Coupant le moteur de la voiture, Jay s'empara de son sac à main et ouvrit sa portière. Posant un pied sur le trottoir, elle se tourna vers Louis et Zayn, verrouillant le véhicule en leur adressant un sourire éblouissant.

-Allons-y, les garçons. Madame Jones nous attends certainement déjà !

Jetant un rapide coup d'œil à la façade claire de la demeure, la jeune femme poussa la grille y permettant l'accès, s'engageant sur le sentier menant à l'entrée d'un pas enthousiaste. Echangeant un regard amusé, les deux garçons étouffèrent un rire attendrit, suivant la brune vers le porche.

Cela faisait un mois que leur famille ne se résumait plus qu'à leurs trois présences, une trentaine de jours qu'ils avaient avoué la vérité à une Jay profondément choquée et perturbée. Durant leurs explications, elle n'avait cessé de leur adresser des regards suppliants, attendant désespérément l'instant où l'un des garçons mettrait fin à la plaisanterie. Seulement, malgré les larmes s'accumulant aux bords de ses paupières et ses lèvres tremblantes, ils ne lui avaient épargné aucun détail. Au travers de la brume de confusion et de colère la submergeant, elle était parvenue à s'accrocher aux promesses de son fils que le cauchemar était terminé, que désormais ils vivraient en paix.

Les premiers jours s'étaient avérés difficiles pour tout le monde. Ils erraient dans une maison semblant dorénavant bien trop spacieuse. Ils sursautaient au moindre bruit venant de l'extérieur, craignant le retour inattendu de Monsieur Malik. La nuit, ils partageaient leurs insomnies, Louis blottit contre Zayn pour échapper au froid machiavélique flottant dans l'air, les joues du métis humides de larmes qu'il ne parvenait pas à réfréner, la fuite de son père appelant les images de la mort de sa mère. Jay, elle, passait ses nuits sur le canapé ou dans le lit désert de son fils, incapable de trouver une quelconque sérénité dans la chambre qu'elle partageait sans le savoir avec un assassin.

Au bout d'une semaine, leurs amis avaient décidé d'intervenir, ne supportant plus d'observer les cernes sombres se déployant sous les prunelles des occupants de la demeure Malik-Tomlinson. Ils s'étaient volontairement éloignés, leur permettant de reconstruire des liens basés sur l'amour et la confiance, de se retrouver en ce moment de crise. Cependant, Liam était devenu impuissant quant à la panique d'Harry suite aux coups de téléphone sinistres de son petit-ami. Cédant à ses supplications, assistés de Gemma et Niall, ils s'étaient rendus chez eux. Sous les regards perplexes mais pourtant soulagés des occupants de la demeure, ils avaient retiré chaque photo, chaque objet personnel ayant appartenu à Monsieur Malik, leur évitant la douleur de devoir y faire face. Ils s'étaient également occupés de son bureau, rassemblant ses dossiers dans de grandes caisses, Jay les encourageant à les mettre aux ordures. Elle désirait rester aussi loin que possible du travail biaisé de son ancien compagnon. S'éclipsant momentanément, Harry avait sélectionné les plus belles photos du père de Zayn, les glissant dans la table de nuit du métis, devinant qu'il serait heureux de retrouver quelques traces de son passé heureux.

C'était Louis qui avait suggéré qu'ils déménagent. Il était de plus en plus ambigu d'endurer l'atmosphère lourde de la maison, ils avaient besoin de changer d'air afin de trouver le courage de passer à autre chose. Aussitôt, Jay avait multiplié les recherches internet et les visites aux agents immobiliers. Avec les économies que le père de Zayn leur avait laissées, ils n'avaient pas à se soucier de l'argent. Ils avaient rencontré de nombreuses personnes avant de tomber sur une véritable perle saisissant parfaitement ce qu'ils désiraient : Madame Jones.

Ce fut d'ailleurs elle qui, trois semaines plus tard, leur ouvrit la porte de cette maison, un sourire radieux aux lèvres, les invitant à la suivre dans la demeure.

C'était la seconde fois qu'ils mettaient les pieds dans la bâtisse. Ils l'avaient visité il y a quelques semaines et avaient eu un véritable coup de foudre. Aucun des autres endroits visités ne les avait autant attiré que cette maison. A l'autre bout de Holmes Chapel, tout en restant à proximité des habitations de leurs amis, la maisonnette aux murs clairs et aux boiseries marquées par le temps les avait enthousiasmés par sa simplicité et son atmosphère accueillante.

