NdA : Salut à toutes. Tout d'abord, désolée d'avoir été si longue, presqu'un an, avant de publier cette suite. Mais mon retour du Japon, divers problèmes personnels et un intéret nouveau pour certains autres fandoms y sont pour beaucoup.
Et je la publie ainsi, même si ce n'est pas exactement ce que je voulais (j'ai galéré à l'écrire, elle en est à ce stade depuis 5 mois environ), pour vous dire que, oui, je la continue, mais qu'il me faut me remettre dans les personnages et dans l'histoire, me replonger vraiment dans la série... Ce que je ne pourrais faire que pendant les vacances d'été, à moins que j'ai un peu de temps (donc, d'avance, dsl pour le suspens, mais d'un autre coté, je vous rassure l'histoire est très claire dans ma tête, donc elle est cadrée).
Ayant recçu une masse de review pour laquelle je suis éternellement reconnaissante (je vous adore et pour celles qui lisent, je ne peux que vous remercier de votre patience de tout mon coeur) je ne vais exceptionnellement pas répondre à chacune s'entre elles. Mais je reprendrais le rythme dès le prochain chapitre, pas de soucis. Si celles qui me suivent depuis le début sont encore là, je les en remercie. Je vous embrasse toutes !
Cette histoire, comme je l'ai dit, est claire dans ma tête, avec une fin. Même si je prends un peu de temps, elle ne sera pas un WIP je vous l'assure.
Sur ce, la suite tant attendue.
Chapitre 12 : Réception royale et foudre paternelle
La première chose que je remarquai en rentrant, fut que l'on avait installé un siège en demi-lune à la gauche du trône de Yuuri. Il m'était destiné, je le savais, mais ça me faisait toujours un choc… mon fiancé était assis sur son trône, mais semblait trépigner, remuant un peu, avec son impatient optimisme. Greta se tenait à sa droite, dans une très jolie robe rouge et or à volants, avec des petits nounours accrochés aux manches en forme de Kumahachi. Un cadeau de Gwendal, comme je le découvrirais plus tard. Mon grand frère et les choses mignonnes…Toute une histoire qui (heureusement pour sa réputation) restera non écrite. En parlant de lui, Ani-ue se tenait deux marches en dessous du trône, debout, une main sur la hanche, tout son corps en tension. Même si je ne le voyais que de dos, il m'était facile de deviner le froncement de ses sourcils et ses lèvres serrées. Günter, lui, était debout en bas des marches, un parchemin entre les mains (la liste des nobles de notre famille accompagnants mon père, probablement, afin de bien prononcer leurs noms). Le Grand Sage se tenait en retrait à la droite du trône de Yuuri, les bras croisés, à moitié dissimulé par la lourde tenture de brocard.
La salle était comble. Des deux cotés de l'immense tapis rouge menant de l'entrée au trône, la foule des nobles et courtisans se pressait avec curiosité. Ordinairement, l'accueil des nobles en visites, même de haute naissance, se fait beaucoup plus sobrement. Mais cette fois-ci, l'évènement faisait figure d'exceptionnel et j'étais persuadé que rumeurs et conjectures fleurissaient partout autour de Yuuri et de moi.
Conrad alla se placer discrètement sur la même marche que Gwendal mais de l'autre coté par rapport aux trônes. Je pris une inspiration et rajustais ma cape avant d'aller à mon tour prendre place auprès de mon futur époux. Un murmure parcourut l'assemblée à mon arrivée. Je l'ignorai, j'avais plus important à penser. Yuuri tourna la tête vers moi et me sourit :
-Tu aurais dû entendre le briefing que Gwendal m'a fait sur le protocole à respecter, chuchota-t-il en souriant, mais son sourire était crispé et je sentais son inquiétude, J'ai l'impression que c'est impossible de ne pas faire de faux pas.
-Henachoko, grognai-je, tiens-toi juste tranquille et tout ira bien.
Je crois que je me parlais plus à moi-même qu'à Yuuri. Avant que Yuuri n'ait pu répondre trois coups sourd annoncèrent l'ouverture imminente des portes. Un grand silence se fit dans la salle, une foule entière retenait son souffle. Mon ventre me faisait mal et l'anticipation me brulait la gorge. Je me forçais à rester droit sur mon siège, aussi impassible que je le pouvais, mais une inquiétude sans nom me dévorait le ventre. Où est Haha-ue ? La question jaillit dans ma tête alors que je balayai la salle des yeux. Je réalisai que cela faisait presque deux jours que je n'avais pas vu ma mère. Mais dans ce cas précis, j'en étais plutôt heureux. Nous allions avoir suffisamment de problème, inutile d'avoir en plus un ancien Maou sautant à la gorge d'un Seigneur de clan.
L'ouverture des portes me ramena brutalement au présent.
-Lord Ahren Von Bielefelt et Lady Lorelei.
