NdA : Désolée pour l'attente, mais mon rhume a empiré et pendant plus d'une semaine j'étais proche de l'état d'un zombi apathique atteint par une mouche du sommeille…Donc, l'écriture en a pris un coup. J'ai conscience que ce chapitre est court mais c'est pour vous faire patienter, et pour vous signaler que je ne suis pas morte de mon rhume, considérez le comme un petit inter-chapitre (Et non, il est pas classé NC-17, rassurez vous ou désolée, au choix) puisque je pars une semaine et serait d'en l'impossibilité d'écrire de nouveau durant ce laps de temps. J'ai déjà les idées pour la suite donc une fois de retour ça devrait bouger…je vous annonce déjà le chapitre suivant : l'Origine des pouvoirs de Yuuri
Chapitre 6 : Des idées sur l'amour et le sexe
Après leur jeu, nous étions revenus dans notre chambre, mais Yuuri avait été immédiatement réquisitionné par Günter (maintenant que les invitations étaient rédigées, il fallait que le Roi les signe). Conrad s'était enfermé dans le bureau avec eux. J'en avais profité pour remettre mon uniforme (pas question que mes hommes me voient habillé comme ça) et j'avais essayé de retrouver Gwendal, mais avait promptement changé d'avis en comprenant que mon aimé grand frère était pour l'heure et serait probablement pour un bon moment emprisonné par Anissina. Ne voulant pas partager son martyre et ayant appris que ma fille était présentement en cuisine avec Lasagna et Sangria, je pris le parti de retourner lire dans ma chambre. Je cherchais toujours un moyen de faire comprendre à mon fiancé combien il m'était irremplaçable, mais les idées que j'avais eu jusqu'à présent me paraissaient soit stupides, soit irréalisables. J'avais donc fait un tour par la bibliothèque à la recherche de quelques livres pouvant m'aider sur le sujet, des romans, des traités historiques sur les grands couples royaux, n'importe quoi, du moment que j'avais un espoir d'en apprendre davantage sur les relations amoureuses.
En passant à coté de l'une des grandes terrasses, j'aperçus la forme de Flurin, qui regardait le paysage. Elle portait une élégante robe blanche, longue et vaporeuse. Je restai un peu à la regarder, puis m'avançai vers elle. Je n'avais jamais parlé réellement seul à seul avec Flurin, et étrangement, j'en avais envie. Je m'approchai et posai mes livres sur une table avant de la rejoindre.
-C'est un si joli pays. Soupira-t-elle d'une voix douce.
Shin Makoku ? Oui, notre pays était magnifique, et maintenant, éloigné des dangers de la guerre, il était doux à vivre.
Je m'installai à sa droite et elle me sourit.
-Sa Majesté Yuuri est un bon souverain, vous avez de la chance…
Je haussai les épaules.
-Shinou l'a choisi pour être le plus puissant Maou. Ce Henachoko est capable de se débrouiller correctement.
Elle eut un petit rire en plaçant élégamment la main devant ses lèvres. Je lui coulai un regard de biais, interrogateur.
-Je voulais dire, Lord Von Bielefelt, que vous avez de la chance de l'avoir comme fiancé.
Elle soupira, avec un air légèrement lointain et une certaine amertume. Je me retins in extremis de lui hurler quelque chose du genre « pas touche à mon homme ! », ça n'aurait pas été très convenable.
-Il me rappelle le premier garçon dont j'ai été amoureuse. Il s'appelait Eric. Il était fils de fermier à Caloria, on avait 14 ans tous les deux…Il était si gentil…
-Que lui est-il arrivé ? Demandai-je involontairement
Mais pourquoi je m'intéresse à la vie sentimentale de cette humaine ?
-Il est mort. Le jour de ses 16 ans, nous avions rendez-vous sur la plage, il n'est jamais venu.
Une larme coula sur sa joue et je fis un pas vers elle en la voyant pleurer.
