Adressant un sourire reconnaissant à sa sœur, Harry quitta la cuisine, gravissant rapidement les escaliers afin de la laisser préparer le petit-déjeuner. Ouvrant la porte de sa chambre, il se jeta sur le lit, souriant au métis lorsqu'il apparut quelques secondes plus tard, fraichement douché.

-Regardez-moi ça, commença le bouclé, un sourire joueur aux lèvres en s'approchant de son petit-ami. Une serviette autour des hanches, les cheveux mouillés et des gouttes d'eau tombant sur ton torse… Est-ce que vous essayeriez de me séduire, Monsieur Malik ? Interrogea-t-il, malicieux.

-Je pensais que cette étape était dernière nous, pourtant, répondit-il, taquin, entrainant l'adolescent sur ses genoux alors qu'il prenait place sur le matelas.

Un rire complice quittant sa gorge, les mains du lycéen trouvèrent immédiatement la taille du mécheux alors que leurs langues entamèrent un ballet endiablé.

-J'adore être ici, avec toi, chuchota l'artiste contre ses lippes rosées, ses dents mordillant la chair tendre.

-Ne me laisse même pas commencer sur tout ce que j'adore chez toi, on en a pour des jours, riposta le brun, gémissant sous la douce torture.

Soudainement, mettant un terme prémédité à leur étreinte, la porte de la pièce s'ouvrit à la volée et la voix stridente de Gemma résonna avant même qu'elle ait passé le seuil.

-Harry, j'ai trouvé une solution pour envoyer Monsieur Malik derrière les barreaux !

En un claquement de doigt, l'atmosphère romanesque de la salle s'estompa. En un clignement de cils, la douceur de ce début de matinée se transforma en brutalité féroce. En une seconde maudite, les quelques instants de bonheur qu'étaient parvenus à construire les deux amants disparurent.

Poussant un soupir incrédule, le bouclé lâcha un juron étouffé. Simultanément, la jeune femme réalisa l'erreur qu'elle venait de commettre, ses yeux s'élargissant de surprise, une expression horrifiée traversant ses traits. Pour compléter le tableau, la porte de la salle-de-bain s'ouvrit soudainement, ses grincements se répercutant dans le silence accablé de la demeure alors que Niall apparaissait au côté de Gemma. La seule chose qui, cependant, sembla attirer les regards au milieu de ce tourbillon d'émotions, fut le visage ombragé du métis.

Durant de longues secondes, tous s'immobilisèrent dans la maison, tentant de comprendre ce qu'il se passait. Se couvrant la bouche d'une main agitée de tremblements, la brune laissa échapper un souffle haletant. Aussitôt, les bras du blond trouvèrent sa taille, l'enlaçant fortement avant d'interroger les deux jeunes hommes du regard.

-Mais qu'est-ce qu'il se passe, ici ?

Ignorant la question, le bouclé encadra de ses doigts les traits figés de son petit-ami, caressant affectueusement ses pommettes, espérant récolter une réaction, quelle qu'elle soit.

-Zayn ? Est-ce que tu m'entends ? Zayn, s'il te plait, chuchota-t-il, sa voix brisée d'inquiétude.

Lentement, les pupilles sombres de l'étudiant semblèrent reprendre vie et examinèrent le visage de l'adolescent, répertoriant chaque centimètre carré de peau avant de se concentrer sur ses yeux couleur jade, y cherchant des réponses aux questions dont il ignorait l'existence.

Entrouvrant les lèvres, le métis essaya d'articuler un son, mais seul le silence résonna entre les murs.

-C'est bien, mon cœur. Tout va bien se passer, je te le promets, encouragea le bouclé, son cœur battant la chamade dans sa poitrine. Parle-moi, Zayn. Parle-moi, s'il te plait !

Balbutiant plusieurs syllabes incompréhensibles, le métis finit par fixer ses prunelles sur la seule femme de la maison, murmurant difficilement une sentence froide.

-Va-t'en… Sors.

-Gemma, tu sors, répéta immédiatement le petit-frère de la concerné, sa concentration toujours dirigée sur son copain.

-Mais non, je…

-Tu sors de cette pièce, interrompit-il fermement. Tu as pris suffisamment de mauvaises décisions pour la journée, dégage !

Perplexe quant au déroulement des évènements, Niall comprit cependant rapidement aux expressions grave des deux amants que la situation était loin d'être idéal et emmena une Gemma agitée et tremblante vers la cuisine.