Discutant avec animation avec la jeune employée de l'agence immobilière, Jay dirigea ensuite son attention vers les garçons.

-Alors, toujours convaincus que c'est la bonne ? Interrogea-t-elle, souriante.

-C'est idéal pour prendre un nouveau départ, acquiesça Louis, sautillant légèrement d'excitation.

-Et c'est assez grand pour pouvoir accueillir tous vos amis, souligna judicieusement la brune.

Il était vrai qu'avec les quatre chambres et les deux salles de bain à disposition, Harry, Liam, Niall et Gemma pourraient passer autant de temps qu'ils le désiraient en ces lieux.

-Zayn, qu'est-ce que tu en penses ? S'enquit sa belle-mère d'une voix chaleureuse.

Autorisant son regard à caresser les étendues ouvertes de la demeure vide de meubles, il ne put retenir un frisson d'excitation. Il pouvait, sans aucune difficulté, les imaginer parfaitement intégré à la maison. Lui et Harry, blottis dans un des canapés de la pièce où serait aménagé le salon, bercés par les sons provenant de la cuisine où Niall et Gemma expérimenteraient de nouvelles recettes, entourés par les rires de Louis, tentant de convaincre Liam de le suivre dans ses idées farfelues, tout cela sous le regard tendre de Jay. Comment refuser une telle offre ?

-C'est parfait, répondit-il finalement, un sourire sincère illuminant ses traits.

Leur envoyant un dernier regard décidé, elle se tourna vers leur accompagnatrice, serrant la main que lui tendit la jeune femme.

-On la prend.

Lorsque Gemma battit les paupières, les rayons lumineux du soleil traversant la fenêtre lui caressant les joues, elle ne put retenir un soupir de bonheur. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas aussi bien dormi, et la raison ne lui était pas étrangère. Leurs problèmes commençaient à se tasser, leur quotidien avait retrouvé une certaine normalité et, pour couronner le tout, Niall avait passé la nuit avec elle. Il ne lui avait jamais été plus facile de s'endormir que depuis qu'elle pouvait se blottir contre le torse du blond. S'étirant, elle roula sur le matelas, ses doigts cherchant à tâtons la silhouette mince de son petit-ami à ses côtés.

Ce ne fut que lorsqu'elle réalisa qu'elle était seule dans le lit qu'elle se résigna à ouvrir complètement les yeux, ses pupilles douloureuses sous la lumière envahissant l'espace. Une moue contrariée sur les lèvres, il ne lui fallut pourtant qu'une dizaine de secondes avant de percevoir la voix parvenant faiblement du rez-de-chaussée. Enfouissant son sourire dans son oreiller, elle resta allongée quelques minutes supplémentaires, se délectant des mélodies populaires que chantait joyeusement l'Irlandais, probablement occupé à préparer à manger.

Après un rapide détour par la salle de bain, la jeune femme s'avança vers la cage d'escalier, ses pieds nus glissant sur les marches alors que ses pas la conduisaient rapidement vers la cuisine. Apercevant la chevelure ébouriffée de l'adolescent et observant les muscles de son dos nu coulisser alors qu'il branchait le toaster, elle ne put réprimer la vague dévastatrice de tendresse la submergeant. Un frisson de bien-être la parcourant, elle s'approcha, silencieuse, enlaçant la taille fine du garçon, ses lèvres chatouillant ses omoplates avant de trouver sa nuque, y déposant une myriade de baisers.

-Bonjour, princesse, salua doucement le lycéen, sa voix chaleureuse entrecoupée de son rire cristallin.

-Salut, beau blond, murmura-t-elle contre sa peau.

-J'espère que tu as faim, poursuivit-il joyeusement, tournant sur ses talons afin de faire face à la demoiselle. Les toasts seront prêts dans une seconde, et je m'occupe des œufs juste après.

Entourant de ses bras les épaules de l'étudiante, il l'attira contre lui, déposant un léger baiser sur son front avant d'embrasser ses lèvres, resserrant son étreinte.

-Tu as besoin d'aide ? Interrogea la brune une fois que le manque d'oxygène devint trop important pour être ignoré.

-Je vais me débrouiller, je préfère ne pas risquer de mettre le feu à la maison aussi tôt dans la journée, répondit-il malicieusement, gagnant une grimace enfantine de la jeune femme. Par contre, tu pourrais dresser la table ?