Je ne pouvais détacher mon regard de mon père. Il était toujours aussi grand et majestueux, aussi marmoréen, semblable à un héros de légende. Pourtant son visage était incroyablement doux, un fin sourire effleurant ses lèvres. Ses mèches blondes glissant autour de son visage, lâchement rassemblées en catogan. Il portait la longue toge blanche qui marquait son statut et une cape bleue nuit aux épaulettes ciselées en argent. Il ne portait pas d'épée, respectant la règle qui interdit d'approcher armé le Maou. Par delà la distance qui nous séparait son regard accrocha le mien, de ses yeux verts si semblables aux miens, que je devinais plus que je ne les voyais. Je me forçai à détourner les yeux…et les posai sur Lady Lorelei. Elle était aussi belle que dans mes souvenirs. Des cheveux d'un blond presque blanc étaient élégamment relevés en un chignon d'où de longues mèches s'échappaient et venaient caresser en une cascade frémissante la peau satinée d'un visage d'un parfait ovale, effleurant de temps à autre les lèvres nacrées en un mouvement hypnotisant de sensualité. Elle avait le port d'une reine et sa mince forme était enveloppée dans une longue robe d'un rouge grenat, dévoilant les épaules et la naissance des seins, mettant parfaitement en valeur sa peau de perle. Elle était de ma taille, mais cela n'enlevait rien à sa beauté et ne faisait que souligner l'impression de délicatesse et de raffinement qui se dégageait de sa personne. Néanmoins, je connaissais l'âme qui se cachait sous cette apparence enchanteresse et pure, celle qui me haïssait en temps que preuve flagrante de l'infidélité de son mari, celle qui méprisait ceux qu'elle considérait comme inférieur. Ce froid détachement qui la caractérisait. Je frissonnai.
Le couple resta un temps immobile, sous les regards avides et les murmures de la foule, puis s'avança.
-Lord Luther et Lady Dagmar.
Luther était impassible et détaché, montrant ce parfait mélange d'arrogance et d'humilité qui caractérise les futurs héritiers des grandes familles. Quand à Dagmar…Elle était ravissante. Mais sa beauté plus commune était éclipsée par celle, resplendissante, de sa mère. Ses cheveux blonds étaient relevés et couverts d'un filet bleu et elle portait la robe blanche, brodée d'or, couvrant tout le corps depuis les bras jusqu'au haut col ainsi que le voile transparent. Cette tenue caractérise dans la tradition des Von Bielefelt les jeunes filles nobles à marier. Son visage mince était respectueusement baissé. La suite de la procession entra à son tour, par rang de noblesse, mes deux oncles et leurs épouses en premiers, puis mes cousins, suivis par le reste de la famille. Je ne les connaissais pas tous très bien, en particuliers mes oncles qui ne résidaient que rarement à la forteresse de mon père. Forteresse qu'il avait dû laisser à la garde de mon grand oncle, son conseiller, comme c'était la coutume. Parmi mes cousins, j'eus la joie de reconnaître Isana, dans son uniforme bleu nuit et argent, ses courtes mèches rousses impeccablement coiffées sur le coté, un sourire moqueur aux coins des lèvres et ses yeux si bleus que je les voyais même de depuis mon siège. Isana Trude est la fille de la sœur ainée de mon père, qui a épousé l'un des barons vivants sur nos terres, Rupert Trude. Isana est sa fille cadette, et elle a choisi la voie des armes, où elle a excellé au point de devenir lieutenant dans la garde personnelle de Dagmar, qui ne comporte comme il se doit que des femmes. Quand je suis arrivé chez mon père, enfant, Isana avait un peu plus de 40 ans et elle a été comme une grande sœur. C'est elle qui m'a appris à me battre, jusqu'à ce que je retourne auprès de ma mère et que Conrad reprenne la tâche de faire de moins un soldat. Alors que je la regardais, elle tourna la tête vers moi et me dédia un clin d'œil.
Au milieu d'un grand silence, chacun retenait son souffle, prit par la solennité de l'instant. La Cour n'avait plus connu de tels instants dramatiques et ritualisés depuis longtemps. Enfin, mon père et son épouse se laissèrent glisser à genoux, une main sur le cœur, suivit immédiatement par l'ensemble de leur suite, en une gracieuse vague.
Yuuri prit une inspiration et se leva. Je sentais confusément sa grande agitation et j'eus un mauvais pressentiment.
-Bienvenu, Lord Von Bielefelt. Que Shinou accueil dans la paix et la sérénité le descendant de Rufus Von Bielefelt, son frère d'arme et compagnon, l'un de ceux qui moururent pour Shin Makoku.
L'arrivée de mon père provoquait tout sauf de la sérénité. Mais Yuuri n'avait pas inventé ces mots, ce rituel d'accueil était inscrit dans le protocole depuis des générations. Je me redressai légèrement, respirant profondément pour me calmer, exactement comme avant un combat.