Lorsque la silhouette de la jeune femme eut disparut, la respiration du métis sembla s'apaiser quelque peu. Descendant du matelas, Harry l'allongea sur le lit, murmurant des paroles réconfortantes, ses mains serrées entre les siennes.

A nouveau, les lèvres du métis entamèrent une lutte infernale, tentant d'interpeler le bouclé, qui déchiffra rapidement les chuchotements étouffés.

-Louis ? Tu veux Louis ? S'enquit-il, l'artiste acquiesçant prestement. Je vais l'appeler tout de suite, d'accord ? Louis et Liam, ils seront ici aussi vite que possible. En attendant, je vais te chercher un verre d'eau, ça te fera du bien. Tu ne bouges pas, surtout. Je reviens tout de suite, mon ange.

Abandonnant un tendre baiser sur le front du garçon, Harry disparut dans la cage d'escaliers. Pénétrant quelques secondes plus tard dans la cuisine, il s'empara d'un verre dans une armoire, accordant un bref regard à sa sœur affalée sur un tabouret, son visage entre ses mains posées sur le bar.

-Il est trop tard pour se morfondre, ronchonna-t-il méchamment. Le mal est fait, maintenant.

-Je suis désolée, Haz, je te promets que ce n'était pas volontaire, s'excusa-t-elle aussitôt. Je n'aurais jamais souhaité que ça se passe de cette façon.

-Comment va-t-il ? S'enquit Niall, mettant un terme à la dispute rodant dans les parages.

-Je crois qu'il nous fait une espèce de crise d'angoisse, mais ça devrait aller. Par contre, il veut voir Louis, tu pourrais l'appeler ? Et Liam, aussi, je ne sais pas comment la suite va se dérouler mais ça risque d'être difficile, répondit-il en remplissant le récipient d'eau.

-Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il se passe ? S'impatienta le blond, attrapant son téléphone portable.

-Demande à Gemma, elle est douée pour cracher le morceau, répliqua-t-il aigrement en tournant les talons.

Une heure plus tard, la porte de la chambre du bouclé s'ouvrit lentement, grinçant faiblement, attirant l'attention des deux garçons blottis sur le lit, enfouis dans les bras l'un de l'autre, espérant échapper à la réalité destructrice du monde extérieur.

-Bon sang, Zayn, souffla Louis, lâchant aussitôt la main de Liam afin de grimper sur le matelas, prenant la place que le brun venait de quitter.

-Bonjour, Harry, salua gentiment le châtain, lui souriant doucement avant de lui serrer brièvement l'épaule en un geste de soutien, repérant instantanément la tristesse et la gravité ancrées dans ses traits.

-Merci d'être venu, répondit-il sincèrement. Je m'inquiète pour lui.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'informa Louis, s'étant redressé, désormais adossé à la tête de lit, Zayn installé à ses côtés.

-Je crois qu'il est temps qu'on ait une discussion tous ensembles… Murmura l'adolescent, ses prunelles volant vers celles de son amant. Zayn, pour cela, je vais devoir aller chercher Gemma. Tu crois que ça va aller ?

Le métis hésita une seconde, son regard dérivant vers les autres occupants de la pièce avant d'ouvrir la bouche, les jugeant digne de confiance.

-Peu importe ce qu'elle pense de moi et ma famille, tu resteras auprès de moi ? S'enquit-il prudemment, une vulnérabilité déchirante dans la voix.

-Evidemment, son avis n'a aucune importance !

-Harry, c'est ta sœur. D'une façon ou d'une autre, elle influencera ton jugement…

-Toute ma vie on a décidé à ma place. On m'a baladé aux quatre coins du pays, on m'a changé de familles sans cesse, je devais constamment faire mes adieux aux peu de repères que j'avais bâti, alors c'est fini. Plus personne ne m'imposera quoique ce soit désormais.

-Tu me le promets ?

-Je te le promets.

-D'accord, allons chercher Gemma.

Se redressant, les quatre jeunes hommes quittèrent la pièce, descendant les escaliers afin de se rendre dans le salon où Niall tentait en vain de rassurer une Gemma plus qu'anxieuse. Un air méfiant dans les yeux, Zayn pris place en face d'elle, entouré de son petit-frère et de son petit-ami, Liam s'appuyant contre le dossier du fauteuil, sa main entourant la base de son cou, jouant avec les mèches de cheveux caressant sa nuque.

Ses pupilles dilatées par l'appréhension, l'artiste inspira profondément, son dos se redressant, sa posture droite et son regard sévère témoignant de sa concentration.