-Il…Dai Shimaron l'avait recruté de force. Trois mois plus tard, son père est venu m'annoncer qu'il était mort lors d'un raide contre les Mazoku.
Elle s'essuya les yeux et je baissai les miens. Flurin…Elle était bien plus jeune que moi, et pourtant elle avait déjà connu tant de souffrances. Je reportai mon attention sur le paysage. Malgré tout ce que Yuuri avait accompli, il y avait tant de souffrances et de blessures, tant de non-dits…Cela ne fit que raffermir ma résolution de devenir un Consort digne de ce titre.
-Pardon, votre Altesse, je ne voulais pas m'épancher ainsi. Le Maou a rendu l'espoir a tous de voir un jour nos peuples vivre dans la paix et de refermer les blessures, de faire taire les haines…S'il ne réussit pas…
-Yuuri réussira. Yuuri peut tout accomplir.
Ma voix contenait toute ma certitude. Il y avait longtemps que je ne doutais plus de Yuuri. Il avait dépassé les pouvoir de Shinou, il avait vaincu notre plus cruel ennemi, il avait stoppé des guerres par la seule force de sa volonté (et avec le sens pratique de Gwendal et Günter et l'épée de Conrad, soit). Elle sourit en me regardant, avec toujours cette triste amertume au fond des yeux.
-Vous l'aimez beaucoup.
« Beaucoup » ne commençait même pas à définir l'étendu de mon amour pour Yuuri ! Mais je ne dit rien.
-Et il vous aime autant.
-Qu'est-ce que vous en savez ? Grognai-je.
Le sujet était trop sensible pour que je ne me rebiffe pas un peu. Son sourire se fit légèrement malicieux.
-Ce que j'en sais ? J'en sais que lorsque nous nous sommes promenés ensemble, il n'a pas prononcé une phrase qui ne contenait pas « Wolfram a fait ceci » ou « Wolf a dit cela ». Il parle de vous comme il respire, instinctivement. Il n'en a peut-être pas conscience, mais c'est la preuve la plus flagrante que j'ai vu.
Je ne pus m'en empêcher, je me sentis rougir. Que quelqu'un d'autre que Conrad, et en particulier Flurin, dise ça…
-La première fois que je l'ai rencontré, je pensais que je pourrais l'aimer…Mais maintenant…
Elle secoua doucement la tête. Je baissai la mienne. Je ne sais pas combien de temps dura cet étrange et embarrassant silence mais au bout d'un moment elle se reprit.
-Bien, il est temps que j'aille plier mes affaires. Je retourne à Caloria cette après-midi.
Elle me fit une révérence à laquelle je répondit avec automatisme puis je la regardais s'éloigner, partager entre une joie indicible et féroce de me savoir débarrassé de ma rivale, et un désagréable sentiment de compassion pour cette âme solitaire chargée de tant de responsabilités. Je ne pouvais m'empêcher de songer que je serais soulagé et content de la savoir mariée et heureuse…
Yuuri a une mauvaise influence sur moi…
Je repris mes livres et le chemin de nos appartements. Arrivé dans notre chambre, je posai mon fardeau, quittai ma veste d'uniforme et sortis ma chemise de mon pantalon pour la déboutonner, l'esprit ailleurs. Mes plaies ne me faisaient plus vraiment souffrir à condition que je ne bouge pas trop brusquement. Gisela était un excellent médecin et Yuuri également. Il n'y a rien de plus satisfaisant pour soi que de soulager la peine d'autrui. La douce voix de Suzana Julia raisonnait dans ma tête et je m'en voulais presque de ne pas l'avoir écouté à l'époque. Presque, il ne faut pas exagéré. Personnellement, enflammer ou trancher dans le vif du sujet, je trouve ça aussi très satisfaisant…
J'étais tout de même un peu fatigué.
