Merci encore hermione2b, je suis vraiment contente que cette fic te plaise!

voici une autre suite, plutôt longue, alors bonne lecture!

Deux semaines plus tard

Les deux semaines qui suivirent ne furent pas faciles au JAG. Toujours ce silence, cette mauvaise humeur, cette colère. Et cette incompréhension, ce profil bas, cette appréhension. L'ambiance s'était encore dégradée. La plupart du staff craignait de se retrouver devant Harm et faisait tout pour l'éviter. Car les coups d'éclats étaient arrivés au JAG aussi, et pas souvent justifiés. Ça avait commencé dès le lundi, avec la nouvelle stagiaire qui avait photocopié la mauvaise page d'un document. Puis trois jours plus tard un deuxième accès de rage, avec Bud cette fois qui avait renversé un peu de café sur le bureau de Harm. Bud en avait été affecté d'ailleurs. Et puis c'était devenu pratiquement quotidien. Des papiers balancés à travers un bureau, une agrafeuse jetée par terre, des poings abattus sur des tables. Tout le monde était sous tension et avait peur de faire un mauvais pas devant lui. La seule personne devant qui Harm n'osait pas s'énerver, c'était le Général, même s'il avait plusieurs fois serré les poings et les dents devant lui pour s'obliger à se taire.

Celui-ci ne savait plus quoi faire. Il avait d'abord cru que la mauvaise humeur et la colère du Capitaine allait disparaître assez rapidement avec le souvenir de la mission qui s'éloignait. Mais il s'était rendu compte qu'au contraire cela empirait. Lui était au courant. Lui savait ce qui s'était passé. Et il comprenait. C'est pour ça qu'il ne se permettait pas de renvoyer Harm malgré son comportement, ça ne l'aiderait pas. Oh il le sanctionnait ! Dans l'espoir de lui faire comprendre et de le calmer, ça fonctionnait d'ailleurs, mais seulement pour la demi-journée qui suivait. Il avait essayé d'aborder le sujet avec lui une ou deux fois et lui avait conseillé de parler à un professionnel, mais Harm s'était renfermé, lui garantissant que tout allait bien et répliquant que de toute façon il n'avait pas le droit d'en parler. Et c'était vrai, il le savait. C'est ce qu'il avait dit à Mac quand elle était allée le voir une semaine auparavant pour essayer de l'amadouer afin d'avoir des informations et de pouvoir aider Harm. Elle s'était servie de tous les prétextes qu'elle avait pu trouver, lui ayant même parlé de Sarah à Gordon et non du Colonel au Général. Mais il était resté sur ses positions disant que bien qu'il ait envie de l'aider, il ne pouvait absolument pas en discuter avec qui que ce soit. Il lui avait juste conseillé de continuer et de s'accrocher. Peut-être aurait-elle dû lui dire toute la vérité. Peut-être aurait-elle dû insister davantage et lui dire à quel point il était mal. Peut-être aurait-elle dû lui parler de l'alcool. Mais elle ne l'avait pas fait. Elle n'avait pas le droit. Elle ne pouvait pas faire ça à Harm, révéler son autre secret, son nouvel ami. Personne n'avait besoin de savoir. Car elle savait ce que ça faisait une fois l'entourage au courant. Les regards changeaient, et ils avaient déjà assez changé sans qu'en plus ils soient au courant pour son nouveau penchant pour l'alcool. Elle ne voulait pas qu'il le subisse en plus du reste.

S'accrocher, c'est ce qu'elle faisait. Avec du mal, mais elle tenait bon. Il était vraiment dur et ça lui prenait beaucoup d'énergie de rester fidèle à sa promesse d'être là pour lui, ça la fatiguait, elle en avait des vertiges. Mais il le fallait. « Harm, vous ne vous débarrasserez pas de moi si facilement ! »

