Lorsqu'Harry dévala les escaliers du perron de la demeure au pas de course, les yeux embués de larmes difficilement contenues, luttant pour dissiper la colère que sa sœur avait fait naître au creux de ses entrailles, il ne put s'empêcher de sourire en apercevant Zayn, installé au volant de sa voiture, agitant la tête au rythme des basses de la musique se déversant des baffles. Son visage d'une beauté incomparable, ses yeux profonds et ténébreux, sa moue mystérieuse mais pourtant malicieuse… Même après la nuit cauchemardesque qu'il venait d'endurer, il parvenait à fissurer la carapace du bouclé pour l'attendrir.
S'avançant à grand pas vers le véhicule, il ouvrit la portière, se glissant gracieusement dans le siège passager, le métis lui offrant aussitôt son plus beau sourire, baissant la radio.
-Harry ! Salua-t-il joyeusement. Bien dormi ?
-Oh, tu veux dire après que je t'ai dérangé pour rien au milieu de la nuit ? Plutôt, oui, répondit-il avec des joues rougissantes. Et toi ?
-Pas mal, pas mal. Et arrête tes bêtises, je suis content que tu aies appelé. Comment va Gemma ?
-Je préfèrerais qu'on ne parle pas d'elle pour le moment, grommela-t-il entre ses dents.
-Attache-toi, indiqua-t-il en démarrant la voiture. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait fait une telle chose. Rien que d'imaginer laisser Louis sans aucune protection toute une nuit me donne des frissons... Heureusement, tout s'est bien terminé.
-Oui, on peut dire ça, ironisa presque imperceptiblement le bouclé.
Lui jetant un regard confus, Zayn se reconcentra sur la route, près à l'interroger lorsqu'un éternuement le prix par surprise.
-A tes souhaits, lança chaleureusement l'adolescent, attendrit par l'expression étonnée enfantine du métis.
-Il doit y avoir des mouchoirs dans la boite à gants, tu pourrais m'en donner un ?
S'exécutant, Harry ouvrit le compartiment, fouillant dans les documents s'y amoncelant, évitant de perturber leur ordre de classification. Finalement, ses doigts rencontrèrent le plastique familier de l'emballage des paquets et il s'y accrocha. Ce ne fut que lorsqu'il parvint à extraire l'objet demandé du chaos organisé qu'il remarqua qu'une photo était tombée du rangement, retournée sur ses genoux.
Tendant distraitement un mouchoir au conducteur, il s'empara de l'image, y apercevant une jeune femme au teint sombre, des yeux pétillants semblables à ceux de son ami, ses longues boucles noires tombant en cascade sur ses épaules, encadrant son sourire lumineux. Elle était sublime.
-Zayn ? Est-ce qu'il s'agit de ta maman ? S'enquit-il timidement, ignorant quelles étaient les limites à ne pas franchir dans cette amitié nouvellement née.
Aussitôt, le pakistanais se figea, son éternuement oublié alors qu'il ferma brusquement les paupières avant de rediriger son regard vers la route. Le silence s'étira quelques secondes, maladroit, gênant, lourd.
-Est-ce que tu pourrais ranger la photo ? On est presque arrivé au lycée, répondit-il d'une voie blanche.
-Bien sûr, désolé… Je… Je suis désolé, s'excusa-t-il rapidement en refermant la boite à gants, se maudissant intérieurement pour sa curiosité.
Quelques minutes plus tard, le véhicule s'immobilisa dans le parking de l'établissement.
-Euh… Louis ne nous accompagne pas ? Demanda doucement le lycéen, tentant de mettre en terme au mutisme de l'étudiant.
-Non, il devait retrouver Niall. Ils avaient besoin de réfléchir et ils ont pensé que marcher leur ferait du bien, informa-t-il, se mordillant la lèvre.
Lançant un regard par la fenêtre, Harry s'empara de son sac à dos posé à ses pieds, passant une des sangles sur son épaule.
-Bon, eh bien... Je vais y aller, merci de m'avoir emmené, remercia-t-il, un sourire hésitant étirant ses traits.
-Harry, je suis désolé. Je n'aurai pas dû réagir de la sorte. Ça n'a rien à voir avec toi, d'accord ? Ta question m'a simplement pris par surprise.
-Ne t'inquiète pas pour ça, assura-t-il immédiatement.
