Cessant ses traversées incessantes du salon, les jambes tremblantes quant au retour de son petit frère, Gemma sursauta lorsque le son strident de la sonnette résonna au travers de la maison silencieuse. S'élançant vers le hall, elle ouvrit la porte d'entrée à la volée, ne pouvant retenir un froncement de sourcils en découvrant l'identité du visiteur.
-Niall ? Interrogea-t-elle, vaguement perplexe. Qu'est-ce que tu fais là ?
-Euh… Je venais m'assurer que tout allait bien, ici, expliqua-t-il maladroitement, sentant le malaise de la jeune femme. Si tu préfères, je peux repasser plus tard…
-Non, non, surtout pas ! S'exclama aussitôt la brune, reprenant son sang-froid, se reculant pour laisser passer le lycéen. Je suis un peu surprise, c'est tout.
-Harry ne va pas tarder à rentrer, lui promit-il avec un sourire bien veillant. Et puis, il est avec Zayn, rien ne peut lui arriver.
Se mordant la lèvre pour retenir toute réflexion irréfléchie, Gemma se contenta d'acquiescer, entrainant le blond à sa suite vers la cuisine. Extirpant deux bières du réfrigérateur, elle lui en tendit une, apercevant son regard soucieux.
-Au fait, tu as des nouvelles de ta maman ? S'enquit-elle, prenant place à ses côtés sur un des tabourets surélevés du comptoir.
-Oui, elle va beaucoup mieux. Son état est stable et si tout va bien, elle pourrait sortir dans quelques jours.
-Soulagé ? Déduit-elle gentiment, ses doigts serrant brièvement l'avant-bras de l'adolescent.
-Oui, elle m'a fait drôlement peur, sourit-il faiblement.
-Mes promesses tiennent toujours, tu sais. Entre temps, peu importe de quoi tu aies besoin, je serai là pour t'aider.
-Tu as déjà fait tellement, garantit le jeune homme, reconnaissant. Je ne sais pas comment j'aurais tenu le coup sans toi. Toi, Louis, Zayn, Liam… Vous êtes ma famille, les personnes sur lesquels je peux me reposer quoi qu'il arrive. Harry a beaucoup de chance de t'avoir auprès de lui.
-Oui, surement… Mais tout le monde fait des erreurs, marmonna l'étudiante, grimaçant aux souvenirs de sa gueule de bois récente.
Congédiant les interrogations silencieuses de l'Irlandais d'un signe de la main, elle poursuivit.
-Je réalise que ma question est délicate et que tu apprécies énormément Zayn, mais… Est-ce que tu peux me promettre que c'est quelqu'un de bien ?
-Quand ma maman et moi sommes arrivés au Royaume-Unis, lorsque j'avais environs 12 ans. Jusqu'à ma rencontre avec Louis, j'étais réellement mal dans ma peau. J'avais un accent à couper au couteau, je riais plus fort que les autres, j'avais un humour particulier, et je ne connaissais rien aux endroits branchés du coin. Tous les soirs, en rentrant de l'école, je suppliais ma mère de repartir vivre avec mon père en Irlande. Et finalement, j'ai croisé Louis et Zayn dans un parc. Zayn dessinait et Louis a bondit vers moi. Il s'est présenté, m'a bombardé de questions et m'a aussitôt demandé si je voulais être son ami. L'année suivante, j'ai changé d'école pour pouvoir passer mes journées avec lui. On ne s'est plus quitté depuis. A chaque fois que nous avions des ennuis, ou à chaque fois qu'un des gamins trouvait cela amusant de se moquer de mes origines, c'est Zayn qui intervenait. Il les remettait à leur place en un clin d'œil. C'est également lui qui protège Louis de toutes les colères de son père, qui est incroyablement difficile à suivre. C'est également lui qui, adolescent, subissait les cris et les coups de son père parce qu'il le jugeait responsable de la mort de sa femme, ce qui est complètement idiot. Et il ne s'est jamais plaint. Alors oui, je crois qu'on peut dire que c'est quelqu'un de bien, conclut le blond, son ton grave et sincère empli de loyauté.
-Je ne veux simplement pas qu'Harry souffre une fois de plus, sa vie a été tellement difficile jusqu'ici…
-S'il s'agissait de mon petit-frère, je le lui confierais sans aucune hésitation, affirma l'adolescent, connaissant l'histoire malheureuse des Styles. Tu n'as aucune crainte à avoir, tu ne trouveras personne de plus dévoué et de plus protecteur que Zayn.