Un bain chaud me ferait le plus grand bien et justement, pourquoi ne pas profiter de l'accès au bain privé de sa Majesté…
Je finis de déboutonner ma chemise et débouclai mon ceinturon, laissant mon pantalon glisser et pendre sur mes hanches. Mon dos était un peu raide et, me cambrant, je me massai la nuque avec un soupir.
-Wolfram, tu es là ? Je me disais qu'on pourrait…
La voix de mon fiancé se perdit dans un murmure et je me tournai pour voir ce qui n'allait pas. Il me regardait, la bouche entrouverte, en clignant des yeux.
-Yuuri ? Murmurai-je, surpris par l'intensité de son regard.
Il ne réagit pas, continuant de me fixer ardemment, me dévorant presque des yeux. J'avais déjà été regardé ainsi par des hommes et des femmes, mais jamais avec une telle intensité, et jamais par Yuuri. Je baissai les yeux pour m'examiner et sentit mes joue s'empourprer à mon tour en constatant que mon torse était dénudé et que ma chemise pendait lascivement sur mes épaules, menaçant de glisser le long de mes bras, alors que mon pantalon s'accrochait vaguement à mes hanches.
-Wolf…
Je relevai la tête et croisai les yeux sombres de Yuuri. Son regard était différent, presque…évaluateur. Il s'avança vers moi, lentement, comme sous l'emprise de quelques maléfices. Sa main droite était légèrement levée, comme s'il hésitait à la tendre vers moi, ce qu'il finit par faire. Il posa la main sur ma joue, caressant ma peau de son pouce. Je ne pouvais plus bouger, totalement paralysé par son regard intense et brûlant. Sa main glissa jusqu'à mon épaule, puis jusqu'à ma taille. Il s'avança encore un peu et enroula son bras autour de mes hanches, m'attirant brusquement contre lui, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Il posa doucement sa main gauche sur ma joue, la caressant doucement du pouce.
-Yu…Yuuri ?
-Wolfram.
Sa voix était basse, tremblante, pleine d'émotion contenue. Et ses yeux abyssaux, avides. Je me sentais tomber, une sensation si étrange. Il y avait quelque chose au fond de ses yeux, cette flamme comme…comme quand le Roi originel…Mais non, ses yeux n'étaient pas ceux…
Je ne pus aller plus loin dans mes réflexions, complètement pris par surprise en sentant les lèvres de Yuuri se poser sur ma gorge, alors qu'il me pressait contre lui et que je ressentais toute la mesure de se convoitise. Les baisers impulsifs qu'il me prodiguait me firent involontairement frissonner alors que mes bras s'attachaient aux épaules de mon fiancé. Je sentais mon propre désir battre dans mes veines.
-Yuuri…
Il ne dit rien pendant un moment et quand enfin il prit la parole sa voix était douloureuse, déchirante.
-Je sais pas quoi faire…Tu me rends fou, Wolf…Et je…je donnerai n'importe quoi pour que ça s'arrête…Mais ma vie pour que ça continue…Je sais pas quoi faire…
J'ouvris la bouche mais me trouvai incapable de parler. Je pris une inspiration. Je pouvais concilier avec un Yuuri insupportable et indécis, ou simplement timide. Mais l'homme dans mes bras, cet homme visiblement torturé par ses désirs, n'était pas l'adolescent Yuuri. Yuuri…Si complexe…Si étonnant…
-HEIIIIIKA !
Je ne crois pas avoir jamais vu Yuuri faire un tel bond depuis la fois où il avait atterri en costume de soubrette derrière moi à cheval. Mais c'était aussi bien qu'il ait eu ce réflexe parce qu'une demi-seconde plus tard, Günter jaillissait dans la pièce. Je n'arrivais pas à croire que Yuuri ait pu laisser la porte ouverte !
Si Günter, ou n'importe qui s'autre, avait vu Yuuri me…hem…molester…Je n'imagine même pas le drame.
