Nous nous regardions, assis en tailleur l'un en face de l'autre, sur notre lit
NdA : Coucou les filles, gomen ne, je vous fais attendre, surtout que j'étais très contente de l'afflux de review, mais j'ai peu de temps pour écrire.
J'en profite pour faire une réponse, à Cloclo chan (à prendre comme elle vient, hein, j'étais super contente de ta review quoiqu'il en soit, et flattée par tes compliments aussi). Les pensées des personnages, leurs réactions, sont là pour illustrer leur personnalité. De même, si je crée un personnage ouvertement homophobe, avec des arguments complètement scandaleux, mais qu'on entend tout le temps dans la rue, ça ne signifie pas que j'adhère ou que je donne du poids à ces arguments. Lorsque Conrad dit dans mon chapitre 5 « un des hommes qui est vu comme le dominé, celui qui est la plus féminin, qui joue le rôle de l'épouse en quelque sorte. », ça ne veut pas dire que je le crois, ou même que Conrad le croit (vous l'entendez pas protester vigoureusement dans le fond ?), mais que Yuuri le ressent comme ça, justement parce que c'est une idée reçue de beaucoup de gens. Chaque fois que je fais parler Wolf ou Yuu, ou chacun des autres perso, j'essaye de me mettre au mieux de mes possibilités dans leur peau, mais tout ce que je le fais dire ou ressentir n'est pas forcément en accord avec mes propres idées ou principes. Je suis moi-même bi et, non, je ne pense pas qu'il y ait forcément de « rôle » masculin et féminin dans un couple, homo ou pas. Une autre ch'tite remarque juste parce que ça m'a fait agréablement rire, à Saemi. Je sais que l'ortho et la gram sont mes bêtes noires, surtout des fautes d'inattention en fait, mais bon, quand tu me dis « fais un peu attention ! », évite d'écrire le « fais » f-a-i-t, parce que ça fait pas sérieux (c'est à prendre comme ça vient, pareil, je sais que je suis pas au top niveau, à ce niveau-là, donc je vais essayé de faire davantage de relecture intensive ! Promis, je vais faire un effort ! Je vais demander à Gwendal de me relire ! (nooon, après il va être traumatisé par ce que je fais faire à son petit frère !)
Un chapitre court, dsl, mais c'est juste pour vous faire patienter jusqu'à ce que j'ai réellement le temps de me plonger dans la vie de famille de Wolf (ce chapitre est un peu hot (strong M, mais toujours pas de NC17), et Yuuri est juste un peu OoC, mais c'est prévu…). Je rappelle que pour le moment Anissina reste la grande gagnante…Comme d'hab, j'annonce rapidement le prochain chapitre : La figure paternelle, la plaie fraternelle
Chapitre 9 : Le Maou ou celui que j'aime ?
Nous nous regardions, assis en tailleur l'un en face de l'autre, nos genoux se touchant, sur notre lit. Murata nous avait aidés à trouver la bonne position, jambes croisées et dos droit, soi-disant pour méditer. Encore une coutume terrestre.
-Il va falloir que Shibuya se détende et se laisse bercer si je puis dire par la voix de Lord Von Bielefelt jusqu'à ce que celui-ci réussisse à toucher la conscience du Maou.
Je ne sais pas qui de Gwendal ou de moi avait l'air le plus incrédule. Mes frères avaient insisté pour rester derrière la porte pendant que Günter mettait en place le réseau d'espionnage. Yosak devrait arriver au palais d'un instant à l'autre. Magnifique. Conrad va être bizarre et…J'ai l'air nerveux…Non, je ne suis pas nerveux !
-La clé, c'est de lui parler.
-Mais je dois dire quoi ?
-L'aider à se détendre…L'aider à chercher le Maou en lui…L'aider à se relaxer…Je suis sûr que vous saurez faire ça !
