oui bien sûr tu auras toutes tes réponses d'ici la fin de la fic, bientôt d'ailleurs!

voici une suite, un petit peu plus longue que les précédentes. je pense que tu devrais aimer!

Bonne lecture!!!

Elle ne lui laissa pas le temps de réagir à ses paroles. Elle ne voulait pas l'entendre, elle ne voulait pas s'entendre, elle ne voulait pas en parler. Elle était allée trop loin. Pourquoi n'avait-elle pas pu résister ? Pourquoi avait-il fallu tout gâcher ?

Qu'elle idiote je suis !!!

Mac se prit la tête entre les mains en arrivant dans sa chambre précipitamment et en s'appuyant sur la porte qu'elle venait de fermer derrière elle.

Qu'avait-elle fait ? Comment avait-elle pu ?

Elle s'était promise que ça ne recommencerait jamais ! Elle s'était promise de ne pas le laisser s'immiscer en elle à nouveau ! Pour qu'il ne la fasse plus jamais souffrir. Pour qu'une telle occasion ne puisse plus jamais se présenter. Elle s'était promise de ne jamais se laisser aller.

Et là, pour un simple moment d'égarement, pour une simple pulsion, pour du sexe, il avait fallu qu'elle gâche tout ! Leur nouvelle entente, leur nouvelle famille, le bonheur de sa fille.

Elle s'en voulait horriblement ! Elle s'était jurée de ne plus retomber dans ses bras et ne pas le laisser s'approcher ! Elle avait failli. Elle n'avait pas tenu ses promesses. Pourquoi ne l'avait-elle pas repoussé ? Pourquoi n'avait-elle pas résisté ? Pourquoi avait-il fallu qu'ils satisfassent leurs besoins sexuels ensemble ?

C'était ce qu'elle n'arrêtait pas de se répéter. Pour du sexe. Pour une simple pulsion. C'était seulement ce qu'elle voulait entendre. Seulement ce qu'elle s'autorisait à dire. Pour ne penser qu'à ça. Pour se persuader elle-même. Car au plus profond d'elle, elle savait que ce n'était pas la seule raison. Au plus profond d'elle-même, elle savait que c'était plus que ça, qu'Il était plus que ça, plus qu'un simple moment d'égarement ou d'assouvissement sexuel. Mais elle ne voulait pas l'entendre, elle ne voulait pas y croire. Ça ne pouvait pas être plus que sexuel, ça ne le devait pas ! Car ça représenterait trop. Et elle se refusait à l'accepter. Elle avait tellement oeuvré en elle-même pour accepter son retour et aimer leur vie d'aujourd'hui avec leur fille qu'elle ne pouvait pas admettre qu'elle puisse à nouveau ressentir quelque chose pour lui. Elle avait tellement bataillé avec elle-même pour que plus jamais elle ne le laisse entrer dans son cœur et pour que plus jamais elle ne risque d'être blessée comme elle avait pu l'être par le passé, qu'elle ne pouvait pas croire que tout avait été vain et qu'elle avait à nouveau succombé.

Elle se sentait anéantie. Pourquoi n'avait-elle pas réagi plus tôt et gardé plus de distance entre eux ? Pourquoi avait-elle baissé sa carapace si vite et atteint cette situation sans avoir ouvert les yeux avant ? Pourquoi avait-elle fait la sourde et l'aveugle devant ce qui se profilait ? Elle aurait dû réagir plus catégoriquement à ce qu'il s'était passé entre eux l'autre soir. Elle aurait dû faire plus attention.

Maintenant elle se rendait compte. Maintenant tout lui sautait aux yeux. Ça ne datait pas d'aujourd'hui. Elle avait relâché sa vigilance ces derniers mois, elle s'était ouverte à lui, elle l'avait laissé s'approcher, elle avait baissé sa garde, et pire encore, elle l'avait laissée s'immiscer à nouveau dans son cœur. Mais elle n'avait pas voulu écouter et avait tout refoulé en elle. Pourquoi ? Car elle avait apprécié. Car elle avait aimé. Car elle s'était sentie libre. Faire semblant que ça n'arrivait pas était toujours plus facile et agréable que de se rendre compte. Se dire que l'on pouvait résister était toujours plus simple que de se remettre en question et d'admettre que l'on se mentait. Alors inconsciemment elle avait laissé cette situation arriver. Elle avait laissé cette tension s'enflammer. Et avait préféré fermer les yeux.

Qu'allait-il se passer maintenant ? Que devait-elle faire ? Pourraient-ils faire comme si rien ne s'était passé et recommencer leur vie de famille pas ordinaire comme avant ? Sans que rien ne soit entaché ? Sans que rien ne change ? Sans que leur famille en pâtisse ? Sans que leur fille en souffre ?! Elle n'en était pas sûre. Elle n'y croyait pas, même.

Oh mon Dieu, Rachel ! Faites qu'elle ne subisse pas !

Elle souffla et ferma les yeux, tentant de refouler le sel qui lui picotait les yeux. Comment allait-elle pouvoir se retrouver en sa présence et faire comme si tout était normal ? Comment allait-il gérer cela pour que leur vie avec Rachel n'en pâtisse pas ? Comment allait-elle faire pour chasser ces images de plaisir qui ne cessaient de lui donner des frissons ? Comment allait-elle faire à présent pour se mentir encore et se convaincre qu'elle n'était pas amoureuse de lui ?

_ Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!