Poussant un soupir lourd d'inquiétude, Gemma enfouie son visage au creux de ses bras, souriant doucement lorsqu'elle sentit les bras du garçon l'entourée, l'attirant contre son torse. Poivrant son front et ses joues de baisers papillons, la chatouillant légèrement, lui arrachant quelques rires cristallins, il autorisa ses lèvres à effleurer son oreille, y chuchotant tendrement.
-Tout va bien se passer désormais, tu n'es plus seule…
Sa clé tournant dans la serrure de sa demeure, Harry ouvrit la porte d'un coup de hanche, sa main gauche toujours fermement liée à celle du métis patientant derrière lui. Lui adressant un sourire rassurant, il désigna le hall d'un signe de main, l'invitant à l'y suivre. Une fois protégés des ténèbres par la lumière de la maison, les deux jeunes hommes se dirigèrent vers le salon, les voix reconnaissables de ses occupants leur chatouillant les oreilles avec une familiarité agréable.
-Haz ! S'exclama la brune en l'apercevant pénétrer dans la pièce. Oh, salut Zayn, ajouta-t-elle aussitôt en remarquant son compagnon.
-Tu dois être Gemma, supposa-t-il gentiment avec un vague signe de tête.
S'agitant sous les couvertures du canapé remontées jusqu'à son menton, elle acquiesça doucement, son regard voletant brièvement jusqu'à l'Irlandais installé de l'autre côté du fauteuil.
-Salut, bonhomme, sourit le pakistanais, son expression s'apaisant en découvrant le blond.
-Je suis content de te revoir sourire, répondit-il affectueusement.
-On a commandé des pizzas plus tôt dans la soirée, je peux réchauffer les restes si vous voulez, proposa l'étudiante, un malaise presque imperceptible dans la voix.
Interrogeant rapidement l'artiste du regard, Harry secoua la tête, redirigeant son attention vers sa sœur.
-Merci, mais on descendra plus tard si on a faim, alors… Passez une bonne soirée ! Affirma-t-il poliment. Et, au fait… Merci, Niall.
Hochant lentement la tête, le lycéen lui offrit un clin d'œil complice.
-Merci à toi, Harry.
Accompagné d'un dernier signe, le bouclé se détourna, entrainant à sa suite le métis vers la cage d'escaliers, devinant les yeux persistants de sa sœur sur leurs doigts entremêlées. Et si l'un d'entre eux perçut les murmures tranquillisants chuchotés à la demoiselle par leur voisin, il ne laissa rien paraître.
-Eh bien, c'était quelque peu maladroit… Souffla le métis lorsque la porte de la chambre d'Harry se referma derrière eux.
-C'est le moins qu'on puisse dire, confirma le brun, s'adossant à l'appui de fenêtre, face à l'ainé. J'éprouve toujours quelques réticences envers cette liaison entre ma sœur et Niall, même si je sais qu'il en vaut la peine.
-Et elle ne semblait pas spécialement heureuse de me voir débarquer ici…
-Elle s'y ferra, elle a juste besoin d'un peu de temps.
Profitant du calme qui les englobait, Harry observa les traits tirés du visage du jeune homme, de sombres cernes assombrissant son regard. Il ne manqua pas le bâillement déchirant l'artiste, ni la manière dont ses yeux dérivèrent rapidement jusque son lit.
-T'as l'air épuisé, constata-t-il avec bienveillance. Tu devrais t'allonger.
-Je ne voudrais pas m'imposer…
-Arrête tes bêtises et couche-toi ! Ordonna le lycéen, un sourire dans la voix.
-Tu m'accompagnes, dans ce cas. Tu n'as pas exactement l'air d'être au top de ta forme, souligna le pakistanais.
Poussant un soupir d'exaspération factice, Harry se débarrassa de ses chaussures et de sa veste, attrapant celles de son ami avant de les éloigner du matelas. Prenant place entre les draps, il tira fortement sur la manche de Zayn, l'attirant à ses côtés. Quand ils furent tous deux enveloppés dans le duvet épais, le bouclé enfouie sa tête dans le creux du cou de l'étudiant, savourant l'automatisme avec lequel ses bras se refermèrent autour de lui.
-Louis et Monsieur Payne forment un merveilleux couple, confia-t-il contre la peau mate.
-Comment est-ce que… Balbutia l'ainé, confus.
-Ce sont eux qui m'ont conduit au cimetière, avoua timidement le bouclé.