Mon père se releva, suivi de son épouse. Le silence s'éternisa encore pendant de longues minutes. Puis la voix grave et pourtant douce de mon père s'éleva, solennelle, intransigeante.
-Nos armées, nos forces, notre courage sont au service de notre sauveur Shinou et du Maou au travers duquel il dicte ses volontés.
Il marqua une pause, pour l'effet peut-être…
-Rencontrer enfin le nouveau Maou est un honneur.
Je sentis ma bouche s'entrouvrir sous l'effet de la surprise. Il n'y avait aucune ironie dans la voix de mon père, aucune critique vicieuse astucieusement dissimulée. Il regardait Yuuri avec un aimable désintérêt, comme si la situation actuelle n'avait pas de rapport avec lui. Puis son regard se reporta sur moi, glacial, et pour un instant je frissonnai. Sa désapprobation était presque palpable. Je balayai la salle du regard pour échapper à ces yeux accusateurs. Je m'arrêtai sur Conrad, dont les épaules étaient si rigides que j'avais l'impression que tout son corps allait se briser sous la tension.
-Lord Von Bielefelt, soyez le bienvenu à la Cour. Que votre séjour en ces murs soit le symbole de l'unification de tout Shin Makoku sous le règne bienveillant du couple royale auquel nous apporterons notre bénédiction au cours de la Cérémonie du passage à l'âge adulte du Maou.
Ani-ue avait décidé de ne pas y aller avec des gants apparemment. Dans une même phrase il avait réussi à dire que mon père devrait respecter l'union humain-mazoku, apporter sa bénédiction à mon mariage et que Yuuri était notre souverain légitime. Je vis mon père plisser les lèvres et étrécir les yeux, expression caractéristique des moments où il essaye de dissimuler un accès de rage. Puis un lent sourire se dessina sur ses traits, mordant.
-Lord Von Voltaire, quelle surprise ! Je pensais que vous aviez depuis longtemps regagné vos terres, afin de remplacer votre regretté père. Je me demande s'il apprécierait le fait que vous vous attardiez à la Cour, dès lors que vous n'êtes plus prince héritier.
Je vis mon frère ainé se raidir mais il ne releva pas l'attaque. Mon père savait que Gwendal avait toujours été très proche de son père. Je baissai les yeux. Lâche, murmura mon esprit. Incapable de prendre le parti de mon ainé, je me murais dans mon silence.
-Gwendal est l'un de mes plus précieux conseillers. Sa présence ici est ma volonté et croyez bien que je ne le retiendrais pas ici, si je ne jugeais ses compétences indispensables à la bonne conduite du royaume.
Je relevai les yeux, surpris, par les mots de mon fiancé. Ca ne ressemblait pas du tout à Yuuri. Mais pourtant, pas d'aura, pas de cheveux longs…C'était bien mon Yuuri, fermement campé sur son trône.
Un bruissement parcourut l'assemblée, en lequel on entendait admiration et surprise à égalité. Mon père sembla d'abord interdit, puis ses yeux se fixèrent intensément sur mon fiancé, bien plus intéressés qu'auparavant. Il s'inclina et sa suite en fit de même, avant que tous ne s'écartent pour laisser passer le couple seigneurial et le suivre dans sa sortie.
La suite de cette visite se ferait dans une plus grande intimité…et cela n'en était que plus effrayant pour moi mais je fis mon possible pour ne pas y penser et me concentrais sur mon entourage immédiat.
Je vis du coin de l'œil Yuuri soupirer de soulagement. La salle se vidait peu-à-peu sous la supervision de Günter et surtout d'Ani-ue, furibond, qui faisait de grands gestes pour que cela aille plus vite. Après une dizaine de minutes, nous fûmes enfin seuls.
-Majesté ! Vous fûtes sublime ! S'écria Günter, les yeux étincelant et les mains jointes.
Je le regardais avec une certaine dose de mépris, avant de reporter mon attention sur mon fiancé qui souriait, un peu embarrassé. Totalement adorable. Il se gratta l'arrière de la tête avec un petit rire gêné.
-Je me sens idiot, avec tout ça, je n'ai presque rien dit.
Mais quel Henachoko ! Je ne le dis pas à haute voix cependant. Je n'avais pas été brillant moi-même.
-Ne vous faîtes pas de soucis, Majesté, murmura Conrad, vous aurez tout les temps nécessaire pour cela au dîner…
Il n'avait pas l'air aussi serein que d'habitude, mais faisait bonne figure. Nous venions tout juste de nous réconcilier et je priai Shinou que je ne sois pas amené à briser notre nouvelle entente.
-Je ne trouve pas que tu es été aussi mauvais que ça, Shibuya ! J'irais même jusqu'à dire que tu lui as bien cloué le bec !
Murata s'approcha de nous avec un large sourire en même temps que Greta sautait au cou de son père en riant. Mais alors que l'attention de tous se tournait vers elle, je vis le visage du Grand Sage se rembrunir, ses yeux se dissimulant sous ses lunettes. Me souvenant de l'avertissement de Shinou, je frémis.