Se vengeant de sa plaisanterie par un faible coup de pied dans le mollet, Gemma se mit au travail, sortant des assiettes et des couverts des armoires. Quelques minutes plus tard, ils étaient attablés, installés l'un en face de l'autre, leurs chevilles liées sous la table, dégustant les préparations du blond.

-J'adore t'avoir ici le matin. Tous tes petits déjeuners sont délicieux, complimenta la demoiselle, un air de reconnaissance sur le visage.

-Avec plaisir, ma belle, assura Niall, ses doigts caressant brièvement la joue de sa petite-amie. Je resterai constamment si je pouvais.

-En parlant de ça… Lança l'ainée, un sourire timide sur le visage. Il y a quelque chose dont je voudrais te parler.

-Je t'écoute, invita l'adolescent, perplexe quant à l'angoisse de l'étudiante.

Se redressant, Gemma leva un doigt en sa direction, lui indiquant d'attendre une seconde, disparaissant vers le salon avant de revenir, la main droite serrée fermement en poing. Lui adressant un regard confus, Niall se leva, la rejoignant, ses mains entourant sa taille, tentant d'apaiser sa nervosité apparente.

-Mon cœur, qu'est-ce qu'il se passe ? Pressa-t-il doucement.

Ouvrant ses doigts, l'Irlandais y découvrit une clef logée au centre de sa paume, le métal brillant sous les rayons du soleil.

-Hier, en ville, je suis passée devant l'échoppe d'un cordonnier et, sur la vitrine, il y avait cet énorme affiche annonçant qu'ils se lançaient dans la production de double de clefs, commença-t-elle, incapable de rencontrer le regard de son petit-ami. Et, soudainement, ça m'a frappé. Niall, tu passes énormément de temps ici et j'adore t'avoir dans les parages. Tu ne peux pas imaginer à quel point tu m'as été précieux durant toutes ces épreuves, je ne sais pas comment j'aurais tenu le coup sans toi.

Relevant la tête, ses pupilles rencontrèrent celles bleutées du jeune homme, scintillantes d'émotions à peine contenues.

-Tu as fait ton chemin dans mon existence avec une telle facilité, expliqua-t-elle, gagnant quelque peu de confiance. Et je suis prête à te donner chaque morceau de moi, de me livrer complètement et de m'abandonner entièrement parce que je sais que je peux te faire confiance, je sais que tu seras présent et que je pourrais me reposer sur toi. Mais je veux également pouvoir te prouver l'inverse, te démontrer que ça marche dans les deux sens. Je veux que tu saches à quel point tu comptes pour moi, et que je ferais n'importe quoi pour toi. J'aimerais être un refuge pour toi, comme tu l'es pour moi.

Inspirant profondément, elle embrassa chastement les lèvres du blond avant de continuer.

-Alors cette clef, c'est un gage de ma confiance et de mon amour. Je veux que tu te sentes chez toi, ici. Je sais qu'il est un peu tôt pour t'offrir cela mais notre histoire est loin d'être commune et, au fond, ça ne changera rien. Sauf que désormais, tu ne devras pas attendre que mes cours soient terminés pour que je t'ouvre la porte, tu pourras aller et venir comme tu le souhaites. En plus, la moitié de tes vêtements sont déjà éparpillés dans ma chambre et ma salle de bain déborde de tes produits, souligna-t-elle, arrachant un éclat de rire au benjamin. Et j'adore ça. J'adore l'idée que tu sois capable d'avoir une telle foi en moi. Parce que moi aussi, j'ai foi en toi.

-Pour être honnête, répondit le lycéen, son front posé contre celui de la jeune femme, c'est de loin le plus cadeau qu'on m'ait jamais fait.

Un rire émerveillé lui échappant, Gemma attira son petit-ami contre elle, se blottissant tout contre son torse, son visage enfoui dans le creux de son cou, y gravant des promesses infinies.

-Je t'aime.

Lorsque Liam pénétra dans la chambre de son petit-ami, il ne put retenir son sourire attendrit, le découvrant allongé au-dessus des draps protégeant son lit repoussé dans un coin de la pièce, les yeux fermés, son pied battant le rythme de la musique s'élevant des hauts parleurs de son iPod.

Le rejoignant aussi discrètement que le parquet légèrement grinçant le lui permettait, Liam posa le pot de peinture qu'il portait péniblement sur le sol également couvert de bâches, bondissant sur le matelas, atterrissant à quelques centimètres de Louis, ses lèvres s'emparant immédiatement de celles du mécheux.