-Je veux savoir ce que vous me cachez.

Ses paupières étroitement fermées, Gemma s'arma de courage, la main de Niall trouvant la sienne avant qu'elle ne fasse de nouveau face à la famille Malik-Tomlinson. Adressant un regard interrogateur à son petit-frère, elle s'assura qu'il était prêt pour que la vérité soit dévoilée avant de commencer.

-Comme certains d'entre vous le savent déjà, Harry et moi avons perdu nos parents il y a une dizaine d'années.

S'accordant quelques secondes de pause, elle observa les expressions déconcertées et abasourdies de Liam et Louis, les doigts du pakistanais s'emmêlant avec ceux du bouclé.

-Pour résumer, nous rentrions d'une journée dans un parc d'attraction. Harry s'est endormi dès que le moteur de la voiture a démarré, mais j'étais beaucoup trop excitée pour cela. Il faisait sombre dehors, les routes étaient désertes. Soudainement, un véhicule est arrivé en sens inverse et nous est rentré dedans. La voiture a dérapé et est partie en tonneaux. Tout ce que je pouvais percevoir était les cris de mes parents jusqu'à ce que nous atterrissions sur le capot de la voiture et que leurs hurlements s'arrêtent brusquement. Là, je n'entendais que des pleurs. Il m'a fallu un certain temps pour réaliser que j'en étais la source. Une autre voiture est arrivée peu de temps après et le conducteur nous a remarqués sur le bas-côté de la route. Il a aussitôt appelé la police et des ambulances. Les urgentistes l'avait prévenu de ne surtout pas essayer de nous bouger tant qu'il n'y avait pas eu d'estimation des dégâts, alors il est resté à nos côtés et s'est contenté de nous rassurer, de nous promettre que tout allait bien se passer. En quelques minutes à peine, des urgentistes sont arrivés sur les lieux, et nous avons rapidement été extirpés des débris.

Ce ne fut qu'en sentant une goutte tomber sur ses mains que la demoiselle remarqua qu'elle avait commencé à pleurer. Elle avait raconté cette histoire tellement de fois auparavant… Mais expliquer les circonstances de la mort de ses parents devant le fils de leur assassin, c'était une toute nouvelle expérience. Ne supportant pas de voir les larmes emplir les yeux des auditeurs attentifs, elle adressa un vague signe de la tête à son frère qui comprit le message et poursuivit le récit.

-Ils nous ont escortés jusqu'à une ambulance et nous ont ordonné d'y attendre que nos parents soient dégagés. Seulement, quand ils sont revenus, la seule chose les accompagnant étaient deux brancards couverts de housses noires. Nous avons été évacués vers l'hôpital et après quelques examens médicaux, nous avons enchainés les interrogatoires avec la police. Je n'ai pas vu le coupable, mais en ce qui concerne Gemma…

S'interrompant, il leva les yeux vers sa sœur qui souffla lourdement, évacuant la pression avant de poursuivre d'une voix vacillante, entrecoupée de sanglots.

-Avant l'impact, nous chantions tous ensemble une chanson qui passait à la radio. C'était un vieux morceau des Spice Girls que maman adorait dans sa jeunesse et qu'évidemment, tout le monde connaissait. On riait, on chantait, on se moquait de la voix de papa et dès qu'il a vu le conducteur en sens inverse, il s'est calmé et s'est assuré de rester sur sa droite. Il faisait très sombre et les routes étaient légèrement glissantes. Dans la lueur des phares, on a aperçu son visage de loin et maman a plaisanté en disant que c'était un très bel homme, et que lui, contrairement à mon père, devait surement chanter convenablement. Elle avait raison, c'était un très bel homme. Jusqu'à ce qu'il tue mes parents et prenne les traits d'un monstre. Après l'accident, il a remis son véhicule en route et il a disparu dans l'obscurité. Il s'est enfui, sans se préoccuper des vies qu'il avait enlevées.

-Un policier qui s'occupait de l'affaire avait récolté toutes les informations et nous avait promis que tout rentrerait dans l'ordre, continua le bouclé. Seulement, dès le lendemain il a été muté dans une autre ville. L'affaire a été classée sans suite et le portrait-robot n'a jamais été créé ni diffusé.

-Oh bon sang, murmura sourdement Liam, essuyant du revers de la main ses joues humides. Quel âge aviez-vous ? Comment vous en êtes-vous sortis après une telle épreuve ?