-Ne vous reposez pas trop sur vos lauriers, grogna Gwendal en secouant la tête, il faut vous préparer pour le dîner, nous allons en discuter immédiatement, pendant la collation de midi.
Il s'était rapproché de Yuuri, la mine sombre, son courroux né de l'affront subi tout à fait visible.
-Il faut aussi prévoir les ennuis qui risquent de surgir avant et pendant la cérémonie et…
-Lord Von Bielefelt n'est pas là uniquement pour nous poser des problèmes, temporisa Conrad, apaisant.
-Sûr de ça, Conrad ?
Anissina avait surgi derrière Ani-ue, les lèvres plissées, un éclat revanchard au fond des yeux.
-Tout se passera bien, Anissina. Lord Von Bielefelt n'est pas…
Je ne sus pas ce que Chichi-ue n'était pas aux yeux de Yuuri. Des grands éclats de voix raisonnants depuis le couloir et des bruits de fracas divers lui coupèrent la parole.
Dégainant tout deux leurs lames, Ani-ue et Conrad se précipitèrent vers les portes. Je portai la main au coté pour en faire de même avant de me souvenir que je ne l'avais évidemment pas prise. Jurant, je me plaçai devant mon fiancé et ma fille pour les protéger.
La porte s'ouvrit violement et deux gardes terrifiés rentrèrent à reculons, tentant visiblement d'arrêter quelqu'un…
Ce quelqu'un s'avérait être Haha-ue, fulminante, les yeux lançant des éclairs. Inconsciemment, je reculai de quelques pas. Je pouvais faire face aux sorciers et autres maléfices, mais quand il s'agit de ma mère en furie…
Mes frères avaient suspendu leur action, médusés par cette apparition soudaine.
-OU EST-IL ? OU EST CE SUPPOT DE SOUSHU ?
-Haha-ue…
-Cécilie-sama…
Mais ma mère passa outre les tentatives Gwendalienne et Günterienne pour se précipiter vers moi et m'envelopper (ou devrai-je dire m'étouffer ?) dans son opulente poitrine.
-Mon pauvre Wolfie-chéri ! Si j'avais su…Je ne l'aurais jamais laissé t'approcher ! Et cette hooorrrrible lettre ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
La lettre ? Je l'avais encore perdue ?
Mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai ! Wolfram, tu es un idiot congénital !
J'ouvris vaguement la bouche, tentant d'exhaler avec le peu d'air qui me restait un vague « haha-ue » sans pour autant y arriver.
-Chéri-sama, tout va bien. Je ne laisserai pas Lord Von Bielefelt faire de mal à mon fiancé.
Je sentis, avec gratitude, les bras de ma mère desserrer leur emprise, probablement sous l'effet de la surprise. Je me tournai à moitié en murmurant le nom de mon promis à mi-voix.
Yuuri s'était levé, se tenant droit, notre fille à ses cotés. Il paraissait royal et serein, presque sorti d'une histoire de chevalerie. Et il souriait doucement, avec une grande tendresse dans le regard. Regard qu'il me réservait. Je me sentais rougir.
Oh non, ça recommence…
-Oh, WOLFIIIIE ! Quel merveilleux amant tu as ! Comme c'est romantiiiiique !
Je crois que je préfère encore ma mère folle de rage que lorsqu'elle devient complètement guimauve…
-Comme si j'avais besoin de ta protection, Henachoko…Grognai-je pour la forme
-Chichi-ue est un vrai héros ! Rajouta sans m'écouter, ma fille, comme si ma mère ne suffisait pas.
-Rien ne peut barrer la passion d'un jeune couple et le pouvoir de l'amour ! Compléta ma mère, une main sur le cœur, la voix théâtrale.
Yuuri se racla la gorge, quelque peu embarrassé. Et moi, qu'est-ce que je devrai dire !
-Bon, ça n'est pas tout ça, mais tout ce drame shakespearien m'a ouvert l'appétit, s'exclama Murata, toute bonne humeur revenue en se frottant les mains. J'ai entendu quelqu'un mentionner une collation ?
Günter ne manqua pas de sauter sur l'occasion.
-Mais si, mais si ! C'est vrai qu'il se fait tard ! Par ici !
Pendant que nous marchions vers la salle à manger, je donnai une petite tape à Yuuri pour attirer son attention.
-C'est quoi un « drame shakespearien » ?
Yuuri se mordit la lèvre.
-Et bien…C'est…comment dire…
-Shibuya, ta faible culture me déçoit ! Se moqua le Grand Sage (en passant un bras autour des épaules de MON fiancé !). Shakespeare est un auteur anglais qui…
Je n'écoutai pas mais écartai sa main offensante d'un geste brusque. Il rit.
-Un tantinet possessif, non, Lord Von Bielefelt ?