Le cri de surprise étouffé par le baiser du benjamin déclencha un éclat de rire du châtain qui se reculant, embrassant tendrement la joue du garçon avant de se blottir contre son torse, un sourire radieux illuminant son visage. Une fois le choc initial dissipé, le lycéen leva affectueusement les yeux au ciel face aux pitreries de l'étudiant, une moue malicieuse étirant aussitôt sa bouche.

-C'était même pas marrant, bougonna-t-il avec une mauvaise humeur factice. Pour te pardonner, j'exige des tonnes et des tonnes de bisous !

Capturant une nouvelle fois les lèvres fines entre les siennes, Liam se recula tout aussi rapidement.

-C'est tout ce que tu auras, répliqua-t-il allègrement. Au fait, tu n'étais pas censé continuer à peindre pendant que je m'occupais du ravitaillement ?

-Si, peut-être, mais je n'arrivais pas à rassembler la force de continuer sans toi, bouda-t-il espiègle.

-Si tu m'avais directement indiqué la bonne quantité de peinture, je n'aurais pas dû aller en racheter, souligna l'ainé, jetant sa veste sur le lit avant d'attraper un pinceau.

-Hey, c'est Zayn qui s'est occupé des estimations ! Contesta faiblement le garçon, se redressant laborieusement sur le matelas. Et cette chambre est énorme, on aura jamais fini…

-Allez, paresseux, on se remet au travail ! Encouragea doucement le stagiaire, un sourire empathique sur le visage.

-Pourquoi s'imposer tout cela ? Je peux très bien me contenter de la couleur d'origine…

-Lou, les murs sont roses pâles, fit valoir son amant. On a déjà terminé deux murs ! Courage, ça ne sera plus très long.

-Oui, mais après il y aura la deuxième couche… Se lamenta le brun, mordillant sa lèvre inférieure.

-Autant finir au plus vite, alors.

Soupirant face aux arguments de son petit-ami, Louis attrapa le second pinceau, lui tirant ostensiblement la langue avant de reprendre le travail.

-Pour que les choses soient claires, intervint soudainement le mécheux, lorsqu'on emménagera dans notre propre maison, on engage quelqu'un pour peindre ! Il est hors de question que je recommence tout ce bazar !

Liam laissa échapper un rire extatique, acquiesçant rapidement. Malgré le fait que ce magnifique garçon lui appartenait depuis un an, le châtain ne pouvait retenir les étincelles d'excitation lui chatouillant les entrailles lorsqu'ils évoquaient leur futur commun.

-Tout ce que tu veux, promit-il tendrement.

-Tu imagines ? Une chambre dans les tons roses-mauves pour notre petite fille, avec un petit lit à baldaquins et des papillons et des fleurs ornant les murs, poursuivit-il, se perdant dans ses pensées. Et des murs bleus ou verts pour notre fils, avec des dragons, des châteaux, des pirates…

Réalisant pleinement ses paroles avant-gardistes, le benjamin baissa les yeux, brusquement quelque peu timide.

-Enfin, j'espère…

Posant son pinceau contre les bâches de protection, Liam répéta le geste avec celui de l'adolescent. Encadrant son visage délicat de ses mains tâchées de peinture, il caressa ses joues, ses doigts se perdant dans ses mèches, leurs lèvres se retrouvant en un baiser débordant de passion et de promesses.

-Il n'y a rien que je souhaite plus que passer ma vie avec toi, murmura-t-il contre le sourire éblouissant du lycéen, ses dents mordillant le coin de sa bouche. Je vous aime à la folie, Louis Tomlinson.

-Tu sais ce que j'aime le plus chez toi ? Chuchota faiblement le mécheux. C'est que malgré toutes les épreuves qu'on a traversé, tu es constamment resté à proximité, tu m'as continuellement soutenu, tu m'as aimé à travers les moments les plus sombres, même quand je te repoussais de toutes mes forces. Et je ne pourrais jamais suffisamment te remercier pour cela.

-Dans un peu plus d'un mois, mon stage sera terminé et nous serons enfin libres, certifia-t-il, déterminé.

-Dans un peu plus d'un mois, tu seras entièrement et complètement à moi, confirma résolument le brun.

-J'adore ton côté possesif, ronronna le châtain, resserrant son étreinte sur le garçon.

-Si ça peut éviter que des petites garces se jettent sur toi ou t'offrent leur décolleté, marmonna-t-il sombrement.