Après la soirée qu'il avait passé chez elle pour travailler et qui s'était mal finie, elle n'avait pas trop su comment réagir. D'abord, le lendemain, elle l'avait évité et s'était montrée froide envers lui, ayant mal accepté la conduite qu'il avait eue la veille. Elle lui en avait voulu et avait souhaité qu'il le remarque. Mais il semblait qu'il n'y avait pas fait attention. Ensuite, elle avait encore vu qu'il allait de plus en plus mal. Il se refermait de plus en plus. Il disparaissait de plus en plus. Alors elle avait encore fait un effort pour éviter qu'il ne s'éloigne à tout jamais et qu'il se perde lui-même. Elle avait mis cet épisode de côté, encore, et avait continué à essayer de lui parler, de reprendre contact, pour lui faire prendre conscience de la direction dans laquelle il se dirigeait. Elle avait essayé de lui téléphoner, elle lui avait laissé des messages. Elle avait été plusieurs fois à son appartement, se heurtant, aussi bien en semaine que le week-end, soit à une porte qui ne voulait pas s'ouvrir, soit à un Harm éméché qui ne la regardait même pas et fonçait se coucher dans son lit. Ou encore elle devait faire face à ses colères et à ses accès de violence sur son mobilier. Elle n'avançait pas. Rien n'avait changé, et elle n'avait pas pu empêcher Harm de plonger encore plus dans le noir.

Appartement de Harm
Le soir même

Ce soir là, elle avait décidé de le confronter, de l'obliger à la voir en dehors du bureau, à lui faire face. Elle était partie trois quart d'heure plus tôt du JAG, était rentrée se changer et avait ensuite roulé jusqu'à l'appartement de Harm. Elle avait décidé de l'attendre dans son loft et ainsi il serait obligé de l'écouter quand il rentrerait.
Elle était assise au fond du canapé, s'étonnant encore du désordre inhabituel de l'appartement, lorsque la porte d'entrée de l'appartement d'Harm s'ouvrit vers vingt et une heures. Il ne la vit pas. Il jeta sa sacoche sur le sol et se dirigea droit vers le frigo pour en sortir une bière et commencer à la boire.
Mac se leva et marcha jusqu'à la jonction salon cuisine.

_ Vous n'avez même pas enlevé votre veste que vous êtes déjà là, à boire une bière, alors que je suis sûre que vous sortez à peine d'un bar.

Une simple constatation.
Harm se retourna brusquement.

_ Que faites-vous là ?!
_ Je suis venue parler.
_ Je n'ai pas envie de parler.

Et il replongea dans sa boisson.

_ Je pense qu'il est plus que temps de parler. Même si vous n'en avez pas envie.

Il ne dit rien. Elle se rapprocha et s'assit sur un tabouret.

_ Harm, je sais que vous n'allez pas très bien en ce mom…
_ (D'un ton sec) Je vais bien, ne vous inquiétez pas.

Silence. Boisson à nouveau.
Elle le sonde pour savoir comment le prendre.

_ Bien sur que je m'inquiète. (En insistant sur les mots) Harm, vous n'allez pas bien ! Je le vois. Ne me mentez pas.

Silence à nouveau.

_ J'aimerais vous aider. J'aimerais vous aider à vous libérer de ce poids qui…
_ (Sec) Je n'ai pas besoin d'aide.
_ (Se levant, allant devant lui) Harm, je vous en prie. Laissez-moi vous aider. Vous en avez besoin que vous l'admettiez ou non !
_ Colonel, laissez-moi.
_ Non, HARM ! Je ne te laisserai pas. Ca fait trop longtemps que ça dure. La mission que tu as effectuée pour la CIA est terminée depuis un mois et elle est en train de te ronger petit à petit.
_ (Posant la canette de bière vide sur le comptoir et se dirigeant vers sa chambre) Arrêtez Colonel. Vous racontez n'importe quoi.
_ Harm ouvre les yeux, bon sang !

Elle le suivit dans sa chambre, concentrée sur ce qu'elle lui disait, ne se rendant pas compte qu'il se déshabillait.

_ Te rends-tu compte que tu as changé ? Te rends-tu compte qu'ELLE t'a changé ?! Tu n'es plus le même ! Tu … (Réalisant ce qu'il était en train de faire) Mais qu'est ce que tu fais bon sang ?!
_ (D'un ton neutre) Je vais prendre une douche.
_ Rrrrr Harm !

Mac se retourna alors qu'il était en train d'enlever son boxer et se dirigeait vers la salle de bain.

_ J'espère au moins qu'elle te remettra les idées en place cette douche et qu'après tu seras enfin prêt à m'écouter.

