Adossé au mur de briques rouges entourant l'arrière de la maison, Harry inspira profondément. La sensation de l'oxygène glissant dans sa trachée et emplissant ses poumons parvint à apaiser une partie de sa nervosité, le tempo endiablé de son cœur s'estompant quelque peu avant qu'il expire tout aussi fortement.

Comment en étaient-ils arrivés là ? Dans quel genre de monde les gens perdaient-ils leurs parents pour ensuite s'attacher aux enfants de leur assassin ? La situation était absurde, le bouclé en avait parfaitement conscience, pourtant, à choisir, il n'en aurait pas modifié le moindre élément. Il s'était fait la promesse de prouver au métis et à lui-même que l'amour était possible, qu'après un tel enchainement de malheurs et d'accidents, eux aussi avaient droit au bonheur.

Ses pensées s'envolèrent et vagabondèrent vers un monde où leurs familles étaient bel et bien complètes. Un sourire triste aux lèvres, il imaginait la réaction de ses parents lorsqu'il leur aurait présenté Zayn. L'accueil chaleureux de sa maman, la poignée de main ferme mais amicale de son papa. Dans cet univers parallèle, Gemma aurait adoré le garçon, sans aucun doute. Jamais elle n'aurait pu redouter qu'il cache un côté sombre semblable à celui de son géniteur.

Il inventait différents scénarios pour sa rencontre avec Madame Malik, sa beauté naturelle et son rire cristallin alors qu'elle racontait des anecdotes sur l'enfance de son fils. Elle se serait parfaitement intégrée dans le camp Styles.

Clignant des paupières, il revint dans le monde réel et constata, interloqué, que le pincement douloureux qu'il s'était préparé à ressentir était absent. Certes, la douleur enfouie de la disparition de ses parents était toujours là, mais il réalisa que tant qu'il avait l'artiste à ses côtés, il serait capable de combattre ce manque et de tomber amoureux de leur avenir. Ensemble.

Harry, Zayn, Louis, Liam, Niall, Gemma… Ils formaient une équipe désormais.

A quelques mètres de là, la porte menant au jardin s'ouvrit et le mécheux apparut sur le seuil, lui adressant un sourire fragile avant de le rejoindre, prenant place à sa droite. Ils restèrent silencieux un long moment, perdus dans leurs pensées et tâtant le terrain avant que le nouvel arrivant entrouvre les lèvres, brisant la quiétude du jardin.

-Je suis désolé, pour tes parents… Murmura-t-il maladroitement, la semelle de sa chaussure plongeant dans la terre.

-Je suis désolé de vous imposer tout cela, répondit le bouclé, un air quelque peu coupable sur le visage.

-Tu sais, tout le monde parle de Zayn à l'intérieur, mais je réalise que c'est sans doute pour toi et ta sœur que la situation est la plus compliquée.

-Est-ce que… Commença le brun, hésitant, avant d'abandonner ses doutes et de poursuivre. Est-ce que c'est mal qu'il soit la seule chose qui m'inquiète en ce moment ? Je viens de découvrir que c'est son père qui a tué mes parents, et pourtant… Je suis incapable de lui en vouloir. Gemma est bouleversée et furieuse, mais la seule chose sur laquelle je parviens à me concentrer est son bien-être.

Louis étouffa un rire, se décalant contre le mur, ses yeux délaissant le point qu'il fixait droit devant lui afin de trouver ceux de son ami.

-Je pense que c'est loin d'être anormal, étant donné les circonstances. Tes parents sont décédés il y a plus de dix ans, tu as appris à l'accepter et à admettre qu'il n'y a rien que tu puisses faire pour changer cela. Et tu connaissais Zayn bien avant de découvrir la vérité, tu savais que c'était quelqu'un de bien et que tu pouvais lui faire confiance. Gemma, par contre, a dû faire face simultanément à votre relation et à la révélation. Ça ne doit pas être facile pour elle.

-Je m'excuse pour ses réactions excessives, elle n'est pas du tout aussi désagréable d'habitude. Une fois qu'elle aura appris à le connaître, elle l'adorera.

-Ne t'inquiète pas pour ça, c'est tout à fait logique, rassura gentiment le jeune homme. Elle a vu ses parents mourir devant ses yeux. Elle était consciente durant l'accident, c'est une image dont elle est incapable de se débarrasser. Tu es tout ce qui lui reste, elle veut te protéger. Et, malgré le fait qu'elle le déteste probablement pour l'instant, elle va finir par comprendre qu'il ne ressemble en rien à son père.