Je ne dis rien, mais fusillai le Grand Sage du regard. Et maintenant, nous étions seuls, et il fallait que j'agisse.
-Très bien, Yuuri, détends toi…
Mon fiancé sourit gentiment.
-Tu serais plus convaincant, Wolf, si tu n'étais pas aussi tendu !
Ca me mit en colère, une colère née de ma peur de mal faire…Il s'agissait de l'avenir de mon Yuuri, le garçon que j'aimais, après tout…
-Je fais ce que je peux, Henachoko ! Il faut qu'il vienne ! Il le faut ! Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose ! Tu crois que c'est facile ! Ca n'est pas toi qui…
Yuuri me coupa la parole de la plus douce des façons, il posa ses lèvres sur les miennes. Depuis cet après-midi, il semblait remarquablement à l'aise avec l'idée de m'embrasser. Enfin, je n'allais pas m'en plaindre…Cette fois-ci, il n'y avait presque plus d'hésitation. Yuuri glissa instinctivement sa langue dans ma bouche et je me délectai du contacte savoureux. Ses lèvres devinrent insistantes, l'hésitation laissant place à une grande assurance, et je le sentis bouger. Je devinai, derrière mes paupières closes, qu'il venait de se mettre à genoux, puis presque à quatre pattes en s'appuyant sur un bras, tandis que l'autre se glissait doucement autour de ma taille. Je voulus lui demander ce qu'il faisait, mais il refusa de libérer mes lèvres. Sa langue continuait à m'explorer, lentement, sensuellement, n'oubliant aucun recoin. C'était si intime, comme s'il prenait par cet acte possession de moi. Je ne savais pas encore comment était véritablement l'acte d'amour, mais je n'arrivais pas à imaginer qu'il puisse égaler ça. Le bras qui tenait ma taille remonta langoureusement le long de mon flan jusqu'à mon épaule puis m'encouragea à passer mon bras autour de son cou. Bientôt je m'accrochai désespérément à lui, mes doigts s'enfonçant dans son dos. Il eut un sourd grognement et sépara très légèrement nos lèvres. J'avais l'impression que mes paupières pesaient une tonne, pourtant je cherchai à les ouvrir.
-Yuu…Yuuri…
Mais je n'eus même pas le temps d'ouvrir les yeux avant de subir, avec joie, un nouvel et brusque assaut. Il me poussa doucement, jusqu'à ce que je sente la douceur du lit sous mon dos et la dureté de son corps entre mes jambes. Son excitation semblait égale à la mienne et lorsque son bas ventre entra en contacte avec le mien, je ne pus retenir un gémissement. Sa langue vint caresser la commissure de mes lèvres. C'était si nouveau, si bon que je me sentis perdre pied, incapable de bouger, le laissant faire à sa guise, trop perdu dans les sensations pour remarquer combien ce comportement semblait incongrus venant de mon Yuuri. Il commença à défaire les boutons de ma veste et cela me ramena en partie à la raison. Mais c'était si…
-Mon bien-aimé Wolfram…
La voix était profonde, grave, elle me fit ouvrir les yeux brusquement. Au même instant, ma main glissa dans ses cheveux noirs. Ils étaient longs… Je croisai le regard sombre et acéré du Maou. La main qui détachait ma veste remonta jusqu'à mon visage et le caressa du bout des doigts. J'étais pétrifié.
-Tu as demandé ma présence. Tu devrais savoir que tout ce que je suis t'appartient…
Et maintenant ? Murata n'avait rien dit de ce que je devais faire.
-Yuuri ?
Il alla pour m'embrasser de nouveau mais je le retins. Je me sentais un peu effrayé.
-Pourquoi as-tu peur mon aimé ? Murmura-t-il contre ma bouche.
Je déglutis, troublé par le pouvoir, la tranquille assurance qui se dégageait de lui. La force de sa présence était enivrante, comme une puissante liqueur. La chaleur de son corps n'avait pas diminuée, pas plus que la vigueur de son désir.