Mais l'eau coulait déjà, Harm ne semblait pas avoir entendu.

Mac partit dans la cuisine et commença à préparer une salade composée, c'était la seule chose qu'elle pouvait faire avec le peu qu'elle trouva dans le frigo et les placards. Elle se doutait qu'il ne mangeait pas correctement ces derniers temps, elle avait remarqué qu'il avait perdu un peu de poids. Elle prépara deux assiettes et se posa devant le bar en attendant Harm. Celui-ci prit tranquillement sa douche, comme si personne ne l'attendait. D'ailleurs, il fit comme si elle n'était pas là quand il en sortit. Elle patientait tranquillement attendant qu'il daigne enfin faire attention à elle. Mais ça n'arriva pas. Alors c'est elle qui relança la conversation.

_ Je nous ai préparé de quoi manger. Ce n'est pas de la haute cuisine mais je n'ai pas trouvé grand-chose dans tes placards.
_ Je n'ai pas faim.

Il reprit une bière et s'affala sur le canapé pour la boire tranquillement.

_ Ok. Bon, alors attaquons directement.

Elle se releva et se plaça sur la table basse en face de lui d'un air déterminé, cherchant à ancrer ses yeux dans les siens. Lui ne la regarda pas.

_ Tu es prêt à parler maintenant ?

Silence.

_ Très bien, dans ce cas c'est moi qui vais parler. Harm, ça ne peut plus continuer comme ça. Tu te détruis, tu t'enfonces dans le néant chaque jour davantage. Il faut que tu réagisses avant que ce ne soit trop tard !

Toujours pas de réponse.

_ Où est passé le Harm que tout le monde connaît ? Où est passé l'homme offrant un merveilleux sourire à qui voulait ? Où est passé le chevalier servant que tu étais ?

Toujours impassible.

_ Où est passé l'ami qui a toujours été là pour me faire rire et manger des plats composés d'herbe ? Où sont passées nos disputes légendaires ?

Toujours rien.

_ (Murmure) Où est passé l'homme qui m'avait promis un enfant ?

Même ça ne le fit pas réagir. Toujours seulement lui et son nouvel ami.

Mac souffla. Elle était perdue. Elle se leva et fit quelques allers-retours dans le salon. Que pouvait-elle faire encore ? « Cherche Mac, cherche ».
Elle revint s'asseoir en face de lui.

_ Harm, écoute, tous les deux savons que tu ne vas pas bien, et ce n'est pas la peine de nier, tu ne trompes personne.

Là, il tourna enfin le regard vers elle.

_ Apparemment tu ne veux pas me parler. Très bien, je l'accepte. Mais je t'en prie, fais quelque chose pour te sortir de cette impasse.

_ Tu pourrais aller en parler à quelqu'un d'autre, quelqu'un de neutre, qui ne te connaît pas ?!

Il détourna à nouveau le regard.

_ Tu ne seras pas considéré comme un fou si tu vas voir un thérapeute, des tas de gens sains d'esprit vont en voir !
_ (Se levant) Colonel…
_ (Le suivant) Harm, tu as besoin d'en parler !
_ Non je n'en ai pas besoin !
_ Bien sur que si. Ne vois-tu pas ce que tu es devenu ?
_ Maaac…
_ Tu es tout le temps de mauvaise humeur, tout le temps en colère…
_ Maac…
_ Tu t'énerves contre tout le monde, pour rien en plus. L'ambiance au bureau est plus que déplorable. Tout le monde a peur de se retrouver devant toi …
_ Arrêtez…
_ Tu te comportes comme un salaud avec moi, tu as des accès de violence…
_ (Lui faisant face) Stop ça suffit maintenant.

Il s'énervait. Au moins maintenant il l'écoutait et réagissait.

_ Harm que s'est-il passé là-bas pour que tu sois revenu comme ça ? Que…
_ (Montant encore le ton) Colonel, j'ai dit STOP !
_ (Idem) Très bien mais dans ce cas vas voir un thérapeute ! Tu dois en parler !
_ (Jetant sa cannette par terre avec colère) Mais vous n'avez pas bientôt fini avec votre psy ! Vous ne pouvez pas lâcher l'affaire !

Mac s'était effrayée. Ça la surprenait encore. Mais elle se reprit vite.