-Je ne veux pas que ça change quoi que ce soit entre nous. Je suis réellement heureux que tu m'aies appelé hier soir et ça m'a fait plaisir de venir te chercher ce matin, expliqua-t-il, sa main trouvant celle du jeune homme. Je sais que tu n'as pas eu une enfance facile, mais je veux être présent pour toi désormais. Je veux t'aider à reprendre pied et à avoir une existence normale avec une famille et des amis sur qui tu peux compter. Je ne te laisserai pas tomber, tu m'entends ?
Combattant le sourire béat désirant prendre possession de ses lèvres, le bouclé se contenta d'acquiescer avant d'être attiré dans une étreinte de fer contre le torse de l'artiste.
-Je ne t'abandonnerai pas, chuchota-t-il au creux de son oreille.
Lorsque la sonnerie de l'établissement retentit dans les alentours, ils se séparèrent à contre cœur, le lycéen déposant audacieusement un baiser sur la joue du pakistanais avant de sortir de la voiture, le remerciant une dernière fois.
La journée sembla s'étirer indéfiniment, les heures longues et pénibles, les aiguilles des horloges parsemées dans l'école paraissant immobiles. Lorsque, finalement, Harry s'installa dans son siège dans son local de mathématique afin d'assister à son dernier cours de la journée, il ne put retenir un soupir de soulagement. Simultanément, les silhouettes de Louis et Niall apparurent dans l'entrée de la pièce, s'avançant sans enthousiasme vers leurs places juste derrière le bouclé.
Captant le regard du bouclé, Louis lui envoya un regard aimable, Harry constatant avec un pincement au cœur que le sourire étirant ses traits brillait par l'absence de toute sincérité. La conversation entre le mécheux et son frère espionnée quelques jours auparavant lui revint brusquement en mémoire. Il n'était pas le seul à souffrir, chacun d'entre eux était profondément brisé. Répondant à son salut par un signe de la main, il ignora l'expression amicale pourtant bordée de fatigue que lui envoya le blond, détournant les yeux.
La leçon se déroula dans un calme relatif, et Harry se demanda s'il était le seul à deviner la tension sourde tissée entre le stagiaire et Louis. Les autres élèves semblaient indifférents, certains jouant avec leur stylo, griffonnant sur leurs feuilles, d'autres bavardant calmement derrière leur classeur. Dans ce doux chaos familier, le bouclé se serait facilement perdu dans l'ignorance s'il ne détenait pas autant d'informations. Il était désormais difficile de ne pas prêter attention à la douleur lancinante laçant la voix de Monsieur Payne ou le regard de Louis résolument baissé sur son bureau.
Il fut détourné de ses pensées par les ricanements bruyants d'une adolescente assise à l'avant de la salle, ses sourcils battant follement vers Liam alors qu'elle riait à une blague inexistante. Lui demandant d'une voix ridiculement suave de reprendre les explications concernant le chapitre précédent, elle se pencha sur ses coudes, son décolleté avantageux mettant en valeur ses attributs.
Un faible grognement résonna derrière Harry, et il s'adossa nonchalamment contre le dossier de sa chaise, tentant d'écouter aussi discrètement que possible la conversation ayant débutée derrière lui.
-Je ne comprends pas pourquoi tu l'as quitté, chuchota Niall, son accent irlandais épais à peine perceptible.
-Je n'avais pas le choix, soupira son voisin, sa tête enfouie entre ses bras.
-Vous vous êtes cachés pendant un an, pourquoi soudainement mettre un terme à toute cette histoire ? Tu l'aimes, bordel !
-Tu peux arrêter de mettre du sel sur mes plaies ? Evidemment que je l'aime, je deviens fou sans lui.
-Alors qu'est-ce qui te pousse à agir de la sorte ?
-Niall, tu n'imagines pas à quel point j'ai besoin d'en parler, mais je ne peux pas ! Trop de choses dépendent de ce secret.
-Est-ce que ça a rapport avec Monsieur Malik ? S'enquit prudemment le blond, sa main serrant l'épaule de son meilleur ami.
-Il est partout, non ? Grommela sombrement le brun.
-Lou, tu ne peux pas le laisser intervenir dans ta vie. Il a déjà fait assez de mal comme ça, non ?
-Il est le putain de chef de la police locale, il peut faire ce qu'il veut de nos vies. Je n'ai pas le choix ! Lança-t-il en relevant la tête, ses yeux plissés se dirigeant vers la fille installée près de Liam. Et cette idiote a intérêt à arrêter ses conneries avant que j'aille lui dire ma façon de penser ! Persiffla-t-il méchamment.