-En attendant, je hais l'idée de lui imposer cette pression supplémentaire. Je veux qu'il puisse venir ici quand il en a besoin, que ça lui serve de refuge, de défouloir. Mais avec Gemma dans les parages… Souffla-t-il, las.

-Malgré cette situation, je suis vraiment heureux que mon frère ait trouvé quelqu'un comme toi, avoua Louis, de la reconnaissance dans le regard. Il mérite le meilleur et je suis persuadé que tu peux le lui apporter.

-Je voudrais le rendre heureux, confessa timidement le bouclé, les joues rosies.

-C'est exactement ce que tu es en train de faire, assura son ami. Allez, on ferait mieux de rentrer, Gemma et Niall ont préparé le petit-déjeuner !

Lui serrant brièvement l'épaule, Louis sourit une dernière fois au bouclé avant de l'entrainer vers la cuisine.

Installé autour de la table à manger, jouant distraitement avec sa fourchette dans sa nourriture laborieusement entamée, Harry laissa son regard vagabonder vers l'horloge murale : 10H15. Cela faisait à peine une heure que le métis avait disparu, et, pourtant, tout ce que désirait le bouclé était revoir son visage souriant lui adresser un clin d'œil complice et ses lèvres roses lui murmurer des paroles rassurantes.

Dans la pièce, les conversations s'enchainaient, bien que maladroites et éphémères, sans importance, leurs tentatives de garder un climat décontracté et serin vaines, mais suffisamment bénéfiques pour leur permettre de se souvenir que malgré le drame se déroulant sous leurs yeux, le monde continuait de tourner.

Lorsque son téléphone vibra brusquement dans la poche de son jeans, l'adolescent sursauta violemment et abandonna définitivement son assiette, s'emparant de l'appareil en une fraction de seconde.

Je suis dehors, tu me rejoins ? Xx

Il n'eut pas besoin de vérifier le nom de l'expéditeur pour deviner qui le contactait. Se redressant, il accorda un coup d'œil à l'assemblé, s'arrêtant sur Louis avant de murmurer un rapide :

-Je sors, continuez sans moi.

-Harry, intervint aussitôt Gemma, ses prunelles sombres d'angoisse le dévisageant prudemment.

-Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, répondit le benjamin, une sincérité et un dévouement sans faille gravés dans ses traits, il a la priorité.

Se détournant, il perçut faiblement le soupir de la jeune femme avant d'enfiler ses chaussures, claquant la porte d'entrée derrière lui.

Il ne put retenir son sourire quand la silhouette du métis apparut devant lui, ses yeux rougis et gonflés témoignant de la dure réalité de leur existence. Sans un mot, l'artiste s'approcha, ses mains calleuses encadrant le visage du lycéen, son pouce caressant tendrement sa joue, avant de l'attirer dans un baiser chaste, affectueux, leurs lèvres se contentant de se caresser, de se découvrir. C'était tout ce dont ils avaient besoin.

S'éloignant, l'étudiant lui tendit la main, son expression hésitante et interrogatrice s'estompant lorsque le bouclé emmêla ses doigts aux siens, ses pas s'alignant avec les siens alors que l'ainé les entrainaient à travers les ruelles calmes de Holmes Chapel.

Ils marchèrent dans un silence reposant, découvrant quelques coins de la ville que le brun n'avait pas encore eu l'occasion de visiter, avant de ralentir en face d'une vieille plaine de jeux déserte aux attractions rouillées. Percevant la confusion de son petit-ami, Zayn ouvrit la grille, entrant dans l'enclos afin de s'installer sur un banc, le bouclé se blottissant à ses côtés.

-Mes parents m'emmenaient jouer ici quand j'étais petit… Souffla-t-il imperceptiblement, l'émotion vibrante dans sa voix. C'était dans un bien meilleur état. Des tas d'enfants courraient ici, ça grouillait de partout. Les parents prenaient place sur les bancs et observaient leurs enfants, tout en faisant connaissance avec d'autres adultes. Ma mère adorait venir. C'était tellement facile pour elle de s'adapter, elle charmait tout le monde en quelques sourires. Mon père aussi, à l'époque, rayonnait constamment. Il était fier de sa famille, de son mode de vie, de sa ville… Ce que je veux dire, c'est que ça n'a pas toujours été un monstre.

-Evidemment, comment aurait-il pu avoir un fils aussi parfait que toi si ça avait été le cas, souligna tendrement le bouclé, enfouissant sa tête dans le creux de l'épaule du jeune homme.

