NdA : Chapitre 4, yatta !!! Merci beaucoup pour vos reviews et encouragements, j'ai autant hâte de poursuivre cette fic que vous apparemment de la lire, alors pas de souci, je m'accroche.

Petit détail, dans mon histoire, la jument de Wolfram s'appelle Filia, je ne sais pas si dans l'anime elle est désignée par un nom, je ne m'en souviens plus. J'ai lu plusieurs fics où on l'appelle Goldien, mais bon…Si ça en fait un AU, tant pis, c'est une référence perso à une des jument que j'ai monté moi-même étant gamine…

Chapitre 4 : Et plus dure sera la chute

Fabian recula vivement pour éviter mon coup d'épée meurtrier. Je lisais une certaine mesure de frayeur dans ses yeux, mais ça ne fit qu'attiser ma colère.

-Mais défends toi mieux que ça, tu crois que les humains te feront des cadeaux quand tu seras de l'autre coté de leurs lames ?

J'enchainai par deux autres passes et une feinte. L'épée de Fabian vola à quelques mètres. Mais j'étais trop en colère pour savourer ma victoire sur mon lieutenant.

-Mais je n'ai donc que des incapables dans ma garde personnelle ? Par le Sang bleu de Shinou ! Vous n'êtes qu'une bande de larves syphilitiques ! Hors de ma vue !

Mes quatre gardes ne se firent pas prier. Je les malmenais depuis le matin. A présent la fin du jour était proche. Depuis que j'avais entendu la conversation entre Yuuri et Conrad, ma colère n'avait pas diminuée. Je savais qu'elle était née de ma sensation d'impuissance face à la situation, mais je préférais être furieux que déprimé. La colère est toujours plus agréable. Heureusement, Gwendal ne pouvait me donner des cours aujourd'hui, il était de corvée préparation avec Günter, qui l'avait convaincu de venir le secourir dans la rédaction des innombrables invitations officielles, délicat exercice où il faut ménager les sensibilités et respecter les traditions de chacun.

Je jetai un regard agacé autour de moi. Les rares personnes qui avaient assisté à la défaite de Fabian faisaient leur possible pour éviter de devenir l'objet de mon courroux. Dans cette partie du Château, réservée à l'armée, il n'y avait de toute façon que des gardes et des soldats. Je décidai, puisque je n'avais plus personne sur qui me passer les nerfs, de partir faire une promenade à cheval.

Ma jument, Filia, piaffait d'impatience dans l'écurie. J'ordonnai d'un ton sec aux palefreniers de me laisser la préparer moi-même. Je brossais avec application les poils blancs de ma beauté tout en réfléchissant à mon parcours. Puis je la sellai et l'harnachai avec application. Au moment où je me dirigeais vers les portes, une voix m'interpella

-Wolf !

Pas maintenant, Yuuri…Je me tournai néanmoins vers mon fiancé qui arrivait en souriant. Il gardait une de ses mains derrière son dos. Qu'est-ce qu'il fait ?

Il s'approcha de moi et caressa de sa main visible l'encolure de Filia. Je soupirai et, tentant de garder ma voix absente d'émotion, je demandai :

-Qu'est-ce qu'il y a, Henachoko ?

Je n'avais pas dû y réussir car il me lança un drôle de regard avant de me sourire et de me tendre un bouquet de fleurs d'un jaune qui rappelait l'or. Des Uruwashi no Wolfram, des fleurs créées par ma mère.

-Tiens, c'est pour toi. Comme on ne se voit pas beaucoup en ce moment, je pensais que tout les deux on pourrait…

Mais je ne le laissai pas finir de vocaliser ses projets. J'étais furieux, plus que ça même, enragé. Il recula d'un pas alors que je donnai un grand coup et envoyai les fleurs voler en tout sens.

-Qu'est-ce que tu t'imagines ! Que j'ai besoin d'être courtisé comme quelques romantiques pucelles ! Je ne suis PAS une femme, Yuuri, rentre-toi ça bien dans le crâne une fois pour toute ! Et si ça te plait pas, et bien rompt nos fiançailles et trouve toi une nobliaude qui voudra bien de ton sourire niait et de ton regard de chien battu, s'il en existe une suffisamment bête pour t'épouser !