-Oh, le Louis jaloux, j'adore ! Rit doucement l'Irlandais.
-Va te faire voir ! Réagit-il aussitôt, incapable de dissimuler la tendresse qu'il ressentait pour son ami.
La discussion s'estompa et Louis se réfugia une nouvelle fois dans ses pensées, essayant tant bien que mal d'ignorer la présence de l'homme qui faisait battre son cœur à quelques mètres de lui. Ce ne fut que lorsque la voix stridente de l'adolescente s'éleva une nouvelle fois qu'il perdit son sang-froid.
-Monsieur Payne ? Est-ce que vous donnez des cours particuliers ? J'adorerais vous avoir quelques heures rien que pour moi… Ronronna-t-elle d'un ton écœurant.
-Propose-lui carrément un rendez-vous, tant qu'on y est, non ? S'exclama-t-il vivement, les mots quittant sa bouche avant que son cerveau n'ait pu les arrêter.
D'un même mouvement, toutes les têtes se dirigèrent vers le garçon installé au fond de la classe, incapable de ressentir la moindre honte, toute son attention dirigée vers le magnifique jeune homme le dévisageant avec un étonnement soulagé. C'était la première interaction qu'ils partageaient depuis la rupture. Et ça faisait un bien fou.
La sonnerie signalant la fin de la journée résonna à travers le silence ayant pris possession de la pièce et Liam sembla sortir de sa transe, congédiant les élèves d'un faible signe de tête avant de retrouver sa voix.
-Louis, je voudrais te voir quelques secondes…
Patientant sereinement alors que le local se vidait autour d'eux, Louis serra brièvement la main de Niall avant de la laisser s'éclipser, tentant de calmer les battements affolés de son cœur. Lorsqu'ils furent finalement seuls, le châtain se dirigea vers la porte qu'il verrouilla rapidement.
-Je ne veux pas qu'on soit dérangé, expliqua-t-il doucement.
Louis s'approcha lentement, s'adossant contre le bureau de son professeur alors que ce dernier s'appuya contre le tableau, à quelques pas de lui. Ses paupières se fermèrent fortement, une expression déchirée s'emparant de ses traits.
-Louis, qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Interrogea-t-il enfin.
-Tu ne peux pas me reprocher d'avoir essayé de te débarrasser d'une telle groupie, attaqua le brun, ses mains s'enfonçant dans les poches de son pull.
-Tu sais bien que je ne pourrai jamais te reprocher quoi que ce soit… Mais, s'il te plait, si cette intervention était uniquement platonique et n'avait aucun sous-entendu romantique, je préfèrerais que tu t'abstiennes, murmura-t-il faiblement.
-Pardon ? C'est la première fois qu'on s'adresse la parole depuis des jours et tu me demandes de m'éloigner ?
-Louis, je suis amoureux de toi à en crever. Je ferais énormément de choses pour toi, mais je n'ai plus la force de continuer à prétendre que te voir au fond de cette salle sans pouvoir te toucher ou te parler ne m'affecte pas. Je meurs à petit feu, et ne rends pas ça plus compliqué que ça ne l'est déjà, s'il te plait. Si tu veux de moi, je suis tout à toi. Si pas, évite de me rappeler ce que j'ai perdu à jamais. Je ne suis pas assez fort pour supporter cela.
Ses prunelles obscurcies par la douleur, Louis laissa son regard dérivé aux alentours et il ne put retenir un faible sourire au souvenir qui lui revint en mémoire.
-Tu te souviens de notre premier baiser ? Lança-t-il affectueusement. On était plus ou moins dans la même configuration. On était installé dans ma chambre et on venait de se disputer pour un truc idiot. Tu étais appuyé contre un mur et moi assis sur mon bureau, on s'affrontait du regard. Je n'ai jamais eu plus envie de t'embrasser qu'à ce moment-là. T'embrasser pour te faire taire, t'embraser pour te prouver que tu avais tort, t'embrasser pour te montrer que tu n'avais pas réponse à tout, t'embrasser pour m'excuser, t'embrasser pour te déclarer tous les sentiments que je ressentais pour toi. C'était instinctif, c'était spontané, c'était…
-Magique.
Ils se contemplèrent de longues secondes, les images de cette première fois inondant leurs sens.
-Embrasse-moi, Liam, souffla-t-il. Embrasse-moi pour me faire taire. Embrasse-moi pour me prouver que j'ai tort. Embrasse-moi pour que je puisse m'excuser. Embrasse-moi pour que je te déclarer mes sentiments.