-Wolfram…
Je lançai un regard noir à Yuuri.
-Quelque chose à dire, espèce d'infidèle ?
Yuuri secoua frénétiquement la tête pendant que Murata s'esclaffait en se tenant les côtes.
Arrivés à la table, nous nous installâmes. Je retirai ma cape et la confiai à Lasagna avant de m'asseoir à la gauche de mon fiancé. Le Grand Sage, à sa droite, continuait à le charrier sur ses « cours de littérature étrangère» qui n'avait « visiblement pas été aussi bien intégrés que le base-ball ». Je ne les écoutais que d'une oreille distraite (comme je fais toujours lorsqu'ils se mettent à parler de la « Terre » puisque je n'y connais rien). Je me concentrai un instant sur Günter qui donnait des ordres pour le déjeuner des invités, puis sur mes frères, qui discutaient présentement de la gestion des forêts au sud du château et enfin sur ma mère, qui décrivait son nouveau chevalier servant à Anissina et à Gisela, qui venait de nous rejoindre. Satisfait de constater que pour le moment un accord tacite de ne pas parler de mon père avait été pris par l'assemblé, je me concentrai avec plaisir sur mon repas. Je ne m'étais pas rendu compte jusqu'à maintenant que j'avais tellement faim. Tout en mangeant, j'essayais de toutes mes forces de ne pas songer à mon père ou à l'avertissement de Shinou, mais cela me torturait. Quel danger ? Quand ? Pourquoi en étais-je le centre ? La petite main de Greta tirant sur ma manche détourna mon attention de la volaille cuite au miel et aux herbes que je dégustai. Ma fille me regardait avec une expression difficile à déterminer.
-Dis Wolfram…
Je posai mes couverts et me tournai complément vers elle.
-Pourquoi tout le monde a peur de Lord Von Bielefelt ? Il est si méchant que ça ?
Je posai mes couverts et essuyai mes mains avant de prendre la sienne.
-Non, Greta, mais il a…un caractère difficile.
-Comme Wolfram ?
Touché ! Y avait-il une lueur taquine dans son regard ? Difficile à savoir avec cette petite, elle est si mature. Je me sentais vexé, mais surtout embarrassé. Comment lui dire que mon père était à bien des égards plus difficile que moi dans mes pires moments (qui ne sont pas aussi pires que ce que tout le monde prétend !)…
-Il est temps que nous présentions Greta à ta famille. J'aimerai bien les voir dans un cadre moins formel !
Henachoko…Mais cette fois-ci, je ne fus pas le plus rapide à tancer vertement Yuuri. Les voix conjointes de Günter et Gwendal nous firent une jolie cacophonie dans laquelle je parvins à comprendre « contraire au protocole » et « stupidité qui va aggraver la situation ». Je vous laisse deviner qui disait quoi…
-Majesté, murmura Conrad avec un léger sourire, Lord Von Bielefelt est profondément attaché à la tradition dictée par le protocole.
Gwendal, les sourcils froncés, approuva.
-Vous êtes le souverain, vous pourriez lui ordonner de vous recevoir, mais il peut se cacher derrière le protocole pour vous compliquez l'accès et ainsi vous ridiculiser.
Mon père ne ferait pas ça ! Ces mots étaient sur le bout de ma langue, mais je les savais faux. Il savait user de bassesse, s'il estimait la situation désagréable, surtout si elle était désagréable pour son image.
Yuuri écarquilla les yeux et secoua les mains.
-Non non ! Il ne s'agit pas de lui forcer la main, c'est juste que…
Je claquai la langue pour mettre un terme à son babillage. J'étais furieux contre moi-même, contre mon père, contre mes frères, contre le monde en général, de la situation dans laquelle nous nous trouvions.
-Ani-ue a raison, tranchai-je, il faut que tu sois patient.
Je n'avais plus faim. Je me sentais coupable que ce soit mon père le responsable de la tension ambiante. Je sais que c'était stupide, mais je n'y pouvais rien. Je reposai mes couverts, m'essuyai les lèvres et me levai.
-Wolfram ?
Je souris à ma fille, qui me regardait, d'un air désolé, comme pour me dire « pardon, Greta t'a fâché ». Je secouai la tête.
-Je vais bien, Greta. Je suis juste un peu fatigué.
-Tu es sûr ?
Yuuri me regardait, les sourcils froncés. J'opinai du chef avec assurance, avant de m'incliner brièvement et de quitter la salle à manger pour me rendre dans nos appartement. J'avais besoin d'être seul et de réfléchir.
La lumière qui entrait par les fenêtres avait changée. Le ciel s'était assombri et de lourds nuages s'amassaient au dessus de nous. Je rentrai dans notre chambre et m'assis sur le rebord de la fenêtre ouverte. Un vent frais s'engouffrait par vague et je me surpris à frissonner. Le mauvais pressentiment qui m'avait assailli le matin même revenait.
