines, Gemma naviguait péniblement entre les rares voitures encombrant les rues de Holmes Chapel. Les sons, les formes, les couleurs, tout paraissait tellement loin mais si près à la fois, chaque détail la prenant par surprise, semblant sortir d'un brouillard inextricable après une longue hibernation dans la brume de détresse ombrageant son esprit. Elle ne devrait pas conduire, une alarme virulente retentissant quelque part dans les méandres de ses pensées lui permettant de prendre conscience de sa distraction. Seulement, il fallait qu'elle s'éloigne de cette maison, qu'elle mette le plus de distance possible entre elle et ce monstre.
La conversation agitée de Niall et Louis lui parvint confusément par-dessus son épaule, et ce ne fut que lorsque les doigts du blond enserrèrent son bras qu'elle réalisa que c'était à elle qu'ils s'adressaient. Avec un sursaut, elle évita de peu un enfant traversant la route au pas de course, s'élançant à la poursuite de son ballon. Un cri torturé lui échappa et elle écrasa la pédale de frein, le véhicule s'immobilisant chaotiquement sur le macadam.
Sa respiration saccadée, entrecoupée s'échoua sur le volant alors qu'elle enfouit sa tête dans ses mains, tentant d'apaiser la frénésie s'étant emparée de son corps. Derrière elle, les interrogations paniquées des deux adolescents lui parvenaient par bribes, les mots semblant refuser de s'engouffrer dans ses oreilles, son cerveau incapable de leur donner un sens. Elle sentit plus qu'elle ne vit la silhouette de l'Irlandais se glisser sur le siège passager, ses bras l'entourant fortement, la piégeant dans une étreinte d'acier.
Le monde tournait autour d'elle, la réalité vide de signification. Elle flottait, paressait contempler la scène de haut sans pouvoir intervenir. De leur propre accord, ses membres se délogèrent de l'emprise du blond et ses mains retrouvèrent les commandes de la voiture, l'automobile retrouvant sa place dans le trafic.
Lorsqu'elle se gara dans le parking de l'hôpital, quelques minutes plus tard (à moins que ça ne soit des heures ? Le temps avait perdu toute suite logique), elle ignorait tout de l'itinéraire qu'elle venait d'emprunter, son esprit uniquement capable d'ordonner à ses lèvres de former ces mots durs et froids, implacables.
-Sortez, maintenant. Ne faites pas attendre ta maman…
Elle ignorait ce qui de sa froideur ou de ses traits sombres influencèrent les adolescents, mais ils déguerpirent rapidement, Niall abandonnant un tendre baiser sur le front de la conductrice, profondément inquiet.
Une fois isolée dans l'habitacle, Gemma ferma les yeux, attendant la vague de larmes qu'elle devinait proche. Aucun sanglot ne quitta cependant sa gorge sèche. Plutôt que la tristesse, c'était la haine et la fureur qui se déployait en elle, impitoyables et destructrices.
Une fois de plus, son corps sembla agir indépendamment de son esprit, et le moteur de la voiture rugit sous le capot. Traversant la ville avec une vitesse dépassant largement la moyenne autorisée par la loi, Gemma finit par s'arrêter, miraculeusement indemne, devant un bar miteux, une enseigne délavée par le temps et les intempéries flottant dans le vent.
L'odeur âcre attaquant ses narines la fit à peine frémir lorsqu'elle pénétra dans le commerce, et elle ne prit pas la peine de survoler la salle des yeux à la recherche d'une table. S'effondrant sur un tabouret du bar, elle héla le serveur. Sa soif d'apaisement et d'oubli ne pouvait plus attendre.
-Que puis-je vous servir, mademoiselle ? Interrogea l'homme de son accent à couper au couteau.
-L'alcool le plus fort que vous ayez, s'il vous plait. Et ne soyez pas radin sur la portion…
Se retournant entre ses draps pour la énième fois de la soirée, Harry s'autorisa un rapide coup d'œil à son réveil posé sur sa table de chevet, les chiffres lumineux annonçant 00 :15 au travers de l'obscurité. Son front plissé d'inquiétude, il repoussa sa couverture, l'angoisse lui tordant le ventre. Sautant au bas de son lit, il enfila un sweat et un pantalon de survêtement récupérés à même le sol, avant de dévaler les escaliers de la demeure.