-Je me souviens parfaitement de ces souvenirs, ils sont intacts dans ma mémoire. Mais, en même temps, j'ai l'impression de les avoir regardés de loin plutôt que de les avoir vécus. Je retrouve les images mais pas les sensations. Je perçois les sourires de ma mère, mais je ne devine pas le bonheur que ça engendrait chez moi. Je l'imagine en train de m'enlacer, mais je ne ressens plus aucune émotion. J'ai peur de finir par l'oublier complétement, et ça me déchire… J'ai juste peur de perdre mon père de la même façon que j'ai perdu ma mère. Je sais que ce qu'il a fait est atroce, et tu ne peux pas imaginer à quel point je me sens coupable et désolé, mais…

S'éloignant, Harry encadra de ses doigts fins le visage de son amant, sa main libre trouvant refuge au milieu de celles du métis, mettant un terme aux divagations du garçon.

-Zayn, écoute-moi. J'ai réellement besoin que tu comprennes ce que je vais te dire parce que je crains qu'on ne parvienne jamais à avancer si on ne met pas certaines choses au clair, débuta-t-il. Ce qui est arrivé à mes parents était un accident tragique, mais ça reste un accident. Si ça n'avait pas été ton père, peut-être que quelqu'un d'autre aurait pu nous rentrer dedans. Qui sait ? Et s'ils sont décédés, c'est que le destin en avait décidé. Tu n'imagines pas la colère que je peux ressentir quand je pense à leur disparition, l'angoisse qui m'envahit quand je réalise que je n'entendrai plus jamais le son de leur voix, mais si eux ont péri et pas nous, c'est que le destin l'avait défini. Il était hors de question qu'on abandonne alors qu'on avait encore toute la vie devant nous. Et malgré notre tristesse et les épreuves qu'on a dû traverser, regarde le résultat. Gemma et moi sommes enfin réunis dans une superbe maison dans une ville magnifique, et, plus important encore, nous avons croisé la route de gens incroyables qui nous rendent plus heureux qu'on l'était depuis de nombreuses années.

S'interrompant une seconde afin de placer un baiser sur la joue de l'artiste, le benjamin poursuivit.

-Et maintenant que je t'ai, maintenant que tu fais partie intégrante de ma vie, il est hors de question que notre histoire soit basée sur la culpabilité et le chagrin envers des évènements qui nous échappent. L'accident est terminé, il appartient au passé, je refuse qu'on s'attarde là-dessus. Ce que je veux, c'est une histoire simple, romantique. Je veux qu'on apprenne à s'aimer sans obstacle et sans fantôme qui nous retienne, d'accord ? Et en ce qui concerne ton père, je ne te demande pas de l'envoyer en prison, même si je suis plus ou moins certain que je le déteste. Je t'implore seulement de t'assurer qu'il n'ait plus la possibilité de faire de mal à qui que ce soit. Alors, qu'est-ce que tu en dis ?

Son regard brulant rencontrant celui du lycéen, Zayn lui envoya un sourire éblouissant, capturant ses lèvres entre les siennes avant d'y murmurer :

-J'en dit qu'on va être très heureux ensemble.

Lorsque la porte d'entrée de la demeure des Styles s'ouvrit, révélant les voix harmonieuses de Zayn et Harry, Gemma poussa un soupir de soulagement, se relaxant contre le torse de Niall contre lequel elle était installée, les yeux rivés sur le téléviseur.

-Tu vois, souligna discrètement le blond, taquin, il est revenu sain et sauf.

-Je ne sais pas pourquoi je m'inquiète autant, mais je ne peux m'empêcher d'imaginer les pires scénarios, confessa-t-elle timidement.

-Et qu'est-ce que c'était cette fois ? S' amusa l'Irlandais. Zayn allait l'enlever afin de l'emmener à son père qui allait le torturer pour qu'il accepte de ne pas révéler la vérité ?

Lui tirant vaguement la langue, la demoiselle se décala contre lui, rencontrant son regard bleuté.

-Merci d'être constamment présent et d'estomper ma folie. Je ne sais pas comment j'aurais tenu le coup sans toi.

-Je serai là à chaque fois que tu auras besoin de moi, promit-il doucement, sa main trouvant celle de la jeune femme. Et puis, regarde le côté positif. Maintenant, grâce à moi, tu sais plus ou moins te débrouiller en cuisine ! Et pas la peine de discuter, tout le crédit m'en revient !

