Une lueur dans la nuit7.
De façon troublante, Wesley Wallace affichait une ressemblance certaine avec celui à qui il venait rendre visite.
- Et vous dites qu'il en est de même pour mon lointain descendant, Wataru ?
- Oui. Il semble qu'à un moment où à un autre nos lignées se soient croisées, à plus d'une reprise.
- En tout cas, bien que tout l'accrédite, je continue à avoir du mal à croire à la réalité de votre histoire.
- Si vous pensez que ça m'amuse, grinça Albator en revenant dans le salon.
- D'après ce que vous m'avez dit au téléphone, on dirait que vous atteignez le but de votre séjour obligé ici ?
- Nous allons effectivement, d'ici quelques heures, nous rendre à bord de cet Arcadia. A partir de ce que nous découvrirons, nous pourrons établir notre plan pour rentrer chez nous.
- Est-ce qu'il y aura un moyen pour que je sache que ce voyage se sera bien terminé ? interrogea Wesley.
- Nous ferons comme lorsque Wataru a pris contact avec vous. Le Galaxy Express nous escortera à l'une des stations relais interdimensionnelles de la SDF.
Wesley Wallace ne put retenir un petit sourire.
- Vous parlez d'envoyer des messages à travers le temps et l'espace, comme si nous nous allions au cybercafé du coin !
- Il s'agit effectivement d'une pratique très courante, remarque Albator.
Il fronça le sourcil.
- Francis Zong a eu un surprenant revirement de position concernant ce projet et sa participation. Cela fait un moment que je me demande si son descendant n'a pas usé du même procédé pour l'avertir !
- C'est un acteur. Je vois mal en quoi, hormis tourner dans un film de pirates, il pourrait avoir des liens avec votre monde…
- Si, je vous assure, il y a lien étroit entre lui et moi, gronda le grand brun balafré.
- Enfin, au moins, vous ne vous entretuez pas, c'est le principal ! Bon, si vous avez à faire cette nuit, je ne vais pas m'attarder. Je voulais juste m'assurer que tout allait bien et introduire dès demain la demande de prolongation de l'autorisation de séjour sur le territoire.
- Merci à vous.
- Puisque nous sommes censés être cousins, c'est normal, assura Wesley avec un clin d'œil complice. Je m'occuperai en même temps des visas touristiques de vos deux amis.
- Vivement que tout ce cirque prenne fin, marmonna encore Albator.
Après avoir récupéré les spacewolfs dissimulés et camouflés hors de la ville, le capitaine de l'Arcadia et ses deux adjoints avaient rejoint l'orbite de la Terre et s'étaient dirigés vers la réplique de leur cuirassé.
- A quelques séquelles de combats près, ils ont réalisé du bel ouvrage, commenta Kei. Je crois que j'aurais pu m'y méprendre !
- Voilà bien pourquoi les Archives du Temps ont renseigné ces coordonnées comme solution à notre problème, ajouta Yattaran. Il nous fallait impérativement un cuirassé en parfait état.
- Silence radio, intima Albator. Il faut finaliser notre approche sans alerter les satellites et envoyer le code d'accès sans déclencher les alarmes. Il ne reste plus qu'à croiser les doigts pour que le programme de Toshiro fonctionne comme dans ses simulations !
Quelques minutes plus tard, retrouvant non sans une certaine émotion des lieux bien familiers, les trois pirates se dirigèrent vers la salle des machines de l'Arcadia, pièce maîtresse du film.
- Je me suis connecté, renseigna Toshiro dans leurs oreillettes. Je vais enfin pouvoir analyser ce vaisseau. Patientez un peu et je pourrai bientôt vous donner mes conclusions.
En attendant que son ami reprenne le contact, Albator s'était rendu sur une passerelle rendue elle aussi de façon extrêmement fidèle.
- Il est grand temps que nous regagnions nos véritables pénates, le réalisme de ces décors comme sérieusement à me faire déprimer !
Il laissa son regard se perdre dans l'espace.
- Et la mer d'étoiles me manque vraiment trop !
- Albator, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, prévint Toshiro.
- Je t'écoute.
- La bonne c'est que le cœur d'énergie de ce cuirassé réactivera bien le nôtre. La mauvaise c'est qu'il faudra opérer en parfaite synchronisation, et donc au vu et su de tous !
- Aucune importance, à ce moment, notre secret aura volé en éclats, ce sera même assez amusant d'agir au grand jour !
- Je crois que je vois ce que tu veux dire, approuva son ami. Je prépare tout afin que tu puisses agir le moment venu.
Et Albator eut un franc sourire, le premier depuis très longtemps !
