Un pirate en action

Ignorant totalement les autres personnes présentent sur le plateau, et qui demeuraient toujours pétrifiées, Albator se tourna vers Kei et Yattaran.

- Allez-y, vous devez vous synchroniser avec Toshiro pour téléporter le cœur d'énergie dans notre salle des machines. Moi, je m'occupe de nous amener à notre position pour le transfert !

- A tes ordres, capitaine !

Le service de sécurité se mobilisant à présent contre ceux que jusque-là il avait protégés, des gardes s'étaient dirigés vers la passerelle.

Tirant son gravity saber, Albator fit sauter les claviers de contrôle des portes du couloir dès que ses deux lieutenants se soient rués dans l'ascenseur.

Il se tourna vers les techniciens du plateau.

- Il vaudrait mieux rester là où vous êtes et ne pas me gêner, leur intima-t-il. Je ne voudrais pas avoir à devoir vous faire du mal ! J'ai mes propres projets, depuis le premier jour et c'est celui où je les mets en application !

La réalisatrice avait appelé les opérateurs aux effets spéciaux.

- On avait des explosifs sur ces claviers ?

- Non. Il les a bel et bien dégommés, à une sacrée distance et avec des lasers qui n'avaient rien de factices ! Mon équipe et moi avons planifié chaque impact de tirs puisque ce Wallace a prétendu ne pas savoir manier d'armes !

- J'ai comme l'impression qu'il a travesti la vérité sur bien des points, gronda la réalisatrice.

Elle se tourna vers son unique star du film.

- Qu'en penses-tu ?

Francis se racla la gorge.

- Je crois que… c'est réel… Mais ça n'explique pas qui est ce gars ! Et il est en train de piquer l'Arcadia. La prod' ne va pas apprécier.

- Les satellites militaires sont en train de pivoter, intervint le responsable de la sécurité des studios spatiaux. Je ne sais pas ce que vaut l'autre Arcadia mais vaut mieux ne pas lui laisser le temps de nous le démontrer. Il y a tous ces civils du tournage à bord du nôtre, il faut les protéger et les récupérer !

La blonde réalisatrice reporta son attention sur les moniteurs lui renvoyant les images de la passerelle là où les caméras continuaient de tourner.

- Il fait assez illusion pour ce qui est de barrer, reprit-elle. L'Arcadia suit sa programmation ?

- Non, nous n'avons plus accès aux systèmes, on a été piratés ! Notre Arcadia est uniquement guidé par Wallace. Et j'ai plutôt l'impression qu'il sait ce qu'il fait sinon il y a un moment qu'il aurait percuté une des structures du studio ! En revanche, je me demande bien où il veut en venir…


- Albator, qu'est-ce que je fais avec les satellites militaires qui tentent de nous verrouiller ?

- Je n'aime pas les militaires mais ceux-là n'ont rien à voir dans notre guerre. Ils feraient bien de ne pas s'en mêler ! Vise les tourelles de leurs canons mais n'endommage pas les zones de vie !

- Très bien. Quant à toi, il va te falloir manœuvrer aux centimètres près, tu as reçu les dernières coordonnées.

- Je suis prêt.

Le grand pirate balafré esquissa un sourire.

- C'est toi qui n'es pas là où tu devrais ! remarqua-t-il.

- J'ai les tourelles armées des satellites ciblées, je tire puis je reprends ma position pour le transfert. Tu crois qu'on va pouvoir s'en sortir sans trop de dommages ?

- Ils n'étaient pas préparés à nous recevoir, la surprise joue pour nous, mais nous ne disposons que d'une faible marge de temps !

- Comme si je l'ignorais !

- Tes otages ne s'agitent toujours pas ?

- Je crois que je leur fais de plus en plus peur !

- C'est toujours ça de pris ! Ils voulaient une histoire de pirates, ils sont servis !

- Mais pourquoi fais-tu ça, Aidan ! ? glapit Francis dans l'interphone.

- Parce que je veux rentrer chez moi… Kei, Yattaran, vous êtes parés ?

- Les cœurs d'énergie sont connectés.

- Bien. J'opère le transfert, jeta Toshiro, et je vous ramène tous les trois à bord de notre Arcadia

- … Ensuite, saut spatio-temporel, compléta Albator.

- Pour notre époque ?

- Non, pas tout de suite.

L'Arcadia de la prod' vidé de toute son énergie ne devint plus qu'une coûteuse carcasse dérivante alors que celui d'Albator disparaissait dans un trait de lumière.

- Quoi, et c'est tout, ça se termine ainsi ? s'étrangla Francis. Il s'en va, nous ne saurons jamais qui il était vraiment ? Et le film ! ?

- Je vois mal comment poursuivre sans le premier rôle… Et toi, Francis, me diras-tu jamais pourquoi tu as accepté sur le fil de rejoindre l'équipe ?

Mais seul le silence répondit à la blonde réalisatrice à l'interminable chevelure blonde et aux immenses yeux bleu foncé frangés de longs cils noirs.