Après être rentré de sa visite chez Zayn, ce matin, Harry n'était plus descendu de sa chambre, refusant de déjeuner, préoccupé par ses dernières paroles échangées avec le métis. Quand, vers 20H il avait passé sa tête dans la cuisine, ne pouvant plus ignorer les appels douloureux de son estomac, Gemma avait été introuvable. Il ne s'était pas inquiété, sa sœur était probablement partie effectuer quelques achats. Cependant, les heures avaient défilés, se succédant en un rythme terrifiant. La peur s'était définitivement installée au creux de son ventre lorsque la brune ne répondit pas à son portable aux alentours de 23H. Harry s'était réfugié dans son lit, se répétant qu'il devait y avoir une excuse valable et qu'il était idiot de s'en faire pour si peu. Pourtant, allongé dans les ténèbres, il avait été incapable de trouver le sommeil.
Ses pieds nus glacés à force de faire les cents pas sur le parquet froid de la maison, il persista néanmoins. Il avait besoin de bouger, besoin d'évacuer son angoisse d'une façon ou d'une autre. Les minutes se prolongèrent, lentes et éprouvantes, jusqu'à ce que, à 00 :27 précisément, une clef se tourne dans la serrure et que la porte d'entrée s'ouvre à la volée.
Se précipitant dans le vestibule, Harry se jeta au coup de sa sœur, la serrant brièvement contre lui avant de se figer. La pièce s'imprégna doucement d'une forte odeur écœurante, Gemma baissant ses yeux injectés de sang vers le sol lorsque son petit frère inspira profondément.
-D'où est-ce que tu viens ? Aboya-t-il soudainement, toute angoisse évaporée, désormais noyé par l'incrédulité. Où étais-tu ?
-Je suis désolée, Harry. Tellement désolée, balbutia-t-elle difficilement, ses mots rendus lents par l'alcool.
-Je n'en reviens pas, tu as passé la soirée dans un bar ?
-Je suis désolée…
-Je me fous de tes excuses, merde ! S'emporta violement le bouclé, la myriade d'émotions le traversant depuis le début de la soirée s'écrasant soudainement sur ses épaules. J'étais mort d'inquiétude alors que tu avais juste envie de te saouler ? Tu aurais au moins pu me prévenir, bon sang !
-Tu ne comprends pas, Haz…
Titubante, elle s'accrocha aux avant-bras du brun, y prenant appui afin de retrouver son équilibre.
-Il est revenu, reprit-elle rêveusement. Le monstre est de retour, tous mes cauchemars prennent vie, poursuivit-elle d'une voix chantante.
-Qui ? Qui est revenu ?
-Le grand méchant loup, l'homme des ténèbres… Peu importe !
-Bordel, mais combien de verres as-tu bu ? Tu tiens à peine debout, Gemma ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Je suis fatiguée, tellement fatiguée…
-Comment es-tu revenue ? Tu n'as pas conduit dans cet état au moins ? Interrogea Harry.
-Non, monsieur grognon ! J'ai pris un taxi, évidemment !
-Evidemment…
-Haz, je suis épuisée. Mets-moi au lit, s'il te plait, supplia-t-elle, la moue boudeuse.
Le bouclé la détailla longuement, la soutenant à bout de bras. Les traits de son visage étaient tirés et las, ses yeux semblant infiniment tristes. S'énerver et la questionner ce soir ne servirait à rien, elle serait effectivement mieux dans les bras de Morphée. Là, au moins, elle ne pourra pas faire de bêtises.
-Oui, on y va. Allez, attention, on va monter les escaliers, murmura-t-il en l'agrippant plus fortement.
Blottie entre ses couvertures, Gemma ferma aussitôt les yeux, se calant contre son oreiller, un sourire triste sur les lèvres alors qu'elle poursuivit ses lamentations.
-Je veux qu'il revienne, Harry…
-Qui, le monstre ?
-Non, s'indigna-t-elle aussi fermement que sa douce ivresse le lui permettait. Mon petit ange !
-Ton petit ange ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire, encore, souffla l'adolescent en s'asseyant à ses côtés sur le matelas, ses doigts caressant doucement ses mèches sombres.