Lorsque la main de Liam s'avança pour trouver les doigts du lycéen, effleurant sa paume avant de caresser la peau dissimulée par le sweat-shirt, ils surent que tous faux semblants étaient oubliés. Ils n'allaient pas bien. Aucun d'entre eux. La volonté illusoire de faire face au monde extérieur qu'ils avaient pu éprouver s'était envolée. Leur univers était devant eux, dans leurs regards emplis d'amour et d'espoir.
Les prunelles du benjamin étaient ombragées par l'intensité du moment, il pouvait ressentir l'hésitation dans ses caresses, la confusion entremêlée de peur, de désir, d'impatience. Mais le geste débordait également d'autre chose, d'une tendresse, d'un amour incommensurable tapi dans les profondeurs du frôlement.
Se redressant, le châtain s'approcha avec une lenteur douloureuse, chérissant chaque seconde du bonheur qu'il devinait proche. Se tenant tout contre l'adolescent, Liam inclina légèrement son menton, ses doigts froids et cajoleurs dessinant les pommettes du benjamin pour s'enfuir entre ses mèches fines.
Leur timidité respective fasse aux retrouvailles s'ancra dans le baiser, le rendant tendre et doux. Les mains de Liam s'accrochant désormais aux hanches de l'homme qu'avait choisi son cœur, craignant qu'il ne s'éloigne une nouvelle fois. Percevant le désespoir du châtain, Louis resserra son étreinte, sa langue cajolant sa lèvre inférieure afin d'approfondir le baiser, s'abandonnant complétement dans son désir, désirant chasser toute la douleur enfouie chez le stagiaire.
Lorsqu'ils se séparèrent, leur torse se soulevant à un rythme saccadé, le souffle coupé, le lycéen se blottit au creux de l'épaule de Liam, inspirant profondément son odeur qu'il connaissait par cœur, l'embrassant doucement, ses dents mordillant son cou, descendant vers sa clavicule, se réjouissant des frissons parcourant l'épine du jeune homme.
Prenant place sur le bureau de son professeur, Louis enroula ses jambes autour de la taille du garçon, l'attirant contre lui. Affectueusement, ses mains s'aventurèrent sur son torse, défaisant les boutons de sa chemise un à un, faisant glisser le tissus de ses épaules une fois la tâche terminée, s'en débarrassant négligemment par-dessus son épaule.
Capturant les lèvres du benjamin avec les siennes, Liam chercha à tâtons le bord du pull qu'il portait, s'éloignant une fraction de seconde pour le lui retirer. Sa bouche réclamant aussitôt celle de son amant, il laissa ses doigts redécouvrir ce corps qu'il avait touché jusque dans ces moindres recoins.
A bout d'oxygène, il se recula, ses prunelles retraçant les courbes du jeune homme.
-Tu es magnifique, murmura-t-il tendrement, l'émerveillement laçant sa voix.
Soudainement, une sensation glaciale traversa Louis, le secouant de la tête au pied, les paroles destructrices du père de Zayn la veille de sa rupture avec Liam lui revenant en mémoire.
"Entretenir une relation avec un garçon… Comment oses-tu encore te regarder dans le miroir ? "
-Tellement parfait... Souffla l'étudiant, ses lèvres embrassant sa poitrine, coquines et malicieuses.
"Comment peux-tu vivre sans ressentir le dégout immonde que tu m'inspires ?"
-Si tu savais comme tu m'as manqué, chuchota-t-il à nouveau contre sa peau.
"Tu n'es qu'un infâme pédé !"
Les insultes s'intensifiaient dans sa tête, se répercutant à l'infini.
"Pédé, tapette, gouine ! "
Il ne put retenir le sanglot qui lui échappa, des larmes lourdes de douleur roulant sur ses joues.
-Liam, supplia-t-il faiblement, aime moi.
Le garçon entoura son visage de ses mains, ses yeux brillant de dévouement et de tendresse, embrassant affectueusement ses joues, le bout de son nez, son front, ses paupières, essuyant ses larmes, avant de s'arrêter sur ses lèvres, y gravant ses promesses infinies.
-Pour toujours et à jamais.