Je vis son regard vaciller d'incompréhension et ses yeux se mettre à briller de larmes. Il balbutia :

-Mais…Mais je…je pensais te faire plaisir…

Le fait que le voir pleurer me donnait envie de pleurer à mon tour ne fit qu'alimenter ma rage.

-Vous voulez me faire plaisir, votre Majesté, demandai-je d'un ton venimeux, et bien ne venez plus m'importuner pour me faire passer pour jeune princesse en mal de romance ! Et maintenant, si vous le permettez, je vais aller faire une balade en forêt et sans chaperon, quelque soient les risques pour ma virginité, et pardon de ne pas monter en amazone !

Et je montai en selle et envoyai Filia au plein galop d'un sec mouvement de talons. J'entendis Yuuri crier mon nom, mais refusai de ralentir et passai les portes.

Maudis sois-tu, Yuuri ! Pourquoi ai-je dû tomber amoureux d'un Henachoko stupide ! Je sentais une humidité traitresse sur mes joues et me haïssais pour cela.

Je galopai pendant environ quarante minutes à pleine vitesse afin de m'assurer d'être suffisamment loin du Château, puis demandai à Filia de passer au pas. Soufflant et humide de sueur, elle s'exécuta. Nous étions à la lisière d'une des forêts voisines. J'arrêtai ma jument et descendis, attachai mes rênes au pommeau de la selle et laissai Filia brouter en paix. Elle ne partirait pas sans moi, elle m'était suffisamment fidèle. J'allai ensuite m'asseoir contre un des arbres, posai mon épée à coté de moi et regardai le ciel rougeoyant du couchant. Les nuages avaient une splendide couleur pourpre.

Pourquoi me fais-tu ça, Yuuri ? Pourquoi ne pas m'avoir laissé en finir avec cette mascarade si tu ne veux pas de moi comme je suis ? Pourquoi nous fiancer officiellement ? Ca n'est pas juste… Je lui ai toujours été fidèle, je l'ai aimé, je l'ai protégé… Pourquoi dire qu'il m'aime si ça n'est pas vrai !

Je fermai doucement les yeux.


Au premier coup de tonnerre, je les ouvris à nouveau. Il faisait nuit noire, j'avais dû m'endormir. C'est la faute de Gwendal et de toutes les nuits qu'il m'a forcé à écourter, qu'est-ce que…. Je ne voyais rien, les nuages devant cacher la lune. La pluie se mit à tomber drue et en quelques secondes, je fus trempé des pieds à la tête.

-Filia ! Hurlai-je pour couvrir le bruit de l'averse.

Un hennissement lointain me répondit. Je me levai et cherchai à me rapprocher de sa source, fouillant l'obscurité de mes yeux détrempés. Mais une série d'éclair zébrèrent le ciel et immédiatement après un nouveau coup de tonnerre encore plus violent retentit. L'orage était juste au dessus de nous. Une série de hennissements m'apprit que Filia était en train de s'affoler. Une seconde plus tard, j'entendais vaguement des bruits de galop qui s'éloignaient dans la nuit.

-Filia ! Criai-je de nouveau, paniqué. Pourquoi ne l'ai-je pas attaché ?

Mais seuls les grondements de l'averse et le mugissement du vent me répondirent. Je grelottai à présent, m'entourant de mes bras. J'étais bien trop loin du Château pour rentrer à pied dans cette tempête et je n'y voyais pas plus loin que le bout de mon nez. Mais je ne pouvais pas rester à proximité des arbres juste sous un orage, c'était bien trop dangereux. Je marchai un peu au hasard, tentant de m'éloigner de la forêt. Mais je ne pouvais pas aller loin, je savais qu'a cet endroit, de l'autre coté de la route, il y avait une pente assez raide, couverte de rocher, si jamais je trébuchais…D'autres éclairs jaillirent et pendant une fraction de seconde, je vis comme en plein jour. J'étais au milieu de la route avec la forêt à ma gauche. Un peu plus loin sur ma droite, un grand rocher pourrait faire un abri convenable. Je tentai de m'en approcher, précautionneusement, la main en avant. Dès que je le sentis sous mes doigts, j'en suivis le contour pour trouver le renfoncement qui m'offrirait un bouclier de fortune contre les éléments. Malheureusement, la pluie avait rendu le sol boueux et glissant. Mon pied droit cessa soudain de me soutenir, je glissai, eus conscience de tomber et sentis un choc sourd contre mon front.