-Niall… Il a dormi ici, hier, dans mes bras. Je veux que ça recommence ! Bouda-t-elle péniblement, la lèvre coincée entre ses dents.
-Pardon ? Il a passé la nuit ici ? S'exclama le bouclé, incrédule. Pourquoi ?
-Sa maman n'allait pas bien, il était triste. Qu'est-ce que tu voulais que je fasse, ronchonna la demoiselle d'une voix enfantine.
-Très bien, est-ce que vous avez… Commença-t-il maladroitement, la perplexité laissant place à l'angoisse.
-Arrête des bêtises, Haz ! Et laisse-moi dormir, je suis fatiguée.
Rassemblant le peu de force qui lui restait, Gemma le repoussa faiblement, souriant lorsqu'il dénia quitter le lit.
-Au fait, bonne chance pour la gueule de bois, demain ! Lança-t-il aigrement avant de retrouver sa chambre.
A nouveau plongé dans l'obscurité de la demeure, Harry se sentit étrangement seul. Une solitude pernicieuse qu'il n'avait pas ressenti depuis son arrivée à Holmes Chapel se déversait en lui, mordante. Il avait toujours eu la certitude de pouvoir compter sur sa sœur et de pouvoir se reposer sur elle les yeux fermés, mais après les évènements de la soirée, il se sentit presque abandonné. Ce ne serait pas la première fois qu'on lui tournerait le dos…
Une pensée fugace lui traversa l'esprit, aguicheuse, et il la bannit aussitôt. Non, il ne pouvait pas appeler Zayn dès que la moindre difficulté pointait du nez. Pourtant, une envie féroce d'entendre la voix du métis le déchirait intérieurement. Jetant un coup d'œil à son réveil, il grimaça à l'heure tardive. Bon, décida-t-il finalement, s'il répond avant les cinq premières sonneries, c'est qu'il est réveillé. S'il dort, je n'insisterai pas.
S'emparant du mobile, il chercha rapidement le numéro encodé plus tôt dans la matinée et porta l'appareil à son oreille, la respiration sifflante. Une sonnerie… Deux sonneries…
-Allô ? La voix alerte et légèrement paniquée du pakistanais résonna tout contre son tympan, réconfortante.
-Zayn ? Salut, c'est Harry.
-Harry ? Est-ce que tout va bien ? Pourquoi appelles-tu à presque une heure du matin ? S'enquit-il aussitôt, semblant agité.
-Je vais bien, ne t'inquiète pas ! Rassura-t-il aussi vite. Je suis désolé de te déranger aussi tard…
-Ne t'inquiète pas, j'ai passé la soirée chez un de mes amis, je viens de rentrer.
-D'accord, tant mieux. Je ne vais pas te déranger longtemps, c'est juste qu'il s'est passé quelque chose, et…
Le benjamin s'interrompit, prenant brutalement conscience de l'idiotie de sa démarche.
-Ce n'est pas grave, reprit-il au bout d'une seconde. Je suis désolé, retourne te coucher !
-Harry, dis-moi, insista gentiment l'artiste.
-Tu es certain d'avoir un peu de temps ? Tu as cours, demain.
-On a toute la nuit devant nous. Allez, explique-moi avant que je ne commence sérieusement à m'inquiéter !
-Très bien, alors… Ce soir, Gemma est rentrée hyper tard. Je ne l'ai pas entendue sortir et quand j'ai réalisé qu'elle n'était plus là, je l'ai appelé mais elle n'a pas répondu à son portable. Quoi qu'il en soit, j'ai patienté et elle a fini par faire apparition, à plus de minuit et demi, complètement saoul.
Il entendit très nettement l'inspiration profonde et irritée de l'étudiant, et devina le froncement de sourcil qui devait lui durcir le visage en ce moment.
-Je sais qu'elle a 21 ans et qu'elle est parfaitement libre de faire ce qu'elle veut, mais j'ai eu tellement peur.
La culpabilité le traversa brièvement. Raconter les états d'âme de sa sœur à quelqu'un qu'elle ne connaissait même pas n'était surement pas la chose la plus courtoise à faire, mais la soirée avait été tellement longue, et il était tellement fatigué…
-Bordel, je la déteste d'avoir faibli de cette façon, poursuivit-il. Je sais qu'elle a énormément de pression, qu'elle doit s'occuper de moi et en même temps de ses études, mais j'ai l'impression d'avoir été abandonné, une fois de plus.