-Vous…Vous n'avez pas toujours été des plus…des plus…hem…amicaux en ma présence.
Il me sourit.
-A comportement d'enfant mal élevé et, qui plus est, dangereux, je dois appliquer une punition adéquate, pour ton bien également, mon amour. Mais ça n'est pas pour ça que j'aime moins ton âme et ton cœur…
Il eut un léger mouvement d'ondulation qui me fit gémir.
-Ou ton corps.
Il glissa ses lèvres sur ma gorge et sa main déboucla ma ceinture.
-Ahh…Arrêtez…Yuuri…Je…
Mais sa main se fit encore plus aventureuse et les mots se coincèrent dans ma gorge lorsque sa peau toucha ma chair brûlante.
-Je sais ce que tu veux mon amour…la conscience de Yuuri doit accepter toute l'amplitude de ses pouvoirs…le Yuuri que tu connais et moi ne devons faire plus qu'un. Mais ça n'est pas si simple…Hum…Ton parfum est distrayant…
Ses lèvres virent embrasser la peau de ma joue tandis que sa main continuait ses caresses.
-Yuuri et moi avons déjà été en osmose, lorsque nous avons vaincu Shinou. Seule la force de sa volonté peut lui permettre d'utiliser son plein potentiel. Ca ne peut pas se faire que s'il a parfaitement confiance en lui et en ses capacités…et je connais un moyen de renforcer cette confiance…
Ses caresses se firent à la fois plus précises et plus appuyées. Je ne pouvais retenir mes gémissements de plaisir.
-Ton plaisir, Wolfram…Etre capable de te donner du plaisir, voilà ce qui va donner confiance à Yuuri…
Sa respiration se fit plus ardente alors qu'il exhalait mon nom d'une voix rauque. Je rejetai la tête en arrière et sentis sa bouche contre ma gorge.
-Tu es mien, Wolfram. Tu es mon promis. Tu es mon avenir. Ne l'oublie jamais.
La morsure qui suivit, à la fois douce et douloureuse, suffit. Je me laissai aller entre ses bras, en un cri, les mains crispées sur son dos. Un instant je crus perdre connaissance, puis le voile blanc qui m'entourait se dissipa et je vis le visage de mon Yuuri, étrangement sérieux, apaisé, plus mature que je ne l'avais jamais vu, me regarder en souriant.
-Yuu…
Mais la porte s'ouvrant rudement me fit sursauter. Conrad et Gwendal jaillirent dans la pièce, épée en main.
-WOLFRAM !
Si vous venez protéger ma vertu, c'est un peu tard, ne puis-je m'empêcher de penser, avant de rougir violemment en me rendant compte de ma position et que la main de Yuuri était toujours à CET endroit.
-Votre Excellence ! J'aurais jamais crû ça de vous !
Yosak. Magnifique. Mon humiliation était maintenant complète ! A défaut de savoir quoi faire, j'enfouis mon visage dans le cou de mon fiancé en grognant.
-Enlève ta main, Henachoko ! Tout ça c'est de ta faute !
La main de Yuuri quitta mon bas-ventre pour se poser près de ma taille sur la couverture. Je sentis un baiser contre mes cheveux.
-Je voulais te donner du plaisir, Wolf…Est-ce que je t'en ai donné ?
Plus que tout ce que j'ai déjà ressenti dans mon existence. Simplement parce que c'était toi…jamais je n'aurais osé dire ça tout haut. Ma fierté…Mais je rougis davantage. Cela sembla lui suffire.
-Gwendal, Conrad, Yosak, au lieu de rire ou de nous regarder avec des yeux de merlan frit, je vous suggère de quitter cette salle avant que je ne vous fasse chasser par les gardes pour avoir posé les yeux sur notre intimité.
-Wolfram ?
Ani-ue ne se contenterait pas des mots de Yuuri.