Yuuri…


Le soleil sur mes paupières me fit ouvrir les yeux, enfin, l'œil. Mon œil droit ne s'ouvrit qu'à moitié et me procura un brutal élancement. J'avais mal partout, particulièrement au cou, au dos et à la tête. La partie droite de mon visage n'était que souffrance. J'essayai de bouger la tête, mais cela me fit tousser et amena un liquide au gout métallique dans ma gorge. Je priais pour ne pas avoir le cou brisé, mais me rappelai que dans ce cas, je me serais déjà étouffé avec mon propre sang. Je tentai de bouger le bras droit pour amener ma main à mon front mais rien ne se produisit. Je recommençai, sentant la panique monter en moi. Oh Shinou, si je me suis brisé la colonne vertébrale... Mais je sentis mes muscles répondre et réussis, au prix d'une violente douleur, à amener ma main à mon front. Je tâtais mon œil droit et grimaçai sous la souffrance que cela engendra. Toute mon arcade sourcilière était enflée, comme si j'avais eu un énorme œuf collé au front. Je bougeai un peu ma tête en toussant et vit que j'étais dans de la terre, de la boue en fait. Autour de moi, en hauteur, il y avait de l'herbe. J'avais dû rouler jusque dans une des crevasses en contrebas de la route après m'être évanoui sous le choc de ma rencontre avec le rocher. Je me sentais incapable de bouger, mais il le fallait. Il était fortement probable que personne ne serait capable de me voir depuis la route et les équipes de recherche que mes frères ne manqueraient pas de diriger n'avaient en plus aucune idée mon parcours. Je pourrais attendre des heures, voir des jours, que quelqu'un me trouve et j'étais transi et assoiffé, ce qui signifiait, vu mon état que je n'allais pas tarder si ça n'était pas déjà fait à tomber malade. Et il ne fallait pas que mes blessures, dont j'ignorais le nombre et la nature, s'aggravent.

Je tentai donc de me redresser en m'appuyant sur mes mains. Mon dos était en feu et je sentais la boue qui le couvrait avec une telle acuité qu'il était certain que j'avais des plaies ouvertes. J'étais presque assis, lorsque la force me manqua et que mes mains dérapèrent dans la boue, me faisant retomber sur le dos avec un jappement de douleur. Le dos de ma tête rencontra un quelconque caillou et j'eus un nouvel élancement. Je gémis pitoyablement. Je commençai aussi à avoir peur. Il était évident que mes jambes ne me soutiendraient pas plus que mes bras. J'étais donc incapable de sortir de ce trou. Et si personne ne me trouvait ? J'essayai de toutes mes forces de crier, mais seul un murmure s'échappa de mes lèvres meurtries. Je ne pouvais rien faire. Je relevai les yeux vers le ciel, sentant mes larmes de crainte et d'impuissance glisser le long de mes joues. Stupidement, je me demandais ce que Yuuri était venu me proposer lorsqu'il m'avait offert ces fleurs, quels projets fantaisistes il avait encore été imaginer… Si seulement je n'avais pas été si impulsif, si je l'avais écouté…Nous aurions fait ce qu'il avait en tête puis nous serions rentré nous coucher, écoutant l'orage avec plaisir depuis la chaleur de notre lit. Je sais que Yuuri aime la pluie autant que moi. La définition d'une atmosphère romanti…propice à échanger des baisers et des caresses. Pourquoi me corrigeai-je ? Une atmosphère romantique. Il n'y avait pas de honte à être romantique avec l'être aimé. Pas de honte à accepter les gestes tendres, tel que celui d'offrir des fleurs. J'avais été stupide. Mais ce qu'il avait dit à Weller m'avait fait tellement mal…Pourtant le simple fait qu'il m'offrît ces fleurs prouvait qu'il tenait bien plus à moi que ses doutes ne le laissaient présager.

Yuuri…pardon Yuuri…

Je voulais lui dire en face que j'étais désolé. Allons, un Von Bielefelt ne pouvait accepter de mourir ainsi, dans la boue !