On frappa à la porte.
Avec un soupir (ça doit être encore Conrad qui vient placer un bon mot), je me levai et allai ouvrir.
-Salut, Wolf !
Appuyée négligemment contre le mur, un air un rien rebelle et moqueur, Isana me souriait.
-Pardon, il serait peut-être de bon ton que je dise « Bonjour votre Altesse » ?
Avec n'importe qui d'autre, excepté mon frère aîné et mon père, j'aurai répondu par l'affirmative et me serais vexé de cette familiarité. Après tout, je suis un prince et le fiancé du futur souverain. Mais je secouai la tête.
-Pas la peine, tu es la bienvenue.
Je m'écartai et la laissai entrer. Elle regarda autour d'elle un moment, puis émit un sifflement admiratif avant de se tourner vers moi.
-Eh, franchement, c'est la classe ! Les appartements du Maou, rien que ça ! Même pour un prince qui a grandi dans l'opulence, t'as trouvé le moyen de faire mieux. Je suppose que ça doit pas choquer ton goût du luxe …
Isana avait toujours eu un franc-parler qui bordait le vulgaire. J'avais toujours supposé que cela lui venait du temps qu'elle avait passé dans la marine de mon père. Si je n'avais pas su qu'elle était tout à fait capable d'utiliser un langage soutenu en société, cela aurait pu la rendre infréquentable à mes yeux. En l'état, cela ne me choquait presque plus.
Je lui désignai l'un des fauteuils près de la fenêtre.
-Installe-toi.
Elle s'exécuta, mais seulement après avoir retiré ses bottes afin de ramener ses genoux contre sa poitrine. Je m'assis en face d'elle le regardai. Je ne l'avouerai jamais à personne, mais il y a quelque chose de profondément agréable dans le simple fait de regarder quelqu'un que l'on aime et qui nous a manqué. Cela faisait si longtemps que je n'avais plus vu Isana…
-Ca fait un sacré bout de temps, commenta-t-elle, comme si elle lisait mes pensées. Voyons…Au moins 35 ans, non ?
Je hochai la tête et elle fit la moue.
-Pff… Et t'es déjà fiancé ! Et moi, je suis tellement occupée à veiller sur Miss Dagmar que je n'ai pas le temps de me consacrer à ma propre jachère sentimentale !
Je relevai un sourcil en signe d'étonnement.
-Je croyais que tu étais décidée à épouser le commandant Heinz.
Franz Heinz était l'un des meilleurs tacticiens de la marine de mon père, voire de la marine mazoku en général. Et il était plutôt bel homme, dans un genre très martial. C'est-à-dire, à mille lieux de mon Yuuri. Isana avait été un temps sous ses ordres, avant de rejoindre la garde de Dagmar. Elle s'était entichée de lui et il était, dans mon souvenir, très épris d'elle, au point de lui écrire des lettres enflammées, que nous lisions ensemble en pouffant, tant elles auraient détruit sa réputation si elles avaient circulé dans les rangs de ses hommes.
Le visage d'Isana s'assombrit et elle baissa les yeux.
-Il est mort.
Je restai sans voix. Elle leva la main et fit un geste vague.
-Une embuscade humaine. Dai Shimaron... Ca fait quelques temps…
Elle haussa les épaules.
-De toutes façons…Ca n'aurait pas marché.
Je n'aimais pas plus que ça parler affaires de cœur. C'est un sujet pour les femmes de la Cour qui n'ont rien à faire de leurs journées ! Je tentai donc de rediriger la conversation…et en profitai pour me renseigner de l'intérieur sur le domaine des Von Bielefelt, puisque je n'avais pas pu leur parler directement. A part avec Luther, bien sûr. Et ce qui s'était passé entre nous ne faisait que m'inciter à préparer le terrain avec les autres membres de ma famille.
-Comment se porte la famille Von Bielefelt ?
Isana fronça le nez, un mélange de mépris et d'agacement dans son expression, qui avait le don de m'énerver (il s'agit de ma famille quand même !) et de m'amuser tout à la fois.
-Comme d'habitude, ai-je envie de dire, grogna-t-elle. Le seigneur règne en maître, avec une distance à vous glacer les sangs, aucune maîtresse à ma connaissance, ne peut toujours pas voir sa femme en peinture et encore moins en vrai. Il est furax que tu sois fiancé à un sang mêlé, qui se trouve être le Maou, ce qui lui donnerait l'impression, s'il était paranoïaque, que Shinou cherche à le rabaisser et lui en veut personnellement. La dame, toujours aussi insupportable avec tout le monde hormis ses dames de cour. Si elle n'était pas aussi malheureuse que son mari ne l'aime pas, je la détesterais…En l'état, je la plains juste. Elle te hait toujours autant, rassure-toi, et ne cesse de rappeler à ton père que son infidélité est en train de ruiner la réputation des Von Bielefelt.