La langue de l'ainé vint cajoler le creux de la gorge de Louis, ce dernier se tâtonnant entre leurs corps, atteignant la boucle de ceinture du jeans du châtain qu'il ouvrit rapidement. L'envie coulant chaudement dans son sang, il ne put s'empêcher de glisser sa main contre la boxer du garçon, caressant doucement son excitation à travers le tissu tout en baissant son pantalon. Liam s'en débarrassa en même temps que ses chaussures en un claquement de doigts, ses hanches s'agitant contre les doigts de l'adolescent de leur propre chef. La main libre du mécheux disparut sous le tissus, caressant les fesses fermes du jeune homme, un gémissement quittant ses lèvres.
Se démêlant quelque peu de l'emprise du benjamin, le stagiaire fit sauter le bouton de son pantalon, le soulevant quelque peu afin d'enlever le jeans, le laissant tomber autour de ses chevilles, Louis utilisant ses chevilles pour évacuer habilement ses chaussures et le vêtement inutile.
Liam reprit sa conquête du torse de son amant, sentant les battements affolés de son cœur alors que sa bouche se refermait sur ses tétons, les taquinant jusqu'à ce qu'ils durcissent sous sa langue. Il continua son chemin sur le ventre musclé du garçon, mordillant et suçotant la peau, sa langue plongeant dans son nombril, ses doigts caressant ses hanches avant de lui retirer son boxer. Il prit son temps, embrassant et marquant chaque centimètre de peau, le gout familier de sa chair lui emplissant les papilles.
S'agenouillant en face du lycéen, il se pencha vers l'organe tendu sous l'excitation des caresses, des baisers et des chatouilles, l'effleurant de son souffle chaud, Louis gémissant d'impatience au-dessus de lui. Il put discerner le soupir de soulagement du mécheux lorsqu'il se pencha et referma ses lèvres autour de lui. Les doigts du benjamin s'enfouirent dans ses cheveux, s'y accrochant fermement alors qu'il entamait sa progression sur son membre. Ses mouvements conservèrent un rythme paisible et son amant lui en était reconnaissant. L'intensité de l'instant était presque suffisante pour l'amener à sa libération.
Lorsque la langue de Liam descendu jusque son entrée, la pression sur ses mèches s'accentua davantage. Un de ses doigt s'infiltra doucement dans l'anneau humidifié, un grognement rauque s'échappant de la gorge du mécheux. Mordillant sa cuisse, joueur, Liam le laissa s'habituer à l'intrusion avant d'en ajouter un second. Quand trois de ses doigts étaient enfoncés dans son corps tendu par le désir, Louis redressa Liam, l'attirant contre son torse, ses lèvres réclamant avidement les siennes.
Le baiser était empli de passion, d'amour, de dévouement, de promesses et lorsque le châtain l'allongea sur le bureau, ses yeux bordés d'inquiétude, il s'empara de sa main libre, emmêlant ses doigts aux siens.
-Tu en es certain ? Interrogea-t-il doucement. Je ne veux pas que ce soit quelque chose que tu regrettes.
-La seule chose que je regrette est de t'avoir laissé partir, chuchota-t-il faiblement, la bouche de Liam recouvrant immédiatement le sienne.
Avec une tendresse infinie, une fois avoir envoyé baladé son boxer derrière lui, Liam s'enfonça dans l'intimité du jeune homme, le souffle lui manquant à la redécouverte de cette sensation. Il entama ses poussées avec douceur, son front se calant contre la clavicule du benjamin. Les mains de Louis s'aventurèrent sur le torse de l'étudiant, jouant avec ses tétons, retraçant ses muscles.
-Je ne vais pas tenir longtemps si tu continues, parvint-il à dire entre deux coups de reins, son rythme accélérant progressivement, sa respiration haletante.
-Je t'aime, Liam, confia-t-il tout contre son oreille, sa langue chatouillant son lobe rougit. Je t'aime tellement.
Gémissement fortement, le châtain accéléra encore, modifiant l'angle de ses hanches, souriant lorsque le cri qui échappa au benjamin lui indiqua qu'il avait trouvé son point sensible.
-Liam, bordel... Grogna-t-il entre ses dents, tremblant de plaisir.
Une de ses mains se faufilant entre leurs corps, l'ainé s'empara du sexe du garçon, le caressant en même temps que ses poussés, le mécheux sifflant à la double sensation.
-Liam, je vais...
-Ne te retiens pas, mon ange, souffla-t-il au creux de son oreille. Viens pour moi.
Dans un dernier gémissement, Louis se libéra, la respiration en lambeau alors que son amant le suivait quelques secondes plus tard, s'effondrant contre son torse, ses bras l'encerclant aussitôt.