-Ils sont incapables d'être discrets, maugréa-t-il, avant d'autoriser un petit rire à lui échapper. Mais ils sont adorables. Ça me fait plaisir qu'ils se soient retrouvés.
-Ça fait longtemps que dure leur histoire ?
-Dans une semaine ou deux, ça devrait faire un an, répondit fièrement l'artiste, les yeux brillants. Ils se sont rencontrés lorsque Jay, la maman de Lou, a épousé mon père et qu'ils ont emménagé chez nous. Liam est mon meilleur ami, on est constamment ensemble.
-Alors quoi ? Coup de foudre ? Interrogea le lycéen, heureux de la confiance que lui accordait le métis.
-Pas vraiment… Même si je reste persuadé que Liam a toujours eu un faible pour Lou. Ils n'ont commencé à réellement passer du temps ensemble que lorsque nous avons commencé l'université. Mes horaires et ceux de Liam se différenciaient assez bien, mais il continuait de venir m'attendre chez moi, et il s'est souvent retrouvé avec Louis. Ils ont fait plus ample connaissance, et maintenant, ils sont inséparables.
-Comment tu as réagi ? Voir ton petit-frère avec ton meilleur ami, ce n'était pas étrange au début ?
-J'ai toujours eu confiance en Liam, je savais qu'il ne lui ferait aucun mal. Et, de cette manière, j'étais certain que même si je n'étais pas toujours présent pour veiller sur Louis, Liam était prêt à s'en occuper.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé dernièrement ? Interrogea le brun, son souffle caressant la joue du garçon. Ils semblaient perdus…
-Liam étudie pour devenir professeur de mathématiques, et il a été envoyé dans votre classe pour effectuer son stage, expliqua le pakistanais, ses doigts jouant tendrement avec les boucles de son interlocuteur. Au début, même si Louis était perturbé par la nouvelle, tout s'est bien déroulé. Ce n'est pas une nouveauté pour eux de se cacher.
-Attends, il dissimule leur histoire ? S'exclama le benjamin, ébahi.
-Mon père n'est pas la personne la plus tolérante du monde, qui sait quelles mesures il aurait prise s'il avait été mis au courant…
-Mais, comment ça fonctionne, alors ?
-Liam ne peut pas passer à la nuit chez nous, se serait trop évident. Et quand Louis dort chez lui, soit il se débrouille pour rentrer avant que mon père ne remarque son absence, soit je prétends l'avoir conduit chez Niall ou chez une nouvelle conquête.
-C'est complètement dingue…
-Ce n'est pas tous les jours facile, c'est évident.
-Et donc ? Qu'est-ce qu'il s'est passé quand Liam est devenu notre stagiaire ?
-Justement, on l'ignore, reprit Zayn. Soudainement, alors qu'il venait de se réconcilier avec Liam, Louis a débarqué chez lui et a mis fin à leur couple. Sans donner d'explications. Pendant des jours, il a été détruit, il pleurait sans cesse, il passait des heures dans son lit, coupé du reste du monde. Pareil pour Liam, il était une véritable épave. Mais, de nouveau, Lou a surpris tout le monde en mettant brusquement fin à leurs douleurs en ressautant dans les bras de son prince charmant. Je crois que quelqu'un le fait chanter, je pense que c'est la raison de son éloignement.
-Qui ? Tu as une idée ? Et, pourquoi ?
-La seule réponse logique, c'est mon père. Mais, j'ai peur d'extrapoler. Quoi qu'il en soit, Louis ne veut rien me dire, peut-être qu'il finira par en parler à Liam, il ne peut rien lui refuser. Mais c'est vrai, ils sont incroyablement mignons ensemble. Ils passent leur temps dans les bras l'un de l'autre, ils ont un véritable besoin d'être en contact physique constant…
-Et, ils font ça, aussi, interrompit doucement Harry.
S'appuyant sur un coude, il se redressa quelque peu, sa tête planant au-dessus de celle du métis, ses orbes jades créant un ballet incessant entre ses prunelles et ses lèvres pleines, rosées. Ses mains caressant tendrement les joues du benjamin avant de s'emmêler dans ses boucles folles, Zayn attira l'adolescent vers lui, ses lèvres rencontrant finalement celles du garçon. Soupirant d'aise, la main libre du lycéen trouva la nuque de l'artiste, la massant doucement alors que ses lippes poursuivaient leur danse langoureuse avec le pakistanais. Lentement, la langue de l'étudiant vint chatouiller la lèvre inférieur du bouclé qui lui accorda joyeusement l'entrée, se délectant de l'habilité du jeune homme alors qu'il gémissait tendrement contre sa bouche.