Je baissai les yeux à cela. Isana était une militaire et n'avait rien, mais alors rien, d'une diplomate. Elle n'avait jamais appris, ou voulu apprendre, à prendre des gants. Et aujourd'hui comme n'importe quel autre jour, elle ne disait que la vérité, crue, telle qu'elle la voyait. Je savais qu'elle me parlerait comme cela. Mais justement pour cela, entendre a quel point j'étais un embarras, une honte, pour mon père, était plus douloureux encore venant de sa bouche à elle. Tant que c'était Luther qui le disait, je pouvais à loisir prétendre qu'il ne le faisait que pour me rabaisser, qu'il me mentait…Pas Isana.
-Quant à Dagmar…Elle est pas heureuse, ça c'est sûr ! Elle est enfermée dans les conventions, et sa mère veille jalousement à ce qu'elle ait le moins de liberté possible. Il parait qu'elle veut la marier à Gerald Grubert, tu sais, le fils de la nièce de mon grand-père paternel…un type roux guindé de la Grande Garde. Du moins c'est ce qui se raconte dans les alcôves. Moi, je pense qu'elle vise plus gros poisson, puisqu'elle a récemment multiplié les visites de courtoisies aux différentes têtes de clan du Royaume.
Je ne voyais absolument pas qui était Gerald Grubert, c'est toujours le problème avec les vieilles familles mazoku, mais cela m'importait peu. D'ailleurs, je ne m'intéressais pas vraiment à Dagmar et ne la connaissais presque pas. Sa mère avait toujours veillé à ce que je ne l'approche pas, pour la protéger de quelque contagion, je suppose.
-Quelque soit le choix, Dagmar aura pas son mot à dire et elle le sait. Ella a plus de caractère que sa famille ne lui en fait crédit…ça me fait de la peine de la savoir mélancolique comme ça…
Isana fit la moue. Pendant un instant, elle me rappela fortement Anissina dans sa lutte féministe. Puis elle secoua la tête, comme pour chasser toute pensée désagréable et reprit son discours.
-Et puis, bien-sûr, il y a le joyeux luron de la famille. Luther est de plus en plus…de plus en plus…ben, comme ton père quoi ! Toute la noblesse mazoku dans ce qu'elle fait de pire et de meilleur. Si ce n'est qu'à la différence de ton père, il prend une moue narquoise à chaque fois qu'on parle de toi. Je pense qu'il prend un plaisir pervers à chacune de tes frasques. En même temps, il est toujours prêt à aller au combat. Durant la dernière bataille que nous avons livrée avec les humains avant que la Maou ne signe la paix, il a été grièvement blessé et n'a jamais cessé de se battre. Je peux te dire, j'étais là, et franchement, s'il avait pas harangué les troupes sans cesse, on aurait probablement perdu ! Un formidable général, ton frère !
Isana avait les yeux brillants, ce qui ne m'étonnait guère. Pour une femme, elle avait un goût démesuré pour les combats et les batailles. Si Luther y avait fait preuve de courage et d'excellence, elle ne pouvait que l'admirer. Je fis taire ma jalousie, après tout moi aussi j'étais un formidable combattant, et hochai la tête.
-Et toi ?
Je penchais la tête sur le coté, soupçonneux.
-Quoi, moi ?
-Et bien raconte ! J'ai des nouvelles que par ce qu'on dit de toi au château Von Bielefelt et je suis sûre que c'est toujours largement déformé ! Et d'abord, comment il est ce fameux Maou ? A part le fait que c'est un sang mêlé et qu'il a mis fin à la guerre, je sais rien de lui ! C'est un bon amant ?
Je rougis violement devant son effronterie :
-Isana ! M'écriai-je scandalisé.
Elle éclata de rire puis secoua la tête, les yeux pétillants de malice.
-Oh, ça va Wolfram, je te charrie ! Je te connais, et malgré ce qu'on dit, je suis sûre que t'as respecté la tradition et que tu t'es pas offert avant le mariage.
Je rougis à nouveau, et en la voyant se pencher en avant, l'air intéressé, je sus que cela ne lui avait pas échappé.
-Noooon ? Tu l'as fait ? Sérieux ?
Je secouai vivement la tête.
-Nonononon, ça… ça ne s'est pas passé comme ça. Je veux dire…Ce n'était pas moi…euh ce n'était pas vraiment Yuuri en fait !
Je soupirai en fronçant les sourcils et Isana reprit instantanément son sérieux.
-Wolfram, je suis désolée, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
-Ca…Ca n'est pas ça. Mais c'est compliqué…
Elle déplia ses jambes et croisa les bras devant sa poitrine, reprenant en un instant son allure de commandant militaire.
-Et si tu me racontais tout ? Proposa-t-elle d'une voix calme.