Tel quel, il y en eut tout de même un de drame, lorsque le conseiller remarqua l'état de mes vêtements et la rougeur de ma peau. Günter semblait au bord de l'apoplexie.
-Heika ? Wolfram ? Vous…Vous…
-Günter ! Quelle bonne surprise ! S'écria Yuuri, pendant que je pensais simultanément à réduire Von Krist à l'état de côtelette grillée. Wolf allait justement prendre un bain !
Günter sortit de sa transe.
-Un bain ? A cette heure-ci, Wolfram ? Mais c'est presque l'heure du déjeuner !
Comptez sur Günter pour se soucier de ce genre de manquement au protocole.
-Je vais juste m'enlever l'herbe dont je suis couvert parce que ce Henachoko a tenu à ce que j'assiste à son jeu ridicule.
Je tournai rapidement les talons, me dirigeai vers la salle d'eau, et en claquai la porte derrière moi non sans entendre le « ne m'appelle pas comme ça » de Yuuri derrière moi.
Une fois à l'abri je m'appuyai contre la porte et soupirai. Que s'était-il passé ? Yuuri était venu, encore une fois me proposer de mettre en pratique l'une ou l'autre de ses idées. Et puis…Et puis quoi ? Il m'avait vu dans une position lascive et…je me sentis de nouveau rougir, une occurrence bien trop fréquente ces temps-ci. Yuuri me désirait. Le sexe était quelque chose qui me fascinait et m'attirait. Jusqu'à présent j'avais été tellement concentré sur l'aspect émotionnel, cherchant à attirer l'amour de Yuuri puis à consolider notre relation au-delà de ses doutes et des miens, mais maintenant…Maintenant c'était à Yuuri que je pensais, à son corps musclé, à ses yeux sombres, à ses lèvres dévorant ma gorge, à ses mains calleuses d'avoir manipuler ce bout de bois qu'il appelle une batte, caressant sur ma peau, à la façon dont il avait murmuré mon nom, à sa voix basse et intense. Je fermai à demi les yeux et laissai mes mains glisser le long de mon corps. J'avais chaud. Et j'avais envie…
J'arrivai un peu essoufflé et en retard au déjeuner, mais tout à fait épanoui. Je me glissai à la gauche de Yuuri, qui discutait avec animation avec Flurin et qui semblait prendre un soin tout particulier à ne pas me regarder. Je m'en accommodais très bien, n'ayant pas envie de tourner au rouge pivoine devant tout le monde, particulièrement après mon petit interlude de la salle de bain. Ma mère n'était pas là et Gwendal m'apprit, les dents serrées, qu'elle était en pique nique avec l'un des nobles de second rang, nouvel occupant dans l'aile est. Il avait l'air épuisé et à voir l'air boudeur d'Anissina, je déduisis un autre criant et douloureux échec, douloureux pour mon frère s'entend. Dès que Gwendal eut terminé, Greta se mit à me parler avec animation du livre que je lui avais lu quelques jours auparavant, encore un roman d'Anissina. Il faudra que je pense à demander à Yuuri de ramener des livres à sa fille de la Terre, peut-être qu'ils seraient une lecture plus appropriée…
Le repas se passait agréablement bien, jusqu'à ce que Günter se racle la gorge.
-Votre Majesté, il y a une…affaire dont j'aimerais discuter avec vous.
Yuuri sourit et se tourna vers le conseiller.
-Oui, Günter.
A ma grande surprise, Günter me jeta un regard hésitant. Qu'est-ce que… ? Et tout d'un coup, je réalisais ce dont il voulait parler à Yuuri, profitant sans doute de l'absence de ma mère.
-Wolf… ? Questionna Yuuri, alors que le silence se faisait dans la salle.
Je tournai les yeux vers lui et pris une inspiration.
-Yuuri, je ne t'ai jamais parlé de mon père…
Désolée de m'arrêter là…Pas le choix…