Lorsque le besoin d'oxygène devint trop important pour être ignoré, ils se séparèrent, haletants. Les doigts de Zayn ne quittèrent pas le visage du benjamin, agiles et délicats, rassurants et plein de promesses.
-Harry, je tiens à toi. Je tiens énormément à toi, et je serai plus que ravi de m'engager dans cette voie avec toi, mais je dois m'assurer que tu es conscient de ce qu'on va traverser. Toutes les difficultés qu'on subit Lou et Liam ne nous louperont pas. Ta sœur va être contrariée et on va devoir être discrets, se cacher de mon père.
La silhouette du bouclé se crispa visiblement à la mention de Monsieur Malik, et il répondit au regard scrutateur du métis par un vague haussement d'épaules.
-Ce n'est pas comme s'il m'appréciait, de toute façon, répliqua-t-il au souvenir de la manière dont il avait été chassé de la maison. Mais ça n'a aucune importance. Gemma ne veut que mon bonheur, elle s'inquiète mais elle finira par comprendre à quel point tu es génial. Et on n'a pas besoin de ta maison, ici on est à l'abri des regards. Ca suffit amplement.
-Tu en es certain, s'enquit une dernière fois l'étudiant, ses yeux profonds et graves.
-Absolument convaincu, chuchota l'adolescent avant de lier une nouvelle fois leurs lèvres.
Un sourire immuable illuminant ses traits alors qu'il rejoignait le perron de sa maison, Louis rejouait en boucle dans sa tête la journée qu'il avait passé avec Liam, un bonheur indescriptible l'emplissant aux souvenirs de la tendresse des retrouvailles avec son amant. Alors qu'il ouvrait la porte d'entrée, la sonnerie stridente de son portable retentit et il extirpa l'appareil de sa poche, le fixant entre son épaule et son oreille.
-Allô ?
-Coucou, mon ange, résonna aussitôt la voix de l'homme possédant son cœur. Bien rentré ?
-A l'instant oui, répondit-il gaiement.
-Des nouvelles de Zayn ?
-Oui, Niall vient de m'envoyer un message. Il est chez Harry, il va probablement passer la nuit là-bas.
-Tant mieux, il a besoin de se changer les idées.
Entrouvrant les lèvres pour acquiescer, le mécheux se figea néanmoins dans son élan lorsque la silhouette élancé de son beau-père apparut dans l'encadrement de la porte de la cuisine. Oubliant sa conversation en cours sous son regard soupçonneux, il se raidit à son interrogatoire.
-Tu as découché. Où étais-tu ? Tonna la voix glaciale.
-Euh… J'ai passé la soirée avec des amis, mentit difficilement l'adolescent, se décalant sur ses pieds.
-Qui ? Je veux des noms.
-Eh bien…
-Vite, Louis, ne me force pas à en tirer des conclusions négatives, répliqua-t-il, menaçant.
Percevant les interrogations perplexes de Liam de l'autre côté de la ligne, le brun chercha vainement une réponse convaincante.
-Je t'ai interdit de le revoir, Louis, poursuivit-il sombrement.
-Non, non, ce n'est pas ce que tu crois ! J'ai retrouvé Niall et on a passé une partie de la soirée dans un bar. Une fois qu'il est parti, j'ai fait la connaissance d'une fille… Charlotte, je crois. Quoi qu'il en soit, j'avais une bonne quantité d'alcool dans le sang et tout ce dont je me souviens c'est de m'être réveillé chez elle ce matin, inventa-t-il prestement, le souffle court.
Examinant longuement les traits du jeune homme, à la recherche de toute trace de mensonge, Monsieur Malik baissa finalement les armes. Tournant les talons, il adressa une dernière remarque au lycéen.
-Sache qu'il ne sera jamais dans ton intérêt de me mentir, Louis. Si je découvre quoi que ce soit, ça ne se terminera pas bien.
Poussant un soupir de soulagement une fois que l'homme fut hors de vue, le mécheux gravit les escaliers deux à deux, se précipitant dans sa chambre, verrouillant la porte derrière lui.
-Mon cœur, qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta la voix de Liam, au creux de son oreille.