Je tentai une nouvelle fois de me redresser et échouais de nouveau. Bandant mes muscles et mon courage, je refis de même. Et encore. Et encore. Au bout de la cinquième fois, je parvins à me maintenir assis. Soufflant fortement et toussant un peu, je pliai une jambe. La douleur remonta jusqu'à mes épaules, mais je refusais de baisser les bras. Je pris appuie sur mon pied pour me retourner un peu et poser ma main droite à coté de ma main gauche, serrant les dents, je m'appuyai sur mes deux mains et réussis, après une minute de torture, à me mettre à quatre pattes. Je restai ainsi une bonne dizaine de minutes, haletant, tentant de maitriser mon haut le cœur et de m'empêcher de vomir. Du sang glissait depuis mon menton jusque dans la boue et à l'endroit où mon dos se trouvais auparavant, celle-ci était déjà d'une vilaine couleur carmine.

Je levai un peu la tête pour chercher un quelconque appui pour m'aider à me lever. Je posai ma main sur une pierre qui sortait d'une des parois de terre et par bonheur, elle tint bon. Une fois debout, le rebord de la crevasse m'arrivait à peu près au milieu de la tête. Il fallait que je grimpe sur les pierres et me hisse pour en sortir. C'est-à-dire, si les pierres tenaient le coup. Je risquais de me faire encore plus mal, si ça n'était pas le cas. Prenant une inspiration, je posai le pied sur celle qui avait l'air la mieux enfoncée dans la terre. J'avais l'impression que tout mon corps était en feu, mais après quelques minutes d'avancée précautionneuse, je réussis à me hisser jusque sur le sol herbeux et humide. J'aurais ri de joie si je n'avais été persuadé que cela me ferait encore plus souffrir. Il faisait beau et le ciel était d'un bleu sans nuage. Je te hais, songeai-je, m'adressant à l'azur.

Je me levai, sans appui cette fois, et regardai, vaguement désespéré, la pente que j'allais devoir gravir pour rejoindre la route. Je m'attelai à a tâche, lentement, par égard pour mon pauvre corps meurtri. Quand mon pied se posa sur la terre sablée de la route, j'en venais presque à tenir Yuuri pour responsable de ma mauvaise fortune. S'il n'avait pas dit ce qu'il avait dit à Conrad, je ne serais pas parti en balade à cheval et ainsi de suite. Je me laissai glisser le long d'un rocher pour m'asseoir, le même que la veille. Traitre, l'invectivai-je en pensée. Il ne me restait plus qu'à attendre que quelqu'un passe par là. J'étais trop endolori pour marcher davantage. Fermant les yeux quelques minutes pour reprendre mon souffle, je laissai le soleil me sécher et essuyai du revers de ma main droite, le sang de mon menton. Puis je rouvris les yeux. Il fallait que je visse dans quel état j'étais. Mon bel uniforme bleu était complètement déchiré et couvert de boue, ainsi que la chemise blanche que je portais en dessous. J'avais de nombreuses entailles sur le torse, les bras et les jambes. Le dos de ma main gauche s'ornait d'une profonde coupure couverte de boue, dont l'état violacé ne laissait rien présager de bon. Mes bottes avaient résisté, mais je sentais que mes pieds devaient être couverts de bleus. Ca, c'était pour ce que je pouvais voir. Je n'osais même pas imaginer l'état de mon dos et encore moins celui de mon visage. Uruwashi no Wolfram, hein ? Tu parles !

Malgré mes bonnes résolutions, je sentis mon coffre être secoué d'un rire silencieux.

-WOLFRAM !!! WOLFRAM !!!

Yuuri !!! Je tournais vivement la tête (aïe) vers la gauche et entendis distinctement les bruits de galop d'un groupe de cavalier. Rapidement, je distinguai l'étalon noir de Yuuri et le cheval bais de Conrad. Je levai la main pour leur faire signe.

-WOLFRAM !

Mon fiancé chevauchait à bride abattue devant quatre soldats et Conrad. Henachoko, tu vas te blesser ! Mais j'étais si soulagé de le voir…

-WOLFRAM !

D'accord, j'étais soulagé de voir Weller aussi.

Yuuri stoppa son cheval à quelques mètres et descendit sans l'aide de quiconque pour se jeter à mes coté. Je laissai mon regard se perdre dans ses beaux yeux sombres. Il leva une main et caressa doucement du bout des doigts, avec une infinie délicatesse, ma joue droite.

-Wolf, murmura-t-il, d'une voix basse, intense, j'ai eu si peur…Quand Filia est revenu seule, j'ai cru…j'ai cru…

Il termina sa phrase par un sanglot.