L'aveu fut murmuré d'une voix blanche, lasse et exténuée. Douloureuse.
-Alors, j'avais juste besoin d'entendre ta voix et de savoir qu'il y avait encore au moins une personne qui tenait un minimum à moi.
-Harry, je suis tellement désolé, souffla le métis, la colère évidente dans son ton. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait fait ça ! Où est-elle maintenant ? Est-ce qu'elle est en état de s'occuper de toi ?
-Elle dort, je l'ai mise au lit.
-Très bien, laisse-moi vingt minutes, j'arrive tout de suite ! Conclut-il, le bouclé percevant le bruit d'une porte qui claque de l'autre côté du combiné.
-Non ! S'exclama-t-il immédiatement, la précipitation de l'artiste achevant de le réveiller. Zayn, c'est insensé, je peux me débrouiller.
-Harry, tu n'as que dix-sept ans ! Tu as besoin d'être entouré de quelqu'un de responsable ! Et s'il arrivait quelque chose cette nuit ? Si tu faisais un malaise, où que le feu se déclenchait, ou que quelqu'un faisait irruption dans la maison ? Elle serait incapable de te protéger !
-Zayn, s'il te plait, calme-toi ! Tout va bien se passer, d'accord ? J'ai été trimbalé de famille d'accueil en famille d'accueil depuis onze ans ! La débrouillardise n'est plus un problème, crois-moi !
Après une longue minute de silence tendu, Zayn poussa un soupir lourd de fureur.
-D'accord, très bien… Mais mon téléphone restera allumé toute la nuit. Au moindre problème, je veux que tu m'appelles, d'accord ? Et je passe te prendre pour t'emmener à l'école, demain.
-Zayn, ce n'est pas la peine.
-Ne discute pas ! Je serai là vers 7 :30, ça te va ? Maintenant retourne te coucher, tu vas être épuisé demain, ordonna-t-il d'une voix douce.
-D'accord, acquiesçât Harry, devinant qu'il était inutile de contre argumenter. Et, Zayn ? Merci, merci pour tout.
-Avec plaisir, Harry, répondit-il affectueusement. Dors bien, chuchota-t-il avant de raccrocher.
Une fois l'appel terminé, Zayn perçut des légers coups frappés contre la porte de sa chambre et se retournant, découvrant un Louis ensommeillé appuyé contre le chambranle.
-Encore Harry, hum ? Interrogea-t-il avec un petit sourire malicieux.
-C'est moi qui t'ai réveillé ? S'informa-t-il aussitôt. Désolé.
-Ne t'inquiète pas, j'avais un sommeil agité de toute façon, affirma le brun, congédiant les excuses de son frère d'un geste de la main.
Se débarrassant de son jeans et de son t-shirt, Zayn se glissa dans son lit, le benjamin ne perdant pas une seconde avant de le rejoindre afin de se blottir contre son torse.
-J'ai rencontré Gemma, aujourd'hui, déclara le lycéen, sa tête posée sur la poitrine de l'ainé.
-Vraiment ? Persiffla-t-il à travers ses dents serrées, toute la rancœur qu'il éprouvait envers la jeune femme le rattrapant soudainement.
-Oui, Niall lui a demandé de nous conduire à l'hôpital cette après-midi. Elle est assez… intrigante. Elle semblait perdue, mais emplie d'une détermination à toute épreuve. Elle est éblouissante.
-Oui, ça doit être de famille…
-Je pensais ce que j'ai dit hier, Zayn. Je veux que tu sois heureux. Peu importe ce que ton père en pense.
Le métis soutint longuement son regard azur, les évènements de la matinée lui revenant en tête. Pourquoi tout était-il aussi compliqué ? Comprenant qu'il n'aurait aucune réponse cette nuit, Louis poursuivit.
-Je ne t'ai quasiment pas vu de la journée. Où est-ce que tu as disparu, ce soir ?
-Euh… En fait, j'étais chez Liam, avoua-t-il prudemment. J'ai récupéré tes caisses, elles sont dans le coffre de ma voiture.
-Comment va-t-il ? Interrogea précautionneusement le benjamin.