Je n'y tenais pas, mais malgré moi, je me trouvais à lui parler de tout, pas toujours de façon cohérente. Je lui parlais de Yuuri et de la forme Maou, de Souchu et de Shinou, du Grand Sage et de sa sombre prophétie, de mes frères et de Greta, de mes fiançailles…C'était décousu, mais Isana était d'une intelligence et d'une finesse rare, je lui faisais confiance pour combler les blancs, même ceux que j'aurais préféré qu'elle laissât en l'état. Par la fenêtre, le ciel s'assombrissait encore et il se mit à pleuvoir avec abondance alors que je terminais mon récit. Je me demandai l'heure qu'il était et pourquoi Yuuri n'était pas venu s'enquérir de ma santé. C'était un peu vexant.
-Et ben, ça a été agité pour toi ces derniers temps…constata Isana après un silence.
Je hochai la tête, ne sachant pas vraiment quoi répondre.
-Et tu es inquiet, avec raison, poursuivit-elle. Je suis contente d'être venue, ça me permettra de garder l'œil sur toi.
-Je n'ai pas besoin de ta protection, grognai-je en détournant le visage.
-Mais bien sûr, votre Altesse.
J'avais oublié combien ce petit ton ironique pouvait être agaçant !
Nous nous tûmes et je regardais la pluie tomber, me demandant où se trouvait Yosak, et ce qu'il pouvait se passer dans les prochains jours. La voix d'Isana me sortit de mes pensées.
-Il se fait tard, je devrais probablement retourner auprès de Dagmar.
Elle se leva avec élégance et je l'imitai. Elle s'inclina légèrement puis sortit de la chambre avec un geste désinvolte de la main et un clin d'œil.
Je posai brusquement les mains sur les hanches, essayant d'être exaspéré, mais j'avais trop de soucis pour ça. Je retournai près de la fenêtre et posai le front sur la vitre.
Le temps passa sans que j'y pris garde, plongé que j'étais dans mes pensées. A un moment, cependant, le bruit de la porte s'ouvrant me fit tourner la tête. Yuuri rentra, l'air fatigué et…et autre chose que je n'arrivais pas à définir. Il s'assit sur le lit en poussant un gros soupir, retira sa cape, mais ne m'adressa pas le moindre regard. Je levai les yeux au ciel. Bon, c'est quoi cette fois-ci ?
-Yuuri ?
Il tourna rapidement la tête vers moi, rougit un peu, bafouilla quelque chose comme « J'ai besoin de me rafraichir », s'éclaircit la gorge et pour finir alla s'enfermer dans la salle de bain. Je restai perplexe, les yeux rivés sur la porte. Que venait-il de se passer, exactement ?
Je m'avançai vers la salle de bain et m'apprêtai à frapper à la porte pour m'enquérir de mon fiancé lorsque j'entendis la voix de Yuuri, bien qu'étant incapable de discerner ses mots. Qu'est-ce que fabrique encore ce Henachoko ? Son ton était agité. Bientôt, une voix plus grave lui répondit. Yuuri n'est pas seul ? Mon sang ne fit qu'un tour à l'idée que quelqu'un ait pu pénétrer les appartements royaux. Je levai la main et invoquai mon pouvoir. La porte vola en éclat sous mes flammes. Je bondis dans la salle de bain, prêt au combat…et restai interdit.
Yuuri était seul.
Il était agenouillé devant les bains royaux, à demi tourné vers moi, probablement surpris de la soudaineté de mon entrée.
-Wo…Wolf ? Questionna-t-il, la voix incertaine.
Je fouillai désespérément la pièce du regard. Rien. Pourtant j'étais sûr que…
-Avec qui parlais-tu, Henachoko ? M'écriai-je, souhaitant de tout cœur ne pas m'être ridiculisé.
Yuuri désigna l'eau du doigt. Malgré mon incrédulité je m'approchai et me penchai en avant.
-Yuuri, je ne vois que ton reflet là-dedans…et le mien, ça va sans dire.
-Il était là, Wolf, j'te jure.
Je m'accroupis à coté de lui, confus à présent.
-Qui ça ?
-Le Maou.
Je ramenai mes yeux sur l'eau chaude, qui nous humidifiait de sa bué.
-Shinou ?
Connaissant le personnage, c'était typiquement le genre d'entrée mi-dramatique, mi-humoristique qu'il aurait été capable d'inventer. Mais Yuuri secoua vivement la tête.
-Non. Le Maou…je veux dire…tu sais…
Il se désigna du doigt. Oh ! Ce Maou là ! Mais c'était ridicule. Je le lui dis.
-Yuuri, ce Maou et toi êtes la même personne.
-Je sais bien, se défendit-il, mais il était là ! Et…Et il m'a parlé.
-De quoi ?
Yuuri détourna les yeux sans rien dire. Cette fois-ci, c'était certain, il me cachait quelque chose.
-Yuuri ?
Je sais, je sais, suspens insupportable. je fais au plus vite, ça ne prendra pas un an, ça je vous le jure.