-Henachoko, murmurai-je, honteux d'entendre ma faible voix se briser.

Il ne dit rien mais posa ses lèvres sur les miennes, sans hésitation aucune, m'embrassant avec une passion que je ne lui connaissais pas. Du moins, pas dans ce contexte. Ses lèvres étaient exigeantes et je fermai les yeux, trop surpris, trop heureux pour laisser quoique se soit briser ce moment. Le baiser était chaste, mais j'eus l'impression qu'il soignait tout mon corps de par sa chaleur.

Un toussotement interrompit notre échange et Yuuri me prit délicatement dans ses bras, enfouissant son visage dans mon cou, par embarras ou soulagement, je ne savais pas.

-Heika, je pense qu'il faudrait ramener Wolfram au Château au plus vite, il a besoin de soins.

L'inquiétude perçait dans la voix et dans les yeux de Conrad.

Il s'avéra que ça n'était ni par soulagement, ni par embarras que Yuuri avait pris cette position, alors que j'entendais sa voix, toujours aussi intense murmurer pour mon oreille seule :

-Tout ira bien, Wolf, je vais te soigner, et ensuite, je ne te laisserai plus jamais hors de ma vue, même quand tu me feras démonstration de ton tempérament volcanique. Tu vas guérir, koibito… Je ne veux pas te voir souffrir, jamais. J'ai mal quand tu as mal. Je te protégerai, même de moi, je veillerai sur toi, comme tu le fais pour moi, je veux être toujours à tes cotés…

Et par les mots de Yuuri, autant que par ses mains, je sentis son majutsu se diffuser en moi, réparant les tissus, apaisant les inflammations, calmant les nerfs. Tout mon corps se rétablissant lentement.

-Laaa, mon chéri…Il n'y a pas à dire, Wolf, tu es un fiancé à problèmes…

Je restais bouche bée, alors qu'il se redressait pour me faire face, avec un petit sourire timide. Sans m'en rendre compte, je sentis les mots jaillir :

-Yu…Yuuri…Je suis…

Je déglutis, ça n'était pas facile.

-Pardon. Je suis désolé. Je n'aurais pas dû…

Il caressa doucement mes cheveux en souriant, davantage sûr de lui.

-Pourquoi, Wolf ? Dis-moi ce que j'ai fait qui t'a mis en colère à ce point. Je ne peux réparer ce que je ne comprends pas.

J'avalai difficilement ma salive sous ses yeux pleins de sollicitude. Comment lui avouer que je l'avais espionné ? Que j'avais écouté ce qu'il avait confié à la seule personne de Conrad ? J'avais honte de moi.

-Wolfram ?

Je levai les yeux vers ceux de Weller. Il me tendait mon épée et je la saisis, surpris et touché.

-Rentrons, votre Majesté. Vous aurez tout le temps de discuter avec votre fiancé une fois qu'il se sera reposé…et lavé.

Je me sentis rougir.

-WELLER-KYO !

Mon frère me sourit et je ne pus rien dire de plus. Lui et Yuuri m'aidèrent à me mettre debout, puis Weller me hissa sur Ao, derrière la selle. Sans hésiter, Yuuri monta à son tour. Je passai mes mains autour de sa taille.

-Je t'aurai fait passer devant, murmura-t-il en rougissant, mais je pense pas que j'arriverais à monter sans selle.

-Henachoko.

-Arrête de m'appeler comme ça !

Mais c'était vrai que les rares fois où il était monté en croupe, je dirigeais le cheval. Diriger sa monture avec quelqu'un devant soit, surtout quelqu'un de la même taille, n'est pas une mince affaire et mes bras étaient toujours trop douloureux pour que je conduise Ao.

Nous repartîmes au pas alors que Yuuri me racontait que c'était Murata qui leur avait indiqué la route à suivre. Comme quoi, ce grand sage peut servir de temps à autre, songeai-je sans remord. J'avais toujours été jaloux de ce Murata Ken. Il avait vécu plus longtemps auprès de Yuuri que moi après tout. Qui sait ce qu'ils avaient partagé…

Je m'appuyai davantage contre son dos, posant la partie non douloureuse de mon front sur son épaule gauche. Les mouvements d'Ao me berçant doucement, je m'endormis sans m'en apercevoir.