-Nous avons séjourné pendant quelques jours dans un foyer d'accueil avant d'être séparés dans des maisons d'accueil. Je n'ai connu que deux familles mais Harry ne cessait de bouger. Dès que j'ai atteint ma majorité, j'ai fait le nécessaire pour récupérer sa garde. Ca a demandé plusieurs années, mais au final, grâce aux économies de nos parents, nous avons pu nous installer ici.

-Je comprends que ce soit très difficile à gérer, et je suis réellement désolé pour votre perte, mais quel est le rapport avec Zayn ? Interrogea Louis, ses yeux bleus perplexes.

Se tournant vers le métis, Harry resserra son emprise sur sa main, entremêlant leurs doigts.

-Tu te souviens de la soirée que j'ai passée chez toi ? Le soir de la tempête ? Le lendemain matin, quand tes parents sont rentrés, ton père s'est énervé en m'apercevant. Il t'a ordonné de me faire sortir immédiatement de la maison, et on en ignorait la raison. Nous pensons que c'est parce qu'il m'avait reconnu.

-Reconnu d'où ? Demanda-t-il, les engrenages commençant à se tourner dans son esprit. Tu ne penses tout de même pas que…

L'adolescent se contenta d'acquiescer silencieusement, les traits graves et désolés.

-Mais, comment c'est possible ? Même en admettant qu'il est coupable, l'accident a du se dérouler tellement rapidement… Comment aurait-il pu vous voir ?

-La semaine suivant l'accident, nos photos et nos noms étaient partout, expliqua Gemma. C'était un fait divers formidable, les pauvres petits enfants devenus orphelins par un accident de la route. Parce que c'est ce qu'en ont conclu les journalistes. Ils ont fait croire que la voiture avait dérapé seule, dû au mauvais état de la route. Sachant qu'il était responsable, ton père a surement suivit les informations.

-Attends une seconde, interrompit Niall. Il y a quelques jours, quand tu es venu nous chercher Louis et moi pour aller à l'hôpital, tu étais dans un état second. On ne te reconnaissait plus…

-Et le père de Zayn était là, compléta le mécheux, il m'a interpellé et m'a demandé de ne pas rentrer trop tard.

-Ca m'a prise complètement par surprise, je ne m'attendais pas à le revoir. Surtout pas ici, dans ce petit coin de Paradis où on allait pouvoir recommencer une vie loin de ce cauchemar.

-Non, si mon père avait réellement causé un accident, il se serait au moins assuré qu'il n'y ait pas de blessés ! Intervint brutalement Zayn, évitant de sauter aux conclusions.

-Pas s'il avait de l'alcool dans le sang… Lança la brune.

-Quoi ?

-Comment expliquer l'impact, sinon ?

-Mais, tu as dit que l'état de la route n'était pas bon ! S'exclama le pakistanais, l'angoisse s'infiltrant dans ses veines.

-Il roulait beaucoup trop vite, Zayn, raisonna la demoiselle. Rien que cela suffirait à le condamner.

-Ca n'explique pas pour autant la mutation de l'agent, souligna méthodiquement le blond.

-Bien sûr que si, Monsieur Malik est le chef de la Police. Il a énormément de pouvoir sur son personnel. Quelques coups de téléphone et le tour était joué, déduit Liam, incrédule quant aux révélations apportées par la conversation.

-C'est impossible… Murmura Zayn, se prenant la tête entre les mains, ses doigts massant fermement ses tempes.

-Pourquoi tu essaies autant de le défendre ? S'enquit le châtain, avide de compréhension.

-Je sais qu'il s'agit de ton père mais il est temps de reconnaître qu'il ne s'agit pas de quelqu'un de bien, encouragea le mécheux, ses prunelles sondant celles tourmentées de son demi-frère.

-Parce que je ne peux pas vivre avec la culpabilité d'être le fils de l'assassin des parents de mon petit-ami ! Explosa l'artiste, sa colère et sa douleur résonnant entre les murs de la pièce.

-Zayn, mon cœur, intervint aussitôt Harry, ses mains rejoignant les joues du métis. Personne ne t'en tient responsable, tu m'entends ? Rien de tout cela n'est ta faute.

-Il fait des choses horribles, c'est comme ça, apaisa Louis, sa voix douce familière semblant adoucir la nervosité de l'étudiant. Tu veux un autre exemple ? Il m'empêche de sortir avec l'homme que j'aime. Il se fiche de mes sentiments, il ne pense qu'à sa réputation. Et c'est certainement ce qu'il s'est passé pour l'accident.