Le stagiaire éclata de rire, la référence à l'étudiante essayant de lui faire du charme le jour où ils s'étaient retrouvés claire comme de l'eau de roche.

-Eh bien, si à chaque fois que ça se produit tu réagis avec tellement de fougue... S'amusa-t-il gaiement.

-C'est arrivé une fois !

-Où on a fini nus sur le bureau.

-Comme si tu n'avais pas aimé, souligna l'adolescent, impertinent.

-Allez, remettons-nous au travail, incita-t-il doucement, entrainant le mécheux à sa suite.

-Hey, interrompit-il, Liam se tournant sur ses talons afin de lui faire face. Je t'aime, confia-t-il tendrement, une chaleur amoureuse dans les yeux.

-Je t'aime aussi, pour toujours et à jamais, souffla-t-il contre ses lèvres, l'embrassant passionnément.

Poussant la porte d'entrée de la hanche, Zayn se tourna vers Harry, un sourire radieux aux lèvres.

-Si Monsieur voulait se donner la peine d'entrer, invita-t-il, grandiloquent, une expression faussement hautaine sur le visage.

Etouffant un rire attendrit, le bouclé pénétra dans la demeure, tirant le métis à sa suite par leurs mains liées.

-Cette fois, l'emménagement est terminé pour de bon ! Vous avez fait un excellent travail, félicita l'adolescent, déposant un baiser sur la joue de son petit-ami.

-Heureusement que vous étiez là pour nous aider, souligna l'étudiant, un air de reconnaissance dans les yeux. Au final, ça a été assez rapide.

-Ça fait un mois que vous vivez au milieu des cartons, répliqua judicieusement le brun. La maison parait tellement grande sans toutes ces caisses !

-J'ai vidé la dernière ce matin, déclara fièrement le pakistanais. Désormais nous sommes vraiment chez nous, ici.

Embrassant rapidement le lycéen, l'ainé l'entraina dans les profondeurs de la maisonnette.

-Prêt pour la visite officielle ? Interrogea-t-il, un sourcil arqué dramatiquement.

-Allons-y, répondit-il gaiement.

Durant la prochaine demi-heure, ils vagabondèrent d'une pièce à l'autre, Harry s'extasiant devant chaque photo, chaque cadre apposés récemment, ajoutant un côté personnel et chaleureux à la décoration. Les occupants de l'habitation avaient conservés les couleurs pales et claires des murs, optant pour un savant mélange de meubles traditionnels et originaux dont les couleurs apportaient une énergie naturelle et spontanée à la maison.

Au détour d'un couloir, ils arrivèrent devant la porte de la chambre du métis, et ce dernier désigna la pièce d'un signe de tête. Lui adressant un sourire impatient, le benjamin ouvrit le panneau de bois, ses pieds nus effleurant la douceur du parquet ornant le sol.

-J'adore ta chambre, murmura-t-il, ses prunelles détaillant pour la énième fois les contours de la pièce qu'il connaissait par cœur.

S'aventurant dans la salle, il s'approcha du lit, s'y laissant lourdement tomber, la tête enfouie dans un oreiller.

-Quelle grâce, ironisa l'artiste, adossé au chambranle de la porte, un sourire malicieux sur les lèvres.

-Je suis dingue de ton odeur, souffla le bouclé, inspirant profondément le coussin à sa disposition, ignorant la remarque de son petit-ami. Et ton lit est tellement grand… On se croirait dans un hôtel de luxe.

-Jay a acheté la plus grande taille qu'elle a pu trouver. Elle voulait s'assurer que toi et Liam ayez de la place quand vous passez la nuit ici.

-Hou, roucoula le brun, clairement amusé, si même Jay me veut dans ton lit…

Poussant un soupir faussement exacerbé, le pakistanais s'approcha de sa démarche féline, grimpant sur le lit avec une élégance dont Harry ne pouvait que rêver, chevauchant les hanches de son petit-ami.

-Tu es impossible, chuchota-t-il tendrement, son visage planant au-dessus de celui de l'adolescent avant de se pencher en avant, abandonnant de nombreux baisers papillons sur son visage, bombardant de petites caresses affectueuses ses joues, son nez, son front et ses paupières sous les rires joyeux du garçon.

Ses mains encadrant les traits de son petit-ami, Harry mit un terme à ses administrations, la douceur de son sourire atteignant ses yeux lorsqu'il les verrouilla avec les prunelles sombre de l'étudiant.