-Je suis tellement désolé…
-Tu es là, maintenant. C'est tout ce qui m'importe.
Lorsqu'Harry poussa la porte d'entrée de la maison, la voix de Gemma lui parvint et il la suivit jusqu'à la cuisine. Effectivement, elle était attablée au comptoir, ses cours étalés autour d'elle, un téléphone à la main alors que son rire retentissait dans la pièce. Elle poursuivit joyeusement sa conversation, sursautant violement quand elle prit conscience de l'apparition de son frère.
-Niall, je vais devoir raccrocher, lança-t-elle dans l'appareil, remarquant le soupir exaspéré du bouclé à la découverte de l'identité de son interlocuteur. Oui, moi aussi je t'embrasse. A plus tard.
Une fois la discussion terminée, elle posa son portable, se tournant vers l'adolescent et lui indiquant de s'asseoir face à elle. Il obéit en trainant les pieds, il ne pourrait pas éternellement l'éviter.
-Harry, commença-t-elle maladroitement, je sais que tu es fâché et je m'excuse une nouvelle fois pour mon comportement mais tu dois comprendre que j'ai passé une soirée difficile. J'ai bu pour me soulager. L'alcool n'est pas une solution, j'en suis consciente, mais j'étais complètement désemparée.
-Alors, explique-moi ce qu'il s'est passé ! Réclama-t-il fortement, las de tous ces secrets.
-Haz, mon ange… Hier après-midi, Niall m'a appelé. Il m'a expliqué qu'il était chez Louis et qu'ils désiraient aller voir sa maman à l'hôpital mais qu'ils n'avaient pas de voiture à disposition.
-Et, évidemment, tu es accouru à son secours…
-Quand je suis arrivée, poursuivit-elle, ignorant l'interruption, j'ai croisé un homme, et j'ai eu un véritable choc.
-Monsieur Malik ? C'est le père de Zayn, le demi-frère de Louis. C'est vrai qu'il a des réactions assez excessives…
-Tu l'as déjà rencontré ? S'alarma aussitôt la brune, se raidissant dans son siège.
-Euh… Oui, je l'ai croisé après avoir passé la nuit chez Zayn le soir de la tempête et il a ordonné que je quitte les lieux.
-Pourquoi tu ne m'en as pas parlé immédiatement ? S'écria-t-il, l'inquiétude se déversant dans ses veines.
-Parce que je ne pensais pas que cela avait la moindre importance ! Gemma, bon sang, qu'est-ce qu'il se passe ?
-Cet homme, Harry, c'est l'homme qui a tué papa et maman.
Un silence de plomb s'installa dans la pièce, seules leurs respirations agitées se répercutant dans le vide.
-Quoi ? Articula faiblement le jeune homme, ses yeux larges d'horreur.
-Monsieur Malik est responsable de l'accident, je l'ai reconnu.
-C'est impossible, souffla-t-il, sa tête tombant entre ses bras, une sensation glaciale se répartissant dans chaque cellule de son corps. Je suis en plein cauchemar, ce n'est pas possible.
Ce ne fut que lorsque la main de sa sœur le stabilisa qu'il constata ses tremblements. Ses membres agités de milliers de frissons, la peur, la colère, l'incompréhension s'emparant de ses pensées.
-Mon ange, je ne veux plus que tu t'approches de cette famille. C'est uniquement pour ton bien, crois-moi.
Incapable de formuler la moindre pensée cohérente, encore moins d'ouvrir la bouche, Harry se contenta d'acquiescer, abasourdi.
Soudainement, son téléphone vibra contre sa jambe et il l'extirpa lentement de sa poche, ouvrant mécaniquement le message qu'il venait de recevoir, fonctionnant uniquement grâce à sa mémoire musculaire. Ses yeux bordés de larmes luttèrent pour se concentrer sur l'écran, déchiffrant difficilement les mots.
Je pense tout ce que je t'ai dit, je suis réellement heureux que tu aies débarqué dans nos vies. Je m'excuse pour ma réaction de ce matin et je crois que je suis prêt à m'ouvrir. Tu as toujours été honnête avec moi, et je veux te rendre la pareille. Appelle-moi, d'accord ? J'ai très envie de te voir !
-Zayn xx
Levant le regard vers sa sœur, il observa son expression terrorisée et douloureuse. Ses doigts errèrent sur le clavier de l'appareil avant de supprimer le message.