Merde, l'appel en cours. Il avait mentionné toutes ces choses devant son petit-ami…
-Rien, ne t'inquiète pas ! Rassura-t-il aussitôt, maudissant les tremblements de son ton.
-Avec qui est-ce que tu parlais ?
-Le père de Zayn, avoua-t-il à contrecœur.
-Et pourquoi inventer une telle hist… Bon sang, s'interrompit-il soudainement, les engrenages se mettant en route dans son esprit. C'est lui ! C'est lui le coupable, le maître chanteur, c'est lui ! Evidemment, comment ai-je pu être aussi aveugle ?!
-Liam, mon amour, calme-toi ! Tout va bien d'accord ? Intervint aussitôt le benjamin, espérant apaiser la colère de son amant.
-Me calmer ? Tu plaisantes ? Ce connard t'empêche de vivre la vie que tu désires, comment veux-tu que j'accepte ça ? Donne-moi deux minutes, j'arrive et je lui dis ma façon de penser !
-Non, Liam ! Surtout pas ! Pourquoi tu crois que j'ai refusé que tu me raccompagnes jusqu'ici ? Il ne veut pas nous voir ensemble, on doit simplement être discrets. Tant qu'il ne se doute de rien, tout ira bien !
-Tu ne peux pas honnêtement espérer que je reste ici à rien faire, souligna le châtain, clairement agité.
-Si, c'est exactement ce que j'espère ! Je sais que la situation est loin d'être idéale, mais on trouvera une solution. Je te le promets, mon cœur, on trouvera une solution. Mais agir sous la colère n'arrangera rien, d'accord ?
Après une série de jurons et de malédictions, l'étudiant soupira, un froncement de sourcils dans la voix.
-Tu ne peux pas imaginer à quel point je le méprise…
-Si, crois-moi. Je peux.
Le lendemain matin, les rayons lumineux du soleil éclairant la cuisine de la demeure d'un halo jaunâtre, Gemma entra dans la pièce en sautillant, un sourire radieux aux lèvres.
-Salut, frangin ! Lança-t-elle joyeusement, lui déposant un baiser sur la joue.
-Qu'est-ce qui nous vaut cette bonne humeur ? S'enquit-il joyeusement, adorant le bonheur irradiant de sa sœur.
-Oh, tu sais… Esquiva-t-elle d'un vague signe de main.
-Hum, je suppose que Niall a passé la nuit ici, alors ? Devina-t-il, malicieux.
Dissimulant ses rougissements en se penchant dans une armoire afin d'en extraire des assiettes pour le petit-déjeuner, elle poursuivit :
-Chut, d'ailleurs ! Il dort encore. Et Zayn ?
-Il est dans la douche, il ne devrait pas tarder à descendre. Ça te dérange si je monte m'habiller maintenant ?
-Non, vas-y. Je m'occupe du repas.
Lui adressant un sourire reconnaissant, le bouclé disparut dans la cage d'escaliers. Laissée seule dans la cuisine, la brune rejoua la conversation de la veille entretenue avec le blond. Un détail la chatouillait, la perturbant d'une façon mesquine indétectable. Elle ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui la tracassait.
Extirpant une poêle de sous l'évier, elle la posa sur la plaque de cuisson, sortant des œufs du réfrigérateur. Et, à cet instant, les pièces se mirent en place.
Abandonnant ses préparations, la jeune fille se précipita à l'étage. Se dirigeant au pas de course vers la chambre de son frère, elle accorda une faible seconde d'attention vers la salle-de-bain où le bruit caractéristique du sèche-cheveux lui assura que ses paroles seraient dissimulées des oreilles indiscrètes.
-Harry, annonça-t-elle avec excitation, ouvrant la porte de sa chambre à la volée, j'ai trouvé une solution pour envoyer Monsieur Malik derrière les barreaux !
Ses rebondissements fiévreux s'interrompirent brutalement lorsque ses prunelles jades rencontrèrent un regard sombre, pas encore familier. Un souffle court haleta, lâchant un juron. Une expression horrifiée sur le visage, elle observa la scène se déroulant sous ses yeux. Son petit frère installé sur les genoux du métis habillé d'une simple serviette autour des hanches.
Une faible agitation lui parvint de la salle-de-bain et elle remarqua, horrifiée, la tête blonde qui en sortit, inconsciente du drame se déroulant dans la demeure. Alors qu'elle redirigeait son attention vers la chambre de son petit-frère, la seule chose semblant attirer son regard étaient les traits ombragés du métis.