-Viens ici, murmura-t-il lentement.

Zayn s'avança doucement, continuant de bouger jusqu'à ce que leurs nez s'effleurent et que la respiration humide du garçon allongé sous lui chatouille les lèvres. Habile, la langue du métis dessina le contour des lippes du jeune homme, un gémissement lui échappant sous la douce torture. Apposant sa bouche contre le sourire du garçon, il resta immobile, appréciant la délicatesse et la chaleur de la peau de son petit-ami contre la sienne. Finalement, il sembla reprendre vie et poivra de baisers les lèvres rosies du garçon, de simples bisous légers et joueurs, profitant du grognement de frustration quittant la gorge du benjamin pour caresser sa langue de la sienne. Il avalait les sons du lycéen avec ses baisers, les étouffant avec sa langue, ses doigts s'emmêlant dans les boucles sauvages, tirant doucement sur les mèches ébouriffées, sans jamais s'éloigner.

Ils continuèrent un long moment, oubliant le monde extérieur, se concentrant uniquement sur la personne dont ils étaient tombés amoureux, se découvrant de la plus exquise des manières. Se décalant légèrement, le métis effleura l'aine de l'adolescent, percevant son érection à travers le tissu, une vague de chaleur le traversant.

Soudainement, il prit conscience de tous les endroits où la peau d'Harry touchait la sienne, son nez contre sa joue, ses mains posées dans le bas de ses reins, la peau couleur pêche de son visage. Pressant ses hanches contre celle du jeune garçon, il lui permit de sentir sa propre excitation, observant la façon dont ses paupières s'agitèrent avant qu'il ne ferme fermement les yeux, un doux gémissement retentissant dans la pièce.

Soupirant, il posa son front contre celui du bouclé, embrassant le bout de son nez. Doucement, ses doigts trouvèrent l'ourlet de sa blouse qu'il s'empressa d'enlever, se délectant des muscles jonchant le torse du benjamin. Se penchant, il laissa sa bouche explorer le territoire charnel, Harry se laissant emporter dans un tourbillon de plaisir et de tendresse. Zayn, au-dessus de lui. Zayn au travers des doigts traçant sa peau. Zayn occupant son cœur, coulant dans ses veines. Zayn avec les douces morsures qu'il infligea à sa chair.

Pressant une nouvelle fois ses lèvres sur sa poitrine, l'artiste abandonna une série de baisers et de suçons jusqu'à un des tétons du jeune homme, ses lèvres se refermant avidement autour du bourgeon de chair qui durcit sous sa langue, ses dents l'effleurant précautionneusement, son souffle chaud l'englobant alors qu'il passait à l'autre, lui infligeant le même traitement. Il poursuivit son exploration, dessinant de la langue le relief des abdominaux de son petit-ami, mordillant l'os de sa hanche, se délectant des geignements que déversait le garçon.

Atteignant la taille du jeune homme, ses mains effleurèrent la fermeture de son pantalon, taquines. Ouvrant le bouton, il se débarrassa du vêtement en une fraction de seconde, le jetant aveuglement dans un coin de la pièce. Ses doigts se liant tendrement à ceux crispés contre les draps de son amant, il déposa une myriade de baisers sur son érection dissimulée, grattant des dents la chair vêtue.

Libérant une de ses mains pour retirer le boxer d'Harry, Zayn s'empara du sexe raide de l'adolescent, lui accordant quelques caresses alors que sa bouche rejoignit son genou, chatouillant la peau de l'intérieur de sa cuisse avant de rediriger son attention vers sa longueur douloureuse dont il taquina la tête de la langue. Gémissant fortement, le lycéen enfouit ses doigts dans la chevelure ébouriffée de l'artiste alors que sa bouche se refermait autour de lui, sa main couvrant ce qu'il n'atteignait pas. Centimètre par centimètre, le métis poursuivit sa progression jusqu'à ce que tout ce que les sensations du bouclé se résume à la chaleur humide l'enveloppant. Ses yeux contenant une douceur infinie rencontrèrent ceux du brun alors que sa bouche coulissait sur son érection.

Les halètements irréguliers du jeune lui indiquèrent que sa libération était proche, cependant ce dernier releva la tête du pakistanais, ses pupilles dilatées par le plaisir alors qu'il murmurait des mots vacillants :

-Zayn, Zayn… Je veux plus… Indiqua-t-il d'un vague signe de la main.