-Oh, il pète la forme… Ironisa faiblement le pakistanais, resserrant son étreinte autour de son frère.
-Il me manque. Le temps semble interminable sans lui…
-Louis, pourquoi tu t'infliges ça ?
-Il mérite d'être avec quelqu'un qui le chérisse, et moi je ne peux que cacher notre amour.
-Tu sais parfaitement qu'il s'en moque. Tout ce qu'il veut, c'est toi. Quelles que soient les conditions.
-Est-ce qu'on pourrait arrêter d'en parler ? Murmura douloureusement le mécheux. J'aimerais juste oublier, pendant quelques heures.
Acquiesçant, Zayn embrassa délicatement son front, se blottissant plus près encore de sa silhouette, autorisant le sommeil à l'emmener loin de tous ses problèmes.
Lorsque le réveil d'Harry retentit, le lendemain matin, sa routine de préparation sembla se dérouler dans un flou parfaitement étudié, son esprit assailli de pensées mêlant Zayn, Gemma et Niall. Ce ne fut que quand il descendit déjeuner que la confrontation tant redoutée avec sa sœur se produit. Installé au comptoir de la cuisine, Gemma luttait pour avaler son bol de céréales, la tête lourdement posée sur une main, de sombres cernes violettes s'étendant sous ses prunelles.
Remarquant son apparition dans la cuisine, elle se redressa péniblement, s'avançant à sa rencontre avant de l'attirer dans ses bras. Eh bien, c'était inattendu…
-Hazza, intervint-elle avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche, je suis tellement désolée. Ça n'aurait jamais dû arriver !
-J'arrive pas à croire que tu m'aies fait une telle frayeur, gronda-t-il durement.
-Je sais, mon ange, je m'excuse. Mais il faut qu'on parle, sérieusement.
L'expression grave et alarmée dominant les traits de la jeune femme lui permit de se concentrer sur autre chose que sa colère et sa déception et il prit place en face d'elle, se servant un verre de lait, l'appétit lui manquant.
-Harry, ça ne va surement pas te plaire, mais j'ai besoin que tu m'obéisses sans demander d'explication, d'accord ?
Lui lançant un regard interrogateur, le bouclé se délecta de remarquer la boite d'aspirine posée à côté de sa sœur. Sa soirée de la veille avait laissé des souvenirs, visiblement…
-Je t'interdis de revoir Zayn, annonça-t-elle, implacable.
-Quoi ? Sursauta-t-il violemment. Mais enfin, pourquoi ?
Son portable glissé dans sa poche vibra, annonçant l'arrivée d'un message et après un rapide coup d'œil à l'horloge murale (07 :28) il devina que le métis l'attendait à l'extérieur.
-Ça tient également pour Louis. Je veux que tu t'éloignes de cette famille.
-Pourquoi ?
-Contente-toi d'obéir, j'essaie simplement de prendre soin de toi !
-Je me suis débrouillé onze ans sans toi, Gemma ! Onze ! Je pense être capable de savoir quand je peux ou pas me fier aux gens !
-Tu ne comprends pas, ce n'est pas un jeu !
-Qu'est-ce que je ne comprends pas ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Je ne peux pas te l'expliquer, je ne veux pas que tu sois impliqué là-dedans !
-Alors, quoi ? Toi tu as le droit de te taper un gamin de dix-sept ans et moi, je ne pourrais pas côtoyer quelqu'un de ton âge ?
-Harry, arrête tes conneries ! Grandis un peu !
-Dis celle qui est rentrée complètement bourrée hier soir alors que son frère était seul chez eux. Ce que tu ignores, c'est que pendant que tu te remettais de ta cuite, complètement dans les vapes, Zayn était présent pour moi, lui ! A ton avis, quoi devrait grandir ?
Attrapant la sangle de son sac à dos, il le jeta sur son épaule avant de se diriger vers le vestibule, s'emparant d'une veste au passage.
-Où est-ce que tu vas ?
-Au lycée, Zayn m'y accompagne.
-Harry, je te l'interdis ! Rugit la demoiselle, les traits durs.
-Va te faire foutre, Gemma, lança-t-il impitoyablement avant de sortir, s'assurant de claquer la porte d'entrée derrière lui.