Mac se dirigea rageusement vers la salle de bain pour s'éclaircir les idées sous une douche froide et faire disparaître de sa tête les souvenirs brûlants de la fin de soirée.

Harm s'était retrouvé là, dans la cuisine, seul, interloqué par ce qu'il n'avait pu déchiffrer dans le regard de la mère de son enfant, hébété par sa réaction et sa fuite. Bien qu'il n'avait pas imaginé ce qui aurait pu se passer entre eux au cours de cette soirée, il avait pensé, après leur moment intime, que cela allait pouvoir signer le début de quelque chose, même ne serait-ce que l'amorçage d'une discussion qui leur avait manqué plus de six ans auparavant, qui leur avait manqué pendant toute leur vie commune d'ailleurs. Il ne s'était pas attendu à ce que cela se passe ainsi, si vite, si spontané, si bestial. Même s'il comprenait à présent que ça avait peut-être été inévitable avec toute la tension électrique qu'ils avaient accumulée entre eux ces derniers mois, il aurait préféré que tout se passe en douceur, que tout soit réfléchi, et que tout soit sans remord. Car ça ne l'était pas. Elle avait fui. Elle rebattait en arrière. Elle avait regretté. Tout aurait pu être différent si seulement il n'avait pas suivi ses instincts primaires et avait pris le temps de réfléchir !

Il finit de s'habiller et passa dans la salle à manger pour récupérer son blouson et partir. Mais quand il atteint la porte d'entrée, il se ravisa. Le visage de Mac lui revint en mémoire. Son expression. Son attitude. Son regard. Ce qu'il n'avait pas réussi à déchiffrer. Ce qu'il avait cru être des remords. Ce qu'il avait cru n'être que du sexe pour elle. Et alors il se rappela. Les quelques secondes où leur regard s'était accroché alors qu'ils venaient de se séparer. Ce court laps de temps où il avait enfin vu Sarah cachée depuis si longtemps. Ce petit instant qu'il lui avait été nécessaire pour reconstruire la carapace. Il avait eu le temps de la voir. Cette lueur. Une lueur d'espoir. Une lueur d'amour. Une lueur de peur. La vraie Sarah.

Elle était effrayée. Effrayée de ce qu'il venait de se passer, effrayée de ce que cela signifiait, effrayée de ce que cela impliquait. Elle avait tellement lutté contre lui et contre elle-même ces dernières années et surtout ces derniers mois quelle avait eu du mal à réaliser que tout était parti en flambeau en quelques instants. Et ça lui faisait peur. Qu'elle ne puisse pas être plus forte que cela. Qu'elle n'ait pas réussi à être fidèle à elle-même. Qu'elle ait failli à se protéger, elle et son cœur. C'était ce qu'elle devait penser, il en était sûr, il l'avait lu en elle. Elle lui avait cédé Sarah, alors qu'elle pensait l'avoir enfuie au plus profond. Elle avait réalisé que, bien qu'elle se le fût interdite, elle lui vouait toujours une place dans son cœur. Elle venait d'en prendre conscience, et au vu de leur passé, il comprenait aisément ses craintes et ses remords.

Mais il ne pouvait pas partir comme ça. Il ne pouvait pas la laisser se renfermer encore alors qu'il y avait une possibilité qu'ils soient plus heureux. Il ne pouvait pas partir maintenant alors qu'il y avait une possibilité de former une vraie famille. Il ne pouvait pas la laisser ainsi à croire que tout avait été une erreur alors qu'elle l'aimait encore. Non. Il fallait qu'il la voit à nouveau. Sarah. Avant qu'elle ne disparaisse complètement. Pour qu'elle comprenne. Lui ne regrettait pas. Pour qu'elle accepte. Elle en avait envie aussi. Avec elle, ils avaient une chance. Avec Mac, ils n'en auraient plus.

Alors il monta et se dirigea directement dans sa chambre. Elle se retourna brusquement, l'ayant entendu entrer, et resta paralysée, les bras repliés vers le nœud de sa serviette.

Lui fut diverti quelques instants. Il était décidé, mais ne s'était pas attendu à la retrouver ainsi, enroulée simplement d'une serviette blanche contrastant avec son teint halé, ses épaules et ses jambes nues, à l'appréciation d'Harm, la faible lumière de la pièce se miroitant dans les gouttes d'eau encore présentes sur sa peau, les cheveux remontés à l'aide d'une pince à l'exception de quelques mèches rebelles qui retombaient humides sur sa nuque. Elle ne fit que le persuader davantage.

Il avança doucement, fixant son regard au sien. Trois mètres. Pourquoi était-il monté ? Deux mètres. Mac ne bougeait pas, les sourcils froncés, hypnotisée. Un mètre cinquante. Que voulait-il ? Un mètre. Ça ne dura que quelques secondes, et pourtant plus il avançait, plus tout devenait lenteur et brume autour d'elle, mais elle devait se reprendre et ne pas être faible. Il l'atteignit enfin, ne laissant finalement si peu de distance entre eux que la serviette de Mac effleurait ses habits. Celle-là ne bougeait toujours pas, le souffle court.

Il sut qu'il faisait face à Sarah. Alors il n'hésita pas et se pencha délicatement vers elle, prenant son visage entre ses mains. Les yeux restèrent ancrés, les souffles se mélangèrent délicieusement, les lèvres se caressèrent subtilement. Et avant que Mac ne perde pied, emportée par un tourbillon de magie, elle entendit :

_ (Murmurant) Moi, je ne suis pas désolé.

à suivre...