-Je vais bien.
Gwendal émit un grognement exprimant son doute.
-Heika ?
Et Conrad ne pourrait jamais réfréner sa fibre paternelle…
-Oh Shinou ! Capitaine, Excellence, ils vont bien nos tourteraux, ça se voit non ?
Yuuri et moi nous redressâmes. Yuuri s'assit près de moi et me couvris avec la couverture. Et Yuuri, il n'a pas…Ou peut-être que si. En tout cas, il n'y avait plus de preuve visible de son désir.
-Et le Maou, Shibuya ?
Et Murata Ken, ben voyons, tant qu'à faire…
Je voulais mourir…Je me pris la tête dans les mains, cachant mon visage. La main de Yuuri se posant sur mon genou m'empêcha de céder à la panique.
-Il a pris possession de moi. Mais c'était différent cette fois. Je…je crois que ça venait de Wolfram. Et puis…
Sa voix devint un peu hésitante, mais le Grand Sage l'interrompit.
-C'est très bien ! Donc tu avais conscience de sa présence ?
Je regardai Yuuri entre mes doigts écartés. Il avait un air vaguement perplexe.
-C'était étrange. Mais j'étais conscient. C'était comme si…comme si j'utilisai son assurance…pour…avec Wolf…
Il rougit un peu. Oublier le « je veux mourir ». Je veux disparaître à six pieds sous terre.
-Visiblement ça a bien marché !
Je n'avais jamais autant haïs la bonne humeur permanente de Yosak qu'en ce moment.
-Yosak…
Le ton semi-réprobateur, et semi-amusé, de Conrad n'arrangea rien à ma situation. Avec un sursaut d'énergie, je me levai et quittait la pièce en courant vers nos bains privés. Une fois là, je me laissais glisser au sol, dos contre la porte, mortifié.
-Wolf !
-Wolfram !
Je n'écoutais ni mon fiancé, ni mon frère ainé. Une seule pensée m'obsédait. Ils savaient. Ils savaient tous. Ce que le Maou avait…Ce que je l'avais laissé faire…
Mais Yuuri était aussi conscient…Comment se faisait-il que mon timide, mon pudique fiancé ne soit pas mortifié par la situation ? Pourquoi étais-je le seul à être embarrassé ?
Et puis une autre idée horrible me traversa l'esprit.
Etait-ce bien Yuuri qui m'avait prodigué toutes ces caresses ? Ou seulement le Maou ? Le premier contacte sexuel autre que le mien sur mon corps aurait dû être réservé à Yuuri. C'était mon fiancé. En avait-il eu conscience ? « Yuuri est Yuuri » avait dit Shinou. « Je voulais te donner du plaisir… » avait dit Yuuri. Mais et si…
On frappa à la porte.
-Wolf ? C'est moi…Ils sont tous parti.
Je ne dis rien, m'entourant de mes bras.
-Est-ce que…est-ce que je t'ai fait mal ?
Mon Yuuri, mon tendre amour, plein de sollicitude…
-Je ne voulais pas, Wolf…Je voulais juste…Je voulais que ça marche…Et…Et je me suis transformé…Et après…C'était comme si tout d'un coup, tout ce qui comptait, c'était mon…hem…mon…
Il prit une profonde inspiration puis marmonna.
-Mon désir pour toi. Et le fait que nous étions fiancés…Et que…et que…je t'aime…Wolf…
J'avais été injuste. Je laissais mon fiancé se torturer…Mais il fallait que je sache.
-Tu…Yuuri, tu étais conscient lorsqu'il…
-Ca n'était pas que lui, Wolf, nous étions deux…Pas au début…Mais peu-à-peu…J'avais besoin de te voir…Ma conscience…J'ai réalisé combien je voulais te voir, t'entendre…C'était étrange…mais j'ai aimé…Et toi, Wolf ?
Je ne répondis rien. Je me levais et ouvris la porte.