-Oh, souffla l'ainé, son étonnement prestement remplacé par une légère inquiétude. Tu en es certain ? On a tout le temps que tu veux…

Ils en avaient déjà discuté, évidemment, et ils étaient tombés d'accord. Il était inutile de précipiter leur première fois, inutile de bousculer ce moment précieux parmi les chamboulements du déménagement et du départ de son père. Ils voulaient attendre le parfait instant.

-J'en suis absolument convaincu.

Jetant un rapide regard autour de la pièce, il contempla la nouveauté et le réconfort qu'apportait cette maison, le bonheur qu'il ressentait depuis l'emménagement. Alors oui, peut-être que c'était tout ce dont ils avaient besoin pour rendre le moment magique.

Se redressant après avoir déposé un doux baiser sur le genoux de son petit-ami, il s'avança vers la porte, la verrouillant avant de plonger dans le tiroir de sa table de nuit, en extirpant une bouteille de lubrifiant et des préservatifs qu'ils s'étaient procurés quelques semaines auparavant, s'assurant d'être préparés le moment venu.

Grimpant sur le matelas, il abandonna son t-shirt et son jeans au bout du lit, rejoignant le bouclé, ses lèvres s'emparant des siennes alors qu'il reprenait place au-dessus de lui, les mains du benjamin dessinant des motifs abstraits sur la peau douce de son dos.

Inspirant profondément, le lycéen glissa ses doigts sous le bord du caleçon de l'étudiant, lui adressant un regard quelque peu timide avant de le faire coulisser le long de ses cuisses. Jetant le bout de tissu par-dessus son épaule, Zayn embrassa une fois de plus le garçon, lui murmurant des paroles encourageantes contre ses lèvres avant de reculer, attrapant le lubrifiant.

-Détends-toi, mon ange, chuchota-t-il lorsqu'un premier doigt effleura son intimité, s'y enfonçant lentement.

Passant sa main libre sur les épaules tendues du jeune homme, le métis le laissa s'habituer à la présence atypique, engendrant un mouvement de va et vient quand la respiration d'Harry s'apaisa. Accueillant l'intrusion d'un second doigt sans signes visibles de malaise, l'adolescent laissa même échapper un premier soupir de plaisir, ses hanches s'agitant contre la main de son amant. Une fois qu'il put en accepter trois sans aucune difficulté, l'étudiant couvrit sa poitrine de baisers, finissant sur ses lèvres.

S'emparant du lubrifiant et du préservatif, il se prépara rapidement, se caressant quelque peu afin de diminuer la douleur de son excitation. Liant une nouvelle fois ses doigts à ceux du lycéen, embrassant tendrement chaque jointure, il pénétra lentement et précautionneusement le corps détendu de son petit-ami.

Harry gémit, longuement et fortement, les paupières résolument closes.

-Tu vas bien ? Interrogea l'ainé, sa voix serrée comme le corps le tenant captif.

-Oui, oui, oui ! Bouge, s'il te plait, répondit le bouclé, pressé et désespéré.

Zayn obéit, embrassant tendrement le nez du garçon, leur imposant un rythme stable et régulier, puisant son énergie dans les sons rauques que libérait le benjamin. Enfouissant son visage dans le creux du cou du lycéen, le pakistanais accéléra progressivement la cadence. Sa respiration irrégulière chatouilla la peau fine du brun qui autorisa un petit rire émerveillé à lui échapper, resserrant son étreinte autour de l'artiste.

Le plaisir se construisant de façon de plus en plus précise dans le bas de son ventre, le souffle d'Harry s'accentua, le coup de grâce étant lorsque son amant atteint sa prostate, son dos se arquant sur les draps, ses hanches accompagnant les poussées du métis.

Glissant à tâtons une main entre leurs deux corps luisant de sueur, trop occupé à ravager de ses dents la chair tendre du cou de son petit-ami, l'étudiant trouva l'érection du bouclé, ses doigts humides l'encerclant fortement. La simulation supplémentaire arrachant un cri au benjamin, ses membres commencèrent à trembler, ses sons se réduisant à des grognements et des halètements rauques.

Lorsque les lèvres du garçon à la chevelure corbeau se refermèrent autour du lobe de son oreille, Harry se laissa succomber au plaisir, se libérant avidement entre leurs torses, l'étroitesse du corps de l'adolescent amenant simultanément le métis au septième ciel.