-C'était lui, le maître chanteur ?

-Il nous a surpris en train de nous embrasser un soir. Tu nous avais prévenus, il fallait qu'on reste prudent, mais on s'est laissé emporter… Quoiqu'il en soit, on s'est fait surprendre. Un peu plus tard dans la soirée, il m'a appelé dans son bureau. Et là, il a commencé à m'insulter. Pédé, tapette, gouine… Tout y est passé. Il n'arrêtait pas de répéter que c'était un véritable affront à l'honneur de la famille et que je devais payer. Il m'a ordonné d'arrêter de voir Liam, et il lui a interdit l'accès à la maison.

-Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ? Et pourquoi as-tu obéi ? Ca faisait des mois que vous vous voyiez en cachette, ça ne changeait pas grand-chose.

-Pour s'assurer que je suive les ordres, il a menacé d'arrêter de payer tes études si je revoyais Liam. Et si je te mettais au courant, il appelait le lycée et les prévenait des relations qu'entretenaient un élève et un stagiaire. Tu imagines le scénario…

-Et c'était quoi le super plan pour le mettre derrière les barreaux ? S'enquit-il ironiquement, son animosité envers la jeune femme toujours présente.

-Je pensais pouvoir me servir du fait qu'il ait levé la main sur toi pour approcher un avocat, et ensuite le mener sur la piste de l'accident.

-Tu aurais très bien pu faire appel à un avocat avant de savoir qu'il m'avait frappé.

-C'est vrai, mais je n'ai aucune preuve. Après avoir appris cela, j'espérais que tu accepterais de témoigner en notre faveur. J'espérais que tu serais enthousiaste à l'idée de l'éloigner de ta famille.

-Je ne peux pas le laisser se faire enfermer !

-Zayn, tenta d'argumenter le châtain avant de se faire couper dans son élan.

-Il fait ça pour moi n'est-ce pas ? Intervint Louis, ayant soudainement assemblé les pièces du puzzle.

-S'il est en prison, il ne vous sera plus d'aucune utilité ! Appuya le pakistanais.

-Est-ce qu'on pourrait savoir ce qu'il se passe ? Interrogea le blond, se sentant une nouvelle fois en territoire inconnu.

-Si ma maman a épousé Monsieur Malik, s'est en grande partie pour ses revenus importants, confessa le mécheux, évitant le regard de ses amis. Après le divorce de mes parents, nous nous sommes retrouvés sans rien, a un doigt de finir dans la rue. Monsieur Malik a tenté de séduire ma mère, et elle a sauté sur l'occasion. Ca semblait être la seule solution envisageable.

-Donc, si on l'envoie en cellule, continua l'artiste, une partie des revenus sera coupée.

-Lorsqu'un membre actif d'une famille est en prison, une somme d'argent est attribué à la famille, informa Gemma.

-Pas assez pour vivre confortablement, cependant.

-Peu importe, je refuse que cela t'empêche de punir ton père pour tout ce qu'il t'a fait subir, reprit Louis. Zayn, tu n'es pas seul, tu m'entends ? Moi, Liam, Niall, Harry… On répondra constamment présent. On déménagera dans une maison plus modeste avec maman. Elle t'aime tellement, tu es comme un fils pour elle.

Poussant un profond soupir empli de tension, le métis dirigea son attention vers l'adolescent installé à ses côtés.

-Qu'est-ce que je dois faire ? Implora-t-il sombrement.

-Je veux simplement que tu sois heureux, le reste m'importe peu, répondit Harry, ses prunelles brillantes de sincérité.

-Laissez-moi un peu de temps, d'accord ? Lança-t-il à l'assemblée. Avant de faire quoique ce soit, j'ai besoin de réfléchir.

Apposant un baiser tendre sur la joue du bouclé, il se redressa, disparaissant par la porte d'entrée.

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant, interrogea Niall au travers du silence tendu.

-On attend ! Répondit aussitôt Harry, le regard dur et protecteur.

-Hors de question, on appelle un avocat et on lui explique la situation ! Répliqua Gemma, se redressant.

-J'ai dit qu'on attendait ! Répéta le bouclé, sa voix s'élevant d'une octave. Il a besoin de temps, on va le lui accorder !

-Tu en es certain ?

-J'ai confiance en lui, répondit-il avec conviction.

-Tu as conscience du nombre de choses horribles qu'à faites son père ?

-J'ai confiance en lui.

-Très bien… Dans ce cas, on attend.