Laissant échapper un rire cristallin, l'étudiante apposa une main sur sa bouche, ne voulant pas perturber la quiétude de la maison.

-Tu sais, si je ne craignais pas que quelqu'un rentre et ruine ce moment que je désire absolument parfait, je t'embrasserai bien, confia le blond, toute trace d'humour sur son visage remplacée par une sincérité profonde.

Se détournant, Gemma s'appuya sur son coude, se redressant quelque peu alors que ses lèvres trouvèrent la joue du garçon, appuyant un doux baiser au coin de ses lèvres, s'y attardant tendrement.

-Ce n'est qu'un début, je te le promets, chuchota-t-elle dans son oreille avant de se réinstaller contre son torse, ses bras se resserrant autour de sa silhouette.

Passant le bout de son nez dans la cuisine, Zayn sourit doucement à la silhouette de Liam, enfoncé jusqu'aux coudes dans l'évier de la cuisine des Styles, nettoyant la vaisselle. Le front plissé du jeune homme et ses gestes brusques témoignaient de son inquiétude et le métis fit immédiatement un pas un avant, détestant l'idée d'être la cause de cette angoisse.

-Salut, lança-t-il tranquillement en s'avançant dans la pièce, le brun sursautant légèrement sous la surprise.

-Tu es rentré, souffla l'étudiant, tournant sur ses talons. Je suppose qu'il est inutile de te demander comment tu vas ?

-Si tu pouvais éviter, j'apprécierai, rit affectueusement le pakistanais, ses épaules se relaxant quelque peu.

S'approchant de son meilleur ami, ce dernier attrapa un essuie de vaisselle d'un tiroir ouvert, se mettant à la tâche.

-J'avais besoin de m'occuper, expliqua le châtain en désignant les plats sales d'un signe de tête. Je commence à étouffer ici.

-Harry et moi avons discuté et je crois avoir trouvé une solution pour régler toute cette histoire. Je dois encore réfléchir, mais je pense qu'on va s'en sortir cette fois.

-Comment va Harry ? Pas trop chamboulé ? Interrogea le stagiaire, rajoutant du savon dans l'eau tiède.

-Il a été absolument parfait avec moi, répondit tendrement le métis. Je suis tellement heureux d'être tombé sur quelqu'un comme lui, aussi compréhensif et compatissant.

-C'est un chouette gamin, acquiesça-t-il aussitôt. Lui et Louis ont l'air de s'entendre assez bien.

-Je ne sais pas comment j'aurais tenu le coup sans toi, Lou, Niall et Harry, poursuivit le jeune homme.

-La question ne se pose plus désormais, nous sommes présents et on ne compte pas aller où que ce soit, promit le garçon.

-Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que si je n'avais pas rencontré Harry, on aurait tous pu vivre en paix. Il n'aurait pas eu à revivre cet épisode de sa vie et j'aurais pu éviter de vous inclure dans cette histoire…

-Zayn, écoute-moi bien. Je te promets que tout va bien se terminer. On l'aura tous, notre fin heureuse. On finira tous mariés avec beaucoup d'enfants. Cette histoire, ce n'est qu'une étape menant à la finalité du conte de fées, d'accord ?

Abandonnant son essuie, le métis attira son ami dans ses bras, sa tête se blottissant au creux de son épaule, ses remerciements murmurés contre sa peau.

Lorsque Zayn et Liam finirent par sortir de la cuisine, les bras chargés de plateaux comprenant des snacks et des boissons, ils installèrent les encas sur la table de jardin, les occupants de la maison les rejoignant rapidement. Se servant dans une atmosphère plus détendue que précédemment, ils prirent place sur la terrasse au milieu d'une série de plaisanteries innocentes.

Accaparant la chaise voisine à celle de son petit-ami, Harry s'empara d'une des mains du métis, liant leurs doigts en un geste réconfortant, devinant la raison de cette réunion improvisée. Lançant un regard nerveux à Louis, le pakistanais se détendit grâce à son clin d'œil complice, la main que Liam apposa brièvement sur son épaule achevant de le décontracter.

-J'ai réfléchi à toute cette situation, commença-t-il finalement. Je suis conscient que vous n'agirez pas sans mon consentement et je vous en suis extrêmement reconnaissant. Je comprends également tout le mal que mon père à semer autour de lui, toutes les mauvaises décisions qu'il a prises et tous les coups bas qu'il vous a joués. Je n'oublie pas non plus qu'il a levé la main sur son propre fils. Cependant, j'ai déjà perdu ma mère et je ne voudrais pas perdre mon père. S'il devait croupir en prison, ça le tuerait. Et même s'il le mérite certainement, je ne supporterai pas d'être responsable d'une telle décision.