S'accordant quelques minutes pour reprendre sa respiration, Zay trouva le courage de se redresser, disparaissant vers la salle de bain adjacente afin de se débarrasser du préservatif et d'attraper un gant de toilette pour nettoyer son petit-ami. Lorsqu'il put à nouveau se glisser entre les draps, il attira le corps détendu et fatigué du lycéen tout contre lui, observant ses yeux mi-clos par l'épuisement, débordant néanmoins d'amour, de confiance, de tendresse et de bonheur.

-Merci, mon cœur, murmura-t-il, enfouissant son visage dans la poitrine de son amant, y déposant un tendre baiser.

-Je t'aime, confia l'artiste, ses lèvres se perdant dans les boucles de l'homme détenant son cœur.

-Je t'aime aussi, répondit-il doucement, se redressant quelque peu afin d'embrasser une dernière fois les lèvres qu'il chérissait tant avant de se repositionner tout contre son cœur, le rythme régulier le conduisant dans les bras de Morphée.

Lorsque, quelques heures plus tard, des cris et des rires envahirent le salon, Zayn et Harry se virent arracher à leur sommeil, ramenés à la réalité par les voix tonitruantes de leurs amis. Poussant un soupir factice d'exaspération, cependant incapable de réprimer son sourire lorsque les éclats de rire de Louis lui parvinrent, le métis resserra son étreinte sur le bouclé, l'embrassant longuement et tendrement avant de se redresser quelque peu.

-Envie de les rejoindre ? Interrogea-t-il d'un ton endormi.

-Tu sais bien que j'irai n'importe où, tant que tu es avec moi, se moqua malicieusement l'adolescent.

Levant les yeux face aux pitreries de son petit-ami, l'artiste descendit du lit, récoltant leurs vêtements sur le sol. Une fois habillés, et après avoir mis un terme à une nouvelle série de baisers passionnés, les deux jeunes hommes quittèrent la pièce, longeant le couloir, rejoignant rapidement le salon.

Aucun d'entre eux ne put retenir un sourire attendrit devant la scène leur faisant face. Installés sur un des deux canapés se trouvaient Niall et Gemma, cette dernière blottie contre le torse du blond. A leurs pieds, adossés contre leurs jambes, discutaient avec animation Liam et Louis, débattant visiblement sur le choix du film qu'ils comptaient regarder.

Un mouvement à la droite attira leur attention et ils pivotèrent sur leurs talons juste à temps pour voir sortir Jay de la cuisine, un saladier de pop-corn entre les mains.

-Venez les garçons, invita-t-elle affectueusement, s'asseyant dans un fauteuil. On vous a gardé une place.

Prenant place dans le canapé libre, ils eurent à peine le temps de s'installer avant que la voix pétillante du mécheux ne les interpelle.

-Alors, les amoureux, on a fait de vilaines, vilaines choses dans cette chambre ? S'enquit-il, mutin.

-Louis ! S'exclama Zayn, les yeux ronds d'embarras.

-Quoi ? Comme si j'étais le seul à avoir remarqué l'énorme suçon sur le cou d'Harry !

-Eh bien, j'espère qu'ils sont moins bruyants que toi, dans ce cas, intervint Jay, adressant un clin d'œil complice au métis, la main du bouclé couvrant aussitôt la chair rougie, les joues de Liam se colorant d'une magnifique teinte rosée à l'évocation de leur vie sexuelle.

-Voilà l'avantage d'avoir un frère déserteur, ajouta Gemma, jetant un regard amusé au blond. On a la maison rien qu'à nous dans ces moments-là.

-Oh, trop de détails, trop de détails, gémit le bouclé, plissant férocement le nez.

La pièce fut rapidement emplie d'éclats de rire, noyant les protestations éhontées de Louis, le châtain enfouissant sa tête dans le creux de son cou.

Au milieu de la bonne humeur ambiante, Zayn s'accorda une seconde pour repenser à ce qu'était sa vie, il y a quelques mois de cela, avant que ces merveilles personnes n'y prennent part, avant qu'elles ne modifient toute son existence. Sa destinée, vide, creuse, rythmée uniquement par ses cours et les sourires de Louis. Aujourd'hui, cependant, il avait enfin accès au bonheur dont il avait toujours rêvé. Tout avait changé.

Tout avait changé, oui. Mais uniquement et irrévocablement pour le mieux.

Cause all I know is we said hello

And your eyes look like coming home

All I know is a simple name, everything has changed

All I know is he held the door

You'll be mine and I'll be yours

All I know since yesterday is everything has changed