_ (Déterminée) Non je ne lâcherai pas Harm. Je ne te lâcherai pas !
_ Ah bon et pourquoi ? Vous voulez vous sentir bien en vous disant que vous faîtes tout pour aider ce pauvre Harm ? Vous ne voulez pas culpabiliser de trahir la promesse d'être toujours là pour moi ?!
_ (En colère) Tu es injuste !
_ Vous voulez montrer aux autres quelle femme formidable vous êtes en ne laissant pas tomber vos amis ?! Mais je vous en prie Colonel, je vous décharge de ce poids. Rentrez chez vous et faisons croire aux autres que vous avez fait votre travail. Comme ça, tout le monde sera content !

Et il se détourna. Elle utilisa toutes ses forces pour ne pas lui hurler dessus. Comment pouvait-il dire ça ?! « Mais ce n'est pas lui, Mac, ce n'est pas ton Harm ».

_ Ce n'est pas toi qui parles ! C'est l'alcool !
_ N'importe quoi !
_ Harm tu dois arrêter ! L'alcool ne t'aidera pas, et il te rend méchant !
_ Il me semble que vous projetez vos problèmes sur les autres !

Silence.

_ C'est vrai que j'ai eu des problèmes avec l'alcool. Et c'est une des raisons pour lesquelles je veux t'aider. Je sais ce que c'est de toucher le fond. Et je ne le souhaite à personne, et surtout pas à toi. Mais tu es en train d'emprunter le même chemin !
_ (S'énervant) Mais arrêtez donc de raconter des conneries…
_ (Se rapprochant de lui) Harm, il faut que tu ouvres les yeux. Tu es en train de te noyer dedans. Tu as un problème et…
_ Je n'ai aucun problème !
_ Depuis quand bois-tu de l'alcool jusqu'à être saoul ?! Depuis quand passes-tu un soir sur deux dans un bar avec pour seule compagnie des martinis ?! Depuis quand ton haleine sent l'alcool quand tu vas au travail ?! Tu as un problème Harm, et il faut que tu l'acceptes !
_ Je n'ai pas de problème !
_ Si Harm ! Et je peux t'aider. Il y a des centres de désintoxication qui sont réputés dans la région, nous pouvons aller aux réunions des alcooliques anonymes, je t'ai déjà inscrit d'ailleurs, il y a une réunion demain soir, et la suivante …
_ (Criant) Je n'ai absolument aucun problème ! Je ne suis pas comme vous ! C'est vous l'alcoolique de service !

Blessée. Elle n'aurait jamais cru que LUI se serve de son alcoolisme contre elle, la connaissant comme il la connaissait, le connaissant comme elle le connaissait. Plus le temps avançait, plus il lui faisait mal, et plus elle avait du mal à faire abstraction de ses paroles et de son comportement afin de l'aider.

Après quelques petites minutes à le regarder d'un air assommé :

_ (D'une petite voix) Le Harm d'avant a-t-il complètement disparu ? Je ne te reconnais plus du tout !
_ (Plus calme) Peut-être que vous ne me connaissez pas en fait.

Touchée en plein cœur ! A nouveau !

_ (Triste) Je pensais que ton comportement de ces dernières semaines n'était qu'une façade apparue suite à ta mission pour la CIA, derrière laquelle le Harm que j'ai toujours connu était perdu et souffrait. Mais tu dois avoir raison, je n'ai peut-être jamais connu le vrai Harm. Je n'aurais jamais cru te voir te comporter envers moi comme tu le fais depuis que tu es revenu.

Silence de Harm. Lui non plus ne l'aurait jamais cru. Et il vit dans le regard de Mac la douleur qu'il venait de lui causer. Ca lui fit mal, mais il ne montra rien.

_ Bien, je vais vous laisser.

Elle récupéra son manteau, ouvrit la porte d'entrée et dit avant de sortir de l'appartement :

_ N'oubliez pas que nous sommes invités dimanche chez Bud et Harriet. Je leur ai dit que ça se passerait bien. Ils comptent sur vous. AJ compte sur vous. Ne le décevez pas.

Et avant de refermer la porte, dos à Harm :

_ Et ne buvez pas avant.

Puis elle s'en alla.

à suivre...