Levant les yeux, il ancra ses prunelles dans celles brillantes de curiosité et de perplexité de Gemma.

-Je refuse de le condamner à une telle sentence, et si vous ne pouvez pas le comprendre, j'en suis sincèrement désolé. Mon but n'est pas de jouer avec vos nerfs ou quoi que ce soit de la sorte. Je voudrais qu'on parvienne à l'éloigner, à lui ordonner de fuir et de ne jamais revenir dans nos vies, plutôt que de l'enfermer derrière les barreaux. Et je crois qu'on a de bonnes chances d'y parvenir.

-C'est quoi le plan ? Interrogea Niall, la concentration gravée dans ses traits.

-Je pensais demander à un avocat appartenant à un barreau extérieur à celui de la ville de l'interpeller et de lui expliquer les peines qu'il risque pour tout ce qu'il a fait.

-Pourquoi extérieur à la ville ? S'enquit Louis, perplexe.

-Pour que malgré son poste de chef de la police local, il ne puisse intervenir. J'ignore s'il a un quelconque pouvoir sur les puissances juridiques, mais mieux vaut ne pas courir le risque, répondit le métis. Seulement…

-Seulement, il ne peut pas s'agir d'un véritable avocat, compléta Liam.

-Pourquoi pas ? Intervint Harry, confus.

-Un véritable avocat exigerait, premièrement, beaucoup de frais. Et, deuxièmement, demanderait des détails que nous ne voulons pas divulguer. Le but est de l'effrayer, pas de l'envoyer devant un tribunal.

-Aucun avocat n'accepterait de lui proposer de fuir en échange d'une condamnation, expliqua le châtain.

-Alors c'est ce que vous prévoyez ? Le menacer d'une peine de prison s'il refuse de s'éloigner ? Résuma Gemma, le visage fermé. Vous pensez réellement que ça peut marcher ?

-Pourquoi pas ? Défendit aussitôt le bouclé, fusillant sa sœur du regard.

-Parce qu'il n'est pas idiot. Un faux avocat ne fonctionnerait pas, en une seule recherche sur Internet il pourra vérifier si la personne est qualifiée ou pas !

-Attendez, interrompit Niall, s'avançant sur le bord de sa chaise. Vous vous rappelez que je vous ai expliqué que toute la famille de ma mère était présente pour s'occuper d'elle à l'hôpital ? Une de ses sœurs est avocate dans le Nord du Pays. Elle appartient à un barreau différent, elle a un diplôme certifié et, même si on doit lui expliquer toute l'histoire, elle fera ce qu'on lui demande. On peut avoir confiance en elle.

-Hors de question que ta famille soit plus impliquée que nécessaire ! Protesta Zayn. Tu prends suffisamment de risques comme cela !

-Tu as vu la situation dans laquelle on se trouve ? Comment tu veux qu'on s'en sorte sans prendre de risques ? Riposta impétueusement le blond.

Un silence prudent s'installa sur le groupe, chacun méditant sur le déroulement des évènements. Ses prunelles bleutées voyageant d'un visage à l'autre, l'Irlandais laissa échapper un soupir.

-Ecoutez, il est trop tard pour reculer. On ne peut pas le laisser continuer à rythmer nos existences, lança-t-il finalement. Je suis prêt à vous accorder mon aide, alors vous avez intérêt à l'accepter. Peu importe les conséquences, je suis partant.

-Je suis, intercéda Louis, son regard se posant sur son petit-ami. J'en ai marre de cacher qui je suis réellement.

-J'accepte sans aucune hésitation, confirma Liam, embrassant rapidement le front de l'adolescent.

-Evidemment, que j'accepte, lâcha le bouclé. Hors de question qu'il continue à faire du mal aux gens que j'aime.

-Gemma ? Interrogea doucement Zayn.

Plongeant une nouvelle fois son regard dans le sien, il la laissa prendre quelques secondes supplémentaires pour se décider.

-Ta décision est toute aussi importante que la mienne, murmura-t-il.

-Si quoi que ce soit arrive à Harry, tu en seras entièrement responsable, d'accord ?

-D'accord. Mais rien ne lui arrivera, jamais.

-Je t'accorde ma confiance, ne la trahie pas, accepta-t-elle péniblement.

-Dans ce cas, mettons-nous au travail, lança le métis, une étincelle de défi dans les yeux.